Chapitre 3 : Comment se mettre dans la galère…

Dans le salon, Drago et moi attendont. Mère passa en coup de vent. Elle nous avait regardé avant de hocher la tête en signe d'assentiment. Nous pouvions y aller, nous ne lui ferions pas honte, elle pourrait aller au bridge demain. Je triture nerveusement ma cape, je n'ai pas envie de partir de cette maison. Mon lit me semble d'un coup très accueillant. Je commençai à reculer. Evidemment, Père arrive à ce moment précis. Je ne retiens qu'à grand peine un juron bien senti catégorie « Mère me laverai la bouche avec du savon ». Il ne dit que cinq mots. « Ne me faîtes pas honte ». Même pas un petit « Tu es magnifique » pour Drago. Alors qu'il aurait pu se le permettre. Là, Drago est sensass ! Très stylé, élégant, la totale, quoi. Drago se lève, je l'imite aussitôt.

Père nous désigne un livre.

-Je vous rejoins juste après.

Je regarde Drago. « Courage » me chuchote-t-il du bout des lèvres. On s'approche tous les deux. Ma main se tend au-dessus du livre avant de s'arrêter. Suis-je prête à Le voir ? Non ! Drago empoigne le livre et me force alors à le prendre de la main. Dix secondes passèrent. Alors que je me demande ce qui se passe, je sens soudain un crochet m'agrippé au nombril. Je ferme les yeux alors que le portoloin m'amène au « lieu de rencontre ». Nous n'en savons pas plus. Pendant quelques secondes de flottements, je ne sens rien. De chez rien du tout. J'ai juste un peu la nausée. Enfin, je percute durement le sol, manquant de tomber. Péniblement, mes paupières se relèvent. Nous sommes à côté d'une grille immense. Il y a pas mal d'autres jeunes de Poudlard. Les mangemorts ne sont pas resté inactif, ces quatorze dernières années. D'ailleurs, c'est curieux, il n'y a aucun enfant qui soit plus âgés que Drago.

Un craquement sourd se fait entendre à côté de nous. Je tourne la tête, c'est Père.

-Suivez-moi. Se contente-t-il de dire avant de partir rapidement vers un grand portail, ouverture béante dans la grille. En chemin, je croise une fille de ma classe qui m'adresse un grand sourire. Je ne la regarde pas, cette fille est tellement idiote qu'il lui arrive de confondre sa plume avec sa baguette. Père ne dit rien, Drago, lui, est très content.

-Tu te rends compte ? On va le rencontrer !

-Génial…

Je regarde autour de moi, curieuse. J'aimerai quand même savoir si je suis la seul de ces jeunes à avoir échapper au lavage de cerveaux et à ne pas considérer Vous-savez-qui comme un génie incompris. Il suffit de voir les têtes excitées de tous ces gamins pour comprendre. Je ne peux m'empêcher de soupirer. A l'évidence, je suis la seule à savoir la définition du mot liberté par ici et à savoir que je peux réfléchir toute seule.

Tiens, en parlant de lobotomisé, nous avons aussi eu la chance extraordinaire de croiser Pansy Parkinson. Même Drago ne peut réprimer une mimique de dégoût à l'idée de devoir lui parler. Cette fille est vraiment TRES collante. Elle a l'air surexcité. Déjà que d'habitude, elle est hystérique… Là, on dirait un marteau piqueur à la voir sauter partout. Je me demande combien ses parents dépensent en aspirine…

Père s'arrête alors devant le portail. Devant nous, un grand type nous regarde. On dirait un bouledogue. J'ai bien envie de lui envoyer une baballe, mais je suis pas sûre qu'il apprécie… Drago se penche vers moi pour m'informer gracieusement de l'identité de « Médor ».

-C'est McNair, le bourreau du Ministère…

-Il a la tête de l'emploi…Lui chuchotais-je avant de me taire brusquement. Le bouledogue venait vers nous.

-Dis-moi, Lucius, ce sont de beaux enfants que tu as là…

-Drago a eu d'excellent résultat aux examens. Répondit mon géniteur ne se tenant plus de fierté.

-Et ta fille est très jolie… Plus tard, elle sera très belle !

Il s'approcha de moi et me prit le menton. Beuark, vires tes pattes de là !

-Tu pourras la fiancer à qui tu veux, elle te fera honneur !

Génial, ma première sortie et on parle déjà de me marier ! Père eut un grognement très explicite.

-Nous devons y aller.

A l'évidence, pour lui, le jour où je ferais honneur au Malefoy avait de très fortes chances de ne jamais exister.

Il me poussa sans douceur vers le portail. Malgré mes efforts, je ne pus retenir un gémissement de surprise plus que de douleur. Aïe. Erreur. Un Malefoy ne montre jamais ses sensations. Je franchis le portail en première ligne, chanceuse que je suis. C'est à ce moment là que je compris où nous nous trouvions. Un cimetière. Pour l'ambiance lugubre, c'est parfait. Rapidement, Père marche à travers les tombes noires, nous amenant vers le centre du lieu sépulcral. Je regarde autour de moi, ébahi. Des hommes vêtus de noir partout. Des gamins de onze à quatorze ans. Flippant. Je comprends vite avec ma rapidité d'esprit coutumière que c'est à côté d'une grande tombe, non, gigantesque que se passera la réunion. La plupart des personnes sont déjà là. Tous s'écartent devant mon père. Il est l'un des vétérans de l'armée sombre. Vu la place qu'il occupe dans l'organisation de Vous-savez-qui, Drago et moi seront sur les premiers rangs. Chic. J'en ai de la chance. Je déborde d'enthousiasme à cette idée pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué.

