Pour être heureux en vivant dans le monde, il y a des côtés de son âme qu'il faut entièrement paralyser.

Chapitre3

oOo

Gackt posa lentement un doigt sur la joue de Ruki. Sa poupée semblait avoir pleuré. Ça ne lui ressemblait pourtant pas. Reita, lui, restait muet. L'air sombre, il semblait presque mort.

- Qu'est-ce qui c'est donc passé pendant que j'étais pas là? demanda l'homme pour lui-même.

Puis, secouant la tête d'un air désespéré, il retourna vers la porte. Un grand homme blond l'attendait, l'air impatient.

- Désolé Uruha-san. Ils dorment. Je vais les réveiller. Le temps qu'ils se préparent, vous pouvez attendre ici.

- Arigatô01, Gackuto-sama.

Gackt rentra à nouveau dans la salle et ferma la porte derrière lui. Il s'approcha d'abord de Ruki qu'il embrassa violemment. Le réveillant brusquement. Ruki gémit de plaisir alors que les mains de son maître commençaient à parcourir son corps. Gackt quitta les lèvres de son jouet avec un soupir qui exprimait comme un regret. Ruki l'interrogea du regard, surpris par son attitude.

- Un client… Pour toi et Aoi. Reita a été trop long pour prendre son présent. Tant pis pour lui. Réveille-les tous les deux. Je dois aller travailler. Préparez-vous bien. Eblouissez-le. Je veux que Aoi soit superbe.

Gackt le laissa sur ces mots après avoir légèrement effleuré la cuisse du jeune brun qui dormait encore. Ruki serra les dents. Les poings crispés, il fit en sorte de ne pas réagir. Il réveilla ensuite Aoi et lui expliqua doucement qu'il devait aller se préparer pour recevoir un client. Il regarda Reita avec dégoût. Tant de sentiments contradictoires se bousculaient dans sa tête. Il bouscula sa chaise pour le réveiller. L'homme au bandeau sursauta et regarda Ruki avec tristesse avant de se reprendre brusquement et d'afficher un masque d'indifférence. Le petit blond ne remarqua rien ou fit du moins semblant. Aoi s'était déjà redressé et regardait leur manège avec un sincère étonnement. Il haussa les épaules. Ils étaient vraiment tous trop compliqué. Il se dirigea vers l'armoir. Sa robe de nuit vraiment légère ne le couvrait presque pas. Reita le regardait d'un air absent. La robe de soie ne recouvrait quasiment pas les jambes du jeune homme. Les yeux de Ruki étaient fixé sur Reita. Le fusillant d'un regard plein de haine et de jalousie, et se demandant quand il se déciderait enfin à sortir. Aoi les ignorait superbement. Plongeant dans l'armoir à la recherche d'une tenue adaptée. Il sortit plusieurs tenues et se tourna vers les deux autres.

- Je prends quoi? Je prends un truc genre avec plein de cuir, ou un truc avec beaucoup d'épaisseur, genre très long à enlever ou mon yukata?

- Tu prends ce dans quoi tu seras le plus a l'aise Tenshi no02… murmura Ruki.

Aoi hocha la tête et replaça des cintres dans l'armoire. Il ne garda que le yukata. Il le posa sur le lit avant de commencer à déboutonner la robe. Il semblait avoir oublié sa pudeur. Ruki demanda à Reita de sortir avec empressement ce qu'il fit sans se faire plus prier. Aoi enfilait son yukata d'un air absent sous le regard inquiet de Ruki. Le petit blond fit non de la tête comme pour se convaincre qu'il se faisait des illusions et se dirigea vers la penderie où il choisit rapidement un tee-shirt blanc orné d'incription et un pantalon noir. Aoi assis devant la coiffeuse se maquillait minutieusement. Il ajouta une légère touche de rose sur ses paupière avant de se redresser. Il regarda Ruki d'un air surpris.

- Tu ne choisis pas ta plus belle tenue?

- C'est ma préférée, répondit-il comme si cela expliquait tout.

Aoi le regarda un long moment, l'air triste.

- Ruki… Je veux pas te perdre…

- Baka03! Tu ne me perdras pas!

Il avait pris un ton moqueur mais la déclaration de son ami l'avait attristé et inquiété. Qu'est-ce qu'il pourrait bien lui arriver? A quoi Aoi pensait-il? Il s'avança vers la porte avant de se retourner vers son ami.

- On va chercher notre client, tenshi no?

Aoi lui sourit avant de le suivre jusqu'à la porte.

oOo

Reita entra dans le bureau. L'Autre l'attendait en lui tournant le dos. Il regardait par les grandes baies vitrées. D'ici, Il pouvait voir tout le quartier des plaisirs, qu'Il dirigeait parmi tant d'autres. Un homme vêtu de noir qui était probablement un garde du corps regardait la scène sans bouger, adossé contre un mur. Reita haussa un sourcil en s'apercevant de sa présence mais préféra ne pas relever. Il attendit. L'Autre attendait aussi. Croyant probablement qu'il aurait peur de la suite, espérant qu'il craigne mourir.

- Reita-kun…

- Hai04.

Reita se redressa par réflexe mais l'Autre lui tournait toujours le dos.

- De quoi as-tu vraiment peur dans la vie?

- De moi.

- Et pourquoi n'as-tu pas peur de moi?

- Parce que vous n'êtes finalement qu'un humain. Même si vous n'en paraîssez pas convaincu.

- Et toi? Tu n'es pas un humain peut-être?

- Si. Mais je suis le seul à qui je ne peux mentir.

- Si je te demande ce que tu as fais hier, tu vas probablement me mentir dans ce cas là…

- Ne rien dire n'est pas mentir. Certains aiment enjoliver la vérité, je préfère la taire.

- Tu sais que tu es réellement insolent Reita…?

- Sumimasen05. Je n'en avait pas l'intention.

- Mmmh…

L'Autre se tourna enfin vers lui. Il le regarda un instant avant de s'approcher lentement. Quand il fut tout près, il se pencha vers lui. Leurs bouches n'étaient plus qu'à quelques millimètres. Reita ne bougeait pas.

