Auteur : Sayuri Nobara
Base : Nightmare – Merry
Pairing : Sakito (Nightmare) x Mysterious painter
Disclaimer : Pour l'instant, seuls les personnages féminins m'appartiennent...
Genre : J'arriverai jamais à comprendre u.u'
Titre : Innocent Teens
Chapitre 4 : Des sanglots, un secret


L'heure de littérature durant laquelle les élèves étaient interrogés sur la lecture du dernier livre que le professeur leur avait demandé, se passa sans qu'il n'y prenne gare. Il avait survolé l'oeuvre, La Belle des Sables d'Abe Kobo, mais n'avait pas eu le cœur de le lire, trop perturbé par les aventures plus ou moins palpitantes qui peuplaient sa vie depuis quelque temps. Du coup, sa feuille était restée blanche, et il l'avait regardé longuement d'un air perplexe tandis que les autres se levaient et sortaient bruyamment de la salle en commentant leur épreuve. Il tourna la tête vers la droite et rencontra le regard d'Hitsugi, tout aussi soucieux que lui, qui n'avait pas écrit une ligne de plus. Ils hochèrent la tête pour se témoigner leur soutien mutuel, lorsque surgit devant eux l'ombre sévère et droite d'Amasakaki-sensei.

- Okurozano-kun, Yahizawa-kun, puis-je connaître la raison de votre incapacité à ne rien produire aujourd'hui ?

- Excusez-nous, sensei, murmura Sakito en relevant la tête, loin de se laisser incommoder par cette exaspérante enseignante.

- Vous n'avez pas lu le livre, ne ?! s'exclama-t-elle, son visage rougissant à vue d'œil.

- C'est vrai, on avait autre chose à faire, répondit Hitsugi, désireux de sortir au plus vite.

- Vous êtes d'une insolence ! Pour la peine, je... Eh ! Revenez ici !

Mais les deux adolescents avaient profité d'une seule minute d'inattention pour s'enfuir par la porte de la salle ouverte et se mettre à courir pour ne pas manquer de se faire rattraper. Une fois sortis de l'enceinte du lycée, ils s'arrêtèrent pour qu'Hitsugi reprenne son souffle, et Sakito regarda autour de lui en soupirant.

- On a raté le bus.

- Bah, tant pis, on va rentrer à pied et tu vas pouvoir me raconter comment ça c'est passé hier chez la veille ! Alors dis, tu l'as enfin rencontré ?

Sakito secoua négativement la tête, ce qui laissa échapper à son ami un petit bruit d'insatisfaction.

- Je pense que la prochaine fois sera la bonne... Kanagure-san a compris mon sous-entendu.

- Quoi ? Tu lui as fait comprendre que tu brûlais d'aller fricoter avec...

- Hitsugi ! Pourquoi t'es-tu mis cette drôle d'idée dans la tête ?

- Je suppose que j'aimerai bien te voir heureux pour une fois.

- Heureux ? Mais je suis... j'étais heureux avec vous...

- Je te parle du sentiment qui rend heureux lorsqu'on est amoureux.

- Qu'est-ce qui te fais dire que... Moi et lui... Enfin, mais d'où tu sors ça ?!

- C'est le fait que ce soit un homme qui te gêne ?

Aïe... A trop tourner autour du pot, il avait fini par le pousser à aborder le sujet délicat dont il voulait lui parler, mais hésitait toujours. Pourtant sa réaction prouvait qu'il le prendrait plutôt bien...

- Oui...

- Tu sais, ça arrive à beaucoup plus de monde que tu ne crois.

- C'est pas ça mais... On peut s'asseoir une minute ?

Hitsugi acquiesça, et ils se dirigèrent vers le banc le plus proche, regardant passer un groupe de collégiennes avant de reprendre le fil de leur conversation.

- Tu aimes les filles, ne Suge-chan ?

Il hocha la tête, un petit sourire toujours collé aux lèvres. Un petit coup de vent avait soulevé la jupe d'une des collégiennes, et il n'avait pas laissé traîné son regard bien haut.

- Tu es un voyeur, un pervers, tu n'es plus vierge depuis longtemps, mais tu es drôle et attachant, et loin d'être timide...

Hitsugi souleva un sourcil, se tournant vers lui avec une expression de curiosité. Sakito rougissait, même si c'était pratiquement imperceptible chez lui, le haut de ses pommettes s'était teinté de rose, il semblait hésitant, et baissait les yeux comme s'il cherchait à confesser quelque chose de difficile et de honteux.

