Chapitre 5 : L'enfant en moi croit aux miracles
Bon, j'arrive enfin à poster le nouveau chapitre. Ca a été long je sais (encore plus que d'habitude, ce que je ne pensais pas être possible), mais les éléments étaient contre moi. Je suis privée d'ordi alors je fais comme je peux, en plus mon modem avait rendu l'âme donc… Je n'ai pas le temps de faire les RépAR et j'en suis vraiment vraiment vraiment désolée ! Je me rattraperai la prochaine fois… Pour ce chapitre, je le trouve très fleur bleue, ce qui est bizarre venant de moi. J'ai même du mal à croire que c'est moi qui l'ai écrit lol !… Enfin, vous jugerez par vous-même… Bonne lecture !
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La neige tombait doucement au dehors. La jeune femme regardait par la fenêtre. C'était la veille de Noël. Cinq jours. Cela faisait déjà cinq jours qu'elle et Ron, qui étaient exceptionnellement revenus de Poudlard pour passer les fêtes en amoureux, avaient découvert sur le pas de la porte un Draco inconscient et tremblant. Ron l'avait alors transporté jusqu'à la chambre d'amis. Le blond était resté deux jours durant plongé dans un sommeil profond, appelant sans cesse Harry… Elle avait donc tenté d'entrer en contact avec lui, sans succès. Draco, à son réveil, lui avait raconté toute l'histoire.
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Flash-back
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- Tu sais Hermione, quand je suis allé voir Mme Pompresh il y a deux semaines. Tu te rappelles ?
- Oui Draco, je me rappelle. D'ailleurs, je t'avais demandé de me prévenir dès que tu aurais les résultats du test.
- A dire vrai, je les ai eus immédiatement.
- Quoi ? Pourquoi n'es-tu pas venu me voir tout de suite alors ?
Draco baissa la tête.
- Tu comprends, je voulais tout d'abord l'annoncer à Harry…
Elle ouvrit de grands yeux.
- Alors ça veut dire que tu… Tu vas vraiment…
- Oui, je vais vraiment avoir un enfant.
Elle lui sauta au cou.
- Draco, mais c'est génial ! Qu'est-ce que je suis contente ! Je suis sûre que Harry était ravi lui aussi quand tu le lui a dit !
Le jeune homme éclata en sanglots.
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fin du flash-back
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Hermione avait été horrifiée par la réaction de Harry. Même si, dans un certain sens, elle la comprenait. Elle savait que la hantise de son ami était d'être un jour un mauvais père ou d'être absent pour un éventuel enfant, comme ses parents avaient été absents pour lui. Mais elle avait espéré qu'il en ait parlé avec Draco et que toutes ses peurs aient disparu au fil de leur relation. Elle venait de comprendre qu'il n'en était rien, que Harry avait sans doute trouvé un prétexte idiot pour masquer sa crainte et éviter une adoption et qu'il était, avant d'en avoir la preuve formelle, à mille lieues de se douter qu'un homme, chez les sorciers, était capable de concevoir. Elle pouvait imaginer la panique du brun quand Draco lui avait fait part de sa condition, mais elle admettait volontiers que son comportement était complètement emporté et excessif. Elle avait d'ailleurs pensé, au début, que Harry réapparaîtrait soudain sur le palier en suppliant Draco de le pardonner, en lui hurlant son amour jusqu'à ce que le blond, exaspéré par la conduite de son compagnon, descende lui dire ce qu'il avait sur le cœur, que Harry se jette dans ses bras en l'embrassant jusqu'à l'en étouffer, que Draco en oublie la raison pour laquelle il était en colère et que tout finisse bien, dans le lit de la chambre d'amis. Malheureusement, rien dans ce beau conte de fée ne s'était produit et Harry demeurait introuvable.
