J'ai eu besoin d'un break, c'est vrai... Maintenant je suis de retour. La cadence ne sera pas tout de suite reprise. Je reprends l'écriture, c'est mon essentiel.
Suite du 2.10... à la sauce Barna...Bonne lecture
Chapitre XI : Vois Moi !
Au volant de sa voiture, DiNozzo ne se souvenait pas vraiment de son retour de Newport News. Il revoyait juste la housse en plastique noir avec le corps de Jeffrey White passer devant lui. Ensuite, au NCIS, il avait été se changer afin qu'Abby puisse analyser le jet des gouttes de sang et corroborer ce qui s'était passé avec son rapport une fois qu'il serait écrit. Après ça, devant l'évier des vestiaires et ce maudit miroir, il avait frotté sans relâche le sang qu'il avait sur les mains et dans le cou. Il détestait plus encore que d'habitude le reflet que lui renvoyait la glace. Ce fut Kate qui le fit arrêter en venant lui demander si ça allait... Revenant à la réalité, il était simplement sorti des vestiaires, de l'Open-Space et du NCIS. Il n'aurait jamais cru se sentir mal au NCIS... Mais il ne pouvait rester, aucun masque ne l'aiderait, ils étaient en train de l'étouffer. Il le ressentait encore plus fort que d'habitude. Il ne contrôlait plus rien.
« Et je suis parti du NCIS en ne regardant personne et surtout pas vers le bureau de Gibbs, même s'il était probablement vide. Je n'en reviens pas d'avoir été aussi bête. Avoir cru que Leroy Jethro Gibbs pouvait avoir des sentiments pour moi !! Pourtant il y avait tous ces indices auxquels je pensais sans arrêt pendant que j'étais avec Jeffrey ?! »
Tony toucha son cou où une belle petite entaille se trouvait.
« Jeffrey était habile avec un couteau. Il était bien plus capable que je l'avais cru. J'ai eu tout faux.. comme avec Gibbs... Je vois ça !! C'est trois petits mots résonnent sans arrêt dans ma tête. Qu'aurait-il pu dire ? 'J'ai eu peur pour toi !' Je ne demandais pas de grandes déclarations .. même rien que sa main sur mon épaule aurait suffit. Je n'y comprends rien. Je ne compte pas.. Pour lui, je ne suis rien... Rien comme toujours. »
Après être descendu du MTAC et d'une mise au point nette et précise de sa part avec la Secrétaire d'Etat, Gibbs avait cherché DiNozzo sans succès.
- Où est Dinozzo ? finit-il par demander.
- ...
Ni McGee, ni Kate n'osèrent répondre.
- Kate !! C'est pour aujourd'hui ou quoi ?
- J'ai bien essayé de le retenir mais il a quitté le bureau. Il n'avait même pas l'air de m'entendre, dit-elle, en se levant de son bureau pour celui de Gibbs.
Contrairement à ce que Kate pensait, Gibbs n'avait pas l'air en colère.. il avait l'air coupable ... Elle ne savait pas ce qu'ils s'étaient dit une fois la portière de voiture ouverte mais ça avait blessé Tony, elle en était certaine. Elle continua :
- J'ai tenté de l'appeler mais son portable est toujours ici avec le reste de ses affaires. Il n'a même pas repris sa plaque ! Je devrais peut-être aller..
- Il va revenir. Il lui faut juste un peu de temps.
« Il faut qu'il revienne... Je ne peux pas m'imaginer sans lui. »
Gibbs s'en voulait beaucoup. Cette mission sous couverture avait été plus que difficile et son attitude envers DiNozzo n'avait rien arrangé, il le savait. Alors que la peur de le retrouver mort occultait tout le reste, Gibbs avait tout fait pour dissimuler à Kate ses craintes. Y était-il seulement arrivé ? Ces mots ne représentaient en rien ce qu'il ressentait. Aucun contact pendant toutes ces heures lui avaient fait entrevoir à nouveau qu'il ne pouvait plus se passer de Tony. Déjà les week-end, où ils ne travaillaient pas, passaient au ralenti. Il lui arrivait d'attendre une enquête pour le voir plus vite. Etant son agent senior, Tony recevait souvent les appels et donc c'était lui qui prévenait Gibbs. Jethro aimait voir le nom de Tony s'afficher sur son écran de portable. Il aimait décrocher et entendre la voix de DiNozzo lui annoncer qu'ils devaient reprendre le boulot et une fois qu'il avait raccroché, c'était pour se retrouver bientôt ... Un peu comme s'ils s'étaient fixés rendez-vous !! Il était fou, fou d'Anthony DiNozzo.
