Auteur : Sayuri Nobara
Base : Nightmare – Merry
Pairing Sakito (Nightmare) x Hahaha
Disclaimer : Bis.
Genre : AU / Adolescence / Amitié
Titre : Innocent Teens
Chapitre 7 :
Love tripper


Quatre longs jours qu'ils ne l'avaient pas vu. Cependant, Sakito était quelque peu soulagé d'avoir pu l'avoir au téléphone. Il avait senti que la voix de son ami était de plus en plus laborieuse, qu'il cherchait ses mots, qu'il peinait à exprimer quelque chose de cohérent, comme si quoi qu'il dise, cela n'aurait pas d'impact. Sakito était retourné au club pour parler à Tero, mais les videurs n'avaient pas voulu le laisser entrer. Il avait bien tenté par la porte de derrière, mais elle était à présent surprotégée, et il commença à croire qu'on avait donné leur signalisation. Les mineurs ne pouvaient plus entrer. Il se sentit quelque peu trahi par cette mesure de sécurité. Comment pouvait-il parler au roux s'il ne pouvait pas mettre la main dessus ? Il commençait à craindre qu'Hitsugi ait raison... Et si en effet, Tero n'avait aucune intention d'aider son frère ? S'il lui en voulait de ne pas avoir subi d'attouchements sexuels alors que lui en avait si cruellement été victime ? S'il lui en voulait de toujours donner raison à sa mère alors qu'elle n'avait pas levé le petit doigt pour tenter d'arrêter son mari ?... La famille de Ni-Ya était totalement inexistante. Aucune cohésion, de lourds secrets, de la colère, de la haine... Bien loin de la sienne ! Enfant unique, Sakito n'avait pas vraiment eu à se plaindre de ses parents. Il n'avait jamais manqué de rien, mais n'était pas non plus un enfant gâté. On lui avait inculqué que l'argent n'était pas l'essence du vrai bonheur. Il y contribuait, certes, mais ne vivre que pour ça, c'était une belle erreur. Mais malgré tout, il s'en voulait d'être aussi aisé alors qu'à côté ses amis peinaient à trouver ne serait-ce qu'un yen. Parfois, il se sentait dégoûté de lui-même.

Un bruit sur sa gauche vint troubler sa tranquillité, allongé comme il était sur l'herbe, à l'ombre d'un cerisier, il entendit néanmoins l'individu arriver et s'asseoir à ses côtés. Il ne fit pas un geste pour s'enquérir de son identité, il pensait, il rêvait, et l'inconnu en faisant parti. Il était dans sa bulle de songes, ne voulait pas en sortir, et faisait de ce fait y entrer ce personnage. Avant qu'il ne parle, Sakito ouvrit les yeux et fixa le ciel au dessus de lui, un ciel bleu comme il aimait en voir, un ciel sans nuage et sans problèmes. Il souhaita de tout son cœur lui ressembler.

- Je ne m'attendais pas à te trouver ici...

Il tourna la tête et aperçut les fines mèches de cheveux rouges flotter dans la légère brise, à demi allongé sur le dos, redressé sur ses avant-bras.

- Je t'ai cherché.

- Je sais. J'avais pas mal de choses à régler...

- Quel genre de chose ?

- Il faut gérer le club... Et le reste est d'ordre personnel.

- Tu es allé les voir ?

- Pas encore...

- Ce qui veut dire que tu comptes quand même y aller ?

Tero hocha la tête d'un air agacé et passa la main dans sa chevelure avant de pousser un soupir.

- Il a besoin de toi...

- En es-tu vraiment sûr ?

- Tu es le seul à pouvoir faire changer les choses ! Tu as l'argent qu'il faut, tu es de sa famille !

- Famille ? Quel est ce mot ? Il ne semble pas figurer à mon vocabulaire...

- Ne fais pas de sarcasmes de ce genre...

- Toi aussi tu refuses la vérité ?

- Non, mais elle fait mal à entendre...

- C'est vrai, acquiesça le roux, sa voix s'étant radoucie.

- Il te ressemble...

- Ah ? s'étonna-t-il en esquissant un sourire forcé.

- Vous avez tous les deux été obligé de laisser votre corps à d'autres...

Tero se figea et sa mâchoire se crispa en même temps que son poing. Il y avait pensé, il avait cogité pendant tous ces jours et était arrivé à la même conclusion.

- C'est leur faute... Nos... parents nous ont fait du mal...

- Ils ont abusé de vous de manière différente, mais au final c'est la même douloureuse constatation. Tu sais qu'il est en train d'être détruit comme tu l'as été...

