Episode 1.20... Il restera pour moi un de mes épisodes préférés. Tony y était formidable et l'inquiétude de Gibbs à son égard un grand moment pour Tony/Gibbs. Voyons voir ce que j'en ai fait ...
Chapitre IX : Irremplaçable
Tony ouvrit les yeux...
« Où suis-je ? »
Il regarda autour de lui... l'Open Space du NCIS mais il n'était pas assis à son bureau.
« Pourquoi ? »
Ah oui, McGee était au sien quand il était revenu tout à l'heure... Et ça lui avait fait mal... Il avait cru aux paroles de Gibbs quelques instants auparavant et puis, tout avait disparu en un claquement de doigts. Mais rien n'y faisait pourtant, il croyait à cette phrase. Il voulait y croire. Elle lui permettait d'espérer.
En regardant autour de lui, Tony vit qu'il était le seul encore là... Il avait vraiment l'esprit embrouillé, il fallait absolument qu'il rentre et se mette au lit, il n'en pouvait plus.
L'attention de DiNozzo fut attirée par une ombre qui se rapprochait de lui. Il tourna la tête au moment où une voix arrivait jusqu'à lui :
- DiNozzo, qu'est-ce que tu fais là ?
- Gibbs ? reconnut Tony en même temps que la silhouette de son Boss sortait de l'ombre.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Malgré un mal de tête qui commençait à poindre, Tony devait répondre à son patron :
- Mon couteau.
- Pardon ? le questionna Gibbs.
- J'ai oublié de reprendre mon couteau, se souvint enfin Tony, en commençant à fouiller ce maudit bureau.
- Ca aurait pu attendre !
- Oh non, il m'a sauvé la vie aujourd'hui. Vive la règle 9 ! D'ailleurs, Atlas ne la connaissait pas. C'est toi qui les a inventées, alors ?
Devant le silence de Gibbs, Tony comprit qu'il devait se taire et trouver ce couteau au plus vite.
- Ca y est, je l'ai, annonça Tony, heureux de cette providence. Bon j'y vais. Un taxi m'attend, reprit-il, en se demandant une nouvelle fois comment sa mémoire fonctionnait. Il ne se souvenait de rien il y a 2 secondes et là, les phrases sortaient toutes seules !
Alors qu'il se levait pour se diriger vers l'ascenseur, Gibbs parla :
- A mon avis, non. Je n'ai vu aucun taxi en arrivant. Tu as dû t'assoupir et lui avoir une autre course.
- Bon et bien, je vais en rappeler un autre.
- Ne sois pas ridicule, je vais te ramener.
N'ayant ni la force, ni l'envie de protester, DiNozzo suivit son Boss jusqu'à l'ascenseur. Alors qu'ils attendaient, il demanda :
- Et toi, Patron, pourquoi es-tu là ?
- Pour toi.
- Moi ?!
Même si ce n'était pas dans le contexte que Tony espérait pour eux, ces deux mots le firent rêver.
- J'ai appelé chez toi et il n'y avait personne, expliqua Gibbs, en entrant dans la cabine.
Suivant le mouvement, Tony entra lui aussi dans l'ascenseur et Gibbs appuya sur le bouton : direction le parking.
Tony s'appuya contre la paroi du fond, Gibbs devant lui. DiNozzo allait lui demander pourquoi il était passé chez lui quand une secousse se fit sentir et il sut que la cabine venait de s'arrêter entre deux étages.
- Où sommes-nous bloqués ?
- Entre le premier et le rez-de-chaussée.
- Tu n'as pas ...
- Actionné le bouton d'arrêt ?
Tony hocha la tête.
- Pour une fois, non, dit Gibbs en s'approchant. Et si c'était un signe.
- Un signe de quoi ? demanda Tony, en glissant vers la droite pour se retrouver coincé dans le coin de la cabine.
- Un signe pour que je puisse te faire tout ce que j'ai envie de te faire depuis bien longtemps.
Gibbs désormais emprisonnait Tony dans le coin, ses mains de chaque côté de son visage, leurs corps collés l'un à l'autre. Le visage de Gibbs se rapprochant de celui de Tony. Ils allaient s'embrasser...
