Auteur: Kuro-Hagi – 08/08/2006

Genre: Yaoi – Essai

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à J.K. Rowling.

Note: Voilà un nouveau morceau de la vie de Remus, sur le thème des premières expériences 'sentimentales' de Remus. J'ai d'autre chapitres en préparation. Mais je suis prête à relever des défis si vous avez un thème particulier sur lequel vous souhaiteriez que je tente un essai! Bien évidemment ça doit rester en rapport avec la vie de Remus

Remerciements: Merci à ma betâ-lectrice de prendre le temps de relire tout ce travail Et merci à Oci et Miss JaD pour leur soutien! Toutes les trois, je vous aimeuhhh!

En tout cas bonne lecture! Et si ça vous plaît n'oubliez pas les reviews motivent et appellent à une suite rapide (non, non je ne suis pas adepte du chantage :p)

MAJ: Désolée pour cette petite MAJ, mais ma bêta-lectrice a retrouvé des erreurs en relisant sur le site --;;


Pour oublier Sirius

Pourquoi suis-je ici, finalement ? Oublier ? Mais oublier quoi ? Que je ne peux pas être comme ce couple, là-bas, heureux d'être avec celui que j'aime ? C'était une erreur…

« Attend ! »

Qu'est ce qu'il veut, celui-là ? Pendant, une heure je suis resté seul à ma table et maintenant que je pars il me retient ! Trop tard, mec, fallait te réveiller plus tôt.

« Je suis déso… »

Il est vraiment magnifique. Il doit avoir 27 ans, peut-être 28. Il a des cheveux noirs de jais qui lui tombent en cascade sur ses épaules… Comme les cheveux de Sirius, un peu plus long peut-être… Des yeux d'un bleu profond, bleus comme ceux de Sirius… Un sourire charmeur… Il veut m'offrir un verre. Je ne peux pas refuser. Il m'emmène avec lui à une table. Je le suis. Je suis faible. Je voulais oublier Sirius en venant ici et je me laisse offrir un verre par un homme qui lui ressemble.

Il sourit. Je crois que je rougis.

« Tu es nouveau ici ? Je ne t'avais jamais vu… »

« Oui. »

« Pourquoi es-tu venu ? »

Je baisse les yeux. L'image de Sirius revient en force dans mon esprit. Mon visage a dû changer d'expression brusquement car il semble surpris. Je porte la bouteille à ma bouche et avale une longue gorgée.

« Besoin de me changer les idées. Et vous ? Vous venez souvent ? »

Il sourit. Mais son regard est voilé de tristesse.

« Je n'étais pas venu depuis longtemps… Tu es jeune… J'ai cru un moment que tu t'étais égaré ici. Mais finalement, tu as l'air de savoir parfaitement où tu es. Je suis sûrement ici pour des raisons similaires aux tiennes. »

Il me tend la main en souriant.

« Thomas Finn, enchanté. »

« Remus Lupin, de même. »

Nous parlons un moment de choses et d'autres. Je crois qu'il est un peu surpris quand il comprend que je n'ai pas encore 16 ans. Il ne fuit pas. Mais je sens que l'intérêt qu'il me porte change.

« Je suis surpris, Remus. Ta maturité me laissait croire que tu approchais la majorité… Ton physique aussi. »

Son regard erre un moment sur mon torse. Ma maturité ? Mon physique ? Pour ça, il faudrait remercier le loup… Calme, Remus, il ne peut pas savoir. Un goût amer me reste dans le fond de la bouche. Il regarde sa montre en soupirant.

« Il est tard, il va falloir que je rentre. »

Il ne semble pas pressé de partir, pourtant.

« J'ai été ravi de discuter avec toi… Rare ici sont ceux qui apprécient ce petit plaisir. »

Il se lève et enfile sa veste.

« Fais attention à toi… Tout le monde ici n'est pas fréquentable ! Tu pourrais faire de mauvaises rencontres »

Une pulsion. Je l'attrape par le poignet.

« Pas si vous restez avec moi… »

Il me regarde un moment. Son regard est indéchiffrable. Ma détermination commence à fléchir. Il sourit.

« Qui te dit que je fais parti des gens fréquentables ? »

« J'ai envie de le croire… »

Ma réponse doit lui plaire. Il s'avance vers moi et dépose un chaste baiser sur mes lèvres.

« Reviens ici demain, à la même heure… Je t'attendrai. »

Je le regarde partir. Je me laisse retomber doucement sur la chaise que je viens de quitter. Même sa démarche me rappelle celle de Sirius.