Sakito se redressa dans la même position que son compagnon et posa sur lui ses yeux attentifs. L'autre regardait devant lui, mais il sentait qu'en lui, c'était la même révolte sourde qui était en train de naître.

- Tu le laisserais être victime de leur méchanceté ?

- Je... Tu as raison, c'est la seule personne qui ne m'a pas fait de mal... Mais moi je lui en ai fait...

- Alors rends-toi compte, il n'y a pas une seule personne dans votre famille qui ait été encline à un peu de compassion envers lui...

- Mais... Oui, c'est vrai, mais sa vraie famille était là pour lui.

- Sa vraie famille ?

Le roux eut un petit sourire et tourna la tête vers Sakito pour acquiescer.

- Oui, toi et Hitsugi...

Le jeune garçon eut l'air surpris, mais touché de cette belle manière de voir les choses.

- Vous formiez tous les trois une grande famille, unis par votre amitié, jusqu'à ce que cette histoire vienne tout briser...

Tero se leva alors d'un mouvement souple et, dominant Sakito de toute sa taille, il eut regard franc et déterminé.

- Tu as raison, je vais faire quelque chose. Je ne le laisserai pas s'enliser là-dedans parce qu'encore une fois, un Mirakami est victime de son propre sang. Il faut que je sauve mon petit frère...

Il eut un moment d'incertitude avant de reposer un regard quelque peu perdu sur son compagnon.

- Comment faire pour le convaincre d'abandonner sa mère ?

- Et bien... En fait... Hitsugi et moi on y a pensé et on n'a trouvé qu'une seule solution... Mais elle risque de t'être douloureuse...

- Laquelle est-ce ? demanda-t-il, vaguement inquiet.

- Lui raconter ce que tu as vécu, l'informer des horreurs commises dans son dos...

- Vous êtes sérieux ?!

- Comment veux-tu qu'il y comprenne quelque chose, sinon ? Tu dois lui faire confiance...

- Et s'il le prenait mal ?...

- Envers toi ? Est-ce qu'Hitsugi et moi on a changé de comportement à ton égard ? Négativement, je veux dire ? Non, bien au contraire...

- Mais il va être choqué...

- Bien sûr qu'il va l'être ! Il y a de quoi ! Mais justement... C'est positif pour nous tous...

A son tour, Sakito se remit sur ses pieds, époussetant sommairement le pantalon de son uniforme avant de souffler d'une voix suppliante :

- Libère-le... Avant qu'il ne soit trop tard...

OoO

- Mais au fait, tu ne devrais pas être en cours toi ?

Sakito hocha la tête et eut un petit sourire, continuant de marcher calmement aux côtés de Tero. L'après-midi était ensoleillée et les rues animées où s'agglutinaient les magasins et les clients qui affluaient lui procura la sensation d'être bien, entouré d'inconnus. Les mains dans les poches, il regardait devant lui, son regard s'arrêtant parfois sur un visage qui s'éclairait où se détournait, appréciant pour un temps le répit des problèmes.

- Au fait, on a parlé de tout sauf de toi. Que deviens-tu ?

- Et bien... Mes parents sont partis à Tokyo, je vis seul mais j'aime passer du temps dehors...

- Quel résumé ! ironisa Tero.

- Ça va...

- Et côté filles ?

Aussitôt, il s'immobilisa, son cœur commençant à s'affoler sans raison.

- Eh... Ça va pas ? demanda le roux en se penchant vers lui, une main sur son épaule.

- Je...

Peut-être était-il nécessaire qu'il lui en parle ? Après tout, Hitsugi avait bien réagi... Malgré qu'il ne connaisse pas vraiment le passé amoureux de son ami, il lui semblait que de manière incompréhensible, il pourrait le comprendre.

- C'est délicat... commença-t-il, la bouche sèche, en reprenant la marche.

- Oh, je vois ! Peine de cœur ?

- N... Non... En fait... Je crois que je suis amoureux mais...

Il se rendit alors compte combien il n'avait presque pas pensé à son inconnu durant cette semaine. Les évènements s'étaient bousculés et enchaînés, à tel point qu'il n'avait même plus pensé au manoir et à Kanagure.

- Aaaah ! Raconte ! Elle est comment ?

Inspirant profondément, sous l'œil curieux du roux, l'image du portrait le frappa comme de plein fouet, se rappelant à lui d'une vivacité déconcertante. Son cœur fit un bond. Comment avait-il pu oublier la beauté de ce regard ?...

- Tero, le coupa-t-il. As-tu déjà été amoureux ?

