Auteur
:Sayuri
Nobara
Base
:Nightmare
x Merry x Vidoll x the GazettE
Pairing
: Sakito
x Gara ; Sakito x Ni-Ya ; Hitsugi x Nori ; Tero x Uruha
Genre
:
AU / Adolescence / Amitié / Romance…
Titre
:
Innocent Teens
Note
: Uruha
le retouuuur xD
Chapitre
14 : Filth
in the Beauty
La semaine s'achevait et Tero n'avait toujours pas pu revoir Uruha. Il avait du s'occuper de son frère et repousser les invitations successives de son amant.
- Uruha, je te jure que je n'y peux rien !
- Je te crois… Mais promets-moi que tu reviendras vite… Je commence à ne plus supporter de te savoir si proche et en même temps si loin !
- Ne t'en fais pas… Bientôt on pourra se voir. J'avais prévu de te présenter à des amis… Ensuite on pourra passer le reste de notre temps ensemble.
- Il me tarde tellement…
- A moi aussi… Je vais m'arranger pour que le temps passe plus vite loin de toi que dans tes bras.
- J'y compte bien !
Il n'avait pu d'ailleurs lui parler que très brièvement, les endroits où il se trouvait à chaque fois lui semblaient inappropriés. L'attitude de Ni-Ya aussi le rendait morose et nerveux. Le blond semblait presque perpétuellement déconnecté de la réalité. Tero aurait pu se dire que c'était à cause de ce qu'il avait besoin de temps, mais s'aurait été se bercer d'illusions. Ni-Ya broyait du noir depuis qu'il avait revu Sakito et Hitsugi, soit la chose la plus incompréhensible qu'il soit. Le roux ne comprenait vraiment pas son frère. Il aurait donné sa main à couper que Ni-Ya aurait été heureux de les revoir, et ça avait semblé le cas au début, à voir comme il s'était jeté dans les bras de Sakito ! Mais tout avait semblé se gâter lorsqu'ils étaient allés manger à l'extérieur. Ni-Ya avait presque semblé malade de leur présence ! Qu'est-ce qui avait tout déclenché exactement ? Au début du repas tout allait bien, il se souvenait très nettement que Ni-Ya souriait. Et puis quand ils avaient commencé à parler du peintre… Mais oui c'était bien ça ! Il avait semblé très affecté d'apprendre que Sakito en était amoureux. Peut-être était-il vexé d'être le dernier à l'apprendre ? C'était chose plausible étant donné qu'il était très proche de Sakito.
En soupirant, Tero changea de chaîne, son portable dans l'autre main.
- Tiens, c'est Sakito… Qu'est-ce qu'il me veut ?
Il parcourut rapidement le message et sauta sur ses pieds.
- Ni-Ya, debout !
N'obtenant aucune réponse, Tero attrapa les couvertures et se stoppa un moment. Les lui enlever brutalement n'était pas une bonne idée. Leur mère devait agir de la sorte. Optant pour la douceur, il les souleva légèrement et vit la tête blonde remuer légèrement.
- Je sais que tu ne dors plus… S'il te plaît, je n'ai pas vu Uruha de la semaine et ça commence à faire long. Il me manque, tu comprends ? Alors tu veux bien faire un effort ?... Sakito vient de me donner l'opportunité de passer un peu de temps avec lui…
Lentement, Ni-Ya se redressa et repoussa ses cheveux en arrière.
- D'accord…
Soulagé, Tero s'autorisa à se détendre un peu.
- Bien. Pendant que tu t'habilles je vais le prévenir.
- Et c'est quoi au juste le plan ? demanda le cadet d'une voix enrouée.
- Et bien on mangue tous ensemble à midi, je vous le présente, Hitsugi rejoint Nori et Sakito apparemment envie de passer l'après-midi avec toi.
Surpris par la nouvelle, Ni-Ya se stoppa dans son geste et regarda Tero enfiler sa veste.