- DiNozzo ... Tony ? ... DINOZZO !
Et Tony se réveilla en sursaut et trouva Gibbs devant lui.
« J'ai rêvé ! Ce n'était qu'un rêve ?! »
- Tu en fais une tête, DiNozzo ! Quelque chose ne va pas ?
- Ca va.. ça va, parvint à dire Tony, essayant de cacher sa déception du mieux qu'il put.
« Ma 'relation ' avec Gibbs, si je peux dire, est-elle vouée à n'être qu'un rêve ? »
- Pourquoi n'es-tu pas à ton bureau ? Je croyais que tu étais rentré.
Tony remarqua alors que effectivement il ne restait plus que lui.
- McGee travaillait...
- Eh, c'est ton bureau, DiNozzo.
La conviction dans le ton de Gibbs de cette évidence pour lui fit du bien à Tony qui avait besoin d'entendre que sa place était bien là et pas ailleurs. Ce n'était qu'un bureau pourtant... et il ne s'attachait pas à ce genre de chose avant.. avant Leroy Jethro Gibbs.
- J'ai fini mon rapport, j'attendais ton avis.
- Tu aurais dû rentrer.
Tony se leva avec le dossier en main et le déposa sur le bureau de Gibbs. Au moment où il pivotait pour revenir à son bureau, sa tête se mit à tourner violemment et il vacilla. Gibbs le rattrapa immédiatement. Tony aima ce contact et aurait voulu qu'il dure toujours. Il se sentait en sécurité comme ça, et aussi loin qu'il pouvait se rappeler, il n'avait jamais ressenti un tel sentiment, même un peu.
Il entendit Gibbs lui dire :
- Allez, on y va, DiNozzo.
Gibbs emmena Tony jusqu'à l'ascenseur en le soutenant. Il l'appuya un instant contre le mur le temps pour lui de récupérer la veste et le sac de son agent.
« Je prendrai soin de lui jusqu'au bout. J'ai tellement eu peur. La mort de Pacci m'a remis à nouveau cette angoisse. Nous sommes agents et nous risquons nos vies tous les jours, je suis bien d'accord, mais il s'agit de Tony... J'aurais surtout dû être avec lui lors de cette surveillance. Entendre sa voix au téléphone, si affaiblie, avait déjà été une torture mais ce n'était rien comparé au moment où je n'ai plus rien entendu. J'aurais tout fait pour le retrouver, pour revoir ses doux yeux verts. Ils sont si merveilleux. J'aime voir leur couleur changer tout en nuance. Lorsque nous étions chez cette mante religieuse, il a a entendu ou plutôt ressenti une présence et ses yeux m'ont tout dit avec ce mélange de verts intenses. Lorsqu'il tenait Vanessa après l'avoir désarmée dans cet égout, il avait ce vert émeraude en train de reprendre vie... peut-être grâce à ma présence... Non, comme il l'a dit ses amis étaient là. Et le plus merveilleux fut lorsque je lui ai dit qu'il était irremplaçable, ce vert est devenu encore plus magnifique, comme si je venais de lui insuffler une autre nuance... »
Alors qu'il revenait vers Tony, ce dernier lui annonça :
- Je crois que nous devrions prendre les escaliers, Boss.
- Pourquoi ?
- J'ai rêvé qu'il y avait une panne et qu'on était bloqué à l'intérieur.
- Ne sois pas ridicule, DiNozzo. Ne prend pas tes rêves pour des réalités.
- Oh oui, je sais.
Et Gibbs lui lança un regard intrigué. Tony avait laissé cette phrase lui échapper, preuve qu'il avait vraiment besoin de rentrer.
Pendant le trajet en direction de l'appartement de Tony, ce dernier somnola dans la voiture, ouvrant les yeux chaque fois que les images de Gibbs et de lui dans l'ascenseur lui revenaient. Avoir Gibbs aussi près et ne pouvoir rien faire était déjà une torture mais les images sorties tout droit de son imagination n'arrangeaient rien...
