Auteur : Sayuri Nobara
Base : Nightmare – Merry
Pairing Sakito (Nightmare) x ?
Disclaimer : Epargnez moi la question.
Genre : AU / Adolescence / Amitié...
Note : Merci à SADS et Diru pour l'idée du titre XD
Titre : Innocent Teens
Chapitre 3 : Sorrow Masquerade
Plongé dans un profond sommeil, Sakito n'entendit d'abord pas la première sonnerie de son portable. Il avait été tellement enthousiasme en rentrant qu'il n'avait pas réussi à faire ses devoirs, et sa faculté à rapidement s'endormir en avait également été perturbé. Il avait veillé des heures dans le noir, les yeux ouverts sur l'étendue blanche du plafond de son petit studio, son ventre serré qui n'avait rien voulu ingurgiter, s'imaginant déjà que demain était mardi prochain. Lorsqu'il avait enfin fermé les yeux, l'image très nette de l'homme au tableau l'avait assaillie de toute part, comme multipliée, et la petite pointe d'angoisse, seule tâche noire à son sentiment d'euphorie, avait percé la toile pour remonter jusqu'à sa mémoire. Lorsqu'il était sorti dans le jardin du manoir, il n'avait pas senti sur lui son regard pénétrant. Il avait hésité à se retourner, mais il l'avait fait, et il avait senti comme un grand vide lorsqu'il ne l'avait pas aperçu, comme la fois précédente à a fenêtre, lorsqu'il ne l'avait pas regardé avec étonnement et gravité... Il avait essayé d'oublier cette petite inquiétude qui l'avait saisit, mais elle était revenue, lui faisant imaginer les pires scénarios : il n'était rien d'autre qu'une affabulation de son esprit, ou bien il était parti et ne reviendrait plus... Les hypothèses s'ensuivirent à une vitesse folle dans son esprit, et ce n'était que parce qu'il était perturbé et voulait en sortir qu'il se réveilla tout à coup, jaillissant des profondeurs de ses songes, pour attraper son mobile et décrocher avec une vivacité peu commune aux fraîchement éveillés.
- Mochi mochi ?
- Saki ?
- Hein euh... Ni-Ya ? Pourquoi est-ce que... Il est trois heures du matin...
- Je sais bien mais... Enfin j'ai eu vent de ce qui s'est passé hier en maths...
Un vent qu'il connaissait très bien d'ailleurs. Quelque chose lui disait qu'il avait pour nom Hitsugi...
- Et alors ? interrogea-t-il d'un ton plus froid qu'il ne l'aurait voulu.
Un long silence creusa leur conversation déjà peu fournie et il s'ensuivit un moment durant laquelle Sakito sentait son ami tendu à l'autre bout du fil. Il s'aperçut qu'il ne parlait plus de lui comme un de ses deux meilleurs amis, il n'y avait plus qu'Hitsugi pour vivre sa vie à ses côtés.
- Et alors je voudrai qu'on en parle.
- On verra ça demain. Non tout à l'heure... Enfin plus tard.
- On n'aura pas l'occasion de se croiser avant un petit moment...
- Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu es toujours absent comme ça ? On dirait que tu cherches à nous éviter !
- C'est pas du tout ça... soupira Ni-Ya en cherchant une manière de mieux se faire comprendre.
- Ecoute, j'essaie de comprendre avec ce qu'on me dit ! Je suis le moins au courant de tout ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi est-ce qu'Hitsugi et toi vous vous renvoyez la balle comme ça ? Explique-toi à la fin !
- Je... Je ne peux pas c'est...
- Ni-Ya... Je n'en peux plus de cette situation. Tu n'en prends peut-être pas conscience mais vous êtes tous les deux plus importants pour moi que qui que ce soit. Je ne veux pas vous perdre...
Sakito se mordit violemment la lèvre, hurlant à l'intérieur d'avoir abandonné sa fierté. Il espérait au moins que cela servirait à quelque chose... Il eut un petit instant de doute, Ni-Ya ne répondit pas de suite, mais lorsque celui-ci reprit la parole, sa voix tremblait.
- Je suis tellement désolé... Je ne désire rien de ce qui se passe... Pardonne-moi, Saki...
- Mais je... Ni-Ya ?!