Jethro avait eu peur à chaque étape de l'enquête. Pourtant, Tony s'en était sorti en s'adaptant. Mais Gibbs savait que Tony ne le voyait pas ainsi. Il n'était jamais fier de lui et après avoir dû tuer White encore moins. Tony n'avait pas hésité, il ne pouvait pas se le permettre alors que pourtant à ce moment-là, il ne savait pas de quoi White était capable ajoutant à cette mort le fait de s'être laissé manipuler trop facilement.
Gibbs savait que ça n'allait pas car Tony ne racontait rien. Tony n'avait plus prononcé un mot depuis qu'il lui avait dit : « Je vois ça ! »... Comme il aurait voulu recevoir une tape derrière la tête à ce moment-là.
De retour chez lui, Tony s'affala sur le lit. Il était épuisé, il savait qu'il ne pourrait pas rester éveillé longtemps. Il se demandait juste quel cauchemar le réveillerait. Il tendit la main vers la boussole, la prit et l'enferma dans la table de chevet. Tant qu'à être perdu autant l'être complètement. Il ne savait plus, il avait ses sentiments pour son Boss, il devait juste arrêter de rêver...
« Si j'avais dû mourir là dans cette voiture, mon sang maculant le pare brise, est-ce que je lui aurais manqué rien qu'un peu ?»
Et les paupières de Tony se fermèrent
La voiture bleue claire.
Lui au volant.
Les yeux de Jeffrey dans le rétroviseur.
L'arme dans sa main.
La lame contre son cou.
Le bruit du tir...
Ce sang sur lui...
La portière s'ouvre...
Je vois ça !! Je vois ça ! Je vois ça...
Et Tony se réveilla en sursaut. Le jour n'était pas encore levé mais à quoi bon. De plus, il savait que son rapport était encore à faire. Il était parti sans s'en rendre compte. Il devait y retourner et tout faire pour reprendre son masque. Il ne pourrait plus y retourner si non.
Il se rendit dans la salle de bain, se débarrassa de ses vêtements puis entra dans la douche où il se laissa glisser dans le fond. L'eau coula encore et encore sur lui. Aucune larme ne s'ajouta à cette eau. Il ne pleurait plus depuis longtemps. Depuis qu'il savait pour son adoption et qu'ils s'étaient moqués de ses larmes. DiNozzo finit par se relever et après avoir enfilé les premiers vêtements qui lui étaient tombés sous la main, il quitta son appartement.
Au NCIS, Tony regardait sans cesse l'horloge de son ordinateur, il était encore tôt mais ce ne serait pas inhabituel pour Gibbs. Tony redoutait son arrivée. Pas à cause de son rapport qu'il avait laissé en plan mais des sentiments qui lui martelaient le coeur et qu'il ne parvenait pas à juguler. Un quart d'heure plus tard, il était en train d'imprimer son rapport quand la sonnerie de l'ascenseur retentit. C'était Gibbs, il le savait. Il aurait voulu l'éviter, trouver une bonne excuse pour s'en aller.
Pourtant, il espérait encore.
Pourtant, il voulait encore rester auprès de lui. Il avait prit tellement l'habitude de partir mais cette fois pourquoi n'y arrivait-il pas ?
- Tony !
- Je suis parti sans faire mon rapport, je ...
- Ca pouvait attendre.
- Tu veux que je partes ?
- Qu'est-ce que tu racontes, non. Ne sois pas stupide.
