Auteur
:
Sayuri Nobara
Base
:
Nightmare x Merry
Pairing
: Sakito
x Gara ; Sakito x Ni-Ya ; Hitsugi x Nori ; Tero x Uruha
Genre
:
AU / Adolescence / Amitié / Romance / Yaoi…
Titre
:
Innocent Teens
Chapitre
17 : Voyeurisme
- Au fait, Saki… J'ai oublié de te dire quelque chose, dit Hitsugi d'une voix posée, rompant un silence qui durait déjà depuis quelques minutes.
- Hm ? Quoi donc ? répondit celui-ci, ne changeant rien à sa position.
Ils étaient tous trois allongés sur le sol du toit du bâtiment, profitant d'un moment de répit avant de retourner en cours et de se retrouver à nouveau séparés.
- Bah… J'ai vu Kanagure-san…
- C'est qui ? demanda Ni-Ya en ouvrant un œil.
- La tante de Gara, murmura Sakito avant de se redresser pour s'asseoir. Comment tu sais que c'était elle ?
- J'ai deviné. Mais… J'crois que j'ai fait une bourde.
- Explique-toi…
- Ben quand j'ai commencé à dire que je savais qui elle était et que j'avais déjà entendu parler de Gara, elle s'est enfuit en disant qu'elle ne voyait pas de quoi je voulais parler…
Il se passa nerveusement la main dans les cheveux, n'osant pas regarder son ami en face.
- Elle a dit quoi exactement ? ajouta Ni-Ya, tentant de chasser de son esprit le nom maudit.
- Ben j'viens de te l'dire.
- Tu veux dire qu'elle t'a caché l'existence de Gara ? s'étonna Sakito.
- Il semblerait.
- Alors ça expliquerait le fait qu'il ne sorte pas de chez lui, outre le fait qu'il soit handicapé. Il y a du se passer quelque chose pour qu'il se renferme comme ça sur lui-même…
- Après tout, tu ne connais pratiquement rien de lui, Sakito.
Le châtain tourna un regard froid vers Ni-Ya. Il avait très bien compris le sous-entendu. Ils se regardèrent un moment dans les yeux, jusqu'à ce que le blond comprenne qu'il avait très mal pris sa remarque.
- Je… Je ne voulais pas dire ça…
- Mais tu l'as pensé.
Sakito se leva et enfonça ses mains dans ses poches avant de faire un mouvement de la tête en signe d'exaspération. Ni-ya chercha alors le soutient d'Hitsugi qui haussa les épaules pour toute réponse.
- Ne lui fais pas trop remarquer que lui et ce peintre se connaissent depuis peu.
- Mais tu es d'accord avec moi, il ne peut pas se sentir proche de quelqu'un qu'il ne connaît pas !
- Peut-être bien, répondit Hitsugi en se levant à son tour. Mais je crois que tout ça nous dépasse… Seul le temps pourra nous dire s'il a une chance d'être satisfait dans ses désirs ou non.
Il coula un regard à Ni-Ya, qui baissa la tête en affichant une mine résignée.
OoO
Il se fit la remarque qu'il aurait du s'y rendre avant. Après tout, c'était inespéré que Tero revienne sur ses dires. Un coup d'bol. Ou plutôt, comme il s'en doutait, un coup de trois adolescents qui s'étaient sentis coupables. Il se mit à sourire en fixant son reflet dans la vitre du train, regardant défiler à vive allure les murs du réseau ferroviaire. La main fermement refermé autour de l'anneau de maintient fixé au plafond du wagon, il ne faisait pas trop attention à ce qui l'entourait, ou plutôt à qui l'entourait. Il frotta distraitement le bout de sa chaussure contre le sol gris sous ses pieds, attendant d'apercevoir le quai où il descendrait pour se mettre à la recherche de cet hôtel. Il avait décidé d'aller l'y retrouver sans le prévenir, préférant ainsi lui laisser le luxe de la surprise, et surtout ne rien perdre de l'expression qui se peindrait sur ses traits. Il espérait de tout son cœur que Tero ne changerait pas de discours, se sentant peut-être un peu mal à l'aise de s'être laissé aller aussi facilement au téléphone. Mais après tout, Tero n'avait jamais vraiment changé depuis qu'il le connaissait. Tout ça n'était que consolidation en surface, mais au fond, il était toujours aussi sensible. Un peu comme un escargot qui se retrancherait dans sa coquille.