Il avait raccroché, brutalement et sans un au revoir. Le jeune garçon laissa l'appareil glisser de sa main sur la couverture et le fixa sans comprendre. Pourquoi a-t-il raccroché comme ça ? Et sa voix... Il ne va pas bien, pas bien du tout ! Quelque chose de grave se déroule dans mon dos, pire que ce que j'imaginais. Il s'étendit sur le côté, les yeux fixés sur son portable comme s'il espérait voir clignoter sa petite lumière rouge et entendre à nouveau le jingle loufoque qu'il avait attribué au numéro de son ami. Mais la forme pâle et inerte resta désespérément telle quelle, et il s'endormit de nouveau, l'esprit tourmenté, avant de devoir se lever quelques heures plus tard.
OoO
Sakito vivait seul dans son petit studio depuis près d'un an et demi. Ses parents le lui louaient depuis qu'ils étaient partis à Tôkyô ; n'ayant pas voulu les suivre, il avait préféré rester vivre ici, avec peut-être l'espoir qu'un jour ses amis et lui partagent une collocation. En y réfléchissant, il se sentait sans couleurs une fois son image de garçon populaire jeté à bas. Il ne se rappelait pas avoir vraiment eu des rêves extraordinaires, ou d'être quelqu'un de particulièrement intéressant. Tout bien considéré, il ne comprenait pas pourquoi lui était adoré alors qu'il n'en valait pas la peine. Certes il était brillant, autant dans le domaine sportif que dans son parcours scolaire, certes il était influent, en partie grâce au nom de son père qui n'était pas inconnu des grands cabinets d'avocats de la ville qui avaient eu à faire avec bon nombre de particuliers et d'entreprises, certes il était aussi très beau, mais jusque là l'amour n'avait été que du vent pour lui. Juste un mot auquel il n'avait pas pu donner de signification.
Il aperçut l'heure clignotante du réveil à affichage numérique à travers un entrebâillement de paupière alourdie par la fatigue, et prit un instant pour puiser dans les quelques forces qu'il lui restait pour envoyer son poing dans l'appareil, exaspéré par son son déplaisant et agressif, et détourna la tête sans plus lui accorder d'importance avant de comprendre qu'il devait se lever. D'un pas grognon et pas vraiment sûr de lui, il se traîna jusqu'à la cuisine et se frotta les yeux, repoussant sa chaise tandis qu'il tâtonnait pour attraper le riz, presque prêt à le manger cru et dur tant l'épuisement était vivace. Il avala ce qu'il lui passa sous la main, constatant une fois de plus qu'il n'avait pas assez fait de provisions de concombres, et s'excusa auprès de ses congénères avant de filer dans la salle de bain pour se préparer : le moment le plus important de la journée. Celui qui avait dit que les filles étaient les seules à passer des heures devant la glace pour se faire belles était un idiot. Sakito était la preuve vivante que cela s'appliquait aussi à la gente masculine. Y avait-il un mal à vouloir se sentir bien dans sa peau ? Il n'en faisait pas trop non plus, il faisait juste attention à lui-même. Et par la même occasion à son blason public. Il coiffa soigneusement ses cheveux, les fixa à l'aide d'une laque, et hydrata sa peau avant d'exécuter une série de moues destinées à l'aider à faire passer ses expressions. Il ne savait pas vraiment à quoi ça pouvait lui servir, mais depuis que tout jeune il regardait faire sa mère, cette manie lui était restée. Mais aujourd'hui ses traits étaient tirés, il n'avait pas l'air en forme. Il tira la langue de dépit et se vêtit proprement de son uniforme en y ajoutant sa petite touche personnelle, ce côté décontracté sans paraître aussi débraillé qu'Hitsugi. Ses ongles étaient peints en blanc, il portait une chaîne et un collier noir délicatement serré autour du cou, et ne se séparait plus de ses converses noires, refusant tout comme ses deux amis, de porter les traditionnels mocassins noirs d'uniforme. Se sentir comme les autres le rendait nerveux et mal à l'aise. Il avait besoin d'être considéré comme différent, bien qu'il ne s'en trouve pas vraiment le mérite. Il jeta un dernier coup d'œil à l'ensemble, et satisfait, se dépêcha d'attraper son sac, de le lancer sur son épaule pour partir à l'heure.
Deux des élèves de la classe de Ni-Ya attendaient déjà à l'arrêt de bus, et Sakito jugea l'occasion propice pour les aborder, pas mécontents d'avoir à faire à deux jeunes filles des plus charmantes. Comme il s'en doutait, elles le reconnurent, et rougirent en souriant lorsqu'il leur adressa la parole.