Drago trépigne d'impatience. Il va rencontrer son idole. Moi…à force de triturer nerveusement ma cape, celle-ci est légèrement déformée. J'ai entendu dire qu'Il savait lire dans les pensées. Si jamais Il veut lire celle de tout le monde, je suis morte. Les révolutionnaires ne sont pas très bien acceptés, dans le coin. J'ai une furieuse envie de me barrer à toute vitesse. Seulement voilà, je me ferai aussitôt rattraper. Et là, ils se douteraient bien que j'aie un petit problème. Mais de toute façon, un Malefoy reste digne en toute circonstance.

Père semble soudain plus agité.

-Il arrive !

Il ne m'en faut pas plus. Je me fige, je deviens une véritable statue, je suis incapable de bouger. Des craquements se font entendre. Aussi sec, je ferme les yeux tellement je suis morte de trouille. Drago s'en aperçoit et me secoue le bras. Je me décide à ouvrir craintivement un œil. Mon regard se dirige vers une forme, une ombre. Un homme, enfin, si on peut appeler ca un homme, plutôt gros, chauve, assez minable en somme. Je me demande quand même qui c'est ce type. On dirait un rat. Soudain, c'est l'illumination ! Pas étonnant qu'il ressemble à un rat, c'est Pettigrew ! Il a vraiment l'air pitoyable, j'ai du mal à croire que ce truc a tué treize personnes. Des moldus, OK, mais y a des limites à tout ! Autour de moi, personne ne dit rien. C'est idiot, pourtant, ce minable ne mérite pas le…Ho c'est pas vrai, non, mais quelle gourde ! Le plus grand assassin de tous les temps apparaît devant tes yeux, et toi, tu regardes un traître ! Y a vraiment des fois où je mériterais des baffes, quand même ! Je décollais alors mon regard du rat pour le déposer sur Vous-savez-qui. Dans un dernier geste protecteur, je m'obstinais à regarder le bas de sa robe, très élégante par ailleurs.

Enfin, je me décidais à relever les yeux. Sous le coup, je m'arrêtais de respirer. La surprise avait été tellement grande que j'avais manqué de peu de pousser un cri de surprise. S'Il était humain, moi j'étais E.T. enrhumé. Son visage blanc, ses yeux rouges…Heuua…J'en ai la chair de poule…

-Ainsi, c'est donc vous. Vous, les enfants de mes fidèles mangemorts.

Ouaip, même que je m'en serai bien passé, d'ailleurs !

-C'est vous la nouvelle génération de mangemorts…

Ho, là, je vais être relativement pas d'accord, là ! C'est pas franchement ce que j'envisage !

-Aujourd'hui, je suis de retour !

Merci, on avait cru comprendre !

-Et ma vengeance sera à la hauteur de ma colère !

Certes, certes. On peut y aller, maintenant ?

-Et parmi vous se trouve quelqu'un qui peut m'y aider…

Et beh, je plains le type en question…

-Une arme à la puissance considérable…

Brusquement, sans trop savoir pourquoi, un cauchemar me revient en tête. Des échos me reviennent…non, ce n'est pas ca !

-Une force de la nature…

Il parle quand même pas de Goyle ou de Crabbe, quand même !

-Quelqu'un qui, sans le savoir, a en lui un pouvoir considérable.

Je n'aime pas du tout ce qu'il dit…

-Mais je ne sais pas non plus de qui il s'agit. Qui ? Qui a au fond de lui ces pouvoirs ? Je me le demande.

T'en fait pas, nous aussi ! Là, je remarque alors un détail inquiétant. Au pied de Vous-Savez-Qui, il y a un…serpent, non, un monstre ! Jamais vu de bestiole de cette taille ! Dingue. Fantômas se retourne vers son serpent.

-Qui est celui qui m'a prêté serment voilà six ans ?

Ma tête turbine à toute vitesse. Mon rêve… « Promets de toujours m'obéir……PROMETS ! -JE PROMETS ! » Des fragments m'en reviennent. J'avais promis. Et je ne sais pas à qui.

-Alors, qui m'a promis ?

J'avais six ans, j'en ai douze, ca c'est passé il y a six ans ! Non ! Ce n'est pas possible. Je suis normale.

-Que celui qui m'a prêté serment s'avance et me le dise !

Il a l'air d'en avoir marre. Sans trop savoir pourquoi, je me sens obligé d'avancer d'un pas.

-Lisa ? Qu'est-ce que tu fais ?

J'avance encore… J'ouvre la bouche, j'essaie de m'arrêter, je n'y arrive pas…je dois le faire….

-Je t'ai prêté serment il y a six ans.

Tout le monde me regarde ébahi. Ce que, d'ailleurs, je comprends tout à fait. Je parle très bien l'anglais. Je maîtrise à la perfection l'allemand. Il est arrivé à des français de me prendre pour l'un des leurs. Et je ne parle même pas de l'espagnol et de l'italien. Bref, mon éducation fait que je parle beaucoup de langues différentes afin de pouvoir en toute sécurité m'entretenir lors d'un bal (normal, il y a tellement peu de famille de sang-pur qu'on est obligé d'aller en chercher à l'extérieur). Mais rien, et j'ai bien dis strictement rien ne m'avait préparé à parler fourchelang.