Avant l'Aurore
by
SnarkyRoxy
Traduction par Del Naja
Disclamer : Personnages et lieux à JK Rowling, l'histoire est celle de Snarkyroxy, je ne fais que la traduction.
Le petit mot de moi : Bonjour à tous tout d'abord, la période est serrée pour moi entre les partiels, le mémoire qui est grandement en retard, faut dire chuis pas très motivée pour... Donc bon, je me plains pas non plus . Néanmoins, je trouve du temps pour traduire ce nouveau chapitre donc je crois que la fin vous... bip bip ! J'en dis pas plus vous verrez bien ! ;P
Bises à tout le monde et grosse merde à tous ceux qui buchent des exams, ont des partiels, passent le bac, les BTS, les brevets et que sais-je encore lol, et tout ceux qui comme moi sont en attente des résultats ou sont en train de pondre un mémoire. ;-)
Remerciements spéciaux à :
Vendetta : Toujours si fidèle au poste, tant mieux ca me fait très plaisir et je suis tout à fait d'accord avec toi concernant l'épisode de la Cabane Hurlante. J'espère que tu profiteras bien de ce nouveau chapitre
Angel of Rainbow : WOW ! Merci pour tous ces compliments arrêtes tu vas me faire rougir... J'espère que l'évolution de la fic continuera à te plaire. Bisous.
Bohemio : La suite ! La voila ! Et un peu en avance par rapport à mon rythme habituel mais tu ne vas pas t'en plaindre non ? lol Bonne lecture à toi.
Mandragora : Coucou la puce ! Merci pour ton extraordinaire fidélité et tes jolies review si bien construites et toujours autant appréciées. Juste une petite chose par contre, quand tu me laisse une review, n'oublie pas de te logguer sur FF, sinon je ne peux pas te faire une réponse individuelle, je suis obligée de le faire ici et c'est assez délicat vu que je m'étends, on pourrait me dénoncer de ne pas respecter le règlement de FF et m'obliger à retirer ma fic, ce qui m'embêterrai encore plus que vous mes chers lecteurs !
Bref, pour te dire que si tu as trouvé chaud le chapitre 20 et que tu as bavé devant... Cuila comment dire haem ! Non je ne dis rien, tu verras par toi même lol je ne veux pas gâcher ton plaisir ou déplaisir... A voir lol...
Par contre je ne suis pas d'accord avec toi concernant l'attitude d'Hermione au chapitre 20, certes elle était très émue mais je pense pas que dans sa tête il y avait une envie sexuelle, ni dans celle de Severus d'ailleurs. Tous deux étant quand même assez gênés face aux cicatrices, tu connaîtra leurs avis différents à ce sujet dans ce chapitre. De plus je pense qu'Hermione n'est pas mûre sexuellement ni ne sent prête, du moins à ce stade, attends lol ! Leur relation (amoureuse) n'a même pas commencée que tu nous les vois déjà dans toutes les positions inimaginables ;-) lol Petite perverse !!! Allez savoure !
Bonne lecture à tous et à toutes !
Chapitre 21
Presque
La cuisine de la maison du square Grimmauld était pleine à craquer quand Hermione sortit de la cheminée. Elle entendit plusieurs personnes lui souhaiter la bienvenue mais elle fut distraite par Mrs Weasley quand celle-ci émit sa petite larme et se précipita pour l'étreindre fortement dans ses bras.
« Oh Hermione, ma chérie », s'exclama t-elle. « Nous étions si inquiets quand nous avons appris ce qui s'est passé ! Est-ce que tu vas bien ? »
« Ca va, Mrs Weasley. Un peu secouée », admit-elle, « mais nous avons eut de la chance que le professeur Rogue puisse nous sauver ».
« Hermione ! »
Mrs Weasley la relâcha et elle se tourna juste à temps pour remarquer Harry et Ron lutter à travers la foule des gens pour se frayer un chemin vers elle, ses deux meilleurs amis la firent prisonnière dans leurs bras, en une étreinte si forte à lui en broyer les os.
« Hermione, je suis si content que tu ailles bien », lui chuchota Harry le menton posé sur son épaule.
« Je ne peux toujours pas y croire », murmura Ron, il secouait négativement la tête après qu'ils se furent un peu éloignés l'un de l'autre sans se séparer toutefois. « Comment ont-ils pu faire une chose pareille ? Et à Noël en plus ! »
« Je sais », murmura Hermione, se sentant tout à coup sur le point de pleurer alors qu'elle réalisait à quel point elle était chanceuse d'être à nouveau avec ses amis.
Elle entendit le bruit de la détonation de la Cheminette derrière elle et quelques secondes après, la voix de Mrs Weasley disant : « Oh, Severus, comment pourrions-nous jamais te remercier ? »
Elle remarqua les yeux grand ouverts de Ron, et se tourna pour voir Mrs Weasley prendre Severus dans ses bras, ou du moins essayer de le faire, en effet le maître des Potions se tenait raide, il était distinctement très mal à l'aise de toute cette attention.
« J'ai fait ce que je devais faire, Molly », dit-il d'un ton bref.
« Oh, ne soyez pas modeste monsieur », le railla Molly en le relâchant seulement pour brosser une trace de poussière sur l'épaule de ses robes. Il frissonna mais endura ce traitement en silence quand elle n'arrêta pas de babiller sur combien tous étaient reconnaissant envers lui.
Hermione eut un petit sourire puis se tourna de nouveau vers ses amis, qui prirent l'opportunité de l'inonder de questions sur elle et ce qui s'était passé la nuit d'avant. Son explication fut cependant coupée quand quelques minutes plus tard tout le monde se rassembla autour de la longue table de la cuisine afin de commencer le début du débriefing.
Dumbledore à l'extrémité de la table présidait, il ouvrit le premier sujet de discussion de la session : l'attaque de la maison des Granger. Rogue se tenait debout, quelque part dans l'ombre derrière là où Hermione était assise et il se mit à expliquer comment il avait su l'attaque imminente et ce qui s'était passé quand il était arrivé à leur maison. Elle était reconnaissante envers lui qu'il ne mentionne pas le fait qu'ils auraient pu s'échapper sans danger si, à cause de sa stupidité, elle n'avait pas laissé sa baguette à l'étage.
« Alors, pourquoi étiez-vous fourré là-dedans cette fois-ci Rogue ? » une voix dure vint de l'autre côté de la pièce quand Rogue eut finit son récit. Maugrey Fol-Oeil était assis à l'extrémité opposée de la table par rapport à Dumbledore, il dévisageait le maître des Potions.
« Pardon ? » dit Rogue doucement. Hermione reconnut instantanément le ton dangereux caché derrière ce simple petit mot.
