Confessions of a Sin

Chapitre premier

Huit mois plus tôt…

Quelque part dans le vide profond de l'espace pégasien, une fenêtre d'hyperespace s'ouvrit et un vaisseau en émergea. Sur la passerelle de ce vaisseau, un humain surexcité sautillait presque d'allégresse. Sur cette même passerelle, un autre humain réfrénait l'envie légitime de lui taper dessus pour le faire taire. Un troisième regardait avec intérêt l'épave dérivant au loin qu'on pouvait apercevoir par la baie vitrée. Un autre, une humaine en fait, regardait ces trois hommes-là tour à tour, jaugeant leurs attitudes respectives.

Teyla : Rodney, essayez de vous calmer, Ronon va finir par se fâcher.

Ronon : Rapidement.

Rodney : Mais vous ne comprenez pas ? La base de données mentionne ces coordonnées comme cruciales pour un certain projet, bon d'accord, on ne sait pas encore lequel, mais on l'a trouvé !

John : Vous parlez de ce truc, là ?

Il désignait l'épave qu'il avait attentivement étudiée.

Rodney : Exactement !

Caldwell : Bien, maintenant que vous avez trouvé ce pour quoi vous nous avez fait traverser toute la galaxie, on vous laisse là et on repart. Nous sommes déjà en retard.

Rodney : Vous vous, vous repartez ? Mais, et nous ?

John : C'est le moment de tester votre fameuse base spatiale d'expérimentation.

Rodney : Pardon ?

Caldwell : Vous harcelez le docteur Weir depuis deux semaines pour tester votre module-laboratoire ou je ne sais trop quoi en situation réelle. Voilà l'occasion.

Rodney McKay avait l'air d'un gamin à qui on venait d'annoncer Noël avec six mois d'avance.

John : On aura également un Jumper pour le cas où votre… module… ne tiendrait pas le coup. En cas de problème, le Dédale reviendra nous chercher.

Caldwell : Il nous faudra deux jours pour arriver. Le temps d'évacuer toutes ces personnes.

Rodney : Quelle idée aussi de vivre sur une planète susceptible d'exploser à n'importe quel moment…

John : Dois-je vous rappeler que tout se passait bien avant que vous…

Rodney : Inutile. Nous avons des choses plus intéressantes à faire !

Caldwell : Plus urgentes aussi. La base sera larguée dans dix minutes. Vous avez juste le temps de transférer vos affaires à bord. Colonel, vous avez des vivres et du matériel en abondance, de quoi tenir deux semaines. Si vous ne nous avez pas contactés d'ici douze jours, nous reviendrons vous chercher.

John : Compris.

Caldwell : Bien, bonne chance.

Un quart d'heure plus tard, le Dédale repartait, laissant derrière lui un module spatial se rapprocher de l'épave à la dérive.

John : Je stabilise le module…

Rodney : Alors, le pilotage ?

John : C'est plus gros qu'un Jumper…

Rodney : 52 fois plus gros, en fait. Il fallait caser les deux labos, les zones de stockage de vivres et de matériel, les quartiers d'habitation, et tout ça…

John : Les « quartiers » ?! Moi j'appelle ça un placard.

Ronon : Un petit placard.

Teyla : Etait-il nécessaire de prévoir deux laboratoires ?

Rodney : Oui, un de physique, et un de médecine. Les organismes réagissent différemment dans l'espace… Mais Beckett a refusé de venir.

Teyla : Je crois qu'il n'a pas vraiment confiance en ce… quoi déjà ?

John : MSE. Module spatial d'expérimentation.

Rodney : Pourtant tout a été testé et vérifié. Ce manque de confiance est blessant pour le génie que je suis.

John : Vous n'auriez pas dû lui dire que vous vous étiez aperçu au dernier moment que vous aviez oublié de prévoir un sas étanche…

Rodney : Vous croyez ?

John : Oui.

Rodney : Mais quand même, il est bien ce module, non ?

John : Il est plus gros qu'un Jumper… Je n'approcherai pas plus de ce truc tant que vous n'aurez pas scanné tout ce qui est scannable.

Rodney : J'y vais.

Il quitta son siège et s'installa devant la console de senseurs.

Rodney : Signes de vie… négatif. Emission d'énergie… négatif.

John : Wraiths ?

Rodney : Négatif.

John : Tant mieux.

Rodney : Estimation de la date de conception… 10000, plus ou moins 200.

John : Made in Ancien.

Rodney : Atmosphère… négatif. Le vide.

Ronon : Ca veut dire qu'on va devoir mettre les combinaisons ?