Tout en esquissant un sourire rêveur, celui-ci hocha la tête et reprit d'une voix douce :

- Je le suis...

- Vraiment ? Elle vit à Tokyo ?

- Non, ici même.

- Sans blague ?! Tu nous la présenteras ? Mais... Quand l'as-tu connue ?

- Il y a trois ans, c'était la seule personne en qui j'avais confiance... Et je l'ai trahit en l'abandonnant... Mais depuis que je suis revenu, je l'ai revu... Plus beau que dans mes souvenirs...

- Pardon ?

Il avait cru mal entendre... Avait-il dit beau ? Se pourrait-il que...

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Quel est l'adjectif que tu as employé ?

- Euh...

Tero lui lança un petit coup d'œil nerveux puis haussa les épaules.

- J'ai dit beau... La personne dont je suis amoureux est un homme.

Atterré, Sakito percuta de plein fouet un individu pressé qui grogna et lui lança des injures alors que son ami le tirait d'une main à l'intérieur d'un salon de thé.

- Assieds-toi, je vais commander et j'arrive.

Il se laissa tomber comme une masse sur sa chaise, la révélation de Tero paralysant sa langue. Celui-ci revint peu après avec les boissons et lança un regard soucieux à son jeune compagnon en lui tendant la sienne.

- Tu en fais une tête ! On dirait que t'as vu un fantôme !

- Tero, tu es... homosexuel ? demanda-t-il en baissant la voix.

Celui-ci se contenta de le regarder sans répondre, examinant attentivement l'expression de son visage avant de reprendre.

- Je sais ce qui est en train de te passer par la tête...

- A... Ah ?

- Tu te demandes si ce que m'a fait subir mon père a un lien avec ça ?

- Un peu...

- Et bien non. Crois-moi, je n'aimais pas du tout cela... D'ailleurs, ça a été très dur d'accepter mon attirance pour un homme après ça... Mais j'ai réussi à séparer les deux choses. Ça te choque, on dirait.

- Non... En fait c'est pas vraiment ça c'est que... Au fond j'espérai que tu me dirais ça...

- C'est-à-dire ?

- Je crois que je le suis aussi...

Le roux reposa lentement son bol alors que Sakito baissait les yeux en rougissant, ne sachant plus trop où se mettre.

- Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

- Et bien... Tu sais, dans les vestiaires de sport, parfois... Il m'arrivait de laisser traîner mon regard... Et ce n'était pas désagréable, si tu vois ce que je veux dire...

- Je vois... Continue.

- Il y a peu de temps j'ai été invité chez une vieille dame que j'avais aidé lors d'une agression. Il y avait un portrait sur un mur qui m'a... troublé...

- Troublé ?

- Je n'arrêtai pas de penser à l'homme sur ce tableau... Lorsque je suis retourné pour la deuxième fois chez elle, la beauté du visage m'a davantage frappé. C'est dingue, mais j'ai l'impression d'être amoureux d'un tableau...

- Ce n'est peut-être pas simplement une impression... Ce portrait dont tu parles, il a bien un auteur, non ?

- Oui... D'ailleurs, il me semble l'avoir vu à une fenêtre lorsque je sortais... Avec l'histoire de Ni-Ya, il m'était quasiment sorti de la tête... Mais demain j'y retourne et je...

- Tu as déjà remarqué comme tu parlais vite lorsqu'il s'agissait de lui ?

- Hein ?

- On dirait que tu es tout excité...

Alors que Sakito balbutiait vainement pour trouver une explication, Tero éclata de rire. Il ne l'avait d'ailleurs pas vu faire ce genre de choses depuis un très long moment.

- C'est pas drôle...

- Excuse-moi... Mais vraiment, c'est adorable les gamins dans ton genre !

- Tero !

- Ce n'était pas une avance ! Arrête de me jouer l'outré. Donc, tu vas le voir demain ?

- Je n'en suis pas sûr... En fait je ne l'ai jamais réellement vu... Mais je crois que oui...

- Il faudra que tu me racontes ! Je veux tout savoir de l'histoire d'amour de notre jeune ami avec son cher peintre !

- Mais arrête de te moquer de moi !

- Mais le pire, c'est que j'étais sérieux...