« D'habitude Voldemort ne vous met pas dans l'action, pour ainsi dire, n'est-ce pas ? » Maugrey continua. « Il vous garde au loin, caché, préparant pour lui tous ces mélanges nuisibles, ces mixtures illégales. Pourquoi cette fois-ci ? »
Dumbledore s'éclaircit la gorge. « Je crois que je peux justifier ça, Alastor », dit-il avec calme.
Hermione se tourna vers Dumbledore mais remarqua que toutes les autres personnes de la pièce étaient en train de regarder soit elle, soit Rogue qui s'était avancé face à l'accusation de Maugrey et il se tenait désormais tout proche juste derrière elle.
« Miss Granger a assisté Severus en préparant quelques unes des potions demandées par l'infirmerie de l'école », commença Dumbledore, « afin de lui permettre d'avoir du temps pour travailler sur d'autres projets plus urgents. Cette association semble avoir attiré l'attention de Voldemort et je crois qu'il pensait que l'attaque aurait été un test, si on peut dire, pour Severus ».
Une rumeur parcourut la pièce jusqu'à ce que, à nouveau, Maugrey parle à haute voix.
« Comment Voldemort a t-il découvert qu'elle travaillait avec toi, Rogue ? En te vantant de ton petit arrangement chanceux devant ton Maître, hein ? »
Hermione entendit Rogue inspirer très légèrement quand la pièce devint silencieuse, en attente de sa réaction. L'animosité entre Maugrey et le maître des Potions était bien connue, bien que les raisons ne l'étaient pas. En temps normal, leur antipathie de l'un envers l'autre se manifestait par l'envoi de piques et pas par des accusations ouvertes devant le groupe entier.
« Alastor », commença à prévenir le Directeur mais Rogue l'interrompit.
« On questionne encore mes motivations, Maugrey ? » se moqua t-il devant l'ex-Auror. « Ca devient vraiment fatiguant, vous savez ».
« Je continuerai de mettre en doute tes motivations, tant qu'elle seront douteuses, Rogue », répliqua Maugrey. « Tu as peut-être berné tout le monde ici mais moi, je ne suis pas convaincu si facilement ».
« Que doit-il faire pour vous convaincre ? » dit soudainement Hermione. L'oeil magique de Maugrey se tourna vivement pour la fixer, un regard de surprise se lisait dans l'orbe bleu électrique.
« Restez en dehors de cela, damoiselle », grogna t-il. « N'interférez pas avec des choses que vous ne comprenez pas ».
« Que je ne comprends pas ? » répéta Hermione en signe de désaccord. « Rester en dehors ? Mais j'y suis en plein dans tout ce merdier, ou bien n'avez vous pas écouté le récit de ce qui s'est passé la nuit dernière ? » De colère,elle se leva et regarda autour d'elle le reste de l'Ordre avant de retourner son attention sur Maugrey. « Le professeur Rogue a risqué sa position d'espion de même que sa vie afin d'aider mes parents et moi, et au lieu de le remercier, vous avez le culot de mettre en doute sa loyauté ! Faut-il qu'il meure avant que vous croirez à sa loyauté envers notre côté ? »
Un silence de mort suivit son explosion de colère et elle se rassit, respirant lourdement en jetant un regard plein de défi envers Maugrey.
L'ex-Auror resta surpris pendant un instant à la fixer, puis il se leva de son siège à la fin de la table qu'il contourna pour se précipiter, tant bien que mal en claudiquant, du côté où elle était assise. Il lui jeta un dernier regard puis se tourna vers Rogue, qui était toujours debout derrière elle.
« Tu t'es trouvé une loyale petite supportrice, hein, Rogue ? » dit-il d'une façon déplaisante, son visage à quelques centimètres de celui de Rogue qui avait pris une expression de profond dégoût. « Les apparences peuvent être trompeuses. Tu ne pensais pas qu'elle était du genre à prendre la seule chose avec laquelle tu puisse la payer en retour, hein ? »
Il y eu quelques cris de surprise et d'indignation dans l'assistance et l'exclamation de Molly, « Alastor Maugrey ! » se distingua parmi les autres. Hermione sentit ses joues devenir chaudes d'embarras et se tordit le cou en se retournant pour voir deux taches de colère apparaître aussi sur les joues de Rogue.
« Je vous serais gré de ne pas faire de telles insinuations à propos d'une étudiante sous mon autorité et sous mon apprentissage », siffla Rogue entre ses dents.
Maugrey sourit avec mépris, son oeil valide se rétrécit pendant un moment, avant qu'il ne rentre dedans le maître des Potions quand il le dépassa puis il se dirigea vers la porte de la cuisine en boitant et marchant lourdement.
« Gardez un oeil sur lui, Dumbledore », dit-il par-dessus son épaule en haussant la voix. « Souvenez-vous de ce que je dis toujours : certaines saletés ne partent jamais ».
La porte de la cuisine claqua après son départ.
Hermione re-regarda Rogue qui semblait se concentrer pour ne respirer que par son nez, une veine pulsait rapidement dans sa tempe, seul signe extérieur de sa colère. Elle aussi était révoltée par les accusations de Maugrey. Elle n'avait jamais beaucoup apprécié l'ex-Auror, en dépit du fait que Ron et Harry tenaient ses capacités en haute estime. Elle avait précédement réfléchi au fait que sa méfiance envers lui venait qu'elle se demandait toujours si c'était réellement Maugrey, ou si ce n'était pas plutôt un autre imposteur sous Polynectar. Elle réalisa maintenant que ce n'était pas ça mais son étroitesse d'esprit qui la dérangeait profondemment.
« Bien », dit le Directeur, sursautant quand la porte se ferma, « dorénavant que nous avons clôturé ce point, peut-être pourrions nous avancer. Où en étions nous ? »
« Comment Voldemort a t-il appris ce que Hermione faisait », énonça Harry.
« Ah oui », dit Dumbledore avec gravité. « C'est là le problème, en effet personne en dehors de l'Ordre n'est au courant de cet arrangement, sauf madame Pomfresh mais qui est au-dessus de tout soupçon ».
« Comment l'a t-il su alors ? » dit d'une voix haut perchée un grand sorcier blond se tenant debout de l'autre côté de la pièce. Hermione ne l'avait seulement vu que quelques fois dans les couloirs du square Grimmauld et ne connaissait pas son nom.
« Je ne sais pas », répondit le Directeur. « Cependant je suis inquiet. Ce n'est pas la première information qui échappe à la confidentialité de notre assemblée récemment ».
De nouveau un murmure parcourut l'assistance alors que chaque personne présente réalisait l'implication des mots de Dumbledore.
« Un espion ? » La voix de Bill Weasley vint d'un autre coin de la pièce où l'aîné des six frères avait le dos appuyé contre le montant de la cheminée.
« Je ne sais pas », répéta le Directeur, l'air fatigué. « Je ne vois pas de quelle autre façon l'information aurait pu filtrer, bien que je ne peux me résoudre à croire que quiconque dans cette pièce travaille contre nous ».
