Auteur : Sayuri Nobara

Base : Nightmare – Merry

Pairing: Sakito (Nightmare) x il Pittore – Tero (Vidoll) x Uruha (the GazettE)

Disclaimer : Ils s'appartiennent.

Genre : AU / Adolescence / Amitié

Titre : Innocent Teens

Chapitre 6 : Glance towards the past

Il laissa sortir de ses lèvres entrouvertes une longue volute de fumée, puis reposa lourdement sa tête sur le coussin, les yeux rivés sur le plafond. A côté de lui, son amant s'agitait dans son sommeil. Il tourna la tête pour apercevoir l'heure et se redressa tout à fait pour écraser son mégot dans le cendrier posé sur la table de chevet. Après quoi il se glissa hors du lit et commença à ramasser un par un ses vêtements éparpillés dans la chambre.

- Tu comptais t'en aller sans me dire au revoir ?

Tero releva les yeux et aperçut le petit sourire moqueur collé aux lèvres d'Uruha.

- Hum... C'est bien probable.

Le blond lâcha un petit rire et s'allongea de nouveau sur le dos pour s'étirer, savourant la petite douleur au creux de ses reins, souvenir de la longue nuit agitée qu'ils avaient passée.

- Ça faisait longtemps que tu n'étais pas venu dans mon lit...

- En effet...

- Ça fait du bien de retrouver cette ancienne sensation si agréable...

Le roux esquissa un sourire et finit de reboutonner son pantalon avant de monter sur le lit, s'allongeant contre Uruha en embrassant doucement son cou.

- Je n'aurai pas dit mieux moi-même...

- Dis... Tu vas rester cette fois ?...

Surpris, Tero croisa le regard sincère de son ancien amant et eut un petit geste incertain.

- Je ne sais pas...

- Je vois... Tu as quelqu'un à Tokyo ?

- Euh... Non...

- Alors qu'est-ce qui t'empêche de rester ici ?... Avec moi ?...

Tero se racla la gorge et fit mine de réfléchir pour regarder ailleurs, soudainement mal à l'aise.

- Tu n'en as pas envie...

- Ecoute, je ne...

- Est-ce que tu m'as réellement aimé, Tero ? demanda gravement Uruha en plantant son regard dans le sien.

Déstabilisé, celui-ci s'éloigna un peu de lui pour reprendre contenance.

- Oui...

- Tu me le jures ?

- Pourquoi est-ce que tu en doutes ?

- Parce qu'il y a trois ans tu es parti sans un mot, sans un dernier adieu, et je ne t'ai jamais revu depuis...

Un lourd silence s'installa entre eux, et Tero baissa piteusement les yeux sur ses mains nerveuses.

- Tu m'as réellement manqué, murmura le blond en se redressant pour poser sa tête sur son épaule.

- Ne crois pas que ce ne soit pas réciproque, souffla le roux.

- Vraiment ?

- Si je suis revenu c'est que... J'avais plusieurs idées en tête, et l'une était effectivement de revenir vers toi... Sans toi, rien n'avait la même saveur...

- Je suis heureux de te l'entendre dire... Je suis prêt à recommencer tu sais...

- Pourquoi me donner une nouvelle chance alors que je t'ai abandonné ? Tu n'es pourtant pas du genre à pardonner si facilement...

- J'ai eu le temps de réfléchir à ce que tu représentais pour moi. Et le constat était simple : tout. Tu étais tout pour moi... Te perdre a vraiment été difficile à vivre... Mais lorsque je t'ai vu devant ma porte hier... J'ai cru que j'allais défaillir. Tu sais, au début je n'ai pas vraiment fait attention à ta disparition. Mais j'ai commencé à ressentir un cruel manque affectif... J'ai eu beau essayé depuis lors de retrouver un semblant de relation, mais étonnement, ils avaient tous ta couleur de cheveux, s'habillaient tous de façon un peu similaire à la tienne, mais aucun n'avait ton odeur ni ta voix... J'ai toujours espéré qu'un jour tu me reviennes... Mais n'est-ce pas ce que souhaite toute personne amoureuse ? On ne se rend réellement compte de l'amour que l'on porte à quelqu'un que lorsqu'il nous quitte...

Durant tout son discours, Tero l'avait écouté sans l'interrompre, sentant son cœur se gonfler un peu plus à chaque mot qui s'échappait de sa jolie bouche. A la fin, il chercha vainement un reste de salive dans sa bouche asséchée et tenta de déglutir.

