Avant l'Aurore
by
SnarkyRoxy
Traduction par Del Naja
Disclamer : Personnages et lieux à JK Rowling, l'histoire est celle de Snarkyroxy, je ne fais que la traduction.
Le petit mot de moi : Bonjour à tous, encore une fois j'ai quelques jours de retard mais bon ça fait presque un mois lol... Allez on va dire que je suis dans mes temps, surtout que ça y est j'ai commencé la rédaction de mon mémoire donc ça veut dire moins de temps pour la fic alors que les chapitres de celle-ci ne font qu'augmenter lol... Celui me prends quatorze pages sous Word, je crois que vous avez remarquer que c'est plus long . Mais aussi cela veut dire que ce chapitre s'annonce riche en informations et au menu un Severus torse nu... MMMHHH je vous vois baver d'ici ! lol. Mais avant, Hermione et Severus ont quelques comptes à régler car vous vous souvenez comment s'est terminé le chapitre 19 n'est-ce pas ?
Plein de bisous à tous mes lecteurs et surtout mes revieweurs !
Tite crote : Merci tu m'as bien fait rire, moi aussi je t'aime, la preuve je ne te laisse pas dans un suspens insoutenable, voici ton rendez vous mensuel : le nouveau chapitre d'Avant l'Aurore ;-)
Moa Hermy : Bon ça va tu as reviewé juste deux jours avant la publication de ce nouveau chapitre, tu es donc toute pardonné et je dirais qu'en fin de compte c'est toi qui a eu le moins à attendre pour le chapitre 20 mdr ! Ah mais c'est vrai que tu l'as lu en anglais très bien d'ailleurs, si tu veux t'améliorer en anglais... J'aime tes réactions à chaud ! Oui, les blessures de Severus n'ont pas l'air très "charmantes", je ne voudrais pas être à sa place. Bon allez je te laisse savourer comment Severus va passer sa colère sur elle...
Bonne lecture à tous ! (euh... une review ? please... parce que c'est pas pour mendier mais cette fois-ci, j'en ai chi pas que c'était dur à traduire non mais parce que c'est le mémoire... pis aussi c'est plus long alors ???!!!! yeux de chat Potté )
Chapitre 20
Encore des concessions
Hermione s'éloigna brusquement de l'homme furieux, mais Rogue la suivit, il la bloqua dans le coin de la pièce et lui arracha le livre des mains.
« Et bien ? », siffla t-il en la dominant de toute sa taille. « J'attends une explication, bien que je ne vois pas comment vous allez justifier ça ».
Il balança le livre à ses pieds et il tomba ouvert précisement à la page qu'elle avait été en train de lire.
« Je suis désolée », murmura t-elle.
« Vous ne vous en tirerez pas avec un simple désolée », cracha t-il. « Grands dieux, Hermione, vous voulez que je vous fasse confiance et dès que j'ai le dos tourné vous me désobéissez déliberement ! »
Elle était réellement effrayée par lui et elle essaya de se dégager de lui juste pour se trouver immobilisée par lui qui la tenait durement par les épaules, la plaquant rudement contre le mur.
Il ne remarqua pas son cri de surprise et de peur quand à quelques centimètres de son visage, il lui demanda, « Qu'est-ce que vous fouiniez ici ? »
« R- ri-rien », balbutia t-elle. « J'ai entendu quelque chose et je... je suis venue pour voir ce que c'était- »
« Vous me prenez pour un con, Hermione ? », ricana t-il méchamment, ses yeux noirs fixaient durement les siens. « Un bruit mystérieux - comme ça convient bien - et je suppose que mon carnet de notes se trouvait ouvert juste à cette page en particulier ? »
Elle détourna le regard quand il sourit, triomphant, d'un air mauvais.
« Vous voulez apprendre comment on prépare la potion Endoloris, Hermione ? » Sa voix était douce et dangereuse, il relâcha sa pression sur ses épaules mais ne se recula pas. « Vous voulez être celle qui va faire le chaudron entier de cette horrible potion que je dois donner au Seigneur des Ténèbres ? Que se passerait-il s'il en faisait usage contre l'Ordre ou sur des personnes de l'école ? Pourriez-vous vivre avec votre conscience sachant que vos amis sont morts à cause de quelque chose que vous aurez fabriqué, en sachant que vous avez les mains impliquées dans leur mort ? »
Elle s'écria, les larmes remplissaient ses yeux devant les images que ses mots amenaient dans sa tête. Il sourit de nouveau, triomphant, d'un air cruel.
« Je ne pense pas ».
Il ramassa le carnet de notes et l'éloigna d'elle, le remit à sa place sur son plan de travail, fermé.
La colère était gravée dans les manières abruptes de son corps quand il dit d'une sourde voix basse, toujours le dos tourné, « J'aurais pensé, après tout ce que je vous ai enseigné, que vous avez accepté ma décision de cet état de faits. Il semble que j'ai surestimé votre respect envers mon autorité ».
Hermione fixa son dos, réalisant soudainement ce qu'elle avait fait. Elle aurait préféré que Rogue crie au lieu d'avoir à entendre sa voix remplie d'une froide déception. Comme toujours, sa curiosité avait pris le pas sur ses qualités et sa soif de savoir avait obscurcit son propre jugement et son bon sens. Une fraction de seconde, une folle décision irréfléchie pouvait détruire tout ce qui s'était passé entre eux depuis Novembre.
Elle n'avait jamais pris en considération que son refus de lui apprendre à préparer la potion avait été guidé par inquiétude pour son bien-être avec sa conscience. Elle avait présumé qu'il ne la pensait pas capable de comprendre le mélange, ou bien qu'elle n'avait pas le droit d'apprendre à la faire parce qu'elle n'avait pas passé ses A.S.P.I.C.s , sans parler des tests du niveau maîtrise.
