Avant l'Aurore
Traduction par Del Naja
Disclamer : Personnages et lieux à JK Rowling, l'histoire est celle de Snarkyroxy, je ne fais que la traduction.
Le petit mot de moi : Tout d'abord, on commence par les remerciements, à tout le monde en général et plus particulièrement aux personnes à qui je ne peux pas répondre personnellement. Un très grand merci pour leurs encouragements et leurs gentils petits mots toujours autant appréciés à : Maria, Alex, MOa Hermy, LaLaLa et Lie !
Bon ensuite, les moins bonnes nouvelles hélas… Je viens de déménager et par conséquent, j'ai dû résilier mon fournisseur d'accès à internent à ma précédente adresse et je viens de reprendre un autre fournisseur mais mon nouveau chez moi ne sera raccordé au net que dans un mois au minimum voire un mois et demi… Si ça prend trop de temps, j'essayerais néanmoins de poster un chapitre par le biais du net à la fac, mais je ne garantit pas que ça marche, j'essayerais aussi le plus possible de répondre à vos reviews.
Un grand merci à tous ceux qui me lisent et un gros bisou à tous ceux qui me laissent une review ! lol. Bonne lecture, je pense que ce chapitre sera apprécié…
Chapitre treize : Endoloris.
Le jour suivant était un samedi, et le premier qu'Hermione ne passa pas dans le laboratoire privé de Rogue depuis qu'elle avait convenu avec lui l'arrangement pour honorer ses responsabilités sur son temps libre.
En dépit de leur arrangement initial, elle s'était retrouvée à fréquenter sa salle de travail bien plus souvent que la durée sur laquelle ils s'étaient mis d'accord, elle était restée de nombreuses fois après le couvre-feu, utilisant le silence et la tranquillité de son labo ainsi que les ressources de son exhaustive bibliothèque afin de faire ses devoirs de classe aussi bien que pour assister Rogue avec son travail sur la potion Endoloris et son antidote.
Au grand ravissement d'Hermione, le maître des Potions semblait ne pas s'irriter de ses apparitions multiples et inattendues, le plus souvent il levait un sourcil et retournait à son propre travail, une seule fois il avait commenté sournoisement que si elle ne pouvait pas passer un jour sans sa compagnie, c'est qu'elle avait vraiment besoin de sortir plus souvent du labo. Elle roula des yeux envers lui avant de se détourner, feignant d'être intéressée par les ingrédients de la troisième tablette du placard afin de cacher le rougissement qui lui montait aux joues.
Cependant après son étrange et déroutante réaction de la nuit de vendredi, Hermione n'avait aucune envie de s'aventurer dans son domaine privé avant que cela ne soit absolument nécessaire. Autant qu'elle voulait prendre part à son travail, dans son obstination de Gryffondor, elle ne voulait pas non plus donner à Rogue la satisfaction de savoir que sa soif de connaissances la ferait revenir, peu importe la manière dont il l'avait traitée.
Elle était plus frustrée qu'autre chose. Ils s'étaient tellement bien entendus durant le mois écoulé, elle avait vraiment apprécié le temps passé avec lui, même lorsque tous deux étaient absorbés par leur travaux respectifs, mélangeant en silence. C'était une échappatoire à la bruyante salle commune de Gryffondor et Hermione avait la distincte impression que Rogue lui aussi, appréciait sa compagnie silencieuse à son habituelle solitude.
Après le déjeuner de samedi, elle se trouvait dans le bureau du Directeur, laissant libre cours à sa frustration envers le vieux sorcier, qui sentant que quelque chose n'allait pas, l'invita à prendre une tasse de thé et une assiette de gâteaux, qu'Hermione ne toucha pas.
« Il est juste tellement énervant », dit-elle en secouant la tête. « Nous nous entendions si bien et maintenant, il est simplement… redevenu méchant. Je ne comprends pas. Un instant il échange des piques avec moi, mais dans la bonne humeur je dois ajouter, et la minute suivante, il m'ignore, si ce n'est pire ».
L'expression du Directeur s'assombrit. « Vous devez garder à l'esprit miss Granger qu'il est soumis à une grande pression en ce moment, peut-être bien plus qu'auparavant ».
« J'en suis consciente », répondit-elle. « C'est juste que je ne vois pas ce qui peut le rendre soudainement si brusque. J'essaye de l'aider, même si ce n'est pas dans son optique ».
« Comme vous le disiez, tous les deux vous semblez vous entendre mieux », commenta Dumbledore. « Est-il arrivé quelque chose qui aurait pu faire changer cela ? Quelle était la dernière chose dont ayez discuté ? »
Hermione prit un moment pour y réfléchir et rassembler ses souvenirs. Elle décrivit au Directeur leur brève conversation à propos des Soins aux Créatures Magiques, et comment Rogue tout en reconnaissant sa compétence avec le moonfilly, ne pensait pas que ce succès pourrait s'appliquer aux autres créatures.
« Oh ! Euh… En fait » dit-elle tout à coup, son expression devint blême lorsqu'elle se rendit compte. « Il a dit aussi que les autres créatures ne voudraient pas travailler avec lui parce qu'elles fuient les forces du Mal ».
