Auteur : Sayuri Nobara
Base : Nightmare – Merry
Pairing : Sakito (Nightmare) x X – Hitsugi x Nori xD
Disclaimer : Nori est à moi, Kanagure aussi. Ouaiiiis ! e.e
Genre : AU / Adolescence / Amitié / Romance…
Titre : Innocent Teens
Chapitre 8 : Mousou Rendez-vous


Comme ils l'avaient prévu, aucun d'eux deux ne s'endormit cette nuit là. Ils eurent bien quelques petits moments de somnolence, mais ils ne s'en vantèrent pas. Leurs esprits étaient obsédés par leurs rendez-vous respectifs, et trop y penser les rendait incroyablement nerveux. De plus, Ni-Ya n'était toujours pas revenu en cours depuis plus d'une semaine... Mais ils étaient quelque peu rassurés de savoir que Tero avait l'intention de s'en mêler. Ainsi, ils pouvaient penser à autre chose de tout aussi important.

En entrant en classe, Hitsugi avait maladroitement percuté Sakito, trop occupé à faire un timide sourire à Nori. Son ami se moqua tout bas de lui, lui lançant plusieurs fois pendant le cours de grands sourires narquois.

- Arrête de te foutre de moi ! grogna Hitsugi en faisant mine d'écrire pour suivre le cours.

- Pardon, mais pour une fois que j'en ai l'occasion !

- T'es vraiment pas charitable !

Faisant mine de se redresser parce qu'il voyait mal le tableau, Hitsugi jeta un coup d'œil vers Nori et se perdit dans ses rêveries sans s'apercevoir que le cours passait sans qu'il n'ait pris aucune note.

- Oh ! Suge-chan ! Arrête de rêver !

- He-hein ?

D'un geste, Sakito le tira par la manche et Hitsugi perdit l'appui qu'il avait de sa tête contre la paume de sa main.

- Le cours est fini...

- A-ah bon ?

- Lève-toi...

- Déjà ?

- Mais t'es vraiment dans les vapes ou quoi ?

Sakito releva son ami et l'aida à ranger ses affaires avant de le traîner dehors. Ses yeux papillonnaient avec peine et il ne comprenait pas bien pourquoi ils devaient sortir de cours.

- C'est l'heure de manger, youhou !

- Ah, peut-être...

Hitsugi le suivit sans bien se rendre compte de ce qu'il faisait, à peine sorti de son état comateux. Il avait sans aucun doute somnolé, rattrapant ce qu'il pouvait de sa nuit de repos perdu.

- Pourquoi est-ce qu'elle m'a invité aussi soudainement ?

Sakito releva les yeux de son assiette et haussa les épaules en signe d'ignorance.

- Tu lui plais depuis longtemps mais elle n'a pas osée t'aborder... Ou bien elle en a marre que tu la regarde sans arrêt et va te dire clairement qu'elle ne ressent p... Mais qu'est-ce que je raconte ! Oublie ce que je viens de dire...

Mal à l'aise, il se replongea dans son activité et jeta un coup d'œil à Hitsugi qui ne semblait pas vraiment être en condition d'oublier.

- Tu... tu crois que c'est ça ?...

- Que tu lui plais ? Evidemment !

- Non, le...

- Mais non ! C'est une connerie que je t'ai sorti pour te vanner gentiment... Mais c'était pas très drôle en fait...

- Hm...

Visiblement, le jeune garçon paraissait vraiment inquiet.

- Eh, Suge-chan... Je ne pense pas que Nori soit le genre de fille à prendre les sentiments des autres à la légère...

- Mais je commence à avoir vraiment peur...

- On invite pas un garçon pour lui dire de regarder ailleurs ! Alors cesse de t'en faire...

- Tu crois que... que je saurai assurer ?

- Bien sûr ! Pourquoi tu en doutes ? Alala, l'amour te rend si maladroit !

Sakito se mit à rire en buvant une gorgée d'eau tandis qu'Hitsugi s'autorisait un sourire.

- Est-ce que tu me trouves beau, Saki ?

Celui-ci s'étouffa dans son verre et rougit légèrement en le reposant.

- Pourquoi tu me demandes ça ?...

- Et bien... Je voudrai avoir ton avis, c'est tout. Et comme tu es mon ami... Sois vraiment honnête... Est-ce que je suis beau ?

- Disons que je te préfère sans maquillage... Aujourd'hui c'est parfait. Vraiment, t'es à croquer !

