Chapitre 8 : Où la Gazette gazouille gaiement
L'auteure regarde la dernière date d'update et tombe à la renverse. Deux ans… Waow, j'ai l'impression de prendre un coup de vieux, c'est incroyable comme le temps passe vite. Je ne sais même plus si je dois m'excuser. Il semblerait que la vitesse de croisière de cette fic est de mettre exactement le double de temps que j'ai mis pour poster le chapitre précédent.
En tous cas, merci à tous ceux et celles qui ont laissé des reviews durant ce laps de temps. J'espère que vous, et les autres, aurez le courage de me suivre une fois encore dans mes délires surtout que ce chapitre est un gros concentré de n'importe quoi.
Sur ce, je vous embrasse tous, et à dans quatre ans peut-être :D
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Harry Potter n'avait jamais eu une vie qu'on pouvait qualifier de normale, même pour un sorcier. Mais s'il avait toujours eu le chic pour s'embarquer, intentionnellement ou pas, dans des histoires grotesques, il devait avouer que cette aventure-là dépassait de loin tout ce qu'il avait eu le malheur de connaître jusqu'à aujourd'hui.
« Je vis vraiment dans un monde de dingues, » songea-t-il, atterré.
Harry maudissait l'abruti qui avait osé dire que la plus belle aventure en ce monde était de devenir parents. Pourtant, il se disait aussi, à la décharge de l'individu, que celui-ci n'avait jamais rencontré Draco Malfoy, ni le rédacteur de la Gazette du Sorcier. Le jeune brun tenait d'ailleurs encore dans sa main l'exemplaire du matin, ouvert à la troisième page.
« Un Malfoy tout feu tout flamme !
Certains ne savent plus quoi faire pour être remarqués. C'est le cas du couple Malfoy-Potter, qui, vraisemblablement en manque de reconnaissance depuis quelque temps, a décidé de faire parler de lui d'une façon on ne peut plus originale. En effet, mes sources m'ont confirmé que le jeune Malfoy était bel et bien enceint, si vous me permettez ce néologisme, mais pas de n'importe quoi : d'un dragon, s'il vous plait ! Je ne sais pas encore s'il s'agit d'une fantaisie douteuse de la part du jeune Potter, qui aurait voulu que son mari devienne un véritable Dragon, ou d'un accident dans leurs multiples tentatives d'avoir un enfant. Le couple ainsi que leur gynécomage se refusent à tout commentaire, mais le nom de Charlie Weasley aurait déjà été évoqué pour prendre la relève, une fois que le petit sera… sorti. »
Harry ne savait plus s'il devait rire ou pleurer. Il avait eu droit à beaucoup d'articles absurdes sur son compte durant sa jeune vie, mais là, la Gazette tenait un pompon accroché à Alpha du Centaure. Et le pire, c'est que des gens croyaient ces conneries : il venait de recevoir un thermomètre magique conditionné aux très hautes températures avec ce mot joint : « Au cas où le petit ait un coup de froid. »
« On m'a peut-être traité de fou ou de salaud, mais mon mal de crâne me prouve au moins que j'ai encore toute ma tête, moi. » Il approuva cette profonde pensée d'un vif signe de tête.
Ron et Hermione avait tenté de le contacter par cheminée deux ou trois fois, mais il avait bloqué les communications, et failli décapiter Ron par la même occasion mais ce n'était vraiment pas le moment aussi. Les deux avaient fini par le lâcher, mais il ne doutait pas qu'ils reviendraient à la charge très bientôt, pour son plus grand plaisir. Mais ce n'était absolument pas le plus grave : il ne savait pas du tout où se trouvait Draco.