« Ne voyez-vous pas Hermione ? » dit-il en se retournant vers elle. La colère avait disparu de ses yeux, laissant seulement la déception qu'elle pouvait toujours entendre tel un écho dans sa voix.
« C'est déjà assez difficile comme ça pour vous, sachant les effets de la potion et ayant vu ses effets. Si quelque chose arrivait à vos amis ou à vos camarades de classe... je ne peux pas vous demander de la préparer, sachant ce que pourraient être les conséquences ».
« Pourquoi ne m'aviez-vous pas dit ça avant ? » demanda t-elle. « Tout le temps j'ai essayé de vous amener sur ce sujet et tout ce que j'ai reçu était un seul mot de refus. Au moins si j'avais compris votre point de vue, j'aurais pu me faire ma propre décision. »
« Et qu'auriez-vous décidé ? » s'enquit-il.
« J'y aurais vu une possibilité d'apprendre » dit-elle d'une manière de défi, et se souvenant de ses mots envers elle il y a quelques semaines, ajouta, « vous l'avez dit vous même, rien de ce que nous faisons n'est ni bien ni facile, mais quelqu'un doit le faire ».
Il soupira et pinça l'arrête de son nez entre deux doigts. « C'est exactement ce pourquoi j'ai refusé ».
« Pourquoi ? » demanda t-elle. « Parce que je suis assez courageuse pour continuer en dépit de tout ce que vous pouvez me balancer à la figure ? »
« Non ! » cria t-il. « Ce n'est pas du courage, petite imbécile inconsciente. C'est de la pure idiotie ! Vous pensez que vous pouvez tout avoir en main, mais vous ne pouvez pas. Vous n'avez aucune idée de ce que ça fait de regarder les gens mourir, sachant que quelque chose que vous avez fait -quelque chose que vous avez créé- est la raison de ce qui les fait crier, souhaitant que la mort les délivre au plus vite afin d'emporter leur douleur- » Sa voix se brisa et il se détourna à nouveau d'elle, respirant lourdement.
Hermione tremblait mais plus de peur. Elle était bouleversée par le désespoir de sa voix et effrayée de le voir perdre contrôle. Bien qu'elle savait que la froide indifférence qu'il montrait en permanence était juste une façade, elle n'avait pas réalisé combien Rogue était si profondement affecté par ce qu'il devait faire. C'était idiot de sa part de ne pas s'en être rendue compte, cependant, il semblait toujours si calme et toujours "sous contrôle" qu'il était facile de pas voir au-delà de la façade.
« Je suis désolée », dit-elle encore, mettant toute la sincérité qu'elle pouvait dans sa voix.
Ne la regardant pas, il traversa la pièce en direction de sa réserve du côté du mur le plus éloigné. Ouvrant le premier placard, il entreprit de réorganiser les bouteilles et flasques. Par cela, elle reconnut comment Rogue fuyait devant une situation difficile et elle découvrit aussi qu'aucune démonstration de sincérité envers lui ne pouvait apaiser une telle réaction. Loin d'être découragée, elle continua à parler, certaine qu'il l'écoutait toujours.
« En toute honnêteté, je ne voulais pas vous tenir tête et si j'avais arrêté d'être obnubilée par ma curiosité, j'aurais pu me rendre compte de la stupidité de mon acte. J'ai vu le livre et j'étais si ravie que vous vous en serviez. Il y avait quelques ingrédients à la page d'index que je connaissais pas et j'ai donc été voir à quelle potion ils étaient appliqués ».
Il continua de réarranger les bouteilles et pendant un moment, seul le bruit du tintement du verre emplissait la pièce. Soupirant, elle traversa la pièce et se posta à côté de lui.
« Severus », dit-elle avec douceur.
Il tourna sa tête avec brusquerie vers elle, comme s'il avait oublié qu'il l'avait permise de s'adresser ainsi à lui. Il soutint son regard en dépit de ses yeux fatigués et elle hésita, incertaine de comment traduire par des mots ce qu'elle sentait comme indispensable de dire.
« J'aurais aimé que vous me disiez cela uniquement pour essayer de me protéger », commença t-elle avec honnêteté. « Néanmoins, si j'y avais regardé de plus près peut-être aurais-je pu voir vos raisons et malgré ce que j'ai dit avant, j'apprécie ce pourquoi vous l'avez fait. Je ne présume pas être capable de tout tenir en main, et je suppose que j'ai oublié la gravité de la situation dont nous devons faire face. Je... juste... vous... vous semblez comme si rien ne vous affecte tout le temps », finit-elle maladroitement.
« Vous pensez que je suis indifférent ? » dit-il incrédule.
« Hum bien, pas maintenant », dit-elle, « je suppose que vous devez bien le cacher. Mais parfois vous êtes si indifférent envers tout ».
Il la fusilla d'un regard de dérision avant de retourner son attention au cabinet. « Je constate que vous en savez bien peu sur moi que j'en connais sur vous ».
Se rappelant de sa lettre de Noël, elle prit une profonde inspiration et dit, « Peut-être que nous pouvons faire quelque chose à propos de ça ».
Sa main se suspendit, flottant au-dessus de la bouteille qu'il était sur le point de prendre pour la déplacer.
« C'est si vous le voulez toujours vous aussi », ajouta t-elle avec hésitation.
Il bougea les deux dernières bouteilles de l'étagère, ferma la porte du cabinet et se tourna pour lui faire face.
« Je dirais que la question est plutôt est-ce que vous le voulez toujours, étant donné que maintenant vous avez compris les danger auxquels vous devrez faire face en vous associant avec moi », lui répondit-il en plongeant ses yeux noirs dans les siens.
Hermione cligna des yeux, confuse de la légère incertitude du ton de sa voix.
« Je suis là, n'est-ce pas ? »
« En effet, vous l'êtes », murmura t-il, semblant exhaler un soupir de soulagement lorsqu'il parla.
