Chapitre 5.
Ainsi, trois semaines passèrent, Lilly était retournée travailler et continuait sa «thérapie » qui consistait plutôt à passer une heure avec la thérapeute où elle continuait à raconter toute sa vie, mais ce vendredi-ci fut différent. En effet, Isabelle demanda à rencontrer Lilly avec Scotty, sans donner de raison.
Bonjour Lilly, Inspecteur Valens, dit-elle poliment en les recevant
Bonjour, dit Lilly d'une toute petite voix
Bon, si je vous ai fait venir à deux aujourd'hui, c'est pour dresser un bilan de ces premières séances, de voir ce qui va et ce qui pose problème. J'ai pu observer, Lilly, que vous aviez toujours peur de développer une relation avec quelqu'un, que ce soit amoureuse ou tout simplement amicale, et que vous vous plongez donc dans quelque chose où vous ne doutez pas de vous, votre travail.
Je ne vois pas ce que Scotty vient faire dans l'histoire.
Attendez, j'y arrive, les seules personnes dont vous m'ayez parlé en bien sont vos collègues, ce qui me laisse supposer que la présence de l'un d'eux ne vous gêne pas trop, car je voudrais discuter du traitement que je trouve le plus approprié pour la suite.
Un traitement, comme avec des médicaments ? demanda Scotty un peu à côté de la plaque
Non, ce que j'entends par «traitement », est quel type de suivi pourrait être envisagé. Dans ce cas-ci, je conseillerais la programmation neurolinguistique, ou PNL, qui consiste à régler les problèmes séparément des uns des autres, mais pour ça, il faut que le patient s'investisse pleinement.
Et vous pensiez qu'en faisant venir Scotty, j'accepterais plus facilement ? la questionna Lilly sur le ton du défi, ce qui donnait l'impression à Scotty qu'elles allaient se battre brutalement si quelqu'un n'intervenait pas dans les prochaines minutes.
Lilly, calme-toi, de toute façon, si tu veux garder ton boulot, tu dois respecter ce qu'on a décidé, tu te soignes et tu travailles, tu arrêtes ton traitement, tu rentres chez toi. Compris ? il lui parlait comme à un petit enfant, mais il ne voyait pas d'alternative à ce chantage.
Quoi, tu es d'accord pour que je passe au lavage de cerveau ? En plus, je ne sais même pas sur quelle sorte de cinglé je vais bien pouvoir tomber. Celle-ci, ça va, elle est normale, mais les autres, c'est pas garanti.
La thérapeute sentait que la tension dans la pièce montait extrêmement rapidement, de plus, elle n'appréciait pas trop de se faire indirectement traiter de cinglée et dans son for intérieur, elle pensait que Lilly était celle dont il fallait le plus s'inquiéter de l'état mental pour l'instant.
Merci, je suis très rassurée de savoir que je suis normale, selon vos critères. Quant à la «cinglée » qui vous traiterait, ce serait moi, si ça vous convient, bien sûr.
Là, elle utilisait le ton du sarcasme pour faire cesser les hostilités le plus vite possible, convaincre Lilly en lui montrant qu'elle avait une adversaire à sa taille et continuer les explications.
Je suis désolée, madame, je pense que ce n'est pas ce qu'elle voulait dire. Sinon, pour la PNmachin, je pense que ça lui serait utile. Quand pourrait-elle commencer ?
C'est PNL, vendredi prochain, heure habituelle, ce serait parfait. Est-ce que vous pourriez l'accompagner, comme ça je suis sûre de la voir ?
Je le ferai. s'adressant à Lilly. Viens, Lil', on y va, on rentre.
Valens, tu vas me le payer.
Dans sa remarque, il reconnut pour la première fois depuis quelques semaines la vraie Lilly, celle qui sait rire, mais aussi fusiller du regard s'il le faut.