- Ah bon ?...
- C'est ce qu'il m'a dit.
Il aurait pu me le dire à moi, pensa le blond en enfilant les vêtements récemment achetés. Il avait presque envie de refuser, mais son cœur désirait être auprès de lui, et il n'avait pas la force ni la volonté de le combattre.
OoO
Un peu après midi, Tero et Ni-Ya furent rejoints dans le restaurant chinois par les deux autres jeunes garçons. L'aîné observa la réaction du blond lorsqu'ils prirent place, et remarqua qu'il ne lâchait pas Sakito du regard. Et dans ce même regard, il lui sembla lire de la tristesse. Il aurait voulu s'en préoccuper davantage mais il ne tenait pas en place.
- Qu'est-ce qui t'arrives Tero ? T'as des fourmis dans le pantalon ?
- Uruha ne va pas tarder à arriver…
- Oh je vois ! J'allais ajouter que t'avais le feu aux fesses mais il semblerait que visiblement ça se passe un peu plus à l'avant…
- Petit obsédé ! grogna Tero en donnant un petit coup de poing dans l'épaule d'Hitsugi.
Sakito se demanda un instant s'il était dans le même état d'excitation lorsque le mardi soir approchait.
- Il sera peut-être un peu en retard, je vais prendre sa commande. Vous avez choisi ?
Les autres opinèrent du chef et Tero appela le serveur.
- Il ressemble à quoi ?
- Uruha ? Grand, blond, avec des cuisses mieux faites que celles d'une femme !
- Jure ?!
- Tu ne sais rien des secrets que peuvent te révéler l'homosexualité, répondit Tero en un sourire mystérieux.
- Et je ne risque pas de te demander de me montrer, alors arrête de me dévisager comme si tu cherchais à me draguer !
Le roux éclata de rire. Hitsugi et lui ne s'était jamais aussi bien entendus ! Il riait même de ses vannes ! Il y avait de quoi croire aux miracles !
Pendant que les deux conversaient bruyamment, Sakito se tourna vers Ni-Ya.
- Eh, ça va pas ? Tu sembles triste.
- Non, ça va, répliqua Ni-Ya en souriant faiblement. C'est rien.
- Bon… Tero t'a dit que tu dormais chez moi ce soir je suppose.
- Hein ? Non, il a du oublier.
Pourtant, malgré son air indifférent, Ni-Ya venait de commencer à s'affoler. Il n'avait pas dormi chez Sakito depuis un moment ! Et son lit était à deux places… Hors de question de dormir ailleurs qu'avec lui. Le blond se mit à rêver, et même à espérer que cette nuit soit propice aux confidences. Peut-être que Sakito ne résisterait pas à l'aveu tendre que Ni-Ya lui ferait, lové dans ses bras alors que le sommeil l'envahirait peu à peu… Le sommeil ? Plutôt… Bien autre chose de délicieux à ressentir…
- Ah ! Uruha !
Tero se leva d'un bond pour accueillir le nouvel arrivant. Il n'osa pas manifester publiquement sa joie de le revoir, mais ses yeux brillaient autant que ceux du blond lorsqu'ils se croisèrent et se serrèrent sommairement l'un contre l'autre. Il n'avait pas menti en disant qu'il était beau ! Ses cheveux blonds légèrement recourbés sur les côtés, laqués avec soin et légèreté, il portait un débardeur noir et un pantalon légèrement moulant. Il ôta ses lunettes pour les saluer, et Sakito fut surpris d'entendre une voix si grave émaner de sa gorge. Sa bouche surtout était superbe, et il ne parvenait pas à en détacher les yeux.
- Uruha, je te présente Sakito et Hitsugi, et Ni-Ya, mon petit frère.
- Yoroshiku, dit-il poliment en fixant tour à tour ses nouvelles connaissances.
Mais il sembla tout à coup se liquéfier en apercevant l'autre blond. Ne bougeant plus d'un pouce, il le fixait aussi intensément que s'il voulait se persuader qu'il était bien réel.
