Avant l'Aurore
Traduction par Del Naja
Disclamer : Personnages et lieux à JK Rowling, l'histoire est celle de Snarkyroxy, je ne fais que la traduction.
Le petit mot de moi : Bonjour a tous ! Voici le tant attendu chapitre seize après le suspense incroyable du chapitre quinze. Je sais que certains ont du s'arracher les cheveux après un tel chapitre et surtout à cause du temps que j'ai mis à traduire ce nouveau chapitre mais j'ai mes raisons, je m'en excuse (voir la note à la fin du chapitre). Vos reviews ont été très appréciées, certaines m'ont fait beaucoup rire, surtout les messages de « menaces » lol, certains se reconnaitront ! ;-) Par contre s'il y a quelqu'un à tuer pour le découpage des chapitres, c'est l'auteur lol et non pas moi, la seule chose dont vous pouvez vous plaindre, c'est du temps que j'ai mis à traduire cette suite et je m'en excuse mais comme je le répète j'ai des « circonstances atténuantes ».
Un très grand merci pour leurs reviews à toutes les personnes non inscrites sur le site : Svarog, Vendetta, mOa Hermy, Tite Crote, Maryryder, Julie et Sycca qui m'a re reviewé en signe de son impatience lol, j'ai beaucoup apprécié ça m'a fait sourire… Alors Sycca, on est drogué de cette fic ? Une dose par mois ca ne te suffit pas ? Je vois qu'il t'en faut plus MDR !!!
Allez bonne lecture à tous !
Chapitre seize : Chanceuse fuite.
Quand Hermione revient à elle, elle fut immédiatement consciente de trois choses : de la dureté de la surface sur laquelle elle était allongée, d'un poids lourd en travers de ses jambes et de la voix frénétique et hystérique de sa mère quelque part dans les environs.
En geignant, elle ouvrit les yeux et essaya de se concentrer sur quelque chose à travers la faible lumière qui se diffusait dans la pièce. Elle n'avait aucune idée d'où elle se trouvait.
Soudainement, la voix de sa mère se fit plus claire et elle se retrouva à être durement secouée par les épaules.
« Que… Que s'est-il passé ? » marmonna t-elle la voix rocailleuse, en essayant de repousser ces mains.
« Chérie ? Hermione ? Peux tu m'entendre ? Tu vas bien ? »
Elle plissa les yeux puis fut finalement capable de faire la mise au point sur les visages terrifiés de son père et de sa mère qui tous deux poussèrent visiblement un soupir de soulagement pendant qu'elle se secouait la tête afin de tout rendre clair.
« Ca va », dit-elle alors que tout lui revenait précipitamment à l'esprit. « Je vais bien. Où est le professeur Rogue ? »
Elle eut du mal à s'asseoir, luttant contre une vague de migraine, le lourd poids compressait toujours sa jambe droite sur le sol dur en bois. Elle fit un mouvement pour le repousser et se glaça, son estomac se retourna. Le poids lourd était le professeur Rogue. Il était aplati, écarté n'importe comment en travers du sol, complètement sans réaction.
« Professeur ! » appela t-elle instamment, son ventre se tordait de peur alors qu'elle se souvenait du barrage de sortilèges qui avait été érigé contre eux pendant qu'ils transplanaient. Elle envoya une prière silencieuse à quiconque pourrait l'entendre, pour que le dernier sortilège n'eut pas atteint son but. Réussissant à extraire sa jambe de dessous la sienne, elle s'agenouilla près de lui, sur son côté. Ses parents regardaient emplis de peur, pendant qu'elle le retournait doucement mais avec quelque difficulté sur le dos, elle remarqua le trou déchiré dans le dos de ses robes, là où un sortilège était passé au travers.
Son visage n'était pas marqué, ses yeux étaient fermés et elle hésita un instant avant d'écarter le col montant de sa chemise afin de trouver le point de pulsion sur son cou. Elle trouva son pouls, il était rapide et fort.
