Auteur
:
Sayuri Nobara
Base
:
Nightmare x Merry
Pairing
: Sakito
x Gara ; Sakito x Ni-Ya ; Hitsugi x Nori ; Tero x Uruha
Genre
:
AU / Adolescence / Amitié / Romance / Yaoi…
Titre
:
Innocent Teens
Chapitre
18 : Suspicious (1)
Il racla ses semelles sur le paillasson puis, sans cesser de siffloter, tapota gaiement de l'arête de ses phalanges contre le bois de la porte. Il attendit un peu, puis réitéra son geste, toujours sans ne recevoir aucune réponse.
- Eh… T'es là, Saki ?
Sa question se perdit dans le silence et Hitsugi perdit un peu de sa jovialité, s'inquiétant désormais de l'absence d'acquiescement de la part de son ami. A tout hasard, il tenta d'ouvrir la porte. Elle ne résista pas et se laissa docilement pousser à l'intérieur. Jetant son sac sur le sol comme à son habitude, Hitsugi se dirigea automatiquement vers la chambre à coucher où il ne pouvait qu'être si rien n'était verrouillé.
- Saki…
Celui-ci était allongé sur le lit, les yeux ouverts devant lui, aussi immobile que la surface qu'il contemplait, omis quelques tressaillements que l'aîné semblait dénoter. Prudemment, il s'approcha de lui et s'assit à côté.
- Ça va ?...
Comme il s'y attendait, il ne lui répondit d'abord pas. Il semblait étrangement inerte… Il a pas pris de la drogue au moins ? Ou peut-être n'avait-il pas entendu ? Il ne l'avait pourtant pas laissé comme ça en partant voir Nori ! Que s'était-il donc passé ? Hitsugi s'installa un peu plus confortablement sur le lit et passa une main devant les yeux de Sakito. Alors seulement, celui-ci parut se rendre compte de sa présence.
- Tu es là…
- Oui… Depuis quelques minutes déjà… Qu'est-ce qui t'arrives ? T'as l'air tout triste… Il s'est passé quelque chose avec Ni-Ya ?
Le châtain hocha lentement la tête, et l'autre ne fut qu'à demi surpris de voir une larme couler sur sa tempe. Il l'écrasa d'un doigt et pencha la tête sur le côté pour mieux l'apercevoir.
- Raconte-moi…
La gorge de Sakito lui paraissait trop sèche pour qu'il puisse tenir une conversation et ne pas se laisser étouffer par l'émotion.
- J'ai tellement honte de moi…
- Pourquoi ?
- Quand on est rentrés à l'hôtel, Tero y était déjà… Il était avec Uruha, et ils… Tu vois ce que je veux dire…
- Hm… Ouais… Et ?
- Ni-Ya n'a pas voulu partir… Il voulait regarder… Et je me suis laissé faire… Moi aussi je les ai espionnés… J'ai… j'ai eu envie d'être à leur place… Et puis… Ni-Ya aussi, ça l'excitait… Je suis parti parce que je sentais qu'il voulait me…
Il roula brusquement sur le ventre, enfonçant la tête dans l'oreiller, ses poings crispés de chaque côté de ses épaules.
- Je me dégoûte ! Je suis un mec, je désire un mec, je suis un voyeur et ça m'excite, et le pire c'est que j'aguiche mon meilleur ami !...
Il étouffa un sanglot et éclata en pleurs alors qu'Hitsugi se sentait tout à fait impuissant.
- Mais… mais… Saki, c'est pas ta faute si Ni-Ya t'aime comme ça… Et… aimer quelqu'un du même sexe ce n'est pas… mal…
- Toi, ça te répugne, pas vrai ?
- C'est pas ça, mais… Je sais que moi je ne pourrai jamais avoir ce genre d'envie… Mais je te respecte… Quant à ce qui s'est passé cet après-midi… Je pense que tu devrais oublier.
- Oublier ? demanda Sakito en relevant son visage larmoyant.
- Oui… C'est manifestement quelque chose qui te fait beaucoup trop douter de toi et ça ne semble pas être un moment qui t'aidera à avancer. En fait, je trouve que ces temps-ci, tu as énormément perdu confiance en toi, et ça m'inquiète un peu. Ce qui se passe entre toi et Ni-Ya, tu n'es pas le seul à t'en soucier. Je comprends que ça te mette mal à l'aise. Mais il faut que tu te concentres sur une seule et unique chose.
- Quoi donc ?