Les membres de l'Ordre se scrutaient entre eux, manifestement tout le monde en venait à la même conclusion. La majorité du groupe avait travaillé ensemble depuis tant d'années, même depuis la première chute de Voldemort et ils avaient confiance à la vie à la mort dans chacun. Hermione pouvait voir encore l'inquiétude que tous avaient face à la possibilité que l'un d'entre eux les trahissait.
Après un moment, la réunion se dirigea vers d'autres sujets. On ne demanda pas à Hermione, Ron et Harry de quitter l'assemblée et bien qu'elle était réellement intéressée par le travail de l'Ordre, Hermione devait lutter pour rester éveillée. Ce n'était pas surprenant, se rendit-elle compte. Elle n'avait pas dormi depuis la nuit de Noël et le somme sans repos dans la maison de Rogue après la fuite de la sienne ne comptait pas.
On discuta de plusieurs opérations et quand les rapports eurent été donnés, la foule commença à s'amoindrir quand la plupart des membres de l'Ordre retournaient aux occupations qu'ils avaient avant, ou bien se dirigeaient vers d'autres pièces de la maison, dans laquelle pour le moment, ils étaient confinés.
Harry et Ron firent signe à Hermione de les suivre en dehors de la cuisine et elle adressa un rapide salut de la tête à Rogue qui s'était déplacé là où était Dumbledore en train de parler avec Lupin.
Il inclina la tête lui aussi, lui donnant un regard légèrement curieux et elle suivit ses amis à l'étage.
oOoOoOo
Rogue regarda Hermione sortir de la cuisine sur les talons de ses amis. Il avait vu Potter l'appeler et il fut surpris quand elle regarda vers lui avant de suivre son ami plus jeune. Elle n'avait pas recherché son approbation mais cela lui plaisait un peu qu'elle le regarde afin qu'il acquiesce et sâche qu'elle partait.
Ses pensées furent interrompues par Lupin. « Alors, Severus », dit-il aimablement, « est-ce que tu trouves qu'Hermione fait une assistante acceptable ? Vous semblez être bien à l'aise l'un envers l'autre ».
Rogue dévisagea le loup-garou. Est-ce que Lupin avait vu le regard qu'il avait échangé avec Hermione quand elle quitta la pièce, et avait-il à l'esprit les mêmes allusions que Maugrey ?
Cependant, Lupin rit sous cape face au regard noir. « Oh, descends de tes grands chevaux, Severus », dit-il légèrement. « Je ne suis pas en train d'impliquer quoi que ce soit. Je dis juste que c'est bien que tu aies trouvé quelqu'un qui soit à la fois compétente et sympathique pour t'aider ».
Rogue se contenta de grogner et cette fois Dumbledore et Lupin gloussèrent tous deux de rire.
« Il ne nie pas », dit Lupin au Directeur, « donc ça doit être vrai ».
Rogue croisa ses bras sur son torse et regarda Lupin d'un air mauvais.
« Miss Granger est une assistante compétente et une jeune femme intelligente », dit-il sèchement.
Encore une fois Lupin rit sous cape mais ne dit rien de plus et se dirigea vers la sortie de la cuisine. S'asseyant à la table dorénavant déserte, Dumbledore sourit de son habituelle façon exaspérante, et dit, « Admettez-le, Severus, vous aimez qu'elle soit près de vous ».
« Ce n'est pas à propos de ce que j'aime », protesta Rogue, bien qu'il pouvait sentir de légers spots de rougeur apparaître sur le haut de ses joues. « Quoi qu'il en soit, c'est à propos de sa sécurité, et dont vous ne pouvez pas nier qu'elle a été compromise par votre plan ».
« Fais moi confiance mon garçon », le rassura Dumbledore. « A la fin ça paiera. Nous nous assurerons que vous ayez assez d'informations utiles venant de miss Granger afin de garder Tom content, et une fois que samedi sera là, vous aurez plus que jamais besoin de son assistance. Je doute vraiment qu'un seule livraison de la potion Endoloris satisfera Tom, il voudra certainement un chaudron frais toutes les semaines ».
« Je n'ai cessé de le répéter à elle et à vous, Albus », dit-il en s'asseyant lui aussi à la table. « Je ne la laisserai pas préparer cette potion ».
« En effet, vous ne devez pas », approuva le Directeur. « Mais vous aurez besoin de son aide pour le reste de votre travail si vous voulez réussir à tout faire à temps ».
Rogue ne put le nier. Il sentait déjà qu'il atteignait la fin de son travail de longue haleine, qui l'avait déjà pas mal éprouvé, et les mois suivants ne feraient que de lui en demander de plus en plus, à la fois physiquement et mentalement. Il ne voulait pas l'admettre devant le Directeur mais le temps qu'il avait passé avec Hermione dans le laboratoire était le seul moment où il pouvait vraiment se permettre de se détendre et d'abandonner ses défenses ces jours-ci.
« Elle sera bien protégée en dehors de l'école, Severus », le rassura le Directeur, « jusqu'au moment où ses raisons la pousseront à partir, je dirais quand cette guerre sera finie, d'une façon ou d'une autre ».
Pour une certaine raison que Rogue ne pouvait pas expliquer, cette pensée ne le réconfortait pas autant qu'elle aurait dû.
Rogue soupira. « J'espère juste que vous savez ce que vous faites, vieil homme ».
La porte de la cuisine s'ouvrit soudainement et Lupin, Tonks et Molly ré-entrèrent dans la pièce. Rogue se leva de la table et était presque arrivé à la porte menant au couloir quand Dumbledore le stoppa.
« Severus, je serais peut-être encore ici pour quelques heures ce soir. Il y a encore beaucoup à discuter. Je me demande si vous seriez assez aimable pour escorter miss Granger lors de son retour à l'école ? »
« Oh, mais Albus », coupa Molly surprise. « Sûrement voudra t-elle rester ici et elle pourrait prendre le train avec Harry et Ron demain ? Merlin sait que cette jeune fille n'a pas eut de vrai vacances pendant longtemps ».
Dumbledore était en train de dire non de la tête avant même que Molly ait finit de parler.
« J'ai bien peur que non. Ce serait mieux si miss Granger rentrait ce soit à Poudlard ». Il se tourna vers Rogue, en souriant sous sa barbe. « Severus, si ça ne vous dérange pas ? »
Dumbledore savait pertinemment que cela ne le dérangeait pas le moins du monde mais pour le bienfait de tous les occupants de la pièce, Rogue fixa une expression d'indifférence sur son visage et marmonna, « Je crois que je peux y arriver, étant donné que c'est moi qui l'ai escortée ici pour l'aller ».
Il tourna les talons et ferma la porte de la cuisine derrière lui en même temps que Molly lui cria, « je crois qu'elle est dans la bibliothèque ! »
« Typique », murmura t-il mais sans une pique de méchanceté vu qu'il n'y avait personne pour l'entendre.
