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Il faut juger un homme à son enfer
Chapitre4
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Die lui avait gentillement proposé de l'héberger. Il avait accepté avec joie cette aide sincère. Tatsurou viendrait évidemment avec lui. Toshiya lui avait interdit de le quitter d'une semelle. Il le ferait. Il l'avait toujours fait avec Gackt. Il avait fait tant de choses avec Gackt. Il s'en sentait si proche mais le haïssait tant en même temps. C'était le matin du deuxième jour quand Toshiya arriva. Ils avaient fini de manger leur petit déjeuner et discutait tranquillement. Toshiya était entré en larme dans la petite pièce. Sa brusque apparition avait fait sursauté Tatsurou. Die avait longuement regardé le brun pleurer avant de le prendre dans ses bras pour le bercer avec douceur sous le regard envieux de Kai. Quand ils avaient enfin réussi à le calmer, il n'avait pas décoincé un mot. Le rouge avait mis ça sur le compte d'un quelconque choc psychologique tandis que Aoi soupçonnait Toshiya de savoir quelque chose qu'il ne voulait pas dire… Qu'il ne pouvait pas dire. Quand leurs regards se croisèrent, Toshiya détourna violement la tête avant qu'Aoi n'ai pu voir les larmes qui se formaient dans ses yeux. Il t'a trahi Aoi, il ne vaut pas la peine que tu risques ta vie pour lui! Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à vous le dire! Die le fit lever la tête vers lui du bout du doigt et le regarda longuement dans les yeux. Puis, il se tourna vers Kai.
- Kai, tu pourrais rester avec lui et le confier à Mana dès qu'il reviendra après ses visites de la matinée? Onegaï…01
- Hai, aucun problème.
- Arigatô02. Moi je vais faire comme prévu et amener ces deux jeunes soldats fringants… mouaif… Pas très convaincant tout ça… Enfin, je vais les mener à notre petit chef!
- Ah… Euh… Vont-ils survivre à l'entretien?
- Forcément, tu as vu la gueule de Tatsurou! S'ils sont pas capable de se défendre de toute façon, ça ne servait à rien qu'ils soient venus…
Il ouvrit la porte et pria les deux autres de le suivre après avoir adressé un vague signe de la main à Kai. Aoi sourit et passa en premier, suivit de près par Tatsurou.
- Comment on y va? En voiture?
- Aller là-bas en voiture, ça serait du suicide mon pauvre ami. J'espère que tu as l'estomac bien attaché… Pour Tatsurou je n'ai pas trop de doute à ce niveau là…
- Pourquoi? Qu'est-ce qu'il y a là-bas?
- Disons, que notre petit chef n'a pas choisi l'endroit le plus… le mieux pour son QG… Ouais, on peut dire ça comme ça je pense…
Aoi haussa les épaules et le suivit sans ajouter un mot. Die les mena à une station de métro. Aoi voulur remercier le ciel de ne plus porter son Yukata. Il se serait fait violer sans aucun doute dans un endroit comme ça. Le ciel n'était qu'un plafond. Pas d'échappatoire. Interdiction de rêver, de vouloir s'envoler. Ici, l'on était cloué au sol. A vie. La rame arriva rapidement. Die qui connaissait les horaires par cœur ne voulait pas trop traîner dans les couloirs du métro à cette heure-ci avec le genre d'invité qu'il avait. Il rentrèrent dedans. L'intérieur était pitoyable, démoli de partout. Un sentiment de misère simple. Sans fioritures. Le wagon était vide. Die semblait à l'aise dans ce genre d'endroit. Tatsurou, lui, était sur les nerfs. Comme toujours d'ailleurs. Sur les nerfs mais affichant une expression de calme plat. Aoi était impressioné par ce sentiment de sérénité qu'il affichait alors qu'il bouillait de l'intérieur. Il se tourna soudain vers le rouge.
- Die, qu'est-ce qui va se passer là-bas?
- Il va vous tester.
- Qui ça Il?
- Personne, Lui, tout simplement. Vous Le rencontrerez. Sois vous l'adorerez, sois vous le détesterez. C'est toujours comme ça avec lui. Parfois c'est les deux en même temps… C'est assez étrange quand c'est le cas d'ailleurs.