- Tu... Tu as vraiment ressenti tout ça ?...

- Je savais qu'à l'époque tu n'avais qu'une envie : t'enfuir de chez toi. Dès que tu as été majeur, tu es parti... Je devais m'y attendre... Mais je pensais que... Que peut-être je te ferai oublier ce que tu subissais... C'est tellement puéril de ma part...

Il laissa échapper un petit rire nerveux puis soupira d'un air mélancolique, jouant timidement avec les lacets ornant le côté de son pantalon.

- Je ne pensais pas que... Enfin... A l'époque, je croyais que ce n'était pas vraiment sérieux entre nous.

- Moi aussi, c'est ce que je pensais... Mais il s'avérait que non... Inconsciemment, j'avais besoin de toi... C'était plus que du simple réconfort...

Ses yeux de chocolat se posèrent sur Tero et le fixèrent si intensément qu'il devina qu'à cette déclaration muette, il devait répondre quelque chose.

- Uruha, je...

Comment lui expliquer ? Comment lui dire que lui, l'enfant malheureux puis l'adolescent du même état d'esprit, avait tout à coup ressenti plus d'amour pour une seule personne que pour toutes celles réunies qu'il avait connu dans sa vie ? Comment abandonner ce côté violent et insensible, séquelles de son passé, pour se laisser enfin aller devant la seule personne qui l'avait soutenu et qu'il avait pourtant abandonnée... Et qui à présent lui pardonnait son erreur pour tout recommencer... Tero n'était pas doué avec les mots. Il était d'ailleurs très peu bavard, avec qui que ce soit. Avec Uruha, il avait envie de s'exprimer, de partager. Mais pourtant, un obstacle lui restait en travers du chemin. Lentement, il se pencha vers le blond, et le regard rivé dans le sien, il effleura ses lèvres du plus tendrement qu'il pu. Agréablement surpris et soulagé que son avance ne soit pas repoussée, celui-ci se rapprocha davantage de lui pour unir leur langues et partager le premier vrai baiser d'amour entre eux deux.

- Je vais rester...

- Arigatô...

OoO

Comme il le lui avait dit, Sakito constata dès le matin même que Ni-Ya n'était pas là. Mais pour la première fois, son visage resta impassible. En réponse au regard inquiet d'Hitsugi, il lui assura que le blond allait bien, et que bientôt tout ceci finirait par changer.

- Laisse faire Tero.

- Mais qu'est-ce qui te dis qu'il est vraiment le même qu'avant ? Peut-être n'a-t-il pas l'intention d'aider son frère !

- Hitsugi, il faut du temps pour se remettre de ce qu'il a vécu. Tu ne crois pas que renouer les liens avec sa famille lui est douloureux après tout ça ?

- Je comprends mais... On devrait peut-être en parler à Ni-Ya ?

- Qu'est-ce que tu crois ? Qu'ils vont se sauter dans les bras ? Il en veut à Tero de les avoir abandonnés alors qu'ils avaient besoin de lui, et de son côté lui en veut énormément à sa mère d'avoir fermé les yeux sur les agissements de son père.

- Quel salop quand même, celui-là... Et dire que je le trouvais si classe...

- Il faut toujours se méfier des gens qui paraissent le plus digne de confiance. C'est étrange qu'il n'ait pas renouvelé ses actes sur Ni-Ya par contre.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Et bien Tero parti, il aurait pu s'en prendre à lui puisque il n'avait plus d'enfant à pervertir.

- Peut-être que ça l'a calmé ?

- Crois-tu ! Ce genre de types, c'est des pédophiles insatiables... Tu te rappelle la fois où Tero est arrivé en pleurant chez moi alors que tu venais y passer la nuit ?

- C'est là qu'il nous a dit...

- Oui... J'ai compris ce soir là que sa personnalité était due à ce traumatisme écrasant... Si brutal envers lui-même bien plus qu'envers les autres...

- On s'entendait plutôt bien avec lui avant...

- Il était quand même distant... Il prétextait ne pas vouloir se mêler des affaires des « petits »... Alors qu'on a à peine... Bon d'accord, on a huit ans de moins que lui...

- Sept, corrigea Hitsugi.

- Et tu te vantes d'avoir retapé ?

- C'est ma faute si je suis con ?

- C'est pas de la mienne en tout cas...

- T'étais censé dire que ce n'est pas parce qu'on a redoublé qu'on est pour autant stupide !