Il y eut un moment de calme pendant lequel tous deux regardaient l'autre et Hermione se rendit compte qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'il fallait faire ou dire, maintenant que leur dispute semblait être terminée. C'était étrange, pensa t-elle, comment il lui était facile de trouver sa voix quand ils se disputaient et maintenant, elle se trouvait dépourvue de mots, incertaine de savoir comment composer avec la facette plus douce du maître des Potions.
Rompant leur contemplation, il jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule à elle et fronça les yeux. Elle se tourna pour voir les restes de ses ingrédients à moitié préparés, éparpillés sur le plan de travail.
« Potion anti-gueule de bois ? »
« J'ai pensé que vous peut-être vous apprécierez », dit-elle faiblement.
« Je n'ai pas bu toute la bouteille, vous savez », répliqua t-il sombrement.
« Je n'ai pas dit que vous l'avez fait » le contra t-elle, « mais ça ne peut pas faire de mal d'avoir l'esprit clair pour la réunion avec l'Ordre ».
Rogue marmonna un juron, jetant un coup d'oeil à la pendule au-dessus de son bureau. « J'avais oublié ça ».
Il se dirigea vers l'autre côté du plan de travail, se saisit d'un couteau et de la liasse de racines de pâquerettes posée à côté, Hermione réalisa qu'il allait l'aider à finir la préparation.
Elle se sourit à elle-même mais elle se rembrunit soudainement quand elle vit Rogue se couper profondement avec l'ustensile.
Il intercepta son expression d'inquiétude et dit rapidement, « C'est rien ».
« Non, manifestement ce n'est pas rien », le contredit-elle. « Vous ne pouvez pas marcher avec des côtes cassées et ce n'est sûrement pas le genre de blessure qui se résorbe facilement toute seule ».
Ses yeux se rétrécirent. « Comment avez-vous- »
« Qu'est-ce que vous attendiez que je fasse ? » s'exclama t-elle. « Vous ignorer alors que vous étiez en travers du canapé avec le visage bleu et sale ? Vous auriez pu être sérieusement blessé, selon ce que j'en sais, sans mentionner l'explication que vous auriez dû donner à l'Ordre si vous vous étiez présenté à la réunion avec une empreinte de semelle de botte sur votre cou ! »
Sans un mot, il envoya voler les racines de pâquerette, se leva, et sortit tel une tornade du labo. Elle le suivit quelques secondes après, entendit la porte de sa salle de bain claquer juste quand elle entrait dans le salon.
Elle s'approcha de la porte de la chambre et attendit debout, indécise, se mordant la lèvre. La porte était ouverte mais ce n'était pas nécessairement une invitation à entrer. La dernière fois qu'elle s'était aventurée si loin dans son domaine privé, il avait été trop faible pour protester.
Se sermonant, elle fit un pas dans la pièce et se dirigea vers la salle d'eau. La porte là aussi était ouverte, et elle pouvait voir son ombre projetée sur le sol par la lumière des torches sur le mur.
Elle se tenait au seuil de la pièce en marbre blanc, elle regarda Rogue qui examinait son cou dans le miroir au dessus du lavabo. Il jeta un coup d'oeil à son reflet derrière lui et s'éclaircit la gorge.
« Ca s'est amélioré par rapport à ce que je ressentais plus tôt », murmura t-il en guise de remerciements.
« Je suppose qu'il ne s'est pas laissé convaincre », dit-elle pendant qu'il inspectait le côté de son visage, il grimaça légèrement quand il se toucha la tempe.
« Au contraire », objecta le maître des Potions, ce qui lui valut un regard empli de confusion de la part d'Hermione. « Il a été très ravi d'entendre à quel point vous avez de la gratitude envers moi d'avoir sauvé la vie de vos parents », dit-il, la fin de sa phrase faiblit quelque peu alors qu'il s'aspergeait le visage d'eau fraîche.
« Je ne comprends pas », répondit-elle alors qu'il murmurait un charme de séchage. « S'il est content, pourquoi vous a t-il blessé ? »
« Ah ! Ca », dit-il en se retournant et s'appuyant sur le bord du banc, les bras croisés. « C'est l'oeuvre d'un de mes compagnons Mangemort qui n'a pas apprécié mon acte de vous faire disparaître de votre maison la nuit dernière ».
« Malfoy », dit-elle platement, se demandant si la coupure sur le visage de Rogue était due au dur pommeau de métal à l'extrémité de la canne qu'il portait tout le temps. « Si V- excusez-moi, s'il était content de vous, pourquoi a t-il laissé Malfoy faire cela ? »
Rogue soupira. « Bien que mon plan aie mieux fonctionné que l'aurait fait celui de Malfoy, le problème reste que j'ai désobéi au Seigneur des Ténèbres et blessé d'autres Mangemorts en faisant cela ».
« Je suppose que vous avez dû moins en ramasser que la dernière fois », plaisanta t-elle, et il gloussa amèrement.
« L'Endoloris -sortilège ou potion- aurait été bienvenu étant donné les circonstances », dit-il calmement.
« Quoi ? » Elle était surprise. Après la dernière fois, elle ne pouvait concevoir qu'il veuille subir la douleur de la potion Endoloris encore d'autres fois.
« Le Seigneur des Ténèbres a spécifiquement ordonné à Malfoy de ne pas me jeter de maléfice afin que je puisse encore préparer la potion pour la lui délivrer la nuit de samedi prochain. Plus de monnaie d'échange, plus d'excuses ».
« Que va t-il en faire ? » demanda t-elle la voix remplie de peur.
« C'est bien ça le pire », dit-il sombrement. « Je ne sais toujours pas ».
« Vous ne pouvez pas la lui donner sans savoir ce qu'il projette d'en faire », dit-elle alarmée.
