« crépuscule » Titre : crépuscule

Auteur : Kyu

Sujet : gazetto gazette!

Genre : U.A. Et pis lemon et sentiments étranges o

Même pour se soumettre, il faut être libre; pour se donner il faut être à soi...

chapitre2

oOo

Ils étaient de nouveau couché l'un contre l'autre. Leur maître les avait laissés. Cette fois-ci encore, ce fut Ruki le premier réveillé. Il leva la tête. Reita attendait à la porte. Il lui lança un regard chargé de mépris et de haine avant de reposer ses yeux sur le jeune homme qui reposait à côté de lui. Ses yeux s'emplirent de larmes quand il vit à la lumière du jour les marques des jeux de Gackt. Dans un hoquet, il appela l'homme de main qui s'approcha, surpris. Quand il vit les plaies d'Aoi, il eut un haut-le-cœur et détourna le regard précipitamment.

- Rhabille-le. On va aller soigner ça. Gackt est parti aujourd'hui. Il m'a confié votre garde. Je vais appeler une voiture.

Il se précipita vers la porte. Ruki se dépêcha de rhabiller son ami tout en essayant de ne pas toucher ses blessures et de ne pas le réveiller. Il tenta de le soulever dans ses bras mais, comme il s'en doutait, il était trop petit. Quand Reita revint, il lui avoua en rougissant qu'il n'arrivait pas à soulever le jeune homme. L'homme de main se tut et souleva la poupée de son employeur. Ruki se dirigea vers la porte et la lui tint tandis qu'il se dirigeait vers la sortie. Personne ne les arrêta. Reita était trop fidèle pour qu'on puisse douter d'eux. Il pénétrèrent dans la voiture noir qui les attendait. Ruki regardait avec étonnement l'homme qui l'accompagnait. Il semblait réellement inquiet pour son ami. Puis il se conforta dans l'idée que c'était simplement parce qu'il n'avait pas encore eu sa séance avec eux deux. Il regarda sans y prêter attention les rues qui défilaient devant ses yeux. Puis, se rendant compte qu'il pénétraient dans les bas-fonds du quartier il sursauta et se retourna vivement vers l'autre homme. Celui-ci lui adressa un sourire réconfortant qu'il ne prit pas au sérieux. Il refusait de faire confiance à ce sale chien. Mais il refusait de montrer son inquiétude et détourna le regard. Aoi dormait encore profondément. Il ne devait pas se réveiller. Cela éveillerait en lui trop de douleurs. Il devait rester ainsi. Son visage portait encore les traces des larmes qui avaient roulées sur ses joues la nuit même. Ruki se rapprocha de lui et s'efforça de lui essuyer du coin de la manches les traînées noires que son maquillage avait laissé en coulant. Reita le regardait faire, ne prononçant pas un mot. Une profonde tristesse teintée de regret marquait ses traits. Le jeune blond refusait d'y prêter attention, de tenter de comprendre. Il ne pouvait s'inquiéter pour cet homme. Il n'en avait simplement pas le droit. C'était un ennemi. Comme l'Autre. C'était son chien. Rien qu'un chien. À sa botte plus que quiconque... Mais Aoi semblait nourrir tant de sentiments à son égard. Il devait savoir qui il était réellement. Pour pouvoir protéger son ami du mieux possible. Mais leur était-il seulement encore possible d'être sauvé? Leur salut ne dépendait pas d'eux. Mais des autres. De tous les autres. Et ceux-là, il ne réussissait qu'à les mépriser. Du plus profond de son âme. Quand la voiture freina il se sentit violemment tiré de ses pensées et regarda autour de lui. Ils étaient arrivés dans un lieu qu'il n'aurait jamais pensé fréquenter de toutes sa vie. Il avait toujours été le jouet de l'Autre. Jamais il n'était descendu dans des bouges comme celui-ci. Reita avait l'air d'y être à son aise. Saluant les personnes qui passaient dans la rue. Il regarda le jeune blond qui serrait son ami dans ses bras.

- Tu as peur de ça? Pourtant, c'est eux votre seule chance de survie, votre seul échappatoire...