- Ici Reita, c'est moi qui suis le maître. C'est moi qui dirige tout. Si j'ordonne, tu obéis. Désolé mais tu n'as pas le choix. Alors tu vas être gentil et être un bon chien.

Reita ne bougea pas. Ni quand l'Autre se colla contre lui, ni quand Il l'embrassa avec violence. Il le regarda avec satisfaction et lui caressa doucement les cheveux.

- Voilà. Ça c'est bien Reita… Mais il faudrait que tu répondes à mes avances la prochaine fois. J'en serais comblé. Il faudrait que tu m'aimes.

- Je suis désolé, mais je ne crois pas être capable d'un tel dévouement.

- On verra cela plus tard mon cher petit insolent, je saurais te dresser… Tu sais que j'ai été obligé de céder à la demande d'un client? A cause de ta lenteur exaspérante, mon nouveau jouet passera dans les mains de quelqu'un d'autre avant d'arriver dans les tiennes.

- Ah.

- Oh… Tu ne réagit pas plus? Dis-moi Reita… ça t'arrive de t'énerver parfois? De pleurer, de rire? De hurler? De… je sais pas… d'éprouver un sentiment?

- Ça dépend quel genre de sentiments. Les sentiments comme l'amour ou l'amitié me sont inconnu. Mais la haine et la douleur, j'ai eu ma dose. Je pense que je ne risque plus trop d'oublier…

- Tu as souffert? Tu as eu une enfance difficile? Tu crois vraiment être en position de te plaindre? Pense à ce que mes Geishas06 subissent chaque jours, tu comprendras peut-être un peu mieux ce que c'est la douleur réelle.

- Et vous? Qu'en savez-vous de la douleur?

- Je la provoque. Pour pouvoir provoquer la douleur, il faut la connaître, être son égal.

- Et qu'est ce que la douleur alors?

- Un sentiment de vide, de froid, de terreur. Les ténèbres qui t'envahissent et te recouvrent en même temps, s'insinuent en chacune de tes veines, dans chaque pore de ta peau. Une chose incompréhensible pour qui ne l'a pas vécue.

Reita ne trouva rien à répondre et ne répondit rien. Il se contenta de garder les yeux fixé dans ceux de l'Autre. Pas par insolence. Simplement parce qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire d'autre. L'Autre eut un sourire sadique avant de lui caresser lentement la joue de son ongle.

- Un jour je ferais de toi ce qu'ils sont. Un jour tu seras mon jouet. A te voir, tout mon corps se tend de désir en attendant ce moment. Peux-tu comprendre ça?

Reita se tut à nouveau et attendit, impassible jusqu'à ce que son maître le congédie. Juste avant qu'il ne sorte du bureau, l'Autre l'interpela une dernière fois.

- Oni no07, où est Kai?

Reita se retourna et Le regarda un instant avant de sourire.

- En sécurité.

Il sortit enfin et referma la porte derrière lui. Il traversa le couloir d'un pas calme. L'angoisse lui tordait le ventre. Il ne savait plus ce qu'il devait faire. L'attitude de l'Autre envers lui avait changé. Et cela le terrifiait plus qu'il ne pouvait l'exprimer. Il sortit du bâtiment sans se presser. Il se sentait mal. Il entra dans sa voiture et mit le contact avant de se diriger le plus rapidement possible vers le ghetto. Ils devaient agir.

oOo

Aoi et Ruki étaient blotti dans les bras de Uruha. Le yukata du premier gisait près du lit. Le reste des affaires était entassé en un petit tas. Comme toujours, le petit blond se réveilla le premier. Il leva les yeux vers le visage de l'homme contre qui il était allongé. Il lui posa doucement ses doigts sur les lèvres. Puis, sa main descendit sur sa joue, son cou, son torse. Uruha ouvrit les yeux à son tour et regarda Ruki. Celui-ci manqua de rougir mais se reprit à temps.

- Je ne t'ai pas fatigué tout à l'heure? demanda le grand blond.

- Si, mais tu as un corps si désirable que j'en redemanderais jusqu'à ma mort…

La réponse le fit sourire. Il retira son bras qui entourait les épaules d'Aoi.

- Si tu en redemandes, je serais incapable de te dire non.

Ruki l'embrassa tendrement et se serra contre lui. Il commença à tracer un chemin de baisers sur le torse de l'autre avant de remonter à sa bouche. Il lui mordilla doucement le lobe de l'oreille avant de lui murmurer dans un souffle presque imperceptible:

- Qui te dis que je veux que tu me dises non..?

Uruha eut un petit rire qui se transforma en un léger gémissement alors que les mains expertes de Ruki repartait explorer son corps.

oOo

Reita pénétra dans les appartements que l'Autre lui avait assigné quand il était arrivé. Il aurait du s'en douter. L'Autre l'avait forcément fait suivre. Il ne s'en était rendu compte qu'une fois arrivé dans le ghetto. Il se maudissait intérieurement. Ils les avait mis en danger. Cette saloperie d'espion. Il le connaissait par cœur pourtant. Lui-même l'avait déjà plusieurs fois envoyé surveiller des ennemis de l'Autre. Il n'aurait jamais penser l'avoir derrière lui. Toshiya l'avait fixé droit dans les yeux. C'était seulement à ce moment qu'il l'avait reconnu. Ces yeux noirs et profonds. Il avait semblé déçu, désolé. Reita n'avait pas compris l'attitude qu'il avait eu par la suite. Le grand brun lui avait fait un léger signe de la main et avant de tourner les talons. Reita jura et alla s'asseoir sur son lit pour attendre les hommes qui viendrait le chercher. Il ne s'était pas trompé, quelques minutes plus tard. Tatsurou, le garde du corps personnel de l'Autre vint le chercher. Il le regarda d'un air déçu, lui aussi, avant de hausser les épaules et de lui indiquer d'un mouvement de tête qu'il devait le suivre. Reita se tut lui aussi et le suivit sans faire d'histoire. Il le conduisit jusqu'au bureau de l'Autre. Et s'arrêta devant la porte avant de lui jeter un regard qui ressemblait étrangement à celui que l'on lance à ceux qu'on est sûr de ne plus revoir, voulant incruster leurs traits dans sa mémoire. L'homme de main connaissait connaissait ce regard pour l'avoir lui-même lancé à la majeure partie des geishas étant entrée dans la chambre de l'Autre un jour où il était d'étrange humeur. Regard triste. Mais il ne ferait rien. Il ne pouvait rien faire contre l'Autre. Aucune personne ne pouvait faire quoi que ce soit contre lui. Il entra sans frapper. Au point où il en était. Gackt était assis dans son grand fauteil et lui tournait le dos. Il entendit son rire léger et ironique. Qui semblait contenir aussi une pointe de tristesse cette fois-ci. Très légère, presque pas perceptible.