Effectivement, il la trouva bien dans la bibliothèque, blottie, elle s'était tout de suite endormie sur un des confortables canapés, sa tête posée sur l'épaule de Ron Weasley. Rogue sentit une mauvaise vague de jalousie le submerger devant l'intimité douillette de la scène mais il garda un visage impassible.
Le garçon roux faisait une partie d'échecs avec Potter qui était assis en travers d'un fauteuil, les deux jeunes hommes levèrent la tête, surpris par l'intrusion de Rogue.
« Professeur ? » Potter le regardait avec inquiétude quand il se posta près d'eux, les bras croisés.
« Miss Granger doit rentrer avec moi ce soir à Poudlard ».
La tête broussailleuse ne bougea pas mais les yeux de Weasley jetèrent des éclairs quand il eut dit cela, « Donnez lui un break ! Elle n'a pas dormi depuis la nuit de Noël ! Pourquoi ne peut-elle pas rester avec nous ? »
Rogue renifla de mépris face au jeune Weasley, notant avec une certaine surprise que Potter n'avait pas sauté sur l'occasion pour ajouter son objection à celle de son ami.
« En dépit de ce que vous pensez être le meilleur, Mr Wealey, le Directeur a pris la décision. Je n'ai ni le temps, ni l'inclination de rester debout ici à attendre que vous ayez fini votre petite séance de câlinage », dit-il un sourire mauvais au coin des lèvres pendant que les oreilles du garçon tournèrent en une intéressante teinte de rouge. Plus fort, il ajouta, « Miss Granger ! »
Elle s'étira et repoussa de la main les cheveux qui étaient venu devant son visage, ses yeux tombèrent sur lui.
« S- »
« Miss Granger ! » appela t-il de nouveau d'une voix forte, ce qui heureusement la fit sursauter et retomber dans le silence. Il savait ce qu'elle était sur le point de dire, le sommeil avait obscurcit sa capacité de raisonnement. La dernière chose dont il avait besoin était que Potter et Weasley entendent leur meilleure amie s'adresser à lui avec une telle familiarité. Ils l'accuseraient certainement de lui avoir fait boire en douce un philtre de coercition.
« Professeur Rogue ? » Elle s'était remise de son effroi, se levant d'un coup et elle le regarda avec un mélange d'anticipation et d'embarras.
« Le Directeur a décidé que vous deviez rentrer à Poudlard ce soir », dit-il. « Je vous attendrai en bas des escaliers dans pas plus de cinq minutes ».
Sans attendre de réponse d'aucun du trio, il se tourna et sortit de la pièce, fermant la porte un peu trop fort après son passage.
Dehors, dans le couloir, il s'arrêta pendant un instant et ferma les yeux, prenant une profonde inspiration.
Reprends-toi, homme ! s'admonesta t-il, redressant ses épaules, puis il se dirigea vers les escaliers au bout du couloir. Elle ne faisait que de simplement passer du temps avec ses amis... ses autres amis, ajouta t-il.
Il ne savait pas vraiment ce qui l'avait troublé à ce point devant la scène dont il venait d'être témoin... ou plutôt il ne voulait pas reconnaître ce pourquoi il s'était consciemment rappelé de desserrer les poings pendant qu'il était dans la pièce.
Peut-être était-ce l'expression de contentement sur le visage d'Hermione alors qu'elle était enroulée contre le côté de Weasley, ou la simple intimité des trois amis appréciant quelques minutes d'une quiétude nouvellement retrouvée.
Non, en vérité, c'était le souvenir d'elle blottie contre son côté à lui de la même façon, vite endormie, il y avait moins de vingt-quatre heures. Cela lui avait réchauffé le coeur qu'elle trouve du confort en sa présence et de réaliser qu'elle lui faisait à ce point confiance pour se laisser à tomber endormie contre lui. De la voir avec ses amis et d'entendre la réplique de Weasley à propos de son manque de sommeil lui fit durement se rendre compte que probablement il n'y avait aucun confort en sa présence, et qu'en fin de compte elle avait simplement été trop fatiguée pour garder les yeux ouverts, ne faisant pas cas de qui appartenait le corps chaud le long duquel elle s'était allongée.
Ce devait être un manque de sommeil qui lui faisait réagir de cette façon si aux antipodes de sa personnalité. Etait-il réellement jaloux de la facile camaraderie qu'elle partageait avec ses amis de Gryffondor ?
Il se serait moqué de lui même avec ironie pour une telle pensée, s'il n'y avait pas eu de soudain "bang" dans sa poitrine qui le trahissait. Merlin, il devenait mou. Une telle sentimentalité ridicule, d'habitude il la laissait au Directeur; les Serpentard ne montrent pas leurs vrais sentiments, ni ne portaient leurs coeurs en bandouillière, spécialement un Serpentard dans une position telle que la sienne. Les sentiments et les émotions ne serviraient seulement qu'à le distraire, le faisant une proie facile pour les jeux de torture psychologique du Seigneur des Ténèbres.
Cependant, parmi toutes ses protestations, il ne pouvait nier qu'il y avait quelque chose chez sa jeune amie qui lui faisait souhaiter de pouvoir simplement être celui qu'il voulait être. Sans le faire consciemment, il lui avait permis de voir de plus en plus de sa réelle personnalité au cours des quelques dernières semaines, au lieu de l'être froid et insensible que les autres pensaient qu'il était.
Elle l'avait réchauffé, le poussant à s'ouvrir toujours davantage et il s'était adonné à ses gentils encouragements sans vraiment protester, selon ses standards, néanmoins. Bien sûr, il aurait pu lui faire une jolie scène de dispute pour lui résister, par exemple aujourd'hui, plus tôt dans la journée. Il avait été réticent à en révéler trop de lui-même, au mieux elle aurait été effrayée ou en désaccord, au pire de tout, révoltée et elle se serait encore éloignée de lui.
Mais, elle n'avait été ni l'un ni l'autre. Ses yeux marrons avaient été remplis d'une telle compassion quand elle avait dessiné de ses doigts les vieilles cicatrices sur sa poitrine... un frisson descendit le long de sa colonne vertébrale au souvenir fantôme de son toucher.
Il secoua la tête, essayant d'éclaircir ses idées alors qu'il atteignait le bas des escaliers. Il avait déjà assez de soucis à propos de sa situation actuelle sans ajouter au problème de si précaires questions angoissantes et triviales.
Et il s'était presque convaincu que son sentiment pour la jeune Gryffondor était sans importance.
Presque.
oOoOoOo
Hermione se leva, lissa ses habits légèrement froissés alors que la porte se referma dans un claquement après le passage de Rogue. Si elle ne le connaissait pas mieux, elle aurait pu penser qu'il semblait presque en colère de la trouver en compagnie de ses amis.