- Ohayô, Tana-chan to Chiori-chan ! Vous êtes ravissantes aujourd'hui!
Elles gloussèrent discrètement en lui glissant des regards intéressés et il ne pu s'empêcher d'aborder directement le sujet qui l'intéressait.
- Dites, est-ce que Ni-Ya est absent souvent ces derniers temps ?
- Plutôt oui, il ne vient parfois qu'à un seul cours de la journée, ou il ne reste pas longtemps. On le voit rarement, c'est bien dommage, répondit Chiori sans cacher son allusion.
Sakito hocha la tête en signe de compréhension et fut un instant perdu dans ses pensées avant de reprendre.
- Vous n'avez rien remarqué dans son comportement d'étrange ?
- Etre un élève fantôme est en soi assez surprenant de sa part. Enfin, je veux dire qu'il n'est pas comme d'habitude, c'est vrai. Il ne répond jamais quand on lui parle, il s'est mis tout au fond de la classe et passe son temps à fixer le sol où le ciel au dehors sans vraiment rien retenir de ce qu'il entend mais n'écoute pas.
- C'est ton ami, ne ? continua Tana. Je pense que tu devrais lui parler, essayer de savoir ce qui ne va pas. Il a vraiment changé depuis quelques semaines. Et puis il paraît si fatigué !
- Et son odeur, tu n'as pas remarqué ? s'exclama l'autre en se tournant vers elle. Il y a quelque chose de différent à chaque fois, ce n'est jamais pareil.
Pensivement, il les accompagna jusque dans le car, et les laissa à discuter à l'avant, tandis qu'il allait prendre place au fond près de la fenêtre, réfléchissant encore à leurs paroles. Ainsi donc, ses doutes se confirmaient. Ce n'était pas qu'une lassitude ou une petite querelle qui sévissait dans son dos, mais quelque chose de beaucoup plus important qu'il était déterminé à découvrir. Son regard s'accrocha à la façade d'une maison, et l'instant d'après quelque chose le frôla sur sa gauche. Il n'y fit pas attention sur le coup, puis consentit à saluer son voisin lorsqu'il leva un sourcil à demi surpris.
- Tiens, t'es là toi ?
Hitsugi soupira et fit mine de ramasser son sac, posé entre ses pieds.
- Si tu veux, je m'en vais...
Sa réponse trouva un point sensible à l'intérieur de la poitrine du jeune garçon, et il se sentit blessé par ce manque d'attention.
- Pourquoi tu te bornes comme ça... Je suis quoi pour toi pour que tu réagisses comme si mes réactions t'indifféraient ?...
A cette question qu'il devinait douloureuse à poser, dans le ton qu'avait pris son ami, Hitsugi cessa de jouer à l'impassible et posa sa main sur celle de Sakito pour la serrer.
- Mon meilleur ami... J'ai parfois l'impression que tu es comme mon petit frère... Mais même si c'est moi le plus âgé des deux, c'est de loin toi le plus sage. Je te demande pardon pour hier... Je ne voulais pas te faire mal de la sorte... Je me suis servi de tes faiblesses et tu avais raison, c'était mesquin.
Le jeune garçon lui adressa un sourire ému et le dévisagea pour tenter de voir s'il pouvait lire dans ses pensées, mais même en se concentrant, la chose s'avérait impossible.
- Dis... Je voudrais pas risquer de me fâcher à nouveau avec toi alors qu'on vient juste de se réconcilier mais... Est-ce qu'on pourra parler calmement de quelque chose, qui me tient tout autant à cœur qu'à toi je suppose, un peu plus tard dans la journée ?
Hitsugi avait parfaitement compris le sujet de leur future conversation, aussi acquiesça-t-il gravement sans émettre aucune objection. Vouloir protéger le plus jeune de l'histoire de Ni-Ya n'était plus chose possible.