- Reita-kun… Tu me fais de la peine. Qu'es-tu allé faire là-bas?

- Où ça, maître?

- Ne mens pas. Tu as bien du voir Toshiya qui te suivait…

- Non maître. Je ne l'ai pas vu, répondit-il d'un ton amer.

Gackt se releva, l'air énervé, Il s'approcha de Reita.

- Tu es donc moins doué que je ne le pensais… Qu'est-ce que tu foutais au ghetto!

- Je suis allé payer quelqu'un.

- Ah. C'est une bonne excuse en effet. Mais pourrais-tu me montrer la marchandise que tu as pris?

- Je remboursais des dettes. Et si vous désirez vérifier, allez voir dans mes appartements, vous devrez pouvoir y trouver le matériel.

- Tu as donc réponses à tout mon cher… Malheureusement pour toi, tu as perdu ma confiance! C'est ce sale gosse qui t'a fait tourner la tête, il mériterait que je le punisse. Mais j'ai un moyen psychologique qui le torturerait plus. Te voir mourir sous ses yeux le tuerait mentalement. Je le ferais faire ce que je veux après.

- Aoi ne ressent probablement rien à mon égard maître.

- Tu crois ce que tu veux Reita, mais si tu penses cela, tu es vraiment plus débile que je ne le pensais… Bon, j'ai demandé à ce qu'on nous laisse tranquilles. Je crois qu'on a le temps de faire plein de choses intéressantes avant de te tuer. Mais j'ai une question à te poser… Serais-tu prêt à me tuer pour lui?

- Hai.

Reita avait répondut du tac au tac. Sans ciller. L'Autre sourit et plaqua violement ses lèvres contre celles de l'homme au bandeau. Reita ne chercha même pas à l'en empêcher. Il savait ce qui allait se passer. Il sentit une légère larme lui couler le long de la joue. L'Autre le poussa contre le mur et lui arracha son haut. Ses mains parcourait le corps du jeune homme. Celui-ci se laissait faire comme une simple poupée, ne tentant plus à retenir son corps qui réagissait violemment aux provocation de l'Autre. Il le sentait se frotter lentement contre lui. Il sentait Ses mains sur son torse. Il les sentit descendre jusqu'à sa ceinture qu'elles enlevèrent. Il les sentit se poser sur son sexe endurci par le désir. L'Autre le pénétra sans douceur. Reita gémit avant de se mettre à crier sans retenue. Il entendit à peine l'Autre se joindre à lui dans ses cris. Quand l'Autre se retira brusquement, il eu un dernier gémissement. Leurs respirations se calmèrent lentement. Les larmes lui roulaient encore sur les joues. Il n'y prêtait même plus attention et il lui semblait qu'il ne pouvait, de toute façon, pas les retenir. Il se sentait mal. Sans force. Gackt le laissait là, nu contre le mur. Il le regardait sans rien dire. Juste le voir, voir s'il souffrait. Mais Reita ne ressentait rien. Un vide absolu l'envahissait. Le laissant sans envies, sans aucune réflexion. Au bout d'un moment l'Autre se redressa et arriva à sa hauteur et lui demanda d'une voix moqueuse:

- Alors, qu'est-ce que tu veux faire maintenant?

Reita le regarda un instant, l'air perdu avant de reprendre ses esprits. Il sourit, ce qui mit instantanément l'autre en rage.

- Me couper la langue avec les dents et m'étouffer de mon sang.

- Toujours aussi insolent… Que vais-je bien pouvoir faire de toi. J'aimerais tant que tu deviennes mon esclave… Si tu tentes de te suicider, je fais subir les pires tortures à ton cher Aoi et j'en fais… Une distraction de prisonnier. Ça pourrait être amusant à voir…

- Kisama! 09

L'Autre lui donna aussitôt un coup de poing dans la machoire. Un coup de poing d'un force extraordinaire qui laissa un instant Reita sous le choc. Puis se redressant, il cracha le sang qui s'insinuait dans sa bouche.

- Tame10… cracha-t-il.

Gackt l'attrapa par le cou. Le plaquant contre le mur, il colla une nouvelle fois leurs lèvres.

- Tu n'es pas en position de me dire quoi que ce soit. On va pouvoir admirer ton cher Aoi qui essaiera de te sauver. Que va-t-il faire selon toi?

Reita qui commençait à étouffer réussit quand même à lancer une dernière injure à son maître. Celui-ci fou furieux le balança au sol avant de le rouer de coups de pied. D'un réflex le jeune homme se roula en boule et attendit que ça passe, ne cessant de hurler. Quand il en eu finit, l'Autre lui jeta ses affaires et sortit de la salle. Reita l'entendit dire quelque chose à Tatsurou avant de s'éloigner dans le couloir à grandes enjambées. Le garde entra et soupira en le voyant à quatre patte en train de vomir de la bile. Il le fit se relever et lui donna des vêtements avant d'aller l'attendre dehors. Reita sortit du bureau et s'aggripa au garde. La vue encore brouillée par les larmes, il manquait de tomber à chaque pas. Ils durent descendre des escaliers ce qui ne fut pas facile. Une fois en bas, il se doutait d'où Tatsurou l'emmenait. Mais cela ne lui importait plus vraiment. Quand il l'enferma dans une cellule, Reita trouva la force de prendre la parole.

