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Cette autre vie qu'est la vie dès que l'on se soucie de son âme.
Chapitre5
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Reita était réveillé mais il n'avait pas envie d'ouvrir les yeux. Gackt avait posé une couverture sur ses épaules. Il s'enroula dedans en respirant l'odeur qui y était imprégnée. Gackt était tout près de lui mais trop loin pour qu'il puisse Le toucher. Reita grogna en se demandant si c'était volontaire de Sa part. Il sentit alors une douce odeur qu'il reconnut sans mal. Il ouvrit les yeux pour voir Gackt adossé au bureau, les yeux noyés dans l'obsurité de la ville aux lumières artificielles. Dans Ses doigts, Sa cigarette se consumait lentement alors qu'Il restait ainsi sans bouger. Reita aperçut près de Lui une seringue qui avait été jetée là juste après avoir servi. Il regarda Gackt un instant, sans rien dire. Il avait détaché ses longs cheveux qui lui tombait délicatement sur les épaules, semblant vouloir en partie cacher Sa nudité. Il voulut passer ses doigts dans ces cheveux si fins, si sombres mais il avait peur de Le déranger. Il savait à quel point il était agréable de rester ainsi après une dose de cette drogue. Dans le ghetto, ils maudissaient Gackt d'avoir répandu cette drogue qui rendait les clients immédiatement accro. Il devait en prendre depuis longtemps si Reita en croyait les marques qu'il pouvait voir le long de Ses bras. Reita suivit le regard de Gackt. Celui-ci ne regardait pourtant rien de particulier. Son regard était vide. Il savourait la drogue. Reita se rappela soudain que n'importe quel curieux avait pu suivre leurs ébats. Gackt lui avait une fois assuré que ses vitres n'étaient pas teintées. Ça faisait longtemps… Il lui avait dit qu'Il aimait bien que les gens Le voient. Ils ressentaient alors encore plus Sa présence oppressante. Reita s'approcha de la grande baie après avoir laissé tomber la couverture par terre. Personne ne regardait par là. Du moins, il ne le voyait pas d'où il était. Les personnes marchant dans les rues ressemblaient à de petites fourmis. Des fourmis multicolores. Il reconnut sans mal la maison Geisha principale et soupira. Les yukatas des Geishas resplendissaient de mille couleurs. Vu d'ici, il lui semblait voir des milliers d'oiseaux de paradis. Les clients de la maison principale était tous les riches. Tous avaient au moins une fois bénéficié des services des Geishas de Gackt. Il posa la main sur la vitre. Il tremblait presque. Etre aussi haut lui donnait le vertige mais il n'arrivait pas à détacher son regard de ce spectacle. Il sentit un bras passer autour de sa taille. Les cheveux laissé libres lui caressaient doucement le dos, les hanches, dévalaient le long de ses épaules pour se promener sur son torse.
- C'est enivrant, hein koïbito01?
- Haï02… répondit-il en gémissant alors que Gackt commençait à se frotter contre lui.
- Tu sais… Je crois que faire l'amour en regardant dans le vide, ça serait magnifique…
- Demo03… N'importe qui pourrait nous voir…
- La lumière n'est pas allumée… et… moi, j'aimerais bien qu'on nous voit. Je vais allumer la lumière pour qu'on nous voit! Que tout le monde puisse enfin savoir à quel point tu es… bon.
- Arigatô, demo04… Toi tu as eu le droit a une dose et pas moi alors c'est pas équitable.
- Ah, c'est ça que tu veux!
Gackt éclata de rire, rejetant Sa tête en arrière et faisant voler Ses cheveux. Puis Il Se dirigea vers la table et attrapa deux pillules différentes. Il en avala une et Se rapprocha de Reita. Celui-ci Le regardait d'un air étonné.
