Chapitre 1 : Je me présente (je m'appelle Henri…)

Je m'appelle Elisabeth Malefoy. Lisa pour mon frère. Elisabeth Maria Clarisse pour ma mère. Et la honte de la famille Malefoy pour mon père. N'allez pas croire qu'il ne m'aime pas, non. Il me déteste. Rien que de très banal, en somme. La plupart des gens m'appelle Elisabeth. Personne n'a jusqu'à présent eu l'idée saugrenue de m'appeler Lisa, ou de me donner un autre diminutif dans le genre Lily. D'abord, parce que je n'autorise personne à m'appeler Lisa. Ca, c'est réservé à Drago. Mais aussi parce qu'il n'y a que les suicidaires ou les kamikazes pour se montrer familier avec un membre quelconque de la famille Malefoy.

Je ne suis pas très grande, j'ai 12 ans. J'ai les yeux bleus et les cheveux blonds, pas blonds platine comme Père, plutôt blond vénitien. C'est entre autre pour ca qu'il me déteste. Je ne lui ressemble pas franchement. Et il a tendance à détester tout ce qui sort d'un poil du moule préfabriqué qu'il s'est lui-même imposé. Enfin, bref. J'ai le malheur d'être très différente de ce qu'il attendait de moi. Il a donc résolu le problème. Il ne me parle jamais, se contente de m'aboyer quelques ordres et évite le plus possible ma présence. Il est vrai que je fais tout pour l'énerver. Pour commencer, je suis une fille. Crime suprême. Et abominable honte. On ne peut rien faire, avec une fille. Père avait la très charmante intention de monter l'attendu deuxième fils contre Drago pour voir quel était le plus vicieux, le plus tordu des deux. Comprenez sa frustration, avec une fille on ne peut rien faire. Il s'est contenté de me laisser à mon sort. Mais heureusement, Drago était là. Ho, ne vous en faites pas. Et, je vous en prie, épargnez moi les « ho ! Pauvre petite ! Son père ne l'aimait pas, blablabla… », je n'ai pas besoin de pitié. Et encore moins de psychanalyse à deux noises. Je me porte très bien.

J'imagine que je dois vous présenter ma famille. C'est ce que font la plupart des gens. Mais si je devais dire ce que je pense de ma famille à tous les gens que je rencontre, je serai devant un psy qui me demanderai comment j'ai réussi à survivre dans le « chaleureux » foyer de mon enfance. Dire la vérité, une fois dans ma vie… Pourquoi pas. Personne n'en saura rien. Enfin, j'espère pour vous. Je suis navré d'avoir à le dire comme ca, mais vous ne résisteriez jamais à ma colère. Je parlais donc de ma famille. Et bien, commençons par le plus important, le chef, le patron, THE big boss, Lucius Malefoy, aussi appelé par moi-même Père (Même si je me pose de sérieuses questions quant à la fidélité de ma mère. Comment ce type pourrait-il être mon père ?). Pour vous donner une idée générale, il est assez grand, plutôt impressionnant, avec des longs cheveux blonds platine, et une tête de croque-mort. Quoique… Un croque-mort doit sourire de temps en temps. Quand je dis « sourire », je ne parle évidemment pas du rictus qu'a l'habitude de prendre Père, et encore moins du sourire démentiel façon « je vais tous vous trucider » qu'il prend de temps en temps. Je parle d'un sourire sincère, un sourire de bonheur.

Il faut aussi préciser que Père est très fier d'appartenir à un cercle TRES fermé. Comment rentrer dans ce cercle ? Sans vouloir vous vexer, pour vous, c'est un peu légèrement foutu sur les bords. Il y a vraiment BEAUCOUP de conditions. Lesquelles ? Vous insistez ? Toutes ? Y en a pour longtemps. Très bien, puisque vous y tenez. Tout d'abord, il faut n'avoir que des parents de sang-pur depuis au moins…tout ça. Avoir un pedigree remontant à 875 après Jésus-Christ. N'avoir strictement aucun sang-de-bourbe-, sang-mêlé, moldu ou cracmol dans la famille proche. Considérer comme inférieur les mêmes cités précédemment. Traiter comme de la merde tout ce qui vous est inférieur et tous ceux qui ne pensent pas comme vous. Traiter Dumbledore régulièrement de vieux fou et de pauvre crétin. Avoir torturer quelques moldus (il y en a tellement, ca ne peut pas faire de mal…). Trucider un certain nombre de sang-de-bourbe (il faut bien se débarrasser de cette engeance là…). Voici les conditions obligatoires pour rentrer dans ce cercle. Si, en plus, vous êtes un fervent admirateur de Grindelwald et que vous avez été un mangemort, là, vous avez droit au champagne. Mais, vous, vous n'avez aucune chance.

