Auteur : Sayuri Nobara
Base : Nightmare – Merry
Pairing : Sakito (Nightmare) x ?
Disclaimer : Same.
Genre : Same too XD
Titre : Innocent Teens
Chapitre 5 : Un goût d'absence


Il repoussa une mèche de cheveux roux derrière son oreille et posa son verre devant lui, soupirant de bien-être en sentant les effets euphorisants de l'alcool l'envahir agréablement. Il ferma les yeux, laissant ses sens s'engourdir peu à peu alors que la musique lui parvenant de derrière les baies vitrées faisait comme un doux murmure à ses oreilles.

- Cela fait longtemps qu'on ne vous avez pas vu ici, monsieur.

Tero rouvrit les yeux et regarda autour de lui avant de s'apercevoir que son barman s'était penché vers lui respectueusement.

- Ah, Sôjiro... En effet, cela fait quelques temps.

Il s'adossa au comptoir, les coudes callés pour le maintenir dans sa position, et balaya du regard l'espace dans lequel il se trouvait, une grande salle aux néons bleus à laquelle n'accédait que de rares privilégiés.

- Vous rendez visite à votre famille ?

- Malheureusement je vais être obligé de passer chez ces crétins... Mais je voulais m'assurer que les établissements de ma chaîne étaient bien tous aptes à prospérer. Cela semble avoir très bien avancer ici.

- En effet, monsieur, c'est en partie grâce à l'idée que vous avez eue.

- C'est vrai qu'autoriser les prostituées les plus intéressantes à pénétrer dans l'enceinte du club à titre spécial était une brillante idée, s'exclama Tero, les joues rosies par une montée de chaleur.

- Il n'y a pas que des femmes vous savez. Il y a de jeunes hommes très attirants... A ce sujet, j'en ai repéré un qui ne manquera pas de vous plaire !

- Ah oui ? demanda Tero en se retournant, une lueur intéressée dans le regard. A quoi ressemble-t-il ?

- Il est mince, blond, il sourit rarement mais son regard est d'une gravité déconcertante. Il semble parfaitement savoir ce qu'il fait, et il ne recule devant rien pour amener un client dans son lit. Il semble vraiment très doué... Il faut dire qu'il n'a rien pour déplaire !

- Ah, Sôjiro, rien que ta description me donne l'eau à la bouche !

Le barman esquissa un sourire goguenard et prit le verre de son supérieur pour le remplir à nouveau alors que celui-ci se levait pour aller surplomber le public en contrebas.

- Mais tenez, c'est lui là-bas, s'exclama Sôjiro en désignant dans un recoin une des silhouettes qui se mouvaient parmi les autres.

Bien entendu, Tero ne remarqua pas l'individu que lui désignait son compagnon.

- Où ça ?

- Attendez, il va bientôt passer dans les lumières...

Le roux s'exécuta donc, non sans ressentir une certaine excitation à imaginer le visage de son futur amant.

- Là !

A l'instant où un spot frappait de plein fouet un visage encadré de cheveux décoloré, Tero recracha son whisky sur la vitre en face de lui, estomaqué par la surprise.

- Quelque chose ne va pas ?

Sans répondre, il lui fourra le verre dans les mains et s'élança vivement dans l'escalier, survolant les marches en les dévalant deux par deux. Il se dirigea ensuite en bousculant sans vergogne quelques contestataires vers l'endroit où il avait vu le visage familier un instant plus tôt. Il tourna sur lui-même en se déplaçant vers la droite et vers la porte de sortie. Il se pencha vers des visages étonnés mais ne trouva pas de traces du blond. Les nerfs à vif, il s'apprêtait à sortir du bâtiment lorsque quelqu'un le percuta de plein fouet.

- Oup's, sumimasen.

Cette voix... Cette manière de parler qui l'avait toujours énervé... La bouche entrouverte, il se retourna d'un coup et obligea l'individu à faire volte face. Celui-ci s'apprêtait à l'envoyer bouler sans ménagement, mais en le reconnaissant, il poussa un cri de peur en ouvrant démesurément sa bouche ornée de piercings et détala en poussant deux autres personnes devant lui, avant qu'un Tero médusé et très en colère ne sorte vivement de sa propre boîte pour se précipiter dans la rue et les arrêter. Le jeune garçon aux cheveux décolorés devant lui n'avait pas besoin de se retrouver pour qu'il l'identifie.

- Ni-Ya ! hurla-t-il en les rattrapant, empoignant son épaule.

D'abord incapable de dire quoi que ce soit, Ni-Ya voulut enfin ouvrir la bouche pour parler, mais Tero abattit sa main sur son visage et l'envoya à terre.

- Mais t'es malade ! s'exclama Hitsugi en se précipitant pour l'aider à se relever.

- Qu'est-ce que vous foutiez dans mon club ?!

- Ton club ? s'étonna Sakito. C'est toi le patron ?