Laissant Ruki ahuri à ces mots, il prit Aoi et entra dans une bâtisse dont la porte semblait avoir disparu mystérieusement. Ruki se hâta de le suivre, refusant de rester seul dans un tel endroit. Le vieux parquet qui recouvrait le sol était rongé par diverses sortes de moisissures. Le mur du fond était inexistant. N'importe qui pouvait rentrer. Le blond se sentait mal. Un courant d'air glacial lui caressait doucement les joues. Il étudia l'attitude de Reita et l'imita à la perfection hormis les brefs salut de la tête à toutes les personnes qu'ils croisaient. Un petit brun au visage émacié adossé contre un mur souleva un sourcil en voyant Reita arriver.

- Tiens... Tu viens de moins en moins souvent par ici pourtant... T'es là pour éponger tes dettes?

- Kyô... J'ai aucune dette envers toi... Pour la marchandise, je la prends dès qu'on sortira de chez ce cher docteur. Tu devrais y aller un peu plus mollo avec la drogue, j'ai pas envie de devoir t'enterrer...

- Ouais je sais... Mais tu sais comme moi que c'est le seul moyen que j'ai pour... survivre(?) ici. Grouille-toi. Ton client à l'air vraiment mal en point. Si je suis parti quand tu reviendras, tu sais où me joindre. Faudra qu'on se voit... Un de ces jours...

- Hai01.

Il le dépassa et continua son ascension dans l'escalier qui paraissait sans fin à Ruki. Celui-ci sentit le regard du dénommé Kyô se poser sur lui. Il le doubla sans rien dire, gardant les yeux baissés. Un regard lui avait probablement suffit pour comprendre ce qu'il était. Quand ils furent arrivés au dernier étage, Ruki ouvrit l'unique porte à celui qui portait son ami. Reita le remercia d'un hochement de tête et rentra dans la pièce. Un grand roux était étalé sur une chaise derrière le bureau qui devait servir d'accueil. Il leva la tête vers les deux nouveaux venus.

- Hey! Reita! Qu'est-ce que tu fous là? Ah! T'es venu pour les services de ce cher docteur... répondit-il lui-même en voyant le maigre corps entre les bras de son interlocuteur. Il devrait pas tarder à revenir... Tu veux pas le réveiller? Faudrait qu'il nous parle de ce qui lui est arrivé... On pourra faire un examen pour vérifier qu'il a pas été violé... Enfin, jsais pas comment ça marche mais Mana sera capable de te faire ça...

- C'est bon Die. On sait ce qui lui est arrivé. C'est l'Autre.

- Ah. C'est sûr que ça résume les choses. Je suis désolé mais ils ne sont vraiment pas prêt. Ce que tu fais nous aide considérablement mais il nous faut encore un peu de temps... Je ne peux pas te dire combien de temps encore mais patiente un peu s'il te plaît.

- Je sais. Mais si vraiment ça tarde trop, je te l'aie déjà dit, j'agirais seul. Même si je sais que ça serait signer mon arrêt de mort. Je ne peux plus Le supporter.

- On pourrait presque agir avant mais ça mettrais tout le reste en l'air... Et puis ils ne se préparent pas pour rien. Ils font des efforts et des progrès.

- Je sais. Je serais raisonnable autant de temps que je le pourrais. Mais je ne crois pas que je supporterais de voir ça encore de nombreuse fois...

- Chikuso02! De quoi vous parlez bordel! J'aimerais bien être au courant moi! Et puis pourquoi tu connais tout le monde ici Reita? Qu'est-ce qu'y s'passe? K'so03...

Ruki qui hurlait au début avait finit par craquer et sur son dernier mot, sa voix se brisa. Il tomba mollement à genoux sur le sol et tressauta, comme pris de sanglots incontrôlables. Reita soupira mais le corps d'Aoi entre ses bras l'empêcha de se passer la main dans les cheveux. Die, lui, le regardait d'un air ahuri. Son regard passant sur Reita puis se reportant de nouveau sur Ruki, sanglotant au milieu de la pièce. Celui-ci se reprit lentement. Quand il arrêta de frissonner, il releva la tête. Son visage avait de nouveau adopté un masque impassible. Die le regarda dans les yeux. Il s'adressa directement à lui.