- Uruha ? Quelque chose ne va pas ?
Mal à l'aise, Ni-Ya baissa les yeux et gigota sur sa chaise pour ne pas paraître aussi dérangé qu'il l'était par le regard scrutateur.
- Ton… petit frère ?
La main qui tenait ses clefs de voiture se mit à trembler, et elles s'entrechoquèrent dans un petit bruit métallique alors qu'il fit soudainement demi-tour, s'éloignant à grandes enjambées.
- Eh ! Mais Uruha ! Où est-ce que tu vas ?!
- Désolé, j'ai un truc important à faire.
Voyant qu'il était bien décidé à s'enfuir, Tero le rattrapa par le bras alors qu'il allait traverser la route devant le restaurant.
- Merde mais t'en vas pas comme ça ! Explique-moi ce qui ne va pas !
- Tout va parfaitement bien, je dois y aller.
Tero n'était pas dupe. Refusant de le lâcher, il le força à se retourner et à le regarder dans les yeux alors qu'Uruha faisait tout pour les détourner.
- Ça suffit maintenant ! Explique-toi !
Il avait haussé le ton d'un coup en perdant patience alors qu'Uruha semblait au bord des larmes.
- Je ne veux pas te perdre, Tero…
- Mais… qu'est-ce que tu racontes ? Tu ne vas pas me perdre ! Je veux juste que tu me dises ce qui ne va pas…
Il posa les mains sur ses joues pour pouvoir le regarder bien en face, et sentit les doigts tremblants du blond se poser doucement sur ses poignets.
- Si je te le dis… Je ne peux pas, je ne veux pas que tu t'éloignes alors que je viens juste de te retrouver… Je ne le permettrais pas !
- Ne t'énerve pas comme ça…
Faisant glisser ses bras autour de lui, il l'attira contre lui et sentit Uruha resserrer son étreinte de lui-même.
- Je t'aime, Tero… Je t'aime vraiment… J'ai fait une grave erreur, quelque chose de stupide et… je ne veux pas que tu me détestes pour ça !...
- Te détester ? Tu commences à me faire peur…
- Je pèse mes mots. Tu me connais, je ne m'apitoie pas sur mon sort habituellement, mais là je sais que le pire arrivera.
- Je ne te jugerai pas, je te le jure.
- Si, tu le feras… Et tu n'y pourras rien parce que ce sera instinctif ! Tu m'en voudras énormément pour ce que j'ai fait. Si tu savais comme je m'en veux… Mais si seulement j'avais su !...
Le cœur d'Uruha semblait comme se fissurer, désespéré de l'acte inconscient qu'il avait commis, alors que celui de Tero était le plus inquiet qui soit. Il ne l'avait jamais vu dans cet état auparavant.
- Je t'ai fait la promesse que je resterai avec toi. Mais s'il doit y avoir des secrets compromettants dans notre couple, je préfère te dire que…
A bout de nerfs, Uruha lâcha prise et le repoussa brutalement.
- Tu veux savoir ? cria Uruha, des larmes roulant sur ses joues. Tu veux vraiment savoir ? Et bien j'ai couché avec ton frère, voilà ! J'étais seul et j'ai voulu me payer une pute, t'entends ? Je l'ai pris et payé pour ses services !
OoO
Il n'avait pas vraiment réfléchi avant d'agir, tout comme Uruha cette nuit là. Les mots à l'accent désespérés l'avaient mis hors de lui ; son poing s'était écrasé brutalement sans prévenir sur le coin de la mâchoire du blond. Entraîné par sa violence et la surprise, Uruha chancela et perdit l'équilibre. Une douleur fulgurante lui traversa la partie heurtée du visage, mais trop abasourdi, il n'eut pas le réflexe de se plaindre. Respirant laborieusement, Tero le surplombait en le fixant d'un regard brûlant de colère. Uruha voulut parler, mais lorsqu'il ouvrit la bouche, il eut l'impression que sa mâchoire aller se détacher.