- Parfaitement ! Et l'entrée est interdite aux mineurs !

- Sauf cas exceptionnel, souffla Ni-Ya en gardant les yeux rivés sur le sol.

- Nani ? De quoi tu parles ?

- Je te parle des gens comme moi à qui on ne demande rien d'autre que d'entrer par une porte secondaire ! éclata le blond alors que les larmes s'amoncelaient dans ses yeux.

Hitsugi échangea un regard paniqué avec Sakito, et lut la même angoisse dans ses yeux. Que faisait Ni-Ya ? Avait-il perdu la tête ?

- Tu...

Tero se souvint alors de ce dont lui avait parlé son barman et devint soudainement hors de lui, lui assénant une nouvelle gifle à laquelle Ni-Ya s'attendait cette fois là.

- Qu'est-ce que tu trafiques ?!

- Je me prostitue. C'est interdit ?

- Parfaitement !

- Quel dommage. Peut-être as-tu une autre solution ?

- Pour quoi faire ?

- Pour payer son whisky à ta mère, espèce d'ordure ! s'écria le blond en se jetant sur lui, l'attrapant violemment par le col.

Derrière lui, ses deux amis restèrent sans voix. Ils l'avaient très rarement vu énervé, et cette fois là dépassait toutes les autres. Ils savaient que le frère de Ni-Ya était à blâmer pour les avoir abandonné, mais la haine qui semblait animer le jeune garçon semblait au-delà même de ce qu'ils auraient pu imaginer.

- Pendant que tu faisais ta vie ailleurs, Maman a sombré dans l'alcool !

- Et toi dans la débauche ! C'est mieux peut-être ?

- Tu ne comprends rien, siffla Ni-Ya en esquissant un rictus. J'essaie de gagner de l'argent comme je le peux ! On a plus un yen et elle dilapide tout dans la boisson ! Jamais tu n'as essayé de nous aider, jamais tu n'as cherché à savoir ce que l'on devenait ! On va bientôt être à la rue, on a à peine de quoi manger ! Mais il faut son verre à Maman, parce que sinon elle devient encore plus violente que lorsqu'elle a bu...

Il lâcha le roux, ses traits s'étant affaissés dans une expression de désespoir total.

- Ce n'est pas toi qui dois faire des choses inavouables pour voir la moitié de ce que tu as durement gagné lancée par la fenêtre...

Ni-Ya se détourna, une larme coulant sur sa joue, et il bouscula Hitsugi avant de commencer à marcher rapidement pour s'éloigner du petit groupe.

- Attends ! lui lança Sakito en esquissant un geste pour le retenir.

- Laissez-moi ! Laissez-moi tous tranquille ! Vous avez tout ce qu'il vous faut vous... Je ne peux pas rentrer à la maison sans argent, ce soir !

Hitsugi se retourna vers Tero alors que la silhouette aux épaules rentrées de son ami disparaissait de son champ de vision.

- Tu vas l'aider, ne ?

- Pardon ?

- Je t'ai demandé si tu allais l'aider ! cria le jeune garçon en toisant le rouquin.

- Calme-toi, tenta Sakito en s'interposant entre les deux. Tero, il faut que tu fasses quelque chose... C'est ta famille !

Celui-ci eut un petit sourire sans joie emplit de mépris.

- Après ce qu'ils m'ont fait ? Tu rigoles ?

- Ton père est parti, maintenant ! Et Ni-Ya n'a jamais été au courant de ses agissements...

- Ma mère l'était, elle, et c'est pour ça que je vais la laisser crever sans un remord !

- Et bien laisse-la, puisque tu sembles n'avoir aucune compassion pour ta génitrice, mais ton frère n'y est pour rien...

Tero les regarda tour à tour et fit mine de ne rien vouloir entendre.

- Jamais !

Il trépigna un instant sur place, hésitant à faire demi-tour, puis leur lança un regard faussement en colère avant de rentrer à nouveau dans son club. Hitsugi fit un pas en avant pour le rattraper, mais Sakito lui barra la route en tendant le bras.

- Qu'est-ce que tu fais ? Laisse-moi rattraper ce...

- Tu as vu son regard ? demanda-t-il calmement.

- Hein ? Celui d'un bœuf attardé, pourquoi ?

- Hitsugi... Tu n'as pas vu que ses yeux ont regardés en hésitant vers la rue où Ni-Ya a disparu en se mordillant l'intérieur de la joue ?

- Il a fait ça ?

- C'était presque indécelable mais oui. Et tu sais ce que ça veut dire lorsqu'il se met à réagir comme ça.

- Plutôt oui, grommela son ami en croisant les bras, frustré de devoir reconnaître que la réflexion de Sakito tenait la route.

- Je crois qu'on a retrouvé le Tero qu'on connaissait...