Gibbs, quant à lui, veillait sur lui par rétroviseur interposé. La journée avait été dure physiquement et psychologiquement. Il était lui-même si préoccupé par ses sentiments qu'il n'avait pas assez fait attention à Tony. Ce produit qu'elle lui avait mis dans son verre n'arrangeait rien. D'ailleurs Gibbs se demandait comment Tony était parvenu à faire tout ce qu'il avait fait dans cette cellule avec ce produit dans les veines. Il avait sorti Atlas de ce cachot et l'avait en plus trainé sur une sacrée distance avant que Kate et lui ne le retrouvent. Jethro s'en voulait d'autant plus de ce qu'il avait insinué avec Tim à son bureau : s'il n'avait pas dû revenir, il était déjà remplacé... Il fallait qu'il arrête de jouer avec Tony... Il lui faisait du mal et il ne l'aurait pas supporter de quelqu'un d'autre alors, il fallait qu'il arrête.
Une fois arrivés, Tony sortit péniblement de la voiture. Ce fut là qu'il vit Gibbs se diriger vers lui pour l'aider à monter jusqu'à son appartement. Alors qu'il allait refuser cette aide, Gibbs le devança et dit :
- Ne te fais pas prier, Tony. Laisse moi t'aider.
Quand Tony sentit à nouveau les bras de Gibbs autour de lui, plus aucune protestation ne passa ses lèvres.
Gibbs, quant à lui, entendait encore le pressentiment d'Abby résonner à ses oreilles. Plus qu'inquiet, dès qu'il était sorti du labo, il avait téléphoné à Tony.
Quand ces mêmes paroles étaient en train de s'accomplir et de prendre toute leur ampleur, Jethro n'entendait qu'une seule chose : « Tu vas le perdre... Tu ne peux que le perdre. Tu perds toujours ceux à qui tu tiens et tu sais combien tu tiens à Anthony !!! Et je l'ai retrouvé, je l'ai ramené au NCIS. Et là, en sortant de l'ascenseur, je me suis laissé aller : ce mot et mes mains sur le visage de Tony. J'en ai encore des frissons. J'aurais pu l'embrasser là au milieu des bureaux... Mais je me suis repris. Heureusement, n'est-ce pas ? »
Leroy Jethro Gibbs en était là quand Tony ouvrit la porte de son appartement. Gibbs secoua la tête et pour reprendre contenance, il suggéra simplement à son agent :
- Va prendre une douche ! Je te fais un café.
Tony ne dit aucun mots, il avait envie de cette eau sur lui et savait qu'il ne devait pas discuter avec Gibbs.
Dans la cuisine, alors qu'il attendait que le café soit prêt, Gibbs vit Tony sortir de la salle de bain pour se rendre dans sa chambre avec uniquement une serviette autour de la taille. Pris par son imagination débordante quand il s'agissait de DiNozzo, Gibbs n'avait pu s'en empêcher et il se voyait coucher sur Tony entrain de lécher ces gouttes les unes après les autres. Il savait qu'il devait se contrôler car une douche froide n'était pas possible pour le moment. Mais ses pensées s'étaient arrêtées d'elles même quand Tony vacilla une nouvelle fois et se retint au mur pour repartir aussitôt vers sa chambre. Il ne demanda, comme de bien entendu, aucune aide alors qu'il continuait à s'appuyer au mur. Gibbs comprit parfaitement pourquoi, il aurait fait pareil. Depuis ce qu'il avait appris sur Tony, il comprenait que ça ne datait pas d'hier et qu'il se cachait beaucoup mieux que lui. Gibbs savait que même si personne ne savait exactement de quoi son passé était fait, les gens, qu'il croisait, se doutaient qu'il se barricadait mais avec Anthony, c'était tout le contraire personne n'imaginait ce qui avait pu jalonner sa vie, vu sa façon de se camoufler. Il aurait tant voulu que Tony se confie à lui. Un jour qui sait ... Et voilà qu'il recommençait à y croire... Et il s'asséna une tape derrière la tête.