- Je n'arrive pas à le croire… grimaça le roux en s'essuyant le front d'une main tremblante.
- Tu vois, je le savais, je te l'avais dit, geignit Uruha alors que le goût du sang se propageait sur sa langue.
- Tu t'es… Tu t'es tapé mon petit frère ! hurla Tero, la rage revenant au galop.
Sortant en courant du restaurant d'où ils avaient assistés sans comprendre à l'étreinte puis à la pseudo bagarre des deux hommes, les trois adolescents arrivèrent à leur hauteur, et alors que Sakito se plantait devant Tero pour l'arrêter, Hitsugi aida Uruha à se relever.
- Mais qu'est-ce qui te prend comme ça ?!
- Pousse toi ! Ça ne te regarde pas !
- Je veux bien, mais je ne te laisserai pas te défouler sur lui !
- Comment peux-tu oser le défendre alors que tu ne sais pas ce qu'il a commis comme horreur ?!
- Et bien je t'écoute, dis-la moi, répliqua calmement Sakito.
Le roux parut s'apaiser quelque peu alors qu'il hésitait, tentant de reprendre ses esprits.
- Je ne peux pas… Ça ne me concerne pas vraiment...
- Alors tu n'as aucune raison de le frapper comme ça et de nous cacher ce qui se passe.
Le coup d'œil furtif que Tero jeta à son frère n'échappa pas à l'adolescent.
- Ça concerne Ni-Ya ?
Sortant de son mutisme, celui-ci haussa les sourcils en regardant autour de lui.
- Moi ?
- Oui, toi ! s'exclama le roux d'un air peu engageant. Est-ce que tu te souviens de lui ?
D'un index accusateur, il désigna Uruha qui gardait la tête baissée comme s'il reconnaissait parfaitement une quelconque culpabilité.
- Non… Je devrais ?
Voyant que Tero devenait de plus en plus agressif, Sakito le retint d'une main alors que Ni-Ya faisait précautionneusement un pas en arrière.
- Pourtant, étrenner un corps aussi bien fait, ça ne s'oublie pas comme ça !
Ecarquillant les yeux, les trois amis échangèrent des regards gênés. Ni-Ya particulièrement venait de replonger douloureusement dans les souvenirs de sa débauche, qui n'étaient pas si anciens que ça.
- Tero, commença Sakito en se raclant la gorge, prêt à jouer de ses talents de diplomate. C'est pour ça que tu l'as frappé ? Parce qu'il t'a avoué une erreur ?
- Exactement ! Il me semble que je suis dans mon droit !
- Tu lui en veux parce qu'il a couché avec ton frère. Si ce n'avait été qu'un autre, aurais-tu réellement réagi de la même façon ?
- Je… Il n'en avait pas le droit !
- Pas plus que tu n'as celui de lui en vouloir.
- Quoi ?!
- Tu lui en veux sur deux points : celui d'avoir donné son corps à un autre que toi et celui du fait que ce soit ton frère cet autre. Aie-je raison ?
- Oui, consentit à acquiescer le roux.
- Et bien tes arguments ne tiennent pas la route. Pourquoi est-ce qu'en quatre ans il n'aurait pas eu le droit de voir une autre ? Tu l'as abandonné non ? Alors tu n'as aucun droit sur lui.
- Mais je n'avais pas le choix !
- Presque pas, j'en convins. Mais ça ne t'en donne pas davantage le droit. Ensuite il me semble qu'il n'y a pas si longtemps, le sort de ta famille t'indifférait. Que ce soit ton frère ou un autre, c'est la même chose. Aucun d'eux n'est coupable. Se payer du bon temps est peut-être blâmable mais pas criminel lorsque les deux partenaires sont tous les deux consentants en toute conscience de la chose. En couchant avec lui, Ni- Ya a pu s'acheter quelques heures en plus de vie, à supporter ce que lui faisait subir votre mère. Donc concrètement, personne n'est coupable de quoi que ce soit !