OoO

Ni-Ya essuya fébrilement ses yeux rouges et serra un peu plus ses genoux contre son torse. Le parc où il s'était arrêté était désert. Recroquevillé sur son banc, il savait pourtant qu'il devait se remettre en chasse et trouver une nouvelle proie à attirer s'il voulait avoir un déjeuner le lendemain. Mais il était fatigué, secoué par le retour de son frère et la venue de ses deux amis au club. L'entrée allait lui en être interdite, il devait trouver un autre lieu de travail. De frustration, il serra le poing et baissa la tête alors qu'un autre sanglot s'échappait de sa gorge.

- Tiens... C'est pour toi.

Surpris, le blond releva les yeux et découvrit Sakito qui lui tendait deux billets en lui souriant amicalement.

- Pour quoi faire ?...

- Disons que par ma faute, tu n'as pas pu gagner d'argent ce soir, murmura son ami en s'asseyant à ses côtés.

Ni-Ya tourna la tête pour échapper à son regard compatissant qui lui faisait mal au cœur.

- Je n'en veux pas.

- Pourquoi ?

- Je ne veux pas d'argent gratuit !

- Si tu veux... Je peux remplacer ce jeune homme.

- Je t'ai dit que... NANI ? s'exclama-t-il en se retournant vers le visage très sérieux du plus jeune. Mais qu'est-ce que tu racontes ?!

- Si tu veux... Je... J'accepte d'être ton client pour que tu prennes cet argent.

- Mais... Arrête ça, tu me fais peur, répondit Ni-Ya d'une voix tremblante.

- Pourquoi ? demanda-t-il en sentant son visage s'assombrir.

Le blond eut un instant d'hésitation et déglutit avant de répondre.

- Mais... Parce que...

- Je te plais pas assez, c'est ça ?

Sakito esquissa un geste pour se lever, mais Ni-Ya lui attrape vivement le poignet pour le maintenir à sa place.

- Si... Tu es... Mais... Tu ne peux pas faire ça, enfin ! Tu es mon ami...

- C'est pour ça que j'accepte d'avoir cette relation avec toi. Je veux t'aider, et je te l'ai promis, alors je ferai n'importe quoi pour que tu acceptes cet argent.

Ni-Ya eut un petit sourire désabusé. Au fond de son cœur, il avait espéré que le plus jeune ait envie de coucher avec lui pour une toute autre raison...

- Merci... Mais je ne peux pas te faire ça.

- S'il te plaît !

Le blond sursauta. Le visage du châtain n'était qu'à quelques centimètres du sien, et cette proximité le rassura, tout en faisant battre son cœur un peu plus fort.

- Tu me demandes de... Mais... Même pour m'aider, je ne peux pas accepter de te faire ça... En plus, si je ne m'abuse... Tu es encore puceau, ne ?

Sakito se mit à rougir et fronça les sourcils pour montrer sa désapprobation. Mais il ne pu sortir une seule phrase d'excuse.

- C'est bien ce que je pensais. Et des deux côtés, n'est-ce pas ?

- Ça va hein...

- Ce n'était pas pour me moquer de toi... Mais... Te faire ça alors que tu es encore vierge... Tu sais que je n'avais jamais couché avec un homme avant d'être obligé de le faire. La sensation étant vraiment... dégoûtante.

- Quoi ? Ce n'est pas un petit peu plaisant ?

- Si... Bien sûr, je ne peux m'empêcher de parfois... Hum... Mais ce que je veux dire c'est que tu ne peux pas faire ça simplement par pitié.

- Mais je veux t'aider... Et j'ai confiance en toi...

Mais la décision de Ni-Ya, quoi que douloureuse, était déjà prise. Malgré que l'idée lui procure quelques fourmillements dans le ventre, il ne pouvait pas se résoudre à lui faire subir ça.

- Je suis désolé... Mais j'accepte ton argent.

Le visage de Sakito s'éclaira soudainement, et un sourire heureux s'étala sur ses lèvres.

- C'est vrai ?!

- Oui... Mais c'est la dernière fois que j'accepte un seul yen de toi.

Sakito hocha la tête, nullement convaincu par son affirmation. Le blond eut un petit sourire attendri puis se pencha pour l'embrasser sur la joue.

- Rentre chez toi. Tu vas être épuisé sinon, demain.

- Tu ne vas pas venir au lycée ?...

- Non... Désolé, mais je dois encore travailler... Merci de ton aide. Allez, rentre vite.

Il le regarda s'éloigner de lui et soupira profondément en suivant des yeux les derniers contours flous de sa silhouette disparaître dans l'obscurité. Il baissa les yeux sur les billets, et sans un mot, les serra dans sa main.

OoOoO

Mot de fin : Voilà voilà, on est lundiiiiii, et j'ai posté. T'avais presque trouvé, Saeko x) Mais j'avoue que l'idée de l'amant de Sawah n'était pas idiote... Et puis ben on verra si la fin se finit diablement tragiquement ou pas XD

A SUIVRE...