« Rah, nom d'un chien », s'exclama Ron. « Après tout ce qui t'es arrivé, on pourrait penser que le bâtard te laisserait te reposer. Comment peut-il être si insensible ».
« On parle bien de Rogue là, non ? » murmura Harry.
Hermione soupira. « C'est bon. Je crois que si quelqu'un a bien besoin de faire une pause, c'est probablement lui ».
Ron secoua négativement la tête. « Je sais que tu passes beaucoup de temps avec lui, 'Mione, mais je ne comprends pas pourquoi tu le défends continuellement alors qu'il est ignoble à ce point ».
« Il m'a sauvé la vie, Ron », réprimanda t-elle, « et il a risqué la sienne en le faisant. Ca compte pour du beurre ? »
Ron marmonna quelque chose d'incompréhensible dans sa barbe mais il ne lui fit pas de concession sur ce point.
« Et il n'est pas vraiment ignoble », murmura t-elle, s'étirant légèrement tout en massant son cou endolori.
« Tiens donc, je ne l'aurais pas cru », dit Ron hargneusement, déplaçant son cavalier à l'autre bout du plateau d' échecs.
« Il est en train de te duper, Ron », cracha t-elle, exaspérée par sa méfiance continuelle à l'égard du maître des Potions. « Il doit jouer un jeu à tout le monde, ou bien as-tu oublié ce qu'il faisait quand il n'enseigne pas ? Que dirait Voldemort s'il trouvait que Rogue favorise les Gryffondor ou les nés de Moldus au dépend des enfants de Mangemorts ? »
« Ce soir, il n'y avait personne pour le surveiller, personne ne pouvait l'entendre, là nous ne sommes que tous les trois », répliqua Ron. « Je peux comprendre qu'il doive être méchant en public -parfois- mais pour ce soir il n' a pas d'excuses ».
« Il y a peut-être quelqu'un pour l'écouter, Ron », prévint Harry. « Souviens-toi que nous ne savons toujours pas si quelqu'un de l'Ordre est un agent double... quelqu'un d'autre que Rogue, je veux dire. Tu as entendu ce que Dumbledore a dit ; il n'a toujours aucune idée de comment les informations ont pu filtrer ».
« Les murs ont des oreilles, spécialement dans une maison comme celle-ci », ajouta Hermione. « Jusqu'à ce que l'espion soit pris, tout le monde doit être extrêmement prudent, mais tout particulièrement le professeur Rogue ».
Ron était mal à l'aise. « Je suppose que vous avez raison », reconnu t-il enfin de compte.
« Bien, alors j'y vais », dit Hermione. « Je ne veux pas faire attendre le professeur Rogue, donc je vous vois tous les deux demain à l'arrivée du train ».
Elle se dirigeait vers la porte quand Harry l'appela. Ses deux amis s'approchèrent d'elle et à l'unisson la prirent dans leurs bras en un câlin très serré.
« Nous sommes heureux que tu ailles bien », dit Harry calmement, sa voix s'étouffa dans ses cheveux. Ron exprima le même sentiment sur son autre épaule et elle leur murmura merci. Elle se retira et fixa ses amis des yeux puis leur donna un petit sourire bref et quitta la pièce.
Personne du trio n'avait remarqué le bruissement silencieux dans un coin sombre de la bibliothèque, en effet les murs avaient des oreilles.
oOoOoOo
Peu de temps après, Hermione était revenue à Poudlard avec Severus par voie de Cheminette. Elle resta quelque peu embarrassée au milieu du salon alors que le maître des Potions se débarrassait de ses robes d'extérieur et de sa redingote, les déposant par dessus le dossier du canapé.
« Qu'est-ce que vous allez faire ? » demanda t-elle en le suivant dans le laboratoire. Il commença à sortir un large chaudron et à le poser sur un des plans de travail.
« J'ai une potion à faire, si vous vous souvenez », dit-il d'un ton bref.
La potion Endoloris, pensa t-elle, ses yeux tombèrent sur son bureau et le livre de notes, toujours posé la où il l'avait mis plus tôt.
« Avez-vous besoin de moi pour faire quelque chose ? »
« Je pensais que ce sujet était clos, Hermione », soupira t-il en se tournant vers le cabinet de sa réserve et en le déverrouillant d'un mouvement de sa baguette.
« Non », dit-elle. « Je veux dire, s'il y a autre chose que je puisse faire ? N'importe quoi d'autre qui demande d'être préparé ? »
Il secoua la tête, la regardant d'un air contemplatif puis il retourna à son plan de travail, les bras plein de fioles et de pots d'ingrédients.
« Vous avez vraiment besoin de vous reposer », dit-il encore. « Bien que cela m'est douloureux de l'admettre, Weasley avait raison, vous ne devez pas avoir eut plus que quelques heures de sommeil au cours de ces deux derniers jours ».
« Vous non plus », fit-elle remarquer.
« Je suis habitué à très peu dormir », répondit-il. « Vous, au contraire, ne l'êtes pas. Je crois que votre premier cours lundi matin est celui de Potions et ce serait une honte pour moi d'avoir à déduire des points de Gryffondor si vous tombez de sommeil dans ma classe ».
Elle rétrécit ses yeux d'indignation. « Vous n'oseriez pas ! »
« Ne pensez pas que notre amitié va changer la façon dont je vous traite en classe, Hermione », prévint-il d'un air sombre. « Vous savez ce que pourraient être les conséquences si nous l'exprimons en public ».
« Je sais », soupira t-elle, en reposant un ustensile et en allant s'asseoir en face de lui qui avait commencé à couper une poignée de fluxweed (1). « Je souhaiterai simplement que ce soit différent ».
Ses yeux noirs rencontrèrent les siens, un mélange de surprise, d'appréciation et de regret dans leurs profondeurs. « Et moi donc, Hermione », murmura. « Et moi donc ».
Elle restait assise en silence, regardant ses mains expertes qui préparaient les ingrédients avec une précision dont elle ne pouvait que rêver d'avoir. Elle supposa que cela venait avec des années de pratique mais il n'y avait aucun doute qu'il avait un don naturel pour l'art. Il semblait suivre ses instincts autant que n'importe quelle recette écrite, et selon ce qu'elle avait lu de ses recherches -qui étaient vraiment très peu nombreuses au final- ses instincts s'étaient souvent avérés avoir plus de succès.
Après environ une demi-heure de silence, Rogue reposa son couteau et posa ses mains à plat sur la table. L'immobilité fit sortir Hermione de ses pensées vagabondes et elle leva les yeux sur son visage.