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Il y a un bout de temps maintenant que je me pose des questions sur mon orientation sexuelle...

- Mais tu... Enfin... Tu as déjà été attiré par un garçon ?

Cette simple question rendit son visage cramoisi. Il aurait voulu disparaître sous terre.

- C'est... possible...

- Donc je ne me trompais pas dans mes hypothèses. Cet homme que tu as vu sur le tableau, tu y penses souvent ?

- Tout le temps. La nuit, je le vois dans mes rêves, je l'imagine devant moi. J'ai aussi beaucoup de pensées qui convergent vers toi et Ni-Ya, vous êtes les trois personnes pour lesquelles je réfléchis le plus.

- C'est pour ça que tu es si fatigué et que tu ne suis plus en cours... C'est possible que tu tombes amoureux d'une simple image.

- Ce n'est pas une simple image ! C'est sa représentation de lui-même. Il a voulu livrer une partie de son monde, et j'en ai été touché...

- Tu défends ton point de vue avec une telle passion, remarqua Hitsugi en souriant. Je pense que le mieux c'est que tu le rencontres. Il n'y a que ça pour que tu sois fixé.

- Et si je... Si je l'aimais ?

- De quoi tu t'inquiètes ?

- Tu crois qu'il voudrait de moi ?...

- Chaque chose en son temps ! Tu vas trop vite. C'est à lui aussi de réagir. On verra bien lors de votre première entrevue.

Sakito hocha la tête et réfléchit un moment, les yeux perdus devant lui, avant de reprendre sur un ton quelque peu apaisé.

- Arigatô. Merci de m'avoir écouté. Et de ne pas t'être moqué...

- Je suis là pour toi, tu sais. Il ne me viendrait jamais à l'idée de rire de toi parce que tu te cherches encore !

Sakito sourit timidement et se pencha pour embrasser la joue d'Hitsugi, qui balbutia sous la surprise.

- Oh désolé si je t'ai gêné...

- Non c'est rien, c'est que hum... On s'est jamais montré notre amitié de cette manière.

- Et pourquoi il n'y aurait que les filles qui auraient le droit de se faire la bise et de se tenir par la main ?

- Tu m'en poses une colle ! Euh enfin la main, évite...

Il partit d'un petit rire amical et lui envoya un petit coup de poing dans l'épaule. Sakito se sentait étonnement détendu à présent, il se félicitait d'avoir enfin pu lui en parler. Pourtant, il y avait comme une ombre à cette satisfaction, quelque chose en arrière plan qui menaçait de supplanter le soulagement éphémère que lui avait procuré cette conversation. Son sourire s'évanouit d'un coup, et Hitsugi pencha la tête vers lui, cherchant à comprendre son changement d'attitude.

- Ni-Ya...

Aussitôt, l'autre jeune garçon perdit son humeur joviale et afficha le même air sombre que lui.

- Qu'est-ce qu'on peut faire ?...

- Rien.

- Quoi ? Arrête t'es pas sérieux ! On peut pas le laisser comme ça !

- J'ai déjà essayé, répondit gravement Hitsugi en tournant la tête vers lui.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Quand je l'ai vu cette nuit là, en train de draguer pour espérer mettre l'homme au sourire pervers dans son lit, je n'ai pas pu rester là à faire comme si je n'avais rien vu. Je suis allé le voir... Je pense que je n'arriverai pas à te décrire l'expression qui s'est affichée sur son visage. Tant de sentiments s'y sont mêlés... Surprise, crainte, peur, désespoir... Colère même. Je n'ai pas réussi à lui dire autre chose que son prénom... C'était trop dur, trop dur de le voir comme ça... ça me faisait mal... Il s'est enfui... Je me suis lancé sur ses traces... Dehors, il s'était mis à pleuvoir, ce qui donnait un air dramatique à notre bref échange. La rue n'était pas déserte, mais je ne voyais que lui. J'ai crié son nom, avec quelque chose de suppliant dans la voix. J'aurai pu me mettre à genoux pour qu'il reste avec moi ! Malgré la pluie, je savais qu'il pleurait, ses épaules tremblaient de sanglots, sa bouche s'ouvrait et se fermait comme s'il cherchait à se retenir, ses cheveux et ses vêtements dégoulinaient d'eau... Je me suis approché lentement, mais il m'a prévenu que si je faisais un pas de plus, il partirait. Alors, je me suis arrêté, et je l'ai longuement regardé, et je crois que je me suis moi aussi mis à pleurer... Je lui ai demandé d'une voix tremblante d'émotion de ne pas me fuir, de revenir vers nous pour qu'il nous laisse l'aider. Il a souri tristement en disant que personne ne pouvait plus l'aider. Je lui ai demandé de venir chez moi, ou chez toi, qu'on ferait n'importe quoi pour tenter de le tirer de là ! Il a alors fait quelques pas dans ma direction, et m'a regardé dans les yeux pour me demander de ne rien tenter, qu'il ne voulait pas qu'on essaie de changer sa vie. « Je suis déjà perdu » Et il s'est enfui à nouveau. Je suis resté seul sous la pluie, en pleurant comme un idiot d'être si impuissant...