Ils se mirent à rire alors qu'Hitsugi lui donnait un petit coup de pied dans la jambe.

- Tu devrais retirer tes piercings.

- Quoi ?! Jamais de la vie !

- Tu veux risquer d'écorcher ta jolie Nori quand tu l'embrasseras ?

- Mais...

- Il faut te mettre à sa place, elle n'aura aucune envie de poser ses lèvres sur des bouts de métal !

- Umpf... J'en mettrais des simples alors... J'en ai dans mon sac.

- Et bien voilà, mon cher Suge-chan, ce soir tu seras casé !

- Va pas trop vite hein...

- Oui, c'est vrai... Mais bon... Avec ton charme ravageur...

- C'est toi qui dis ça !

- J'ai hâte de voir cet homme, murmura Sakito, les yeux dans le vide, la tête appuyée sur une main.

- Tu lui transmettras mes amitiés ! s'exclama Hitsugi en se penchant vers lui, un sourire narquois sur les lèvres.

- C'est ça ouais...

OoO

- Saki...

- Mmh ?

- Je tremble...

Sakito se retourna vers son ami qui jouait nerveusement avec ses piercings, le regard fuyant, constamment à triturer ses clefs. Il soupira, puis entoura ses épaules de son bras.

- Tu es sûr que tu veux attendre une heure à l'arrêt de bus ? Tu seras un peu sur les nerfs à force d'attendre, non ?

- T'en fais pas, j'ai toujours des mangas sur moi... Et j'ai mon mp3...

- Bien alors...

Ils s'avancèrent tous les deux vers l'abri de bus et Hitsugi s'affala sur le banc après avoir testé toute sorte de position debout.

- Bon... Et toi ? Comment tu vas faire pour convaincre ta vieille si elle est toujours pas décidée à te laisser monter ?

- Je ne repartirai pas sans l'avoir vu.

- Tu m'as l'air bien motivé. Il doit t'en faire de l'effet pour que tu sois si déterminé !

Sakito leva les yeux au ciel et poussa un petit bruit d'exaspération.

- D'accord, j'arrête de t'embêter.

Mais le jeune garçon savait très bien que les remarques répétées d'Hitsugi n'étaient là que pour lui faire penser à autre chose qu'à son angoisse. Aussi l'avait-il laissé faire depuis lors, car il avait besoin lui aussi de se focaliser sur autre chose que la perspective de se retrouver seul face à l'inconnu.

- Voilà mon bus... Bon... Je te laisse alors...

- Ouais...

Inexplicablement, ils n'avaient aucune envie de se quitter pour aller affronter un sentiment qui les effrayait autant qu'il les rendait heureux. Ils auraient voulu faire face ensemble à chacune de ces importantes situations, mais le destin avait apparemment voulu que ce ne soit pas le cas.

- Allez... Bonne chance !

- A toi aussi !

Le bus s'arrêta devant eux et Sakito lança un dernier signe de la main à son ami qui le lui rendit, puis il grimpa les quelques marches et partit s'asseoir au fond du bus. Par la vitre, il pouvait voir qu'Hitsugi le cherchait des yeux pour se rassurer, garder en mémoire une dernière image d'encouragement. A peine le bus eut-il redémarré, s'éloignant progressivement de la silhouette assise du jeune garçon, que le portable de Sakito vibra et qu'il ouvrit des yeux à demi surpris en décrochant.

- Encore toi ?

- Désolé... ça te dérange si je te garde au téléphone jusqu'à ce que tu arrives au manoir ?

- Non, mais... Le coût de la communication...

- On s'en fout, je suis déjà hors forfait.

- Tu veux ruiner tes parents ?

- Ils me payent ce que je veux et ils me laissent tranquille. Tu sais bien que c'est comme ça que ça marche chez moi.

- C'est pas forcément une bonne chose...

- C'est pas vraiment maintenant que ça va changer. Il est loin ton manoir ?

- Un peu oui. Il est en dehors de la ville.

- Aah... C'est marrant comme tant que je te parle, je me sens plus léger...

- Et moi je commence à avoir une boule qui se noue dans ma gorge...

- Ne t'en fais pas, toi ça va rouler. Je vais prier pour toi pour que tu trouves enfin ce que tu cherches.

- On dirait un prophète...

- C'était le but ! Tout ce qui sort de ma bouche ne sont que des paroles sages et réfléchies...