- Gara. Pour le reste, ça ne me regardait pas et je ne voulais pas m'en mêler, mais je ne supporterai pas qu'à cause de ça tu finisses par péter un plomb. Ou Ni-Ya. Donc désormais, je m'immiscerai dans cette relation amoureuse entre amis…
- Pour quoi faire ?
- Te protéger, nounouille ! Vous protéger tous les deux. Vous n'êtes pas assez grands pour vous protéger tous seuls…
- Plait-il, dit Sakito en essuyant ses yeux du revers de la main.
Hitsugi esquissa un sourire et ébouriffa comiquement les cheveux de Sakito, ce qui eut l'effet espéré : le faire râler.
- Allez va, pense plus à ça… Et fais-moi un sourire, que j'ai au moins du plaisir à rentrer tout les soirs !
Sakito cligna des yeux puis pouffa de rire, ses yeux toujours un peu humide lui conférant l'air ragaillardi d'un enfant après un gros chagrin.
- Bah pourquoi tu rigoles ?
- La façon dont tu l'as dit, ça faisait un peu… Un peu couple.
- Un peu couple ? Qu'est-ce que t'entends par là ?... Je sens la grosse connerie…
- Non mais c'est vrai, on dirait un mari qui rentre du boulot alors que sa femme l'attend…
Restant silencieux un long moment, Hitsugi finit par se lever et déclama, la mine grave :
- Alors femme, sèche tes larmes !... Ou je te fais ta fête !
Alors que le jeune garçon riait de sa propre blague, Sakito le regarda d'un air atterré.
- Je sais vraiment pas comment je dois le prendre… Tu aurais des tendances homosexuelles alors toi aussi ?
- La ferme ! grommela Hitsugi en lui balançant le coussin sur lequel il s'était appuyé.
OoO
Blotti dans ses couvertures, allongé à côté d'Hitsugi, il gardait les yeux ouverts fixés sur les traits de son visage, repensant à tout ce dont il lui avait fait part durant cette soirée. Il avait déjà de nombreuses fois remis en question sa relation avec chacun de ses amis, et plus les choses évoluaient, plus il en voyait les contours se dessiner clairement. Sa relation avec Ni-Ya était plus celui d'un ami/amant qu'autre chose à présent, bien qu'il ne ressente pas les mêmes choses vis-à-vis de lui. Cette qualité fraternelle, quant à elle, qu'il leur avait attribué à chacun dès le départ, se renforçait de plus en plus auprès d'Hitsugi. Il n'avait qu'un an de différence avec lui, vraiment très peu, mais il avait quand même l'impression d'être, comme il le lui avait lui-même dit, une sorte de petit frère à son égard. Il avait cessé de penser à l'épisode de la chambre d'hôtel, mais se torturait toujours autant avec des doutes qui surgissaient ça et là, et qui pourtant n'auraient pas du être. Que serait-il si Hitsugi n'était pas là ? Question que n'importe qui pourrait se poser envers la personne dont il est la plus proche, et qui immanquablement se révélerait plutôt légère. Mais non, tout ça était beaucoup plus fort. Certes, chose inaliénable, Hitsugi était son meilleur ami. Mais il lui semblait être bien plus. Ce qu'ils partageaient, leurs fous rires comme leurs angoisses, et cette habitude qu'Hitsugi avait de le protéger… Sakito aimait sincèrement Hitsugi comme un frère. Mais il avait un peu trop tendance à se projeter dans l'avenir. Toutes choses avaient une fin. Il n'avait aucune envie de se séparer de lui, mais qui pouvait dire, à la fin de sa vie, avoir conservé tout ce qui lui était cher ?...
Sakito glissa sa main devant les lèvres entrouvertes d'Hitsugi pour vérifiait qu'il était bien endormi, puis timidement se rapprocha de lui, blotti à côté de lui en souriant. Hitsugi le lui avait répété plusieurs fois, il ressentait la même chose. Mais contrairement à lui, il n'avait pas l'attache de ses parents, qui se désintéressaient de lui. Finalement, ils se raccrochaient l'un à l'autre sans même en avoir conscience.
Posant l'index sur l'un des piercings brillant dans l'obscurité, Sakito eut soudainement l'impression d'avoir oublié quelque chose d'important. Mais quoi ?... Il réfléchit un long moment, une moue concentrée sur le visage, avant de pousser un cri similaire à celui de Newton, réveillant en sursaut son compagnon.
- Hein ? Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Tes friiiingues !
- Bah quoi mes fringues ?