S'apercevant qu'il lui restait encore un bon moment d'attente et que son anxiété croissait peu à peu au fur et à mesure que le train laissait ses portes s'ouvrir sur de nouveaux passagers, Uruha consentit à prendre place sur un siège, entre un homme d'un certain âge voûté sur lui-même et un fonctionnaire à la mine peu avenante qui faisait semblant de lire son journal tout en jetant des coups d'œil lubriques à une jeune femme installée de l'autre côté de l'allée devant lui. Le blond croisa les bras et riva les yeux sur ses jambes croisées pour ne pas trop penser au temps qui s'écoulait. Le haut de son corps, tout comme celui des autres passagers, était balloté de gauche à droite, suivant les embardées du train, et il trouva dans son mouvement quelque chose de rassurant, et s'il se laissait un peu perdre dans ce cahotement, il pouvait presque s'abandonner à la pensée d'un érotisme figuratif. Ces heurts consécutifs, déplacés, tout cela ressemblait presque aux ondulations d'un acte charnel… Ou peut-être avait-il trop d'imagination ?
Sorti de son état léthargique par la voix du conducteur annonçant le nom de la station à laquelle le train s'arrêtait présentement, il allongea le cou pour bien s'assurer qu'il ne lui restait plus que dix minutes à attendre avant de descendre. Il regarda autour de lui les passagers sortir puis d'autres entrer à leur tour, et il tapota la poche droite de sa veste légère en soupirant. Il n'était plus dans le même état d'esprit finalement, plus tendu qu'au début, moins sûr d'agir comme il le fallait. Oh, il ne ferait demi-tour, de cela il était certain. Mais ça ne l'empêchait pas de se ronger les sangs.
Enfin, il entendit résonner à son oreille les sons formant le nom qu'il attendait depuis pas mal de temps et se pressa de se lever. Aussitôt sur ses jambes, il fut poussé sans ménagement par les autres passagers vers la sortie. Butant sur le rebord de la porte, il maugréa quelques injures contre ses malotrus avant de réajuster son col et de s'empresser de sortir de la gare. Il avait soigneusement étudié le trajet qu'il devait prendre, il ne devait normalement pas se perdre, auquel cas il passerait un bon moment à chercher sa route et risquerait de rater Tero.
- Bon alors là… A droite… Oui, c'est ça.
Parler tout haut canalisait un peu toute son émotion et le calmait pour se concentrer. Il avait tout imprimé dans sa tête, aussi marcha-t-il rapidement et résolument selon ce dont il se souvenait pour arriver au plus tôt à l'hôtel.
- Eh ben… Il s'embête pas !
Bien que ce soit une petite ville, la renommée des banquiers et le commerce expansif avaient fini par donner une renommée conséquente à celle-ci, et l'hôtel devant lequel le blond se tenait était tout à fait représentatif de cette richesse citadine. Il n'était pas vraiment luxueux mais visiblement propre et quand même couteux. Il pénétra dans le hall carrelé en poussant le tourniquet vitré et s'avança tout sourire vers l'hôtesse d'accueil.
- Bonjour !
- Bonjour, monsieur. Que puis-je faire pour vous ?
- Et bien voilà, je sais qu'un de mes amis est descendu ici, mais je ne voudrais pas que vous le préveniez. Vous comprenez, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus et je voudrai lui faire la surprise.
- Hm je vois… Mais nous ne pouvons pas révéler d'informations sur nos clients au premier venu, répondit prudemment la femme en lui lançant un regard suspicieux.