Il l'avait laissé exceptionnellement sortir avec Pansy pour une nouvelle flopée d'achats pré-nataux –oui il l'avait dit à Pansy, et à Blaise, ainsi qu'à tous ses anciens potes de Serpentard et également aux belles-sœurs de ses petites cousines, fallait pas s'étonner après que l'info arrive n'importe où- et il n'avait aucune nouvelle depuis. Nul doute que son mari soit tombé sur l'article ou au moins quelqu'un qui l'avait lu. Cette histoire s'avérait foireuse, vraiment foireuse. Il n'osait même plus bouger de chez lui de peur qu'on vienne le prévenir que son fou furieux de blond ait attaqué la rédaction du journal et le ministère de la magie, voire pris le pouvoir sur le pays. Il avait déjà eu l'occasion de voir un Malfoy remplis d'hormones durant leur septième année, et s'il divisait par deux et multipliait par l'exponentielle au carré, en convertissant l'énergie sexuelle en énergie atomique, il obtenait que son mari en colère devait actuellement avoir la force destructrice d'une bombe H tombant sur un champ de Tchernobyls. Au centième près.
Soudain, une tornade déboula dans l'appartement en défonçant à moitié la porte, sortant Harry de ses savants calculs. La tornade en question prit le jeune homme par les épaules sans douceur et le secoua comme un olivier au temps de la récolte, geste qui témoignait d'une extrême fébrilité.
« Mr Potter, je suis venu aussi vite que j'ai pu. Votre appel m'a réellement inquiété ! Est-ce qu'il y a du neuf ? Vous l'avez retrouvé ? Quand… ? »
" Docteur…euh…Gerhard, je…"
A cet instant, une deuxième tornade pénétra dans la pièce, mais celle-ci, ne s'attendant pas à ce que la porte gît déjà au sol, fut emportée par son élan et s'étala, par chance, sur un pouf qui traînait par là. La tornade parut sonnée quelques secondes mais se reprit bien vite et elle sauta sur Harry qui se demanda pourquoi tout à coup une guerre météorologique se déroulait dans son salon.
« Par le bon dos de Morgane vierge par l'arrière, Harry viens vite ! » hurla la deuxième tornade. « C'est horrible. Dépêche-toi ! »
« Attends Pansy, attends ! » répliqua Harry en retenant du mieux qu'il pouvait la jeune fille qui tentait de l'attirer à l'extérieur. « Que s'est-il passé ? Où est Draco ? »
« Eh bien…on marchait tranquillement dans le Chemin de Traverse, à la recherche de ces délicieux petits chaussons vert pomme que j'avais vu le week-end dernier en solde chez « Tirelipanpan, la mode sorcière des petits et grands enfants »… Parce que tu comprends, comme on ne connaît pas encore le sexe de votre bébé, et que le vert c'est plutôt neutre comme couleur, je me suis dit que… »
« Accouche ! » s'écrièrent Gerhard et Harry d'une seule voix, à bout de nerfs.
« Non, ce n'est pas mon rôle ça. Bref, où en étais-je ? Ah oui. Harry ! Harry! C'est affreux, Nott, un des amis de Draco qui travaille au ministère lui a montré cet espèce d'article idiot. Draco a foncé à la Gazette si vite que j'ai pas pu le retenir. Quand j'ai réussi à entrer, les stagiaires volaient déjà dans les airs, et Draco n'avait même pas sa baguette ! »
« C'est toujours les stagiaires qui prennent, ça me rappelle mes années d'internat. Sans baguette avez-vous dit ? » dit le jeune médecin, semblant rêver éveillé.
« Et tu es venue aussitôt ? » demanda Harry, ignorant son intervention.
« Oui bien sûr, enfin j'ai transplané en bas, mais j'ai dû me taper les escaliers à pied. Pourquoi vous habitez au huitième étage aussi ? »
« Pourquoi tu n'as pas pris l'ascenceur ? »
« Le quoi ? » demanda-t-elle en haussant un sourcil fraîchement épilé.
« Laisse tomber. »
Un silence songeur les entoura une minute.