Il sortit quelque chose de sa veste et le tendit à Aoi qui prit l'arme avec calme
- Tatsurou en a déjà une. Tu en auras besoin, dès que vous sortirez de la rame, soyez sur vos gardes. Je ne devrais pas vous prévenir, même pas vous fournir d'armes…
- Tu as mon yukata, Die?
- Oui, je l'ai pris, comme tu me l'avais demandé même si je ne comprends pas pourquoi…
- Disons que ma seule arme a toujours été mon corps. J'aimerais qu'il en soit ainsi jusqu'à la fin. Donne-le moi s'il te plaît. Je vais le passer maintenant.
- Euh… Aoi, c'est dangereux de mettre ça ici…
- Prenez un air menaçant en gardant vos armes bien en vue, ça devrait suffir non! Et puis, ne t'en fais pas, je sais ce que je fais. Je sais me défendre.
Die lui tendit le sac qu'il transportait. Aoi prit son yukata et le passa par dessus ses vêtements qu'il enleva ensuite. Il prit un pic qu'il planta dans ses cheveux, lissa les plis du tissu du bout des doigts avant de se détailler dans la vitre. Il se sourit avant de mettre l'arme dans sa ceinture.
- Die, dès que l'on sortira de la rame, l'épreuve commencera?
- Hai03…
- Donc on est en danger dès qu'on est sortit?
- Hai…
- Et tu es sensé nous aider une fois là-bas?
- Iie04…
- L'Autre que tu as refusé de nommer nous observera?
- Hai…
- Chacun de nos mouvements sera étudié?
- Hai…
- Mais il sait que je ne veux pas être un simple soldat?
- Hai…
- Alors pourquoi?
- Parce qu'il considère que si tu n'es pas capable d'être un simple soldat, tu ne vaux pas la peine d'être plus.
- D'accord. Tu es prêt Tatsu? Moi, je sens que je vais bien m'amuser? ça fais longtemps que je n'ai pas été aussi excité…
- Taré…
Tatsurou soupira mais regarda un instant son arme et un sourire se dessina sur ses lèvres. Son regard se reporta sur Aoi.
- Je crois que moi aussi je vais bien m'amuser… Aux frais de cet inconnu anonyme!
Ils se sourirent. Die dut les prendre pour des fous car il secoua la tête d'un air désespéré et évita ensuite toute discution avec eux. Quand la rame s'arrêta au terminus, Aoi sautillait sur place tellement il était énervé.
- Montrons lui à quel point on s'amuse. Les armes ne sont pas des jouets et la mort n'est pas un jeu mais… faisons de ce combat une distraction. Il nous en voudra peut-être mais qu'importe?
Sur ces mots, ils sortirent. La pièce sombre empestait le cadavre. Aoi évita de regarder autour de lui et fit en sorte de retenir son envie de vomir. Tatsurou, lui, détaillait l'endroit. Les bas-fonds dela société… Si quelqu'un voulait connaître l'endroit le plus pauvre de la ville, il lui suffisait de venir ici. Des cadavres de chiens pourrissait dans un coin. Le corps d'un enfant mort était abandonné là. Plus loin, d'autre enfant "jouaient". Il s'arrêtèrent deux secondes pour regarder les nouveaux venus avant de repartir courir sur les rails. Les deux jeunes gens ne montrèrent aucune émotion et avancèrent le long du tunnel. L'atmosphère ne changeait pas. Seul le bruit du métro s'amenuisait. Aoi était à présent très pâle. Il n'avait en aucun cas peur mais la puanteur qui régnait ici lui donnait la nausée. D'un geste imperceptible, Tatsurou le soutint doucement. Le jeune brun lui lança un regard reconnaissant et se reprit. Il devait rester concentrer. Son regard se posa sur un cadavre mais il ne réagit pas. Rester sans émotions était le meilleur moyen de ne pas sombrer dans la folie. Ils approchaient d'une sortie et apperçurent un groupe de dealers qui les regardait étrangement. Aoi prit conscience qu'ils ne devaient pas souvent croiser de mec avec des yukatas si moulant par ici. Tatsurou se crispa à peine et prit un air sérieusement menaçant. Après avoir hésité un instant en le regardant, l'un d'eux s'approcha. Il s'inclina d'une petite courbette devant Aoi et fixa Tatsurou dans les yeux. Le garde du corps sourit avec amusement.