- Je comprends tout à fait, mademoiselle, enchaîna Uruha en se fendant d'un sourire avenant. Mais je tiens vraiment à le voir. J'espère déjà qu'il est dans sa chambre…
- Son nom ?
- Murakami Tero, un grand roux parfois accompagné de son jeune frère, un blond de dix-sept ans.
- Je vois de qui vous voulez parler. Un instant, je regarde s'il est bien présent.
Tandis que l'hôtesse vérifiait sur son ordinateur, Uruha réfléchissait à un moyen de lui soutirer l'information sans paraître trop lourd. Faisant mine d'être impatient, il joua avec le stylo sur le comptoir puis le fit innocemment tomber à ses pieds.
- Désolé.
La jeune femme se baissa pour le ramasser, sans trop réfléchir, et le blond se pencha vivement en avant pour pencher la tête vers l'écran et avoir le temps d'apercevoir le numéro de chambre. Lorsqu'elle se redressa pour revenir à sa hauteur, Uruha avait repris sa position d'origine.
- Alors ?
- Effectivement, il semblerait qu'il soit en ce moment dans sa chambre mais…
- Ça ne fait rien, je viens de me souvenir le numéro de chambre qu'il m'avait indiqué. Vous voyez, vous n'avez pas manqué à votre rôle.
Un peu surprise et perplexe, elle le regarda s'éloigner en direction des portes de l'ascenseur et Uruha sourit une fois le dos tourné, ravi de son petit tour.
OoO
Il regarda longuement la porte devant lui, se focalisant sur l'image nette de la découpe du bois polie, mais il était tellement excité qu'il se demandait presque s'il allait laisser à Tero le loisir de comprendre ce qu'il fichait là.J'vais tout de même pas l'empêcher d'en placer une ! Quoi que… Il referma son poing droit et tapota fermement la porte de la chambre dans laquelle le roux était censé se trouver. Un silence suivit la manifestation de sa présence, et il eut un instant peur que l'hôtesse lui ait menti. Il tendit l'oreille et remarqua d'abord un simple raclement, comme si on déplaçait un meuble, puis il eut des bruits mats et indistincts, avant que finalement la porte ne s'ouvre sur le jeune homme appuyé contre le mur, surpris tout d'abord que quelqu'un vienne lui rendre visite à cette heure, puis de l'identité de cette même personne.
- Que…
Il se tut, incapable de dire quoi que ce soit de cohérent, d'exprimer ce qu'il ressentait. Uruha fit un pas en avant, repoussa légèrement la porte que retenait encore Tero d'une poigne incertaine, s'approcha encore plus près, son regard glissant de ses yeux à ses lèvres par intermittences.
- Tero…
Celui-ci ne bougeait pas, ou peut-être respirait un peu plus vite qu'à l'ordinaire, comme si son souffle s'était emballé. Alors, sans rien ajouter de plus, Uruha l'embrassa tendrement, puis ferma les yeux pour s'abandonner à ce goût qu'il prenait plaisir à retrouver. Il sentit que Tero aussi ne cherchait pas à lutter contre, et reprenait même de lui-même ce baiser. C'était presque trop simple. Mais en même temps, ils étaient tous les deux humains, et leur faiblesse, ou peut-être leur force, était de s'aimer. Tero passa ses mains sur ses reins pour l'amener un peu plus à lui, et Uruha en profitant pour le faire reculer dans la pièce.
- Attends, tu… souffla le roux en rompant l'échange, les lèvres rouges et brillantes.
- Non, on parlera après… Après…
N'ayant pas trop le temps de réfléchir, pressé par son partenaire, il se laissa gagner par le désir de réconciliation et s'empressa de l'entraîner à travers la pièce pour l'amener jusqu'au lit, lui ôtant au passage son encombrante veste. Toucher sa peau lui semblait maintenant vital. Après tout, ils n'avaient rien pu faire ce samedi, notamment à cause de leur engueulade. Engueulade dont il se sentait fautif, mais toujours pas complètement. Mais comme il l'avait dit, ils parleraient. Après…
OoO
- N'empêche, on a quand même dû avoir l'air bien cons, s'exclama Hitsugi en ricanant.