« Bon, si on y allait ? » dit soudain Gerhard. « Les émotions fortes peuvent s'avérer très néfastes sur un fœtus, je ne voudrais pas que Mr Malfoy en fasse les frais ! »
Harry sortit brusquement de sa torpeur et se mit à courir comme un dératé hors de l'appartement. Il se rua dans la cage d'escalier bousculant une femme au passage. Il hurla : « Excusez-moi Mrs Rowling ! » et entreprit une descente encore plus rapide. Il arriva enfin en bas et poussa la porte qui donnait sur l'arrière-cour. Il alla se cacher derrière la local à poubelles et transplana, suivi de près par les deux boul…hum… autres, mais ça il s'en foutait un peu, à vrai dire.
Quand Harry atterrit sur le Chemin de Traverse, il se crut revenu au temps de Voldemort : des sorciers et sorcières couraient dans tous les sens, l'air complètement affolés. Il vit même une sorcière qui portait encore ses bigoudis magiques sur la tête, et ceux-ci, terrorisés, commençaient à lui dévorer les cheveux, ce dont, dans la panique, elle ne se rendait absolument pas compte. Harry partit en direction du siège de la Gazette, de là d'où venait la plus grosse partie de la foule, et eut le souffle coupé en arrivant à sa hauteur : le toit du bâtiment semblait danser le zouk et des fenêtres éclatées s'échappaient des nuages de fumée aux couleurs improbables. Le jeune homme s'approcha et, sortant sa baguette, entra. A l'intérieur régnait une cacophonie insupportable, à peu de chose près un orchestre philharmonique russe après dix bouteilles de vodka par tête, et un chaos indescriptible : pas un objet qui n'ait pas été éventré, explosé, déchiré etc…
« Draco !! » hurla-t-il, mais son cri fut couvert par le bruit.
Il se remit donc à courir, et parcourut les étages en évitant les pièges qu'avait laissé derrière lui ce taré de Malfoy en vue certainement d'empêcher toute tentative de réplique de la part des Aurors.
Plus le brun montait en altitude, plus il se sentait rassuré : il n'avait vu aucun corps abandonné dans le bordel ambiant, et c'était plutôt bon signe, à moins que Draco ne les ait laissés à l'état de poussière, ce qui, d'un autre côté, n'aurait pas été très étonnant non plus de sa part. Il arriva enfin en vue du bureau du directeur ; il accéléra le pas, surpris qu'aucun son ne filtre de la porte close. Il posait la main sur la poignée quand il entendit des gémissements venant de quelque part dans la pièce. Il tourna la tête, mais ne vit personne. Pris d'un doute, il fit quelques pas et passa la tête sous la bureau de la secrétaire. La pauvre femme était là, recroquevillée sur elle-même, avec l'air de quelqu'un qui vient juste de voir la mort en face. Elle poussa un cri en l'apercevant et sursauta si fort qu'elle se cogna violemment contre le meuble, ce qui eut au moins de mérite de la calmer un peu.
« Ca fait longtemps que vous êtes là ? » demanda Harry.
- Je ne sais pas. Je crois que j'ai perdu la notion du temps là-dessous. Quand l'autre est arrivé, j'ai cru qu'il avait tué tout le monde dans les étages, j'avais entendu des hurlements et d'autres trucs assez effrayants. Le seul réflexe que j'ai eu, c'est de me cacher ici le plus vite possible.
« Et votre patron, vous n'avez pas pensé à l'aider ? »
« Excusez-moi, mais ce qui est arrivé n'était absolument pas mon problème, » dit-elle d'un ton résolu. « D'une, j'ai eu la peur de ma vie, et j'étais trop tétanisée pour bouger. De deux, je savais bien que cet article ne nous apporterait que des emmerdes, je l'ai dit à Cooper mais il m'a répondu très poliment de m'occuper de mon cul et de lui laisser ceux des autres. Alors entre nous, Mr Potter, vous ne pensez pas qu'il mérite un petite leçon ? »
Harry sourit mais secoua doucement la tête.