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J'entre dans la boîte. Mes sens surdéveloppés sont agressés par les odeurs, les bruits… Instinctivement, je me ferme à toutes ces informations parasites. Il a dis qu'il serait là. J'avance doucement. Je tente de repérer son odeur. Je l'ai trouvé. Je regarde dans la direction. Et je le vois enfin à une table. Il me regarde. Je m'avance tranquillement. Il a commandé une bière pour moi.

« Et si je n'étais pas venu ? »

« Je savais que tu viendrais… Je suis étonné… Tu m'as trouvé en à peine quelques secondes.»

Je ne réponds pas. J'aurais dû faire attention. Nous buvons un verre en discutant. Quand je finis ma bière, la sienne est vide depuis longtemps. Il me regarde sans rien dire. J'ai l'impression qu'il sonde mon esprit. Qu'est ce que tu cherches ? Son regard se voile un moment. Thomas ?

« Remus, partons… »

Je le suis alors qu'il se fraye un chemin vers la sortie. Nous parcourons un long chemin à pieds. On bifurque, on traverse. Ici ou là, les odeurs m'assaillent ; un peu plus loin c'est un bruit qui vient frapper mon tympan. Mais mon regard… Je ne peux le détacher de lui. A sa silhouette se superpose celle de Sirius. Je ne devrais pas… Je peux encore faire demi-tour. Mais je ne veux pas… Je veux qu'il me prenne dans ses bras, je veux qu'il m'embrasse, je veux qu'il me caresse, je veux qu'il m'aime puisque Sirius ne le fera jamais.

Il m'ouvre la porte d'un appartement somptueux. Des tentures rouges, cachant à moitié les fenêtres, tamisent la lumière de la pièce. De magnifiques lustres ornent les plafonds. Le parquet en bois craque sous nos pas. Un épais tapis émeraude habille le sol de la pièce principale. Il laisse glisser son manteau sur le sol et enlève ses chaussures.

« Mets-toi à l'aise Remus… »

« Thomas… C'est… C'est vraiment magnifique, chez toi. »

Je me défais de mon manteau et de mes chaussures à mon tour. Et je m'assieds avec plaisir sur le tapis moelleux. Quand Thomas revient, il s'assied derrière moi. Je suis confortablement installé entre ses jambes, appuyant mon dos contre son torse puissant. Ses lèvres effleurent mon cou. Ses mains se glissent sous mon pull. La caresse de ses mains sur ma peau provoque une délicieuse vague de frisson, je ferme les yeux. Je me surprends à imaginer que ce sont les mains de Sirius. Mais ce n'est pas Sirius, ce n'est pas son odeur, mon odorat me ramène à la réalité. Mon pull passe alors au dessus de ma tête.

« Mon dieu… Remus qu'est ce que ? »

« Je suis désolé Thomas… Pas aujourd'hui… »

Il n'insiste pas. J'avais redouté ce moment, mais ses caresses me l'avait fais oublier. J'attends qu'il me repousse d'horreur. Non… En fait, je crois que ça l'excite. Je sens son érection gonfler contre mes fesses. Je suis soulagé. Il ne semble pas pouvoir détacher son regard de mon corps meurtri. Il caresse et explore chaque parcelle de peau abîmée. Je le laisse faire. Mais je commence à me lasser. Je me retourne vers lui. Je m'empare de ses lèvres. J'aime le goût de ses lèvres, de sa bouche. Il défait son pantalon et le mien. Je suis entièrement nu. Il ne lui reste que sa chemise, que je déboutonne lentement. Mais il ne me laisse pas finir. Il m'allonge sur le sol et m'embrasse en caressant d'une main mon sexe tendu. Il est mon premier homme. Il est doux, attentif. Et pourtant, j'attends avec impatience qu'il me pénètre. Et que l'extase m'emporte.

Nous sommes toujours allongés sur le sol. Il a déposé une couverture sur nous. Je ne veux pas bouger, je suis bien. Je sens sa respiration dans mon cou. Thomas… Peut-être que je pourrais tomber amoureux de toi…

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Les semaines, les mois ont passé. J'ai eu 16 ans. Thomas m'a offert une magnifique montre à gousset. J'aime quand il me caresse, j'aime quand nous parlons, j'aime quand nous nous aimons. Avec lui j'ai appris beaucoup de chose. Thomas est brillant, il a une culture impressionnante. Nous avons passé des journées entières à discuter d'histoire, de science… Et nous avons passé des nuits à nous aimer. Je l'ai dominé. Il m'a aimé. Oui, j'aurais pu tomber amoureux de lui. Mais je n'ai pas réussi. Je l'apprécie énormément… Mais pas comme ça… Pas comme lui… Si seulement je n'avais pas vu Sirius aussi souvent, peut-être aurais-je pu l'oublier dans les bras de Thomas.