OoO

Hitsugi resta longuement à regarder la place vide à ses côtés, puis reporta son attention sur le tableau noir. S'était-il déjà senti plus seul que maintenant ?... Sakito avait séché, mais il ne l'avait pas prévenu. Avant, lorsqu'ils leur arrivaient de faire ce genre d'entorse au règlement, ils étaient toujours ensemble, passaient leur journée ensemble. Pour la première fois, celui-ci avait brisé cette habitude importante aux yeux du jeune garçon. Il s'en sentait peiné et presque abandonné. Peut-être que Sakito avait encore en tête cette histoire d'aide de la part de Tero et qu'il avait une énième fois tenté de le joindre ? Il soupira et posa sa tête sur ses bras, incapable de penser à autre chose. Ou bien peut-être était-il avec Ni-Ya à cette heure ? Ils semblaient bien plus proches maintenant, ces deux là... Une certaine pointe de jalousie l'étreignit au cœur. Sakito avait été mis à l'écart de l'affaire au début, et à présent c'était lui qui n'était plus vraiment impliqué. Il en était frustré. Au courant avant lui, il n'avait pourtant rien pu faire de plus, si ce n'est moins. Il s'était résigné trop tôt. Quel idiot il avait été ! En vérité, bien qu'il tînt énormément à lui, il n'avait pas la moindre volonté. C'était pour cette raison qu'il n'arrivait pas à travailler. Au fond, même s'il le dissimulait en se taisant, il se sentait moins que rien, moins que Sakito, sa popularité, sa richesse et sa personnalité si forte, intéressante et attachante, moins que Ni-Ya également, qui était entouré par la gente féminine et gardait une assurance naturelle et déconcertante... Qu'avait-il lui de particulier ? Son humour ? Etait-ce vraiment drôle d'entendre des vannes infantiles et grossières, sans véritable substance ? Il se sentait tellement vide, tellement différent, si insignifiant... La situation lui minait le moral, et la séparation progressive entre Sakito est lui lui était douloureuse.

D'un geste las, il fit rouler son crayon sur la table et attendit qu'il tombe pour le regarder. La mine s'était cassée. En fin de compte, ils étaient tous comme ce crayon... Ils roulaient, poussé par une force exultante, pour mieux tomber et se fracasser...

Lorsque la sonnerie retentit, Hitsugi, qui n'avait pas sorti ses affaires, se leva avant les autres et sortit d'un pas indifférent au son de la voix du professeur qui leur dictait le travail à faire pour le lendemain. Où était l'intérêt, puisque Sakito n'était plus là pour le motiver ? Il soupira et s'engagea dans le couloir avant de sursauter à une voix familière dans son dos.

- Hitsugiii-kun !

Pétrifié, il se pinça pour vérifier qu'il ne rêvait pas et cligna des yeux plusieurs fois avant de se ressaisir. Il pivota sur ses talons et tenta d'afficher un air plutôt calme. Mais pourquoi n'arrivait-il pas à dissimuler ses sentiments ?

- Ha-hai ?

Nori arriva à sa hauteur, tenant contre sa petite poitrine les quelques livres qu'elle avait sortis de son casier. Une nouvelle fois, il s'extasia sur sa beauté fraîche et ravissante, tentant de garder tant bien que mal son regard sur son visage.

- Je me demandais si...

Elle baissa les yeux en rougissant et le jeune garçon la regarda d'un air incrédule, les yeux écarquillés, sentant son cœur dans sa poitrine battre à un rythme effréné.

- Est-ce que tu voudrais qu'on aille quelque part demain après les cours ?... Je connais un salon de thé plutôt bien...

Un salon de thé ? Hitsugi se retint de faire la moue mais lui sourit timidement, heureux de cette proposition.

- Je... D'accord !

- J'ai musique après que tu aies fini... On pourrait se rejoindre à l'arrêt de bus, comme ça ça ne te ferait pas trop loin...

Trop heureux, il se contenta d'acquiescer vivement, une indicible joie au cœur remplaçant instantanément ses idées noires et sa déprime.

- Bon alors... A demain !

Elle lui fit au revoir de la main en s'éloignant, souriant de toutes ces dents blanches alors qu'elle rejoignait deux amies qui l'attendaient en le regardant lui avec intensité. Etait-il en train de rêver ou Nori, la fille qu'il aimait, la plus jolie de la classe, venait de lui donner rendez-vous ?... Qui donc lui avait dit qu'il n'aurait jamais sa chance parce qu'elle était trop bien pour lui ? Sakito allait en être ébahit ! D'un mouvement, il balança son sac sur l'épaule et repris sa route, souriant bêtement comme un homme amoureux. Mais tant pis si on se moquait de lui, il voulait saisir cette chance de veinard et rien ne pouvait le rendre plus enjoué. A part peut-être la reformation du groupe et la sortie de Ni-Ya de cette misère...