- Tatsurou… Pourquoi… tu es… si fidèle avec… Lui?

- Il possède une personne à qui je tiens plus que tout. S'Il meurt, elle meurt. C'est pour cette simple raison qu'Il ne craint pas de me laisser derrière Lui avec une arme chargée qui fonctionne.

- Quelqu'un que… tu aimes? Qu'Il… a emprisonné?

- D'une certaine manière… Disons qu'il n'est pas conscient de lui-même. L'Autre lui a fait oublié qui il était, ce qu'était la vie…

- Tu l'as… vu depuis…?

- Iie11. Je ne le reverrais plus. J'en mourrais je pense.

- Tu penses, tu… n'es… sûr de rien… Onegaï12… Demande à… Toshiya de venir… me voir…

- D'accord.

Tatsurou sortit sans rien demander de plus. Reita se mit à attendre. Le temps lui semblait passer trop lentement. Il avait l'impression d'être là depuis des heures quand il sentit un souffle chaud derrière son oreille. Il manqua de sursauter mais se reprit à temps.

- Tu voulais me voir? Murmura Toshiya qui était probablement rentré par un passage secret connu de lui seul.

- Hai. Je voulais te demander d'aller dire à Aoi que je suis mort. Tu es le seul que je sais capable de porter un message sans se faire remarquer par les caméras. Je t'en supplie…

- Pourquoi lui dirais-je que tu es mort si ça n'est pas le cas?

- Parce que l'Autre veut le faire souffrir en lui donnant l'espoir de me sauver. Et je suis mort si l'on regarde ce que je suis devenu… Mort depuis longtemps…

- Mmmh… Je vais essayer. Mais je ne peux rien te promettre d'autre…

- Arigatô… Et pourquoi t'es-tu comporté ainsi tout à l'heure?

- J'étais triste de te mener à ta perte… Je t'aimais bien tu sais… Mais c'est trop tard maintenant. Si tu as besoin de quelque chose que je peux t'apporter n'hésite pas à m'appeler. Hurle mon vrai nom que tu es le seul à connaître et j'arriverais.

- Gomen13… C'est de ma faute… si j'avais été plus malin je ne serais pas allé là-bas…

- Hai. Tu as été vraiment stupide. Mais ça arrive à tout le monde. C'est seulement arrivé au moins bon moment pour toi.

Reita le sentit disparaître dans l'obscurité. La sincérité du jeune homme était vraiment magnifique. C'était ce qu'il aimait chez lui. Il s'oublia dans la noirceur de la cellule.

oOo

Il filait dans l'obscurité des murs. Il était le seul à connaître ces passages et à pouvoir les emprunter. Il entendait les conversations qui arrivaient jusqu'ici. Son contrôle total de lui-même lui permettait d'écouter tout ce qu'il voulait. En entendant Reita hurler quelques instants auparavant, il avait à peine cillé. Si ses sentiments l'avaient un jour submergé, il n'aurait jamais pu survivre tant de temps dans ces labyrinthes où se répercutait la violence de l'Autre. Il courait. L'obscurité de ces lieux le rassurait. Il tourna brusquement. Il arrivit enfin à la chambre. Il entendit que le client sortait et en profita pour se glisser dans la chambre par une porte dérobée que même l'Autre ne connaissait pas. Quand Aoi et Ruki revinrent dans la salle, Ruki souriait joyeusement ce qui choqua Toshiya. Il attendit un instant avant de sortir de sa cachette. Les yeux de Ruki qui pétillaient se posèrent sur lui avec surprise. Aoi le fixa avec inquiétude. Toshiya les regarda l'un après l'autre et s'avança vers Aoi. Il lui ouvrit la main et lui y mit le collier de Reita qu'il lui avait pris quand il avait été le voir dans sa cellule. Il lui referma un à un les doigts dessus. Et lui posa son poing fermé autour du collier sur le cœur. Les yeux d'Aoi semblèrent chercher un indice sur son visage avant de s'emplir de larmes. Toshiya lui posa une main sur l'épaule.

- Gackt a appris ses relations avec le ghetto. Il l'a tué. Mais je pense qu'il va te faire croire qu'il l'a juste emprisonné pour que tu tentes de le sauver… Ne fais rien de stupide… kudasai14…

- Reita…

Aoi avait prononcé ce nom dans un souffle, comme si l'on venait de lui asséner un coup. Une légère larme coula sur sa joue. Ses yeux devinrent vides. Ruki s'approcha de lui mais fut violemment repoussé. Toshiya regardait la scène sans savoir quoi faire.

- C'est ma faute… Si j'avais pas été là… C'est pour nous…

- Ce n'est la faute de personne d'autre que Gackt, trancha Toshiya d'un air sévère.

Le regard de Aoi se fit dur et une étincelle y vibra un instant.

- Il va le payer… Je le promets.

- Tu ne pourras rien contre Lui. Il est fort. Réellement fort. Il sait comment tuer les personnes le plus rapidement possible. Si l'on est seuls, on ne peut pas agir. Et Il sait faire en sorte que l'on soit tous seuls. Il s'y applique depuis qu'Il dirige.

- Demo15… Je dois y arriver. Je dois venger Reita.

- Reita te l'a demandé peut-être! S'exclama Ruki

- Tu le sais très bien Ruki. Je le sais que si il pouvait me dire quelque chose, ça serait de me sauver plutôt que de le venger. Mais je m'en fous de ce qu'il veut. Moi je veux le venger, et je pourrais pas vivre tant que je ne l'aurais pas fait.

- Il doit bien avoir des gens qui luttent contre Gackt.

Aoi et Ruki le regardèrent en frissonant.

- Tu n'hésite pas à dire son nom toi? s'étonna le petit blond alors que Aoi semblait réfléchir.