- Stupide, oui bien sûr. Je l'ai été suffisamment.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je sais que cette enquête a été particulièrement difficile et ...
- Ca n'a rien à voir avec Jeffrey.
« Je perd le contrôle bien trop facilement, il faut que je me reprenne, » se sermonna Tony.
- Tu n'avais pas le choix. White a su jouer avec vos points communs, dit Gibbs sans se rendre compte ce que cette phrase allait impliquer.
- Pour se jouer de moi, je suis d'accord... Il n'a pas arrêté de me mentir, y compris sur son passé, je l'ai compris en lisant son dossier mais j'ai fait pareil à part pour une seule chose...
Dans les yeux de Tony une blessure transparaissait et elle était immense. Puis tout à coup, il réalisa ce qui venait d'être dit et s'exclama.
- Nos points communs ! Quels points communs ?
- Tony ?
- Adopté .. Il a été adopté. Alors tu savais, conclut Tony en se dirigeant vers l'ascenseur, attrapant au passage son sac et sa veste.
- Tony, je ...
Ce dernier se retourna :
- Depuis quand ?
- Presque un an.
- J'ai besoin d'air.
- Où vas-tu ?
- Toi qui sait tout, tu ne vois pas !!
Et DiNozzo poussa sur le bouton direction le parking.
- Tony, attends, lui demanda Gibbs mais Tony laissa les portes de l'ascenseur se refermer.
Tout allait de travers, Gibbs ne comprenait pas. Il aurait tellement voulu que ça se passe différemment... Il ne pouvait pas le laisser partir. Gibbs se leva sans savoir comment tout cela allait finir et comment s'y prendre. Que pouvait-il encore arriver ?
En bas, un fourgon de transfert attendait pour entrer. DiNozzo allait devoir attendre que la procédure se fasse et il jeta rageusement ses affaires dans la voiture. Gibbs, quant à lui, ne tarda pas.
- Il faut qu'on parle !
- De quoi veux-tu parler ? De mon mensonge ou du tien. Nous sommes des menteurs professionnels toi et moi.
- J'aurais dû te le dire.
- Oui et moi aussi...
Jethro comprit alors que le problème ne se situait pas uniquement là. Et il laissa Tony continuer :
- Mais je ne comprends pas pourquoi tu as voulu savoir. Je ne suis que ton agent... Je ne suis rien.
- Ne dis pas ça.
- Jeffrey a vu en moi et moi rien. Et toi encore moins... Il savait qui j'étais. J'ai pas arrêté de penser à toi entrain de me chercher, de me protéger et je n'avais pas peur. Comme j'aurais voulu que tu me vois. Mais de quoi je me plains tu l'as fait. « Je vois ça ! » Je m'en vais.
Au moment où la barrière d'accès s'ouvrait, un crissement de pneus se fit entendre puis un coup de freinage et le fourgon fit un bond en avant retenu par la barrière en mouvement. Il venait apparemment d'être percuté volontairement par une voiture roulant à grande vitesse.
Pris par l'action, Gibbs et DiNozzo fonctionnèrent comme le duo qu'ils étaient. Ils furent parfaitement synchrone. Leurs armes sorties, ils coururent en se baissant pour éviter tout coups de feu éventuels. La situation était confuse, les agents ne savaient pas à quoi s'attendre. Le calme était revenu mais justement c'était pire. Tony regarda Gibbs qui accrocha son regard à celui de son agent.
« Ma place est bien là, auprès de Gibbs. Aujourd'hui et pour toujours.»
L'oeil de Tony fut alors attiré par quelque chose en arrière plan. Un bras qui propulsait un objet vers le poste de garde : une grenade.
Gibbs serait proche de l'explosion et DiNozzo se mit à courir. Gibbs le regarda sans comprendre.
- Boss, bouge !!!
Tony parvint jusqu'à Gibbs, l'empoigna et l'engloba dans ses bras en se jetant sur lui. L'instant d'après une explosion eu lieue et les deux hommes furent plaqué au sol tandis que des débris de verre étaient projeter dans toutes les directions.
