Chapitre 18. Destin
Nous voici arrivés à l'épisode 2.21
Cette réunion au MTAC s'était éternisée encore et encore. Ecouter ces politicards s'auto congratuler pour des succès uniquement dus au travail acharné des agents de terrain et des scientifiques labo était insupportable. Gibbs se taisait par respect pour Tom Morrow. D'ailleurs en écoutant les paroles de ce dernier, l'ex-Marine avait l'impression d'entendre le discours d'un homme sur le départ, bizarre ? En tout cas au top départ, Gibbs n'avait pas demandé son reste, pourtant Tony ne serait pas à la maison. Ignorant pour combien de temps il en avait et DiNozzo devant s'occuper des formalités pour sa voiture détruite, il valait mieux qu'ils dorment chacun chez eux. Ce n'était qu'une nuit... une seule nuit...
"Oh comme il va me manquer !"
Etre avec lui tout simplement, le serrer, le voir sourire était devenu son essentiel. Anthony vivait en lui à chaque battement de cœur. Et puis il y avait cette pensée qui revenait de plus en plus souvent à Jay et forcément elle parvint à nouveau jusqu'à lui :
« Lui dire que je l'aime, je le veux vraiment. Combien de fois ai-je déjà failli le faire à ma propre surprise ? Sait-il combien je l'aime ? Nous, c'est tellement étrange et évident à la fois. Tony a raison en disant que c'est parce que c'est nous et personne d'autre. Qu'est ce qui me retient ? Je sais que Tony est sincère, qu'il sera toujours à mes côtés… et je sais que je serai toujours là aussi… Je veux qu'il soit heureux .. mais j'ai peur pourtant. J'ai peur de le perdre comme j'ai perdu Kelly et Shannon. J'ai déjà tant perdu, le perdre me serait insupportable… et pourtant loin de moi, il ne risquerait rien …"
Machinalement, Gibbs sortit de sa voiture et se dirigea vers la maison les premières marches du perron et …
- Tony !
DiNozzo était assis sur la plus haute marche, la tête baissée à regarder ses mains qu'il triture sans ménagement.
- Tony, répéta Gibbs puis devant l'absence de réaction, il recommença : Anthony ?
Et ce dernier releva enfin la tête.
- Gibbs ? Qu'est-ce que .. ? Je suis chez toi ? dit-il en tournant la tête de gauche à droite.
- Pourquoi n'es-tu pas entré ?
- Oui, c'est vrai ! J'aurais dû.. Je vais rentrer chez moi, si tu veux annonça-il en se levant.
Gibbs le regardait sans comprendre ce qui pouvait le mettre dans cet état.
- Bon, ma voiture où … Je suis bête, elle est à la casse. Il me faut un taxi, je suis venu à pied.
- Qu'est-ce que tu as ?
- C'est ma voiture, tu sais que j'y...
- Ce n'est pas ça, Tony. Tu ne me feras pas croire ça.
Tony regarda enfin Jethro. Il ne voulait pas partir, il n'en avait ni la force, ni l'envie. Seulement, il n'était pas prêt à lui parler.
- On peut entrer, s'il te plaît.
- Bien sûr, voyons. Tu dois être frigorifié en plus.
Et les deux hommes passèrent à l'intérieur. Au pied de l'escaliers, Tony tourna la tête et demanda simplement :
- Tu me laisses du temps, d'accord ?
Tony se sentait perdu… il avait fait le chemin jusque là à pied car il avait besoin de Jay mais maintenant, il ne savait plus … Ce n'était pas une bonne idée, il aurait l'air de quoi ? Pourquoi imposer ça à Jay, il devait gérer ça lui-même en plus pourquoi est-ce que ça le mettait dans un état pareil ? Il était absolument ridicule.
Gibbs effleura la joue de son compagnon puis le laissa faire et il regarda Tony prendre la direction de la salle de bain. Au rez de chaussée, Gibbs tournait en rond, il ne comprenait pas ce qui arrivait à Tony. Il était comme éteint et résigné. Le bruit de la douche prit fin et sans trop savoir s'il faisait bien, Jay monta tout de même le rejoindre.