OoO
Il était midi et demi. Seul à une table du réfectoire grouillant de monde, son plateau auquel il n'avait pas touché devant lui, il regarda l'heure une énième fois avant de soupirer, son visage visiblement marqué par l'incertitude. Sakito lui avait dit de l'attendre, prétextant un besoin urgent à satisfaire, et Hitsugi l'attendait maintenant depuis cinq minutes, tapant nerveusement du pied sur le carrelage, se mordillant la lèvre inférieure, jouant avec ses piercings pour évacuer un peu de son stress. Il ne se voyait pas du tout en train de tout lui raconter... Non vraiment, c'était trop dur à avouer, et il ne savait que tout ça tournerait très mal pour Ni-Ya. Il savait bien que Sakito n'était pas du genre à abandonner ses amis, mais il ne se souvenait que trop bien de l'entrevue nocturne qu'il avait lui-même eu avec le blond, et il ne voulait pas plus faire subir quelque chose d'aussi blessant et rageant. Si Sakito arrive le sourire aux lèvres, je tente d'aborder le sujet de son inconnu. Je ne lui ai même pas demandé comment ça c'était passé hier... Pourtant je sais que c'est important pour lui... Et puis ça m'évitera de parler de choses qui fâchent. Il releva la tête lorsque un bruit de chaise tirée l'interpella.
- Désolé, j'ai mis un peu de temps...
Hitsugi fit un geste pour acquiescer et constata que les choses n'étaient pas gagnées. Ah... Merde... Sakito ne souriait pas. Au contraire, son air sérieux lui donnait de l'importance, le rendait presque distant et intouchable, tandis que ses jolis yeux, espiègles en tant normal, le rendait plutôt attirant et séducteur.
- Tu n'as rien mangé ?
- 'Pas faim.
- Tu devrais te forcer. Ce n'est pas bon de sauter les repas...
Il se tut, sachant pertinemment que s'il donnait trop de conseils, il exaspérerait Hitsugi. Il avala sa première cuillérée de soupe puis laissa retomber le couvert dans l'assiette, la repoussant mollement devant lui. Lui non plus n'avait pas faim.
- Je voudrais qu'on parle maintenant de Ni-Ya. Je me fais du souci pour lui...
Hitsugi haussa les épaules et fuit son regard, ce qui ne fit que conforter Sakito dans l'idée qu'il savait des choses compromettantes.
- Pourquoi est-ce qu'il ne vient plus en cours ?
- Avant de me poser les questions, le coupa-t-il, je dois te prévenir que d'aussi bonne volonté que je sois, c'est quelque chose de très dur à entendre. Tu risques de ne plus en dormir, et je peux déjà constater que tu as des problèmes de sommeil...
- Ah, ça... Hum t'en fais pas, je vais bien. Continue.
- Ensuite, tu dois savoir qu'il ne m'a rien dit, je l'ai découvert tout seul... Donc ne lui en veux pas de ne t'avoir rien dit, personne n'aurait osé avouer une chose pareille, surtout pas lui. Ne m'en veux pas à moi non plus, j'ai essayé de t'en protéger...
Le cœur de Sakito dans sa poitrine battait de plus en plus fort. Il commençait à regretter d'avoir poser ces questions... Une angoisse sans nom ni forme lui faisait craindre le pire.
- Quand on a commencé à ne plus vraiment le voir, déjà que nous n'étions plus dans la même classe, je lui en ai voulu de nous laisser comme ça. Je pensais qu'il allait voir quelqu'un d'autre alors j'ai voulu savoir qui. En réalité, il fuyait le lycée. Il séchait des journées entières et je ne savais pas pourquoi. Je l'ai coincé un jour, pour lui demander ce qu'il foutait, quelle était la raison de cet abandon scolaire, pourquoi un esprit brillant comme le sien se livrait à de tels extrêmes. Il m'a sèchement conseillé de ne pas m'en mêler. Je ne le reconnaissais plus. Il se comportait comme s'il n'en avait plus rien à faire de nous deux, comme si nous n'avions jamais été que de simples camarades de classe. J'en ai été dégoûté. Mais malgré ça, j'ai vu dans son regard une toute autre chose. Il m'appelait au secours. J'étais complètement chamboulé, je n'arrivais plus à me concentrer, je pensais toujours à lui... Je voulais t'en parler, mais je sentais que j'avais foutu les pieds dans quelque chose de trop dramatique pour que tu en portes le fardeau.