Pendant ce temps la brigade de surveillance et d'autres agents encerclèrent les assaillants : coups de feu échangés, tireurs d'élite sur les lieux et tout fut terminé.
Gibbs, reprenant pied, sentit un poids peser sur lui : Tony. En bougeant son bras, il trouva celui de son agent, il glissa le long du bras de DiNozzo et agrippa sa main. Il aimait ce contact mais cette main restait inerte et cela lui faisait peur. Il parvint à se dégager, en faisant basculer Tony et ce fut là qu'il entendit la voix de DiNozzo : un gémissement de douleur. Il était conscient. Gibbs se retourna donc et vit le dos de Tony, il y avait du sang qui commençait à transpercer sur la chemise déchirée. Des débris l'avaient atteint et blessé. En plus dans la position où il était, ça devait forcément le faire souffrir. Gibbs le déplaça le plus délicatement possible. Le visage de Tony était marqué et couvert de sueur, Jethro posa la tête de Tony sur ses jambes repliées pour le sur-élever un peu et Tony ouvrit alors les yeux :
- Boss !
- Je suis là.
- Tu n'as rien ?
- Je vais bien.
- C'est le principal.
Tony se crispa. Alors Jethro lui prit la main.
- Pourquoi tu ne me vois pas ? Vois moi ! J'ai tellement besoin que tu me vois, murmura Tony.
Gibbs le voulait tellement : le voir et se voir à travers les yeux les plus merveilleux de la terre. Allait-il se laisser envahir ...
- Oh mon dieu, Jethro, entendit Gibbs. Il s'agissait de la voix de Ducky.
Au grand étonnement de l'agent du NCIS, Ducky s'approchait d'eux en courant. Pour améliorer la position du jeune agent, Ducky fit signe à Gibbs et ils soulevèrent Tony, obligeant ainsi les deux hommes à se lâcher. Ducky leur expliqua 'brièvement' que lorsqu'il avait vu les fourgons et les agents sur place, il avait laissé sa voiture sur le bas côté et parcourut le reste à pied. Ensuite, agissant comme le médecin qu'il serait toujours même après des années d'autopsie, il examina en un clin d'oeil le dos de Tony.
- Ca va aller. C'est impressionnant mais c'est superficiel. Les ambulanciers ne vont pas tarder.
- Ducky, non. Soigne moi ici. Pas d'hôpital, s'il te plait.
- Anthony, tu as besoin de ..
- Tu es le meilleur médecin que je connaisse, Ducky.
- D'accord mais si je dis qu'il te faut y aller...
- J'irai. Merci.
- Très bien.
Ducky héla un agent qui couru lui chercher un brancard. Aidé de Gibbs et de Ducky, DiNozzo s'y coucha de côté et il assura également à Ducky que la morgue ferait très bien l'affaire, qu'ils n'avaient pas à s'inquiéter. A présent, il était assis sur une table d'examen. Pendant que Ducky lui enlevait les lambeaux de ce qui restait de sa chemise, Gibbs sortit, il ne pouvait plus rester. Il prétexta vouloir se renseigner sur l'évolution de la situation et sortit. Il devait quitter cette pièce...
« Ca fait bien trop mal de voir Tony souffrir ainsi et ce à cause de moi, c'était insupportable. Encore et toujours ce maudit silence ! Si nous nous parlions enfin et si je l'avais fait avant ?! Tony serait ou parti ou dans mes bras... En tout cas, nous n'aurions pas été au parking et il ne serait pas là blessé... »
En sortant, Gibbs avait senti le regard de Tony sur lui. Il s'était retourné au moment d'entrer dans l'ascenseur et ce regard lui demandait de revenir. Jethro savait qu'il reviendrait pour Tony et pour être avec lui parce qu'il en avait besoin. Ils avaient besoin l'un de l'autre.
« L'un de l'autre.. Depuis quand Tony avait-il besoin de moi comme moi j'ai besoin de lui ? »
'Pourquoi tu ne me vois pas ? Vois moi ! J'ai tellement besoin que tu me vois.'