« Une leçon oui, certainement, mais là, c'est la mort qu'il risque. Ils sont toujours là-dedans ? »
« Oui il n'ont pas bougé. C'est étrange d'ailleurs, les murs sont en papier ici, d'habitude, de ma chaise, j'entends tout ce qui se dit dans le bureau, et là rien du tout. »
« Ils ont peut-être transplané, suggéra Harry, une boule au ventre. Cette perspective ne l'enchantait guère. »
« Impossible. Le chef est tellement parano, et il n'a peut-être pas tort vu le nombre de gens qui le détestent dans notre monde, qu'il a fait poser des enchantements anti-transplanage sur son bureau. Votre mari devait le savoir, sinon je ne pense pas qu'il serait passé en fanfare par la grande porte… »
« Dans ce cas, il a dû jeter un sort de silence. Allez-vous-en, je ne sais pas ce qui va se passer quand je vais ouvrir cette porte. Ce serait bête que vous vous fassiez tuer maintenant. »
La jeune femme s'en fut sans demander son reste. Harry retourna devant le bureau, cette fois bien décidé à avoir le fin mot de l'histoire. Il leva sa baguette, espérant de tout cœur ne pas avoir à s'en servir, et tourna doucement la poignée. La porte s'ouvrit dans un grincement sinistre et alors…
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Charles Liam Cooper, également appelé « rabbit-foot » en raison de toutes les tentatives de meurtres à son encontre dont il était sorti mystérieusement indemne, était donc le rédacteur en chef redoutable et redouté de la Gazette du Sorcier. Non content d'avoir à son actif le record anglais de procès pour diffamation et atteintes à la vie privée d'autrui, il se vantait d'être le sorcier le plus haï, le cauchemar vivant de Harry Potter. Pour une raison inconnue de tous, il s'était décrété successeur de Lord Voldemort, que le Survivant se surprenait à regretter parfois, face à un adversaire si teigneux.
Il avait commencé son travail de rédac' chef juste après l'évasion de Black d'Azkaban, au moment où Harry allait entamer sa troisième année à Poudlard. Son prédécesseur, Adam Dippet, petit fils de l'ancien directeur de l'école, avait fui l'Angleterre de peur que Black ait lu et peu apprécié toutes les horreurs qu'il avait écrites sur son compte. Ce qu'il ne savait pas c'était que le fuyard se foutait royalement de son cas. Toujours est-il que Cooper prit sa place immédiatement et consacra les premiers mois à emmerder le ministère parce qu'il en avait envie, et surtout parce qu'il y avait matière. C'est à cette époque qu'il se fit ses premiers ennemis ; il gardait d'ailleurs un souvenir ému de la première tentative de meurtre dont il avait été victime. Au lieu de le tuer, la coupable avait fini par l'épouser : Cooper avait toujours été doué pour baratiner les gens, les femmes surtout. L'année suivante avait presque été la plus belle de sa vie. En ce temps-là, il détestait déjà Potter et à l'annonce du Tournoi des Trois Sorciers, puis de la participation du gosse à ce même tournoi, Cooper sut, pour parler familièrement, qu'il était tout à fait prêt à lui mettre la misère. Ce qu'il fit, d'ailleurs, par l'intermédiaire de sa chère Rita. Plus tard, quand Potter revint le corps de Diggory dans les bras, il crut tout de suite au retour de Voldemort, mais affirma le contraire par pur esprit de contradiction, jusqu'à ce qu'il soit obligé de revoir ses dires après la scène du ministère. Cela aurait pu le mettre dans une colère noire, mais la seule pensée d'avoir fait de Potter un être détesté durant toute une année lui rendait aussitôt le sourire : il avait le pouvoir de le détruire, et Merlin qu'il adorait ça. Entre temps, il avait laissé tomber sa femme enceinte d'un marmot dont il n'avait jamais voulu savoir le nom, et en avait épousé une autre, plus belle selon lui. Il espéra les années suivantes que Voldemort le débarrasserait enfin de Harry, mais en vain, et il fut bien obligé de porter « le Sauveur » en triomphe quand il se débarrassa du Seigneur des Ténèbres.
