Avant l'Aurore

Traduction par Del Naja

Disclamer : Personnages et lieux à JK Rowling, l'histoire est celle de Snarkyroxy, je ne fais que la traduction.

Le petit mot de moi : Encore plus longue que prévue désolée vraiment ! Comme j'ai eu beaucoup de reviews de personnes non inscrites sur FF, je n'allais quand même pas les laisser sans réponse ! Tant pis si je me fais taper sur les doigts… Ah et aussi ça fait un an et deux jours que j'ai commencé à traduire cette fic ! C'est le premier anniversaire de la version française de Before the Dawn lol ca se fête ! Et aussi je vous souhaite à tous une très bonne année 2007 chers lecteurs et revieweurs surtout ! Tout plein de bonheur, d'amour, de réussite (aux exams entre autres !), et de sous sous, ben quoi ? ca peut toujours servir lol !

Julie : Merci pour ta gentille review tout plein, ça fait toujours plaisir de lire que quelqu'un aime la traduction que l'on fait et que sans ça, la personne serait passée à côté de l'histoire. Sinon ca va pas la tête dire que Sevy à drogué Hermione non mais ca va pas lol ! Non non tout est naturel, c'est ca la magie de l'histoire lol !

Sycca : Voila la suite mais toutes mes excuses, encore une fois j'ai été longue… No comment.

Babou : Salut toi ! Alors ces petits jours de « vacances » bien ? Comme tu peux le voir puis le lire, j'ai mis à profit les miens lol !

SUPERFAN : Roh tu sais que j'adore ton pseudo toi !!! Merci de tes encouragements, j'apprécie beaucoup ! Plein bisous à mon plus grand fan lol !

Vendetta : tout à fait d'accord avec toi sur un Sevy timide et adorable !

mOa Hermy : Hé oui je sais pour mes délais d'update vraiment désolée mais je ne peux pas faire plus, hélas… L'action va y en avoir lol !

Shaolan : J'adore quand les mots ne viennent pas chez toi lol ! Surtout pour me faire une telle effusion ! on peut dire que tu l'aime la fic lol ! ne changes rien, j'adore ta review j'ai bien rigolé le bisou ! le bisou ! Et au fait, j'espère que tu ne t'es pas pendue car tu aurais du mal à lire ce nouveau chapitre ;-)

Maryryder : Et une nouvelle accro, une ! Tant mieux, honorons notre couple SS/ HG préféré lol !

Tite crotte : tu sais qu'il est vraiment bizarre ton pseudo lol ?! A chaque fois ca me fait bizarre à moi XD ! M'enfin merci pour ta review, vraiment ! Et j'espère que toi aussi tu as passé de bonnes fêtes ?

Coudboul : ouh la voila la suite, j'espère que tu n'as pas trop attendu, j'ai peur de me prendre un coup de boule lol, j'espère que toi pas etre trop pas content ? lol

Chapitre 17 : Points de vue

Severus Rogue baissa son regard sur la tête broussailleuse qui avait d'une certaine manière trouvé sa place contre son côté à lui. Sa propriétaire était entièrement allongée contre lui et émettait de petits ronflements, la fatigue l'avait finalement emporté sur les tragiques évènements de la nuit.

Il ne savait pas ce qui l'avait possédé pour rester ainsi quand elle s'était rapprochée pour la première fois de lui sur le canapé, ni ne savait quelle partie de son cerveau avait donné l'ordre à son bras de s'enrouler autour de ses épaules et de l'amener encore plus près de lui.

Il lui sembla que peut-être ce n'était pas son cerveau qui donnait les ordres après tout. Rapidement il repoussa cette pensée, se maudissant lui-même pour laisser son esprit divaguer ainsi. A quoi était-il en train de penser ? Ses parents étaient à l'étage et le Directeur pouvait arriver à n'importe quel moment, probablement par la cheminée du lounge au lieu la pièce d'arrivée de Transplanage à l'étage.

Précautionneusement afin de ne pas réveiller la jeune endormie, il s'extirpa de sa position, très gentiment l'allongea complètement sur le canapé. Elle murmura quelque chose d'absolument incompréhensible mais ne se réveilla pas. Il fronça les sourcils, fit apparaître magiquement un coussin sous sa tête pour ne pas qu'elle se réveille avec la nuque coincée, elle changea de position, ses bras se serrèrent sur sa poitrine.