« Je n'ai pas le choix, Hermione », marmonna t-il. « C'est soit ça, soit je compromets ma position en tant qu'espion et Dumbledore a déjà décidé que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre les quelques informations que je suis encore capable d'obtenir de l'intérieur, en lien étroit avec Lui ".
Hemione écarquilla les yeux devant Rogue.
« Est-ce que Dumbledore est fou ? »
« Certainement », ironisa Rogue dans un sarcasme. « Le Seigneur des Ténèbres n'est pas le seul à garder certaines choses secrètes loin de moi. Je n'ai aucune idée de ce que projette le Directeur, non plus ».
Il sembla vouloir s'expliquer plus en détails mais il se ravisa et au lieu de cela dit : « Peut-être devrions nous retourner dans le labo, si vous voulez finir la potion avant le début de la réunion ».
Elle était restée debout dans l'encadrement de la porte, et quand elle ne bougea pas tout de suite pour le laisser passer, il haussa un sourcil interrogateur. En détournant la conversation sur la potion, Rogue avait presque réussit à la distraire de la raison initiale pour laquelle elle l'avait suivi dans la salle de bains.
Presque.
« Bien essayé », dit-elle, « mais n'avez vous pas oublié quelque chose ? »
Il ne put que la regarder à travers ses yeux lourds de fatigue et elle tendit une main, lui appuyant fortement sur les côtes.
Il se retira vivement de son toucher après qu'un sifflement de douleur franchit ses lèvres.
« Est-ce que vous allez me laisser guérir ça ? » demanda t-elle.
« Est-ce que vous me laissez le choix ? » lui retourna t-il, un regard d'agacement brillait dans ses yeux.
« Probablement pas », dit-elle d'une voix imposante et il grogna dans un sarcasme.
« Réfléchissez encore, Hermione. Vous n'êtes pas celle qui a l'autorité ici ».
« Ecoutez, je ne vois pas où est le problème ! » s'exclama t-elle, exaspérée. « C'est un charme simple qui ne prend que quelques minutes. Pourquoi rester dans la douleur et l'inconfort alors que je peux le soigner ? »
« Premièrement », contra t-il, « vous n'êtes pas une Médicomage, Hermione, même pas une stagiaire. Deuxièmement, l'inconfort est insignifiant et ce n'est pas la peine d'y appliquer le sortilège- »
« Il n'y a pas de problème », coupa t-elle.
« -Et troisièmement », dit-il en levant la main afin de la contrer de l'interrompre encore une fois. « Je crois vous avoir dit une fois que procéder à des charmes de guérison entre une élève et son professeur est inapproprié, et cette fois-ci ne fait pas exception ».
« C'est un argument joliment boiteux, Severus », répliqua t-elle en emphasant son prénom afin de prouver son point de vue.
« Je vous conseille de me laisser passer, miss Granger », répondit-il, ignorant ce qu'elle avait dit.
« De quoi avez vous peur ? » demanda t-elle soudainement.
Une expression étrange flotta sur son visage avant qu'il se reprenne et se moque, « Certainement pas de vous ».
« Je pense que vous l'êtes », osa t-elle en le regardant avec précaution. « Autrement, pourquoi refuseriez-vous ? »
Il la toisa du regard et elle lui rendit la pareille en guise de défi.
« Qu'est-ce que vous avez à être foutrement si persistante ? »
« Qu'est-ce que vous avez à être foutrement si entêté ? »
« Parce que, selon mon expérience », répondit-il en colère, « personne ne vous offre de l'aide sans vouloir quelque chose en retour ».
« Vous pensez que je veuille quelque chose de vous ? » Elle rit presque devant l'absurdité de son jugement. « Tout ce que je veux de vous est que vous me traitiez comme l'amie que vous avez dit que j'étais, au lieu de n'importe laquelle de vos décérébrés d'élèves. C'est tellement difficile pour vous de croire que je vous offre de vous aider parce que je le veux ? »
Il restait silencieux et elle se rendit compte que peut-être pour lui, c'était dur de croire que quelqu'un pouvait faire quelque chose sans vouloir recevoir la pareille, sans égoïsme.
« Je suis désolée », essaya t-elle de dire à nouveau mais il l'arrêta.
Son visage sembla s'adoucir un peu et il dit : « Une chose que je sais à propos de l'amitié est qu'un ami ne devrait pas s'excuser tout le temps envers un autre ami, spécialement quand ils ont l'un pour l'autre le meilleur intérêt de l'autre à coeur ».
Elle ouvrit la bouche afin de parler mais la referma de suite, réalisant qu'elle était sur le point de s'excuser pour s'excuser trop souvent. Elle rit nerveusement, les coins de sa bouche à lui se levaient en s'arrondissant, il grimaça, essayant de supprimer un sourire.
« Ce que je vous ai dit à Noël a du sens, Hermione », dit-il honnêtement. « Je veux vraiment vous considérer en tant qu'amie. C'est juste que je ne suis pas versé dans les échanges formels d'amitié... incluant comme il semble, le fait de faire des concessions ».
« Bien », dit-elle avec un sourire, « je ne suis pas habituée à avoir un ami si têtu et à faire des concessions moi non plus, alors peut-être pourrions nous apprendre de l'un et de l'autre, ensemble ».
« Donc », dit-il, après un moment, lui adressant un sourire en coin des plus perturbants, « que dites vous comme concession... De me laisser sortir de la salle de bains, nous finissons la potion anti-gueule de bois afin que je puisse être débarrassé cet affreux mal de tête, et ensuite vous pourrez me rafistoler comme il vous plaira jusqu'à ce que vous serez contente de me voir en suffisante santé ».