« Au risque de me répéter », dit-il d'un ton très franc, « allez vous rester assise ici et me regarder toute la nuit ? »
Elle regarda ailleurs. La vérité étant qu'elle ne voulait pas retourner dans la tour désertée de Gryffondor. Elle savait que le château était sûr, même probablement bien plus sûr que lorsqu'il était plein d'élèves, cependant elle ne pensait pas passer la nuit seule, à l'autre bout du château, loin de la seule personne proche d'elle qui pourrait lui apporter un sûre nuit de sommeil. Pas après ce qui s'était passé il y avait juste une nuit.
« Quelque chose vous tracasse », commenta Rogue. Ce n'était pas une question mais il la regardait comme s'il attendait une réponse, néanmoins.
Elle soupira et après une seconde d'hésitation, lui avoua ce qu'elle ressentait.
« ... Simplement, je me sentirais plus en sécurité en étant proche de ... quelqu'un », dit-elle à la fin de son explication, ajoutant rapidement, inquiète, « c'est idiot, je sais ».
« C'est parfaitement compréhensible, étant donné tout ce qui s'est passé. Cependant, cela ne résout pas la question de votre sommeil. Vous ne pourrez pas vous reposez en restant là à me regarder toute la nuit, bien que- » ses lèvres se levèrent un peu en un sourire ironique, « -les potions sont un cour connu pour endormir certains élèves ».
Elle sourit un peu et Rogue retourna son attention à ses ingrédients, ajoutant avec précaution la fluxweed à une petite fiole de décoction d'éphèdra de Chine.
Hermione attendit pendant un moment, ses yeux s'alourdissaient de minute en minute, avant qu'elle demande avec hésitation, « Vous pensez que je peux dormir sur votre canapé, juste pour quelques heures ? »
« Le canapé est fait pour s'asseoir, pas pour dormir », répondit-il d'un air peu engageant.
« Pourtant ça ne vous dérangeait pas il y a quelques heures », lui retourna t-elle.
Il haussa un sourcil devant le ton de sa voix. « Je vous serez gréée de vous rappeler qu'ici, ce sont mes appartements et que je peux y faire ce que bon me semble. Vous, cependant, n'avez pas ce luxe ».
« Je ne vois toujours pas où est le problème », marmonna t-elle. « Je dormirai mieux ici sur le canapé que dans un lit éloigné de cinq étages de la personne la plus proche ».
« La différence, Hermione », dit-il en reposant la flasque à partir de laquelle il était sur le point de mesurer avec précision la dose dont il avait besoin d'un liquide rouge visqueux, « est que vous avez besoin d'une nuit complète de sommeil digne de ce nom et un canapé n'apporte pas un sommeil réparateur ».
« Mais- »
Il avait levé une main pour la faire arrêter ses protestations, et il semblait débattre intérieurement de quelque chose avant qu'il ne parle à nouveau.
« Vous pensez vraiment que vous ne pouvez pas dormir dans la tour de Gryffondor cette nuit ? »
Elle dit non de la tête.
« Vous pourriez rester ici, alors », soupira t-il. « Cependant, vous aurez une nuit de sommeil proprement dit dans un lit ».
« Vous avez une seconde chambre ? »
Ce fut à son tout de secouer la tête négativement et elle resta à le regarder, incrédule. « Votre lit ? »
Il étira son dos légèrement et croisa les bras sur son torse, interprétant avec exactitude son expression choquée.
« Vous n'allez pas commencer à penser comme ce paranoïaque de Maugrey », siffla t-il méchamment. « Cette potion requiert entièrement mon attention pour les dix prochaines heures et je ne vais pas vous laisser dormir sur un canapé alors qu'un lit parfaitement confortable restera vide ».
L'offre était complètement inattendue bien que parfaitement la bienvenue. Ce fut aussi, comme elle s'en rendit compte plus tard, une preuve de combien il avait vraiment confiance en elle, qu'il ne l'avait pas seulement permise de rentrer dans son domaine personnel comme il l'avait fait plus tôt dans la journée mais qu'il la laissait rester dans sa chambre par sa volonté à elle, sans crainte qu'elle ne fouille ses affaires et exploite cette confiance.
« Vous êtes sûr que ça ira ? » dit-elle avec hésitation.
Il leva un sourcil encore une fois. « Je ne l'aurais pas proposé si ce n'était pas le cas », dit-il sérieusement.
« Merci », dit-elle en interceptant un regard intrigué de sa part.
« Il me semble que vous dîtes cela un peu trop souvent », commenta t-il en réponse à son expression.
« Il me semble avoir de bonnes raisons de le faire », ce qui lui valut un sourire narquois de la part de Rogue.
« Bien », dit-elle peu de temps après, le regardant sortir le chaudron et mettant les premiers ingrédients. « Je crois que je devrais, euh, aller dormir, alors ».
Il approuva, l'esprit ailleurs, se concentrant pour prendre l'exacte mesure d'un liquide bleu foncé et en le mettant dans le large chaudron, puis avec sa baguette, il augmenta la flamme en dessous. « La porte n'est pas verrouillée par un sortilège. Si vous avez besoin de quelque chose, vous devrez vous débrouiller par vous même. Je ne peux pas laisser tomber ça maintenant ».
Elle se leva et traversa la pièce. S'arrêtant à côté de lui, elle plaça une main sur son épaule, la pressa avec douceur et essaya de convertir ainsi ses remerciements sans lui ressortir tout le temps le même mot. Elle s'éloigna après quelques secondes et se dirigea vers la porte.
« Bonne nuit, Hermione ».
Elle se tourna mais son attention était déjà retournée à la potion, son visage était illuminé par la lueur des flammes sous le chaudron au-dessus duquel il était penché.
« Bonne nuit, Severus », répondit-elle en écho et elle tira la porte derrière elle, la laissant légèrement entre-ouverte.
En marchant vers la chambre du maître des Potions, l'étrangeté de la situation la frappa soudainement. Elle se demandait si c'était ce que le Directeur avait en tête quand il lui avait répondu en novembre, « Il va avoir besoin de quelqu'un sur qui il puisse s'appuyer avant la fin de cette guerre ».
Elle doutait que même Dumbledore ait pu imaginer à quel point ils s'entendaient bien ensemble, elle n'avait certainement jamais espéré obtenir plus qu'une trêve incommode avec le maître des Potions qu'elle pensait connaître avant que tout ceci ne commence.
Elle était dans ses appartements privés, il devait difficilement avoir une autre âme dans l'école et elle était sur le point de dormir dans son lit. Sans lui, ajouta t-elle, mais elle repoussa au loin cette pensée avant de lui laisser le temps de la faire réfléchir à propos de comment elle ressentait cela.
Se dirigeant jusque vers les rideaux, elle tira un peu les lourds rideaux en arrière, permettant à la lumière de la Lune de filtrer dans la pièce. Elle retira ses chaussures et son gilet, optant de garder ses autres habits sur elle, même si son jeans lui serait inconfortable pour dormir.