- T'as peur de rien toi petit…
- Pas de rien. Et mon nom c'est Yomi. J'ai un peu peur de vous mais j'affronte toujours mes peurs.
- Désolé, je suis pas là pour t'affronter.
- Ah… Dites, vous seriez pas l'ami de Reita? Fit-il en se tournant vers Aoi.
- Pourquoi? Demanda celui-ci.
- Parce que Kyô m'a parlé d'un mec qu'est le protégé de Reita. Et si on en croit sa description, c'est vous.
- Peut-être… Mais on est pas là pour ça. On va te laisser, nous on doit y aller.
Le regard de Yomi se dirigea vers le tunnel. Puis son regard se posa sur Aoi qu'il détailla de haut en bas. Puis il regarda Tatsurou d'un regard étonné.
- Vous êtes sûr que vous êtes bien prêt pour aller là-dedans?
Tatsurou se contenta de lui sourire en guise de réponse. Un sourire ni rassurant ni menaçant. Un simple sourire sans signification. Yomi haussa les épaules. Puis replongea son regard dans le gouffre d'obscurité qui servait de couloir.
- Je me demandais pourquoi ils étaient si exités ce matin… murmura-t-il comme pour lui même. Faites gaffe à vous. Et méfiez-vous des ombres surtout.
- Arigatô Yomi.
Yomi lui sourit à son tour. D'un sourire désolé comme s'il étaient déjà mort. Puis il retourna auprès de ses amis qui avaient regardé la scène avec intérêt. Il leur fit un petit signe d'adieux par dessus son épaules. Les deux jeunes gens s'enfoncèrent dans l'obscurité et repensant à la recommandation du petit dealer. Méfiez-vous des ombres… Tatsurou haussa les épaules, espérant qu'il n'y aurait pas de lumière ensuite. Parce que quand il n'y a pas de lumière, il ne peut pas y avoir d'ombres. Ils finirent par arriver dans une pièce, peu éclairée. Au fur et à mesure qu'ils avaient avancé dans le tunnel, la puanteur s'était atténuée. A présent, elle redevenait supportable. Plus qu'une odeur de cadavre, c'était à présent une odeur d'égouts. Tatsurou, les mains dans les poches serrait tranquillement ses deux revolvers. Aoi avait caché celui que Die lui avait prêté dans les plis de sa ceinture. Il affichait un sourire satisfait qui semblait vouloir signifier "on vous attend". Il sentit Tatsurou tiquer à sa gauche avant d'apercevoir un furtif mouvement à sa droite. Il se lècha les lèvres et lança un rapide coup d'œil à son ami avant de murmurer:
- C'est parti! Evite les coups mortels tout de même… dans la mesure du possible. Euh… Je voulais dire, évite d'en donner! Ajouta-t-il cassant tout son effet.
- J'avais compris, lui répondit Tatsurou après un bref éclat de rire.
Soudain, Aoi bondit sur le côté. Attrapant l'un de ses adversaires au vol. Il lui assena un violent coup dans la machoire puis un dans le ventre, lui coupant le souffle. Il apperçut un léger éclat lumineux au dessus de lui et leva la tête. Il aurait du s'en douter. Il bondit jusqu'à la machine sur le mur où les prises dues à l'usure ne manquaient pas, plaça son visage devant avant de la saluer amicalement. Puis cassa son effet de gentil en ajoutant:
- On va gagner, coûte que coûte, on vous usera tous vos bons soldats jusqu'au dernier!
Il enleva le pique qui lui retenait les cheveux, faisant tomber en désordre ses mèches de chaque côté de son visage, et le planta brusquement dans le boitier de la caméra, la mettant hors-service. Il tourna ensuite la tête vers le bas. Tatsurou éliminait avec une rapidité étonnante tous ses adversaires. Ils n'avait pas le temps de s'approcher. Les coups de feux partaient, donnant une sorte de rythme. Aoi sauta à ses côtés. Et sortit son arme à son tour avant de froncer les sourcils.
- On va pas les tuer en faisant ça?
- Aucun danger, répondit Tatsurou, Die s'est chargé de me bousiller toutes mes cartouches, je crois qu'elles les endorment au lieu de tuer. Mais je pense pas que ce soit le cas de leur côté. Alors soit tu les endors, soit ils te tuent. J'ai un autre flingue dans ma poche si tu veux…
- Arigatô demo05… J'aime pas trop cette technique… Je vais te montrer comment il faut faire… enfin tu verras juste le résultat mais c'est tout ce qui compte.