Hermione allait approuver quand une pensée la frappa et elle le dévisagea. « Severus Rogue, vous n'espérez tout de même pas qu'il ne restera pas assez de temps avant la réunion de l'Ordre du Phénix pour la dernière partie de la concession, n'est-ce pas ? »
Il eut la grâce d'être légèrement honteux mais il répliqua : « Ce serait entièrement Serpentard, Hermione. Cependant, comment une telle pensée a t-elle pu traverser votre esprit ? »
« Je connais votre cheminement de pensée », dit-elle, « et ne croyez pas que je me préoccupe que vous arriviez en retard afin d'honorer la fin du contrat ».
Elle pivota sur ses talons et finalement lui lassa la place de passer dans le passage de la porte, elle se redirigea vers le laboratoire. Son petit rire ironique étouffé la suivit et à son grand désaccord, il s'assit de l'autre côté du plan de travail et ne leva pas le petit doigt pour l'aider, se posant un moment en anticipation du débriefing.
En posant son chaudron et en y mettant les premiers ingrédients, elle lui fit remarquer : « Bien, si vous voulez juste rester assis ici, vous pouvez répondre à quelques questions ».
Il leva un sourcil, suspicieux.
« Quelle sorte de... questions ? »
« Et bien », dit-elle en allumant le feu sous son chaudron d'un mouvement de baguette. « Vous avez dit que vous vouliez en savoir plus sur moi, et je crois que pour moi aussi c'est réciproque ».
« On fait ça maintenant ? » dit-il, le sourire en coin. « Donc on peut se poser une question chacun son tour ? »
« Bien sûr », répondit-elle doucement. « En fait, vous pouvez commencer ».
Elle se sourit à elle-même quand il ouvrit la bouche mais aucune question ne venait. Il semblait chercher sur quoi l'interroger et quand son chaudron se mit à frémir doucement, il réussit : « Quelle est votre couleur préférée ? »
Elle se mit à rire devant cette question ridiculement simple mais répondit : « Bleu ».
Il fut surpris et elle répliqua : « Quand est votre anniversaire ? »
« Le 9 janvier », répondit-il en rechignant.
« Hey ! C'est dans moins de deux semaines ! » s'exclama t-elle, et il lui renvoya un regard sévère. « Quel âge allez-vous avoir ? »
« Je pensais que c'était à mon tour de vous poser une question », claqua t-il.
Elle roula des yeux, comptant le nombre de tours requis pendant qu'elle mélangeait.
Du temps que prit la potion pour être faite, refroidie et embouteillée, elle avait découvert quelques petites choses à propos de Severus Rogue, certaines prévisibles, d'autres non.
Il aurait trente neuf ans dans deux semaines - un peu plus du double de son âge, remarqua t-elle sur le ton de la moquerie quand elle était finalement arrivée à lui arracher la réponse de la bouche - sa couleur préférée est le noir, il déteste le jus de citrouille, les élèves fumistes et la Divination. Quand il était à l'école, il avait obtenu neuf BUSEs et sept ASPICs et il avait fait l'erreur de prendre la Divination comme huitième sujet d'ASPIC, ce qui lui avait valu son premier et dernier Troll.
Il avait été Batteur dans l'équipe de Quidditch de Serpentard et une fois, il avait réussit à ensorceler un des Cogneurs afin de n'attaquer que l'Attrapeur de Gryffondor, James Potter pendant toute la durée du match. Il détestait aussi les bonbons au citron, les Crèmes Canari et la plupart des autres sucreries mais il avait un penchant pour les toutes simples pastilles moldues à la réglisse.
Il préférait les hiboux et les chouettes parmi tout les autres animaux et son propre hibou grand-duc noir s'appelle Toniatuh. Hermione avait dû utiliser une seconde question afin de demander la signification du nom, et elle découvrit que Toniatuh, ou l'Aigle du Levant, était le dieu solaire et de la guerre chez les Aztèques, une ancienne civilisation, et à la surprise d'Hermione, une civilisation magique aussi.
Avec ses propres questions, il la questionna sur des choses typiquement de l'environnement moldu ; ce que ça faisait de grandir dans le monde moldu, si c'était étrange d'y retourner après son temps à Poudlard, et si le monde moldu lui manquait quand elle était à l'école. Il fut surpris de constater qu'elle n'aimait pas trop le Quidditch et bien plus encore en découvrant qu'elle ne savait toujours pas ce qu'elle voulait faire de sa vie après Poudlard.
« J'imagine que je verrai bien juste comment les choses se feront », soupira t-elle, en lui tendant une petite fiole de la potion terminée alors qu'elle enfonçait des bouchons de liège dans les bouteilles restantes.
Il leva la fiole à la lumière, examinant son contenu avant de le boire.
« Ca va mieux ? » demanda Hermione qui nettoyait son chaudron d'un mouvement de baguette et bannit les ingrédients inutilisés.
« Bien mieux », reconnu t-il, paraissant distinctement mal à l'aise quand il jeta un oeil à l'horloge à l'opposé de la pièce. Il restait encore une heure avant le rapport à faire à l'Ordre.
« Donc », dit-elle essayant que cela sonne nonchalamment bien qu'en fait elle était nerveuse. « Il reste du temps pour honorer votre partie du contrat, vous ne pensez pas ? »
Il la regarda d'un air malicieux. « Je suppose que je ne pourrais pas vous persuader de laisser tomber ? »
« Pas même contre l'accès illimité à votre collection de livres », railla t-elle, puis ajouta sérieusement, « Vraiment, qu' y a t-il de si désagréable à cela ? »
« Rien », soupira t-il, bien qu'Hermione avait l'impression distincte qu'il y avait une raison au contraire. « Allez, finissons en avec ça, alors. Comment vous voulez faire ça ? »
« Euh... Ce serait plus facile pour vous si vous vous allongiez... si ça ne vous dérange pas », dit-elle avec hésitation.
Rogue lui envoya un regard qui signifiait clairement que cela le dérangeait, cependant, il fit demi-tour sur lui-même et sortit du laboratoire. Elle le suivit à travers la salle de bains, son ventre se contractait nerveusement quand il s'assit au bord de son lit.