Au bout de trois jours, on m'a fait savoir qu'il n'était pas venu au lycée. Le soir même, après les cours, je suis allé le voir chez lui pour lui en demander la raison. Lorsque je suis arrivé, personne ne m'a d'abord répondu. Puis il est venu m'ouvrir. Ses yeux étaient rouges, je voyais qu'il avait pleuré. Dès qu'il m'a reconnu, il a tiré sur les manches de son pull pour cacher ses bras, et il m'a semblé qu'il se recroquevillait sur lui-même. Il ne se tenait pas droit, comme si son corps lui faisait mal, et sa joue droite était bleuie comme s'il avait reçu des coups. Ça m'a alarmé, j'ai voulu l'approcher, lui parler, chercher à comprendre, mais il s'est reculé, craintivement, comme s'il avait peur que je le touche... Il a à nouveau pris ce ton détestable de celui qui ne veut pas mêler les autres à ses affaires et il a osé me dire que tout allait bien. J'ai entendu une vocifération derrière lui, et son regard s'est teinté de crainte. Il s'est excusé et m'a claqué la porte au nez. J'étais complètement sidéré, et ce n'est qu'après avoir avalé mon amertume que j'ai compris à peu près ce qu'il en était. Tu sais que son père les a quitté, lui et sa mère, depuis huit mois déjà, ne ? Sa mère est tombée dans l'alcool. L'appartement, même à son entrée, puait les effluves fortes de toutes sortes de boissons. Elle en est devenue gravement dépendante. Elle n'a jamais eu vraiment de volonté et s'est laissée abattre sans chercher à relever la tête. Aujourd'hui, tout leur argent s'envole dans l'alcool, elle est violente, et elle bat son fils.
- Quoi ?! Ni-Ya se fait battre ?! s'exclama Sakito en se redressant.
- Chut, pas si fort ! Il n'y a pas que ça. Le pire est à venir. Elle a été renvoyée pour cause d'ébriété au travail. Ils n'avaient plus un yen. Pour payer l'appartement, pour les nourrir et les faire vivre, Ni-Ya se sacrifie tout les jours, perdant chaque fois un peu plus de ce goût de vivre... Et cette imbécile lui vole ce qu'il a pu gagner en trimant toute la journée, jonglant entre ses petits boulots, s'échinant à la tâche, et il descend un peu plus au fond de sa misère.
- C'est... C'est terrible ce que tu racontes là...
Sakito le regardait les yeux ronds, complètement effaré, littéralement choqué par tout ce que devait endurer sans ami sans se plaindre, sans rien dire, en souffrant en silence.
- Attends, ce n'est pas encore fini... Une nuit, alors que je traînais dehors, me sentant trop seul pour rentrer chez moi dans l'indifférence générale, je suis allé dans ce quartier chaud où chaque femme à moitié déshabillée t'aborde pour te proposer ses services, et je l'ai vu lui, impeccablement vêtu, beau et innocent, parmi tous ces hommes grossiers et brutaux... Et il était comme elles, comme ces femmes qui nous appartiennent une nuit pour nous faire plaisir, nous distraire, satisfaire nos pulsions, au mépris de leur propre vertu.
- Tu... Attends tu ne veux pas dire qu'il... ?
Non, il ne voulait pas l'entendre. Il ne voulait pas y croire, ne voulait pas réaliser combien un garçon aussi génial pouvait être à ce point abandonné et abattu sans que personne ne réagisse. Lui-même n'avait rien vu, il n'avait rien senti venir. Il se rappelait lorsqu'ils lui avaient raconté l'histoire du manoir et de l'inconnu, et que Ni-Ya avait écouté sans faire de commentaires. Peut-être que lui aussi aurait voulu aller admirer de jolies peintures en buvant du thé... Mais au lieu de ça, il devait vendre son corps chaque nuit, se laisser manipuler pour tenter de survivre, avec une mère indigne alcoolique et violente qu'il ne pouvait s'empêcher d'aimer malgré tout. Tout était trop affreux, trop énorme pour qu'il puisse y croire. Une partie de lui se sentait complètement effondrée, triste et presque désespérée, tandis que l'autre, totalement révoltée, regorgeait de colère et de dégoût. Non Hitsugi, tais-toi...
- Ni-Ya se prostitue.
OoOoO
Mot de la fin : Enfin rentrée de vacances, ça commençait à m'gonfler, naméo! Mais ça a été productif puisque j'en suis déjà au chapitre 15 d'Innocent Teens XD Eh oh, qui a soufflé? Oui ce sera peut-être aussi long, voir plus long qu'ACP... S'pas ma faute! Par contre je suis heureuse de voir que certaines personnes lisent, rien que pour elles j'irais au bout XD
A SUIVRE...
