Une peu de douceur... Une confidence... Deux Mains enlacées... Une simple étreinte...

L'épisode Bulldog m'a marqué pour la scène finale à l'hopital, les regards de Kate, Gibbs et Tony étaient profonds et poignants, je commencerais donc là...

Chapitre 16. Famille

Gibbs avait renvoyé Kate et Tony chez eux. Il tenait à finir cette enquête lui-même, il ne voulait pas en imposer d'avantage à ses agents. Leur regard à l'hôpital lui avait fait prendre cette décision. Lui-même avait beaucoup de mal à admettre ce qui ressortait de cette enquête. Jade avait eu la meilleure famille possible : aimante et présente. Kate, Tony et lui avaient regardé ce père dans ses derniers moments et justement ces derniers moments, il les avait passé à aimer Jade. Aucun n'avait voulu détruire ces derniers instants, cet homme ne méritait pas ça.

De retour au bureau, une fois Jade en salle d'interrogatoire, Gibbs leur avait dit de faire leur rapport au plus vite et de quitter les lieux sans attendre. Chacun avait protesté mais sans vraie conviction, l'ex-Marine l'avait bien ressenti. Il imaginait facilement Abby, Kate et Tim dans leur appartement respectif entrain de composer le numéro de téléphone de leur famille pour « juste » avoir des nouvelles ainsi que le regard attendri de Ducky en découvrant sa mère endormie dans son fauteuil avec les gorkis à ses pieds. Seul Tony ne ferait rien… Et le cœur de Jethro s'était serré. Quand Gibbs les avait regardés s'en aller ensemble, Tony se retourna juste avant de monter dans l'ascenseur et articula simplement : 'Maison' Et instantanément, la journée fut réchauffée par un rayon de soleil car Jethro savait que Tony prendrait sa clé, rentrerait, se débarrasserait de ses vêtements, prendrait une douche, passerait un boxer ou pas !! et il se coucherait dans leur lit… C'était simplement ça qui le rendait heureux… si peu et beaucoup pourtant… Et il admettait que depuis eux, il aimait rentrer.

A son tour Gibbs put rentrer. Il trouva alors la clé de Tony sur la table de l'entrée et déposa la sienne juste à côté. Il n'avait qu'une seule envie se coucher auprès d'Anthony, le serrer fort contre lui, sentir son odeur sucrée de soleil, toucher sa peau si douce, prendre sa main pour finalement calquer sa respiration sur celle de son compagnon et s'endormir… Et ce fut ce qu'il fit ; heureux.

Maison de Gibbs. 3h12.

Maintenant enlacés, Gibbs sentit le corps de Tony s'agiter avant de l'entendre :

- Ne partez… Qui je suis… Aides-moi…

Jethro avait déjà entendu ces mots.. à Guantanamo et il appela Tony pour le réveiller tout en le secouant légèrement.. Subitement Tony ouvrit les yeux.

- Jay ! dit Tony, encore étourdi par ce cauchemar.

- Tony, ça va ?

- Oui, répondit Tony précipitamment. Je t'ai réveillé, pardon.

- Ce n'est rien, tu veux en parler ?

- Ce n'est qu'un rêve, voyons, assura Tony à son amant qui bien sûr compris que c'était bien plus que ça.

- Anthony ...

Mais Tony se détourna de Jethro et fixa le mur.

- Il faut qu'on dorme.

- Anthony ? dit Jay, en enlaçant tendrement son amant. Parle-moi.

- Serre-moi fort, tu veux.. lui demanda Tony.

Gibbs passa donc ses bras et lia ses mains pour enlacer Tony de douceur et de force en même temps, puis il murmura à son compagnon :

- Ne te cache pas de moi.

- Jay ...

- C'est ta famille ?

- Je n'en ai pas, dit Tony en secouant la tête.

- Tony, j'ai vu ton regard à l'hopital.