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Comme chaque matin depuis trois jours, Draco était allongé dans son lit, les yeux dans le vague. Il réfléchissait. Il s'en voulait, tout était de sa faute. Il était un poids pour Harry, un poids pour Ron et Hermione, un poids pour tout le monde, depuis toujours. Il avait bien tenté de construire un relation acceptable avec son mari, mais comme d'habitude, il avait tout fait foirer avec ce stupide môme sortit d'on ne sait où. Draco voulait par-dessus tout que Harry revienne, mais Harry n'était pas idiot, il ne reviendrait pas pour souffrir encore, Draco en était persuadé. Pourtant il avait besoin que son Harry revienne, et il était prêt à tout faire pour cela… Même à tuer son bébé. Il avait pris sa décision, il ne savait plus trop quand, sûrement pendant la nuit, à une heure, peut-être deux, quelle importance ?
Si je le fais, il va revenir. Il va revenir, n'est-ce pas ?
Mais il voulait attendre, attendre au moins encore un jour, en ce jour merveilleux qu'était et sera toujours Noël.
Malgré tout, l'enfant en moi croit encore aux miracles…« « « « « « « « « « « « « «
Hermione regardait Ron qui finissait de décorer le sapin. A la dernière minute, comme d'habitude. Elle venait de monter son déjeuner à Draco. En réalité, elle ne le faisait que pour la forme, elle savait qu'en remontant le soir pour récupérer le plateau, elle le trouverait dans le même état que celui où elle l'avait laissé. Le visage du jeune homme se faisait de plus en plus émacié et prenait une teinte cadavérique. Son meilleur ami (elle refusait de considérer Harry comme tel désormais) se laissait dépérir devant ses yeux, mettant ainsi son enfant en danger, et elle ne pouvait rien faire, juste patienter et escompter une réconciliation peu probable…
- Tu veux bien m'apporter une chaise s'il te plaît, ma chérie, il faudrait que j'accroche l'étoile.
- Attends Ron, j'aimerais bien le faire si ça ne te dérange pas…
Hermione se retourna vivement. Draco se tenait là, un peu branlant, sur le pas de la porte et les regardait en souriant.
- Draco, je suis contente que tu sois enfin levé, mais dans ton état, ce n'est peut-être pas très prudent, dit-elle, partagée entre la joie et l'inquiétude.
- Ce n'est plus vraiment la peine de t'inquiéter pour moi, je ne suis plus à ça près, tu sais. Mais bon, c'est Noël après tout, alors je vais essayer de ne pas trop avoir l'air d'une loque devant vous aujourd'hui… De toute façon, je pense que je partirai dès ce soir, le temps de réhabituer mes pauvres membres à faire de l'exercice.
- Draco… tenta Ron.
- Non, laisse-moi finir. Je vous ai déjà bousillé vos vacances à cause de mes petites histoires. Il n'est pas souhaitable, pour vous pas plus que pour moi, que cet état de fait continue. Je dois me faire à l'idée qu'entre Harry et moi c'est fini, et je dois le faire seul. C'est vraiment gentil à vous de vous être occupés de moi mais je ne peux décemment pas vous déranger plus longtemps…
Hermione réfléchit quelques instants, puis soupira.
- Bien, je comprends. Mais je tiens à ce que tu restes manger avec nous la dinde que j'ai préparé, Ron et moi n'arriverons pas à la finir seuls.
- Tu es sûre de ça ma chère ? demanda Draco, lançant un clin d'œil amusé en direction du roux.
- Draco…
- Bon, c'est d'accord, mais je te préviens que ce n'est pas la peine d'essayer de me saouler, je fais le serment que je n'absorberai pas une goutte d'alcool !
Et il sortit de la pièce en claudiquant.
Pourquoi boite-t-il comme ça ?
- Il a sûrement des fourmis dans les jambes…
Hermione sursauta, elle n'avait pas conscience d'avoir parlé à haute voix.
- Oui sûrement, répondit-elle, pas vraiment convaincue.