John : Oui.

Ronon : Je reste là pour surveiller.

Rodney : Hé là ! Attendez ! Je détecte quelque chose.

Teyla : Une présence ennemie ? Des signes de vie ?

Rodney : Non, de ce côté-là, personne, ou que des morts. Non, je détecte une zone pressurisée. Et oxygénée.

John : Je croyais que les systèmes de survie étaient morts ?

Rodney : Ils le sont. Mais la zone est hermétiquement étanche, l'air doit être celui d'origine. Le vaisseau a l'air d'avoir subi de sérieuses avaries, mais ce compartiment a dû rester scellé.

John : Il faut aller voir.

Rodney : Traces d'armement Wraith sur la coque.

John : Ces marques noires, là ?

Rodney : Oui. Et… oh.

Ronon : Quoi encore ?

Rodney : Des traces d'explosion… des drones. Là (il appuya sur une touche, et un hologramme de la navette apparut) et là.

John : Les Asgards vous ont aussi aidé à installer un générateur d'hologrammes ?

Rodney : En fait, c'est Samantha Carter qui m'a envoyé les plans… Pareil pour les boucliers…

John : Ah… je me sens beaucoup plus rassuré.

Rodney : Pourrait-on revenir au sujet s'il vous plaît…

John : Donc les Wraiths ont essayé de détruire l'expérience, et les Anciens aussi ?

Teyla : De quoi peut-il bien s'agir ?

Rodney : Tout ce que mentionne la base de données, c'est que cette navette venait de la planète Mangeran, en direction d'Atlantis, et que les Wraiths ont entendu parler de ce projet crucial. Ils ont attaqué et détruit le projet. Mais on ne parle nulle part d'une attaque des Anciens.

John : Il faut aller voir.

Teyla : Ne devrions-nous pas avertir le docteur Weir ?

John : Pas faux. Bon… Rodney, j'espère pour vous que l'antenne de communication subspatiale fonctionne.

Rodney : Elle fonctionne.

John appuya sur un bouton, situé sur sa console de pilotage, et une longue antenne argentée se déplia hors de son logement sur la coque du module.

John : Quitte à monter une console de Jumper sur les commandes de vol, vous auriez pu aussi la programmer pour tout le reste. J'ai perdu l'habitude des boutons.

Rodney : Atlantis, ici MSE1. Me recevez-vous ?

Une dizaine de secondes s'écoula, puis une voix sortit de la console de communication.

Elizabeth : Rodney, ici Elizabeth. Tout va bien ?

Rodney : Le MSE se comporte parfaitement bien.

John : Nous avons approché l'épave. Il s'agit d'une navette de taille similaire à notre… module. Pas de signes de vie, ni amicaux ni hostiles. Pas d'émission d'énergie. Traces d'armes Wraith et Anciennes sur la coque, on n'en sait pas plus. Et un des compartiments est toujours pressurisé et oxygéné.

Elizabeth : Eh bien ! Je ne m'attendais pas à ça. Vous êtes sûrs que la navette a été attaquée par des Anciens ?

Rodney : En tout cas, ce sont des drones qui ont causé tous ces trous dans la coque. Les armes Wraith, elles, ont dû traverser les boucliers, et n'ont fait que peu de dégâts.

John : Mon hypothèse est que le vaisseau Wraith qui attaquait la navette a été détruit ou mis en fuite par un vaisseau Ancien. La navette, endommagée, a ensuite été détruite par le vaisseau Ancien.

Elizabeth : Mais pourquoi ?

John : C'est ce que nous devons découvrir.

Elizabeth : Très bien. Laissez quelqu'un dans le module pour me tenir au courant, et allez explorer cette navette. Il nous faut des réponses. De son côté, le docteur Zelencka a trouvé quelque chose d'intéressant après votre départ, il est parti voir ça avec le major Lorne. Je lui dirai de vous appeler s'il trouve quelque chose.

John : Compris. Je pars explorer la navette avec McKay, Ronon et Teyla vont rester ici.

Elizabeth : Soyez prudents, John. On ne sait toujours pas de quelle nature était cette expérience...

John : Je suis toujours prudent. Rodney, par contre…

Rodney : Oh ça va hein !

John : On y va. On rappelle dès qu'on est à bord de la navette.

Elizabeth : D'accord. Bonne chance. Atlantis, terminé.

Quelques minutes plus tard, la navette touchait presque le module qui s'était rapproché d'elle, et Rodney s'apprêtait à démarrer la manœuvre d'abordage.

A suivre…

Bon, début laborieux, je sais, mais je fais de mon mieux !