Le dessus de lit étaient quelques peu froissé là où il s'était allongé plus tôt dans la journée pour qu'elle lui soigne les côtes. Elle frissonna involontairement, se souvenant de la texture de la peau froide sous sa caresse et des griffures boursouflées des cicatrices qu'il ne voulait pas qu'elle voit. L'expression de son visage quand elle les avait vues l'avait étonnée et fait se sentir confuse, pensait-il réellement qu'elle serait révulsée par cela, qu'elle pourrait le juger pour quelque chose qui n'était pas de sa faute ?
Le fait que, l'opinion qu'elle avait de lui, compte pour lui était étrange aussi. Il ne lui apparaissait pas comme quelqu'un prenant en considération l'avis des autres sur lui.
Ses pensées vagabondant sur ce sujet, elle grimpa sous les couvertures et allongea son dos sur les coussins moelleux. La fraîche senteur de terre qui flottait toujours dans l'air autour de Rogue remplissait la chambre et elle se tourna sur le côté, serrant un des coussins contre elle en une étroite étreinte.
Si elle avait écouté avec précaution, elle aurait pu entendre les sons atténués émanants du labo, le tintement des fioles de verre, et le bruit de tapement sec du couteau alors que le maître des Potions travaillait sans relâche.
Ses paupières se firent plus lourdes et elle inhala profondement, ses narines capturaient la senteur familière qui pour elle en ces temps troubles était devenue synonyme de confort et sécurité. Elle serra le coussin encore plus contre elle, elle pouvait presque imaginer que c'était un corps chaud qui était à côté d'elle.
Presque.
oOoOoOo
Des heures plus tard, Severus Rogue posa sa spatule avec laquelle il mélangeait et fit un pas en arrière, s'éloignant du chaudron. Les quinze prochaines minutes étaient le seul moment durant ce processus marathon de dix heures de préparation, où il pouvait se permettre de détourner sa concentration, en effet, le mélange devait rester au repos avant l'ajout du prochain ingrédient.
Il regarda les nombreuses fioles et pots d'ingrédients qu'il avait alignés dans l'ordre de préparation pour la prochaine étape. Tout était prêt et il pouvait prendre une pause pour quelques minutes.
Inconsciemment, il se trouva à quitter la salle de travail et à traverser ensuite le salon pour se tenir debout juste devant la porte de sa chambre. Bien que la porte soit entre-ouverte, il ne pouvait entendre aucun son qui en émanait, il se surpris à se demander ce qu'il était exactement en train de faire.
Ca ne pouvait pas faire de mal de simplement passer la tête entre la porte et de s'assurer qu'elle allait bien, non ?
Il poussa un tout petit peu plus la porte pour l'ouvrir, il se faufila dans la pièce et jeta un oeil en direction du lit. Un rayon de la lumière argentée de la Lune brillait à travers les rideaux ouverts et tombait sur la silhouette endormie d'Hermione.
Elle était allongée sur le côté, serrant fermement un des coussins contre son corps en une étroite étreinte et ses cheveux emmêlés tombaient en travers de son visage, ce qui le cachait de sa vue. Avant qu'il ne se rende compte de ce qu'il était en train de faire, il se trouva à traverser la chambre et à rester debout près d'elle à côté du lit, puis à tendre la main pour lui enlever en une douce caresse ses boucles inextricables du visage.
La lumière de la Lune tomba sur son visage, illuminant ses traits détendus dans son sommeil et les doux cils bruns qui reposaient sur ses joues. Il restait à la contempler, hypnotisé par la douceur de sa peau et le calme de sa respiration.
Bien qu'il l'avait nié auparavant, il se rendit compte qu'il ne faisait que de se mentir à lui-même en n'admettant pas que ce qu'il éprouvait pour cette jeune femme, était au delà de l'amitié. Elle l'avait surpris de bien des manières.
Tout à coup, elle bougea soudainement dans son sommeil et il recula. Il ne voulait pas qu'elle se réveille pour le surprendre à la regarder d'une telle façon. Elle voudrait savoir pourquoi et il ne pensait pas se sentir capable d'inventer un mensonge assez convaincant. Pas à propos de ça, pas à elle.
Il se maudit intérieurement alors qu'il quittait la pièce à contre-coeur et retourna à ses potions. Aussi bienvenu que cela était, certainement elle s'avérait être une distraction. Un peu bête, il se demanda si c'était ce que le Directeur avait à l'esprit quand il les avait poussés à travailler ensemble au début.
Connaissant Albus Dumbledore, il s'attendait à tout.
oOoOoOo
Hermione se réveilla le lendemain matin en se sentant bien plus reposée que jamais lors de ces dernières semaines. Elle trouva Rogue dans sa salle de travail, toujours au labeur devant son chaudron, il était plus fatigué que jamais.
Elle savait cependant qu'il ne pourrait pas se reposer jusqu'à ce que cette étape particulière de la préparation soit terminée, donc, ne voulant pas le déranger et se sentant un peu gênée d'avoir passé la nuit dans son lit, elle s'excusa, se retira et partit en direction de la tour de Gryffondor.
La journée passa rapidement, entre finir les derniers devoirs de vacances qu'il lui restait et commander par hibou de nouveaux livres afin de remplacer ceux qu'elle avait laissé à la maison avant Noël. Après le déjeuner, elle descendit voir Hagrid et ensuite, plus tard dans l'après-midi elle descendit avec lui jusqu'à la gare de Pré-au-Lard afin d'aller à la rencontre du Poudlard Express.
Elle serra fortement dans ses bras Harry et Ron même s'ils ne s'étaient laissés que la veille et ils parlèrent sans fin pendant leur chemin vers le château.
La salle commune fut bruyante cette nuit-là, avec tous les élèves qui montraient leurs cadeaux de Noël venant de Weasley Farces pour Sorciers Facétieux, de chez Zonko, les jeux d'échecs, les Bavboules et autres Batailles Explosives.
Les deux seuls cadeaux qui restaient à Hermione étaient le livre que Rogue lui avait donné qui dorénavant, était précautionneusement rangé dans sa chambre et le collier de ses parents. Elle le portait toujours depuis la nuit de l'attaque des Mangemorts et elle se demandait si c'était plutôt de la superstition de croire que la rune lui avait offert une vraie protection... peut-être avaient-ils été juste chanceux.
L'attaque sur la maison d'Hermione, à son grand soulagement, ne semblait pas être passée dans l'opinion du public, et la seule personne qui lui avait demandé comment elle allait à cause de cela, était Neville qui manifestement avait du être informé de cette épreuve par sa grand-mère et ses connaissances.
Hermione ne tarda pas à bailler et elle souhaita une bonne nuit à ses amis et les embrassa, puis elle se dirigea vers sa chambre à laquelle elle plaça un sortilège de Silence sur la porte, plus par habitude que par inquiétude.