- Dans ton cas c'est exceptionnel...

Hitsugi lui tapa derrière la tête en bougonnant des insultes et croisa les bras sur son torse en affichant une superbe moue bien expressive.

- Tu boudes ?

- Ouais...

- D'accord.

- Mais t'étais...

- ...Censé te supplier d'arrêter de me faire la tête, oui je sais...

Ils éclatèrent de rire après s'être regardés, laissant s'évacuer un peu de la tension de la conversation précédente. Ils avaient l'impression que cela faisait trop longtemps qu'ils n'avaient pas ris ensemble de leur bêtise. Leurs pensées convergèrent alors vers le troisième membre du groupe, l'absent... Leur visages s'assombrirent à nouveau, ils savaient que tant que Ni-Ya serait dans cette affaire, les deux autres seraient trop abattus pour réussir à être réellement heureux.

- Hitsugi, la prochaine fois, il rira avec nous, promit Sakito en lui posant une main réconfortante sur le bras.

Le jeune garçon releva la tête et lui fit un petit sourire désabusé. Il regarda les groupes d'adolescents autour d'eux et enfonça ses mains dans les poches, repensant vraisemblablement à l'époque où ils étaient tous les trois à leurs places. La nostalgie du passé revenait si souvent ces derniers temps... En s'éloignant, Sakito l'entendit qui se murmurait à lui-même :

- Si j'avais son père sous la main, je le buterais...

OoO

Les yeux encore fermés, l'odeur désagréable qui vint agresser ses narines les lui fit vivement ouvrir. Penchée au-dessus de lui, le regard sévère et menaçant, elle eut un rictus malveillant, les pupilles dilatées par sa quotidienne absorption d'alcool.

- Lève-toi !

- Je suis fatigué... murmura péniblement le blond, tremblant d'avance à l'idée de la punition qu'il allait recevoir pour ne pas avoir obéi.

- J'ai dit lève-toi ! Espèce de bon à rien ! Je suis obligée de tout faire ici ! Lève-toi, fils inutile !

Un violent coup porté entre ses côtes lui coupa le souffle avant qu'il ne réussisse à dire un mot. Bon à rien ? Fils inutile ? Ni-Ya eut un petit sourire amer, et se reçut un nouveau coup, cette fois en plein abdomen.

- Qu'est-ce qui te fais rire ?! Tu te moques de moi, c'est ça ?!

Il n'eut pas le temps de démentir qu'une pluie de coups s'abattait déjà sur lui, meurtrissant ses bras, ses jambes, et tout son corps, jusqu'à la tête qu'elle n'épargna pas. Sans qu'il n'ait envie de céder, les larmes se mirent à couler sur ses joues, mais elle n'en tint pas compte et continua de vider sa fureur sur son fils. Enfin, lorsque son dernier coup eut raison de la lèvre inférieure du jeune garçon et éclata en laissant couler un mince filet de sang, elle le traina à travers la chambre, le faisant heurter les murs sans soucis pour sa santé, ouvrit la porte de leur appartement et le jeta brutalement dans l'escalier. Il eut heureusement le réflex de se rouler en boule, mais atteignit le sol pratiquement inerte après avoir dévalé une vingtaine de marches. Il avait terriblement mal à la tête, son corps le faisait douloureusement souffrir, et lorsqu'il tenta de lever son bras gauche, il poussa un petit gémissement bien vite étouffé par ses larmes.

- Va me chercher ma bouteille, incapable ! aboya la mère avant de rentrer à nouveau dans l'appartement sans un seul regard en arrière.

Péniblement, Ni-Ya tourna ses yeux vitreux vers la porte qui s'était refermé sur sa douleur et appela doucement sa mère, bien qu'il sache pertinemment qu'elle ne lui répondrait pas. Qu'est-ce qui le retenait de la laisser seule se débrouiller ? Oui, pourquoi ne l'abandonnait-il pas comme son père l'avait fait pour qu'elle voit un peu le temps qu'il passait à travailler pour gagner leur vie ? Elle irait se la chercher seule, sa bouteille ! Mais non... Il ne pouvait pas. Il n'était pas comme elle. Il l'aimait... C'était sa mère après tout ! Bien que cela n'y paraisse pas...