- Elle avait tout pour être heureuse. Sa soeur et son père l'aimaient si fort, tout pour elle.. elle a fait assassiner sa soeur !!!

- Je sais, seulement ce n'était pas ça que tu voyais dans ton cauchemar, n'est-ce pas ?

Toujours de dos, DiNozzo fit oui de la tête et dit :

- Il n'a pas toujours été un cauchemar, avant j'aimais faire ce rêve. Je le faisais déjà avant de savoir pour mon adoption. Je suis dans une maison immense, je ne m'y sens pas chez moi et là on sonne à la porte et j'ai beau être à l'opposé, j'arrive immédiatement et j'ouvre : il y a un couple qui m'attend, ils me sourient, me tendent la main et je pars avec eux et je suis heureux.

- Il a changé après qu'ils t'aient dit pour l'adoption ?

- Non, ça lui donnait un sens au contraire. Ils me l'ont annoncé un soir à table, entre l'entrée et le plat principal. Mes résultats scolaires baissaient... pourtant je faisais des efforts mais entre l'escrime, l'équitation, le piano, le cathéchisme et les cours d'itatlien, je n'en pouvais plus. Et là, ils m'ont dit qu'ils m'avaient adopté pour obtenir le meilleur. Ils avaient payé assez cher pour que j'en vaille la peine. Et bien sûr, tous le monde devait continuer à ignorer car sinon ils n'auraient plus besoin de moi.

- Quel age avais-tu ?

- 15 ans. J'ai réalisé ce qu'ils ont dit et ai compris pourquoi ils ne m'aimaient pas, que ça ne venait pas de moi.

Instinctivement, Jay resserra encore son étreinte et Anthony reconnaissant posa ses mains sur celles de son amant puis il continua :

- Un an plus tard, Grand-Père Luciano a quitté l'Italie et est revenu en Amériques. Je l'ignorais à l'époque mais il était malade. Il revenait pour obtenir de meilleurs soins auprès de grands pontes. Emiliano et Martha l'ont appris très vite et c'est là que j'entre en scène.

- L'héritage.

- L'héritage, répéta Tony, en se retrournant vers son amant. Jusque là, ils refusaient que j'ai des contacts avec lui. J'ignore pourquoi père et fils ne s'entendaient pas, j'ignore quelle était la part de responsabilité de l'un et l'autre, le fait est que j'étais leur chance pour l'héritage. Jusque là, Emiliano et Martha parlaient de lui comme d'un tyran.. J'y suis allé en trainant les pieds.. son surnom était Lucky, comme le truand des années 30, Charlie Luciano alors je me disais qu'il devait bien y avoir une raison pour ça... Pris par l'émotion, Tony avait difficile d'évoquer ce bonheur et sa perte... en fait ce fut la plus belle chose que mes "parents" aient fait pour moi. Lucky a été ma famille même si ça n'a pas duré. Grand-père a repris les leçons de piano quand il a compris la méthode de cours de la prof qui consistait à frapper mes doigts à chaque fausses notes et il a aussi repris les leçons d'italien...

- Forcément. Un professeur fantastique. D'ailleurs, j'aimerais t'entendre parler italien plus souvent... Ca te rend encore plus sexy.. ., dit Jethro en souriant légèrement.

- Ah oui ? dit Tony en esquissant un sourire. Je le ferais... Tu sais, j'étais bien avec lui : 2 ans merveilleux même quand il a été très malade. Je suis resté auprès de lui et je l'ai vu mourir comme aujourd'hui pour ce père...

- Je suis navré, dit Gibbs ému.

Emu par ce qu'il était entrain d'apprendre. Jay s'apercevait aussi de la force qu'avait son Anthony pour dissimuler ces sentiments et il fut doublement touché qu'il partage avec lui cette période de sa vie, cette période qui le rendait fragile et vulnérable. Alors ils entrelacèrent leurs doigts naturellement et Tony parvint à continuer son récit :

- Une fois décédé, ils m'ont félicité car le testament ne pouvait qu'être à mon avantage.