« Je crois qu'il a juste été stupéfixié », dit-elle avec soulagement. Elle chercha sur le sol autour d'eux sa baguette qui finalement se trouvait encore fermement agrippée par la main de Rogue. Elle l'extrait de ses doigts et prenant un grand souffle, prononça, « Enervatum ».
Il se passa un moment angoissant durant lequel rien ne se passait, puis Rogue ouvrit les yeux et toussa affreusement.
« Professeur ? » dit-elle avec douceur.
« Son regard se tourna vers elle, il battit des paupières, essayant d'éclaircir sa vision.
« Miss Granger », dit-il alors qu'il se remettait difficilement debout, un peu déséquilibré, il enleva son épaisse cape de Mangemort et la laissa choir sur le sol. « Vous allez bien ? »
Elle approuva d'un signe de tête et se tourna vers ses parents qui étaient restés dans l'incertitude, debout au milieu de la pièce, et paraissaient désorientés par leur voyage en Portoloin. Regardant autour d'elle pour la première fois, Hermione réalisa que la pièce n'était pas seulement vide, mais aussi sans fenêtres, éclairée par quelque invisible magique source de lumière.
« Mr et Mrs Granger », dit-il. « Je m'excuse de ma brusquerie mais il était absolument impératif de vous emmener loin de votre maison le plus tôt possible. Je ne sais pas jusqu'à quel point votre fille vous a parlé de- »
« Nous savons ce qui aurait pu se passer », l'interrompu brusquement la mère d'Hermione, elle était vraiment ébranlée et elle agrippa la main de son mari. « Nous avons lu la Gazette du Sorcier durant ces trois dernières années ».
Rogue sembla pousser un soupir à l'idée de ne pas devoir expliquer ses actes à des parents en colère. Hermione, cependant, se mordit la lèvre nerveusement à la vue de son père se dirigeant vers son professeur.
« Ce que je ne comprends pas », dit Adam Granger d'une voix dure, « c'est pourquoi vous saviez qu'ils allaient venir et pourquoi vous êtes habillé comme l'un d'entre eux ».
Rogue jeta un coup d'œil vers Hermione comme pour lui poser une question, et elle, comprenant sa question silencieuse, répondit sans un mot par une négation de la tête ; elle n'avait jamais rien de plus dit à ses parents que ce qui était mentionné dans la Gazette à propos de l'Ordre ou de la guerre.
« Papa », soupira Hermione. « Peut-être devrais-je expliquer- »
« Non, permettez-moi de m'expliquer, miss Granger », la coupa Rogue, « mais avant, peut-être vous donneriez vous la peine de passer dans une pièce un peu plus confortable ».
Hermione et ses parents restèrent à fixer dans le vide les murs nus de la pièce dans laquelle ils se trouvaient, se demandant comment ce serait possible.
« Si vous me suivez », dit Rogue en marchant vers un des murs, dans lequel une porte s'était matérialisée à son approche. Il les conduisit à travers un court couloir en pente, puis une montée d'escaliers menant à un petit salon. Les murs étaient peints d'un délavé blanc, sans aucun tableau, la monotonie était seulement rompue par une petite cheminée et un porte manteau en bois.
Ensuite, il y eut un Crack perçant et pendant une seconde, Hermione eut peur que les autres Mangemorts les aient suivis, mais elle se retourna pour voir un Elfe de maison se tenant debout devant Rogue, il portait une serviette vraiment très sale et se tordait nerveusement ses petites mains.
« Maître Rogue ! », couina la créature. « Vous ne m'aviez pas dit que vous veniez et avec des invités en plus ! Kimby n'a pas préparé la maison pour des invités ! »
Hermione regarda Rogue pleine de surprise. Elle avait cru qu'il les avait emmenés dans une maison de planque utilisée par l'Ordre. Elle n'avait cependant pas deviné qu'il pouvait s'agir de sa propre maison. Elle écouta avec intérêt ce que Rogue était en train de dire à l'Elfe, surprise encore une fois, du ton poli par lequel il s'adressait à la créature.