OoO

- Môshi môshi ?

- Bon alors, tu m'expliques ce que t'as foutu ?

- Hein ?... Ah ! C'est toi...

- Tu t'attendais à quelqu'un d'autre ?

- Bref. Qu'est-ce que tu veux ?

- Je viens pas de te le demander à l'instant ?

- Ben... J'étais ailleurs...

- Ah oui ça, j'avais remarqué !

- Très bien ! J'étais avec Tero cet après-midi.

- Oh ! Et tu en as sorti quelque chose d'utile ?

- Il va tenter de faire bouger les choses, oui.

- Enfin une bonne nouvelle...

- Je suis désolé de ne pas t'avoir prévenu que je ne viendrai pas en cours...

- Je finis par avoir l'habitude entre Ni-Ya et maintenant toi...

- Gomen ne, Hitsugi...

Celui-ci se racla la gorge et reporta son attention sur son bureau, cherchant par là à ne pas trahir son émotion.

- Alors hm... Comment s'est passée ta journée ?

- Longue, ennuyeuse, une journée sans toi quoi...

- Ah, vraiment...

- Au fait, tu ne devineras jamais ce qui m'ait arrivé ! reprit tout d'un coup le jeune homme d'une voix pleine d'excitation.

De surprise, Sakito faillit en lâcher son téléphone.

- Raconte !

- Nori ! Nori-chan m'a invitée à prendre le thé demain après les cours !

En disant cela, Hitsugi s'allongea sur son lit et roula sur le ventre, un grand sourire collé aux lèvres.

- T'es sérieux ?

- Puisque je te le dis !

- Et bien... Omedetô !

- HAHA je me sens tellement euphorique !

- C'est compréhensible...

- Eh... Mais demain on est mardi !

- Mardi oui...

Ce jour qu'il avait tant eu envie de vivre de suite, sans avoir à attendre une longue semaine sans revoir le portrait... Mais on ne pouvait pas réellement dire qu'il y avait beaucoup pensé ces sept derniers jours... Depuis qu'il s'en était rendu compte, l'obsession était revenue, nettement plus forte et tenace. Après s'être séparé de Tero, en fin d'après-midi, ses pensées avaient toutes convergées vers son inconnu. Oui, vraiment, il lui tardait d'être mardi. Il croisait les doigts pour enfin pouvoir le voir en face de lui... Il en serait malade si cette fois là n'était pas la bonne !

- J'ai tellement envie de le voir... murmura-t-il en fermant les yeux.

- Aaah ! Saki-chan est amoureux !

Un fin sourire éclaira son visage, mais même sans être présent, Hitsugi pouvait deviner que ses yeux brillaient.

- Peut-être...

- Qu'est-ce que tu feras si Kanagure-san finit par t'amener à lui?

- Honnêtement, je n'en sais rien... Je ne préfère pas penser à ma réaction...

- Tu veux un conseil ?

- Va-y toujours...

- Ne lui saute pas dessus dès le début !

- Hitsugi !

Celui-ci partit d'un fou rire à l'autre bout du fil et ne se calma qu'au moment où Sakito poussait un profond soupir.

- Quoi ?

- Je ne vais pas dormir de la nuit !

- C'est compréhensible... J'ose même pas imaginer ton état à la fin de la journée de cours... Tu viens demain, ne ?

- Hai, t'en fais pas. On se soutiendra moralement l'un l'autre pour nos deux rendez-vous !

- Ouais, en espérant qu'ils soient aussi fructueux l'un que l'autre !

- Et si c'est lui qui me saute dessus ? s'exclama tout à coup Sakito.

- Et bien... ça sera un pervers qui aime les petits garçons dans ton genre et dans ces cas là, je te conseille de fuir aussi vite que tu peux !

- T'es un idiot...

- Je sais ! répondit Hitsugi dans un éclat de rire.

- Bon... Oyasumi ! Et toi aussi, essayes quand même de dormir !

- Je crois que je vais être dans la même incapacité que toi à fermer l'œil...

- Ne partons pas vaincus !

- Ouais... S'tu le dis...

OoOoO

Note de fin : I apologize for being late e.e Deux, trois semaines sans Pécé, c'était abominablement atroce. Mais me revoilà ! J'avais bien posté quand je n'avais plus de Pécé, je sais, seulement les trois ordis ont planté peu après donc je n'avais même plus l'occasion d'aller sur un autre. Je ratrappe donc mon retard, en espérant que la suite vous plaise tout autant que le début, et je vais me remettre doucement à l'écriture.

A SUIVRE...