Il sortit de cette étape de sa vie profondément traumatisé, et chercha donc par tous les moyens possibles de discréditer Potter une fois de plus aux yeux de l'opinion. Ce fut lui qui découvrit le premier le couple Malfoy-Potter. Au début, il ne crut pas sa chance, et prit un peu de temps pour se remettre de l'information. Peu après, il mit Crivey, son meilleur photographe, sur le coup. Et la tempête se déclencha. Car en effet, s'il avait comprit depuis longtemps de Potter était un animal docile, il avait supposé que son nouveau petit ami, bien qu'en tant qu'ex-futur Mangemort, serait de la même trempe. Grossière erreur. Avant qu'il ait eut le temps de dire « scoop », le jeune Malfoy lui colla au cul la moitié des avocats du pays, ainsi que quelques vampires de ses amis. Cooper ne s'en sortit que très difficilement, et avec une bonne dose de sa réserve personnelle de Felix Felicis, et il comprit que s'en prendre à eux désormais serait du suicide pur et simple : il ne pourrait pas être chanceux éternellement. Par la suite il se contenta donc de rendre compte de leur mariage, que de toutes façons personne n'ignorait, et il se fit violence pour mettre son obsession en veilleuse. Pourtant quand, quelques jours auparavant, on était venu lui faire part de la nouvelle de la grossesse de Malfoy, il n'avait tout bonnement pas pu résister et avait demandé à Andrew Williamson, une nouvelle recrue très prometteuse, de rédiger un article en ajoutant quelques éléments croustillants, ce que le jeune homme fit sans broncher. Cooper exigea que l'article soit visible dans les premières pages, et ce malgré les tentatives désespérées d'Amy, sa secrétaire, de le dissuader de le publier. Et, en cet instant, il regrettait amèrement de ne pas l'avoir écoutée. Car, là, devant lui, Charles Liam Cooper, à présent cinq ex-femmes et une liste de bâtards longue comme son bras, se tenait un Draco Malfoy silencieux, d'apparence calme, mais dont la fureur dégoulinait de tous les pores de sa peau. Ca faisait bien une demie heure qu'ils n'avaient pas bougé, ni prononcé un mot. Cooper avait déjà assimilé que toute tentative de fuite serait inutile, et il se demandait ce qu'attendait Malfoy pour le découper en rondelles.
« Peut-être qu'il veut que je me jette tout seul par la fenêtre, » pensa-t-il, à court d'idées.
Ce n'est que lorsqu'il entendit et identifia les voix à l'extérieur du bureau qu'il comprit la raison qui avait conduit le blond à l'épargner temporairement : Potter, il avait attendu Potter.
« Comme c'est mignon. Comme dirait cousin Rick, la blonde attend bien son cheum pour sortir ses griffes tiens. »
Il ne savait pas pourquoi il repensait maintenant à son cousin qu'il n'avait pas vu depuis dix ans. Le pauvre s'était exilé au Québec après que sa blonde à lui lui ait fait « une crasse très poche ». En effet, la jeune fille était partie un jour avec son balai de course (son cousin faisait alors partie de l'équipe nationale de Quidditch) et lui avait laissé un mot qui contenait à peu près ces termes : « Je l'ai testé, il est meilleur que toi au lit. Je préfère passer ma vie avec lui que de rester avec toi. De toutes façons, t'as les moyens d'en acheter un autre. Salut. » Il est vrai que peu de gens se remette d'une histoire aussi tragique.
Cooper eut un rictus moqueur qui disparut presque instantanément sous le regard de tueur du dernier des Malfoy. Ils se toisèrent quelques secondes, mais le jeune homme rompit bientôt le contact visuel, lorsqu'on entendit la porte s'ouvrir doucement.
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Lorsque Harry pénétra dans la pièce, il ne put retenir un soupir de soulagement : rien n'avait l'air dérangé, et Cooper semblait encore en possession de tous ses membres. Il sauta presque dans les bras de son mari et le serra de toutes ses forces dans ses bras. Draco le repoussa sans douceur.
« Tu aurais pu te dépêcher un peu, » cracha-t-il, l'air exaspéré. « Ca fait trop longtemps que ma baguette me démange pour que je lui envoie un bon Doloris. »
Le brun n'en crut pas ses oreilles.