- Ouais, surtout au moment où t'as dit que c'était pour mater la sortie des vestiaires, lança Ni-Ya.
- Bon, ça va hein, arrête de te moquer de moi ! Pour la peine, j'espère que mon coude t'as fait bien mal aux parties tendres…
- Enfoiré !
Le blond lança un coup bien placé dans les côtes de l'adolescent, qui pouffa narquoisement de rire en projetant de lui renvoyer la balle.
- Arrêtez un peu vous deux, soupira Sakito en souriant tout de même.
L'après-midi, et surtout ses retrouvailles avec Ni-Ya, s'était mieux passée que ce qu'il avait prévu et même espéré. Si les entendre toujours se chamailler gentiment avait quelque chose de rassurant, il ne se sentait pas moins quelque peu inquiet à propos de ce qu'Hitsugi avait dit. Sur le coup, ça lui avait paru peut-être peu important, mais maintenant qu'il y repensait, il avait peur que Kanagure ne s'en prenne à lui pour avoir révélé l'existence de Gara, et surtout qu'elle l'empêche de le voir. Il ne se sentait pas de devoir abandonner maintenant alors qu'il avait la possibilité de le découvrir un peu mieux.
- Eh, ça va Saki ? Tu sembles anxieux.
- Hm ? Oh c'est rien… J'pensais juste à Kanagure…
- Si j'ai vraiment fait une connerie, j'en suis vraiment désolé hein…
C'était sincère, et Sakito le savait pertinemment. Même si le pire des scénarios arrivait, il ne pourrait pas lui en vouloir.
- T'en fais pas, on verra bien. J'arriverai à me dépêtrer de tout ça sans trop de dommage. Enfin j'essaierai…
- J'espère que y'aura pas de soucis… Bon il est quelle heure… ah zut ! J'suis désolé, j'dois vous laisser, j'ai rendez-vous avec Nori ! Saki, on s'rejoint ce soir chez toi !
Agrippant son sac de cours, il fila en courant vers la rue attenante, laissant ses deux camarades après un bref au revoir rentrer sans lui du lycée.
- Il en est dingue dis donc, fit Ni-Ya, scotché.
- Et pas qu'un peu ! Hm… J'te raccompagne ?
- Si tu veux… Tero avait dit qu'il viendrait me chercher mais il m'a pas appelé.
- Il est peut-être allé voir Uruha ?
- Qui sait. J'espère que c'est bien ça. Bon, amène-toi ou on va rater le train…
OoO
- Bizarre, il ne répond pas, remarqua Ni-Ya en tentant une énième fois de joindre son frère alors qu'ils se trouvaient tous les deux sur le trottoir menant à l'hôtel.
- J'attendrai un peu avec toi si tu veux, proposa Sakito en rougissant légèrement.
Ni-Ya eut la même réaction légèrement gênée.
- Si tu veux…
Ils franchirent en silence les portes par lesquelles Uruha était entré bien avant eux et échangèrent un regard incertain en croisant le regard fixe de l'hôtesse.
- Je crois qu'elle veut nous dire quelque chose…
- Laisse, je l'aime pas.
Sakito lui jeta un coup d'œil un peu déconcerté.
- Et c'est parce soit disant tu ne l'aimes pas qu'on doit l'ignorer ?
Le blond haussa les épaules et se hâta vers l'ascenseur.