Alors qu'il s'allongeait sur le lit, elle s'éclaircit la gorge soudainement devenue sèche et dit : « Pouvez-vous, euh... enlever votre chemise, s'il vous plaît, monsieur... que je puisse voir ce que je suis en train de faire ? »
Le fait qu'elle s'adresse à lui par le terme de "monsieur" était un effort qu'elle faisait afin de regagner un semblant de contrôle sur ses émotions... effort vain, semblait-il. Rogue sembla débattre de sa demande avant que sa main atteigne le bouton du haut de sa chemise. Les yeux d'Hermione étaient hypnotisés par ses mains traçant leur chemin le long de la ligne de boutons, chaque bouton défait exposait encore plus de peau, pâle, imberbe, lisse et sans défaut.
Qu'avais-tu imaginé ? Qu'il soit couvert de cicatrices ? se railla t-elle. Elle n'y avait jamais vraiment pensé mais elle avait été surprise que son corps ne reflète pas quelque trace de sa dure vie.
Elle se rendit compte qu'elle le fixait contemplativement quand irrité, il se racla la gorge. Elle rencontra ses yeux et rougit, elle murmura : « Je, euh... je reviens dans une seconde ».
Elle quitta la pièce avant qu'il n'ait pu répondre, et en dehors de la chambre elle s'adossa contre un mur du salon qui n'était pas couvert par une étagère et prit une profonde inspiration.
Tu dois te reprendre, s'admonesta t-elle tout bas comme un leitmotiv. Les papillons dans son ventre lui donnaient plutôt la sensation d'hyppogriffes martelant le sol, elle se concentra à fond, essayant de se souvenir de quel charme de guérison elle allait avoir besoin. Son cerveau semblait s'être éteint au cours des cinq dernières minutes.
Remarquant le pot d'onguent cicatrisant toujours posé sur la table, elle le prit ainsi qu'une autre profonde inspiration dans une futile et inutile tentative de calmer ses nerfs, et re-rentra dans la chambre.
Elle pouvait sentir Rogue qui la regardait depuis sa position allongée sur le lit mais elle évita ses yeux pendant qu'elle posait le pot d'onguent sur la table de chevet et se servit de sa baguette pour éclairer un peu la pièce.
Ensuite, Hermione jeta un oeil à son visage. Son expression était soigneusement calculée et fixée, cependant il y avait une trace d'appréhension dans ses yeux noirs quand elle se pencha au-dessus de lui afin d'examiner les coupures d'un rouge sombre sur sa poitrine.
Lançant de nouveau le sortilège de détection des blessures, elle s'autorisa une brève et subtile inspection appréciative de son torse exposé et nu. Ses épaules n'étaient pas particulièrement larges mais plutôt carrés ce qui dissimulait une certaine force. Les muscles de ses pectoraux étaient finement sculptés mais par les rigueurs de sa vie quotidienne, plus que par n'importe quel régime, ses côtes ressortaient un tout petit peu plus que ce qu'elles auraient du, illustration du nombre de repas manqués, ce dont elle savait que cela arrivait régulièrement.
En dessous du niveau de son sternum, quelques poils bruns contrastaient avec la peau pâle, ils formaient une ligne qui descendait le long de ses abdominaux et disparaissait dans la ceinture de son pantalon. Sa main gauche reposait sur son ventre, couvrant le côté gauche de son corps juste en dessous des côtes. Elle jeta un regard bref à ses doigts écartés et en y réfléchissant elle pouvait voir la trace d'une cicatrice sur la peau située en dessous.
Elle effaça cette pensée afin que sa concentration revienne pour pouvoir soigner ses côtes, elle fronça les sourcils en signe de concentration alors qu'elle lançait le charme de resoudure des os. Elle fut soulagée de voir une ondulation sous la peau signe que les os se replaçaient et se ressoudaient entre eux, tandis que Rogue émit un petit gémissement de douleur à ce mouvement. Elle rencontra ses yeux et eut un regard d'excuse tout en prenant le pot d'onguent.
« Cela risque aussi de faire un peu mal », murmura t-elle en prenant une quantité de baume sur ses doigts et en l'appliquant avec précaution sur les coupures se situant sur les côtes nouvellement soignées.
Le seul signe d'inconfort qu'il donna, fut un léger sifflement de douleur lorsqu'elle le toucha pour la première fois, ensuite il demeura silencieux. Elle pouvait sentir ses yeux qui fixaient le haut de sa tête pendant qu'elle faisait pénétrer dans les blessures la pommade en de légers massages, puis elle se trouva à regarder de nouveau sa main.
Elle était sûre, en y regardant une seconde fois, que cette main recouvrait une marque ou une cicatrice quelconque. Elle était sûre aussi que le placement de sa main n'était pas une coïncidence. Elle pouvait voir la naissance de sa Marque des Ténèbres sur l'intérieur de son avant-bras nu et elle se demanda quelle sorte de flétrissure pouvait être pire que celle-ci. Est-ce que cette marque, n'importe ce que ça pouvait être, était la raison de sa véhémente protestation quand elle lui avait pour la première fois aujourd'hui, offert de l'aider et de le guérir ?
Elle finit d'appliquer l'onguent et remarqua que Rogue avait depuis un moment fermé les yeux. Se penchant en travers de lui pour atteindre sa main qui reposait sur son estomac, elle la prit dans la sienne et essaya de la tirer pour dégager la vue.
Ses yeux s'ouvrirent brutalement et il retira vivement sa main de son emprise, faisant par inadvertance exactement ce qu'elle voulait, exposer la cicatrice en-dessous.
Ou plutôt quatre cicatrices, pour être exact.
