Note de l'auteuse : Je m'excuse à genoux, et même à plat ventre par terre, mais je n'ai pas pu publier plus tôt à cause des cours, puis des vacances. Je vous supplie donc de me pardonner pour ce délai de publication, ainsi que pour les possibles fautes d'orthographe qui se trouveraient dans ce chapitre, puisque ma chère bêta Choen est encore en vacances ! La chanceuse ! Allez, je vous laisse lire ce chapitre, qui sera (je l'espère !) bientôt suivi du cinquième.
Chapitre 4 :
Rodney se réveilla en sursaut à l'infirmerie, le souvenir du souffle chaud de John sur ses lèvres encore vivace dans son esprit. Si son rêve s'était poursuivi, se seraient-ils … ? Non, bien sûr que non ! Enfin, si, sans doute … Cédant à l'envie irrésistible de se cacher, il enfouit son visage dans le drap blanc qui le couvrait et respira à pleins poumons. Il espérait vainement que cette odeur d'hôpital qu'il détestait par dessus tout l'empêcherait de penser à celle suave du colonel.
« Il faut que ça s'arrête tout de suite ! se dit-il. Je suis Rodney McKay, le plus grand génie des deux galaxies réunies. Si j'arrive à sauver Atlantis une fois par semaine, je devrais bien réussir à me contrôler, tout de même ! Ca fait trop longtemps que ça dure. C'est décidé, dés aujourd'hui, je ne lui parle plus ! »
- Rodney, ça va ?
Plus facile à penser qu'à faire, visiblement. Il sortit la tête du drap et vit que Sheppard était allongé à sa droite, une mine inquiète sur le visage. Et visiblement, son inquiétude était plus destinée à sa santé mentale que physique …
- Oui colonel, je vais bien. Je suis juste un peu secoué …
- Comme vous dites !
- Heureuse de voir que vous êtes enfin réveillés.
D'un même mouvement, Rodney et John pivotèrent afin de faire face au docteur Keller, et attendirent les nouvelles.
- Vos constantes à tous les deux sont normales, vos analyses n'ont rien révélé d'inhabituel, et vous avez l'air d'aller plutôt bien, malgré le fait que vous soyez restés inconscient douze heures …
- C'est la faute de Rodney et sa stupide manie de vouloir me faire activer tous les objets anciens qui traînent !
- Ce n'est tout de même pas de MA faute si vous possédez un gène puissant permettant d'activer la technologie d'une civilisation évoluée et …
Laissant les deux hommes à leur discussion certes peu cordiale mais prouvant leur bonne santé, elle alla dans son bureau prévenir le colonel Carter de leur réveil.
OoOooOoO
Après dix jours, soixante-quatorze cafés, huit visites de Sheppard et une bonne quarantaine d'insultes tchèques, Rodney décida d'abandonner les recherches sur le mystérieux objet ancien. Il avait eu beau l'étudier sous toutes les coutures, lui faire subir toutes sortes de tests et même le toucher, rien n'y faisait. Seule la traduction des textes inscrits sur l'objet avait donné un résultat, mais des plus inutiles : Il était écrit que l'objet était le fruit d'une recherche sur les Wraiths, ce qu'ils savaient déjà, et qu'il exploitait le seul aspect positif de cette race. Mais depuis quand les Wraiths ont un coté positif ?!
Rodney décida donc de se remettre à travailler sur son E2PZ, qui était beaucoup plus intéressant, et mit leur évanouissement sur le compte d'un disfonctionnement de l'appareil, sans doute du à un choc lors de l'effondrement de la grotte. En touchant chacun une poignée, ils auraient ainsi crée un court-circuit, un éclair bleu et boum, dans les pommes !