Elle n'avait pas perçu tout le poids de sa remarque la nuit dernière, et ce fut seulement maintenant qu'elle se souvint de l'amertume du ton de sa voix quand il avait fait référence à la Marque des Ténèbres sur son bras.
« Il me semble », dit le Directeur pensivement, « que la direction de votre conversation lui a fait se souvenir ce qu'il était, et peut-être qu'il s'est rendu compte que vous deveniez trop proches ».
« Trop proches ? » Hermione était confuse. « Je qualifierais difficilement nos relations de proche. Aimable, peut-être et encore, mais rien de plus ».
« Aimable est déjà bien plus que ce que n'est habitué Severus, miss Granger », lui rappela le Directeur. « Vous devez voir la situation de son point de vue. Il a autorisé, certes en rechignant au début, une étudiante à avoir accès non seulement à son laboratoire personnel mais aussi à ses appartements. De ce fait, il vous a autorisée à devenir impliquée dans ses recherches, dans son propre travail et à passer du temps en plus dans le labo en dehors des heures convenues. Il vous a emmené voir une créature dont je n'ai même pas obtenu de lui qu'il m'en parle et encore moins me montrer où il vit. Et après tout cela, il s'est soudainement renfermé et redevenu froid».
« Peut-être que », continua le Directeur, « dans le plaisir d'avoir quelqu'un qui apprécie le savoir autant que lui, il s'est autorisé à oublier pourquoi il reste loin des autres ».
Hermione repensa aux images qu'elle avait vues dans la Pensine de Dumbledore. Il lui sembla que cela faisait si longtemps depuis qu'elle y avait vu Voldemort commander au jeune Rogue de faire d'horribles atrocités afin de démontrer une fois pour toutes et à jamais sa loyauté, sacrifiant pour cela, ceux qui étaient le plus proche de lui.
« Il m'a repoussée parce qu'il pense que je pourrais être blessée », murmura t-elle.
Le Directeur acquiesça tristement.
« En dépit de ses apparences extérieures, miss Granger » Dumbledore poursuivit, « je crois que Severus pense bien plus à vous que ce qu'il ne veut bien laisser voir. La réalité de la situation, et aussi durement que cela sonne, est qu'il s'agit de la guerre. La vie est précieuse, mais sacrifier une vie pour la pérennité de notre cause avait été nécessaire par le passé et cela se reproduira de nouveau. Je crois que si Severus s'éloigne des autres avec autant de soin, c'est parce qu'il ne veut plus se retrouver dans cette situation ».
Etant donné son étrange attitude, cela prenait tout son sens, Hermione ne savait pas pourquoi cela ne lui était pas venu à l'esprit avant.
« C'est fou, vraiment », commenta t-elle. « Mon association avec lui ne m'a pas plus mise en danger que je ne le suis déjà. Je suis une des meilleurs amis de Harry et d'origine moldue aussi. Je ne pourrais encore plus être une cible de premier ordre, vraiment ».
« J'ai bien peur de devoir être d'accord avec cette affirmation, miss Granger, pour la plupart », dit avec pesanteur le sorcier plus âgé. « Cependant, il est évident que Severus n'est pas de cet avis, surtout depuis un certain incident, il y a plusieurs semaines, impliquant vous-même et un jeune Serpentard ».
« Il vous a parlé de ça ? » s'écria t-elle.
Le Directeur approuva de la tête. « Il était préoccupé que cela puisse se reproduire. C'est moi qui lui ai suggéré qu'il vous montre un autre accès à son laboratoire ».
« Oh », fit-elle surprise.
Dumbledore sourit, ses yeux pétillaient suspicieusement. « Ne soyez pas troublée par les manières de Severus, miss Granger. « Soyez assurée que quoi qu'il fasse il a vos meilleurs intérêts à cœur, même si quelques fois cela peut être dur à accepter ».
Hermione quitta le bureau du Directeur rassurée et même plus heureuse de la situation que ce qu'elle avait prévu. Elle ne voulait toujours pas aller au laboratoire aujourd'hui mais elle n'aurait aucune appréhension à y retourner demain comme prévu pour sa potion.
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Plus tard dans la journée, Hermione était au dîner, appréciant un somptueux rôti de boeuf et un pudding du Yorkshire, quand Harry, assis à côté d'elle, laissa tout à coup échapper sa fourchette et se prit la tête entre ses deux mains.
Le claquement à peine perceptible de la fourchette n'attira l'attention de personne exceptés elle et Ron heureusement, et Hermione posa rapidement ses propres couverts et se tourna vers son ami.
« Harry ! Qu'est-ce qui ne va pas ? »
Il secoua la tête, grimaçant de douleur, les mains plaquées sur sa cicatrice. « Il est vraiment très furieux de quelque chose », dit-il dans un souffle en suffoquant.
Hermione croisa le regard de Ron en face de la table.
« Nous ferions mieux de sortir d'ici », dit le rouquin. Hermione approuva et se leva, essayant de passer inaperçue pendant qu'elle attrapait le bras de Harry pour le faire lever de table avec elle.
Le Trio se dirigea vers les portes de la Grande Salle, Hermione se retourna et regarda en direction de la table des professeurs. Dumbledore les regardait partir, fronçant les sourcils, un rapide coup d'œil à l'autre bout de la table, et elle constata que le maître des Potions n'était pas au dîner.
