Chapitre 7 : Cherche vie calme et ennuyeuse…
Je suis toujours debout, mais au moins, je ne suis plus au milieu du cercle. Et Le lord noir…m'explique les modalités d'usage de ma nouvelle condition.
-Lorsque ton tatouage t'élancera…
Je crois que c'est une manière délicate de dire « quand ca te fera mal à crever… », vous en pensez quoi ?
-Il te faudra transplaner.
Transplaner ? Mais…
-Avec tout le respect que je vous dois…
Tu ferais mieux de te taire, Lisa… tais-toi, Lisa ! Tais-toi !
-Oui, je sais, tu ne peux pas transplaner à Poudlard. Il te suffira d'utiliser la cheminée de ta salle commune pour aller chez toi, d'où tu transplanera.
Ah ben tiens ! Y avait ce détail, aussi…
-Je ne pensais pas exactement à ca… Je ne sais pas transplaner, je ne peux même pas avoir le permis, je n'ai même pas treize ans…
Et c'était la question à trois gallions ! Le premier qui donne la bonne réponse a gagné !
-Hum…
Ma question à trois gallions poserait-elle problème ?
-Bellatrix ?
-Oui, maître. Dit celle ci en se courbant tellement que j'ai soudain une brusque envie de lui mettre un coup au c…hum, vous m'avez compris.
-Tu lui apprendras à transplaner.
-Mais…
-J'ai dis « tu lui apprendras à transplaner ».
La folle furieuse ne rajoute rien, mais tout le monde peut voir que l'idée de s'occuper d'une gamine ne l'enchante pas vraiment. D'ailleurs, j'aime pas non plus des masses cette idée. IL n'a pas gagné, ce n'est pas la bonne réponse, les trois gallions ne seront…
-Vous pouvez partir, si j'ai besoin de vous, je vous rappellerai.
Je soupire de soulagement. Mon bras ne m'avait jamais fait aussi mal. Dès que je suis à la maison, je mets trois kilos de glace dessus en espérant que ca suffira à calmer cette brûlure.
-Non, Elizabeth, vous, vous restez.
Quoi ? Ho, non ! C'est pas vrai ! Quelle poisse ! Bon, je suis pas dingue, je ne le dis pas à haute voix, mais mon désappointement transparaît largement sur mon visage.
-Approche.
Je m'avance de trois pas.
-Tu es très intelligente.
Merci, je peux y aller ?
-Ecoute donc ce que j'ai à te dire.
Le lendemain, je me réveillais à dix heures du matin. Mon bras me fait encore mal. Je tourne la tête, et là, je vois un saladier entier rempli de glace. Dans une exclamation de joie, je remercie mille fois Fandell qui est décidément plein de bonnes idées et d'esprit d'initiative, surtout pour un elfe. Je plonge mon bras dans le saladier de glace et gémis de bonheur à l'état pur. Je suis en extase. A travers le verre du plat, je vois ma marque. Je sors mon bras du saladier et l'observe attentivement. Elle n'est plus rouge, mais noire. Je retrouve le symbole que j'ai déjà vu tant de fois. La tête de mort avec une couronne, le serpent qui sort de la…hep, hep, hep ! Mode souvenir, fonction retour…une couronne ? J'avais jamais vu de couronne ! C'est quoi ce bins ? Alors déjà, je deviens une mangemorte à même pas treize ans, mais en plus, j'ai même droit à un tatouage différend ? Raaahh ! Je comprends plus rien ! C'est là que Drago arrive. Hier, il s'est endormi sur son bureau en m'attendant. Remarque, c'est plutôt normal, je suis arrivé à cinq heures et demi du mat. Le lord noir m'a raconté beaucoup de choses, m'a donné mes directives, tout ca, quoi. Bref, on a tapé la causette.
-Alors, montre-la-moi.
On dirait un gamin de huit ans face à un nouveau jouet… Je soupire avant de lui tendre mon bras.
-Ho la vache…Fut la seule chose cohérente qui sortit de sa bouche pendant trente secondes. Je crois que, au fond, ce n'était pas vraiment possible pour lui. J'étais trop jeune, trop petite pour ca… Et inconsciemment, il me regarde différemment. Je ne suis plus Lisa sa petite sœur. Je suis Elizabeth Malefoy, mangemorte la plus jeune en date.
-Et, ca t'as fait mal ?
Je le regarde, il veut vraiment savoir. Pour lui, c'est son futur. J'aimerai bien qu'il fasse le bon choix puisque lui, il l'a. Je le regarde dans les yeux, il fuit mon regard.
-Je n'ai jamais eu aussi mal de ma vie.
Il déglutit, je voix sa pomme d'Adam rouler.
Tout à l'heure, j'ai vu Mère qui revenait du bridge. Elle m'a regardé bizarrement. Je ne sais pas trop pourquoi. Et, un instant, j'ai cru voir au fond de ses yeux que j'avais toujours vus vide d'intelligence une blessure cachée. Mais cette impression disparut vite. Je passe mon temps à regarder mon bras. Trace si noire sur une peau si blanche… Comme une tache salissant la pureté d'un tissu de soie.