- Iya. Il ne peut rien contre moi. Je suis intouchable. Je peux m'enfuir dès qu'il arrive.

- Tu pourrais me mener au ghetto Toshiya?

- Euh… oui mais… pourquoi?

- Là-bas, je saurais où trouver de l'aide.

- Tu te trompes Aoi. Reita n'avait pas l'intention de nous sauver. Il me l'a dit hier. A moins que ce ne soit avant-hier… Nan. Hier. Quand je t'ai mis au lit. Je suis sorti après et on a discuté. Il m'a dit qu'il s'en foutait de nous. Que tout ce qu'il voulait, c'était sa séance. Tout ce qu'on a pu croire est faux Aoi.

- Il t'a menti. Je suis sûr que tu me dis ce qu'il t'a dit mais ce n'est pas la vérité.

- Accepte de voir la vérité, koibito.16

- Nan. Je ne pas le croire. C'est pourquoi j'irais dans le ghetto. Si comme tu le dis, je me suis trompé, alors je reviendrais ici. Probablement que Gackt me tuera. Mais peut m'importe. J'irais.

- Koibito… Tu vas me manquer…

- Viens avec moi.

- Iie. Je ne peux pas. Je ne veux pas.

- Tant pis… Toshiya. Emmène-moi tout de suite.

- D'accord. je t'aiderais à le venger.

- Ruki… Sayonara17…

- Sayonara.

Aoi se tourna vers le grand brun après avoir échangé un dernier baiser avec Ruki. Celui-ci tapa un coup contre le mur et tira sur la poignée qui venait d'apparaître. Ils s'engouffrèrent dans le tunnel. Aoi suivait Toshiya de très près de peur de se perdre dans le labyrinthe. Quand ils en sortirent Aoi remarqua qu'ils étaient toujours dans le bâtiment. Il interrogea Toshiya du regard.

- Le ghetto n'est pas sûr. Tu devrais avoir un garde du corps pour y aller donc en va en chercher un. Un de confiance. Qui sera dur à convaincre mais je devrais y arriver. Laisse-moi y aller seul et tout ira bien. Kudasai.

- D'accord…

- Arigatô.

Aoi marmona un "dou itashimashite18" à peine audible. Toshiya lui sourit tendrement avant de pénétrer dans une pièce, le laissant seul. Le brun frissona. Depuis longtemps, il ne supportait plus de se retrouver seul. Mais être seul dans un tel endroit était pire que tout. Il s'assit en boule par terre et brusquement, l'image de Reita lui revint à l'esprit. Avant qu'il n'aie put le retenir, un sanglot lui échappa, immédiatement suivit d'un flot de larmes irrépréssible. Les poings serrés, il murmura une impossible promesse et essuya rageusement ses joues avant de ravaler ses larmes. Il eut un dernier hoquet avant de se reprendre totalement. Il entendit alors la porte s'ouvrir et se redressa. Il regarda l'homme qui accompagnait Toshiya. Celui-ci jura en le voyant.

- Pas lui… je comprends pourquoi tu voulais pas me dire de qui il s'agissait…

- Tu m'as promis que tu t'en occuperais, tu dois tenir ta promesse.

L'homme lui jeta un regard glacial avant de répondre d'un ton tout aussi gelé.

- Je sais ce que j'ai dit. Et je ne reviens jamais sur ma parole. Pas besoin de me le rappeler.

- Sumimasen…

Aoi les regardait d'un air ahuri. Quand Toshiya le regarda à nouveau, il manqua de rire mais se reprit à temps.

- Aoi, je te présente Tatsurou. Tatsu, tu connais déjà Aoi apparemment.

- Enchanté.

- Pas moi…

Aoi surpris haussa les épaules avant de se tourner vers son guide.

- T'es sûr qu'on peut lui faire confiance?

- Hai. Sûr et certain.

- Mhhh… Bon… On y va alors!

- Hai! On y va! En route tout le monde.

Tatsurou le suivit sans hésiter tandis que Aoi les laissait passer devant lui. Il fixait le dos de Tatsurou en avançant, se demandant s'il pouvait lui faire confiance. Il ne comprenait plus rien. Peut-être était-ce mieux ainsi…

oOo

Reita entendit quelqu'un entrer dans la cellule. Il garda les yeux clos. Gackt n'était pas encore venu le voir. Il ne redoutait plus que ce moment. Qui savait de quoi Il était capable. Il sentit une légère caresse sur sa joue qui le fit frissoner. C'était Lui.

- Alors Reita-kun? On fait semblant de dormir? Vilain garçon…

- Je n'ai jamais dis que je dormais Maître…

Il y eut un léger silence puis il sentit les mains de son maître sur son corps son souffle contre son cou. Un souffle ardent qui lui brûlait la peau. Un souffle qui montrait Son désir, Son impatience. Reita serra les dents et ne proféra pas un mot, pas un gémissement. Les poings serrés, il attendit que l'Autre en aie fini avec lui. Quand Il s'écarta enfin de lui après lui avoir provoqué pus de douleur que de plaisir, Il le regarda un instant. Reita se redressa. Il était mal installé, son dos lui faisait mal, les chaînes de prisonnier qui le liait au mur lui lacéraient les poignets. Mais il se tut. Ça n'était pas le pire. Qu'est ce qu'était le pire? Avec Gackt, il était impossible de répondre à cette question. Il le savait. L'Autre trouverait toujours quelque chose de pire à lui infliger. Il ne devait rien dire. Ne pas Lui demander d'arrêter. C'était tout ce qu'il attendait. Reita était encore trop plein d'estime envers lui-même pour Lui faire ce plaisir.

- Reita…

La voix doucereuse de Gackt lui écorcha les oreilles, lui donnant presque envie de vomir. Ne pas montrer ses faiblesses… Ça serait s'avouer vaincu… Reita ne bougea pas, il ne fit pas semblant de réagir à son nom. Qui n'était plus le sien. Il n'était plus lui. Reita était quelqu'un de libre, d'indomptable. Reita était mort à l'instant même où il était entré dans le ghetto avec Toshiya sur ses talons.