Il faisait froid, remarqua t-il, même avec le feu qui brûlait encore. Il balayait la pièce du regard, cherchant quelque chose qui se prêtait à la métamorphose en couverture, cependant ses recherches furent bien courtes. Il n'était pas surprenant que la pièce était si dépourvue, étant donné le temps qu'il avait ou plutôt n'avait pas passé ici.

Soupirant, il retira sa redingote et la transforma, enveloppa la silhouette d'Hermione de la couverture ainsi faite. Elle continuait de respirer profondément, une mèche de ses cheveux s'était égarée sur son visage et se soulevait et retombait à chaque respiration. Il tendit le bras afin de la dégager mais retira brusquement sa main avant de la toucher.

Que suis-je en train de faire ? pensa t-il, se détournant de la jeune femme et s'en alla à grands pas dans la cuisine. Il farfouilla à travers les placards vides et désaffectés jusqu'à ce qu'il tombe sur une très ancienne bouteille à moitié vide de whiskey Pur-Feu Vieil Ogden. La recherche d'un verre approprié ne donnant rien, il se servit donc une dose de l'alcool dans une tasse à café et l'avala cul-sec.

C'était probablement de la folie de commencer à boire à cette heure-ci. Une rencontre avec le Seigneur des Ténèbres était imminente et il se sentait encore légèrement nauséeux à cause du Transplanage et des résidus du sortilège qui lui avait traversé le corps quand ils quittaient la maison des Granger. S'ils avaient hésité une fraction de seconde de plus, l'Impardonnable l'aurait touché. En fait, le sort passa à travers l'espace qu'il avait occupé et les rayonnements résiduels qui s'étaient accrochés aux dernières particules de son corps quittant la maison lui avaient laissé des effets atténués du plein sortilège. Il se demandait pourquoi Hermione n'avait pas elle aussi montré des signes d'inconfort. Peut-être avait-il réussi à la protéger en encaissant le plus fort du sortilège. Cependant, à cause de la confusion des émotions dans laquelle elle se trouvait sans aucun doute après les évènements de la nuit, ce n'était pas surprenant qu'elle n'avait pas remarqué que physiquement elle était malade. Il jeta un œil à travers la porte entrouverte et put juste discerner sa tête broussailleuse par-dessus l'accoudoir du canapé. Elle était toujours endormie.

Le fait de se rendre compte de comment, à la fois de façon sûre mais tout en subtilité, la fille Granger avait fait son chemin dans sa vie, était surprenant… et déstabilisant. Ayant grandi dans une petite famille, Severus Rogue n'avait jamais été une personne qui voulait être entourée de plein de gens. Les couloirs pleins d'agitation et la bruyante salle commune de Serpentard à Poudlard avaient été un choc pour un jeune garçon habitué au silence et à la solitude et il avait pris la bibliothèque pour refuge dès son premier jour à l'école.

Maintenant en tant qu'homme, il recherchait la solitude pour différentes raisons. Il avait fait l'erreur dans l'emportement de sa jeunesse de faire en public une démonstration de ses sentiments, et il avait durement payé pour cela, tout comme la personne qui avait reçu cette déclaration. Il s'était fait le serment de ne plus jamais permettre à quiconque de devenir si proche, de crainte qu'ils ne souffrent de la même fatalité. Il avait assez de sang d'innocents anonymes sur les mains pour ne pas ajouter à la liste celui des personnes qu'il connaissait.

Et dorénavant, cette fille – ou plutôt jeune femme, bien qu'il n'eut jamais osé l'admettre si ses pensées ne s'étaient égarées – avait fait son chemin dans sa vie d'une façon si inattendue qu'il avait tout risqué cette nuit… et pas seulement pour la sauver elle mais aussi les personnes qui comptaient pour elle mais qui ne signifiaient rien pour lui.

S'inquiétait-il d'elle à ce point pour qu'il agisse ainsi afin de la préserver de l'angoisse émotionnelle due à la perte de ses parents ? Pour autant que cela le perturbait, c'était vrai. En sauvant sa vie, il aurait pu se dire qu'il avait accompli son propre besoin égoïste… mais justement, ce besoin égoïste ne requérrait pas de lui qu'il sauve ses parents… des Moldus.