Elle se détourna, mis cette information dans un coin de son esprit, elle s'en inquiéterait plus tard et escorta son ami en dehors de la Salle.
« A l'Infirmerie » dit Hermione, Ron approuva et attrapa plus fermement le bras de Harry, et il les conduisit tous trois vers les escaliers.
Remerciant qu'il n'y aie personne dans les couloirs à cette heure à cause du repas, alors qu'ils étaient au deuxième étage, à mi-chemin de l'Infirmerie, Harry hurla et s'effondra sur ses genoux. Il se serait entièrement écroulé sans le soutien de ses amis.
« Ron va prévenir Madame Pomfresh », urgea Hermione, s'agenouillant auprès de Harry, incertaine de savoir comment l'aider.
Harry suffoquait, il cherchait de l'air, d'une main il grattait sa cicatrice avec tellement de force qu'Hermione pu voir les marques de ses ongles dans son front. Avec douceur, elle prit sa main et l'éloigna, lui permettant ainsi d'enfoncer ses doigts dans sa propre paume.
« Harry tu dois fermer ton esprit », l'implora t-elle. « Essaye de le bloquer ».
« Je ne peux pas », s'étrangla t-il, « ça ne marche pas ».
Au bout de quelques instants, la douleur sembla s'atténuer et Hermione aida Harry à s'asseoir, le dos calé contre le mur de pierre du couloir.
« Il est furieux », dit Harry essoufflé. « Quelqu'un a échoué à faire comme il l'avait ordonné et il devient impatient que cela se fasse ».
Hermione frissonna. Elle détestait la manière dont Harry parlait après chaque fois où il retrouvait submergé par les émotions de Voldemort. La puissance du lien entre les deux ennemis était effrayante.
« Allez ! », dit-elle ensuite. « Penses tu que tu puisses te relever ? Madame Pomfresh sera là dans un moment et tu ne veux pas qu'elle te voie comme ça, écroulé sur le sol, sinon tu resterais à l'Infirmerie pour une semaine ».
Avec précaution, elle l'aida à se remettre sur ses pieds et ils continuèrent le long du couloir, rencontrant au coin, Ron et la Médicomage.
« Alors, M. Potter », gronda t-elle. « Que vous êtes-vous encore fait cette fois-ci ? »
« C'est ma cicatrice », dit-il en grimaçant de douleur encore une fois et en levant la main afin de se gratter l'irritante marque rouge.
La Médicomage le contempla pendant un moment.
« Miss Granger », dit-elle enfin. « Vous serez aimable d'aller chercher le Directeur. M. Weasley, si vous voulez bien m'aider afin de porter M. Potter jusqu'à l'Infirmerie ? »
Hermione rechigna à laisser ses amis, elle se pressa donc pour monter les escaliers et atteindre la gargouille de pierre qui gardait l'entrée du bureau du Directeur. Elle était sur le point de donner le mot de passe quand elle pensa, quelle imbécile Granger, il est sûrement encore au dîner.
Elle se tourna pour dévaler les escaliers mais vit le Directeur qui venait dans sa direction.
« Miss Granger », l'accueillit-il. « Quelque chose ne va pas ? »
« C'est Harry, monsieur. Sa cicatrice. Il est à l'Infirmerie. Madame Pomfresh m'a demandé de vous trouver ».
Dumbledore lui fit signe de le suivre, ils tournèrent, dévalèrent l'escalier à grands pas jusqu'à l'Infirmerie.
« Monsieur » demanda Hermione, quelque peu essoufflée. Le vieux sorcier pouvait encore marcher vite en cas de besoin urgent. « Je pensais que Harry avait réussit à maîtriser l'Occlumancie et à empêcher Voldemort de rentrer dans son esprit mais ce soir, il savait ce qu'il ressentait ».
« Harry a incroyablement progressé dans l'art de l'Occlumancie », répondit Dumbledore en s'arrêtant alors qu'ils atteignaient la porte de l'Infirmerie. « Cependant, son lien avec Voldemort est à la fois unique et puissant, et même en tant qu'Occlumens accompli, il reste vulnérable et sujet à percevoir les explosions de colère particulièrement fortes de Tom Jedusor ».
Le Directeur poussa les portes et le dernier son qu'Hermione s'attendait à entendre lui déchira les oreilles.
Un rire.
Un rire hystérique.
Et il venait de Harry.
Hermione suivit le Directeur rapidement à travers la pièce, son regard passa de l'expression horrifiée sur le visage de Ron à son ami étendu sur le lit. A cause du rire, des larmes s'échappaient des yeux de Harry mais ses pupilles étaient dilatées et son visage inspirait la terreur. Manifestement, les émotions qu'il montrait n'étaient pas les siennes.
Le Directeur se plaça rapidement à côté de lui, attrapa les deux mains de Harry dans les siennes et dit : « Ca va passer, Harry. Plus longtemps, maintenant ça va passer ».
Ca se calma au bout de plusieurs minutes agonisantes et Harry était finalement assez détendu pour que Madame Pomfresh approche de ses lèvres une fiole de Philtre Calmant. L'effet fut immédiat et Harry tomba à la renverse dans les coussins, épuisé.