« Tu n'as pas à t'inquiéter Kimby », dit-il. « Nous ne devrions pas rester longtemps. Pourrais-tu nous apporter du thé ? »
L'Elfe approuva vigoureusement et disparut dans un plop.
Un feu surgit de l'âtre et Rogue montra le canapé et les fauteuils disposés sommairement en demi-cercle en face de la cheminée. Un moment plus tard, un service à thé en argent apparut sur la table basse en face du canapé. Une fois qu'ils furent tous assis, Rogue s'expliqua, aussi brièvement que possible, sur comment il en était venu à apprendre les évènements prévus pour la nuit.
Les Granger furent silencieux durant la majeure partie de son explication jusqu'à ce que la mère d'Hermione commente à la fin, « Pourquoi Hermione ? Qu'a-t-elle fait pour subir cela ? »
« Maman », dit-elle, « N'as-tu pas écouté ce qu'a dit le professeur Rogue ? Ce n'est pas une revanche. Ils ont juste une soif incommensurable de pouvoir et de domination et ils suppriment quiconque menaçant leur dogme ou qui ose se mettre en travers de leur but. Ca n'a rien à voir à propos de ce que j'ai fait, c'est par rapport à ce que je suis ».
Rogue s'éclaircit la gorge. « Ce n'est pas tout à fait exact miss Granger ».
Elle le fixa étonnée. « Que voulez-vous dire ? Vous êtes pourtant celui qui m'a dit que- »
Il leva la main. « C'est une partie de leur raisonnement », admit-il. « Cependant, vous êtes aussi une amie de Potter, ce qui fait de vous une cible, uniquement afin de le blesser et pour une raison que je ne connais pas, le Seigneur des Ténèbres a été mis au courant qu'aussi vous travaillez avec moi ».
Hermione pâlit et sa mère eut l'esprit confus mais son père assis dans un fauteuil se raidit, ses yeux lançant des éclairs.
« Etes-vous en train de me dire », énonça t-il d'une voix sourde, « que, vous -un professeur chargé de protéger ma fille- avez provoqué le danger sur nous ce soir ? »
« Mr Granger » dit-il d'une voix égale bien qu'Hermione pouvait voir la veine de sa tempe pulser de colère devant l'allégation de son père. « Je ne nierai pas que cette situation est en partie due au fait que votre fille travaille avec moi. Cependant, en aucune façon je n'avais l'intention délibérée de la mettre en danger. Il y a des circonstances atténuantes que nous ne pouvons pas contrôler et qui ont amené à l'altercation de ce soir. Il y a quelque chose en dehors de l'Ordre du Phénix qui transmet des informations vers l'autre côté et c'est à cause de cela que les Mangemorts ont su que votre fille travaille avec moi et qu'ils l'ont prise pour cible de leur attaque ».
Hermione poussa un soupir de soulagement en voyant son père se rasseoir quelque peu calmé.
« Je ne comprends pas », dit sa mère. « S'ils pensent qu'Hermione vous avait aidé, pourquoi voulaient-ils la tuer ? »
Rogue se massa l'arrête du nez avant de parler. « Ils n'avaient aucune intention de tuer votre fille ce soir, Mrs Granger ».
« Quoi ? » s'écria Hermione. « Mais Malfoy était- »
« Malfoy sert plus ses propres intérêts que ceux du Seigneur des Ténèbres », dit Rogue avec dérision. « Heureusement, en quelque sorte, ça m'a rendu la tache plus facile afin d'expliquer mes actions de ce soir. Comme je le disais, le Seigneur des Ténèbres connaît votre amitié pour Potter. Il sait aussi, je ne vois pas comment il l'a appris, que vous avez plus de respect pour moi que n'en ont vos autres camarades et il veut que j'utilise cela. Il croit que si vous veniez à me faire suffisamment confiance, je serais capable d'obtenir des informations de vous concernant Potter et de les lui transmettre ».