Hermione fixait ce qui ne pouvait qu'être des marques de griffures, les cicatrices au bords déchiquetés s'étendaient sous sa cage thoracique, faisaient le tour du côté de son corps et disparaissaient dans son dos. Elles semblaient être anciennes, bien que la peau des bords était encore rouge et boursouflée, la peau des cicatrices en elles-mêmes était encore plus pâle que l'albâtre de son teint normal.
Elle leva les yeux sur lui, remplie de peur, s'attendant à une nouvelle explosion de colère envers sa curiosité et le fait qu'elle ait été si présomptueuse. Au lieu de cela, elle le trouva qui la regardait, incertain, comme s'il attendait d'elle qu'elle émette un jugement sur ses marques, et sur lui par conséquent puisqu'il les portait.
« Ce ne sont que des cicatrices, Severus », dit-elle avec douceur, étirant la main pour tracer de son index le contour de celle la plus en haut. Il se raidit légèrement mais autrement ne bougea pas plus. « Il n'y a rien dont vous puissiez avoir honte ».
Il regarda directement son visage, puis sa main qui maintenant dessinait les autres marques en dessous de la première. Il semblait perturbé par son absence de dégoût envers sa peau flétrie.
« Beaucoup de gens ont des cicatrices », continua t-elle. « J'en ai une qui date d'il y a deux ans au Département des Mystères ».
Il la regarda avec curiosité et elle tira le décolleté de son chemisier sur le côté pour révéler la cicatrice en dessous de l'os de sa clavicule à la naissance de son sein, affadie mais toujours visible.
« J'ai entendu dire que vous aviez été blessée mais je pensais pas que vous auriez une cicatrice résiduelle », murmura t-il, ses yeux de déplacèrent de sa marque et se fixèrent de nouveau sur son visage.
« Madame Pomfresh n'a pas reconnu de quel maléfice il s'agissait », dit Hermione d'une voix calme et égale. « Elle l'a soigné mais elle n'a pas pu cependant effacer la trace. C'est là, certainement je ne l'aime pas mais dorénavant c'est une part de moi... Je n'en ai pas honte ».
« Ce n'est pas que j'en aie honte, Hermione », répondit-il. « Mais si des gens la voyaient, ils voudront savoir comment je l'ai reçue... et c'est de cela dont j'ai honte - m'être fait prendre pour un con ».
Elle n'avait aucune idée de ce dont Rogue parlait et sa confusion devait se lire sur son visage, parce qu'il ironisa méchamment.
« S'il vous plaît Hermione », marmonna t-il sarcastique. « Ne me dites pas que Potter ne vous a pas régalé des détails de la plaisanterie que son père et Black ont joué à mes dépends quand nous étions à l'école ? »
Les sourcils froncés en signe de réflexion, Hermione se souvint que Harry avait mentionné quelque chose à propos d'un tour effrayer Rogue en l'envoyant dans le tunnel en bas du Saule Cogneur à la poursuite de Lupin, cependant, elle n'y avait pas prêté plus attention que ça... jusqu'à maintenant. Regardant à nouveau les cicatrices irrégulières, les pièces du puzzle se mirent en place.
« Lupin a fait ça ? » s'écria t-elle.
Rogue acquiesça.
« Mais je croyais que... Harry m'a dit que vous avez seulement vu le loup garou à travers le trou de la fin du tunnel ».
« Ca c'était la version officielle des faits », soupira Rogue, en se mettant en position assise et en prenant sa chemise. « Si les vrais évènements avaient été su, Black aurait été renvoyé et Lupin aurait très probablement été enfermé ou détruit. J'ai reçu l'interdiction de parler de ce qui s'était réellement passé et les Gryffondors ont pu continuer leur scolarité et rester à l'école comme si rien ne s'était passé. Black et Pettigrew ont reçu un mois de retenues, et Potter, » il cracha le nom en l'accentuant particulièrement, « a reçu une récompense pour Services spéciaux rendus à l'école pour m'avoir sauvé en me poussant en arrière en se mettant devant le loup garou à ma place sous sa forme d'animagus ».
Les yeux dans le vide, il fixait le mur de pierres nues mais Hermione savait qu'il ne regardait pas la pièce, il revivait les évènements d'un autre temps et d'un autre endroit.
Hermione ne pouvait pas imaginer la terreur que Rogue avait dû éprouver en étant attaqué par le loup garou. Cela avait déjà été assez terrifiant de retrouver face à Lupin sous cette forme, pendant leur troisième année, la nuit où Pettigrew s'était échappé et que Sirius était devenu un fugitif. En repensant à cette nuit-là, elle se rendit compte d'une chose et exprima sa pensée à voix haute.
« Vous nous avez suivi dans la Cabane Hurlante cette nuit, en sachant que Lupin n'avait pas pris sa potion ».
Rogue dirigea à nouveau son regard sur elle. « Je ne faisais que mon devoir de protéger les élèves, même si vous avez eut tout sauf de la gratitude à cette époque ".
Elle détourna les yeux, honteuse au souvenir de Rogue glissant du mur, mis K.O. par les pouvoirs combinés de leurs trois sortilèges de désarmement. Maintenant, en repensant à cette nuit particulière, Rogue n'avait fait que ce qu'il pensait être juste, et pour lui retourner dans le tunnel sous le Saule Cogneur avait du lui prendre bien plus de courage, que ce qu'Hermione pensait qu'elle pourrait jamais rassembler, tout en sachant ce qui l'attendait à l'intérieur.
Elle lui dit simplement, « Je ne me suis jamais excusée de vous avoir attaqué. Vous pensiez seulement faire ce qui était le mieux pour nous à ce moment là ».
« Ce qui s'est avéré faux de toute manière », soupira Rogue. « Oui, je détestais Black mais il était innocent dans la mort des Potter. J'aurais dû savoir ce qui s'était réellement passé il y a des années au lieu de laisser ma haine assombrir mon jugement ».