Il avait hait Dumbledore pour les avoir forcés à travailler ensemble puis elle aussi pour son acceptation facile de la situation. Il ne voulait pas d'une assistante et il n'avait certainement pas besoin d'une infirmière ou d'une nounou. Donc, comme à son habitude, il l'avait submergée de sarcasmes, méprisée, insultée à chaque fois, n'attendant que le moment où elle jetterait sa baguette et sortirait en furie de son laboratoire, jurant au Directeur qu'elle ne pouvait pas travailler avec un si cruel et déplaisant bâtard.

Cependant, elle ne l'avait pas fait et s'était pris chaque insulte en face. Comme la déterminée Gryffondor qu'elle était, elle avait fait voler en éclats l'apparence du personnage qu'il s'était soigneusement construit, ses dernières résistances vaincues par une main guérisseuse et une douce caresse, tard une nuit dans le bureau du Directeur. Il avait été troublé par la facilité avec laquelle elle avait fait s'effondrer ses barrières. Etait-il si privé de toucher humain qu'une simple main tendue en assistance était tout ce qui avait suffit à la faire céder ?

Non, ce n'était pas ça. Le toucher de n'importe qui d'autre ne l'aurait pas affecté autant. Seulement, il y avait juste quelque chose chez cette jeune Gryffondor, quelque chose d'inexplicable qui l'avait fait la regarder autrement, réussissant à ce qu'il la perçoive au-delà de l'insupportable miss-je-sais-tout dont il l'avait depuis toujours affublée.

Quand il l'observait, il voyait quelqu'un comme lui, d'une certaine manière, mais aussi complètement différente. Sa soif de connaissance s'apparentait à la sienne et il avait été agréablement surpris de se rendre compte que son intelligence allait bien au-delà du simple fait de réciter ses livres de cours.

Il s'en serait rendu compte bien plus tôt, évidemment, si elle n'avait pas été une Gryffondor. Il reconnaissait maintenant que son « sur-enthousiasme » avait été une conséquence d'un besoin de rentrer dans le moule, de se prouver elle-même qu'elle faisait pleinement partie de ce monde qui lui dit encore qu'elle n'y appartient pas.

Contrairement à lui, elle a un petit groupe d'amis proches. Au lieu de l'avoir fait faite écarter, son attitude studieuse l'avait rapprochée d'eux et leurs loyautés entre eux n'atteignaient aucune limite. Combien aurait pu être différente sa vie s'il avait eut des amis comme cela… comme elle ?

Elle te considère comme son ami, se rappela t-il, se demandant comment cela s'était produit. C'était de son plein gré, vraiment. Une fois qu'il avait mis de côté son initiale frustration devant son refus à elle d'être déconcertée par lui, il avait vraiment pris sur lui-même pour lui enseigner en privé. Potions est une matière obligatoire et la plupart des cornichons ne veulent ni ne méritent d'être en classe. Pourquoi ne devrait-il pas prendre plaisir à enseigner à une des rares élèves qui voulaient sincèrement et sérieusement apprendre ?

L'incident avec Goyle l'avait effrayé, lui autant qu'elle, et encore cette fois-ci, il avait essayé de la blâmer de cette altercation à cause de leur association. Le Directeur n'avait pas voulu qu'ils se séparent cependant inquiet pour sa sécurité, il avait été d'accord pour qu'elle utilise le passage secret vers le labo via ses appartements. Ce fut sa perte. Cela lui avait donné un moyen d'entrer non seulement dans son travail mais surtout dans sa vie et elle avait prit ça comme un signe de lui qui l'acceptait.

Etrangement, elle comprenait son sarcastique sens de l'humour et elle le lui retournait autant qu'elle en recevait. L'explosion de chaudron et en retour pour elle l'incident de la Crème Canari au début du mois de décembre avait été la première fois qu'il avait ri, un rire vrai et authentique, depuis un bon moment et il était déroutant pour lui de se rendre compte à quel point il appréciait sa compagnie.