Aoi recula jusqu'au mur sur lequel il grimpa avec une facilité étonnante. Puis en quelques bonds, il disparut de la vue de Tatsurou. Celui-ci voyait toujours de plus en plus de soldat refluer. De simples soldats… Nous sommes plus que de simples soldats… Nous sommes de là-bas. Et en ce nom nous refusons la mort. Nous ne pouvons que continuer à nous battre jusqu'à ce que l'autre finisse par abandonner, à court de force… ou par mourir… Je pourrais les tuer si je voulais… Mais je ne dois pas le vouloir. Soudain le flot de soldat arrivant de toute part diminua avant de s'épuiser totalement. Il se demanda un instant si les forces que leur "ennemi" avait engagé était arrivées à bout mais songea brusquement que c'était le résultat que lui avait promis Aoi. Il recula jusqu'au mur et s'y adossa. Au bout d'un moment Aoi arriva au dessus de lui.
- Alors, c'est mieux comme ça non?
- Tu ne m'avais pas dit que tu avais de l'araignée dans le sang…
- Je ne dis pas grand chose en général…
- J'ai remarqué… Bon je suppose que s'Il ne nous envoie plus personne, c'est qu'il faut qu'on avance…
Tatsurou sourit et profita de ce moment de répis pour changer les cartouches de ses armes. Aoi le regarda faire et finit par prendre sa troisième arme. Il remonta immédiatement sur le mur. Son espace à lui. Là où personne ne pouvait le violer. C'était pour cela que c'était son endroit de prédilection. Il sourit à Tatsurou.
- Bon, je prends la grande porte, lui dit celui-ci. Toi tu te trouve un passage, monsieur l'araignée.
Aoi approuva d'un hochement de tête et s'enfuit. Tatsurou se massa les mains un instant. Il finissait par avoir mal mais ça irait. Ça faisait trois ans qu'il avait mal… Il poussa le battant de l'énorme porte. Comme il s'y attendait, il n'y avait personne de l'autre côté. Il s'arrêta bien en vue. Il regarda un instant autour de lui avant de poser les mains sur les hanches.
- Bon! S'il y a quelqu'un qu'il vienne, parce que moi, je vais pas attendre toute la nuit!
Son cri résonna dans la salle. Personne n'arrivait. Enfin, il vit une silhouette s'approcher du fond de la salle. Voyant qu'elle était seule, il hésita à tirer, craigant que ça ne soit Aoi. Puis, la silouhette arriva enfin à la lumière. Tatsurou eut pendant un instant un problème pour respirer. La superbe personne qui se dirigeait vers lui n'était vêtu que d'un simple yukata d'un tissu encore plus transparent que celui que portait Aoi. Il se déplaçait avec lenteur. Le vêtement suivant le mouvement de ses hanches. Il arriva tout près de lui et colla leur deux corps. Il se passa lentement la langue sur ses lèvres avant de la mettre de force dans la bouche d'un Tatsurou pas trop réticent. Après un long baiser, la superbe créature se retourna, les sourcils froncés pour se retrouver face à un brun en colère. Aoi lui flanqua un superbe coup de pied dans le ventre avant de lui écraser le nez sur son genoux.
- Sale pieuvre…grogna-t-il avant de le piquer avec un de ses pics à cheveux.
Tatsurou sortant de son état comateux sursauta. Et regarda Aoi avec inquiétude.
- Tu l'as pas tué au moins?
- Nan pourquoi? C'était si agréable que ça? cracha Aoi.
- Bah… Ouais, répondit Tatsurou avec un large sourire.
- Si tu cède face à ça, dit-il en prenant un air dégouté, tu ne feras pas long feu contre Gackt.
- Avec Gackt je suis habitué.
- Mais t'es irrattrapable toi! Bon, je serais là pour sauver la mise… On y va? C'est pas le tout mais tu nous as fait perdre du temps avec tes conneries!
L'énervement du jeune brun fit sourire Tatsurou, qui après un dernier regard au jeune homme étalé par terre se hâta de le suivre. Ils arrivèrent dans une troisième salle assez grande. Aoi avait lui aussi prit le chemin normal cette fois-ci. La salle semblait vide. Comme la précédente. Aoi alla s'asseoir contre un mur sous le regard étonné de Tatsurou.