Sakito regarda un moment le visage baissé d'Hitsugi et le tira vers lui lorsque il vit une larme dévaler sa joue puis s'écraser sur son pantalon. Il le prit dans ses bras, non pas pour le consoler, mais pour lui signifier que lui aussi était là désormais, et qu'il ne fallait pas qu'ils abandonnent maintenant.

- Il faut que j'aille le voir à mon tour...

- Pour quoi faire ?... Je te jure que son état psychologique va t'effrayer... Et il risque d'être... très distant avec toi...

- Je dois faire quelque chose... On va trouver une solution... On est les seuls à pouvoir faire bouger les choses !

- T'es incroyable, toi, murmura Hitsugi en relevant les yeux.

- Nani ?

- Tu es toujours celui qu'on juge « à protéger », mais en réalité c'est toi qui a le plus de force.

- N'importe quoi... Bon, viens chez moi jusqu'à ce qu'il fasse nuit et tu me montreras où tu as vu Ni-Ya la dernière fois.

- Peut-être qu'il a changé de champ d'action... Il ne voulait vraiment pas que j'essaie de l'aider... Alors il a sûrement décidé de faire attention et de se cacher de nous...

- On a rien à y perdre, nous, répondit Sakito en se levant, commençant à reprendre son chemin.

OoO

Ses yeux las allaient du verre à moitié vide de whisky posé devant lui au visage lisse tourné vers lui où jouaient les lumières multicolores des spots de la boîte. Il n'aurait pas du se trouver là, il n'était même pas majeur... Mais rien n'était réglementaire ici. On y laissait entrer ceux et celles qui venaient vendre leurs services par une porte exiguë donnant sur une ruelle perpendiculaire à l'avenue. Chaque fois qu'il en sortait, il était accompagné d'hommes vêtus très proprement, ou de femmes d'âge mûr en quête de compagnie. Il n'avait même plus la force de se sentir sale. La honte était si infiltrée, si ancrée en lui, qu'il vivait maintenant avec comme si elle faisait partie intégrante de lui. Il n'en ressentait pas moins le fardeau.

Ce soir là, sa proie était un jeune homme vraisemblablement de bonne famille, grand et mince, et ainsi qu'il le reconnaissait, assez séduisant. Le seul problème était que Ni-Ya ne faisait pas ça pour le plaisir. Etre jeune et attirant lui avait valu de nombreuses conquêtes, mais il ne sortait vraiment qu'avec les filles qu'il trouvait intéressante. Encore puceau de ce côté là, sa première fois avec un homme s'était déroulée sans douceur et sans l'émotion des sentiments qu'il éprouvait lorsqu'il s'agissait d'adolescentes. Il avait tu ses angoisses et sa douleur lorsque le bureaucrate l'avait pénétré, et il se demandait encore comment il avait réussi à tenir. Il aurait fait n'importe quoi pour que, si première fois homosexuelle il y avait du avoir, s'eusse été avec quelqu'un qu'il aimait... Sakito par exemple...

- Quel âge as-tu ?

Ni-Ya tourna la tête vers son interlocuteur et esquissa un sourire tout en portant son verre à ses lèvres.

- Vingt deux, mentit-il.

La jeune proie lui rendit son sourire et se rapprocha un peu de lui.

- Tu viens souvent ici ?

- Quelque fois, oui.

- Aah... Tant mieux ! Tu es vraiment très... sympathique.

Il frôla sa main de la sienne, faisant mine d'avoir voulu la poser sur la table. Intérieurement, Ni-Ya se félicita d'avoir une nouvelle fois réussi à séduire un gosse de riche, les plus capricieux et les plus exigeants, mais néanmoins les moins brutaux. En même temps, la tristesse de sa vie gâchée laissa paraître de l'amertume sur son visage. Son futur client se pencha vers lui, une lueur intéressée et inquiète dans le regard. C'était ce qu'il aimait chez ces proies là : ils étaient sentimentaux.