Il frappa à la porte de la salle de bain et entra, Tony avait passé un peignoir et était maintenant devant le miroir qu'il avait débarrassé de sa buée et il se regardait mais on aurait dit que Tony ne se reconnaissait pas. Jethro s'approcha et posa une main dans le dos de son compagnon, un geste d'apaisement et une présence toute simple. Tony revint à lui et regarda Gibbs par la glace interposée.
- On pourrait aller à la cave et tu me montrerais comment poncer le bateau, à deux nous pourrions le finir…
Gibbs ne voulait pas brusquer Anthony, il lui laisserait le temps : être là était ce dont il avait besoin et Gibbs le lui offrirait.
- Comme tu veux.
- Allons y.
Et ils descendirent tout de suite à la cave.
En bas, Jethro guida les gestes de Tony sur les planches du bateau sans qu'ils échangent un seul mot. Tony s'accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage. Il avait besoin de ce contact. Même s'il avait compris les gestes, Jethro le gardait dans ses bras, il avait bien compris que c'était là l'essentiel.
Et Tony finit par dire en continuant à poncer :
- Ton ami m'a envoyé mon dossier d'adoption. Je l'ai trouvé au courrier en rentrant à l'appartement. Et je l'ai ouverte…
- Et ?
- Il y avait un mot, il disait ne pas l'avoir lu. Que c'était à moi…
- Tony ?
- Ils sont morts.
Gibbs arrêta son mouvement retenant celui de Tony.
- Je suis désolé.
- Je sais… C'est logique après tout, je m'y attendais.
Gibbs lâcha la main de son amant pour poser la sienne sur le bras de Tony l'incitant à se retourner. Le rabot échappa alors à Tony qui ricocha sur une planche plus bas.
- Oh, non ! Je n'ai rien abimé, dis ? Je ne …
- Tony, ce n'est rien.
- Je ne …
Gibbs obligea Tony à se retourner. Il ne résista pas, il n'en avait plus la force. Face à face, oui mais DiNozzo gardait le regard baissé.
- Regarde-moi.
Et ce fut un regard embué de larmes qui vint à Jay.
- Je suis stupide.. j'ai cru.. j'ai espéré que peut-être… avec tous ces films… pas même de jumeau caché, tu te rends compte ! essaya d'ironiser Tony.
- Je comprends.
Et Anthony se blottit dans les bras de Jay où il dit :
- Elle aurait ouvert la porte avec un sourire… comme le mien. Elle aurait compris sans un mot de ma part car je ressemblerais à mon père…
- Viens, on va s'assoire.
Et ils s'installèrent sur le matelas. Ils étaient si proche l'un de l'autre que Tony ne devait pas parler fort, heureusement car l'émotion le submergeait à un point qu'il n'aurait pas su faire autrement.
- J'ai été mis à l'adoption parce qu'ils sont morts : Antonio et Viola Orsino. Ils venaient d'Europe, ils exploitaient une petite orangerai dans la vallée de San Francisco… J'étais avec eux dans l'accident, bébé bien sûr. J'avais les bonnes origines pour les DiNozzo.
- Je suis désolé, je n'aurais pas dû te proposer…
- Non, ne croit pas ça. Je suis content de savoir.
- Oui ?
- Oui… Ils ne m'ont pas abandonné.
- Ils t'aimaient, dit Jay en prenant les mains de Tony.
- Tu crois ?
- C'est évident.
- Merci.
Gibbs fut soulagé. Tony reprenait vie. Il n'avait pas été abandonné, il lui faudrait du temps pour encaisser cette perspective, il avait été désiré, il avait été aimé, il avait été privé de cet amour mais plus aujourd'hui.
- C'est mieux de savoir … mais je te dis encore, vous êtes ma famille : Abby, Ducky, Kate et même Tim et puis toi.
- Moi ? ria Gibbs. Et qui suis-je dans cette famille ?