« Non mais tu te fous de moi ! » s'écria-t-il, faisant sursauter les deux autres hommes. « Tu te rends compte du bordel que t'as laissé derrière toi ? J'ai manqué de me faire piétiner par une foule totalement terrorisée et les pièges que t'as placé dans l'immeuble ont bien failli avoir ma peau. Et après tu me reproches de pas être allé assez vite ? J'étais mort d'inquiétude pauvre con, mais je m'appelle pas Superman pour autant ! »
« Tu ne crois pas que j'avais mes raisons d'être en colère ? Tu as lu l'article comme moi, non ? Je croyais d'ailleurs avoir été clair à ce sujet la dernière fois mon cher Cooper… »
Il prononça les trois derniers mots avec tellement de mépris que Harry se crut revenu aux premiers temps de Poudlard. Il entendit dans sa tête son mari prononcer son propre nom sur ce même ton, et vit rouge. Pourtant, au prix d'un effort surhumain, il décida qu'une dispute avec Draco ici, en face du directeur honni de la Gazette, n'était pas une très bonne idée. Il reporta donc sa colère sur le seul autre homme que son cerveau en ébullition pouvait aussi considérer comme coupable dans la présente situation.
« Il a raison, il me semble que vous êtes allé un peu loin cette fois, vous ne croyez pas Mr Cooper ? » dit-il d'une voix un peu trop mielleuse pour être crédible. En réalité, son ton était à ce point sadique que le rédacteur se ratatina sur son fauteuil, sans parvenir à émettre un seul son.
« Eh bien Mr Cooper, » continua Harry avec un sourire qui aurait fait trembler une Bellatrix Lestrange au meilleur de sa forme. « n'ayez pas peur, je ne vais pas vous manger. Du moins pas tout de suite : j'attends votre repentir d'abord. »
Mais Cooper semblait en proie à une violente crise de tétanie, seule sa bouche ne cessait de s'ouvrir et de se refermer à la manière d'une grosse carpe. Draco, tout d'abord surpris, mais à présent amusé de l'attitude de son mari, décida de rentrer de rentrer, lui aussi, dans le jeu.
« Mais mon amour, » dit-il sur le ton de la confidence. « ça ne doit pas être dans ses habitudes de faire une telle chose. Regarde-le, on voit bien qu'il essaie, mais il ne sait probablement pas comment s'y prendre. Peut-être… peut-être que tu pourrais lui montrer. »
« Suis-je bête mon cœur, tu as sans doute raison, » répondit Harry en souriant largement au blond. « C'est vrai que vous ne devez pas vous excuser tous les jours auprès de vos victimes, je me trompe Cooper ? »
L'homme parvint à secouer la tête. Dans son esprit, une seule phrase tournait : « Je suis mal, je suis mal, je suis mal. » Et il ne savait pas à quel point il avait raison.
« Bon, alors répétez après moi, » dit Harry d'un ton docte. « Moucharder, c'est mal : les gens ont droit à leur vie privée. »
A cette phrase, chez Cooper, l'instinct du journaliste prit le pas sur l'instinct de survie. C'est souvent ce qu'il se passe chez les personnes de son genre.
« Attendez, vous…vous voulez dire que cette histoire de gosse-dragon c'est pas du pipeau ? » demanda-t-il, effaré.
« Je n'attends pas de dragon, » répondit Draco en montrant les dents.
Cette fois, Harry lança un regard noir à son mari et plaqua avec violence ses deux mains sur le bureau, faisant à nouveau sursauter les deux autres hommes.
« Ce n'est pas ce que j'ai dit je crois, » grogna-t-il, enragé. « Mais je vais être clément et vous accorder une deuxième chance. Répétez après moi : « Moucharder, c'est mal. Les gens ont droit à leur vie privée. »
« Moucharder, c'est mal, » récita Cooper, après un instant d'hésitation. « Les gens ont droit à leur vie privée. » Mais intérieurement il pensait : « J'ai tenu le scoop de ma carrière, ça y est, maintenant je peux mourir heureux. » il ne croyait pas si bien dire.