- Nan mais ça va leur petit jeu mais un moment seulement! S'ils croient que je vais parcourir toute la ville à leur recherche alors qu'ils peuvent se trouver très loin et ben ils rêvent! Assieds-toi et attends. C'est plus simple.
Tatsurou obéit et alla s'installer près de Aoi. Pour tromper leur ennuis, ils parlèrent un peu. Très peu. Mais assez selon eux.
- Aoi, c'est quoi le truc sur tes pics à cheveux?
- Du poison.
- Donc tu l'as tué!
- Tout poison n'est pas mortel. Mais ça dépend de quel pic à cheveux j'utilise. Celui que j'ai utilisé pour la pieuvre, c'est un truc qui a pour fonction primaire d'endormir.
Le garde du corps eut une moue dubitative et s'arrêta brusquement.
- On arrive. On discute. On espère pas être discret;
- Alors toi tu vas rester là, et les acceuillir comme il se doit, tandis que moi je vais jouer à mon jeu favori : l'araignée.
- Tisse une belle toile…
Aoi sourit et s'envola sur le mur. Tatsurou rechargea son arme, et retira toutes les sécurités. Il la prépara bien comme il fallait et quand la porte s'ouvrit, il l'avait déjà braqué vers les nouveaux arrivants.
- Ohayô06…
- Euh, Tatsurou, tu peux baisser ton arme.
Die le regardait d'un air étonné, presque inquiet. Il était accompagné de trois personnes. Tatsurou avait déjà rencontré l'une d'elle qui se tenait le nez tout en ne cessant de râler. La seconde personne avait des mèches rouges, comme le jeune assistant du médecin. Derrière ses fines lunettes, il pouvait voir deux iris rouges qui brillaient d'un éclat amusé plus qu'intéressé.
- Vous n'avez rien à craindre de nous Tatsurou. Et si vous pouviez aller chercher Aoi pour lui dire de nous rejoindre…
- Je n'ai aucune idée de l'endroit où il se trouve. Et même si je le savais, je ne pense pas que j'irais le chercher.
Le regard du troisième homme se posa sur l'arme que Tatsurou tenait toujours pointée vers eux. Il eut un léger frisson quand en se redressant, son regard croisa celui de l'homme qui tenait l'arme. Pas un regard de fou. Au contraire. Quelqu'un de bien conscient de son pouvoir en ce moment même. Il redressa la tête et s'approcha de l'homme aux yeux rouges.
- Je te le répète encore une fois Nero, il est dangereux…
- C'est ce qui fait tout son charme, murmura le jeune homme androgyne a qui Aoi avait cassé le nez. Par contre, le brun nerveux je l'aime pas! C'est pas parce que je m'approche de son copain qu'il faut me pêter le pif! Il s'est tiré en plus… Il a du avoir peur des représailles…
- C'est bon Jui… On a compris je crois…
- Mff…
- Et Miku, Jui a tout de même raison. Même si ses arguments ne sont pas très objectifs. C'est parce qu'il est dangereux que son cas est intéressant. S'il vous plaît, baissez votre arme Tatsurou…
- Je ne vous fais aucunement confiance. Je ne fais jamais confiance aux gens qui ont essayé de me tuer. C'est un principe.
- De toute façon ton flingue n'est pas chargé de balles mortelles, fit remarquer Die.
- Je sais mais je peux vous endormir et vous tuer après de manière moins… civilisée…
- Bon, ça serait bien qu'Aoi revienne…
Il y eut un court silence puis Nero poussa une exclamation. Quelqu'un venait de l'attraper par derrière.
- Je ne voulais pas vous faire attendre… Désolé pour mon retard, murmura Aoi.
- Enchanté de faire votre connaissance Aoi…
- Je serais à votre place, je serais pas enchanté. Sauf, si bien entendu, je ne me doutais pas que le pic qui est posé contre mon cou est recouvert d'un poison mortel…
- Je vois… Et qu'est-ce qui vous déciderais à éloigner ce pic de mon cou?
- Une simple explication.
- Laquelle?
- Pourquoi est-ce qu'on avait pas le droit à de vraies balles alors que vos petits soldats en avaient?