- Eh... Tout va bien ?...

- Ah !... Oui oui, excusez-moi...

- Je t'en prie, tutoie-moi...

- Que me vaut l'honneur d'être si familier ?

- Et bien... Si tu n'y vois pas d'inconvénient...

Il glissa sa main sur la cuisse du blond et la fit remonter jusqu'à sa hanche, approchant sa bouche de son oreille pour l'y coller.

- Peut-être pourrions-nous aller... Tous les deux...

Ni-Ya pousse un soupir faussement désolé.

- Je ne vois pas ce que tu veux dire... Explique-toi mieux...

Le jeune homme fit alors une petite moue d'impatience avant de lui murmurer :

- J'ai envie de toi... Nous pourrions passer la nuit ensemble, et...

- Désolé pour toi, prononça une voix masculine tout près d'eux. Mais ce soir, je l'ai réservé.

Les yeux des deux individus convergèrent vers la silhouette campée près d'eux, et Ni-Ya pâlit en reconnaissant son ami.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu viens foutre, toi ! Dégage, je suis occupé ! s'exclama le client en fronçant les sourcils, passablement énervé qu'on vienne l'interrompre.

Une main s'abattit sur son épaule tandis que l'autre lui attrapait le col, le tirant de la banquette où il était assis. Hitsugi planta un regard meurtrier dans celui du jeune homme qui déglutit pour reprendre contenance, intimidé par le visage menaçant tout près du sien.

- Oh, toi ! Il a dit qu'il lui était réservé ! Alors tu lâches l'affaire et tu vas voir ailleurs !

Il le repoussa sèchement et la riche proie s'excusa en balbutiant puis s'enfuit à travers la masse des danseurs sans demander son reste.

- Q... Qu'est-ce que vous faites ici ?! s'étrangla presque le blond en dévisageant ses deux compagnons vêtu de costumes noirs de haute couture.

- Ni-Ya, s'il te plaît, il faut qu'on se parle... commença Sakito en faisant un pas vers lui.

- Non ! s'écria-t-il en se redressant d'un bond. Hitsugi, tu m'as vendu ! Comment... Comment as-tu pu...

Ses yeux commencèrent à se remplir de larmes et il les dépassa brusquement pour s'enfuir à son tour dans la foule.

- Merde ! jura Sakito en se lançant à sa poursuite, Hitsugi sur ses talons.

Il dû jouer des coudes pour se frayer un passage, bousculé et ballotté par un mouvement qui lui donnait mal au cœur. Mais il était fermement déterminé à rattraper le blond et, le regard fixé tant bien que mal devant lui, il réussi à l'apercevoir s'engouffrer dans le couloir menant aux toilettes. S'extirpant péniblement de la foule, il ne regarda pas derrière lui pour voir si son ami le suivait toujours et pénétra à son tour dans les sanitaires. Comme il s'y attendait, Ni-Ya s'était enfermé dans une cabine. Les portes étant toutes rabattues sur elles-mêmes, il les poussa une à une en l'appelant, et s'adossa à la dernière qui lui résistait.

- Ni-Ya...

Seul le silence et le faible écho de la pièce lui répondirent. Il se laissa alors glisser à terre et attendit un moment avant de parler, conscient des sanglots qui commençaient à présent à se faire entendre de l'autre côté de la porte. Son cœur se serra d'impuissance. Pourquoi n'ouvrait-il pas, qu'il soit là pour plonger son regard dans le sien et lui dire qu'il le soutenait de tout son cœur ?

- Je suis désolé de t'avoir interrompu...

Les sanglots jusque là partiellement étouffés s'échappèrent de la bouche qui tentait de les maintenir en son intérieur. Sakito se mordit la lèvre, se maudissant d'avoir été si peu délicat.

- J'ai été blessé que tu ne m'aies rien dit... Je sais qu'Hitsugi l'a découvert par erreur... J'aurai aussi du me douter de quelque chose... Je te demande pardon de ne pas avoir été là au début. Tu as souffert sans rien dire... Pourquoi est-ce que je n'ai rien remarqué ? Pourquoi ais-je été si aveugle ? Tu sais... Lorsque Hitsugi me la dit, je pense qu'au fond je savais qu'il t'arrivait quelque chose, mais je ne pensais pas que ce serait si... horrible...