Oui, cette explication était la plus plausible, et surtout elle permettait à Rodney de pouvoir passer à autre chose et de ne plus être harcelé par Sheppard. L'éclair n'avait pourtant pas abîmé le brushing du colonel, alors pourquoi ce dernier était-il si inquiet ? Peut-être était-ce une excuse pour venir le voir ? « J'avais dit : Plus de pensées de ce genre ! » Ecoutant sa conscience, Rodney tenta de penser à autre chose, mais ce n'était pas si simple. Depuis l'incident, il rêvait encore plus de John qu'avant : presque toutes les nuits ! Il tentait donc de l'éviter la journée, mais comment éviter un ami sans dispute ni raison valable ? Il n'allait quand même pas lui dire, au détour d'une phrase : « Au fait, il vaudrait mieux que l'on ne se voit plus pendant quelques temps, histoire que j'arrête de fantasmer sur vous. Sinon, cette mission, comment c'était ? »
Pourquoi fallait-il toujours qu'il se mette dans des situations impossibles ? C'est vrai, il aurait pu fantasmer sur Carter, comme au bon vieux temps, ou sur n'importe quel membre féminin ou même masculin de l'expédition. Mais non, il fallait que ses rêves aient pour personnage principal le plus grand séducteur de ses dames de la galaxie de Pégase ! Peut-être qu'à force d'être sauvé par le colonel, il avait finit par s'identifier à la demoiselle en détresse et voyait en John son preux chevalier …
McKay secoua la tête pour chasser définitivement ces pensées absurdes, car il arrivait devant la salle de réunion. Carter avait voulu qu'il vienne lui faire un rapport sur l'avancée de ses recherches concernant l'E2PZ, et Sheppard serait bien sûr présent … Il serra son ordinateur contre lui, comme pour se donner du courage, et entra dans la salle où tout le monde l'attendait. Il appuya ensuite sur le bouton permettant la fermeture des panneaux, oubliant le pauvre Zelenka qui le suivait et qui dû donc se faufiler entre deux battants avant qu'ils ne l'écrasent. Et une autre insulte tchèque pour Rodney ! Comme s'il avait besoin de ça ...
McKay se posta debout, ordinateur toujours sous le bras, d'un coté de l'écran principal et parcourut la salle des yeux. Zelenka avait pris place de l'autre côté de l'écran, tandis que Carter et Sheppard s'étaient assis autour de la table avec le colonel Caldwell. Sans doute que le commandant du Dédale avait profité de son passage sur la cité pour assister à l'un des merveilleux speech du plus grand scientifique de la galaxie. Ou peut-être voulait-il juste savoir si la Cité allait bénéficier d'un nouvel E2PZ et donc d'une source d'énergie supplémentaire permettant de conserver le bouclier actif …
Carter fit signe à McKay de commencer, ce qu'il s'empressa de faire :
- Vous vous souvenez sans doute de l'appareil que nous avons découvert l'année dernière, et qui permettait d'augmenter les capacités cognitives de façon à atteindre l'ascension.
- On avait pas dit qu'on l'appellerait l'ascensionateur ? demanda Sheppard.
- Non, c'était l'ascensioneur, mais là n'est pas la question. Lorsque j'étais soumis aux effets de cette machine, continua McKay, j'ai commencé à recalibrer notre E2PZ. Une fois redevenu moi-même, je n'ai pas osé continuer, de peur de perdre le seul E2PZ que nous avions. Mais puisque maintenant que nous en avons deux, j'ai décidé de retenter l'expérience sur le nouveau, puisqu'il est presque vide.
Il poursuivit en leur expliquant que malheureusement, et ce malgré son génie, il était incapable de comprendre ne serait-ce que la moitié des notes qu'il avait rédigé lors de sa super-intelligence.
- Toutes les simulations qui ont été faites, ajouta Zelenka, se sont conclues par l'explosion de l'E2PZ, voire même de toute l'installation électrique de la Cité.
McKay finit donc par annoncer qu'il avait mit une bonne partie de l'équipe scientifique sur le déchiffrage des fameuses notes, afin de pourvoir ensuite entamer des expériences sur l'E2PZ lui-même, mais il doutait que cela n'aboutisse avant plusieurs mois, et encore.
Puis, pendant que le scientifique tchèque à lunettes expliquait aux autres, en des termes que seule Carter semblait comprendre, leurs connaissances actuelles sur l'E2PZ en question, McKay ne put s'empêcher d'observer Sheppard. Il semblait s'ennuyer à mourir, et sa coiffure style « saut du lit » lui donnait un air encore plus ensommeillé, mais Rodney le trouvait plutôt craquant comme ça. « J'ai dit ça suffit ! Non mais personne ne m'écoute là-dedans, c'est pas possible … Fixe plutôt Sam, ça te changera les idées. Et que ça saute ! » Obéissant à nouveau à sa conscience, il se mit donc à détailler Carter du regard. Son ancien fantasme était toujours aussi belle et intelligente, mais elle avait laissé pousser ses cheveux, passant d'une coupe au carré plutôt militaire à une magnifique cascade blonde lui descendant jusqu'au milieu du dos.
Jalousie
« Mais non, se dit Rodney, je ne suis pas jaloux de ses cheveux ! Les miens me vont très bien, même s'ils sont légèrement moins fournis … »
Jalousie !
McKay se rendit alors compte que ce n'était pas sa conscience qui parlait. Ce n'était même pas une pensée, plutôt un murmure dans son esprit, une émotion qui aurait pris la forme d'un mot, de ce simple mot … Un tout petit mot qui désarçonnât complètement le scientifique. Il avait l'habitude de discuter avec lui-même, puisque de toute façon, il ne supportait pas le silence. Mais de là à entendre des voix ! En une seconde, en huit petites lettres, il était passé du grade de génie à celui de fou … Son trouble devait transparaître sur son visage, car Carter sembla s'inquiéter :
- McKay, vous allez bien ? Vous êtes tout pâle. Vous voulez que j'appelle le docteur Keller ?