- C'est long à expliquer…
Tatsurou et Aoi échangèrent un sourire complice et moqueur. Le jeune brun reporta ensuite son attention sur son otage auquel il murmura d'une voix douceureuse, caressante :
- Ne vous inquiétez pas, le poison ne partira pas aussi vite que vous semblez le croire…
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Reita releva doucement la tête. Il avait finit par s'endormir, collé contre l'Autre, leurs mains entrelacées, leurs corps emmêlés. Il se douta qu'Il était partit car il ne sentait plus la chaleur de Son corps contre sa peau. Tentant de se réveiller un peu, il entendit Sa voix qui murmurait près de lui. Il releva la tête pour Le voir assis sur son bureau, nu, occupé à discuter au téléphone. Quand Il vit qu'il était réveillé, Il lui sourit avant de raccrocher. Il Se leva du bureau et le jeune homme, toujours allongé par terre le regarda se diriger vers lui, détaillant son corps, sentant à nouveau son désir rejaillir. Gackt S'approcha de lui et l'embrassa rapidement.
- Gackuto… Pourquoi il n'y a pas de lit ici?
- Parce que c'est mon bureau Reita-kun, répondit-Il après un bref éclat de rire. Et que ça paraîtrait louche si j'avais un lit dans mon bureau.
- Mais par terre c'est si peu confortable…
- Relève-toi Reita-kun… J'ai un bureau si tu veux… C'est déjà mieux je penses… Ne?
Reita regarda un instant le bureau et se releva doucement. Quand il fut enfin debout, Gackt le souleva dans Ses bras. Reita noua ses jambes autour de Sa taille avant de lier leurs lèvres. Au bout d'un moment, il recula la tête pour Le regarder longuement. Et alors qu'il Le serrait possessivement dans ses bras, un murmure attristé s'échappa de ses lèvres:
- Comment en suis-je arrivé là…?
Aucune réponse ne suivit sa question mais il n'en attendait pas. Gackt se contenta de lui poser un baiser sur le front avant de poser doucement Sa tête dans le creux de son épaule.
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Kai regardait Toshiya avec inquiétude. Il lui carressait doucement les cheveux en murmurant des paroles réconfortantes. Toshiya finit par relever la tête vers lui et le regarder d'un air suppliant.
- S'il vous plaît, ne me demandez plus ce que j'ai vu mais ne me faites pas y retourner. Je vous en supplie…
- Je ne te forcerais pas à me dire ce que tu veux garder pour toi. Et tu pourras rester ici aussi longtemps que tu voudras. Je ne crois pas à l'idée de choc psychologique de Die. Mais je peux t'assurer que si tu veux en parler un jour, je t'écouterais. Ne t'en fais pas.
Il lui carressa doucement la joue. Toshiya le regardait d'un air plein de reconnaissance. Mais il ne savait plus vraiment ce qu'il voulait. Il voulait se confier à Kai. Il savait qu'il pouvait lui faire confiance. Mais il ne savait pas si Kai ne se sentirait pas obligé de tout dire.
- Dis Kai… si je te le dis, tu me promets de tout garder pour toi?
- Hai, Tenshi07, Je te le promets… Mais tu n'es pas obligé si tu veux pas tu sais…
- Je sais. Demo… Je ne peux pas garder ça pour moi tout seul… Ça me fait trop mal… Tu acceptes que je te donne un peu de ma douleur…?
- Hai… Si ça peut te faire du bien… Et te redonner le sourire…
Toshiya sentait les larmes lui monter aux yeux. Mais il restait muet. Il n'arrivait plus à parler. Il sentait que s'il prononçait un mot, les larmes allaient refluer. Kai ne le pressait pas. Il attendait calmement, ne lui demandant rien. Toshiya finit par se redresser et se plaça devant le jeune homme.
- Désolé, je ne peux rien te dire. Pour l'instant… mais sache que j'ai confiance en toi. Mais il y a certaines choses qui doivent être tues. C'est ainsi.
- D'accord. Quand tu penses que tu pourras me le dire… Viens me voir.
- Arigatou…
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Reita était adossé contre le bureau, collé contre Lui. Il lui passait la main dans les cheveux. Le regard de Gackt se perdait à travers la baie vitrée. La nuit tombait. Teintant leurs deux corps d'orange et de rouge tendre. Le soleil disparaissait derrière les immeubles. La main de Reita, posée sur le torse de Gackt y dessinait de petites arabesques. Il releva ensuite la tête vers Lui.