- Je dirais plutôt l'inverse...

- Aucun humour...

Le bus s'immobilisa au premier arrêt et déposa quelques personnes avant de continuer sa route. A chaque fois, malgré que la conversation téléphonique soit plutôt distrayante, Sakito sentait ses mains devenir de plus en plus moites. A la fin, il n'écoutait plus que d'une oreille distraite le murmure étouffé dans son oreille. Le manoir approchait, et avec lui ses peurs et ses angoisses se déchaînaient soudainement. Pourvu que Kanagure ne le laisse pas seul avec le peintre !

- Hitsugi, coupa soudainement Sakito en se leva.

- Hm ?

- Je suis arrivé...

Sakito fit trois pas hors du bus et se trouva dans l'incapacité d'en faire un de plus.

- Allez quoi, dépêche-toi ! Ne le fais pas attendre !

- Qu'est-ce qui te dit qu'il veut me voir ?

- Mon intuition ! Alors tu te dépêches d'aller à ce foutu portail.

S'exécutant avec peine, Sakito poussa la grille devant lui et frissonna étrangement en posant le pied dans le jardin. En entendant le grincement lugubre, Hitsugi eut un petit sifflement.

- Ouah... C'est flippant ton truc... Si j'étais toi, j'y aurai jamais mis les pieds !

- Normal, tu n'as pas de courage.

- Répète un peu pour voir ?

- Shht, je me concentre.

Il leva timidement les yeux vers la fenêtre du bâtiment à laquelle il avait aperçu l'homme la toute première fois. Il s'attendait à ne rien y voir, mais il voulait s'en assurer. Quelle ne fut pas sa stupeur de le voir de nouveau, la tête négligemment appuyée contre le montant de la vitre, ses yeux rivés sur lui... Son regard le désarma, sa bouche s'ouvrit toute seule alors que son cœur semblait s'arrêter de battre, et de surprise, il en laissant tomber son portable. Lorsque l'appareil percuta le sol, dans un petit bruit mat, Sakito sortit de son immobilité pour le ramasser vivement, s'accroupissant pour ne pas risquer de vaciller.

- Hitsugi ?... T'es toujours là ?

- Ben ouais, mais qu'est-ce que t'as foutu ? Y a eu un bruit bizarre !

- Je... Je l'ai vu...

- Hein ?

- A la fenêtre !

Il leva de nouveau la tête, cherchant des yeux l'image désirée, mais il n'y avait à présent plus personne. Il déglutit, puis se força à fermer les paupières un moment pour retrouver son calme.

- Tu vas bien ?...

- Je suis bouleversé... Mais il ne faut pas que j'en reste là ! Bon courage, Suge-chan !

Sans attendre sa réponse, il raccrocha et s'élança vers la porte d'entrée, qui s'ouvrit directement sans qu'il n'ait à faire un seul mouvement.

- Okurozano-kun ! le salua la vieille femme.

- Ko... Konnichiwa...

- Et bien ? Que t'arrive-t-il ? On dirait que tu as vu un fantôme !

Tous la même expression, pensa Sakito en la suivant presque automatiquement sous la véranda. Sans attendre une seconde de plus, il jeta son sac sur une chaise et se dirigea vivement vers le mur. Il s'y attendait. Une nouvelle peinture y avait été accrochée, plus claire, plus illuminée et gaie que les précédentes. Quel mystère cachait donc ce peintre-apparition ? D'un mouvement, il se déplaça vers le portrait, et eut presque un soupir de soulagement en rencontrant de nouveau le regard qu'il avait croisé un instant plus tôt.

- Encore avec ce tableau ?

Sans en détourner les yeux, il émit un faible « hai » mal assuré tandis qu'il ressentait à nouveau cette forte envie de sentir la peinture sous ses doigts.

- C'est plus fort que moi...

Devait-il la supplier de le laisser le voir ? Mais sur quel motif ? Pouvait-il lui avouer qu'il était obsédé par ce portrait, qu'il désirait énormément avoir son modèle sous les yeux... Lisait-elle dans ses pensées ? Kanagure se mit à rire en le regardant, ses petits yeux plissés le dévisageant d'un air amusé.

- Tu es bien pressé...

- Hein ?