Elle monta sur le lit, dans le noir et s'allongea sur le dos, fixant vaguement des yeux le plafond. Elle sentit quelque chose qui n'allait pas mais elle ne pouvait pas mettre le doigt sur ce que c'était. Agrippant fermement son coussin, elle resta les yeux ouverts à fixer l'obscurité, se tournant et se retournant pendant de nombreuses heures avant que le sommeil ne vienne, enfin.
oOoOoOo
Longtemps après qu'Hermione se fut endormie dans la tour de Gryffondor, Severus Rogue alla finalement au lit, il se dévêtit et s'effondra de fatigue entre les draps et les couvertures. Cela faisait trois jours entiers qu'il était debout et bien qu'il avait dit à Hermione qu'il n'avait pas besoin de beaucoup de repos, lui aussi avait ses limites.
Hermione.
Elle était l'une des nombreuses choses qui dernièrement lui avait causé des nuits d'insomnies, et pas seulement à cause de ce qui était arrivé à Noël.
En devenant ami avec elle, il avait cessé de la voir comme une élève, pour la plus grande partie. Le revers de la situation étant qu'il était au contraire forcé à la voir en tant que jeune femme, et en dépit des véhémentes et répétées protestations de la partie raisonnable de son cerveau, son corps lui faisait sentir qu'il appréciait extrêmement ce qu'il voyait.
A chaque fois que ses pensées commençaient à dévier, une voix tiquante dans sa tête commençait à chanter, « Elève, élève, élève », encore et encore en une étrange litanie mais le reste de son corps et de son esprit n'y prêtait pas attention.
Sous n'importes quelles autres circonstances, il aurait été terrifié par ses traîtresses pensées. Il n'y avait rien de plus révulsant qu'un professeur lorgnant sur une élève à qui l'on avait confié la charge, mais, bien qu'il ait décrit Hermione exactement comme cela la nuit dernière quand Maugrey l'avait interrogé, pour lui elle était bien plus. En dépit de son statut d'étudiante, elle était une adulte, une amie, une égale et quelqu'un qui malgré son initiale erreur de jugement il savait qu'il pouvait bien plus lui faire implicitement confiance qu'il ne l'a jamais fait à quiconque, exception peut-être du Directeur.
Pas que cela ait une quelconque importance, était-il en train de penser tout haut. Il ne trahirait pas la confiance qui a été placée en lui en tant que professeur, et les chances qu'elle ait un sentiment réciproque étaient encore plus minces que ses chances à lui de survivre à cette guerre infernale... en d'autres mots, proches du néant.
Se renfonçant un peu plus dans le matelas, il ferma les yeux et essaya de vider sa tête de toutes ses pensées mais quelque chose l'en empêchait. En tournant légèrement la tête sur un de ses coussins, il réalisa ce dont il s'agissait. L'image de la nuit dernière lui vint l'esprit, d'elle se raccrochant à ce même coussin pendant qu'elle dormait. Il inspirait la senteur qui restait accrochée autour du lit. C'était une fragrance enivrante, de fruits et de jasmin avec une touche de vanille.
Il se maudit tout haut quand il sentit son corps réagir à la pensée d'une femme dans son lit et il se retourna pour se retrouver sur le ventre dans une tentative vaine de réprimer son excitation. Peut-être ses pensées étaient plus une conséquence d'être proche d'une femme -n'importe laquelle- qui se serait volontairement mise elle-même dans une proximité avec lui. Ce n'était pas quelque chose auquel il était habitué et son corps le lui rappelait à grand besoin.
Pourtant, il ne pouvait toujours pas repousser de sa tête l'image de sa silhouette endormie lors de la nuit d'hier et il se surpris lui-même à presque reconnaître à quel point il voulait être là avec elle, pas n'importe quelle femme, elle, juste elle.
Avec des pensées de telle nature, ce n'était pas la peine de se demander pourquoi son corps n'allait lui laisser aucun répit. Après une heure d'indécision sans repos, bataillant avec son esprit et sa morale, il gémit et se remit sur le dos, s'abandonnant aux traîtres désirs de son corps.
Il n'y avait aucun plaisir dans les rapides va-et-viens, les caresses insistantes de sa main, juste le besoin de se délivrer d'un désir qui mettait son corps sous tension, même si sa raison restait en grande confusion.
Il n'y avait aucun bruit dans la chambre, excepté le doux clapotis de la peau contre la peau sous les draps, et l'intensification de son souffle pendant la montée de la délivrance. Il pouvait toujours sentir sa senteur accrochée aux draps qui l'entouraient. Un seul mot murmuré dans un souffle de plaisir franchit ses lèvres quand il atteignit la jouissance.
« Hermione ».
oOoOoOo
A suivre...
NDT : 1 J'ai volontairement laissé le mot anglais "fluxweed" dans ma traduction, en effet il s'agit du nom d'une plante très spécifique de la famille des Linéaires qui ne pousse que sur une certaine partie de l'Amérique du Nord, employée dans la potion Endoloris de cette fanfiction et dans les potions de Veritaserum et Polynectar dans les livres officiels. Le traducteur officiel français de J.K. Rowling l'a traduite par le nom d'une autre plante, le sisymbre qui ne pousse que dans les Pyrénées, seulement ce n'est pas du tout la même plante. La fluxweed, dont je précise que j'ai fait des recherches à ce propos n'a pas de traduction en français puisque cette plante très rare et employée en médecine ne pousse qu'au Nord des E.U. et au Canada, littéralement weed herbe, plante, et flux de du latin couler, fluidifier... d'où l'idée d'écoulement, de fluidification. Ses propriétés sont utilisées dans certains médicaments pour la circulation sanguine.
J'ai volontairement laissé fluxweed donc et n'ai pas utilisé le terme de sisymbre pour le traduire car ce sont bel et bien deux plantes très différentes. Ménard fait ce qu'il veut et moi aussi, je trouve personnellement que c'est un peu "flouter" le lecteur que de traduire par une plante différente.
L'éphèdra de Chine est quant à elle très employée dans la médecine Chinoise, elle pousse donc en Chine et en Sibérie, elle est utilisée contre les bronchites et les grippes car c'est un produit dopant, elle contient de l'éphédrine, autrefois les combattants d'art martiaux l'utilisaient pour ces propriétés énergisantes. Mais à consommation élevée et continue, elle provoque des hémorragies internes et cérébrales et comme elle accélère le rythme cardiaque, elle peut provoquer des arrêts cardiaques. On comprend tout de suite mieux son utilisation dans la potion, surtout si on la couple avec la fluxweed, je pense que le mélange des deux en augmentant le rythme cardiaque et en fluidifiant le sang doit provoquer de graves hémorragies internes. Brrrr !
Alors cette fin de chapitre... surprenante hum ??? ;-) Des réactions ? Elles sont toujours les bienvenues !
See you soon my dear readers and reviewers for the 22nd chapter !