- Ben ouais…
Il commence à prendre les mauvaises manies d'Hitsugi… C'est à surveiller. Il monta à son tour dans l'ascenseur et s'adossa à une des parois brune capitonnée, se passant la main sur le front comme pour évincer la fatigue quotidienne. Ni-Ya, debout près du panneau de contrôle, à moitié tourné vers lui, lui glissait des regards discrets, s'attardant un peu à le regarder plus en détails alors que son ami ne doutait de rien. Enfin presque… Il fallait être idiot pour ne pas le deviner. D'autant plus que la main crispée du plus jeune sur son pantalon n'était pas sans en signifier l'anxiété. Le blond détourna le regard, ou du moins tenta de le détourner, mais cet espace confiné, leur proximité, c'était difficile à supporter pour lui. Il espéra que l'ascenseur arriverait vite à l'étage de leur chambre pour ne pas qu'il soit tenté de faire une bêtise. Parce que son envie première était plutôt d'aller se coller à lui et de l'embrasser que de se soucier si Tero était rentré ou non. Le « ding » des portes leur laissèrent échapper un petit soupir, et Sakito sortit le premier, alors que Ni-Ya se demandait s'il aurait encore pu tenir quelques minutes, voir quelques secondes. Il glissa sa main dans la poche et s'arrêta devant la porte de la chambre en penchant la tête pour insérer la clef dans la serrure.
- Eh mais…
Se stoppant dans son geste, il regarda Sakito d'un air bizarre.
- Quoi ?
- C'est déjà ouvert…
- Comment ça se fait ?
- On va l'savoir tout de suite…
Il appuya sur la poignée, percevant à travers la porte d'étranges bruits auxquels il n'avait pas fait attention précédemment.
- On dirait qu'il y a quelqu'un…
- Ouvre !
Ni-Ya s'exécuta, poussant légèrement la porte devant lui et couina de surprise en reculant précipitamment.
- Ben alors ?
- Ben… ben… On a retrouvé Tero…
- Quoi ? Mais qu'est-ce qu'il fout ?
- Non ! Ne…
Trop tard. Sakito était entré à son tour, restant tout de même sur le pas de la porte, et ses yeux s'arrondirent de surprise et d'effarement en apercevant le roux qui visiblement… était très occupé. Tero était allongé contre Uruha, son bassin entre ses cuisses, échangeant de langoureux baisers avec son partenaire, frottant son corps contre le sien, et les bruits qui lui parvenaient étaient plus des gémissements de plaisirs qu'autre chose.
- Oh putin…
Il se sentit tiré en arrière, à l'abri dans l'angle du mur où se trouvait l'entrée, et regarda Ni-Ya d'un regard perturbé.
- On devrait… les laisser…
- Hum… Attends…
Ni-Ya se pencha un peu en avant pour apercevoir le lit et les deux corps masculins. Les voir faire l'intriguait. C'était l'occasion de voir ce que ça donnait vraiment que de faire l'amour avec l'homme qu'on aimait. Rien à voir avec ce qu'il avait personnellement connu.
- Arrête ! Ni-Ya !
Se mordillant la lèvre en pesant le pour et le contre, il se pencha à son tour et regarda plus attentivement ce qui se déroulait sous ses yeux. Peu à peu, il commença à trouver la scène, le mouvement des corps et les exclamations de bien-être particulièrement… excitants. Il sentit ses joues s'enflammer, baissa un moment les yeux comme pour se convaincre qu'il n'appréciait pas de faire ce genre de chose. Mais c'était peine perdue. D'autant plus que pour se cacher, il n'y avait tout de même qu'un abri peu imposant, et que Ni-Ya était pratiquement collé à lui. Respirant un peu difficilement, il s'arracha à la contemplation pour poser sa tête contre le mur.
- On devrait pas faire ça… C'est mal…
- Mal ? souffla le blond en plantant son regard dans le sien.
- Oui… On est des voyeurs…
- Et alors ?
Se penchant à nouveau, le blond se mit à sourire en fermant à demi les yeux, et Sakito ne put s'empêcher de lui secouer le bras pour lui demander ce qu'il se passait.