Tout au long de son périple dans le NCIS, ces paroles ne cessèrent de résonner dans la tête de Jethro et encore tandis qu'il essayait d'ouvrir le vestiaire de DiNozzo. Il ne lui avait pas donné le code mais il avait besoin d'un vêtement de rechange et un bon agent arrive toujours à ses fins... L'esprit de Gibbs se vida d'un coup quand il parvint à l'ouvrir. Le code du cadenas était la date de leur rencontre.. Leur première rencontre !! Parvenant à revenir à la réalité, Gibbs vit que le casier de DiNozzo ne contenait comme vêtement que son blouson du NCIS... Enfin ce serait mieux que rien. Jethro attrapa donc le blouson et le serra contre lui. Puis, il retourna auprès de son homme.. Son homme.
Revenu là-bas, Ducky finissait de désinfecter les plaies. Tony n'avait pas bougé mais ses poings tenaient serrés les bords de la table, très serrés même. Ducky étaient en train de parler d'un de ses voyages d'étude... Gibbs avait déjà entendu cette histoire mais l'avait stoppée avant la fin, et là il en était encore loin.
- Ca ne te change pas de tes patients habituels.
- Anthony est très attentif.
- Je ne voulais pas trop bousculer tes habitudes.
Le médecin légiste remarqua alors :
- Il y a une coupure dans ton cou aussi ! Bizarre. ?
- Non, ça c'est Jeffrey qui me l'a fait en voulant m'égorger.
Instinctivement, il toucha son visage comme si le sang de White y était encore et comme s'il savait qu'une telle situation se reproduirait à nouveau.
- Tu aurais dû faire soigner ça, voyons !
- J'ai trouvé qu'une ce n'était pas suffisant alors voilà.
Et la main de Gibbs s'abattit sur sa tête.
- Aie !!
Aucun n'eut le temps de faire un commentaire que le téléphone de Ducky se mit à sonner. Lorsque le docteur Mallard revint, il leur annonça que sa voiture devait être déplacée. Pressé, il ajouta qu'il était hors de question qu'une dépanneuse ou quoi que ce soit d'autre touche à sa voiture. Avant de partir, il mit dans les mains de Jethro un tube de pommade, lui faisant comprendre qu'il n'avait pas le choix.
Aucun des deux n'osait rien dire. Tony voulait les mains de Gibbs sur lui depuis si longtemps mais là comme ça, c'était tellement bizarre et puis Gibbs ne ressentait rien pour lui, il ne le ferait sûrement pas.
- Tu n'es pas obligé, Boss. Je cicatrice plutôt bien et ...
Et les doigts de Gibbs vinrent se poser sur lui. Passant doucement sur son dos. Tony sentait des vagues de chaleur l'envahir... Et ce n'était que ses doigts ! Rien que ses doigts...
Jethro se sentait perdu, ses mains sur Tony, il en avait rêvé. Pas dans ces conditions bien sûr, seulement c'était si bon. Il savait ce qui se passait en lui, cette envie de Tony qu'il ne pourrait jamais assouvir.
- Ca va ? Je ne te fais pas mal ?
- Ca va. J'ai toujours eu confiance en tes mains, lui répondit Tony, sans réfléchir.
De dos ainsi...
« C'est la même présence autour de moi. Celle que je ressens si souvent, même seul dans mon appartement ... Et dans ces moments, j'aime à penser que c'est parce que Gibbs pense à moi... »
De dos ainsi...
«C'est l'occasion de dire à Tony certaines choses et peut-être après la chose...»
- Pourquoi avoir pris autant de risque pour moi ?
- Même si c'est dans ma nature. C'est avant tout parce que c'est toi...
- Tony... Avec White... j'ai été ... inquiet pour toi, très inquiet même. J'aurais dû te le dire et aussi pour ton adoption, murmura Jethro.
- Merci, Boss.
La main de Jethro devint caresse sur le dos de Tony qui frissonna de plaisir, d'envie, de désir et d'amour.