-Elizabeth. J'ai à te parler.
Encore ? Mais ca devient une manie, ou quoi ? En deux jours, j'aurais plus parlé à mon père qu'en toute une vie ! Je le suis. Cette fois, je n'ai pas peur. Je suis trop occupé à regarder mon bras. Il claque la porte de bois derrière moi. Sans attendre qu'il me le dise, je m'assois. Il s'installe en face de moi.
-Très bien. Je veux que tu me dises tout ce qui a été dit lors de ton entrevue avec Tu-sais-qui.
Ce qui c'est dit ? Rien qui ne t'intéressera.
-Vous devez comprendre que je ne peux m'exposer à trahir les secrets du maître.
-Quels secrets ? Je suis l'un de ses plus fidèles serviteurs, il n'a pas plus de secrets pour moi que pour toi.
A ta place, je n'en serais pas si sûre…
-Le maître m'a fait promettre de ne rien dire à personne quant à ce qui a été dit durant cet entretien.
Houla, il devient rouge… Jamais bon signe, je ne l'ai jamais vu devenir rouge… Il se lève et me crie presque dans les oreilles.
-Je suis ton père ! Tu me dois l'obéissance !
A mon tour de me lever et de crier.
-Vous n'êtes pas mon père ! Vous n'êtes que mon géniteur ! Et soyez certain d'une chose, je vous déteste autant que vous me détestez !
Là, il vire au cramoisie… Sur l'échelle du Malefoymètre, ca veut dire « Furax de chez furax, attention, avant de vous aventurer plus loin, repérez les sorties de secours. ».
-Sale insolente !
Là, je sentis soudain qu'il essayait de rentrer dans mon esprit, probablement pour voir ce qu'IL m'a dis la nuit dernière. Je ne peux m'empêcher de sourire. Et le crétin qui me sert de père me regarde triomphalement, persuadé qu'il est d'être le meilleur. Je le laisse entrer suffisamment dans mon esprit pour qu'il puisse voir ma première pensée, à savoir « Mon père est un imbécile », et là, je l'enfonce. Littéralement. Un troupeau d'éléphant qui lui fonce dessus à toute vitesse lui laisserai plus de chance. Toutes ses barrières mentales, enfin, je ne peux pas vraiment appeler ca des barrières mentales, sont explosé en une seconde. Je rentre sans même frapper, impolie que je suis… Et je vois tout. Tout. Ces souvenirs, ses peurs… Là, je vois mon image, moi, la raison de sa haine. Je ne peux m'empêcher d'être surprise. C'est moi, et ce n'est pas moi. Ma grand-mère. Sa mère. Il l'a déteste autant qu'il me déteste. Une femme qui se rebellait contre son mari, contre les injustices. Une femme qui a vu son enfant apprendre à la haïr, et qui n'a rien pu faire pour empêcher cela. Il me déteste parce que je lui ressemble. Mes yeux, mes cheveux, mes lèvres, mon caractère…ca vient d'elle… Et c'est grâce à elle que je suis comme ca aujourd'hui… Mais ca ne m'a servi à rien ! Malgré toutes mes belles idées, je suis obligée de lui obéir ! Et pour ca, je le hais. Je sors de l'esprit de…je sais même plus comment l'appeler. Père ? Non, impossible pour moi. Je le regarde. Il a l'air minable, sur le sol. Son front est couvert de sueur. La colère m'envahit. S'il s'était occupé de moi, j'aurais été d'accord avec lui, j'aurais été une arrogante sang-pur crevant d'envie de rentrer dans les rangs de Vous-savez-qui, et me faire marquer ne m'aurait pas semblé être une atroce épreuve. J'aurais été flattée de dire : « je suis mangemorte ». A lieu de ca, je me morfonds sur ma liberté. J'ai envie de l'écraser. Je préfère disparaître. Je sors du bureau et part en direction du hall. Je fais éclater ma fureur en claquant violemment la porte d'entrée derrière moi. Je prends un sac, met n'importe quoi dedans, vais dans l'écurie, monte sur Darwen, l'étalon de mon père, sans selle évidemment. Drago arrive à ce moment là.
-Elizabeth ? Mais, c'est l'étalon de Père ! Il va te tuer !
Je ne l'écoute pas et commence à faire partir le cheval. La référence à…l'autre ravive ma colère.
-Elizabeth, où vas tu ?
Je ne réponds pas et sors de l'écurie.
-Elizabeth !
Je presse mes talons sur les flancs de la bête qui aussitôt, part en galopant. Derrière moi, Drago s'agite inutilement. Je sens le vent dans mes cheveux, je me sens libre, libre comme je ne le serais plus jamais. Mon bras me brûle toujours, mais pour ces moments de liberté volée, je ne veux plus y penser. Et plus le cheval va vite, plus ma colère diminue. Mais je sais très bien que dès que je m'arrêterai, elle flambera à nouveau en moi.