Certaines personnes disent que mon père est un être sans-cœur, insensible, arrogant, détestable. Moi, je me contente de dire que c'est un connard. Ca a au moins le mérite d'être clair. Il y a quelques années, je me disais que je pouvais peut-être le faire changer d'avis. J'avais tord. Vraiment. Aujourd'hui, je sais qu'un type qui a été con pendant 45 ans, on ne peut plus rien faire pour lui.

Ma mère ? Que dire sur ma mère ? Et bien, elle…elle est belle. Même si elle arbore en permanence un air pincé évoquant la tête de quelqu'un qui a sous le nez un vieux camembert pourri arrosé au jus de chaussettes. Je n'ai jamais compris pourquoi elle avait toujours cette tête là. Mystère. L'enquête est actuellement ajournée, pour cause de « J'ai pas que ça à faire ». Sinon, et bien, ma mère est peut-être légèrement… creuse sur les bords. Et puis au milieu, aussi. Sans oublier en haut et en bas. Pour résumer, Mère a tendance à être cruche. Voir même idiote. Si je devais choisir un mot pour définir ce qu'elle a fait dans sa vie, je dirai du bridge. Ses journées entières sont résumées dans la phrase « Elle joue au bridge avec d'autres femmes sang-purs en buvant du thé ». Avant le bridge, elle se prépare. Après, elle se repose. Journées passionnantes et particulièrement dépaysantes. Quant à ce qu'elle éprouve pour nous, et bien, elle est neutre. Elle ne se préoccupe pas franchement de ma vie. Non, en fait, elle se fout royalement de tout ce que moi et Drago pouvons faire du moment que ça n'entache pas sa réputation et qu'elle peut aller au bridge.

Tiens, d'ailleurs, Drago. Il y a des fois où je me demande ce que je ferai sans lui. Quand je faisais une bêtise et que Père m'avait engueulé, il venait me voir. Quand je faisais des cauchemars, il venait me consoler. Je suis la seule personne qu'il apprécie, il est mon rocher dans la tempête. Il est assez grand, il a 14 ans. Deux ans de plus que moi. Il est blond platine, comme Père. Il est plutôt pas mal dans son genre. Mais il a malheureusement tendance à suivre les idées de Père. Il ne comprend pas ma révolte. Il se demande sincèrement pourquoi je ne suis pas le chemin que Père nous a tracé. Mais j'ai eu beau essayé de lui faire comprendre ce que je ressentais, il n'y arrive pas. Alors on n'en parle pas entre nous.

Drago a ses petites marottes. Entre autre, dire dix fois par jour qu'il déteste Potter. J'ai, quant à moi, tendance à penser que ce qu'il éprouve envers Potter ressemble plus à de l'envie qu'à de la haine, mais évidemment, je ne lui ai jamais dit. Mon frère m'aime beaucoup, mais il y a des limites à tout.

Je suis élève à Poudlard. Il n'y a pas beaucoup de personne qui me remarque, j'essaie d'être plutôt discrète. Je me rappelle ma première année, il y avait des détraqueurs, tout le monde ne pensait quasiment qu'à ça. Moi, curieusement, je m'en fichais un peu. D'abord, parce que je savais très bien que Sirius Black n'était pas un assassin (Traîner dans la maison à 11h du soir présente quelques avantages. Drago ne le sait pas. Je ne lui dis pas toutes les choses intéressantes que j'apprends, il y en a trop.), mais surtout parce que contrairement aux autres, moi, les détraqueurs ne me faisaient pas peur. Autant je ressentais l'angoisse des autres, autant ils ne me faisaient rien. Ils avaient même tendance à m'éviter. Ca non plus, je ne l'ai dis à personne. Si je l'avais dis à un prof quelconque, j'aurai eu droit aux questions, et ça, c'est vraiment la plaie. Mais de toute manière, le dire à qui que ce soit d'autre pouvait être dangereux. Il faut savoir garder des cartes dans sa manche.

En classe, je suis plutôt forte. J'ai toujours senti la magie bouillonner au bout de mes doigts. Et sans trop savoir pourquoi ou comment, j'ai tout de suite su que je n'étais pas normal. Que la puissance que j'avais était trop grande pour mon âge. Et qu'arriver à faire quelques sorts sans baguette était définitivement étrange. J'appris donc assez vite à dissimuler ma force magique. Ce que je préfère, c'est les potions. Peut-être, justement parce que cela ne nécessite aucune puissance magique, juste de la méthode. Je n'ai pas besoin de faire semblant de ne pas savoir.

J'ai toujours fait attention à entretenir un niveau juste assez en dessous de la perfection pour que l'on ne me considère pas comme un petit prodige façon Granger. Je ne tiens pas franchement à attirer l'attention sur moi. Je préfère rester la petite sœur de Malefoy pour tout le monde. C'est bien plus confortable. Aujourd'hui, ma deuxième année est finie. A la prochaine rentrée, je serai en troisième année. Et je resterai la petite sœur de Malefoy pour tout le monde.