« Il est satisfait maintenant », murmura le jeune homme brun à moitié endormi. « Il a obtenu ce qu'il voulait. Tout ce passe comme prévu ». Puis ses yeux se fermèrent et il se laissa entraîner dans un sommeil agité.
« Allez ! Tout le monde dehors », ordonna la Médicomage. « M. Potter a besoin de repos ».
Hermione, Ron et même le Directeur se laissèrent faire expulser des bords du lit de Harry et Madame Pomfresh tira les rideaux autour du lit.
« C'était foutument effrayant », chuchota Ron pendant qu'ils quittaient l'Infirmerie. « Que considérez-vous qu'il soit si important d'obtenir pour rendre Vous-Savez-Qui autant excité ? »
Hermione rencontra les yeux du Directeur mais ne dit mot. Elle se sentait mal à l'aise car elle savait exactement ce qui rendait Voldemort si content, et qui le lui avait donné.
« Je ne sais pas, M. Weasley », dit Dumbledore en adressant à Hermione un regard qui en disait long, « cependant, nous utiliserons toutes nos ressources pour savoir ce qui s'est passé. Pendant ce temps, Harry est entre de bonnes mains. Je vous suggère à tous les deux d'essayer de ne pas vous inquiéter et de vous reposer ».
Le Directeur tourna à gauche en direction de son bureau, Ron se dirigea vers les escaliers montants à la Tour Gryffondor.
« Tu viens, 'Mione ? » dit-il mais elle ne le suivit pas immédiatement. « Tu as entendu Dumbledore, Harry ira bien ».
« Je sais » répondit-elle absentement, puis elle ajouta « non, vas devant, je crois que je vais juste aller faire un petit tour pour me changer les idées ».
Elle attendit que Ron aie disparu des escaliers, puis, ignorant sa décision précédente d'attendre jusqu'au lendemain, elle fonça au couloir Est du premier étage.
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« Professeur ? » appela t-elle en émergeant du passage allant au salon de Rogue. La pièce était silencieuse et froide, comme le laboratoire quand elle le vérifia. Regardant attentivement le placard qui contenait ses échantillons de potions, elle remarqua que deux fioles de la fausse potion Endoloris avaient disparu.
Elle se mordit la lèvre nerveusement.
Devait-elle rester ici et attendre son retour ? Aurait-il les réponses à pourquoi la cicatrice de Harry lui avait fait si mal, pourquoi avait-il ressenti si fort une telle rage, suivit par une telle exaltation ? Est-ce que toute la colère de Voldemort avait été dirigée sur Rogue ?
Elle décida de rester, son inquiétude pour Harry et le maître des Potions triomphant de sa raison et de son besoin de dormir. Pendant qu'elle attendait, elle pouvait au moins se débarrasser de quelque travail, elle prépara donc plusieurs potions pour l'Infirmerie. Des philtres calmants, comme celui que la Médicomage avait donné à Harry quelques instants plus tôt, des potions de sommeil et des baumes cicatrisants. Tous étaient des mélanges plutôt simples mais qui requérraient sa concentration et cela lui servait à ne pas penser à de tragiques issues.
Elle eut l'impression que plusieurs heures s'étaient écoulées quand le bruit de quelqu'un entrant dans le salon, par la voie de la poudre de Cheminette, heurta ses oreilles, elle jeta un œil à travers la porte entrouverte juste à temps pour apercevoir le maître des Potions disparaître derrière une porte de l'autre côté de la pièce, celle qu'Hermione en avait déduit qu'elle menait à sa chambre. La porte se referma en claquant brutalement après lui.
Hermione fronça les sourcils, remua le contenu de son chaudron perdue dans ses pensées. Quelque chose semblait légèrement déplacé dans sa fugace apparition mais elle ne pouvait discerner de quoi il s'agissait.
Habituellement, quand il revenait d'une réunion avec Voldemort, il allait directement dans le labo, pâle et silencieux, et commençait à préparer n'importe quoi qui lui avait été demandé durant la nuit.
Après plusieurs minutes et aucun autre son ne venant de l'autre pièce, son inquiétude augmenta et, jetant un sortilège de stase sur son chaudron, elle traversa le salon.
La première chose qu'elle remarqua fut les lourdes robes en velours de Mangemort qui avaient été laissées tombées n'importe comment sur le sol près de la cheminée. Son froncement de sourcils s'accentua, ce n'était pas dans le comportement de Rogue de laisser traîner les choses là où elles ne doivent pas être. Elle les ramassa, sursauta légèrement quand un masque d'argent s'en échappa parmi les plis.
Avec précaution, elle plia les robes en deux et les posa sur le dossier d'un des fauteuils, cependant elle était incapable de déplacer le masque de là où il était posé sur le sol.
Elle savait que ce n'était qu'un objet, et que c'était absurde d'en être effrayée, mais il renvoyait tellement de connotations terribles, spécialement pour quelqu'un comme elle, née de Moldus. C'était la dernière chose que beaucoup de personnes comme elle voyaient avant que leur vie se finisse soudainement et brutalement.
Ses pensées morbides furent interrompues par un bruit étouffé venant de la direction de la chambre. Traversant la pièce, elle resta debout en silence devant la porte fermée, écoutant. Maintenant plus fort, elle reconnu le bruit comme étant de la toux, une horrible toux sèche, sifflante et crépitante.