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Thomas me regarde derrière ses lunettes. Son air est grave. Je n'aime pas ça. Je m'assieds face à lui, sur ce tapis que j'aime tant.

« Remus… Tu l'aimes toujours, n'est ce pas ? »

Je n'ose pas le regarder dans les yeux.

« Oui, tu l'aimes toujours… Ce n'est plus la peine que je vive avec l'espoir que tu l'oublieras et m'aimeras comme je t'aime… Remus… Je ne supporte pas de ne pas t'avoir entièrement à moi… Tu ne t'es jamais réellement laissé aller. Tu me caches toujours des choses… Ces cicatrices par exemple, qui sont de plus en plus nombreuses, jamais tu ne me diras d'où elles proviennent… Remus, il est temps qu'on mette fin à notre relation… Je ne supporte plus la seule place de deuxième que tu peux m'offrir… »

Je ne peux empêcher les larmes de glisser sur mes joues. Je t'aime Thomas. Pas tout à fait comme lui, pas tout à fait comme tu m'aimes… mais je t'aime… J'aime être avec toi. Je suis égoïste. Je comprends à quel point tu souffres par ma faute.

Une dernière fois, nous faisons l'amour. Thomas pleure, et j'ai du mal à contenir mes larmes… Mais je n'ai pas le droit de pleurer, je ne peux pas le faire souffrir plus. Ce soir, je ne reste pas. Quand nous avons fini. Je l'embrasse une dernière fois et le laisse seul dans son lit. Une fois dehors, je laisse enfin ma tristesse s'exprimer. Je pleure, silencieusement, en serrant fortement le cadeau de Thomas dans ma poche.

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Je suis revenu. Je m'étais juré de ne plus remettre les pieds ici, pour ne pas risquer de le croiser, et de le faire souffrir plus. Mais sa tendresse me manque. N'importe qui fera l'affaire, juste besoin de bras qui m'enserrent.

Je m'assieds à une table, avec une bière. Un frêle jeune homme blond s'approche de ma table. Il a quelques années de plus que moi à peine. Je suis bien plus grand que lui. Il s'assied en face de moi sans un mot.

« Tu… Tu es un ami de Thomas, n'est ce pas ? »

« On peut dire ça… »

« Il ne vient plus ici… Je crois qu'il a peur de t'y revoir… Tu le cherches ? »

« Non… Je craignais aussi de le voir… Mais le besoin de compagnie était plus fort. »

Il est plutôt mignon. Son visage d'ange me donne des envies de domination. J'ai bien envie de l'emmener dans mon lit ce soir. Je me lève et lui tend la main.

« Viens avec moi sur la piste de danse… »

Mon ton est un peu dur, féroce. Je sens qu'il a peur de moi. Je sens l'odeur de la peur sur lui. Pourtant, il ne s'enfuie pas. Sa peur aiguise mon envie. Nous dansons langoureusement. Je prends possession de sa bouche avidement. Je me lasse rapidement de danser. Je le tiens avec possessivité par la main. Je lance des regards assassins à ceux qui osent glisser leurs yeux sur lui. C'est ma proie ! Ce soir il m'appartient. Demain vous en ferez ce que vous voudrez… Mais ce soir, il est à moi. Je récupère nos vestes, je ne prends pas la peine de finir ma bière. Je l'entraîne avec moi hors de ce lieu. Il ne proteste pas. Il sait ce qui l'attend. Sa peur grandit. Il sait que je vais sûrement lui faire mal. Je m'arrête et sans me retourner je murmure.

« Il est encore temps de fuir… »

Il ne répond pas. Je sens autre chose… Il y a la peur mais pas seulement. Je me retourne pour voir son regard. Je peux y lire du désir. Ce que je sens c'est son excitation.