- Reita, ça serait quoi le pire pour toi?

- Rester avec vous à jamais, réussit-il à cracher sur le ton le plus insultant qu'il put.

L'Autre partit d'un grand éclat de rire. Un fou rire. Un rire fou. Un rire de fou. Reita leva les yeux vers Lui. Il semblait vraiment fou. Reita faisait semblant de ne rien craindre mais il était terrorisé par ce rire. Mais pas pour lui. Que va-t-il faire à Aoi…Ce rire se termina dans un gargouillement. Reita n'aurait pas était surpris si de la bave était apparu à la commissure de Ses lèvres mais il fut heureux de constater que ce n'était pas le cas car Il l'embrassa brusquement.

- Je vais te montrer qu'il y a encore pire… Fais-moi confiance… Ensuite, tu me supplieras… C'est tout ce que j'attends… Une sincère supplication de ta part… Voir ta saloperie d'insolence à mes pieds… Que tu m'aimes…

- Ce n'est pas comme ça que je vous aimerais…

- Oh, crois-moi, je suis plus au courant que toi sur ce point… Les masochistes, c'est mon rayon, et sous une certaine forme de torture tout le monde le devient… Même les petits insolents dans ton genre… Si tu ne l'est pas déjà…

Reita ferma les yeux, épuisé par trop d'insinuations malsaines. Gackt pris ça comme une preuve de soumission et le fit se mettre debout. Il se colla contre lui et parcouru lentement son corps de caresses, n'oubliant aucune partie de son corps. Puis il lui passa une main dans son cou, le forçant à se rapprocher de lui.

- Reita, je vais te détacher et tu vas me faire l'amour avec passion… Si tu refuses, je tue ton cher Aoi… Si tu me tues, j'ai donné ordre qu'on le tue immédiatement… enfin, j'ai demandé à ce qu'ils le fassent après l'avoir violé sous tes yeux… Allez, sois gentil mon petit Reita, et baise-moi comme il se doit.

Reita entendit une clé qui ouvrait la fermeture des chaînes qui lui retenait les poignets. Il regarda un instant l'Autre qui le fixait, un sourire malsain collé sur ses lèvres. Oublie ta situation… Oublie-Le… Pense que c'est toi qui Le viole… Essais d'imaginer que tu peux Lui faire du mal, fais-Le languir… Reita reprit le contrôle de ses émotions, et oubliant ce qu'il était à présent, il colla contre l'Autre son corps déjà en feu après Ses ardentes caresses. Il bougeait doucement, patiemment. Désirant éveiller tous Ses sens. Puis violement, il inversa les rôles et Le colla contre le mur, face à lui. Je pourrais l'attacher, et fuir… S'il n'y avait pas Aoi…Il L'embrassa à pleine bouche. Un baiser presque tendre. Languissant. Amoureusement languissant. Imagine que c'est Aoi en face de toi… ça te facilites la tâche non? Si seulement je pouvais fermer les yeux… Il mordilla la langue de l'Autre qui s'insinuait dans sa bouche. Puis lâchant Ses lèvres, sa bouche entama Son corps. Ce corps. Ce corps si désirable. Si désiré… Si brûlant de haines et d'envies. Il en embrassa chaque partie exepté une bien précise. Son "oubli" Le fit grogner. L'Autre lui tenait les cheveux à pleines mains, serrant un peu plus quand son plaisir se faisait plus grand. Tu me supplieras avant que je le fasse… Sa bouche remonta glissa légèrement le long de l'aine de son partenaire. Il commençait à prendre plaisir à ce petit jeux. Pour une fois que ce n'était pas lui qui se laissait faire. Il détestait ça, se laisser faire. Pourquoi ne pas prendre son pied après tout? Il avait toujours eu l'intention de le faire avec Gackt, considérant cela comme une expérience intéressante. Peut-être arriverais-je à t'apprécier un jour… Si tu apprends à être humain… Mais je te le déconseille fortement, ça fait trop mal…Sa langue commença à tracer un chemin près de son nombril avant de remonter doucement le long de son torse. Les mains ne Gackt appuyèrent de toute leur force sur sa tête, voulant le forcer à redescendre.

- Iya19! Reita! Fais pas ça!

- Comment on demande? fit-il sur un ton moqueur.

- O… onegaï…

Reita, surpris de la facilité avec laquelle Il l'avait dit, obéit. Quand il prit en bouche Son sexe érigé de plaisir, Gackt poussa un hurlement qui du résonner dans tout l'immeuble et serra si fort les poings qu'il manqua d'arracher des cheveux à son amant. Reita content de son effet s'appliqua. L'Autre n'y tenant plus Se libéra dans sa bouche. Reita remonta jusqu'à Ses lèvres pour les lier aux siennes. Il passèrent un instant ainsi, collés l'un à l'autre, leurs bouches ne se quittant plus, leurs langues apprenant à se connaître en douceur. Les bras de Gackt étaient noués autour de son cou, les siens Lui enserraient la taille, l'une de ses mains glissant dangereusement vers le bas de Son dos. Puis, il Lui attrapa les cuisses et l'Autre les noua autour de sa taille. En douceur, Reita le pénétra. Il entama de long mouvement de va-et-viens. Gackt lui griffant les épaules approcha Sa bouche de son oreille.

- Motto ha… Hayaku… Onegaï…20 Reita…

Celui-ci sourit à cette demande suppliante et obéit immédiatement. L'Autre recommença à hurler, de plus en plus fort, de plus en plus aigu. Reita qui n'en pouvait plus, l'embrassa pour le faire taire, quand leurs bouches se séparèrent, leurs regards s'unirent.

