Chapitre 9 : Elizabeth

Je me réveille dans ma chambre. Sur mon fauteuil, Le monstre dort toujours. Hier, après avoir soigné Drago, comme je n'arrivais pas à dormir, j'ai fait des recherches et j'ai appris que Le monstre est un cermarek, rongeur proche en beaucoup de point de l'écureuil, à la différence près qu'un écureuil n'est pas venimeux et que c'est quand même moins susceptible. Il y a même une image dans l'encyclopédie. Evidemment, Le monstre est bien plus class que celui de la photo mais tout le monde n'a pas les moyens d'avoir un cermarek comme le mien. D'ailleurs, je me demande quand même pourquoi il m'a adopté comme ca. C'est pas le genre de bestiole à s'attacher pour trois noisettes. Je hausse les épaules, me lève, pars prendre une douche. Quand je reviens, Le monstre se réveille. Aussitôt, il monte sur mon épaule. Je lui donne une petite caresse sous le cou. Difficile à croire que cette bestiole puisse vous tuer en trente secondes. Mais je sais instinctivement que je n'ai rien à craindre. Je pars dans la salle de jeu dans laquelle nous n'avons pas joué depuis longtemps. Drago y est. En me voyant, il évite de peu de s'écarter, mais ne peut empêcher un mouvement de recul. Je soupire. Lisa se serait vexée. Mais Lisa est morte, comme mes larmes. Je suis Elizabeth, un jour, je devrais tuer un être vivant (bien que cette idée me répugne), je suis mangemorte malgré moi. Je m'approche de Drago. J'ai réussi à soigné la plupart de ses blessures grâce à pas mal de sortilèges. Il a un bleu énorme sur le bras. Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, je m'approche et pose mes mains sur son bras. Je sens une chaleur, une lumière apparaît. J'enlève mes mains, le bleu a disparu. Drago me regarde, éberlué. Je me vois mal lui expliquer que je n'ai pas la moindre idée de comment j'ai fait ca. Nous descendons tout les deux pour présenter nos hommages à Mère. Je sais que Drago ira le voir, moi, je ne sais même pas si je lui accorderait un regard. Dans le salon, Mère attend indolemment.

-Bonjour, Mère.

Elle me regarde. Elle sait, elle sait que j'ai failli tuer son mari.

-Bonjour, Elizabeth.

Je faillit montrer ma surprise. Elle s'était montré beaucoup plus chaleureuse qu'a son habitude. En général, elle me marmonne vaguement un « Bonjour » que seul moi parvient à entendre et encore, parce que je suis à un mètre. Elle me regarde. Ses yeux brillent, elle semble retenir un sourire. J'aurais trouvé plus vraisemblable que quelqu'un me dise que Merlin l'enchanteur a été ressuscité… Son mari arrive, elle perd cette lueur. J'ai presque envie d'insulter ce crétin. Pour la première fois depuis treize ans, je vois ma mère se comporter de façon presque humaine, et il gâche tout ! Drago s'incline devant lui. Son regard voyage, tombe sur Le monstre, toujours sur mon épaule. C'est vrai que je l'avais presque oublié, celui là, il s'est montré discret. Il rosit, il a toujours refusé qu'une bestiole rentre dans la maison. Déjà qu'il a du mal à supporter les elfes de maisons… Il lève les yeux vers moi. Je plonge mon regard dans le siens. Et il me voit, dure, froide, glacée. Elizabeth Malefoy. Celle qui est apparue après la mort de Lisa. Il porte sa main vers son crane. Le choc contre le mur a du être rude. Et là, je souris. Un sourire mesquin. Je me suis un peu forcé, le but, c'était de lui faire peur. Et j'ai bien l'impression que j'ai réussi. Et soudain, pour Mère, je me sens obligé de faire quelque chose.

-Au fait, Mère, je me suis trouvé un animal de compagnie. Dis-je en désignant Le monstre. M'autorisez-vous à le garder ?

Elle me regarde, ne sachant pas à quoi s'attendre.

-Cela dépend de votre père, Elizabeth.

-Lucius n'en pense rien du tout. C'est vous, la maîtresse de maison, après tout.