Douché par ce discours vibrant de vérité d'un bien plus jeune mais plus avisé, il se maudit pour sa promptitude à faire triompher une sorte de justice totalement dans son droit. Sans rien ajouter, Tero jeta un regard agressif à son amant et les abandonna là, sans se retourner, le pas nerveux. Les lèvres serrées, Uruha luttait pour garder ses larmes contenues. Celui-ci respira longuement pour contenir les tremblements de sa voix avant de reparler.
- Merci d'avoir essayé… Merci énormément…
Il avait peur de trop en faire et que Sakito lui renvoie une réplique acerbe parfaitement juste et réfléchie mais il n'en fut rien.
- Je n'ai rien contre vous et personne ne devrait en avoir. Aucun de vous deux n'a réellement fauté à mes yeux, quand on connaît toute l'histoire et les raisons de cet acte.
- Mais Tero, lui, n'oubliera pas, articula difficilement le blond en remettant ses lunettes de soleil. La vérité finit toujours par tuer un couple.
Il esquissa un sourire douloureux et après avoir rapidement regardé chacun des adolescents, il tourna à son tour les talons.
- Attendez…
Le retenant timidement par le débardeur, Ni-Ya se racla la gorge lorsque Uruha se retourna.
- Je suis désolé… C'est ma faute…
- Ta faute ? C'est moi qui suis venu t'aborder.
- Mais j'avais besoin de votre argent. Je vous ai poussé à… la faute. Je vais parler à Tero… Il comprendra, j'en suis sûr. Ne l'abandonnez pas…
D'un geste amical, Uruha posa la main sur l'épaule de l'autre blond.
- C'est gentil… Je n'abandonnerai pas Tero parce que je l'aime. Mais aussi niais que ça puisse paraître, mon cœur est à lui. Et à personne d'autre.
- Je comprends…
Et c'était vrai. Il ressentait la même chose lui-même envers Sakito. Il pouvait bien essayer de s'en défaire, mais tout comme Uruha ces quatre années, il n'y parviendrait pas. Etrange comme quelqu'un pouvait à ce point marquer une personne, sans passion ardente comme dans les éphémères amoures où bientôt l'un se lasse de l'autre, mais un amour sincère, fort, et en quelque sorte quotidien. Pour Uruha comme pour Ni-Ya, tout avait commencé par la compréhension de l'autre. Une amitié fusionnelle, de l'attachement profond, puis une volonté d'être toujours là, de le soutenir. Un besoin de représenter plus, de marquer. D'être, tout simplement.
OoO
Il ne faisait pourtant qu'un pas après l'autre, mais il avait la désagréable impression de se trahir à chaque instant. Il lui jetait des coups d'œil furtifs mais Sakito était plongé dans ses pensées, le regard lointain. Ils parlaient peu, et pourtant ils marchaient côte à côte. Ni-Ya ne voulait pas rompre le silence le premier. Il avait comme l'impression d'être inintéressant, de n'avoir en somme rien à dire. Mais chaque seconde en plus durant laquelle il se taisait alimentait son anxiété. Et il n'aurait même pas su dire pourquoi il était dans cet état.
- Alors… Entre Nori et Hitsugi, ça a l'air de bien marcher, même si ça fait relativement peu de temps qu'ils sont ensemble.
Il avait parlé ? Traîtres mots ! Ils étaient sortis tous seuls sans qu'il ne le leur demande ! Sortant de sa rêverie, Sakito acquiesça.
- Et bien ça semble le cas. On verra sur une longue durée.
- Tu la sens comment ?
Sakito esquissa un sourire. C'était le genre de conversation qu'ils tenaient autrefois tous les trois, assis au bord d'un trottoir en pleine journée de cours.
- Elle m'a l'air d'une fille bien.