Ensuite, ce fut alors qu'il la repoussa encore, seulement cette fois ce n'était pas parce qu'il ne la voulait pas près de lui, mais justement parce qu'il la voulait. Elle fréquentait le labo de plus en plus souvent, même en dehors des jours convenus dans leurs emplois du temps. Le comble pour lui fut quand il se trouva à regarder la pendule en attendant d'entendre le léger clic de la porte ; signe qu'elle était dans le salon, le bruissement de sa cape qu'elle accrochait au portemanteau, puis son placide salut quand elle entrait dans le labo.

Il l'avait emmenée voir le Moonfilly cette nuit-là. Elle s'était montrée à la fois prudente et responsable. Elle aurait besoin de savoir comment collecter ces ingrédients s'il ne pouvait pas le faire lui-même.

Une mention de sa Marque des Ténèbres fut tout ce qu'il le ramena brutalement à la réalité. Il l'avait laissée devenir trop proche, l'amenant dans une expédition afin de rencontrer une créature à qui il avait promis la solitude, lui montrant une part de lui dont il n'avait jamais voulu que les autres voient. Il n'avait pas besoin d'une assistante, d'une camarade, d'une amie, et ce qu'il voulait était sans importance. Elle était trop intelligente et utile pour risquer à se rapprocher encore de lui, décida t-il en réprimant la voix dans sa tête qui lui disait qu'elle devait beaucoup compter s'il se souciait autant d'elle pour éviter de la mettre en danger.

Il s'en était verbalement pris à elle violemment et pour la première fois depuis tout ce temps ses mots l'avaient atteinte en plein cœur. Il avait cassé tout un lot de fioles en cristal quand elle était partie, démolit une étagère sur laquelle se trouvaient des gobelets quand le lendemain il s'était retrouvé à guetter les habituels bruits de son arrivée. Elle n'était pas venue et il pensa qu'il avait finalement réussi à la faire fuir. La sensation de perte était évidente.

Cette nuit-là après que le Lord Noir lui avait mis de force sa propre potion dans la gorge, fut la première fois où Severus Rogue eut jamais applaudit la loyauté et le courage d'une Gryffondor. Elle s'était aventurée dans sa chambre après les si durs mots de séparation de l'avant-hier, purement par préoccupation pour sa santé. Ses faibles tentatives pour la repousser cette nuit là ne durèrent pas longtemps malgré son inquiétude à lui pour sa sécurité à elle, il s'était résigné au fait qu'elle était là pour rester. Ses mains rafraîchissantes et sa douce voix lui avaient fait écarter ses réserves, cédant avec des protestations seulement hésitantes à l'aide qu'elle lui apportait dans son état de faiblesse. Cela faisait longtemps que quelqu'un ne s'était pas montré concerné par ses blessures, sans parler de vouloir les soigner. Peut-être que dans cette petite Gryffondor, qui était assez brave pour revenir s'aventurer dans son antre après son odieux comportement, il avait trouvé une amie sincère et loyale.

Le matin suivant avait été embarrassant, à la lumière du jour il s'était réprimandé pour sa faiblesse physique et mentale de la veille. Leur dispute après qu'il l'eut trouvée endormie dans son salon avait été animée, même si elle savait la vérité, il s'était disputé avec elle plus par embarras que par un vrai désir de continuer à l'écarter. Il détestait quiconque le voyait dans un tel état de faiblesse et d'impuissance comme il l'était la nuit d'avant, cependant elle avait eut la situation en main avec grâce et compassion et elle avait su quand reculer pour lui laisser de l'espace tout en restant à côté.

Il avait finalement cédé et admis de vive voix ce qu'il avait essayé de refuser d'admettre depuis des semaines, elle était vraiment le genre de personne qu'il pouvait considérer comme une amie… il la considérait déjà comme une amie. Le sourire qui éclata sur son visage lorsqu'il le reconnu, lui donna une dérangeante douleur quelque part au milieu de sa poitrine, dans un endroit qu'il pensait avoir plongé dans une permanente torpeur d'émotions.

Il avait été étonné de recevoir un cadeau de Noël de sa part, sans parler d'un si pratique et bien pensé. Ce n'était pas un geste de courtoisie après la réception de son cadeau mais plutôt un cadeau authentique d'une amie à un autre.