« Oh ». Hermione repensait à ce que Rogue lui avait dit et cela prenait sens cependant, ce qui s'était passé ce soir devait-il en faire partie ?
Anticipant sa question, Rogue inclina le tête et lui dit « Il croit que votre confiance –ou plutôt votre gratitude serait le mot qui convient- serait chose acquise si j'arrivais à temps pour vous sauver. Vous seulement ».
« Oh mon dieu », murmura la mère d'Hermione, réalisant juste à ce moment là, à quel point ils furent proches de la mort.
Voldemort avait prévu de tuer ses parents, croyant que son désespoir la rapprocherait de Rogue. Sa gratitude pour lui, son sauveur et ses remords à lui pour avoir échoué à sauver ses parents, auraient donné à Hermione des raisons pour se réfugier vers lui. Elle aurait recherché de l'affection et un guide auprès de la seule personne qui comprenait de quoi il était question, et lui cherchant son pardon l'aurait écoutée et guidée, obtenant par ce procédé, des informations sur Harry qu'il aurait transmises à Voldemort.
Hermione regarda ses parents, le visage blême, tous deux assis sur le canapé. L'expression de son père passa de choquée à résignée. Il se leva, traversa la pièce et se plaça en face de Rogue.
Rogue, lui aussi se leva de sa chaise, incertain de ce que serait la réaction de l'homme plus âgé que lui.
« Il semble », dit Mr Granger en s'éclaircissant la gorge, « que je vous dois des excuses pour mon ressentiment de tout à l'heure et aussi, de vous remercier de nous avoir sauvé la vie ». Il offrit sa main à un Rogue surpris qui écarquilla les yeux durant une seconde sur l'homme en face de lui, avant de lui rendre la pareille en lui serrant la main.
La mère d'Hermione, se leva elle aussi de son siège et prit les mains de Rogue dans les siennes, lui murmurant avec douceur ses propres remerciements.
Rogue se sentit quelque peu mal à l'aise par toutes ces attentions et marmonna quelque chose à propos de ses agissements. « -impensable de ne rien faire en sachant cela ».
Cependant, ce n'était pas vrai, réalisa soudainement Hermione. Elle se souvint de ce qu'il lui avait dit il y a des semaines de cela avant qu'ils commencent à travailler ensemble « J'étais là-bas. J'ai su ce qui allait se passer une heure avant et je n'ai rien fait pour les sauver. Je n'ai pas jeté de sortilège mortel, mais je suis resté sans rien faire et j'ai regardé les autres les torturer, les massacrer puis les tuer ».
Pourquoi n'était-il pas resté debout à regarder ce soir, attendant la dernière minute pour la sauver comme l'avait planifié Voldemort ? Qu'est-ce qui l'avait poussé à tout risquer, sa position dans les rangs de Voldemort et sa propre vie afin de sauver la vie des parents moldus d'une élève ?
Impossible de dire qu'elle n'était pas reconnaissante, elle ne savait pas comment elle pourrait jamais être en mesure de rendre au maître des Potions la pareille pour son acte désintéressé, mais que lui avait déjà dit Dumbledore à propos de la guerre ? La vie est précieuse mais sacrifier une vie pour la poursuite de notre cause a déjà été nécessaire par le passé et cela se reproduira.
Si la position de Rogue parmi les Mangemorts était mise sur la sellette à cause de sa décision, le Directeur pensera t-il que son action en valait la peine ? Si ça avait été n'importe qui en dehors des parents d'Hermione, aurait-elle pensé que le fait de sauver la vie de deux Moldus valait bien plus la peine que de faire exploser sa couverture d'espion ? Aussi dérangeant que cela pouvait l'être, sa réponse eut été non.