« Bien, maintenant, vous allez nous dire qui vous a donné cette information. »
« Je ne révèle pas mes sources comme cela, » répondit Cooper, qui jouait à présent avec sa plume. « Je ne peux pas vous le dire. »
« Oh que si vous allez nous le dire ! » hurla Draco, laissant enfin libre court à sa fureur. « Vous allez nous le dire, sinon je vous jure que je vous t… »
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Au même moment, une aveuglante lumière verte emplit la pièce, forçant Harry et Draco à fermer les yeux. Quand ils les rouvrirent, Charles Liam Cooper venait de succomber à sa trente-troisième tentative de meurtre. Un pourri de moins sur cette Terre.
Après quelques minutes de silence stupéfait, Harry fut le premier à réagir. Il s'approcha du corps affalé sur le bureau et posa ses doigts dans son cou.
« Il… il est vraiment mort ? » demanda Draco d'une voix tremblante.
« Oui, il l'est. »
« Et… c'est moi qui ai fait ça ? » Le blond semblait au bord des larmes.
« Ne dis pas de bêtises d'accord. T'es pas un meurtrier. Ecoute, je vais essayer de trouver ce qui a pu provoquer ça. En attendant, vas t'asseoir au bureau de la secrétaire, Pansy et Gerhard ne devraient pas tarder à arriver avec une ribambelle d'Aurors. »
« Mais mon amour, » protesta Draco. « je veux t'aider. »
« Tu en as déjà assez fait, » répondit froidement le brun. « Vas-y. »
Draco sortit du bureau la tête basse et Harry songea amèrement qu'il aurait à se faire pardonner dans les jours à venir. Il secoua la tête, ce n'était pas le moment de penser à ça. Il devait se concentrer sur la scène. Un détail le frappa alors : bien que mort, Cooper avait toujours sa plume à la main. « Je ne peux pas vous le dire, » avait-il affirmé.
« Mais je peux vous l'écrire, » compléta Harry à voix basse.
Il se saisit de la main de l'homme et la déplaça délicatement. Alors ses yeux s'écarquillèrent et sa poitrine se contracta. Il n'y avait qu'un seul nom écrit sur la feuille de parchemin devant lui :
« Weasley »
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« C'était nécessaire d'en parler à la presse ? » demanda Gerhard, perplexe. « J'ai peur que trop de stress aggrave l'état du jeune Malfoy. »
L'homme dans la pénombre sourit.
« Oui mon cher, c'était nécessaire, » répondit-il doucement. « Nos confrères à travers le monde doivent être prévenus désormais, ça aurait été trop long de chercher à les débusquer un par un. »
« Mais je ne sais pas si vous avez lu l'article… Quand on ne sait pas de quoi il retourne, on croit vraiment à une blague de mauvais goût. »
« Je sais Gerhard, je sais. Mais c'était le signal. Une chance qu'Andrew ait été désigné pour faire ce travail, il l'a accomplit admirablement. Bientôt, les autres devraient se manifester, et nous pourrons avancer d'un grand pas. C'est ce que tu veux, n'est-ce pas ? »
« Bien sûr, c'est juste que je suis inquiet pour le bébé. Tous nos efforts n'auraient servi à rien s'il le perdait. »
« Alors à toi de t'assurer que ça n'arrive pas. Vas les retrouver maintenant. »
Gerhard inclina la tête en transplana.
L'homme s'étira comme un chat et sourit à nouveau lorsqu'il entendit un bruit à ses côtés.
« Tu t'es occupée de Cooper ? » demanda-t-il à l'obscurité.
Une silhouette s'avança et ses cheveux roux flamboyèrent à la lumière.
« Evidemment, juste à temps, heureusement. Je n'aime pas trop faire ça à Harry, mais c'est pour la bonne cause, pas vrai ? »
L'homme ouvrit les bras et la silhouette vint se réfugier à l'intérieur.
« Oui Ginny, pour la bonne cause. »
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…TBC…
(un jour)