Et puis il y a eut les rassemblements. Inopportuns mais pas inattendus. Le Seigneur des Ténèbres prenait un plaisir particulier à interrompre les vacances, détruire les familles lors du peu de temps qu'ils passaient ensemble durant l'année.

Son sang s'était glacé quand Lucius avait dévoilé le plan, gagner la confiance de la fille en tuant ses parents et la secourir elle uniquement, à la dernière minute. Combien de fois s'était-il trouvé debout au sein d'un cercle de Mangemorts, écoutant de tels plans et ne faisant rien ? Combien de fois était-il resté sans bouger pendant que les hommes masqués jetaient le sortilège de Mort sur d'innocents sorciers nés de Moldus et leurs familles ? En quoi cette nuit fut-elle différente ?

En ce qui concernait son travail pour l'Ordre, non. Une autre attaque, une autre famille malchanceuse perdue par la cause du seigneur noir. C'était malheureux mais nécessaire, leur seul espion ne pouvait pas risquer de s'exposer pour avoir envoyé une alerte.

Il ne pouvait pas expliquer ce qui l'avait conduit à agir si irrationnellement. Il n'avait pas la moindre idée de comment expliquer ses agissements à Dumbledore, sans parler du Seigneur des Ténèbres. La seule pensée qui remplissait son esprit fut qu'elle aurait pu être atteinte – émotionnellement, si ce n'est physiquement.

Il aurait pu laisser les choses se faire si c'eut été quelqu'un d'autre ; il pouvait faire face à ses démons intérieurs, aux regards pleins de mépris, aux froids haussements d'épaules et la méfiance continuelle de ses collègues. Alors que la pensée de la voir accablée de chagrin et du sentiment de culpabilité était quelque chose que Severus Rogue pensait ne pas pouvoir supporter. Ce fut seulement à ce moment là qu'il réalisa qu'elle était vraiment son amie. Il risquait sa vie tous les jours mais pour qui, alors que pour une amie il aurait sciemment ne pas tenu compte des ordres explicites de ses deux maîtres, se mettant lui et sa vraie cause en danger afin de la mettre à l'abri des blessures ?

Ca avait été un acte stupide et insensé, réalisa t-il en laissant sa tête tomber dans ses mains. Dumbledore pourrait comprendre ses motivations pour avoir agit ainsi… espérait-il. Le Seigneur des Ténèbres était une autre affaire. Alors qu'au même, sa Marque des Ténèbres l'élançait insidieusement, comme le signal indiquant que son maître était au courant de ses actions et aurait été en attente d'une explication dans un futur proche.

Il soupira, se versa un autre doigt de whiskey Pur-Feu dans la tasse de café et l'avala d'un trait quand il entendit l'explosion de la Cheminette dans la pièce d'à côté, signalant l'arrivée du Directeur.

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Hermione se réveilla, désorientée pendant quelques secondes, avant de réaliser qu'elle était blottie sur le canapé dans le salon de la maison de Rogue. Il faisait toujours nuit dehors, la seule lumière et source de chaleur de la pièce provenait de la cheminée, où une bûche solitaire était en train de craquer tranquillement, luisant d'un orange profond, créant de sinistres ombres à travers la pièce.

Se redressant en position assise, elle se trouva enveloppée dans une douce couverture marron. Elle fronça les sourcils. D'où provenait-elle ? Réfléchissant une minute, sa conversation avec le maître des Potions lui revint. Elle souvint que ses paupières devenaient de plus en plus lourdes et que le sommeil l'avait finalement emportée. Avait-elle été en train de rêver quand elle s'était allongée sur lui et qu'il avait entouré ses épaules de ses bras ? Non, parce qu'elle pouvait encore sentir l'effluve de terre de ses robes et se rappeler de la vibration de sa voix quand il parlât.

La peur qu'elle avait ressentit plus tôt dans la soirée et le souci pour ce qui arriverait ensuite – à elle et ses parents – s'étaient de nouveau fait sentir. Le confort d'un corps chaud à côté d'elle l'avait faite se sentir en sécurité et elle avait laissé son épuisement prendre le pas sur son inquiétude. J'ai du m'écrouler endormie sur lui, pensa t-elle mortifiée.