Elle se rendit compte qu'elle était perdue dans ses pensées depuis un certain temps alors que Rogue était toujours en train de parler à ses parents.
« -reste encore beaucoup à discuter », disait-il, « cependant, je pense qu'il vaut mieux attendre que le Directeur arrive. Sans aucun doute, il est au courant de la situation et il sera là dès que tout danger sera écarté ».
« Quand pourrons-nous rentrer à la maison ? » demanda Mr Granger. Rogue hésita et Hermione vit dans les yeux de sa mère qu'elle avait compris. Elle avait vu les photos dans les journaux, les Mangemorts ne se contentaient pas de tuer, ils détruisaient.
« Ne faites pas de prévisions trop hâtives », prévint Rogue. « Il serait plus sûr pour vous de rester ici jusqu'à l'arrivée du Directeur. Il y a une chambre où vous pouvez vous reposer si vous le souhaitez ».
Le maître des Potions claqua des doigts et Kimby réapparut.
« Oui, maître ? » dit-elle.
« Emmène les invités à l'étage », ordonna Rogue. « Montre leur la chambre d'amis et donne leur tout ce dont ils ont besoin ».
Il se tourna vers Hermione et ses parents. « Je sais que le sommeil sera dur à venir étant donné les circonstances », dit-il « cependant, ce fût une soirée éprouvante, je vous conseille donc d'essayer de vous reposer ».
Les parents d'Hermione renouvelèrent leurs remerciements et se tournèrent pour suivre l'Elfe de maison à l'étage. Hermione hésita, elle voulait elle aussi remercier Rogue mais elle se trouva à court de mots. Sa gorge se serra brutalement et tout ce qu'elle réussit à faire fut un sourire rempli de reconnaissance, auquel Rogue acquiesça d'un signe de tête, puis elle se tourna pour suivre sa famille.
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A l'étage, Kimby amena les Granger dans une pièce simple avec deux lits jumeaux, un petit bureau et deux fauteuils. Le feu était allumé et la chambre semblait assez confortable.
« C'est vote pièce, monsieur et madame », couina l'Elfe avec politesse. « Vous faites savoir à Kimby si vous avez besoin de quelque chose. Thé, biscuits, plus de couvertures ». Elle se tourna pour s'adresser à Hermione. « Vous miss, c'est la porte d'à côté. Vous aussi, vous faites savoir à Kimby si vous avez besoin de quoi que ce soit ».
« Merci, Kimby » dit Hermione avec gentillesse. Les énormes yeux de l'Elfe s'agrandirent devant l'expression de gratitude et elle disparût dans un pop.
Hermione se tourna vers ses parents, attendit seulement une seconde avant de les prendre dans ses bras en une chaleureuse et étroite étreinte.
« Je suis tellement désolée », murmura t-elle la tête dans le gilet de sa mère. « Tout est de ma faute. Je- »
« Non » dit sa mère avec fermeté. « Hermione, ce n'est pas ta faute. Tu l'as dit toi-même, c'est ce que tu es. Tu ne peux pas changer ça ».
« Mais si je n'étais pas… » elle se tût. Si elle n'était pas une sorcière, si elle n'était pas l'amie de Harry, si elle n'était pas une Gryffondor bornée et tenace, peut-être que rien de tout cela ne se serait passé.
« Il y a certaines choses que tu ne peux pas changer, Hermione », dit son père gravement. « Et d'autre que tu ne peux pas contrôler. Les seules personnes responsables de ce qui est arrivé ce soir, sont ce sorcier démoniaque et ses partisans – personne d'autre, et sûrement pas toi ».
Elle leva les yeux et rencontra ceux de son père, voyant la sincérité dans son regard. Il n'était pas juste en train de lui dire des paroles vides uniquement pour la réconforter et cela permis à son esprit de se sentir un peu apaisé.
« Mais notre maison », murmura t-elle. « C'est… que va-t-on faire s'ils ont… »
« Les maisons peuvent être remplacées, Hermione », rassura sa mère. « Tout ce qui constitue un foyer est dans cette pièce ».