Elle ne lui répondit pas et commença à s'éloigner en continuant de rire. Il voulut la rattraper mais n'eut pas ce réflexe assez tôt, et lorsqu'il pénétra à nouveau dans le vestibule, il était totalement seul. Pétrifié, il se tourna mécaniquement vers l'escalier. Une petite mélodie venait de s'élever, venant très nettement du haut. Le cœur de Sakito se mit à battre plus fort. Pourquoi l'avait-elle laissé seul ? Il commença à très lentement gravir les marches pourpres, la main collée à la rambarde, le regard fixé devant lui. Lorsqu'il s'avança dans le couloir, il regarda autour de lui si Kanagure n'allait pas sortir d'un coin d'ombre pour lui demander de faire demi-tour. Mais rien ne se passa, et sans qu'il ne s'en rendre vraiment compte, il était devant la porte. Il sentait nettement que c'était derrière elle que ce cachait l'objet de ses rêves, l'objet de son obsession. Il leva une main tremblante, et la posa sur le métal froid de la poignée. Kanagure ne l'empêcha pas d'appuyer lentement pour enfin ouvrir cette porte. Celle-ci s'ouvrit doucement et la mélodie cessa. Incapable de parler, Sakito resta un moment immobile avant d'oser pénétrer dans la pièce qui s'ouvrait devant lui. Une odeur forte de peinture lui sauta au nez, mais elle semblait adoucie par quelque chose de beaucoup plus doux, quelque chose comme... Un parfum d'homme.

OoO

Sakito avait raccroché précipitamment, et Hitsugi se retrouvait à nouveau seul. Il n'avait plus très longtemps à attendre, mais la perspective de devoir se trouver lui-même une occupation pour ne pas flancher le rendait terriblement angoissé. Il ne cessait de jeter des regards nerveux vers le lycée, se demandant bien quand elle allait venir le rejoindre. D'un geste impatient, il ouvrit son sac et en sortit un des quinze mangas qu'il avait apporté pour ne pas s'ennuyer en cours, mais il les avait plutôt passés à rêvasser aujourd'hui. A peine la dixième page tournée, il s'en désintéressa totalement. Mais pourquoi lui ? Nori avait des tas de prétendants, et de tous ceux-là, Hitsugi devait être celui qui partageait le moins de points communs avec elle. Ils étaient à la fin de l'année pratiquement, ou du moins dans une moitié bien entamée, alors pourquoi maintenant ? D'habitude, c'était lui qui donnait les rendez-vous. Et puis, dans le cas contraire, il n'était pas dit qu'il irait. Il se sentait vraiment heureux qu'elle soit enfin venue vers lui, mais dans un sens, il se sentait mal à l'aise. Quelque chose lui disait que tout était trop beau pour être vrai. Viendrait-elle vraiment ? Etait-ce vrai toutes les rumeurs qui circulaient sur son compte ? Oh, il n'était pas naïf au point de croire tout ce qu'on lui racontait, mais il s'interrogeait tout de même sur le fond de vérité qu'il semblait y avoir. Nori était-elle vraiment ce qu'elle paraissait être ? Il ne pouvait s'empêcher de repousser l'hypothèse qu'elle ne soit pas telle qu'il la voyait. Sa Nori était une fille adorable, merveilleuse, jolie, intéressante... Bien loin du portrait que lui en avait fait ce singe de Kazuya ! Elle l'avait repoussé et il n'avait pas accepté qu'on lui résiste. Le cas classique du tombeur qui n'aime pas perdre.

Il jeta un coup d'œil à sa montre et soupira. Encore cinq minutes avant l'heure fixée... Que faisait Sakito pendant ce temps ? Il avait été étonné de ce qu'il s'était passé quelques instants auparavant, et se demandait si c'était encore une bonne idée qu'il continue d'aller au manoir. Après tout, il ne savait rien de cet inconnu, il était peut-être dangereux pour se cloîtrer dans une chambre sans jamais se montrer ! Il tapota la poche de son pantalon puis sortit ses écouteurs et appuya sur le bouton de son mp3 pour l'allumer. Persuadé qu'un peu de musique lui donnerait du courage, il ferma les yeux et laissa les sons envahir son cerveau. Cela faisait pas mal de temps qu'il se disait qu'il devrait apprendre à jouer de la guitare. Cet instrument le fascinait sans qu'il sache réellement pourquoi. Son idole, hide-sama, lui avait donné l'envie de s'y mettre. Il n'aurait qu'à demander à ses parents de lui payer des cours et ils le feraient sans discuter. Il trouvait cependant cela ennuyeux de toujours avoir un jour ou l'autre ce qu'il demandait. Dans sa famille, il passait pour le moins que rien, le boulet, alors on ne se préoccupait pas de lui. L'indifférence était lourde à supporter. Il pensait même que s'il lui arrivait un jour quelque chose, ses parents ne viendraient pas à son secours. Dans ce cas là, il se sentait assez proche de Ni-Ya. Seulement, apparemment, Tero allait corriger cela. Après tout, les deux frères finiraient par s'entendre lorsqu'ils réaliseraient la souffrance de l'autre. Mais le blond n'allait-il pas être abattu par les révélations ? S'apercevoir que le père qu'il avait aimé avait abusé de son frère, que sa mère avait laissé passer... Hitsugi n'aimerait pas être à sa place.