- Non, merci, ce n'est rien, je vais m'asseoir et ça va passer.
Et de la même façon qu'il était passé de génie à fou, il passa de la position debout à celle d'affaler sur une chaise. Pour penser à des choses plus agréables que sa probable folie, Rodney décida de faire une entorse à sa règle, et de regarder Sheppard. Mais à peine ses yeux se furent posés sur lui qu'ils rencontrèrent ceux du colonel, qui lui souriait. Rien qu'un instant, ce fût comme si un soleil s'était allumé en lui. Sheppard lui manquait, car à cause de sa conscience et du fait qu'il ne partait plus en mission avec SGA1, Rodney ne le voyait plus beaucoup. Mais McKay détourna les yeux de ce sourire qu'il aimait tant, car en grand scientifique, il savait que tout soleil finissait un jour par exploser, ne laissant derrière lui que de la poussière, et il ne voulait pas recoller une nouvelle fois les morceaux de son cœur en miettes ! Il réorienta donc son regard vers Carter, qui l'observait du coin de l'œil, inquiète, tout en écoutant attentivement Zelenka qui poursuivait son passionnant monologue sur les extracteurs de point zéro.
Je suis jaloux … Pourquoi ?
McKay se posait exactement la même question : Pourquoi ? Pourquoi entendait-il ce chuchotis, ce murmure à peine audible au milieu de ses propres pensées ? Car il en était certain, il n'était pas jaloux ! Ou alors, il serait mort de jalousie devant toutes les conquêtes de Don Juan, alias Sheppard.
Voyant que l'état de McKay ne s'arrangeait pas, Carter mit fin à la torture, c'est-à-dire au discours de Zelenka :
- Je pense que nous pouvons nous arrêter là pour aujourd'hui. Si je résume, nous avons un E2PZ supplémentaire, sans beaucoup plus d'énergie que celui que nous avons déjà, mais il y aurait moyen de le recalibrer si quelqu'un arrivait à déchiffrer les hiéroglyphes de McKay, ce qui n'est pas près d'arriver. C'est bien ça ?
- Je tiens tout de même à préciser, dit Rodney en levant le doigt, que ce n'est pas mon écriture le problème, mais bien ce qui est écrit.
- La précision était inutile, docteur, fit remarquer Caldwell, toujours aussi chaleureux.
- Bien, enchaîna Sam afin d'éviter que McKay ne réponde. Elle se tourna d'ailleurs vers lui, et ajouta : Je pense que vous serez plus utile en mission qu'à martyriser de pauvres scientifiques tentant de comprendre ce que vous avez bien pu écrire, donc vous pourrez repartir avec votre équipe, après une visite médicale, évidemment.
Le « Mais je vais bien !» de McKay eu du mal à masquer le « YES !» que poussa Sheppard, enfin délivré de Kavanaugh et de nouveau accompagné en mission par son scientifique attitré, et surtout, préféré.
La réunion étant terminée, tout le monde était sur le point de sortir lorsque Sheppard leur demanda une dernière minute d'attention.
- Je viens d'avoir une idée …
- Quel exploit ! le coupa McKay, immédiatement foudroyé du regard par les quatre autres.
- Je disais donc, reprit Sheppard, qu'il serait peut-être temps de faire une fête. Cela fait bientôt quatre ans que nous sommes ici, et il y a un moment que nous n'avons pas eu affaire ni aux Wraiths, ni aux Geniis, et nous venons de trouver un nouvel E2PZ. Il me semble que si nous ne nous réjouissons pas maintenant, nous n'auront pas beaucoup d'autres occasions de le faire !
Carter sembla enchantée par cette idée, d'autant que tous les membres de la Cité avait bien besoin de se réunir pour une fois pour s'amuser, et non pour combattre. Et puisque, comme le fit si gentiment remarquer Caldwell, le Dédale repartait dans deux jours, la fête aurait lieu le lendemain même afin que l'équipage du vaisseau puisse également être de la partie.
La réunion était à présent définitivement close, chacun repartit de son côté : Zelenka retourna travailler au labo, Sheppard rejoignit Ronon pour un entraînement, Caldwell alla se cacher dans son gros vaisseau de guerre et Carter commença à déléguer les taches de la fête tout en se rendant à son bureau. Quand à McKay, il se dirigea bien sagement vers l'infirmerie, plus inquiet pour sa santé mentale que physique …