« Je ne voulais pas paraître ingrate », murmura Hermione. « Par le passé, d'autres n'ont pas été aussi chanceux que nous. Le professeur Rogue a risqué beaucoup pour nous sauver ce soir ».
« Il semble être un homme compliqué », dit Mrs Granger. Hermione regarda sa mère. « Qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire ? »
« Oh rien vraiment, ma chérie », répondit-elle. « Nous lui sommes très reconnaissants et il semblait assez serviable ce soir, mais après l'avoir vu habillé comme l'un d'entre eux…enfin, les apparences peuvent être trompeuses, non ? »
Hermione écarquilla les yeux face à sa mère, incertaine de ce qu'elle essayait exactement de lui signifier quand elle croisèrent leurs regards. Voyait-elle quelque ultérieure motivation égoïste derrière l'intervention de Rogue, ou bien voulait-elle plutôt dire, comme Hermione l'avait elle-même découvert, qu'il était bien plus qu'un professeur pour elle ?
« Il est juste… ne le juge pas sur ce qu'il a à faire, maman », dit-elle enfin. « Il n'est pas ce qu'il semble être ».
Elle laissa ses parents se reposer s'ils le pouvaient, referma la porte et pendant un moment elle s'adossa contre le froid montant en bois. Sa tête lui tournait encore, probablement à cause de la combinaison du Transplanage mouvementé et du stress des évènements de la nuit. Un mouvement, en bas, dans l'entrée, attira son attention et elle vit Rogue émerger d'une autre pièce, mettant une baguette dans sa manche alors qu'il fermait la porte.
Elle se demandait s'il avait pu entendre a conversation qu'elle venait d'avoir avec ses parents, cependant, si ce fut le cas, il n'en fit aucune mention.
« Est-ce que ça va ? » demanda t-il, puis il soupira en fermant les yeux. « Bien sûr que vous n'allez pas bien. Pardonnez moi, c'était une question déplacée ».
Elle lui fit un petit sourire et marcha vers lui.
« Je vais mieux que ce que j'aurais du l'être », dit-elle avec calme « si vous n'étiez pas intervenu ce soir. Comment pourrais-je jamais vous remercier ? »
« Des remerciements ne sont pas requis », dit-il de cette façon sifflante et brusque dont elle était habituée et savait que cela voulait dire qu'il était mal à l'aise.
« Non », dit-elle avec douceur. « Mais ils sont mérités, néanmoins ».
Il la dévisageait de façon hautaine, son expression était indéchiffrable. « Vous devriez prendre un peu de repos », dit-il enfin en la dépassant par derrière dans l'étroit vestibule afin de monter les escaliers. Elle attrapa sa main lorsqu'il passa derrière elle et la frôlât, ce qui commença à l'irriter.
Il se tourna encore une fois pour lui faire face, et avant qu'il ait pu protester, (et la ca y est le moment que vous attendez tous depuis des lustres, le baiser ! le baiser !), elle relâcha sa main pour l'entourer en passant ses bras autour de son dos, le serrant vivement de son étreinte. (Bah non pas de bisous, l'auteur est sadique hein ? Oui je sais MDR, j'aurais trop aimé voir vos têtes à ce moment la !)
« Merci », chuchota t-elle dans la laine râpeuse de sa redingote.
Face à son étreinte, il se raidit d'abord puis elle le sentit pousser un soupir et se relaxer. Ses bras virent l'entourer elle avec hésitation, une main reposant légèrement sur sa chute de reins, l'autre contre la masse de boucles au niveau de sa nuque. Juste pendant un instant, elle crut le sentir poser son menton sur le sommet de sa tête, avant qu'il ne s'écarte, ses bras glissant de son dos jusqu'à ses épaules.