En fait, Tony avait prit une douche à peine chaude pour se contrôler face à la réalité de la présence de Gibbs chez lui. Si près de lui. Avant de rejoindre Gibbs, il enfila un t-shirt de l'université de l'Ohio et un pantalon de jogging.
Lorsque Gibbs le vit revenir de sa chambre, Tony avait encore les cheveux légèrement humides, il aurait tellement voulu y passer ses doigts. Tony, quant à lui, n'allât pas plus loin que le salon et se laissa tomber dans le canapé. Gibbs sortit alors de la cuisine en lui tendant une tasse d'où sortait une vapeur, promesse de chaleur. Tony y gouta et fut surpris. Ce n'était nullement le breuvage habituel de Gibbs mais exactement le café qu'il aimait se préparer : trois sucres et arôme noisette.
- Comme tu l'aimes, laissa échapper Gibbs, debout devant le canapé.
« Il a retenu comment j'aime mon café ? Pourquoi il a ... »
- Bois avant que ça ne devienne froid. Bon, je vais y aller.
Gibbs passa derrière le canapé, tournant le dos à Tony.
- Attend, Gibbs, lui demanda Tony, en pivotant à moitié, toujours assis dans le canapé.
Son Boss se retourna vers lui et Tony laissa ce magnifique regard arriver jusqu'à lui : ce bleu donnait toujours des palpitations à Tony. Il n'arrivait jamais à leur mettre une nuance précise mais il savait ce que ce regard provoquait en lui et là, une fois de plus il se sentait à sa place comme jamais auparavant et comme, il le savait, aucun autre ne pourrait lui faire ressentir. Il se retourna pourtant mais sentit parfaitement le regard de Gibbs toujours sur lui.
- Je t'ai entendu, tu sais. Dans cette ruelle, à terre. Et même avec ce Bron, ce foutu mélange de caféine et d'amphétamines, je t'ai entendu me dire que tu venais me chercher et ça a fait toute la différence. Tu fais toute la différence. Je voulais que tu le saches.
Gibbs ignorait quoi dire... Il aurait voulu embrasser Tony plus que tout mais il ne devait pas. Il devait le maintenir à l'écart de lui, ne pas le mettre plus en danger qu'il ne l'était déjà. Mais il devait au moins être sincère et revenir sur ce mot qu'il avait gâcher et il ne renoncerait pas à en parler. Leroy Jethro Gibbs chercha ses mots, respira un grand coup et déclara :
- Tony, j'étais sincère lorsque nous sommes revenus au NCIS. Tu es réellement irremplaçable. Je ne sais pas ce que je deviendrais sans toi. Je veux que tu fasses plus attention à toi.
Tout en disant cela, Gibbs fit le tour du canapé, il voulait savoir l'effet que produisait ses mots sur son Tony...
« Endormi. Tony s'était endormi. »
Il tenait toujours la tasse serrée dans sa main. Gibbs la lui prit et la déposa sur la table basse. Il souleva les jambes d'Anthony et arriva à le coucher dans le fauteuil. Il prit la couverture qui avait été jetée sur une chaise de la cuisine et recouvrit Tony. Et il effleura tendrement les cheveux ébouriffés de son homme.
« Comme j'aimerais caresser ton visage... M'as-tu entendu ? Il faut que tu en sois sûr.»
Gibbs prit un bloc note poser sur la table basse et y griffonna quelque chose. Il déposa la feuille et sortit sans faire de bruit. Laissant Tony à ses rêves...
Au petit matin, les rayons du soleil aidèrent Tony à ouvrir les yeux. Il se sentait bien mieux. Il était recouvert d'une couverture, il savait à qui il devait cela et un sourire naquit sur son visage. Il remarqua alors la feuille, la prit et lu :
- Irremplaçable, tu l'es. N'en doute jamais.
Son amour était sincère et le ferait vivre. Il y avait quelque chose de particulier entre lui et Gibbs entre Gibbs et lui et un jour il saurait ce que c'était...
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1.20... J'aurais pu leur faire franchir le pas ici. Il s'en est fallu de peu... Comme dans un rêve... J'espère avoir fait honneur à cet épisode. J'attends vos avis...