- Désolé. Je ne peux pas t'expliquer ce que nous préparons. Mais si t'as des problèmes, t'hésites pas à venir ici, j'ai été désigné psychologue.

- Parce que tu crois vraiment que j'ai le droit de sortir. Je suis le jouet attitré de l'Autre. Je suis enfermé à longueur de journée. Ce que Aoi a subi, je l'ai moi-même subit des nombres incalculables de fois. Depuis que j'ai été assez âgé pour tomber dans ses bras. Comme les gens qui m'ont élevé. Il me possède. Je ne suis rien.

Il remonta la manche de son tee-shirt, faisant apparaître la marque qu'il portait probablement depuis qu'il était né. Le roux détourna les yeux jusqu'à ce qu'il la cache à nouveau.

- C'est donc toi Ruki? Celui dont j'ai tant entendu parler?

Le jeune homme le regarda, surpris qu'il connaisse son nom et se demanda un instant qui lui avait parlé de lui. Alors qu'il posait son regard suspicieux sur Reita, la porte s'ouvrit doucement. L'homme qui entra portait une fine robe noire de gothic lolita. Ses yeux abondamment maquillé se posèrent calmement sur toutes les personnes présentes dans la salle. Quand ils les eues détaillées, il s'approcha de Reita et lui prit Aoi des bras. Il fit signe à l'homme au bandeau pour qu'il le suive. Ruki voulut l'accompagner dans la pièce voisine mais le roux le retint par l'épaule. Il lui lança un regard surpris.

- Il ne t'as pas invité à le suivre. Il risquerait d'être froissé. Et, en ami, je te déconseille vivement de le froisser...

- D'accord. Au fait, tu as dis tout à l'heure que tu ne pouvais pas me dire de quoi tu parlais... Pourquoi?

- K'so! J'avais peur que tu me poses cette question. La seule réponse que je peux te fournir et que si je t'expliquais pourquoi je ne peux pas te dire de quoi on parlait, je serais obligé de te le dire...

- mhh..

- Sumimasen04...

- Pas grave... Je suis habitué à ce que l'on ne me fasse pas confiance...

- Mais non! C'est pas ça! C'est que...

- T'en fais pas baka05! J'te dis que c'est bon... Et sinon, comment ça se fait que Reita connaisse tant de monde ici? Ce salaud de clébard vient des bas-fonds de notre société?

- S'il te plaît, n'insulte pas Reita... Il est sympa quand il le veut.

- Il utilise Kai. C'est un salopard. Je le hais plus que tout. Et Kai souffre. Salopard!

- T'as l'air d'y tenir à ton Kai...

- ça va les sous-entendus hein! Il n'y a rien entre Kai et moi. Je l'adore. C'est tout. Il me comprend, je le comprends, ça nous suffit pour nous entendre parfaitement. J'ai grandi avec lui. Nous venons tous deux d'un milieu social très élevé. Depuis notre plus tendre enfance, nous avons été destiné à être Ses jouets ou à être offert aux personnes qui Lui rendait service, en tant que présents.

- Sumimasen. Je ne voyais pas les choses ainsi... Mais je pense qu'un jour, certaines personnes changeront tout ça. Et s'il en a le choix, Reita en fera parti sans aucun doute.

- Mmmh... Dis, t'aurais pas un truc contre la douleur?

- Si, bien sûr. Quoi comme douleur?

- Un truc pour mettre sur les plaies...

oOo

Reita regardait le médecin ausculter le jeune homme. Il leva vers lui un regard désolé. Avant de se diriger vers son bureau où étaient disposées toutes les choses pouvant lui être utiles. Alors qu'il se rapprochait du jeune brun, celui-ci se réveilla en sursaut. Il regarda autour de lui, ne reconnaissant pas l'endroit. Son regard s'accrocha à Reita comme à une bouée de sauvetage. Les larmes lui montaient déjà aux yeux.

- Où est Ruki?

- Il va bien, il est à côté. On est là pour te soigner. T'en fais pas, tout ira bien...

- Mais, c'est pas moi qu'il faut soigner! Ruki! Il l'a blessé aussi! S'il vous plaît, soignez-le...