Il entendit un reniflement et reprit un peu espoir de lui faire entendre raison.

- Je ne peux pas juger tes actes. Tu tentes de garder la tête hors de l'eau alors que ta mère te l'y enfonce. Mais... Ce que tu fais... C'est...

- Dégueulasse ? proposa la voix brisée du blond recroquevillé sur le battant fermé des toilettes.

- Non... Je n'ai pas dit ça... Je sais que tu n'as rien trouvé d'autre... Mais ce n'est pas la solution...

- Y en a-t-il réellement une ?

- Il doit forcément y en avoir une !

- Pourquoi ? Pourquoi ne pas admettre que tout est foutu ?

- Si nous en parlions à la police ?

- Tu te fous de moi là ?!

- Mais non ! Tu te fais battre par ta mère ! Elle est alcoolique !

Ni-Ya partit d'un petit rire nerveux qui se perdit en un sanglot douloureux.

- Tu es tellement naïf... Tu crois vraiment qu'ils peuvent y faire quelque chose ? Tu crois qu'ils en ont quelque chose à foutre de ma vie ?!

- Mais...

- Sakito ! Parfois je t'envie d'être aussi innocent... Tu tentes toujours de voir les choses positivement... Mais cette fois, c'est bien plus sombre que le reste.

- Je sais... Je m'en suis rendu compte.

- Tant mieux alors. Comme ça, tu as compris qu'il ne fallait pas que tu t'en mêles.

- Là c'est toi qui te moques de moi... Tu crois vraiment qu'Hitsugi et moi on va te laisser t'enliser ? Réponds-moi ! cria à demi Sakito en tapant du poing dans la porte. Tu crois vraiment que je vais fermer les yeux sur cette histoire ?!

- Je... Tu ne peux rien faire...

- Bien sûr que si ! Je vais en parler à mes parents et...

- Arrête ! Je ne veux pas de cette aide là ! Je ne veux pas vous devoir quelque chose... Je dois trouver l'argent par moi-même pour qu'on vive...

- Mais tu vois bien que ce ne sera jamais assez !

- Je n'ai que ça ! Que ça à faire !

- T'es buté ou quoi ? Tu ne comprends pas ce qui va t'arriver si tu continues comme ça ?!

- Je vais crever la bouche ouverte alors que ma mère boira son dernier litre de whisky...

- Ne dis pas ça... murmura le jeune garçon en se tournant vers la porte comme s'il pouvait y voir à travers. Il te faut de l'aide... Je t'en prie, ne la refuse pas...

- Sakito...

- Je tiens trop à toi... Ne laisse pas tomber... Ne perds pas espoir... On va trouver une solution... Tu vas t'en sortir, je te le promets... Je ne t'abandonnerai pas... Jamais...

Un sanglot sortit de sa gorge alors qu'il crispait le poing sur la surface lisse et grise qui le séparait du blond. Dans un cliquetis, la porte s'ouvrit, et Ni-Ya se laissa tomber à ses côtés avant de le prendre dans ses bras.

- Je suis désolé de te faire endurer tout ça...

- Ne t'excuse pas de partager ta douleur avec tes amis, répondit Sakito en posant son index sur les lèvres de son ami.

Longuement, Ni-Ya fixa les yeux emplit de chagrin posés sur lui et il remarqua alors pour la première fois combien celui qu'il considérait comme le plus enfantin des trois était en réalité le plus conscient de la valeur des choses. Son regard balaya le visage suppliant tourné vers lui, et un sentiment très vif se rappela à lui, alors qu'il lui avait semblé l'avoir négligé depuis trop longtemps.

- Saki, je...

- Sakito ! cria Hitsugi en déboulant dans les toilettes, les yeux grands ouverts de panique.

- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? demanda l'interpellé en s'essuyant les yeux du dos de la main.

- C'est... C'est Tero !

Ni-Ya lui jeta un regard incrédule en sursautant à la prononciation de ce nom.

- Quoi Tero ?

- Il est ici ! Et s'il voit Ni-Ya, on est morts !

OoOoO

Mot de la fin : Mouhaha! 8D Un nouveau personnage important va apparaître dans l'histoire... TRES important è.é et dans l'autre d'après, une blondasse bien connue de cette chère Juu... Pas vrai keupine? XD Bon et bien... Je vous laisse mariner. Qui est Tero et que vient-il faire dans l'histoire?

A SUIVRE ...