- Bon, avec tout ça, Draco a disparu sans accrocher cette foutue étoile. Donc je réitère ma question : tu veux bien m'apporter une chaise s'il te plaît ?
Qui est-ce qui disait que je devais revoir l'ordre de mes priorités ?
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Le dîner se passa dans une ambiance morose. Draco comptait les secondes qui le rapprochait du grand départ. Départ pour où ? Lui-même l'ignorait. Pour Ste Mangouste peut-être, il ignorait si les médecins là-bas donnaient dans l'avortement mâle, il n'était même pas sûr que cela existait. Il pouvait aussi très bien avoir dépassé les limites autorisées, auquel cas, il devrait se débrouiller tout seul, et, à dire vrai, il n'y tenait pas plus que ça.
J'ai l'impression que je vais commettre un meurtre… Mais comment puis-je avoir de pareilles pensées ? Pourquoi Harry ? Pourquoi tu m'obliges à faire ça ? Pourquoi tu m'obliges à tuer notre bébé ?
Il était minuit passé, Draco pliait les draps de la chambre d'amis. Il savait qu'Hermione, maniaque assumée, les referait sans doute plus tard, mais il s'en moquait, cela le calmait. Il entendit soudain la sonnette de la porte d'entrée retentir. Son cœur se gonfla d'un fol espoir.
Harry ?
Il courutpresque jusqu'au rez-de-chaussée et se trouva nez à nez avec… la famille Weasley au grand complet. Mr Weasley lui fit un grand sourire.
- Oh Draco, tu es là toi aussi ? Bon Noël mon chéri ! Et Harry, où est-il ?
Le jeune homme sentit son cœur se déchirer, encore une fois, et ses yeux se remplirent de larmes. Il bouscula tout le monde et partit sans se retourner, laissant les Weasley dépités derrière lui. Il s'écroula sur une balançoire, dans le petit parc trois rues plus loin et se laissa bercer.
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La médicomage chargée de l'accueil des malades regardait avec lassitude les aiguilles de sa montre tourner à la vitesse d'un escargot lymphatique. Travailler la veille de Noël… Pas idée tout de même. Pourtant elle le faisait tous les ans, mais ça n'avait pas vraiment d'importance, elle n'avait de toute façon nulle part où aller. Et seule dans cette grande bâtisse qui était devenue au fil du temps sa maison, elle attendait comme tous les ans un miracle, qu'elle savait qu'il n'arriverait jamais.
L'hôpital Ste Mangouste était étrangement vide, et elle se surprit à regretter les moments de grande affluence, juste pour échapper à cette solitude oppressante.
Elle s'apprêtait à aller faire sa ronde, comme toute les heures, quand elle vit un jeune homme entrer. Il était sale et semblait fatigué et transi de froid. Il s'effondra soudain sur le sol. Elle accourut et s'agenouilla en tentant de prendre son pouls. Elle soupira. Il était faible, mais régulier. Elle mit sa veste sur les épaules du jeune homme et le transporta magiquement jusqu'à une des chambres où elle le borda de plusieurs couvertures. Elle alla prendre une chaise, une bassine et de l'eau dans la salle voisine, s'assit à se côtés et prit le temps de l'observer plus attentivement, tout en le lavant. Brun, le teint mat, il paraissait très beau, même à travers l'épaisse couche de crasse.
- Qui sait, peut-être que c'est toi mon miracle…
Elle lui dégagea tendrement les cheveux du front, pour l'admirer à plus à son aise. Mais elle se recula précipitamment, comme si elle s'était brûlée. La cicatrice…
- Par Merlin ! Harry Potter, ici ! Alors ça…
Elle respira un grand coup, vérifia les conditions vitales de ce patient si spécial, referma doucement la porte de la chambre et monta dans l'ascenseur pour revenir au rez-de-chaussée, le temps de trouver un formulaire d'admission. Elle en vit un traîner par terre, sous son bureau. Elle se pencha pour le ramasser.
- Excusez-moi, c'est bien ici le bureau des renseignements ?