Il a un appartement. Nous allons chez lui. Je ne prends pas la peine de visiter. A peine la porte se referme derrière nous que je le plaque contre celle-ci. Je le déshabille rapidement. J'ai envie de le pénétrer tout de suite, dans l'instant. Mais je refrène mes ardeurs. Le loup en moi se révolte mais je le domine lui aussi, malgré la lune proche. Je croise alors son regard. Je suis un instant surpris. C'est ce qu'il cherche. C'est ce qu'il veut. Il veut que je le prenne, violemment. Je sens sa peur, parce qu'il sait qu'il va avoir mal. Je sens plus fortement encore son excitation. Il est nu face à moi, collé contre cette porte. Je regarde un moment sa peau blanche immaculée. Je vois son érection. Je n'ai même pas pris le soin de me déshabiller, mon pantalon est seulement baissé. Je le retourne. Il se retrouve le visage contre la porte. Il se cambre, m'offrant la cavité de son anus. Je vois son profil, il serre les dents en prévision de la douleur. Ses deux bras sur la porte encadrent sa tête. Comme il le désire, comme je désire le prendre. Je l'empale d'un coup de rein. Il réprime un hurlement. Je n'ai jamais fais ça avant. J'hésite mais il commence de lui-même à bouger sur mon sexe, en se masturbant d'une main. Alors je n'hésite plus, et je m'enfonce en lui, violemment. Un liquide chaud glisse le long de mon sexe. Je sens l'odeur du sang. Va-t-il me demander d'arrêter? Non, il s'empale de lui-même violemment sur mon sexe. Il a mal, c'est évident. J'agrippe ses hanches, mes doigts s'enfoncent dans sa chair et laisse des traces rouges. Et je m'enfonce en lui, profondément, encore et encore. Je laisse le loup se déchaîner, mon amant de ce soir aime sa violence. Je me déverse en lui. Il éjacule à son tour. Je me retire. Il glisse, s'accroupi en haletant. Son sperme dégouline sur la porte. Je sens un calme immense m'envahir. Cette démonstration de violence et de sexe a calmé le loup pour un moment. Je referme mon pantalon. Puis je me baisse sur le corps recroquevillé au bas de la porte. Je le prends dans mes bras et le porte jusqu'à son lit. Il me regarde étonné.

« Tu es étrange… tu peux être aussi doux que tu es violent… Rares sont ceux qui prennent soin de moi après m'avoir fais l'amour tel que tu viens de le faire… »

Je ne réponds pas. Ce n'est pas étrange… J'ai juste pu assouvir la violence du loup. Maintenant j'ai repris le contrôle de moi-même. Je pose une couverture sur lui. Je vais dans la salle de bain. L'immense baignoire est tentante. Je regarde, comme hypnotisé, l'eau couler. Quand le bain est prêt, je retourne dans la chambre.

« Tu n'es pas parti ? »

« Sans dire un mot ? »

« Tu parles peu… ça n'aurait pas été si surprenant. »

Je le prends une nouvelle fois avec douceur dans mes bras et le porte jusqu'à la salle de bain. Je vois sur ses cuisses mon sperme se mêler à son sang. Je le dépose dans l'eau chaude avec précaution pour m'assurer qu'il ne se brûle. Un soupir d'extase s'échappe de ses lèvres. Il me parait tout à coup beaucoup plus jeune. Je m'accroupis à côté de la baignoire et joue un moment avec l'eau, en l'observant du coin de l'œil. Il semble avoir oublié ma présence. Je me redresse et me déshabille à mon tour. Il ouvre les yeux au son de mes vêtements qui se froissent. Son regard trahit sa surprise à la vision de mon corps mutilé. Il ne dit rien. Il observe. Quand j'ai fini, je m'approche de la baignoire. Il se décale et je m'installe derrière lui, en posant son dos sur mon torse. Je passe doucement ma main dans ses cheveux. Je caresse doucement son ventre lisse.

« Tu n'es pas toujours aussi violent, n'est ce pas ? »

Il n'attend pas ma réponse, il enchaîne de suite.

« Ta douceur, montre que tu n'es pas toujours ainsi… Je suis tombé le bon jour alors… »

« Tu n'aimes que comme ça ? »

« Oui… Mais je ne connaissais pas la douceur après… C'est plutôt contradictoire… Mais tellement agréable… »

Nous sortons du bain quand l'eau a refroidi. Je me sèche rapidement et me rhabille. Je sens son regard sur moi, sur mes cicatrices. Il ne pose pas de question. Il enfile un simple peignoir et me raccompagne à la porte.

« Si tu te sens un trop plein de violence une prochaine fois… Tu pourras sûrement me trouver dans cette boîte. »

Je hoche la tête et le quitte. Je descends les marches qui me ramènent à la ville. Je ne sais même pas son nom.


Fin de ce deuxième chapitre. J'espère ne pas vous avoir choqué ;;

A bientôt !

Kuro-chan