- L'homme de ma vie, dit Tony en s'approchant de Jay.
Et les deux amants s'embrassèrent tendrement. Gibbs serra Tony dans ses bras. Après un moment, Tony se recula et vint poser son front contre celui de Jethro.
- Merci d'avoir été là.
- Je serai toujours là pour toi, Anthony.
- Oh, s'exclama Tony enthousiaste, tu sais, 'Anthony' est mon prénom d'origine.
- Voilà pourquoi il me plait tant.
- Je n'aimais pas ce prénom avant toi. Aujourd'hui je sais qui l'a choisi pour moi mais c'est toi qui me l'as rendu.
Jay embrassa son compagnon puis murmura ensuite son magnifique prénom. Leur baiser s'intensifia, les mains de Tony se posèrent sur les pectoraux de Gibbs. Tony eut l'impression de ressentir les battements du coeur de Jay. Ensuite, Gibbs amena les siennes à la ceinture du peignoir et entreprit de défaire le noeud. Dénudant le torse de son compagnon, il vint titiller de ses doigts les têtons de son Italien. Puis la bouche de Gibbs quitta celle de Tony qui exhulta immédiatement quand elle se posa sur les pointes de chair. En un instant Jethro se débarassa de sa blouse et de son pantalon. Tony, quant à lui, se laissa glisser sur le matelas tandis que Gibbs se mettait à califourchon sur lui.
Jay s'immobilisa et regarda Tony. Dans les yeux de son amant, Jay voyait toute la vie qui l'habitait. Celle qu'il avait dû se battre pour conserver. Jethro lui dit :
- Je remercie la vie de t'avoir mené à moi. J'aurais voulu que tu connaisses le bonheur avec tes parents biologiques ... crois moi.
- Je sais, dit Tony en se relevant sur les coudes.
- Nous ne nous serions probablement jamais rencontrés. Je ne veux pas d'une vie sans toi, Mon Amour.
Anthony, ému, vint embrasser Jay tendrement.
- Nos destins sont liés. Je suis sûr que nous nous serions trouvés autrement.
- Ah oui ?
- Mmm, acquiesca Tony, en embrassant Jay.
- Je veux savoir, lui sourit Gibbs.
- Voyons.. Tu serais tombé en panne avec ta voiture sur la route de San Francisco.
- Pourquoi serais-je venu ?
- Une enquête ...
- Je ne crois pas, si tu n'étais pas entré dans ma vie à Baltimore, je ne serais plus au NCIS.
- C'est vrai ? fut étonné Tony. C'est ..
- L'effet DiNozzo.
- Il faut que tu m'expliques.
- Plus tard. Vas-y continues.
- Alors, tu serais là en vacance, pourquoi pas ? fit Tony en l'embrassant.
- Ok, d'ailleurs, j'ai toujours voulu revoir San Francisco, accepta Gibbs en l'embrassant à son tour.
- C'est vrai ? s'étonna à nouveau Tony. Alors nous irons ensemble.
- Ensuite, demanda Gibbs, joueur.
- En attendant la réparation qui pourrait durer vu la pièce manquante, je te proposerais l'hospitalité.
- Et tu crois que j'accepterais ?
- Tu serais déjà sous mon charme, dit Tony en embrassant Jethro dans le cou.
- Ah oui !
- Tout à fait..., l'effet Orsino ... oh et bien sûr mes parents seraient absents.
- Bien sûr, répondit Jay en l'embrassant à son tour dans le cou.
- Je te ferais visiter la propriété prospère des Orsino...
- Et nous ferions l'amour pour la première fois sous un oranger...
Et les deux amants s'embrassèrent profondément. Ces images de bonheur présentes à leur esprit et profondément persuadés que le destin les auraient réunis d'une manière ou d'une autre...
A suivre ...
J'ai aimé imaginer la rencontre de mon couple préféré si leur vie avait été totalement diffèrente. Et vous comment verriez-vous cela pour votre couple slash préféré ? Congitez bien. J'espère que vous avez aimé, à bientôt