Mana regarda les deux jeunes hommes. Il haussa un sourcil puis força Aoi à se rallonger comme il fallait. Le jeune homme voulut se débattre mais Reita lui posa une main rassurante sur le bras.

- T'en fais pas. On va s'occuper de lui aussi. Maintenant laisse-toi faire.

Il acquiesça et cessa immédiatement de s'agiter. Mana remercia l'autre d'un hochement de tête et commença à appliquer de la pommade sur les plaies du jeune homme. Ils ne dirent plus rien jusqu'à ce qu'il ait fini. Aoi gardait les yeux fixés au plafond. Se remémorant en silence ce qui s'était passé la veille. Quand Mana s'écarta pour ranger ses affaires, il avait les yeux pleins de larmes. Il essaya de se lever mais ses jambes refusèrent de le porter. Reita le rattrapa avant qu'il ne tombe et le souleva dans ses bras. Il remercia le médecin d'un hochement de tête et passa la porte. Il manqua de tomber quand il vit Die et Ruki. Le petit blond avait passé ses bras autour du cou de son aîné et ils échangeaient un baiser enflammé. En voyant Aoi revenir, Ruki se détacha du roux et après lui avoir lentement caressé la joue, il se tourna vers son ami. Die devint aussi rouge que ses cheveux sous le regard complètement ahuri de Reita. Le jeune brun se dégagea de ses bras pour aller s'appuyer sur son ami. Il lui sourit avec amusement en regardant Die puis regarda le visage de Ruki avec inquiétude.

- Tu dois être soigné toi aussi Ruki.

- C'est bon. Je remerciait justement Die de s'être gentiment occupé de moi.

- Ah... Je vois.

Alors que Aoi souriait de plus belle, Reita semblait se retenir pour ne pas hurler au crime et les joues Die se confondaient à présent parfaitement avec ses cheveux. Ruki finit par briser le silence qui s'installait lentement.

- Oh, ça va! C'était juste amical! Vous allez pas en faire un plat non plus! K'so! Et puis toi Reita, tu vas pas me dire qu'un simple baiser t'a choqué avec tout ce que tu vois tous les jours...

- Ouais, enfin, d'habitude ce sont pas mes potes... Là ça fait peur...

- Scuse-moi Reita. Je sais pas ce qui m'a pris...

- Rhoo! Ça va quoi! C'est pas ton père! Tu fais ce que tu veux. Moi j'ai bien apprécié. Allez, on y va? C'est pas que je m'ennuie mais l'Autre va bien revenir un jour...

Reita acquiesça et salua son ami de la main. Ruki lâcha Aoi un instant et s'approcha du roux. Il plaqua une nouvelle fois ses lèvres sur les siennes et après un léger rire, il s'enfuit vers la porte. Die resta bouche bée. Aoi sourit et se tourna vers le roux.

- Pardonnez-le. Il est un peu impulsif. Et merci de vous être occupé de lui. Au revoir.

Die lui fit un petit signe de la main et Aoi s'éloigna lentement en souriant. Ruki l'aida à descendre les escaliers. Le jeune brun refusait qu'on le porte. Reita s'arrêta quand ils furent au deuxième étage. Ruki reconnu, assis sur le bord de la fenêtre, le jeune brun avec qui l'autre avait parlé peu auparavant. L'homme au bandeau s'approcha du jeune homme. Celui-ci sourit. Son sourire ressemblait à un étrange rictus sur ses traits défaits. Ses cheveux sombres peignés en vrac et son maquillage noir accentuaient son air maladif. Il se redressa et attendit que Reita soit arrivé à sa hauteur. Ils échangèrent sans rien se dire deux enveloppes. Après avoir fourré la sienne dans sa poche, Reita s'éloigna, immédiatement suivi par les deux autres. Quand ils furent dans la voiture, Aoi jeta un regard lourd de reproche à Reita qui se posa ensuite sur la poche où il avait fourré l'enveloppe. Ruki qui semblait réfléchir depuis tout à l'heure sursauta.

- Eh! Mais on les a pas payés!

Reita manqua d'éclater de rire à la remarque du jeune blond mais se retint à temps et il se contenta de lui sourire.