- Gackuto… Qu'est-ce que tu fais de Ruki?
Celui-ci le regarda d'un air interdit. Avant d'éclater de rire. Quand Il eut finit, Il adopta Son petit sourire moqueur empreint de tant d'ironie qui Lui servait à dissimuler Ses vrais sentiments.
- Ruki? Je ne te suffit pas? Désolé, mais je n'ai pas l'intention de te partager…
- Iie… C'est juste qu'il est gentil quand il veut, et je voudrais pas que Tu lui fasse trop de mal, alors qu'il est innocent…
- Ruki? Innocent? Tu es sûr qu'on parle du même? Si tu avais eu ta séance avec eux, tu ne dirais plus la même chose. Ruki est le petit monstre le plus pervers que j'ai jamais eu… La preuve, c'est le seul qui m'ait survécu. Mais il y a quelqu'un qui voudrait me l'acheter… Je ne sais pas si je vais accepter sa proposition…
- Ça ne Te fais rien de vendre des gens?
- Désolé Reita mais, même si je suis un peu plus doux avec toi, je reste le monstre que j'ai toujours été. Et Ruki restera toujours la geisha qu'il est. C'est dans notre nature. Et toi Reita, quelle est ta nature?
- Tu n'es pas un monstre.
Gackt sourit.
- Si Reita, il faut accepter l'évidence. Tu étais la seule personne à qui je ne faisais pas peur. Je ne fais que semer la terreur dans cette ville. Et j'aime faire souffrir les gens… C'est la définition que la plupart des gens donnent à un monstre.
- Mais tu peux changer…
- Tu es gentil Reita, mais je n'en ai pas l'envie…
Même pour moi? Reita n'osa pas le lui demander. Il savait qu'il aurait l'air stupide. Gackt ne changerait pas pour lui. Il n'était que Son jouet. Mais la bouche de Gackt se posa à nouveau sur la sienne et toutes ses questions s'envolèrent. Les mains qui frôlaient doucement son corps réveillait instantanément son désir. Gackt était le seul capable de réveiller tant de chose en lui. Il l'en maudissait tout en Le suppliant de continuer. Personne ne viendrait les déranger. Tous le croyait mort. Sauf Toshiya. Mais l'espion devait avoir compris qu'il était un traître. Un résidu. Un cafard…Alors pourquoi ne prend-il pas la peine de m'écraser?Kudasai…08
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Ils finissaient de discuter, assis autour d'une table. Tatsurou continuait à jouer avec son arme sous le regard inquiet de Miku et Die. Nero faisait semblant de ne pas y prêter attention, espérant ainsi qu'il arrêterait. Aoi et Jui était trop occupés à se lancer des regards haineux pour faire attention au garde du corps. Soudain, un petit brun débarqua dans la pièce. Il regarda Aoi avait un regard stupéfié. Puis son regard se posa sur l'arme de Tatsurou. Aoi le raconnut soudain. C'était l'ami de Reita. Il lui sourit tristement. Kyô regarda un à un toutes les personnes réunies.
- Yomi m'avait dit que vous ne risquiez pas d'y arriver, mais apparemment, il s'est planté! C'est cool… Mais, je voulais juste savoir… c'est vrai que Reita est mort?
Personne ne répondit. Nero soupira.
- Kyô, qui t'as laissé monter ici?
- Parce que tu crois que tes gardes de merde pourrais m'empêcher d'atteindre mon but?
- Et quel est ton but?
- C'était arriver ici… Maintenant c'est savoir si Reita est mort. Et quand je le saurais, ça sera vous filer des infos, et ensuite, aller chercher ma drogue. Voilà les principaux buts de ma journée!
Le petit brun amusait Aoi qui le regardait en souriant. Jui qui regardait la réaction du jeune homme fronça les sourcils et se tourna vers Kyô.
- Kyô-chan!
- Oh! Jui! Takara no09! Qu'est-ce que tu fous là?
- Ils m'ont obligé à faire la pute… Nero il est pas gentil.
- Je sais Jui, je sais… Mais c'est comme ça qu'on l'aime. Enfin, façon de parler hein…
Jui ouvrit les bras et Kyô alla s'y blottir. Il lui déposa un baiser ambigu à la commissure des lèvres. Cependant le regard que lui lança Jui était tout sauf ambigu. Kyô se tourna vers Aoi pour lui sourire.