Gibbs releva la tête en entendant la sonnerie de l'ascenseur. De son côté, Tony ne se rendait plus compte de rien, il était dans un autre monde. Lorsque la main de Gibbs quitta sa peau, Tony demanda immédiatement :
- Pourquoi tu t'arrêtes ?
Le directeur Morrow apparut alors suivi de Ducky. Averti de la situation, Morrow était arrivé en un rien de temps au NCIS. Il était bien sûr au courant de tout ce qui s'était passé. Il annonça alors :
- Je donne à votre équipe ainsi qu'à vous, Agent Gibbs, une semaine de congé. Après cette mission sous couverture et cette intrusion dans notre bâtiment que vous avez aidé à minimiser, c'est la moindre des choses.
Gibbs essaya bien de dire quelque chose mais il était évident que Morrow ne voulait rien entendre. Il n'avait pas le choix. Ensuite, Tom Morrow se tourna vers DiNozzo :
- Vous pouvez y aller, Agent DiNozzo.
- Il faut que j'écrive mon rapport sur ce qui s'est passé au parking.
- Celui de l'Agent Gibbs suffira, vous n'aurez qu'à le co-signer et ce sera suffisant. Ducky a accepté de vous raccompagner donc, allez y et profiter de cette semaine.
Et Morrow quitta la morgue aussi vite qu'il était venu. Ils n'avaient vraiment pas le choix.
Ducky se mit à parler mais aucun des deux hommes n'auraient pu dire ce que le médecin légiste leur racontait, ils étaient bien trop absorbés par ce qui s'était passé, ces sensations de bien être en eux et aussi ce qu'ils avaient ressenti l'un par rapport à l'autre. Tout semblait si parfait. Ils étaient fait pour être là, ensemble.
Lorsque Ducky fit signe à Tony de le suivre, ce dernier finit tout de même par descendre de la table d'autopsie. Il vit alors Gibbs lui tendre son blouson du NCIS. Tony le prit en touchant la main de son Patron. Que ce serait-il passé s'ils n'avaient pas été interrompu ?
Jusqu'à ce que les portes de l'ascenseur se referment, les regards de Tony et Gibbs restèrent accrocher l'un à l'autre.
Pendant cette maudite semaine de congé forcé, Gibbs n'avait fait que tourner en rond. Gibbs devenait incontrôlable, toutes ses émotions et ses sentiments pour DiNozzo lui tournaient sans arrêt dans la tête. Il s'était acharné sur son bateau mais ça ne changeait rien à ce qu'il avait envie de faire, à ce que son esprit lui montrait comme évidence :
« Le sourire de Tony pour lui ce jour-là sur le port de la Rotta après l'explosion... Comme si c'était moi qui lui rendait le sourire. Mes mains sur lui après son saut en parachute et son regard quand je l'ai laissé rentrer seul... Après son retour de Porto Rico, il avait quelque chose à me dire, il avait quelque chose pour moi. Aujourd'hui je pourrais le jurer mais je le savais déjà, seulement j'étais jaloux .. et sans raison... Sur l'Enterprise, il était inquiet de perdre sa place au NCIS ... que je le laisse... Oui, c'est ça que je le laisse. Et je n'oublie pas l'iguane, cet iguane miraculeux.. Et ces moments de discussion, cette erreur qu'il pensait avoir commise dans son passé. Il n'en avait sans doute jamais parler à personne. Et il m'en parle à moi.. à moi.. Je m'en veux aussi d'avoir tant tardé à lui parler de son adoption. Je voudrais l'aider pour ça. Je le voudrais vraiment mais j'ai si peur... une relation avec un homme. Pourtant ce n'est rien comparé à la peur que j'ai vécu pendant l'affaire Atlas et avec White... sans parler des autres enquêtes.. Je suis si bien avec lui... Je pourrais être à nouveau heureux et sûrement heureux comme jamais auparavant.»
Leroy Jethro Gibbs quitta le sol de la cave où il s'était assis et sortit de la maison. C'était maintenant ou jamais.