Revenant au présent, elle entendit de faibles voix qui venaient de derrière la porte de la cuisine. Elle pouvait distinguer l'intonation grave de baryton de Rogue parler avec rapidité, et la voix reconnaissable sans erreur du Directeur lui répondre.

Se levant, bien que toujours drapée dans la chaude couverture, quelque chose la fit traverser silencieusement sur la pointe des pieds le salon jusqu'à la porte plutôt que de laisser ses pas annoncer sa présence. Les voix devinrent plus claires et elle épia précautionneusement à travers le trou de la porte.

Les deux enseignants étaient assis à la longue table de la cuisine. Le dos de Dumbledore était en face de la porte mais Rogue était assis de profil, habillé en bras en chemise, la tête plongée dans ses mains.

Hermione jeta un œil à la couverture qui était encore drapée sur ses épaules et amena un coin à son nez. Plus la peine de se demander pourquoi elle pouvait toujours sentir le parfum de Rogue. La couverture était sa redingote. Il avait du la transformer après qu'elle se fut endormie. Elle l'enveloppa plus étroitement autour d'elle, souriant légèrement.

La cuisine était éclairée par une unique bougie au centre de la table dont la flamme vacillait à chaque fois que Rogue levait la tête pour pousser un profond soupir. La lumière projetait ses ombres sur la plus grande partie de son visage, les cernes violacés sous ses yeux surprirent Hermione. Elle n'était pas la seule qui était au bord de l'épuisement après les évènements de la nuit, et elle se demanda si en fin de compte, le maître des Potions avait dormi. Cela aurait été surprenant, le connaissant comme elle le connaissait.

« Bordel, Albus ! » explosa Rogue, « vous m'aviez assuré qu'elle ne serait pas plus en danger à travailler avec moi qu'elle ne l'était déjà en étant amie avec Potter. J'ai du être idiot de penser que notre association serait passée inaperçue ».

« Non, nous n'avons aucune raison de croire qu'elle n'était pas déjà une cible », raisonna le Directeur. « N'essayez pas de prendre cela comme une excuse afin d'arrêter votre travail avec miss Granger, Severus ».

« Une excuse ? » s'exclama Rogue. « Pour le dire franchement Albus, la fille était à une longueur de baguette de se faire tuer ! C'est un peu tard pour des excuses, vous ne pensez pas ? Le Seigneur des Ténèbres sait qu'elle travaille étroitement avec moi et il est déterminé à se servir de cette collaboration à ses propres fins. Si elle doit continuer à travailler avec moi, dites-moi au moins pourquoi vous insistez tellement à nous pousser à être ensemble ? »

« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, Severus » répondit le Directeur.

« N'essayez pas de jouer à l'innocent avec moi, vieil homme ».

Hermione fut surprise du ton par lequel Severus s'adressa au Directeur. « J'ai été près de vous assez longtemps pour savoir qu'il y a bien plus que ce que vous me dîtes ».

« J'y ai plus vu une opportunité et j'ai voulu la saisir pour la développer », dit le Directeur avec douceur. « Je crois que nous avons des choses plus urgentes à discuter pour le moment, telles que comment garder les parents de miss Granger en dehors du danger et comment vous allez expliquer ce que vous avez fait à Tom. Vous a-t-il appelé ces dernières heures ? »

« Oui » dit Rogue, il se frottait machinalement l'avant-bras à travers sa chemise. « Ce n'est pas encore devenu insupportable. Il a du se rendre compte que j'aurais été retenu pendant quelques heures pour vous expliquer la situation. Pour le moment, il ne fait que me rappeler qu'il n'est pas content que lui aussi attend son explication pour bientôt ».

Hermione ressentit de nouveau une montée de terreur à la pensée de Rogue retournant s'expliquer avec Voldemort. Son ancien maître serait furieux. Ecouterait-il même n'importe quelle explication, ou bien tuerait-il sur le champ son déloyal serviteur ? Selon ce qu'elle avait lu et entendu, Voldemort n'avait pas une capacité particulière à contenir ses impulsions et quand il était en colère, qui sait ce qu'il pouvait faire ?