Le temps passant, immergé dans sa musique, le jeune garçon réalisa que l'heure s'était écoulée et que les adolescents commençaient déjà à sortir du lycée. Il éteignit son appareil et se tourna vers la source du flot d'uniformes. Ils étaient si nombreux qu'il comprit bientôt qu'il ne pourrait pas la voir avant qu'elle ne se manifeste. Mais il continua de fixer les jupes pour tenter d'identifier leurs porteuses, n'ayant vraisemblablement rien d'autre à faire. C'était bien la seule fois que son regard n'avait pas cette petite lueur perverse lorsqu'il posait les yeux sur les jambes fines des filles. Mais l'inquiétude commença à l'étreindre davantage lorsque, un quart d'heure plus tard, plus aucun adolescent ne sortait de l'établissement.

- Mais qu'est-ce qu'elle fout ?!

Il regarda nerveusement autour de lui mais il ne croisa pas son regard. Il décida tant bien que mal de l'attendre, mais sa première qualité n'était pas la patience, et plus le temps passait, plus il perdait espoir. Il baissa la tête et fixa le sol entre ses pieds pendant plusieurs minutes avant de se lever brusquement, luttant pour ne pas crier sa douleur, et empoigna son sac avant de commencer à prendre le chemin du retour. Il traînait les pieds, les yeux dans le vague, dégoûté de s'être fait posé un lapin. Vraiment, Nori était une fille trop bien pour daigner avoir un rendez-vous avec un type aussi minable... Et lui, qu'avait-il espéré au juste ? Il aurait aimé lui plaire, se dire qu'elle avait réellement voulu passer un petit moment avec lui en tête à tête. Mais qu'il avait été stupide ! De dépit, il shoota rageusement dans un poteau et grimaça de douleur.

- Itaii...

- Hitsugi-kun !

Celui-ci se pétrifia et cligna plusieurs fois des yeux. On l'avait appelé ? Mais... Cette voix... Il se retourna alors que Nori s'arrêtait pour reprendre son souffle, le buste plié en avant.

- Sumimasen... Le professeur m'a retenue...

- Oh... ça fait rien ! Hm...

- Tu rentrais chez toi, là ?

- Euh...

- C'est pas grave, je suis heureuse d'être arrivée à temps ! On y va ?

Elle lui fit un grand sourire auquel Hitsugi ne pu s'empêcher de répondre. Il avait été bien bête de douter d'elle ! Elle avait juste un petit retard, elle l'aurait prévenu, elle voulait vraiment aller dans ce salon de thé avec lui... Le jeune garçon rajusta ses vêtements et marcha sans rien dire à ses côtés, ayant pourtant l'impression de donner toute une part de lui en lui souriant. Même après une journée de cours, elle était toujours aussi pétillante que dans la matinée. Son léger maquillage était toujours bien en place, et par soucis d'élégance, elle rajusta une mèche de cheveux derrière son oreille, passa son doigt sous son œil droit pour en évincer toute potentielle trace de crayon et frotta ses lèvres l'une contre l'autre. Hitsugi la regarda faire avec un intérêt soutenu. Si elle faisait tout ça pour lui, il devait bien y avoir une raison... non ?

OoOoO

Note de fin : Finalement j'ai réussi un peu à me remettre à la suite de cette fic. En fait une idée complètement déplacée a surgit dans mon esprit, ce qui je pense, fera un peu beaucoup avancer les choses. Mais... Je parie n'importe quoi qu'à la fin de la lecture de ce chapitre, j'vais me faire traiter de sadique... "Maiiiiiiis ! On veut savoir ce qui s'passe avec le peintre !" Attendez le prochain chapitre, bonne mère ! èOé

A SUIVRE...