Chapitre 5 : Petite fille de treize ans aimerait échapper à son destin…
Je me relève difficilement. Ma nuit a été très mauvaise. J'ai fait un cauchemar, mais je ne sais pas trop de quoi il parle. Des serpents, un visage blanc… Soudain, ce qui c'est passé hier soir me revient en tête. Non, c'est pas possible… La scène passe devant mes yeux, à l'évidence, si, c'est possible. C'est irréel… J'ai pas pu lui parler comme ca ! Au moins, maintenant, je sais que quand j'ai la trouille, je suis insolente. Ca y est, j'ai mal au crâne. Alors, si je récapitule bien, je parle fourchelang, j'ai prêté serment à Vous-savez-qui quand j'avais six ans à travers nos esprit durant ce qui me semblait être un cauchemar, il me trouve amusante, veut faire de moi une mangemorte dans mes années à venir. Génial. Il a fallu que ca tombe sur moi. J'aurais préféré que ce soit Drago qui s'y colle. Je veux dire, lui, il fait officiellement parti du fan-club de Voldy. Moi… Heureusement, Drago choisit cet instant pour débarquer dans ma chambre, m'empêchant ainsi de penser que pour une raison m'échappant totalement, je serai dès ma majorité dans les rangs du Seigneur des ténèbres et que je ne peux rien y changer.
-Vas-y, raconte-moi tout !
Beuh, j'aurais mieux fait de me taire…
-Qu'est ce que tu veux que je te dise ?
-D'abord, c'est quoi cette histoire de serment ?
-Je crois que…quand j'étais petite, il est rentré dans mon esprit…
-Et tu as prêté serment ?
-Ben, il m'avait un peu pas laissé le choix…
-Mais…pourquoi toi ?
-Drago, si je le savais, je te le dirai !
-Alors, tu deviendras mangemorte ?
-Oui, mais toi aussi.
-Mais, je comprends pas, je croyais que c'était toi qui étais contre ses idées et…
-Drago, je n'ai pas le choix ! C'est comme ca, c'est tout. Si je pouvais choisir, déjà, je ne serai pas allé à cette réunion. Ensuite, je ne me serais pas avancé pour parler fourchelang alors que je ne sais rien de cette langue. Et enfin, je ne serai pas là, je serais en train de partir au Mexique en priant pour que l'on ne me retrouve jamais !
-Heu…
-Mais au lieu de ca, je suis allé à cette réunion parce que je ne savais pas l'importance qu'elle aurait dans ma petite vie. J'ai dit en fourchelang que je lui avais prêté serment pour une raison qui m'échappe totalement. Et je resterai ici parce que quelque chose me dit que si je pars comme j'en crève d'envie, il ne sera relativement pas content et je ne veux pas qu'il se venge sur toi. Par contre, Père…
-Lisa ! Calme-toi !
C'est là que je m'aperçue que je m'étais mise debout, que je criais et que la fenêtre allait se briser si elle continuait à s'ouvrir et à se fermer aussi violemment.
-Lisa, respire…Zen…Me murmurais-je moi-même.
Au fond de moi, je Le revoyais, sinistre et blanc comme ce n'est pas permis. « Tu seras une reine, tu seras ma reine… » Et comme d'habitude, je n'ai pas voix au chapitre ! Ce sera donc toute ma vie ? Faire ce que l'on me dit de faire ?
-C'est trop injuste ! M'écriais-je.
Derrière moi, un bruit de verre cassé retentit. Ah. La fenêtre s'est cassée. Je me retourne, le choc a été tellement violent que la vitre entière s'est effondrée.
-Reparo…Dis je d'une voix sourde, toujours en colère. Aussitôt, la vitre se remis à sa place. Drago se cala derrière moi. Il commença à me masser doucement les épaules. Il avait l'habitude, à chaque fois que je m'énerve un peu trop, je casse quelque chose.
-Où es ta baguette ? Me demanda-t-il doucement.
-J'en sais rien !
-Lisa…
-Bon, ca va, j'ai compris. Accio baguette.
Un tas de fringues se souleva, se dirigeant à haute vitesse vers moi. Je soulevai mes fringues, prenant ma baguette. Il ne faut plus penser à ca, passer à autre chose pour le moment.
-Qu'est ce que je fais ?
-Tu n'as qu'à ranger ta chambre, pour commencer…
- Pour ça, je n'ai pas besoin de la baguette !
-Alors pourquoi ta chambre est toujours un vrai foutoir ?