La vieille femme fit un bond et se cogna violemment la tête en voulant se redresser. Elle cligna des yeux, reprenant lentement ses esprits et toisa l'homme qui se tenait devant elle. La vingtaine, aussi blond que Potter était brun, séduisant bien que très maigre, un lueur de tristesse intense dans ses beaux yeux gris. Elle avait la sensation de l'avoir déjà vu quelque part, mais elle ne parvenait pas à se rappeler où. Maudite soit sa mémoire qui lui jouait si souvent des tours !
- Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous faire peur…
- Ce n'est pas grave, je m'en remettrai…
Un long silence s'installa. Au bout de quelques minutes, le jeune homme consulta sa montre.
- Joyeux Noël.
- Pardon ?
- Je disais : Joyeux Noël.
- Il est déjà minuit ?
- Il semblerait. Le temps passe si vite.
- C'est vrai.
Nouveau silence.
- A vous aussi.
- Quoi ?
- Joyeux Noël à vous aussi.
- Merci.
- Je vous en prie. Mais qui êtes-vous au fait ?
- Draco Malfoy.
La vieille femme haussa les sourcils, étonné. Elle se rappelait maintenant où elle l'avait vu. Tous les journaux en avaient parlé, deux mois auparavant. Le mariage des héritiers de deux familles ennemies, du Survivant et du présumé Mangemort avait fait couler beaucoup d'encre. Leur mariage… Alors pourquoi n'étaient-ils pas tous les deux dans leur maison ou chez leurs amis pour fêter Noël ? Pourquoi arrivaient-ils séparément dans cet hôpital à cette heure de la nuit, dans un état pitoyable ?
- Et que faites-vous ici, Mr Malfoy ?
- Je suis venu car j'ai besoin d'un renseignement…
- Quel genre de renseignement ?
- D'ordre médical. Eh bien voilà, je…
- Hâtez-vous s'il vous plaît, je dois aller m'occuper d'un de mes patients.
- J'aurais voulu savoir s'il était possible de… procéder à une interruption volontaire de grossesse sur un homme… dans cet hôpital.
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Il avait utilisé un terme si impersonnel pour la simple et bonne raison que le mot « avortement » lui était encore trop difficile à dire. Cela faisait moins mal en quelque sorte. En quelque sorte… Il avait vu la surprise mêlée d'incompréhension son visage et, dans un accès de folie, qu'il ne comprit pas lui-même, il raconta toute son histoire à cette femme qu'il ne connaissait pas, du début à la fin. Il discerna la pitié dans ses prunelles bleu océan et éclata à nouveau en sanglots. Il sentit vaguement qu'elle lui prenait la main pour l'emmener quelque part et il se laissa guider dans le dédale de couloirs. Elle s'arrêta finalement devant une porte et l'invita à entrer. Il la regarda sans comprendre.
- Faites-moi confiance. Allez-y.
Il abaissa la poignée et entra. Et il le vit, allongé sur ce lit, les flots salés de ses larmes inondant sa bouille d'ange. Draco s'approcha lentement, s'assit près de Harry et lui prit la main. Mais son mari se releva brusquement et s'accrocha désespérément à lui, comme s'il avait peur qu'il s'enfuit, ce qui était probablement le cas.
- Draco, pardonne-moi je t'en prie. Je suis un monstre. J'avais si peur, mais c'est fini maintenant… Je t'aime. Ne t'en vas pas s'il te plaît… Ne t'en vas pas… Je t'aime. Je t'aime. Ne me laisse pas tout seul. J'ai besoin de toi, de notre enfant… Je suis un lâche, un monstre… Je t'en supplie pardonne-moi…
L'enfant en moi croit encore aux miracles…
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La vieille femme se tenait toujours sur le pas de la porte, observant affectueusement le jeune couple enlacé. Des années qu'elle l'attendait, et il était enfin venu. Le miracle de Noël s'était enfin accompli.