Elle demeura les yeux grands ouverts à fixer la porte fermée. Que pourrait faire Rogue si elle s'aventurait dans sa chambre sans être invitée ? D'après les sons qui en venaient, il était loin d'être en état de la rabrouer et son inquiétude l'emportant sur sa crainte, elle se saisit donc de la poignée et poussa la porte.
« Monsieur ? » appela t-elle.
N'entendant pas de réponse, elle pénétra dans la pièce sombre, éclairée faiblement par le scintillement solitaire d'une seule bougie sur la commode. La lumière était suffisante pour voir que la pièce était vide, et son attention se tourna vers la seule autre porte menant ailleurs alors qu'une autre quinte de toux en provenait.
Avant qu'elle aie pu perdre son sang-froid, elle traversa la chambre, poussa grande ouverte la porte de la salle de bains et s'écria face à la vue devant elle.
Rogue était à genoux, désemparé, vomissant dans la cuvette des toilettes face à lui.
En le voyant à cet instant, elle réalisa ce qu'avait du être l'horreur quand elle l'entrapercevait à chaque fois qu'il était revenu. Il avait certainement renoncé à ses habituels leurres cachés sous sa robe de Mangemort, maintenant il était seulement vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise blanche en lin, tellement mouillée de sueur qu'Hermione pouvait voir la pâleur de sa peau à travers le fin tissu.
Lorsque la porte grinça dans ses gonds, il se tourna vers la source du bruit, tenant toujours si fortement la cuvette des toilettes que les articulations de ses mains en étaient blanches.
Son visage était un masque de douleur, plus pâle que jamais et brillant de transpiration.
« Qu'est-ce que- », réussit-il à dire avant de se détourner d'elle alors qu'une autre quinte de toux rauque secoua son corps. Ses cheveux tombèrent devant lui, occultant ses expressions torturées du regard de la jeune fille, pendant qu'il vidait le contenu de son estomac dans les toilettes.
D'abord restée plantée en silence, Hermione se secoua et agit. Elle n'avait pas pris ce cours de Médecine Magique pour rien. D'un rapide coup de baguette, elle conjura une serviette de bain froid et humide, puis elle s'approcha du maître des Potions.
De blafardes mèches de cheveux imprégnées de sueur collaient à ses joues, et elle hésita juste un instant avant de s'approcher et de s'agenouiller derrière lui, et elle écarta ses cheveux de son visage, les tenant avec douceur à l'arrière de son cou afin de les empêcher de tomber à nouveau.
Elle se rendit compte quand sa main effleura sa nuque que son corps entier était en train de trembler.
Endoloris ? pensa t-elle. Que pouvait-il avoir fait qui ait rendu si furieux Voldemort pour le laisser dans un tel état ?
A moins que cela était le traitement habituel…
Il n'était pas revenu comme cela les dernières fois où il avait été convoqué… mais Voldemort avait été plutôt satisfait de ses progrès pour créer la potion. Etait-ce comme cela que Rogue revenait à chaque fois qu'il avait déplu à son maître ? Son cœur se serra encore dans sa poitrine à la pensée du maître des Potions devant se remettre de cela, tout seul, encore et encore.
La toux s'arrêta et Rogue bascula sur le côté, assis sur sa hanche, haletant, cherchant de l'air, les yeux mouillés par l'effort d'avoir trop longtemps régurgité.
Hermione relâcha sa prise sur ses cheveux et pressa la serviette dans la paume de sa main libre. L'autre était toujours fermement agrippée à la cuvette des toilettes afin de le soutenir. Il prit la serviette sans faire de commentaire et enveloppa sa figure dans le tissu frais pendant qu'Hermione invoquait un verre d'eau.
Elle n'avait pas confiance en sa voix maladroite, elle échangea donc en silence la serviette dans sa main pour le verre d'eau, regrettant cette action l'instant suivant quand le verre échappa à ses doigts tremblants.
Il rebondit, et elle fut contente d'avoir conjuré instinctivement un verre incassable. Elle en invoqua un autre, puis dit doucement, «laissez-moi vous aider ».
Il rencontra son regard assuré et acquiesça légèrement, ses yeux ne lâchant pas ceux d'Hermione quand elle approcha le verre de sa bouche, l'inclinant doucement afin de permettre à l'eau fraîche de passer ses lèvres. Il avala plusieurs gorgées avec quelques difficultés avant de la repousser.
Elle s'éloigna alors de lui, nettoya l'eau du premier verre sur le sol et elle se détourna afin de poser les deux verres sur la tablette au-dessus du lavabo. Elle resta le dos tourné aussi longtemps que possible, feignant un grand intérêt pour le mur de pierres nues de la pièce, afin de laisser à son professeur l'occasion de se recomposer quelque peu.
Cela était certainement pour lui une humiliation que d'avoir été vu par quelqu'un d'autre dans un tel état, même une personne en qui il avait bien plus confiance qu'il ne voulait le montrer… à cause de l'intervention de Dumbledore néanmoins.
Au moins il ne lui avait pas encore dit de s'en aller, cependant soit c'était parce qu'il voulait qu'elle reste, ou bien parce qu'il n'était pas en condition d'argumenter, ce qui était un autre sujet.