- Et alors l'argent était à toi.

- Alinéas 23 de la loi 14 de 1939 sur l'héritage.

- Pardon ?

- S'il est prouvé qu'il y a fraude sur le lien de parenté, le testament est annulé et remis aux plus proche parents.

- Je vois.

- Ils m'avaient déjà annoncé qu'ils n'avaient plus besoin de moi. Le jour de la lecture, mon grand-père avait laissé une lettre.

Tony se redressa.

- Lucky disait qu'il savait que je n'étais pas son petit fils biologique, que je l'étais par le coeur. Il savait qu'un garçon aussi bien que moi ne pouvait être l'enfant de son fils.. et que ça ne changeait rien au testament. Tout est à moi.

- Tony ? questionna Gibbs, en se redressant à son tour.

- Je sais mais je n'ai rien conservé, tu sais... J'ai une rente dont je ne me sers jamais. Le reste est administré par la famille du meilleur ami de Lucky, ce sont des associations caritatives pour la plupart... Je ne voulais pas te mentir.Je voulais juste être ...

- Je comprends. C'est normal, le rassura Gibbs, en posant une main dans le dos de Tony.

- Non, ce n'est .. C'est .. Je ...

- Anthony, ça va. Chacun de nous a ses secrets et tu me l'aurais dit un jour ou l'autre.

Ce dernier se retourna et Gibbs vit des larmes inonder le vert des yeux de Tony. Jay frisonna.. il ne voulait pas que cette tristesse continue pour Tony. Il le voulait heureux, il ne supportait pas de le voir souffrir. Jay passa délicatement ses doigts sous les yeux de Tony.

- Et c'est là que les rêve a changé, devina alors Gibbs.

- Personne pour moi.. on sonne, je courre encore et encore et j'arrive enfin, j'ouvre. Ils sont bien là.. ils perdent leur sourire et s'en vont. Je les appelle mais ils ne se retournent même pas et moi je reste là.. je .. C'est idiot, je sais.. je ne parviens pas à le stopper.. je ...

Instinctivement, Jay le prit dans ses bras et Anthony s'y accrocha.

- Le pire ce n'est pas de ne pas savoir qui on est mais pourquoi je ne sais pas. Pourquoi je ne pouvais pas être leur fils... Je suis ridicule, je sais.

- Ecoute-moi, dit Gibbs en lui relevant le visage. Si tu veux savoir, je pourrais...

- Quoi ?

- L'ami, qui a trouvé pour ton adoption, pourrais trouver ton dossier. Il me doit un énorme service.

- Je ne .. non.. Pourquoi ? Tu crois ?

- Quelle que soit ta décision je la suivrais.

Anthony regarda l'homme qui avait changé sa vie, l'homme qui avait rendu sa vie meilleure même avant qu'ils ne soient amants et dit à Jay :

- Ma Famille c'est vous, même si je ne parviens pas à le dire.. Rien ne pourrait changer ce que je ressents pour vous tous... je ne veux pas que tu crois que je n'en veux pas...

- Je ne penserai jamais ça.

Tony savait que Gibbs serait à ses côtés, qu'il était sincère et donc :

- Ok ... Alors oui, je veux savoir. J'ai besoin de savoir.

Jay lui sourit, l'embrassa tendrement puis entraina Anthony avec lui sur le matelas. Tony se blottit contre son amant, son ami, sa famille et ils s'endormirent...

A suivre...

Cet épisode vu le sujet m'a amené naturelement à aboder l'adoption de Tony. J'espère que vous avez aimé... Dites moi tout.

Ps: la loi a été inventée, je n'y connais rien du tout mais ça doit bien exister. J'aimais beaucoup le film "Les Indomptés" fait sur la vie de Lucky Luciano (avec Christian Slater) et donc quand il a été question de trouvé un prénom pour le grand-père j'ai pensé au film.