Lucius, et oui, c'est comme ca que je l'appelle, maintenant. Père, je ne peux pas. Et crétin congénital, ca fait long. Donc, j'ai opté pour son nom. Ca résume parfaitement nos rapports. Je ne suis plus en positions de faiblesse. Drago est presque choqué, Mère a les yeux qui brillent à nouveau et Lucius me regarde en sachant que me répondre serait à ses risques et périls.

-Je m'en moque. Finit-il par dire avant de partir.

Tout le monde dans la pièce sait qu'il ne s'en moque pas du tout et que ce qui vient de se passer signe la perte de son autorité. Lorsqu'il passe devant moi, Le monstre lui montre les dents. Mère le voit, elle a les yeux qui rient. Il ne la voit pas.

-Je t'autorise à garder cette bête. Dit Mère en se levant. Elle m'est sympathique. Rajouta-t-elle en caressant Le monstre qui a reconnu en elle une alliée.

-Quelle belle journée ! Dit-elle doucement. Et cet animal a apporté un peu de joie dans cette matinée.

C'est surtout le fait que j'en ai profité pour humilié Lucius.

-Je suis contente, Mère, d'avoir pu vous apporter un peu de joie.

Un large sourire naît alors sur son visage. Et tout le monde sait que je n'ai fait ca que pour venger Mère de la souffrance qu'elle nous a toujours caché. Je ne sais pas pourquoi elle lui en veut, mais je suis contente de l'avoir aidé. On était loin des rapports habituels mère/fille, mais c'était mieux que ce à quoi j'avais eu droit les treize auparavant.

Je suis dans un champs avec, à côté de moi, Bellatrix Lestranges, folle furieuse de son état. Tout à l'heure, elle m'a demandé pourquoi Lucius n'était pas là.

-Parce que je suis là. Lui donnais-je comme seule réponse.

Elle me regarde, intriguée. Je ne répond pas à sa curiosité.

-Je dois t'apprendre à transplaner.

-C'est bien pour ca que je suis là, non ?

Elle a l'air surprise que je réponde comme ca.

-Si. Assied toi là, et visualise toi. Maintenant…

Le cour continua longtemps. Pendant près de deux heures, je me visualisait, transplanant. Au bout de dix essais, j'y arrive. Quatre heures après le début du cours, j'étais allé dans pas mal d'endroit différend du Royaume-Uni sans jamais me perdre, ou perdre un morceaux de mon corps. C'est ce moment là qu'elle choisit pour arrêter le cour.

-Il y a eu un combat entre toi et Lucius. Dit-elle soudain.

Il ne s'agissait pas d'une question. Je hausse les épaules.

-On ne peut pas dire qu'il s'agissait d'un combat.

-Tu l'as battu. Rajoute-t-elle.

-Vu la quantité de Wisky pur feu qu'il a bu cette soirée là, un enfant lui lançant un sort croche-patte l'aurait battu.

-Pas sûr. Surtout que tu n'as pas utilisé un sort de croche-patte.

Pour seule réponse, je hausse les épaules avant de transplaner dans ma chambre.

« Alors, Bellatrix ?

-Elle sait transplaner. En même pas deux heures, elle a appris. Je ne savait pas que l'on pouvait apprendre aussi vite. Surtout à son âge.

-Vraiment ?

-Oui. Elle a même…trouvé un moyen de ne faire presque aucun bruit en transplanant. Reconnut la femme à contrecœur.

-Tiens…

-Je suppose qu'elle le masque, ou quelque chose comme ca…

Le silence se fit dans la pièce. Voldemort se releva. Bellatrix sembla hésiter un instant.

-Maître…

-Qu'avez vous vu d'autre dans l'esprit de Lucius Malefoy.

-La peur. La peur de se faire supplanter par sa progéniture. La crainte que la montée de sa fille ne marque sa chute.

-Et..et est-ce qu'il a raison ?

-Peut-être. Celui qui craint a quelque chose à cacher. Si sa peur le conduit jusqu'à me trahir, c'est qu'il ne s'agissait pas d'un si bon élément que ca. J'agirais donc en conséquence.

Bellatrix frémit. Tant pis pour Lucius. Elle n'avait pas peur, elle. Elle considérait qu'il fallait savoir faire des choix. Et entre la puissante jeune fille et le déclinant père, elle fit le sien. Elizabeth Malefoy aurait désormais son soutien.