Lorsqu'elle entendit un mouvement, elle se retourna pour lui faire face et le regarda se remettre debout avec difficulté et traverser l'espace qui les séparait. Il était toujours plus pâle qu'à l'accoutumée, et elle avait du grandement résister à la terrible envie de tendre les bras pour le soutenir.
« Merci », arriva t-il à dire râpeusement, la voix sèche et rocailleuse, complètement dépourvue de ses habituelles tonalités veloutées. Ce ne fut que lorsque les yeux d'Hermione rencontrèrent ceux de son professeur, qu'elle comprit toute la gravité de ce mot, et quelque part, au-delà de sa peur et de son inquiétude, elle sentit un étrange souffle d'exaltation la parcourir. Ses mains voulaient se tendre vers lui, pour l'aider, le réconforter et apaiser sa souffrance, cependant sa tête chantonnait comme un leitmotiv, Il est en train de me laisser l'aider, il ne me repousse pas !
Elle se rendit compte qu'elle le contemplait toujours droit dans les yeux, alors elle détourna le regard au loin, embarrassée par leur proximité dans cette petite pièce. Il bougea et passa derrière elle afin d'atteindre le lavabo et il actionna le robinet d'eau froide par un mot murmuré, il prit de l'eau entre ses mains en coupe pour s'en asperger le visage.
Elle sortit discrètement de la salle de bains afin de lui laisser son intimité, mais elle hésita à quitter complètement ses appartements, sa curiosité pour savoir ce qui s'était passé et sa réelle préoccupation envers Rogue la firent s'arrêter.
Elle s'assit avec précaution sur le bord d'une chaise en velours bleu foncé et prit un moment afin d'étudier l'environnement autour d'elle, du moins autant qu'elle le pouvait dans cette faible lumière.
La pièce n'était certainement pas ce à quoi elle s'était attendue, bien qu'en réalité elle n'ait pas passé beaucoup de temps à se faire des idées sur la décoration de la chambre du maître des Potions.
Si jamais elle avait pu dire comment était la pièce à Ron et à Harry sans qu'ils ne viennent se précipiter dans les cachots pour tuer Rogue, elle aurait prit un grand plaisir à leur annoncer qu'il n'y avait ni cercueil, ni crochet auquel la « graisseuse chauve-souris géante » pour dormir suspendue au plafond.
En vérité la pièce était assez agréable, pensa t-elle. Sombre, absolument, mais ce n'était pas non plus la pièce froide et insensible à laquelle elle aurait pu s'attendre. Elle remarqua avec une trace d'amusement, que les seules couleurs en vue de Serpentard étaient celles d'une écharpe rayée qui pendait à un crochet derrière la porte.
La pièce était embellie par les mêmes énormes baies vitrées que celles du salon, bien que celles-ci étaient à cet instant masquées par de lourd drapés de rideaux, qui semblaient être coordonnés au tissu du fauteuil sur lequel elle était présentement assise. Il y avait une large armoire le long d'un mur, similaire à celle dont le professeur Lupin s'était servit pour capturer l'Epouvantard durant les cours de sa troisième année. Il y avait aussi une grande commode et deux petites tables de chevet de chaque côté du lit.
Le lit en lui-même apparaissait comme somptueusement confortable. Hermione ne pouvait penser à un meilleur qualificatif pour le décrire, c'était vraiment le type de lit dans lequel on avait hâte de s'effondrer après une dure et longue journée. Le linge de lit était dans les riches tons de l'ocre, ce qui contrastait merveilleusement avec le bleu des drapés et des chaises et donnait de chaleur et un aspect confortable à la pièce.
Les grincements aigus des gonds de la porte de la salle de bains l'alertèrent sur la présence de Rogue dans la pièce, elle se leva alors rapidement, son mouvement alerta Rogue sur le fait qu'elle n'était pas partie.
« Vous ne devriez pas être là », dit-il épuisé, arrivant difficilement à traverser la pièce avant de trembler et de tomber lourdement sur le bord du lit. Le matelas baissa légèrement sous son poids et il ferma les yeux, levant une main toujours tremblante vers son visage pour pincer entre ses doigts l'arrête de son nez.
« Je ne songerais même pas à vous laisser dans cet état, monsieur », répliqua t-elle d'un ton neutre. « Que s'est-il passé ? »
Il inspira une large bouffée d'air. « J'ai donné la potion finale d'Endoloris au Seigneur des Ténèbres ».
« Je ne comprends pas », dit-elle lentement. « Comment… si vous lui avez donné ce qu'il voulait… »
« Pourquoi a-t-il fait ça ? » se désigna t-il lui-même, puis il soupira. « Comme vous le savez, je lui avais apporté différents mélanges de la potion durant les quelques dernières semaines afin de lui démontrer mes progrès. Bien que je lui ai délivré la véritable potion ce soir, j'avais encore pris d'autres échantillons « ratés » avec moi, au cas où il se serait demandé pourquoi j'étais si confiant que celui-ci fonctionnerait ».
Hermione acquiesça de la tête, tendant l'oreille pour entendre sa voix, qui n'était rien de plus qu'un doux éraillement.
« J'ai réservé la vraie potion en dernier recours, et j'ai testé les deux autres sur », un instant sa voix hésita et il baissa les yeux sur le sol, « … sur quelques Moldus que des Mangemorts avaient capturés ».