Il mit un long moment avant de tenter de se redresser, engourdi par la fatigue et la lassitude. Il avait terriblement envie de rester là, à ne plus bouger, à attendre que les gens lui passent dessus comme ils passaient tous sur sa vie... Ils la piétinaient, la massacraient sans s'en soucier... Il n'intéressait personne... Ce qu'il avait entendu de la bouche de Sakito et lut dans son regard, il se persuada que ce n'était que de la pitié. Personne ne l'aimait vraiment, il était un chien galeux se battant dans l'ombre pour sa pitance, désespérant chaque jour un peu plus de parvenir à sortir de cet enfer. A vrai dire, il y avait longtemps qu'il n'espérait plus.

OoO

Il essuya son visage des traces de sang qui lui restaient et passa la main le long de ses cheveux pour les coiffer sommairement avant de sortir du bâtiment. Ses vêtements étaient quelque peu froissés, sa chemise était même déchiré à un endroit, mais que pouvait-il y faire ? Il détestait ressembler à un miséreux, mais il n'avait pas l'aisance financière de Sakito ni un gout très prononcé comme Hitsugi pour les fringues trash comme il disait. Son expression aussi en disait long sur sa situation. Le regard vide, déserté de tout sentiment, il se contentait de fixer le sol devant lui et de marcher rapidement pour retourner le plus tôt possible à l'appartement. Bien sûr, elle le frapperait encore, bien sûr, elle l'insulterait et lui dirait comme il est un fardeau pour elle... Et bien sûr, il se tairait et encaisserait ses coups sans rien dire, simplement en pleurant et en priant pour que cela passe vite. Et s'il la prenait au mot et s'enfuyait définitivement de chez lui ?... Il repoussa cette idée d'un hochement de tête. Non, elle n'avait plus que lui... Subir un troisième abandon après celui de son premier fils puis celui de son mari, la vie ne l'avait pas vraiment gâtée. C'était pour cette raison qu'il lui pardonnait, et parce qu'il se souvenait dans un passé quelque peu lointain, qu'elle l'avait pris dans ses bras et chuchoté qu'elle l'aimait... Mais il avait oublié le ton de sa voix lorsqu'elle prononçait des mots tendres... Le bonheur semblait si... oublié... Et voilà que Tero ressurgissait, après trois ans d'absence, et se permettait de juger ses actes ! Qui était resté pour la protéger ? Qui avait sacrifié sa vie pour lui apporter ce dont elle avait besoin ? Ce frère distant et obsédé par le ciel ? D'ailleurs, qu'y avait-il de si passionnant dans le ciel pour qu'il lui accorde autant d'attention ? Mais maintenant qu'il y pensait, on lui avait reproché ces derniers temps d'être un peu trop rêveur... Il ne pu s'empêcher d'esquisser un sourire, malgré que la comparaison avec son frère lui paraisse peu flatteuse. Il ne savait pas grand-chose de lui en vérité... Quand il était plus jeune, Tero se mettait à l'écart des autres, ne parlait pas, n'exprimait aucun sentiment... A par la colère. Il était rongé par une violence presque incontrôlable et dangereuse. Bien que ce comportement l'intrigua, il n'avait jamais osé lui en demander la raison. Il ne l'avait d'ailleurs jamais vu sourire sincèrement de joie. Ni-Ya se laissa tomber sur un banc, à présent pris par des pensées autres que celles que lui dictait son instinct de survie. Il tentait de se remémorer si un évènement avait pu faire perdre pied à son ainé. Pendant plusieurs minutes, il resta plongé dans ses réflexions, immergé dans son passé, ses souvenirs de la famille qu'ils avaient été tous les quatre. Mais il n'arrivait pas à se concentrer. Il y avait toujours cette image des deux visages qui lui étaient le plus cher au monde... Ces deux sourires qu'il ferait n'importe quoi pour joindre au sien... Il n'y avait qu'Hitsugi et Sakito qui avaient réellement marqués positivement sa vie... Il se surprit même à penser qu'en fin de compte, Tero avait encore moins de chance que lui, car lui n'avait pas eu la chance d'avoir des amis...

Mot de la fin : Ce n'est pas Saii qui poste ce chapitre, mais Nii T-T La raison est que le pc de Sayu ne veut plus répondre, un trojan à la con... Peut être qu'il remarchera d'ici lundi prochain, peut être pas, donc toute la publication de ses fics est arrêtée jusqu'à nouvel ordre...
Allez, on lui envoie un paquet d'ondes positives èé Mana finira bien par sortir de son pc, et ce j'espère, le plus vite possible 8DD ♥♥♥

A SUIVRE ...