Pour Anthony Dinozzo, cette semaine de congé fut bizarre ou plutôt, il se sentait bizarre au fond de lui... Une intuition... Quelque chose était en train d'arriver mais il ignorait quoi. D'abord il y eut les appels de Abby, Kate, Ducky et même du Bleu afin de prendre de ses nouvelles. Ils lui firent bien sûr très plaisir. Ensuite, il prit le temps de se reposer. Il faisait toujours des cauchemars mais il se sentait tout de même plus ou moins reposé. Ce qui l'avait aidé c'était les derniers mots que lui avait dit Gibbs : « J'ai été inquiet pour toi, très inquiet même. J'aurais dû te le dire et aussi pour ton adoption ... »
«Voilà, demain, le boulot reprend. J'ai hâte de le revoir mais aussi je ne supporte plus l'immobilité dans laquelle je suis. J'ai besoin que les choses changent. »
Et Anthony DiNozzo se releva du sol de son salon où il s'était assis et s'apprêtait à ouvrir la porte de son appartement. C'était maintenant ou jamais...
Une fois la porte ouverte, DiNozzo s'arrêta net : Gibbs était là devant lui. On aurait dit qu'il s'apprêtait à faire demi-tour...
- Je ne peux pas..., dit simplement Gibbs.
- Tu ne peux pas quoi ?
- M'en aller sans savoir.
Et Gibbs agrippa la blouse de Tony, l'attira à lui et il l'embrassa. Ils partagèrent enfin leurs lèvres, leur souffle et bientôt leur langue. La tête de Tony lui tournait, il ne savait plus rien, il avait juste besoin de Gibbs, il s'accrocha à lui et leur baiser augmenta encore en intensité.
- Je te vois, Anthony DiNozzo. Je te vois.
Pour une fois, aucun mot ne franchit les lèvres de Tony. Si c'était un rêve, il ne voulait pas l'interrompre ... Tout ce qu'il voulait c'était Leroy Jethro Gibbs. Il agrippa Gibbs et l'entraina à l'intérieur. Une fois la porte dépassée, Gibbs la referma du pied puis continua à avancer mais ce qu'il voulait surtout c'était encore embrasser Tony et il le fit. Ils étaient tellement assoiffés l'un de l'autre qu'ils ne savaient plus vraiment où ils allaient. Tony se retrouva plaqué contre le mur avec les mains de Gibbs qui cherchaient sa peau. En touchant la surface dure, il ne put réprimer une plainte.
- Que se passe-t-il ?
- Mes...
- Cicatrices.
- Oui, mais ce n'est rien.
Tony regarda Gibbs sans détour, ces yeux verts pétillaient de désir. Ce qu'ils avaient été et ce qu'ils étaient censés être n'avait plus d'importance. Ils n'étaient même plus deux hommes mais juste deux personnes qui ne voulaient qu'aimer et être aimé. Ils avaient passé toutes ces années l'un à côté de l'autre, maintenant le temps était venu qu'ils soient l'un à l'autre. Et Tony tendit sa main à Gibbs.
- Viens.
Ce dernier la prit et se laissa entrainer vers la chambre. Cette chambre qui avait souvent peuplé ses rêves.. Tony et lui dans la même chambre et bientôt dans le même lit...
La chambre de Tony était assez simple, cassant l'image de dragueur : un grand lit bien sûr mais clairement recherché pour son côté confortable. Il était recouvert d'une couette et de nombreux coussins et deux tables de chevet en marquaient chaque côté. Pas une seule photo aussi.. Gibbs comprenait maintenant pourquoi. Lui n'en m'était pas car elles le faisaient souffrir à cause de ce qu'il avait perdu. Tony avait une autre souffrance, Gibbs imaginait à peine le vide des silences et des absences qu'il avait dû vivre. Bien avant de savoir pour son adoption, il l'avait déjà perçu. Anthony n'avait jamais eu de famille...Jusqu'au NCIS.. Jusqu'à lui...
Arrivé au milieu de la pièce, Tony se retourna vers son patron. Un peu hésitant encore devant ses actes, il s'avança lentement vers lui, une fois collés l'un à l'autre, ils s'embrassèrent : un baiser léger.. effleurer puis très vite, les deux agents du NCIS furent incontrôlés et incontrôlables. Les mains de Gibbs se faufilèrent sous le t-shirt de Tony qui leva les bras et Gibbs lui enleva donc le vêtement.