- Depuis que tu crèches chez moi, t'es obligé de porter les mêmes tous les jours, c'est-à-dire ton uniforme…
- Et… ?
- C'est CRADE !
- Mais Saki… T'as vu l'heure ? Tu pouvais pas me dire ça demain ?…
OoO
Sa tête lui faisait atrocement mal, mais il s'efforçait de se concentrer sur ce qu'était en train de lui dire son frère. A vrai dire, il n'arrivait pas à s'y accrocher, à les comprendre, à vouloir vraiment percuter chaque idée. Non, ce n'était même pas qu'il pensait à Sakito ou à qui que ce soit d'autre. C'était simplement… Qu'il était épuisé. Epuisé de ne pas avoir fermé l'œil de la nuit, à cause de l'image du visage apeuré qu'il avait encore à l'esprit. Apeuré ou désespéré ? C'était le même sentiment au fond, le même mêlé en couleurs ombrageuses au fond de ses yeux d'adolescent envahis par un trop plein d'émotions.
- Ni-Ya ? T'écoutes un peu ?
- Non… Désolé… Je sais, je n'aurai pas dû faire ça… A ce soir, peut-être…
Le blond détacha sa ceinture, s'empara de son sac et ouvrit la portière pour sortir.
- Eh, attends un peu !
Tero le rattrapa par le bras, le corps penché en avant pour le retenir.
- Quoi ?
- C'est bon, mais ne fais plus jamais de choses dans le genre. C'est sérieux entre lui et moi.
- Je sais, et je t'ai déjà dit que j'étais désolé. Lâche-moi maintenant, je vais être en retard.
Se dégageant d'un mouvement simple sans animosité, il referma la portière, creusant ainsi une séparation entre le regard grave du roux et le sien. Il savait qu'il avait dérapé… Hier, lorsqu'il avait poussé Sakito a resté, à regarder avec lui, lorsqu'il s'était fait violence pour ne pas que ses pulsions le dépassent, mais finalement, il s'y était presque abandonné. Sakito partit, dégoûté de ce qu'il avait fait, ou peut-être faillit faire, Ni-Ya n'avait pas réfléchi, traversant la chambre sans se hâter, une colère incompréhensible dirigée contre le couple.
- Continuez vos petites affaires, je fais que passer.
Coupés en plein élan, Tero avait regardé passer son jeune frère d'un regard effaré, tandis qu'Uruha avait été à la fois choqué et honteux. Bien lui en avait pris d'aller s'enfermer dans la salle de bain, car après avoir repris ses esprits, Tero n'aurait juré de rien quand à la persistance de son sang froid. Ils n'avaient pas pu aller au bout à cause de lui, alors qu'ils avaient tous les deux cruellement besoin de ce moment.
- C'est pas grave… La prochaine fois sera la bonne, avait tenté de le rassurer Uruha, les yeux baissés et la voix tremblante.
Mais malgré ses bonnes paroles, l'humeur de l'aîné n'avait en rien changé de son incroyable véhémence. Son amant parti, il avait longuement demandé à Ni-Ya de sortir histoire de s'expliquer, et à bout de nerfs, il avait bardé la porte de coups de poings et de pieds pour se défouler. Le blond quant à lui n'avait pratiquement pas fait attention à ce qui se passait à l'extérieur.
- Salut Ni-Ya !
Fronçant les sourcils, celui-ci tourna la tête et aperçut Nori à ses côtés, sursautant de la savoir si proche.
- Euh… Salut…
- Tu n'es pas avec Hitsugi ?
- Ben… On vit pas ensemble alors… Tu prends pas le bus toi ? Tu devrais l'avoir croisé…
- Mon père m'a déposé avant de partir travailler. Dis donc, ça faisait un moment qu'on ne t'avait pas vu au lycée…
Depuis quand s'intéressait-elle à sa vie ? Il n'avait jamais réfléchi à la chose auparavant, mais et si Nori tentait de s'intégrer à ce qu'il restait de leur groupe, à s'immiscer entre eux ? Elle avait tout l'air d'être présentement encline à jouer les petites amies sympas du copain… Prudemment, Ni-Ya jugea préférable de ne pas s'étendre sur la question.
- J'ai eu… des soucis… Mais maintenant tout va… enfin, ça va mieux.
- Oh et des soucis de quel ordre ?
Mais de quoi elle se mêle ?! Finalement, elle n'est pas aussi nette que Sakito le prétend… Saki… Saki ! Par-dessus l'épaule de la jeune fille, il l'apercevait qui s'apprêtait à pénétrer dans l'enceinte du lycée. Délaissant cette compagnie qui le mettait mal à l'aise, il la bouscula légèrement pour s'élancer dans sa direction.