- Regarde par toi-même…
Le seul visage qu'ils pouvaient vraiment apercevoir était celui d'Uruha, rougi de plaisir, qui s'était calé dans le creux du cou de Tero et de son épaule, et ses yeux semblaient vitreux à mesure que le mouvement cadencé des hanches se faisait plus soutenu. L'image de Gara immergea dans la tête du cadet. Ah non hein ! Pas encore ça ! Arrête de penser à ce genre de cochonneries ! En plus Gara est handicapé…Il fut soudainement étreint de panique. Peut-être qu'il est aussi paralysé à cet endroit là ? Oh mon dieu, j'espère que non !... Il ferma les yeux pour tenter de penser à autre chose, mais les gémissements de plus en plus forts se bousculaient dans ses oreilles, empêchant toute pensée cohérente et différente de se développer. Mais il aurait du se douter qu'il réagirait de cette manière. Tout comme l'on devinait à quoi pensait Ni-Ya. Est-ce que moi aussi je m'allongerai sur son lit aux draps rouges ? Est-ce qu'il se glissera entre mes cuisses pour… Sakito déglutit en sentant un coup de chaud lui foudroyer le bas-ventre. A bout de souffle, il se ramena une nouvelle fois contre le mur.
- Ni-Ya… S'il te plaît, partons d'ici !...
- Mais pourquoi ? Ils sont bientôt à bout…
- Mais je veux pas les voir j… Allez !
- Quoi ? N'essaie pas de me faire croire que ça ne te fait pas envie, soupira le blond, tout aussi fiévreux que lui.
- Mais pas du tout ! Je… Je trouve pas ça honnête de les espionner en train de faire l'amour…
- C'est peut-être pas honnête… Mais en tout cas, je sais pas si tu t'es rendu compte… Mais tu bandes.
- Quoi ?!
Baissant vivement les yeux, il poussa une petite exclamation de surprise avant que sa bouche ne soit emprisonnée par une autre et qu'il se retrouve collé à son ami contre le mur.
- Arrête ça, tu vas nous faire remarquer ! grommela Ni-Ya en relâchant la pression.
Honteux, Sakito ne savait plus vraiment où se mettre, et lorsque le blond recroisa à nouveau son regard, celui-ci soupira d'agacement.
- Arrête ça, on est tout les deux dans le même cas.
- Ah… ah bon ?
Il ne tenait pas vraiment à vérifier de lui-même, mais comme s'il lisait dans ses pensées, Ni-Ya se colla de nouveau à lui, collant ses hanches aux siennes, ce qui eut pour effet de lui laisser échapper un petit gémissement surpris.
- Là, tu le sens maintenant ?
- Ne… Ne fais pas ça… murmura Sakito en tremblant.
Il savait bien que Ni-Ya perdait un peu le contrôle de lui-même à cause de cette montée d'envie subite, et il savait qu'il serait le premier à en faire les frais si la chose continuait sur cette lancée.
- Faut… Faut vraiment qu'on s'en aille…
- Mais ça me plaît bien moi de les regarder faire… ça me fait penser à… d'autres choses et… ça m'excite…
Je m'en doute bien ! C'est bien ça le problème !A en juger par son regard qui s'était fait beaucoup plus convoiteur, on pouvait très bien deviner ce à quoi il pensait. D'autant plus que Sakito était coincé, à sa merci. Il va tout de même pas me violer ! Il fit mine de vouloir se glisser vers la porte, mais le blond pesa de son corps contre le sien.
- Tu risques de faire une grosse erreur, souffla Sakito en tentant de le raisonner. Tu sais qu'il ne faut pas aller trop loin…
- Et alors ?... Si je le fais… Qu'est-ce que je perds ? répondit-il sur le même ton, ses mains glissant dangereusement sur ses cuisses.
- Lâche-moi ! s'exclama le châtain en paniquant tout à coup, se fichant pas mal à présent qu'ils se fassent surprendre.
Surpris de sa brusque réaction, le blond le lâcha, et Sakito en profita pour filer par la porte restée ouverte, courant sans s'arrêter dans les couloirs de l'hôtel pour lui échapper.
OoOoO
Note de fin : Là où j'en suis à présent dans l'écriture, les choses sérieuses entre Sakito et Gara commencent ENFIN ! OwO
A SUIVRE…