- Je me souviens d'un certain iguane.
- Il faut que je rattrape mon retard, annonça Tony.
Il fit alors glisser la veste et enleva la blouse de Gibbs. Ensuite, ses mains se posèrent sur le buste de Jethro et ils sentirent chacun une chaleur apaisante se propager en eux. Bien sûr, leurs mains ne pouvaient rester immobiles bien longtemps et Tony découvrit donc la peau de Jethro et sa fin toison poivre et sel.
Tony se demandait si la naissance du cou de Gibbs lui procurait autant de plaisir qu'à lui. Il aimait l'idée d'apprendre toutes ces petites choses, de se laisser découvrir lui-même et d'en découvrir de nouvelles grâce aux mains expertes de son patron. Et les lèvres de Tony se posèrent sur Gibbs. Et Tony découvrit que c'était un coin de chair juste en-dessous de l'oreille, presque sur le coin de la mâchoire qui faisait gémir le Boss.
Revenant au visage de Gibbs, ce dernier lui dit :
- J'ai envie de te voir.
Alors ils se déshabillèrent ensemble, chacun observant les gestes de l'autre. Tony allât jusqu'au lit et se mit à genoux sur le matelas, il attendait Gibbs. Jethro le rejoignit et ils s'embrassèrent à nouveau. Après avoir passé sa main dans le dos de DiNozzo, Gibbs se mit derrière lui et passa doucement ses doigts sur les cicatrices pour finalement y poser les lèvres. Et enfin, il engloba Tony de ses bras et descendit avec ses mains jusqu'au sexe d'Anthony.
- Je continue ?
- Cela fait tellement longtemps que j'attends que tu me touches..
Et Gibbs prit le sexe de Tony, c'était un corps similaire au sien mais en même temps, il était à découvrir. Il voulait que Tony prenne du plaisir, il voulait voir réagir Tony à ses mains sur lui. Pourquoi toutes ces tapes sur la tête si non !
- Oh mon dieu, Gibbs... Boss..., répétait sans cesse Tony.
Lorsque que Tony tourna son visage de côté, Gibbs put capturer ses lèvres et ils s'embrassèrent ainsi, leur langue caressant celle de l'autre. Quant à lui, Anthony se mit à bouger son bassin et il pouvait sentir le sexe gonflé de Gibbs contre lui. N'en pouvant plus aucun des deux, ils se retournèrent et basculèrent sur le lit. Tony laissa sa main glisser le long du corps de Gibbs et alors qu'il arrivait à la virilité de ce dernier, Jethro releva son visage vers Tony. Une fois leur regard accroché l'un à l'autre, il y eut un léger acquiescement de chacun et Tony caressa enfin le sexe de Jethro. Tout était nouveau mais cela semblait être une évidence. C'était ce qu'il voulait, ce qui lui manquait...
Ils continuèrent à se caresser, à se découvrir, explorant le corps de cet homme qui était l'essentiel de leur vie depuis si longtemps et qu'il le devenait encore plus à chaque seconde. Et ils jouirent ensemble. Tony essuya leurs spermes et avant de s'endormir il embrassa encore son amant...
5h20.
Tony frissonne. Il ouvre les yeux. Le jour n'est pas encore levé. Il est seul. Il se lève, cherche Gibbs mais il n'est plus là, il va à la fenêtre et voit la voiture de Gibbs démarrer. Il est parti. Seul ...abandonné comme toujours et pour toujours... Pendant ce court instant du temps tout a été si différent et si parfait. Une larme coule sur le visage
d'Anthony DiNozzo mais il a tellement froid sans Gibbs qu'il ne la sent même pas.
A suivre...
Alors que pensez-vous de ceci ?
Avant mon break ce chapitre était déjà presque terminé... Pour la suite, il me faudra un peu de temps et bien sûr avec des encouragements, ça ne pourra aller que plus vite.