- Ils savent où trouver le fric que je leur dois. T'en fais pas.

- Euh... Tu paye pour nous?

- Toi tu as déjà payé Die toi-même...

Ruki se sentit légèrement rougir mais il se reprit aussitôt et adressa un sourire éclatant à l'homme au bandeau qui éclata instantanément de rire. Aoi, assis dans un coin les regardait avec étonnement. Un léger sourire vint se peindre sur ses lèvres alors que son visage adoptait une expression qui semblait triste. Son regard se perdit alors à travers la vitre. Les deux autres ne s'aperçurent pas de son léger changement d'attitude. Quand ils arrivèrent devant la porte principale, un grand blond vint les chercher. Reita le regarda avec étonnement.

- Reita, ils ont eu un problème avec Kai... L'Autre n'a pas été mis au courant. Si vous pouviez me suivre... Il est ici.

Le visage de Reita se décomposa. Il se dépêcha de suivre le blond. Ruki fit sortir Aoi et le mena jusqu'à l'intérieur. Ils suivirent l'autre jusque dans une petite pièce. À peine furent-ils rentré que Reita se précipita vers le jeune brun qui était assis au milieu de la pièce. Il lui prit son visage entre ses mains.

- Kai... Qu'est-ce qu'ils ont osé te faire? Pardonne-moi de t'avoir encore laissé seul... Je t'emmènerais la prochaine fois. Sumimasen...

Kai leva les yeux vers le visage qui s'était penché sur lui. Il eut un timide sourire et murmura un "pardon" presque inaudible. Ce fut Ruki qui se précipita vers lui alors qu'il s'évanouissait. Il murmura plusieurs fois son nom. Il était au bord des larmes. Il ne supportait pas de voir son ami ainsi. Aoi regardait la scène sans trop comprendre. Il vit l'homme au bandeau se retourner brusquement vers celui qui était venu les chercher.

- T'es qui toi? Qu'est-ce qu'il s'est passé? Qu'est-ce qu'il lui ont fait?

- Je m'appelle Minami. Tout ce que je sais c'est ce qu'il a put me raconter. Je ne sais pas comment il a réussi à s'enfuir de chez vous...

- S'il te plaît, dis-moi ce qui c'est passé. Ce que tu sais...

Ruki et Reita lui prêtait toute leur attention. Leur visage était tendus. Ils semblaient sur le point de faire une crise de nerf. Aoi, lui, regardait le jeune brun assis. Détaillant ce Kai dont il avait entendu parler. Ce visage semblait si pur qu'il comprenait la tendresse qu'éprouvait Ruki à son égard. Il semblait tout simplement gentil. Le dénommé Minami regardait ses deux interlocuteurs avec embarras. Puis il se décida enfin à commencer l'histoire par son commencement.

- Il est arrivé ici il n'y a pas très longtemps. Il était seul et ses habits étaient déchirés. J'ai été chargé de m'occuper de lui. Il semblait terrifié par tout le monde. Il demandait toujours après vous. Je lui ai longuement expliqué que vous étiez parti. Allez savoir pourquoi il m'a fait confiance... Toujours est-il que je l'ai convaincu de venir ici, je lui ai donné de quoi se changer. Il m'a dit que ses agresseurs vous cherchaient. Il m'a aussi dit que s'il ne s'était pas enfui, ils l'auraient tué. Il a un message pour vous mais il refusait de le donner à quelqu'un d'autre que vous donc il vous faudra attendre qu'il se réveille.

Le silence s'installa. Aoi se leva enfin, refusant d'un mouvement de tête l'aide que voulut lui fournir Ruki. Il s'approcha du brun. Celui-ci avait un visage calme. Il lui caressa lentement la joue. Puis il lui attrapa les mains et les retourna entre les siennes.

- Je suppose qu'il l'ont violé... murmura le jeune homme sans s'adresser à personne en particulier.

Reita se tenait la tête entre les mains, murmurant des mots incompréhensibles. Il regarda un instant Aoi avant de recommencer à jurer. Ruki regardait son ami, ne comprenant pas pourquoi il faisait ça. Le jeune brun s'approcha alors de l'homme au bandeau et lui attrapa les mains avant de le regarder dans les yeux. Reita rougit imperceptiblement mais affronta son regard.