- Tant mieux alors. Hitsugi mérite quelqu'un de bien.
- C'est vrai. Toi aussi.
- Je peux te retourner la chose !
- Retourne donc !
Ni-Ya se dérida peu à peu, retrouvant avec bonheur un petit goût de complicité.
- Et toi, ça fait longtemps que t'es pas tombé amoureux ?
Le blond avait espéré qu'il ne lui poserait pas la question. Que devait-il répondre ?
- Je… Et bien… Ouais, ça fait longtemps.
- Ah, j'espère que ça reviendra vite ! Ça réchauffe le cœur d'être amoureux !
- Ça dépend… Quand c'est réciproque, oui.
Il se racla la gorge en regardant ailleurs.
- Toi le petit puceau aussi vierge par le corps que par l'esprit, t'as trouvé quelqu'un enfin à ton goût. Mes félicitations !
Comment faisait-il pour cacher aussi bien ce qu'il ressentait ? Il s'étonnait lui-même ! Il jouait un rôle, celui du copain content du bonheur de l'autre. Il ne le connaissait pas comme l'amoureux refoulé qu'il se trouvait être. Il avait également décidé de faire semblant… jusqu'à trouver la bonne opportunité.
- T'as envie d'aller quelque part en particulier cet après-midi ?
- Eto… Pas spécialement…
- Un tour sur notre chère route du boycottage te plairait ?
La route du boycottage… Le chemin qu'ils empruntaient à chaque fois qu'ils séchaient les cours ensemble, tous les trois. Pas vraiment une sorte de route délimitée mais plutôt un concept : l'arcade de jeux, la supérette où le caissier soudoyé laissait les mineurs acheter de l'alcool, parfois le cinéma et puis le quai de la gare où ils aimaient commenter la manière d'être et de se vêtir des passagers… Tout autant de lieu chargés de souvenirs et de moments pleins de complicité qui semblaient pourtant perdus tout à fait.
- Ce sera plutôt long…
- On a le temps, ne ? Demain c'est dimanche en plus. Oublie tout ce qui pourrait nuire à un moment agréable ! Bon bien sûr c'est moins drôle s'il en manque un…
L'absent jusqu'à maintenant, ça avait été lui, Ni-Ya. Les deux autres avaient-ils ressentis la même chose, la même solitude durant ces moments là ?
- On a pas voulu la refaire depuis, repris Sakito. On voulait la refaire quand tu serais là.
- Dans ce cas, allons simplement à la gare. Attendons qu'Hitsugi soit avec nous pour la faire entièrement.
Ils échangèrent un sourire entendu en tournant au coin de la rue. Avec surprise, Ni-Ya se rendait compte que cela faisait maintenant un bon moment qu'il n'avait pas remis les pieds dans cette gare. Pourtant, c'était un des lieux qu'il avait le plus fréquenté dans cette ville. Ce n'était pas vraiment leur lieu de réunion, mais à peu de chose père ; ils avaient leurs bancs attitrés, dans le fond à gauche, et de là ils pouvaient voir toutes les personnes allant et venant dans la gare. Traîner ici leur paraissait beaucoup plus lucratif que de rester à s'ennuyer dans une classe de cours. Peu à peu entraîné par le mouvement, ils franchirent sans encombres (et sans payer), les barrières de sécurité, et retrouvèrent quelques planches de bois qui avaient bien souvent eu l'occasion d'accueillir leurs fesses.
OoOoO
Note de fin : Non mais j'en reviens pas du nombre de perverses que compte le milieu des reviews ! Un peu de dignité, que diable ! Tout de suite, je dis "position délicate" et une seule chose vous vient à l'esprit... Non mais vraiment, je ne suis pas de ce genre moi ! On y croit tous, bien sûr. On refait un essai ? Chapitre suivant, Ni-Ya et Sakito dans une "position délicate"... Et oui mes chéries xD Advienne que pourra...
A SUIVRE...