- Eh ! Saki ! Attends-m…
Il n'était qu'à quelque pas de le rejoindre lorsqu'il se sentit tiré en arrière.
- Faut qu'on discute.
- Hitsugi ? Qu'est-ce que… Ah… Je vois… Il t'a dit pour hier…
- Oui, confirma-t-il d'un hochement de tête en le lâchant. Cette fois, il…
- De quoi vous parlez tous les deux ?
Ni-Ya se figea en s'apercevant qu'une fois de plus, Nori s'était glissé près d'eux sans se faire remarquer.
- Oh, rien, mon cœur, murmura Hitsugi, un sourire béat s'étalant soudainement sur son visage.
Il se pencha vers elle et l'embrassa tendrement ; Ni-Ya détourna la vue en grimaçant.
- S'il-te plaît… On parle de quelque chose d'important…
- Oh mais vous pouvez continuer ! s'exclama-t-elle, une surprise qu'il jugea feinte clairement affichée.
- Ben…
Putin mais dégage, pauvre conne !
- Il me semble que ça ne te concerne pas, répliqua-t-il d'un ton froid.
- Oh oh, calme-toi, reprit Hitsugi en fronçant les sourcils. Qu'est-ce qui te prends ? Elle t'a rien fait !
Elle m'a rien fait… Pour le moment. Elle est bizarre… Trop gentille pour être sincère.
- C'est rien, répondit Nori dans un sourire, posant une main apaisante sur l'avant bras de son petit ami. Laisse, je comprends… Le pauvre Ni-Ya-chan est perturbé par tout ce qui lui est arrivé ces derniers temps.
Le sang du blond sembla se glacer dans ses veines. Les lèvres de la jeune fille semblèrent un moment se retrousser sur un rictus moqueur, mais l'instant d'après, il n'y paraissait plus rien. Avait-il rêvé ?... Comment savait-elle ce qui lui était arrivé ? Qui… ? Ni-Ya porta un regard estomaqué sur son ami, qui regardait Nori d'un air un tant soit peu stupéfait.
- Ces derniers temps… ?
A nouveau, elle reprit un ton avenant et innocent qui fit se hérisser les poils des bras de Ni-Ya.
- Et bien… Oui, revenir en cours après un long moment… Tout ça, ça doit un peu le dépasser…
Toucher par tant de complaisance, Hitsugi laissa de l'attendrissement effacer de son visage la précédente surprise et lui prit la main. Ni-Ya les regarda s'éloigner, son ami absorbé par l'image de la jeune fille à ses côtés.Cette nana est… dangereuse… Il faut que je la surveille… Elle sait pour moi, ça ne fait aucun doute ! Je ne sais pas comment elle l'a appris, mais elle serait bien capable de me le ressortir au mauvais moment ! Il entendit la sonnerie du lycée retentir, regarda autour de lui pour voir si Sakito n'était pas resté dans le coin, mais ne rencontra pas son regard amical. Qu'est-ce que j'ai fait… Dans quoi est-ce que je me suis encore fourré…
OoO
Sakito jeta un coup d'œil aux tables voisines, puis à la queue du self, regardant attentivement les traits des visages qui y circulaient, avant de finir par se décider à s'attabler. D'après ce que lui avait dit Hitsugi, il n'avait pas eu vraiment le temps de parler à Ni-Ya, alors il préférait l'éviter encore pour un moment. Mais quand est-ce que ce petit jeu allait cesser ? Ils passaient leur temps à se fuir, à se chercher, à se faire mal aussi. Cette relation commençait à devenir quelque chose de malsain. De surcroît, tout semblait le perturber : Ni-Ya et son amour, Hitsugi qu'il avait du mal à laisser partir avec Nori… En fin de compte, le seul dont il n'était pas déçu quelque part, c'était Gara. Au tout début de cette histoire, il n'avait cessé d'être perturbé, déchiré entre plusieurs sentiments pour lui, mais finalement, il avait l'impression qu'être auprès de lui était le seul moyen d'oublier ce qu'était sa vie depuis quelques temps. Tous ses doutes, ses peurs, ses blessures semblaient rester à la porte du manoir dès qu'il y entrait. Tout ce qu'il ressentait après avoir passé le seuil n'avait de lien uniquement qu'avec le peintre. Il ne se posait plus la question de savoir s'il l'aimait ou non, son esprit s'habituait peu à peu à cette idée, et il était sûr d'être fixé le soir même. Si effectivement il l'aimait véritablement, alors il n'avait aucune raison de s'en faire. Il devait laisser aller les choses et s'en détacher un peu. Gara avait semblé heureux de le voir, tout comme il l'avait été lui-même, il ne devait pas douter de lui.