- Où il était? Demanda le jeune homme.

- Nani06?

- Quand c'est arrivé? Il était où? Dans le ghetto?

- Iya07. Il était chez moi. Dans les quartiers de l'Autre.

- Je m'en doutais... Je pense qu'il serait plus en sécurité là-bas. Dans le ghetto. Il faudrait que tu l'y emmène immédiatement. Avant que l'Autre ne revienne.

- Mais... Il va me demander où il a disparu... Je ne peux pas faire ça, ça serait risquer votre vie...

- Iie07. Si jamais il avait été rattrapé par ceux qui l'ont agressé, il ne serait pas là. Tu dois l'emmener là-bas. Tu connais bien quelqu'un à qui tu fais assez confiance pour le confier... Ne08?

- Si mais je ne peux pas vous laisser. Je dois vous surveiller.

Aoi se tourna lentement vers le jeune homme qui, adossé à la porte, les regardait avec stupéfaction. Voyant l'attention se porter sur lui, il tenta de reculer mais il se rendit compte qu'il ne pouvait pas. Il les supplia alors du regard comme s'il ne voulait pas être mêlé à cette affaire. Mais il était déjà trop tard de toute façon. Reita le regarda avec insistance. Et alors qu'il soupirait, le jeune garde sût que c'était trop tard pour sans tirer sans dommages. Ruki lui sourit amicalement, comprenant que ce soupir était le signe annonçant qu'il les aiderait.

- Et... Où je dois aller précisément?

- Au ghetto. Tu prends ma voiture, c'est moins dangereux. Ensuite, tu demandes Mana. De ma part. Et quand t'auras trouvé son truc de médecin, tu demandes au mec de l'accueil, un grand roux qui sourit tout le temps, tu lui demandes de s'occuper de Kai pour moi pour un temps indéterminé.

- Tu lui précise de ma part que s'il s'en occupe aussi bien qu'il s'est occupé de moi, tout sera parfait, ajouta Ruki avec léger sourire ironique sur ses fines lèvres.

- Comment il s'appelle le mec de l'accueil?

- Die.

- Bon... Bah j'y vais alors. Mais aidez-moi au moins à l'emmener à la voiture.

Reita sourit en voyant l'air dépité de Minami. Il était désolé de l'impliquer là-dedans mais il devait sauver Kai. Par n'importe quel moyen. Quand le jeune homme fut installé dans la petite voiture, Minami s'installa au volant et l'homme de main lui confia les clefs. Il sourit tristement avant de mettre le contact et de partir sans un mot. Ruki attrapa l'épaule de Aoi et le fit rentrer à l'intérieur du bâtiment. En arrivant devant la porte, le jeune brun s'arrêta brusquement. Il regardait le battant de bois, n'osant plus bouger. Reita qui arrivait derrière le regarda, surpris. Puis, il se rappela de ce qui était arrivé au jeune homme. Pour le faire réagir, le jeune blond lui posa la main sur le bras. Aoi sursauta et le regarda avec terreur, mais reconnaissant son ami, il sourit difficilement. Ruki le soutint doucement et entra dans la pièce. Il le fit se coucher sur le lit et ramena les couvertures sur lui. Il déposa un baiser sur le front et effleura tendrement ses lèvres avant de lui ordonner de dormir. Reita le regarda faire sans rien dire. Il sortit de la pièce et s'assit dos au mur dans le couloir. La tête entre les mains, il fermait les yeux. Entendant la porte se rouvrir pour se refermer aussitôt, il leva la tête et apperçut Ruki qui vint s'asseoir à côté de lui. Ils restèrent un moment assis, en silence. Ruki soupira avant de prendre la parole.

- Reita… Si vous avez prévu de faire quelque chose pour nous sauver, faites-le vite. Onegai… Si ça continue comme ça, Il va nous tuer.

- Je sais…

Ils ne dirent plus rien. Au bout d'un moment, Minami revint. Les voyant tous les deux prostrés, il commença à s'inquiéter. Il s'approcha et s'accroupit en face d'eux. Ruki sursauta et le regarda avec étonnement avant de reprendre totalement ses esprits. Le garde leva un sourcil intrigué en voyant son air terrorisé.