- Cchhh…Onegaï…

Reita le regarda un instant, hésitant avant de lâcher dans un souffle, dans un murmure quasi-imperceptible:

- Gackuto…

L'Autre l'entendit tout de même et sourit d'un air satisfait. Tu vas l'oublier mon cher Reita, je vais tous te les faire oublier… en ce moment tu ne penses qu'à lui… Je veux juste occuper toutes tes pensées… Kudasai… Les doigts de Reita se posèrent sur Sa gorge. Le regard de Gackt se fit un instant inquiet, presque terrifié. Mais les doigts d'une superbe finesse descendirent le long de son torse en une lente caresse. Reita, dont les mouvements s'étaient faits de plus en plus frénétiques finit par se libérer en Gackt. Ils poussèrent ensemble un long râle de plaisir. Il se retira en douceur et posa sa tête sur Son épaule. Il était trop fatigué pour réfléchir à ce qu'il venait de faire. Il s'en voulait déjà. Un sale traître, il n'était qu'un sale traître. Mais peut-être arriverais-je à faire de lui un humain… Il espéra un instant ne plus revoir les personnes qu'il aimait. Il avait trop honte. Mais c'était fait de toute manière. Et puis il avait fait ça parce qu'Il avait menacé de tuer Aoi. Au départ c'était pour cela. Mais en ce moment…? C'était pour sauver Aoi qu'il se blotissait dans les bras de son tortionnaire? C'était pour sauver Aoi que son cerveau lui assurait qu'il se sentait bien ainsi? C'était pour sauver Aoi qu'il aurait aimé mourir ici, immédiatement, dans cette sensation de tranquilité? Gackt se dégagea de son étreinte en douceur. Probablement pensait-il qu'il dormait, Reita ne fit pas en sorte de le détromper. Il l'embrassa tendrement.

- T'es mignon mon petit Reita… Mais qu'est-ce que je vais devenir si je me mets à t'aimer? Je suis désolé mais ça serait mettre beaucoup trop de choses, trop de vies en jeu… Sumimasen… Mais reste comme tu es… Kudasai…

Il sentit à nouveau la pression de Ses lèvres sur les siennes et retint les larmes qu'il sentait lui monter aux yeux. Il sentit que Gackt lui remettait ses chaînes, il sentit le froid des fers sur ses poignets, il entendit la porte se refermer, la clé tourner dans la serrure. Il était prisonnier, il le resterait. Il avait toujours été doué pour mentir, Gackt le savait. Mais mon corps ne sais pas mentir! Mais ça Tu ne le sais pas… Une étrange tristesse s'empara de lui, son corps fut pris de sanglots incontrôlables. Il mit du temps avant de s'arrêter. Quand Toshiya passa le voir dans sa cabine, il était encore pris d'étranges frissons.

- Ça va Reita-kun?

- Ha… Hai. Pourquoi t'es passé me… me voir?

- Parce que j'ai une bonne nouvelle! Aoi s'est enfui cet après-midi! Il est dans le ghetto, en sécurité. Tatsurou lui sert de protecteur attitré. Tu peux leur faire confiance… Ils ont décidé de mener à bien ce que tu avais entrepris, ils y arriveront.

- Quoi! Aoi va faire ça?

- Oui! Enfin, son principal but est de tuer Gackt mais bon… Ils te délivreront au passage et seront bien surpris de voir que tu n'es pas mort… Il m'en voudront peut-être à la réflexion mais bon… je crois que ça leur passera vite.

- Demo… Il… Ils… Tuer Gackt… Tu…

Reita ne trouvait plus ses mots, une atroce peur s'était emparée de lui, lui écrasait le ventre, lui broyait l'estomac. Il avait peur pour Gackt, et c'était cela même qui lui faisait le plus peur. Il refusait de penser qu'il pouvait avoir peur pour Lui. Mais c'était indiscutable. Il sentait les larmes lui monter aux yeux quand il pensait à Lui. Toshiya le regarda avec inquiétude. Reita réussit à afficher un sourire qui se voulait rassurant. Le grand brun, eu une moue sceptique avant de lui lancer un sourire éclatant. Puis, il lui posa une main légère sur son torse, lui caressa la joue, toucha avec douceur les cheveux. Puis, après un long regard désolé, il l'embrassa furtivement avant de disparaître. Reita rougit de confusion et son regard resta fixé à l'endroit que l'autre venait de quitter. Soudain, le minuteur de la lumière, arriva à son terme et tout sombra dans l'obscurité. Je crois que j'ai réellement besoin de me remettre en question. Pourquoi me prenez-vous tous pour ce que je ne suis pas… si tu savais Toshiya… si tu savais tu n'aurais que du mépris pour moi… Pourquoi tu acceptes de te souiller ainsi? …Peut-être que c'est tout simplement que tu n'es pas conscient que ça te souille… Il commençait à s'endormir quand les lumières du couloir se rallumèrent. La porte de sa cellule s'ouvrit avec violence et deux gardes lui apparurent. Il plissa les yeux. La lumière trop forte l'aveuglait. L'un des gardes l'attrapa violement tandis que l'autre le libérait de ses fers. Il a appris l'évasion de Aoi… Il va m'en vouloir… Pourquoi est-ce que j'en veux à Aoi de s'être enfui? Je suis vraiment un monstre, comme Lui… Il regarda le visages des gardes, il ne les connaissait pas. Tatsurou n'était plus là, en temps normal, c'était lui qui serait venu le chercher. Il avait fuit avec Aoi. L'Autre devait être en rage d'avoir perdu d'un seul coup son meilleur garde du corps et son jouet du moment. Reita voulut arrêter d'y penser mais son raisonnement faisait tranquillement son chemin dans son esprit. S'ils n'étaient pas parti, lui et Gackt aurait pu… Aller plus loin au niveau de leur relation. Il se laissa emmener jusqu'au bureau de l'Autre. Il ne se pressait pas. à plusieurs reprises les gardes le bousculèrent pour le faire avancer. Quand ils furent devant la porte, ils se regardèrent un instant. Aucun n'osait frapper. Reita eut un sourire triste. Suis-je le seul à qui tu n'as jamais fait peur? Seule ta folie envers tes ennemis me terrifiait. Elle n'aurait jamais du faire partie de notre relation, j'aurais peut-être pu te sauver si elle n'avait pas été là. Le premier se décida enfin à frapper. La porte s'ouvrit brusquement et ils poussèrent Reita à l'intérieur de la pièce. Une voix sans timbre, sans joie s'éleva de derrière le grand fauteil qui leur tournait le dos.