Hermione déglutit difficilement, elle se sentait nauséeuse.
« Le Seigneur des Ténèbres est rentré dans une colère noire lorsque les échantillons ont tué ces victimes instantanément, sans douleur. Il m'a alors ordonné de tester moi-même le contenu de la dernière fiole », termina Rogue calmement.
« Quoi ? » elle se leva brutalement, se déplaçant pour venir se mettre devant lui. Il leva la tête et elle remarqua que la sueur gouttait toujours en travers de son front.
« Ca a fonctionné alors ? » murmura t-elle, une sensation de terreur sourde l'envahit alors que le maître des Potions était secoué d'un petit rire amer, puis il toussa encore.
« Je dois bien le reconnaître » chuchota t-il en s'éclaircissant la gorge au prix d'un douloureux effort. « Bien plus que je n'aurais jamais pu l'envisager, si vous me passez l'expression ».
Elle haussa la tête en signe d'accord. « Bien plus » semblait certainement en dessous de la réalité. Rogue était silencieux depuis un moment et Hermione le regarda, même dans la faible lumière, les tremblement parcouraient encore tout son corps.
« Qu'est-ce que ça fait ? » murmura t-elle.
« C'était… » il fit une pause, cherchant les mots justes, « … je ne saurais pas comment le décrire. La puissance du maléfice d'Endoloris, comme vous le savez probablement, est dépendante du sorcier qui le jette. Il ne peut pas être maintenu longtemps et bien qu'il peut être jeté de nouveau, il y a toujours un instant pour récupérer un peu, pour reprendre son souffle. Là, c'est différent, il n'y a aucun répit. Je ne pouvais pas respirer, je ne pouvais pas penser… Je savais que j'étais en train de crier, jusqu'à ce que ma voix se brise… et après un moment, j'ai dû m'évanouir longtemps car quand je suis revenu à moi, j'étais seul ».
Sa voix se cassa, et quelque part au cours de son récit, Hermione se retrouva à tomber sur ses genoux, sur le sol près du lit, capturant une de ses mains dans les siennes. Il ne s'était pas retiré, il fixait plutôt du regard quelque chose au dessus et derrière elle, attendant qu'elle bouge la première.
Pour sa part, Hermione restait sans voix. Elle était horrifiée, à la fois envers ce qu'il avait dû traverser, et le détachement avec lequel il en parlait. Son manque de réaction envers la familiarité d'elle lui prenant la main l'avait troublée et elle se demandait s'il était dans une sorte d'état de choc.
Elle n'osa pas suggérer la moindre potion, de peur de la réaction avec celle de la nuit qui était indubitablement encore dans son organisme.
Les potions, pensa t-elle. Comment ai-je pu ne pas y penser ?
« L'antidote », s'exclama t-elle tout fort en se levant mais elle hésita quand il secoua négativement la tête.
« Il ne sera pas près avant demain », dit-il en grimaçant. « Il a besoin de frémir durant trente-six heures après l'ajout des excréments ».
« Vous devriez vous reposer alors », proposa t-elle.
« Non », dit-il en se levant lui aussi. « Il y a tellement de choses qui doivent être faites. Le Seigneur des Ténèbres veut un lot entier de fioles de potion pour samedi prochain ».
Le maître des Potions traversa la pièce à grands pas en direction de la porte du salon. Il était à mi parcours avant de trébucher et de se rattraper en agrippant le dos du fauteuil pour se soutenir. IL s'y adossa un instant, respirant bruyamment, Hermione s'approcha à côté de lui.
« Monsieur, s'il vous plaît », implora t-elle. « Vous ne pouvez rien faire comme ça. Vous avez besoin de vous reposer jusqu'à ce que les effets de la potion aient disparu ».
« Nous ne savons pas combien de temps cela pourrait prendre », protesta t-il sans aucune trace de sa persuasion habituelle. « Je ne peux pas me permettre de perdre du temps ».
« Vous ne serez utile à personne si vous faîtes exploser votre chaudron à cause de la fatigue, et vous n'êtes pas non plus en mesure de pouvoir préparer correctement les ingrédients en tremblant encore de cette manière ».
Elle saisit son épaule, assez fermement pour sentir les tremblements involontaires qui couraient toujours à travers lui. Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle réalisa que sa chemise était encore froide et trempée de sueur.
« Vous allez attraper un rhume aussi », dit-elle avec calme, en tirant gentiment sur la manche de sa chemise et le guidant à revenir s'asseoir sur le bord du lit. « Vous devriez vous changer pour quelque chose de sec ».
Engourdi, il ne put qu'approuver d'un signe de tête, des doigts, il cherchait le premier bouton en haut de se chemise. C'était une preuve de combien il était exténué et étranger à lui-même pour qu'il puisse faire cela devant elle, mais cela n'importait pas puisque ses doigts tremblaient si fortement qu'il ne pouvait se déshabiller. Il soupira et laissa retomber sa main sur ses genoux.
« Voulez-vous que je vous aide ? » demanda t-elle prudente.
Il inspira profondément, le rouge montait très légèrement dans ses joues pâles.
« Veux ? Non », dit-il. « Besoin ? Il apparaît que oui ».