Soudainement, une vague de malaise la submergea et elle tendit ses bras devant elle, à la recherche du montant de la porte en guise de prise d'appui. Son bras heurta la porte qui grinça dans ses gonds, annonçant sa présence à Rogue et Dumbledore, qui à ce moment là, étaient assis en silence.

Elle fit un pas dans la pièce, toujours accrochée à la porte pour se soutenir, essayant de paraître comme si elle n'avait pas été debout et eut écouté depuis tout ce temps.

« Est-ce que tout va bien miss Granger ? » s'enquit le Directeur, la regardant avec concernement.

Elle sentit le regard de Rogue sur elle alors qu'elle contournait lentement la table, s'asseyant à l'opposée du Directeur.

« Je me sentais malade plus tôt », murmura t-elle, « mais j'ai pensée que j'étais simplement oppressée par toute cette situation. Je suis peut-être atteinte par quelque chose ».

« Je ne pense pas », répondit Rogue. « Plus probablement vous subissez les effets résiduels des malédictions que nous avons très étroitement évitées ».

« Que j'ai évité », le contredit-elle sèchement. « Vous n'aviez pas été si chanceux ».

Le Directeur haussa un sourcil envers Rogue et Hermione réalisa qu'il ne lui avait pas dit tout ce dont il en retournait.

« Pas de dommages permanents », dit-il en jetant un regard noir à Hermione.

« Hmm », dit le Directeur en fronçant les sourcils envers Severus avant de regarder à nouveau Hermione. « Peut-être que boire quelque chose peut vous faire du bien ? »

Elle jeta un coup d'œil à la bouteille de whiskey Pur-Feu sur la table puis re-regarda le Directeur, un sourcil levé.

« Peut-être quelque chose de plus léger, je pense, » dit-il. « Que diriez vous d'un peu de thé ? »

Elle refusa de la tête. « En fait, je ne suis pas sure de pouvoir garder quoique ce soit dans l'estomac en ce moment », dit-elle en baissant la tête dans ses mains.

« Une potion pour calmer les maux de ventre ne vous aiderait pas, hélas », parla Rogue à nouveau, « bien que dormir pourrait vous aider. Vous devriez ne plus ressentir de nausées d'ici quelques petites heures ».

« Pourquoi est-ce que je suis affectée et pas vous », murmura t-elle, et ce fut à son tour d'hausser un sourcil envers elle.

« Qui a dit que je ne l'était pas ? » lui retourna t-il. « Je suis plus enclin à dissimuler mes afflictions aux autres pour éviter qu'ils n'en tirent avantage ».

Il y avait du sarcasme dans ses mots mais Hermione n'en prit pas offense. Elle oubliait, parfois, combien il pouvait être bon à cacher les choses.

Certaines choses, se corrigea t-elle car à ce moment, Rogue siffla de douleur et agrippa son bras, se levant brusquement.

« Je dois y aller », laissa t-il échapper entre ses dents serrées. « Il devient très impatient. Je n'ose pas le rendre plus en colère en faisant encore attendre ».

Le Directeur approuva d'un signe de tête.

Rogue lança un coup d'œil à Hermione avant de se tourner pour quitter la pièce.

« Monsieur, attendez ! » dit soudainement Hermione, en sautant de la table. La couverture tomba de ses épaules et le maître des Potions s'arrêta près de la porte. Elle traversa la pièce et se retrouva debout devant lui, consciente que le Directeur regardait la scène avec intérêt.

« Je… » Rogue la regardait avec méfiance, et elle se rendit compte qu'elle devait faire attention à ce qu'elle disait devant Dumbledore. « Je voulais juste vous dire merci et…J'espère que… » Elle soupira et tendit une main au maître des Potions. « Bonne chance, monsieur ».

Rogue la contempla intensément, avant de prendre sa main dans les siennes.

Un instant plus tard, il était parti.

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A suivre…

Note de l'auteur : Comme vous l'avez probablement remarqué, c'est la première fois que j'ai utilisé le point de vue de Rogue dans cette histoire. J'ai décidé qu'il était temps pour lui qu'il ait son mot à dire sur certaines choses, et il y a des évènements qui se dérouleront à partir de maintenant qui ne tiendraient pas si j'utilisais le point de vue d'Hermione. Alors ? Est-ce que vous aimez ou non ce changement ? Faites le moi savoir !