- Vous me laissez douze heure minimum. Personne ne vient voir ce qui se passe, pendant douze heures. Nan, vous me laissez vingt-quatre heures plutôt, c'est déjà bien trop court une seule journée… Vous pouvez disposer, je m'en occupe.

Quand la porte se referma, il y eut un long silence. Reita qui sentait déjà les larmes lui monter aux yeux ne put retenir un gémissement. Gackt se retourna immédiatement et le fixa d'un regard froid.

- Vu que l'on a pas beaucoup de temps, autant commencer tout de suite. Tu le sais déjà, je suppose que Tatsurou et Aoi se sont enfuis…

- Hai…

- Et c'est d'ailleurs probablement Toshiya qui te l'a appris… Ne dis rien! Je croyais qu'il s'était passé quelque chose cette nuit, mais apparemment, je me suis trompé. Comme tu le vois, je n'ai plus mon moyen de pression sur toi. Tu peux faire ce que tu voulais faire l'autre jour, qu'est-ce que tu attends?

Reita se rappela soudainement le passage à tabas que lui avait fait subir Gackt puis son regard se posa sur la baie vitrée. Le soleil se levait dans une douce couleur orangée. Il Le regarda avant d'oser enfin lui répondre.

- Aoi n'est plus la seule raison que j'ai de vivre à présent…

- Je vois, il y a Kai aussi! Mais je te rappelle que je ne l'ai pas non plus… à moins que ça ne soit Ruki! Lui ne s'est pas enfui au moins, sachant pourtant ce qu'il risquait, tu fais un bon choix si c'est de lui qu'il s'agit…

Reita le regardait avec une infinie tristesse. Si tu me regardais, tu pourrais lire dans mes yeux que ma nouvelle raison de vivre ne se situe pas si loin de moi en ce moment… Gackt jura avant de s'asseoir sur Son bureau. Son regard se perdit à travers la baie vitrée, vers le lever de soleil. Reita frissona. Il était nu depuis la veille et commençait à peine à s'en rendre compte. Il ne s'était toujours pas relevé depuis qu'on l'avait poussé dans la pièce et savait qu'il ne devait pas le faire tant qu'Il ne le lui avait pas demandé. L'Autre se passa une main dans les cheveux et soupira.

- Relève-toi Reita. Ne reste pas étalé comme ça par terre, je ne peux pas regarder ton corps…

Il avait pris un ton moqueur. Ce ton qui lui convenait si bien. Le sourire qu'il affichait était ironique. Son regard fuyait celui de Reita, et fixait obstinément le bas du corps de celui-ci comme pour le mettre mal à l'aise.

- Sinon, c'est peut-être Toshiya que tu aimes! Ou encore mieux! Tatsurou!

Il s'était rapproché lentement, ils étaient à présent tout près l'un de l'autre mais pas trop non plus. Une précaution étrange venant de Gackt. Reita aurait voulu lui toucher la joue, mais les gardes lui avaient attaché les mains afin de pouvoir le maîtriser sans problèmes. La voix de Gackt avait reprit ce timbre qui précédait Ses crises de folie furieuse. Reita redoutait qu'Il le tape à nouveau. La force qu'Il possédait était effrayante. Il sauta brusquement en avant et réussit à poser ses lèvres sur les Siennes avant qu'Il ne prenne conscience de ce qu'il était en train de faire. L'Autre s'esquiva brusquement et Reita s'étala par terre, ne pouvant se servir de ses mains qui étaient liées dans son dos. L'Autre tomba sur Son derrière et resta un instant à fixer le vide, un doigt sur Ses lèvres. Reita sourit de son effet, mais son visage lui faisait mal.

- Ce n'est aucun de ceux que tu as cité…

Gackt sursauta et le regarda avec terreur. Il posa ensuite Sa main sur ses cheveux, descendit le long de son cou. Quand il arriva à ses poignets, il le détacha sans hâte. Et le regarda avec son habituel sourire moqueur.

- Baise-moi encore une fois Reita, encore une fois, et encore un tas d'autre fois, on a qu'un jour pour ça…

oOoOoOo

nyà suivre!

oOo

o

Voili voilà! Alors alors? Vous aimez mon Gackt maintenant? Moi oui Mais j'aime pas les gentils alors il va pas le rester longtemps Que va-t-il se passer? Bonne question, et même si je le savais déjà, je ne vous l'aurais pas dit! Enfin, je connais la fin… C'est dur d'inventer un milieu, mais j'ai l'aide de mini-Juu! On y arrivera un jour, on y arrivera! J'espère… En tout cas, moi j'aime bien ma dernière phrase j'en suis toute fière! C'est mal! Vous aurez des nouvelles de Aoi dans le prochain chapitre! C'est vrai quoi, on va pas tout le temps parler de Reita non plus!

Kyu qui part méditer à propos de la suite de son histoire et qui se demande quelles choses déplaisantes elle pourrait encore écrire (06 /07 /06 )

01 Arigatô : merci

02 tenshi no : mon ange

03 baka : idiot

04 Hai : Oui

05 sumimasen : désolé

06 Geisha : euh… sorte de prostituée --''''

07 oni no : mon démon

08 j'ai oublié de mettre un huit, et j'avais la flemme de tout changer

09 kisama : enfoiré

10 tame : enflure

11 Iie : Non

12 Onegaï : s'il te plaît

13 gomen : Pardon

14 kudasai : s'il te plaît (plus fort que onegaï selon moi mais rien n'est moins sûr--'')

15 demo : mais

16 koibito : chéri

17 sayonara : au revoir (proche de adieu quand même)

18 dô itashimashite : de rien

19 Iya : non (language moins soutenu que iie)

20 motto hayaku onegaï : plus vite s'il te plaît