- Bon, qui veux bien me répondre?
- Oui Kyô-chan, il est mort.
- Jui, tu blagues pas au moins…?
- Kyô… Tu sais que je ne plaisantes pas sur des sujets comme ça.
- Rah le con! Il aurait pu attendre que tout ça soit finit! On avait encore besoin de lui nous! Quel con mais quel con!
Aoi le regarda, étonné. Mais il comprit que le brun cachait ainsi sa tristesse. Il avait du s'y préparer. Et ici, ce genre de nouvelles ne devait pas être rare. Il regarda un instant Nero qui se passait la main dans les cheveux. Ses yeux rouges avaient pris une teinte sombre. Miku avait baissé la tête. Reita était vraiment important pour eux tous. Kyô soupira une dernière fois et se tourna vers Jui dont le visage était fermé.
- Bon bah un autre de tes amants qui s'en va…
- Ils partent tous ses temps-ci…
- T'auras plus de temps pour moi…
- J'ai toujours eu tout mon temps pour toi, Kyô-chan
Aoi les regardait sans rien comprendre. Il sentait sa haine pour Jui remonter.
- Tu couches avec tout le monde toi? Je te rappelle que Reita avait déjà une geisha pour ce genre de chose! Tu n'as donc de respect pour personne!
Jui et Kyô le regardèrent un instant interloqués. Puis Jui lui sourit d'un air triste.
- Tu ne comprends pas… Tu ne peux pas comprendre. Tu ne vis pas ici, c'est pour ça, ça n'est pas de ta faute. Tu sais, ici, on risque de se faire tuer à tout moment. Pour des problèmes de gang, ou bien dans un des jeux qu'organisent les soldats de l'Autre. Pour ceux d'en haut nous ne sommes que des dégâts collatéraux. Alors on passe notre vie, sans espoir. En sachant qu'on ne verra jamais les oiseaux dont il est question dans les histoires héroïques. Tous les enfants ici tentent d'imaginer les oiseaux.Tous se demandent à quoi ça pourrait ressembler. Si l'Autre voulait régner sur nous en douceur, Il lui suffirait de nous promettre des oiseaux. Tu sais, nous, notre vie, elle peut se terminer dans quelques instants. Si ça se trouve à ce moment, il y a une bombe dans la station. Et peut-être que dans quelques minutes, quelques secondes, elle va exploser… L'avenir et l'espoir sont des mots hypocrite ici. Alors soit tu passes ta vie en pensant à un futur que tu ne connaîtra pas, sois tu profites de chaque instant et tu essaies de n'en perdre aucun. Moi je me considère comme philanthrope. Je couche avec les gens que je désire. S'ils sont d'accord, je fonce, s'ils me refusent, je ne me perds pas en demandes inutiles, je ne leur dis même pas ce qu'ils loupent. Et si quelqu'un vient vers moi, je ne le repousse en aucun cas. Certain me considèrent comme une pute. D'autre disent que je suis une salope étant donné que je ne me fais pas payer. Mais peut m'importe. Ce qui compte pour moi, c'est de partager un instant de bonheur, même au milieu de cette puanteur.
Kyô l'enlaça doucement. Les autres regardaient Jui. Nero souriait. Miku se balançait d'avant en arrière. Il semblait qu'il approuvait tout ce que Jui venait de dire. Tatsurou semblait réfléchir à quelque chose. Aoi avait son regard ancré dans celui de Jui et ne disait rien, son visage n'exprimait rien. Jui lui sourit avant de lâcher:
- Je ne m'encombre pas de scrupules parce que je risquerais d'en mourir en vivant ici.
à suivre…
Bon, il y avait un scénario au départ mais ils l'ont foutu en l'air… Donc il y aura une fin triste sans aucun doute… Sauf, si je finis pas. Mais je finirais! Je pense… Et pis bah sinon, je m'éclate bien à écrire alors j'espère que vous prenez du plaisir à lire!
kyu, qui se grouille d'aller écrire la suite (05 /08 /05 )
01Onegaï : s'il te plaît
02Arigatou : Merci
03Hai : oui
04Iie : non
05Arigatô demo : merci mais…
06Ohayô : Bonjour
07Tenshi : ange
08Kudasaï : par pitié
09takara no : mon ange