Elle leva les yeux, quelque peu embarrassée de son intrépide démonstration d'affection, mais aucun regret n'apparut dans son regard quand elle rencontra ses yeux. Il n'y avait ni malaise, ni trace de dérision ou de tentative pour la repousser cette fois-ci. Ils étaient seulement remplis de chaleur, de compassion et de sincérité.
« Je n'ai toujours pas eut l'opportunité de vous remercier d'ailleurs », dit-il, et devant son regard étonné et désappointé, il s'expliqua, « pour votre cadeau de Noël ».
« Oh », elle sourit timidement. « L'avez-vous apprécié ? »
« Enormément », répondit-il. « C'était à la fois inattendu et bien pensé ».
Son sourire s'agrandit et elle répliqua, « Tout comme l'était le votre. Merci, monsieur ».
Il semblait qu'il était sur le point de dire quelque chose, car il avait ouvert la bouche mais ensuite, il la referma et laissa ses mains tomber de là où elles étaient posées sur ses épaules.
« Vous devriez vraiment vous reposer », lui proposa t-il de nouveau.
Elle refusa de la tête, la réalité de la situation se jouait encore dans son esprit. « Je ne pense pas que je puisse dormir », murmura t-elle. « Il y a trop de choses qui embarrassent ma tête à cet instant. Quand Dumbledore sera-t-il là ? »
« Tôt demain matin, j'espère », répondit-il, puis après un moment, « Voudriez-vous boire quelque chose ? Un peu de thé peut-être ? Ca devrait vous aider à dormir ».
Elle approuva de la tête avec gratitude et le suivit descendre les escaliers vers la cuisine qui ressemblait vaguement à celle du 12, square Grimmaurd, avec sa longue table en bois au centre de la pièce.
« C'est votre maison alors ? » demanda t-elle alors qu'il sortait la baguette qu'elle venait de le voir mettre dans sa manche un peu plus tôt, afin de conjurer une théière fumante.
« C'est ma maison », dit-il en sortant deux tasses d'un placard et en l'enjoignant de le suivre dans le lounge. « Mais ça serait absurde de l'appeler mon chez moi. J'ai du y passer, trois semaines peut-être durant les vingt dernières années, mais c'est Incartable et elle s'est avérée être une maison utile et sûre ».
Il lui offrit une tasse de thé, en prit une pour lui-même et s'assit à une des extrémités du canapé. Hermione qui frissonnait soit à cause du froid ou de ses nerfs –elle ne pouvait pas le distinguer – s'assit à l'autre bout du canapé, faisant face au maître des Potions, ses jambes repliées sous elle..
Ils restèrent silencieux pendant un moment, buvant leur thé et regardant fixement les flammes de la cheminée.
« Puis-je vous demander quelque chose, monsieur ? » dit-elle en posant sa tasse vide sur la table basse.
Au lieu de son habituel sarcasme "même si je dis non, vous demanderez", il se racla encore une fois la gorge et posa lui aussi sa tasse vide sur la table.
« Je crois », dit-il lentement, « que vous pourriez m'appeler Severus, si vous le souhaitez ».
Elle se tourna pour le regarder qui restait à fixer pensivement la cheminée du regard.
« C'est seulement si vous voulez », continua t-il, un peu mal à l'aise. « J'ai pensé que… notre amitié… devrait être sur des termes équitables, étant donné que vous m'aviez demandé de vous appeler par votre prénom… » dit-il d'une traite avant de s'interrompre.
Hermione se tourna pour s'asseoir normalement sur le canapé, toujours en regardant le feu. Elle pouvait sentir l'immobilité silencieuse de Rogue à côté d'elle, presque comme s'il retenait son souffle, attendant qu'elle réponde.
« Merci », dit-elle puis elle ajouta avec hésitation, « S-Severus ».
Elle vit Rogue se détendre, très imperceptiblement, et elle le redit encore une fois, doucement, testant la sonorité qui sortait de sa bouche, s'habituant à la façon dont le prénom roulait sur sa langue.