Elle fit encore un pas en avant, respirant calmement par le nez, essayant d'empêcher ses propres doigts de trembler alors qu'elle atteignit le premier bouton sous son menton.
Il pencha sa tête en arrière, lui permettant un meilleur accès, puis il ferma les yeux, restant ainsi pendant qu'elle défaisait chaque bouton, son chemin s'imprimait dans son esprit. Quand elle atteignit l'endroit où la chemise disparaissait sous le pantalon, elle hésita et releva les yeux pour le trouver contemplatif en train de la dévorer des yeux. Elle sentit la chaleur monter à ses propres joues, puis elle se recula, espérant que la faible lumière de la pièce masquerait son inconfort.
« Je vais, juste euh… sortir un moment, je vais par là », murmura t-elle, en indiquant le salon.
« Ca ne sera pas nécessaire », dit-il, et elle leva les yeux, surprise. Voulait-il dire que…
« Vous devriez retourner dans vos propres quartiers, miss Granger », continua t-il.
Oh.
« Est-ce que vous irez bien, monsieur ? » demanda t-elle.
« Je suis sûr d'aller bien », répliqua t-il avec une pointe d'un sourire sarcastique, quoique à moitié venant de bon cœur, qui se formait sur son visage. « Cependant, vous devriez apprécier revenir durant la matinée lorsque l'antidote sera complet, vous pourriez alors observer la dernière phase du processus de préparation ».
Elle accepta d'un hochement de tête, se mordant la lèvre puis après un instant, se dirigea vers la porte.
« Miss Granger », l'appela t-il doucement juste derrière elle.
Elle s'arrêta et se retourna. Il s'était levé du bord du lit une fois de plus alors qu'il s'était encore rattrapé sur le coin du baldaquin du lit.
« Je-» commença t-il, puis il fit une pause un instant avant de dire en toute simplicité, « Votre assistance est appréciée ».
Il paraissait tellement à l'opposé du craint et détesté maître des Potions, là, debout, dans la lueur dansante de la bougie, une bande de son torse pâle visible entre les deux pans de sa chemise ouverte, les cheveux mouillés, désordonnés et rabattus sur son visage.
Elle acquiesça, se permettant un léger sourire, puis elle quitta la pièce, refermant doucement la porte derrière elle.
Il n'était en vérité qu'un homme, réalisa t-elle après tout ce qui s'était dit et passé. Sans les robes, sans les sarcasmes, sans le rictus cynique, hormis les gens qui le jugent de par la marque sur son bras, il était juste un soldat combattant dans une guerre, quelqu'un qui a tellement contribué et qui reçoit si peu en retour.
Elle comprit, après l'avoir vu ce soir, pourquoi Dumbledore les avait mis tous deux à travailler ensemble. Si quelqu'un lui avait dit il y a quelques mois qu'elle se tiendrait dans la chambre à coucher du maître des Potions avec lui à moitié habillé, elle lui aurait tendu de la poudre de Cheminette et lui aurait dit de prendre immédiatement la direction de Sainte - Mangouste. Alors qu'aujourd'hui, elle était contente que le Directeur les ait forcés à s'associer, contente de pouvoir être là pour assister Rogue à chaque fois qu'il en avait besoin, et qu'il la laissait l'aider.
Elle savait que lorsqu'il serait revenu à son état normal, il voudrait probablement essayer de la repousser, de la blesser par ses mots durs ou son silence, mais cela ne la dissuaderait pas. Elle était dorénavant là pour que ça dure. C'est vrai qu'il reste aussi sarcastique, stoïque et entêté que toujours mais il n'était plus cruel. Toutes ses prétentions mises de côté, le maître des Potions était simplement un être humain, capable d'être blessant comme n'importe qui d'autre.
Elle resta debout devant la porte close de la chambre. Elle savait qu'il lui avait dit de partir mais elle ne pouvait se résigner à regagner sa propre pièce. Les effets de la potion semblaient s'être dissipés, cependant ils avaient vraiment affaire à l'inconnu. Il n'y avait aucun signe pour savoir si les symptômes pourraient se raviver pendant la nuit, et elle était déterminée à être là, juste au cas où le pire se produirait.
Puis, elle pouvait se l'admettre à elle-même, même si elle ne le dirait jamais à une autre personne, que si elle voulait rester, c'était parce qu'elle se faisait vraiment du souci pour l'homme dans la pièce à côté, en tant qu'un professeur, un mentor et en quelque sorte, un ami.
Elle jeta un œil à l'horloge sur le linteau. On était quelques minutes après minuit. L'antidote serait prêt dans onze heures…
Elle enleva sa robe et fronça les sourcils dans un moment de concentration, elle transforma le vêtement en une douce couverture. Puis elle se blottit dans un des fauteuils près de la cheminée, enroulant très serré la couverture autour d'elle.
Plusieurs fois durant la nuit, elle se leva pour aller coller son oreille à la porte de la chambre, écoutant des sons de douleur qui en venait. Plus d'un fois, elle avait du se restreindre fortement de ne pas ouvrir la porte.
A chaque fois, elle retournait à son siège et contemplait les braises mourantes du feu, des flashes des évènements de la nuit se jouaient dans son esprit. Le sommeil fut long à venir.