- Ça va bien?

- Ha… Hai… Je crois… Le voyage s'est bien passé? Kai est en sûreté?

En entendant le nom de son ami, Reita sortit de ses pensées morbides et leva la tête vers Minami. Celui-ci sourit.

- Hai… Tout c'est bien passé. Vous n'avez plus à vous en faire…

- Arigatô Minami-kun09… Désolé de t'avoir impliqué là-dedans…

- Iya… Je voulais juste savoir…

- Nani?

- Vous avez l'intention de faire quelque chose pour eux? demanda-t-il à Reita en désignant Ruki d'un mouvement de tête.

L'homme au bandeau soupira et le regarda longuement avant de baisser la tête.

- C'est ce que je pensais… Mais ils n'ont pas l'air pressé là-bas… Ils ne se rendent pas compte de ce qui se passe ici…

Minami ne dit rien. Au bout d'un moment il se redressa et repartit vers la sortie. Il devait retourner travailler. Reita le regarda avant de l'interpeler.

- Tu n'en parles à personne s'il te plaît…

- Ça va, je suis pas aussi bête que j'en aie l'air…

- Iya, c'est pas ce que je voulais dire! C'est que…

- C'est bon, j'ai compris. Je dois y aller, il est tard. Oyasumi10.

- Oyasumi…

Il lui semblait que ce Minami était digne de confiance. Kai lui avait fait confiance, lui. Ruki se leva à son tour. Et regarda Reita avec un air apeuré.

- Qu'est-ce qu'il y a?

- L'Autre… S'Il demande ce qu'on a fait aujourd'hui… Que va-t-on Lui dire?

- Rien. J'ai trafiqué les caméras. Tout va bien.

- Ah… Arigatô…

- Dô itashimashite11. C'est aussi ma vie qui est en jeu. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais pu mourir. Ce n'est pas pour vous. Vous ne m'importez pas.

- Demo12… Je comprends pas… Tu veux nous sauver mais tu t'en fous des autres? Tu veux me faire gober ça?

- Qui t'a dis que je voulais vous sauver? T'as du louper un passage mon pauvre… Moi, tout ce qui m'intéresse, c'est ma séance avec vous. Si je t'ai aidé avec Aoi ne croit pas que ce soit par gentillesse. C'est juste pour vos corps qui me semblent à présent si précieux tant que je n'aurais pas eu ce que je veux.

- Demo…

- Baka. Ne crois pas que tu seras un jour sauvé. Cela n'arrivera jamais.

- Demo, "plus l'espoir est grand plus le désespoir l'est aussi"… C'est pour cela… L'Autre à tout prévu pour nous rendre fous. Tame!

- L'Autre n'y est pour rien… Je suis le seul responsable. Vas rejoindre Aoi, Il ne devrait plus tarder.

- Tame… Kisama13!

Ruki s'enfuit dans la chambre. Quand il eut claqué la porte, un Reita au bord des larmes se prit la tête entre ses mains et poussa un soupir qui ressemblait plus à un sanglot.

A suivre…

(niark D)

ça y est! Aidé par ma bêta lectrice qu'est Mini-Juu, je sais enfin ce que je vais faire… Même si sa principale demande ne sera pas respectée ;p La fin sera probablement triste alors si vous aimez pas ça tant pis… ça risque d'être long vu que ma bêta-lectrice insiste pour que ce soit plein de rebondissements que je n'avais pas l'intention de faire… Mais je tenterais de faire en sorte que la qualité soit toujours là (si elle était là au départ --''')

Kyu, fanfickeuse sadique à l'imagination débordante…( 24/ 06/ 2006)

01Hai: Oui

02Chikuso: Putain

03 K'so: Merde

04Sumimasen: Pardon

05Baka: Idiot

06Nani: Quoi?

07Iya, Iie: Non (Iya étant moins poli que Iie)

08ne: Hein?

09Arigatô: Merci

10Oyasumi: Bonne nuit

11Dô itashimashite: de rien

12demo: Mais

13 Tame: Enflure et Kisama: Enfoiré