« Je l'aime bien », dit-elle finalement en étirant ses bras au dessus de sa tête et en posant ses pieds sur la table basse.
Rogue se tourna pour la réprimander d'un sourcil levé. « Vous croyez que ça vous permet une telle impudence ? » questionna t-il en montrant ses pieds. « Je dois vous faire savoir que cette table a plus de deux cents ans ».
« Oups ». Elle gloussa nerveusement, retira ses pieds et remis ses jambes sous elle sur le canapé.
Quelque part dans le mouvement, elle se retrouva plus proche de Rogue – Severus ? non ça prendrait encore du temps avant qu'elle ne s'habitue à l'appeler ainsi - qu'avant, leurs épaules se touchant presque. Il ne fit aucun commentaire, et encore une fois, le silence tomba sur la pièce.
« Qu'arrivera t-il à mes parents ? » demanda t-elle tranquillement après plusieurs minutes. « Ils ne pourront pas retourner chez eux, n'est-ce pas ? »
Elle le sentit, plutôt qu'elle ne le vit, secouer négativement la tête, et elle se renfonça dans le canapé, baissa la tête si bien que ses cheveux tombèrent devant elle, cachant les larmes qui lui montaient aux yeux. Elle avait su depuis l'instant où Rogue était apparut dans le salon des Granger que la vie ne serait jamais plus la même pour ses parents, cependant, avoir la confirmation de Rogue l'amènerait à admettre la brutale réalité de ses pensées à propos de sa maison. En dépit de ce qu'avaient dit ses parents, comment pouvait-elle ne pas s'en blâmer, du moins en partie ?
« Non » dit Rogue la voix emplie de regrets. « J'ai peur que cela soit hors de question ». Sa voix semblait plus proche, et elle se rendit compte qu'il s'était tourné pour la regarder où elle était assise, les bras croisés, la tête baissée. Elle frissonna.
Rogue allongea le bras pour sortir sa baguette, et fit apparaître magiquement une autre bûche dans le feu, se trompant en pensant qu'elle frissonnait uniquement à cause du froid et non un mélange de peur et de froid. Hermione prit l'opportunité pour se rapprocher de son côté, recherchant à la fois du confort et de la chaleur. Il ne la repoussa pas et elle s'allongea le long de son côté, ferma les yeux et inhala le parfum de terre qui émanait de lui, comme la forêt après la pluie.
Elle frissonna encore une fois et le bras de Rogue qui reposait légèrement sur ses épaules, l'amena encore plus près de lui. Elle pouvait sentir la chaleur provenant de son corps à travers la laine de sa redingote et elle sentait que ses paupières s'alourdissaient, comme une étrange sensation de bien être, pour peu qu'elle pouvait appeler ça de cette façon, qui l'envahissait.
« est conftabl », murmura t-elle ensommeillée, et elle sentit plutôt qu'elle n'entendit la vibration ronronnante de sa voix quand il lui répondit, son souffle était chaud sur le sommet de sa tête. Quelque furent ses mots, elle ne put les comprendre et l'instant d'après, elle était endormie.
A suivre…
Une dernière petite note de ma part : j'ai vraiment beaucoup de travail entre la fac et la recherche d'un job pour payer le loyer (ben oui hélas lol si je pouvais vivre de mes trads… ah c'est beau de rêver, la vie est dure…) enfin bref, et donc si je trouve un boulot en plus des cours de la fac et du mémoire à travailler, il est certain que je ne vais plus pouvoir tenir mes délais habituels de deux à trois semaines entre chaque post. Je pense pouvoir traduire un chapitre par mois environ. Si je peux, j'essaierais d'en faire plus mais je ne garantis rien, donc quelques fois vous aurez peut-être une bonne surprise, sait-on jamais ? ;-P
Merci de me lire et de continuer à me reviewer !!! Les commentaires (de toutes sortes) sont toujours appréciés !