Hermione réfléchit à ses mots pendant quelques secondes puis dit avec hésitation. « Vous haïssiez tellement Sirius... est-ce cela qui vous a poussé à rejoindre... Vous-savez-qui ? »
Il la regarda durement. « Non ».
Elle recula un peu face à la véhémence de son intonation, et il secoua la tête, élaborant sa réponse, « Pas du tout, bien que je ne nierais pas que la possibilité de me venger a été un facteur dans ma décision ».
« Il y a beaucoup de choses que je voulais étant adolescent, Hermione », il poursuivit, en se levant du lit et en allant se tenir debout devant la fenêtre pendant qu'il parlait. « Pouvoir, connaissance, être accepté,reconnaissance... tout cela, je pensais que le Seigneur des Ténèbres pouvait me l'offrir. Tout ce que j'avais à faire était de clamer ma loyauté envers lui et j'aurais eut tout ce que je voulais depuis longtemps, tout ce que je n'avais jamais eut. Cela me semblait un bien petit prix à payer ».
« Comme je faisais erreur », soupira t-il, en retournant vers le centre de la pièce et en croisant le regard d'Hermione, ses yeux d'obsidienne étaient emplis de colère et de remords. « Il m'a offert toutes ces choses mais ce qu'il exigea en retour... ce qu'il demanda comme preuve de loyauté...aucune de toutes ces choses ne le valait. Le pouvoir n'est qu'une illusion quand on se retrouve à ramper dans la boue pour baiser le bas de sa robe, l'acceptance et la reconnaissance dans son cercle passe par votre empressement à prendre une vie de la façon la plus sanglante et la plus ignoble possible ».
« Il m'a offert le savoir, cependant », dit Rogue, absorbé dans ses pensées. « La connaissance des Potions, de la Magie noire, des choses que je n'aurais jamais apprises avec un autre tuteur. Savez-vous que c'est lui qui a trouvé les bases du développement de la première potion Tue-Loup ? »
Hermione secoua la tête en signe de négation, perturbée bien qu'intriguée par son récit.
« C'est vrai », confirma Rogue. « Le maître des Potins auprès duquel j'étais apprenti, était un Mangemort à qui le Seigneur des Ténèbres avait donné l'ordre de convaincre les loups garou de rentrer à son service. Il avait prévu de leur offrir une liberté tout relative de leur affection en échange de leur loyauté, utilisant pour cela la potion comme moyen de les enchaîner à vie à son service. L'élément pour les rendre dépendants de la potion ayant échoué cependant, de rage le Seigneur des Ténèbres tua son Maître des Potions, ordonnant à l'apprenti de l'homme de continuer son travail ».
« Vous », dit Hermione tout bas.
Rogue acquiesça. « J'ai été accueilli dans les rangs des Mangemorts comme un étudiant prometteur, j'ai passé la plupart de ma première année en tant que serviteur du mage noir dans un labo afin de créer, tester, élaborer, préparer... cela prit longtemps avant que je puisse voir les résultats de quelque unes de mes expériences ».
Hermione vit un frisson le parcourir et elle se demanda quelles autres potions de magie noire pouvaient être créditées à son nom en dehors de la potion Endoloris.
« Ce fut quand j'ai vu ces résultats que j'ai réalisé dans quoi je m'étais mis », dit-il sombrement. « Dans le même temps, le Seigneur des Ténèbres m'appelait de plus en plus pour prendre une part active dans les raids, tels que tout le monde les connaît. J'ai vu comment, à chaque nuit, il testait la loyauté d'un de ses serviteurs, et cela ne prit pas longtemps pour qu'il me teste. Ce fut cette nuit là qu'ensuite je suis allé voir Dumbledore ».
« Je sais », murmura Hermione. C'était une des choses qu'elle avait vu dans la Pensine de Dumbledore... et quelque chose qu'elle ne voulait plus jamais revoir.
Une horloge carillonna dans le salon, mettant fin au troublant silence pesant qui s'était abattu sur la pièce. Rogue sembla se secouer, mentalement et physiquement, puis d'un Accio il fit venir sa redingote depuis l'autre côté de la chambre.
« Nous ferions mieux de ne pas être en retard pour le débriefing », dit-il. « Je crois qu'il y aura quelques personnes heureuses de vous voir ».
« Harry et Ron sont là ? » demanda t-elle en suivant le maître des Potions hors du salon.
« Non », répondit-il. « La réunion a lieu au square Grimmauld. Nous allons y aller directement par poudre de Cheminette, et oui, Potter et Weasley seront aussi là-bas ».
Elle se sourit à elle-même. Cela lui semblait une éternité qu'elle n'avait pas vu ses amis, bien qu'en réalité cela ne faisait qu'une semaine.
« Est-ce que je suis réellement autorisée à prendre part à la réunion ? » demanda t-elle soudainement. Par le passé, elle, Harry et Ron avaient souvent été au square Grimmauld pendant que l'Ordre tenait sa réunion mais ils n'avaient jamais assisté à aucune pour savoir ce qui s'y passait, en dépit de ce que Dumbledore en disait à Harry après coup.
« Je crois que Dumbledore souhaite votre présence pendant une partie de la réunion », précisa t-il. « L'Ordre ne prend pas à la légère ce qui s'est passé à Noël et on voudra certainement votre version des faits aussi bien que la mienne ».
Il prit le pot de poudre de Cheminette sur le linteau de la cheminée et quand il en offrit une poignée à Hermione, la prévint, « Souvenez-vous, ne m'appelez pas Severus quand il y a d'autres personnes autour de nous. Nous avons déjà assez à expliquer sans qu'une langue qui fourche cause encore plus de problèmes ».
« Bien sûr, professeur Rogue », dit-elle, en essayant de supprimer un sourire.
Il eut un sourire en coin quand elle rentra dans l'âtre, jeta sa poudre et cria, « Numéro douze, square Grimmauld ! »
oOoOoOo
A suivre...