-Parce que je me sens bien dans mon bordel, c'est tout ! Une chambre trop rangée, c'est une chambre sans vie. C'est tout. Je retrouve toujours toutes mes affaires, alors c'est pas la peine d'insister. Mon bazar, j'y tiens.
Drago soupira.
-Tu es un cas désespéré.
-Toi, tu vaux pas mieux, tu es maniaque !
-C'est pas vrai !
-Si ! Il y a pas un grain de poussière dans ta chambre !
-C'est parce que ca tombe sous le bon sens !
-Ouais, c'est ca ! Tu ne supporte pas qu'il y ait un faux plis sur ton lit !
-Après, on dort mal !
-TU dors mal, parce que tu es maniaque !
-Cette discussion ne nous mène nulle part. Allons dans la salle de jeu pour manger.
-Soit.
Il se dirigea vers la salle de jeu où nous passons la grande majorité de notre temps. C'est aussi là que nous mangeons. Devant moi, Drago s'agite un peu. Je le connais par contre. Tout ce que vous voulez que dans dix secondes, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un…
-Et puis d'abord, je ne suis pas maniaque !
-Ho que si !
-Hum, hum.
Tiens, ca, c'est pas Drago. Un elfe, peut-être ? Je me retourne et…
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH !
Vous savez quoi ? C'était pas un elfe ! Ou alors, c'est un elfe d'un mètre quatre-vingt qui affiche une tête de croque-mort. Prise en flagrant délit de plaisanterie ! Là, je suis bonne pour la diète. Faut dire, la tête de Père de bon matin, ca met pas en appétit.
-Elizabeth. Viens avec moi.
Gasp. Mon heure vient de sonner. Non, pitié, je veux pas ! Qu'est-ce que j'ai fait ? Il a compris que ce n'était pas un elfe de maison mais moi qui avais mis un hérisson dans son lit il y a trois ans? Il a envie de torturer quelqu'un ? Non, pour ca, y a les elfes et les moldus. Et si c'était…en rapport avec hier soir ?
REAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH !
Je veux mourir ! Remarque, ca tombe bien, vu la tête de Père, c'est ca qui risque de m'arriver ! Je suis Père, hésitante. Il ouvre en grand la porte du bureau. Alors là, je me sens con. Pas que j'y sois jamais entré, dans ce bureau, mais uniquement quand il n'était pas là !
-Rentre !
Oui, monsieur le croque-mort. Bien, monsieur le croque-mort. Si vous le dites, monsieur le croque-mort.
D'un pas hésitant, je rentre dans le bureau. Je m'assieds sur le fauteuil, il s'installe derrière le bureau. Je vous assure que s'il fait craquer ses doigts, je hurle « Au viol ! », promis, juré.
-Pour une raison qui m'échappe totalement, le maître semble s'intéresser à toi.
Merci, j'avais pas remarqué hier quand on a tapé la causette en fourchelang.
-J'espère que tu as pleinement conscience de ta chance…
Chance ne me semble pas être le mot approprié, mais bon…
-Il a même l'air de penser que tu pourras lui être…utile.
Les mots lui déchirent la bouche. Sa fille, tant haïe, attire les attentions du maître alors qu'elle s'en passerait bien, et son fils, tant apprécié, est bon pour le vide abyssal alors que lui, il veut bien taper la causette avec le maître. Désolé, croque-mort, tu t'es gouré pour le jugement.
-Il a donc décidé de te faire rentrer dans son cercle d'intime. C'est le plus grand honneur qu'il peut t'être accordé.
Heu, est-ce que quelqu'un peut m'aider à traduire ?
Je me lève, me dirige vers la porte. Je ne peux rien dire. Ca tombe bien, Père n'a pas l'air de penser que je dois parler. Devant ma tête hébétée, il ne peut retenir un sourire. Il est content de voir mon effarement face à ce qu'il vient de m'apprendre. Il m'ouvre la porte, j'ai juste le temps de voir une ombre se fondre dans l'obscurité du couloir. Je sors, aucun de nous deux n'as dis un mot depuis que je me suis levée. Derrière moi, la porte de bois claque lourdement.
-Drago…sors… Finit-je enfin par dire.
Bien sûr. Comme moi je l'avais fait lors de tout les entretiens de Drago avec Père, mon grand frère avait essayé d'écouter aux portes. Vu sa tête curieuse, ca lui a pas servi à grand chose.
-Alors ?
Je me demande comment il va réagir, est-ce qu'il sera aussi choqué que je le suis moi ? Il me presse toujours de questions. J'ai l'impression que ca n'a pas d'importance.
-Drago…
-Oui ?
-Il…je…je vais être marqué la semaine prochaine…