- T'aurais du m'attendre, dit Hitsugi en posant son plateau en face de lui, le sortant de sa rêverie.
- Tu étais avec Nori, je n'avais aucune envie de te déranger. Et puis j'avais envie d'un peu de solitude.
- Oh… Désolé, hésita l'aîné en portant son verre à sa bouche. Tu veux que je m'en aille ?
- Hein ? Non non, pas du tout.
- Ah hum bien… Tu as croisé Ni-Ya ?
- Depuis ce matin ? Non… J'évite de passer par les endroits qu'il fréquente.
- Et même dans le réfectoire ?
- Non plus. C'est tant mieux.
Hitsugi ressentit comme un silence gênant qui s'installait entre eux, il se sentait fautif d'avoir préféré rester avec Nori plutôt que de mettre les choses au clair avec lui.
- Tu sais, il…
- Hitsugiiiii !
Sakito eut à peine le temps d'hausser un sourcil que trois adolescentes prirent possession des places à leurs côtés, Nori en tête.
- Salut, Saki !
Celui-ci tiqua et hocha imperceptiblement la tête vers l'amie de Nori, qui était déjà occupée à flatter son petit ami.
- On vous dérange pas hein ?
- Oh ! Mais non ! Si on dérangeait, Megumi, il y a longtemps que Suge-chan me l'aurait dit ! répondit joyeusement Nori en faisant un grand sourire à son compagnon.
Suge… chan ? Sakito cligna plusieurs fois des yeux pour bien s'assurer qu'il ne rêvait pas. C'est moi qui l'appelle comme ça ! Il se sentit vexé qu'elle reprenne son propre surnom et qu'Hitsugi ne réagisse pas, trouvant la chose tout à fait normale. A vrai dire, il se demandait même s'il l'avait entendu, pendu à ses lèvres comme il l'était ! Sakito regarda tour à tour les occupantes de la table, et son regard s'arrêta sur Megumi. Pourquoi est-ce qu'elle rougit celle là ? Naïvement, il crut bon de lui céder un sourire forcé, et aussitôt celle-ci se retourna vers son amie en lui jetant des regards pleins d'admiration. Oh non, c'est pas vrai, pas encore une ! Je ferai peut-être bien de lui dire que je suis gay ? Il n'avait aucune envie de manger, mais il se força tout de même à avaler une bouchée de rire, histoire de faire attraction de la scène qui se déroulait autour de lui. J'aurai presque envie que Ni-Ya soit là… A peine avait-il pensé ces mots qu'il sentit que quelqu'un s'arrêtait près de leur table, et lorsqu'il leva les yeux, il ne put que les baisser rapidement. Ni-Ya remarqua son attitude, s'aperçut que tout le monde le dévisageait en se demandant ce qu'il faisait là et, abattu par cette sensation étouffante de rejet, il s'éloigna sans rien dire, trouver la place la plus éloignée de cette table. Sakito repoussa son assiette, son estomac retourné par ce qui venait de se passer.
- Tu n'es pas en bon terme avec Ni-Ya-chan ces derniers temps ? demanda Nori en penchant la tête vers lui.
- Euh… Non… Enfin… C'est rien hein…
- Il m'a l'air de se sentir très seul en ce moment, reprit Megumi, plutôt connue pour faire circuler les ragots.
Sakito jugea préférable de ne rien dire et se leva pour partir.
- Tu t'en vas déjà ? demanda Hitsugi d'une voix un peu triste.
- Je… J'ai plus faim…
- Oh mais on vient à peine d'arriver ! geignit Megumi en lui lançant un regard de chien battu.
Qu'est-ce que ça peut bien me faire ?
- Désolé…
- Bah… C'est pas grave, je te…
- On te rejoint après ! coupa Nori en hochant la tête vers son amie.
Sakito crispa les doigts sur les bords de son plateau et haussa les épaules, glissant un regard sans expression à Hitsugi.
- Non, c'est pas la peine.
Et il s'éloigna sans plus écouter les exclamations dans son dos, lassé de cette situation. Vivement ce soir…
OoOoO
(1) Sid
Vicious, Suspiiiiiiicious XP
Note de fin : Plus que deux chapitres.
A SUIVRE…