-Goûte ça, c'est délicieux… Autant pour le goût que pour les effets que ça provoque…
Il mit la seconde pilule dans Sa bouche et lia leurs langues afin de lui donner la drogue. Reita prit le temps d'approfondir le baiser avant de séparer leurs lèvres. Il lui resta dans la bouche le goût sucré-amer de celle de Gackt. Dos contre la vitre, il avala la pillule alors que la bouche de Gackt parcourait déjà son corps. Un frisson l'envahit quand Gackt commença doucement à caresser un endroit particulièrement sensible. Il poussa un long gémissement qui se transforma en râle de plaisir. Gackt sourit et revint coller Ses lèvres aux siennes tandis que ses mains continuait à parcourirent le corps du jeune homme. Reita passa ses doigts dans les mèches de cheveux qui faisait frémir son corps sous leurs chatouilles. Il sentait peu à peu la drogue se diluer dans ses veines, ses sens se mettre aux aguets, ses nerfs arriver à fleur de peau. Il lui semblait que la drogue décuplait sa perception de chaque chose. Chaque frôlement réveillait en lui d'étranges mais agréables sensations qu'il pensait avoir oublié. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas reprit de drogues. Sous les mains expertes de Gackt et sous l'effet de la drogue, chaque muscle de son corps fut bientôt détendu, prêt à prendre tout le plaisir qu'on lui donnerait. Et Gackt semblait vouloir être très généreux ce soir-là. Il le remit face à la vitre et Se colla de nouveau contre son dos. Ses mains glissèrent sur son torse, semblant vouloir se remémorer chaque pore. Reita, les bras appuyé contre la vitre gémit quand Ses mains lui caressèrent doucement l'aine. Il ne s'en lassait pas. Tous les attouchements de Gackt le laissait en attente de nouveaux contacts. Il était presque dépendants de ces doigts si fins. Mais il ne supportait pas l'idée d'être accro à cet être qu'il avait tant détesté et qu'il croyait aimer. Mais pour Lui, il est impossible de ressentir de l'Amour. Reita s'en persuadait comme il pouvait. Parce que s'il acceptait ce sentiment, il serait totalement perdu. Il se haïssait d'éprouver tant de choses pour quelqu'un d'aussi cruel. Il était persuadé qu'il n'était qu'une poupée pour Lui même si chaque fois que Gackt S'insinuait en lui, il finissait par croire le contraire. Mais Gackt savait mentir mieux que personne, et Son corps devait savoir lui aussi mentir. Après avoir longuement abreuvé son corps de caresses, Gackt le pénétra en douceur. Puis Il commença doucement à bouger en lui. Les mains de Reita se crispèrent sur la vitre, mais elle n'avait aucune prise. Les mouvements de Gackt s'accéléraient peu à peu. Chaque coup de hanche semblait plus violent, Ses mouvements se faisaient de plus en plus saccadés alors que Son plaisir augmentait. Et leurs cris qui se mêlaient partaient de plus en plus haut dans les aigus. Au plaisir qui envahissait Reita se mêlait une étrange douleur qui le satisfaisait encore plus. Son poing cogna contre la vitre. Les mouvements de Gackt était brusques à présent. Alors qu'Il sentait qu'Il n'allait bientôt plus tenir, Il passa un bras sous le torse de Reita et le fit se redresser. Son torse collé à son dos. Gackt se libéra dans Son amant avec un cri qui semblait former son prénom. Juste après, Reita aussi hurla et se détendit brusquement dans les bras de Gackt qui le retenait toujours. Gackt se retira et le serra doucement contre Lui et sourit avec amusement avant de mordiller le lobe de l'oreille. Reita sentait que la drogue continuait d'agir mais de manière contraire aux premières fois. Tous ses sens se voilaient. Les sons lui paraîssaient tamisés. Sa vue se brouillait légèrement. L'odeur de Gackt qui restait en lui n'était qu'un souvenir. Sa bouche lui semblait sèche, il ne la sentait plus. Les sensations que lui procuraient les mains de Gackt sur son corps arrivaient par flash. Des instant très court où il ressentait ces mains sur son corps. Mais ces furtives sensations lui provoquaient une sorte d'envie encore plus puissante. En un flash, il sentit les mains de Gackt se poser sur son sexe endurci de plaisir. En un flash il ressentit tout le bonheur que cela lui provoquait. Il était frustré, il ne pouvait pas profiter de ce bonheur. Bonheur trop bref. Il eut l'impression que les flashs se faisaient de moins en moins espacés. Il devina que bientôt la drogue lui rendrait ses sensations. Il sentit soudain Sa douce odeur s'emparer de lui à nouveau. Il n'avait pas vraiment eu conscience de la quitter. Les mains de Gackt ne cessaient de s'activer. Il hurla de plaisir. Ce plaisir enfin retrouvé. Gackt sourit, lui n'avait pas pris la même drogue, mais il connaissait le fonctionnement de celle-là. Il devina le plaisir que ressentait son amant et fut personnellement satisfait de son effet. Il lia leurs bouches afin que Reita retrouve le goût de Sa salive. Reita ne s'arrêtait pas de gémir. Il ne s'arrêta pas quand les mains de Gackt abandonnèrent leur ouvrage et vinrent se serrer dans ses cheveux. Leurs regards s'unirent et Gackt put lire dans les yeux de Son amant un désir effrayant. Il S'écarta de Reita un instant sous le regard plein de détresse de celui-ci. Il recula jusqu'à ce qu'il puisse Le voir.
- Alors Reita, penses-tu que le corps que tu vois là pourra assouvir ton désir?
Reita gémit et tapa discrétement du pied pour se calmer.
- Oui, oui, si tu veux mais laisse-moi te prendre…
Sa voix exprimait sa sincère supplication mais aussi le fait qu'il n'avait en aucun cas fait attention à la question qui lui avait été posée.
- Réponds-moi sincèrement d'abord.
- Demo… Eto05… Non, il me faudrais aussi tout ce qu'il y a dans ce corps pour me satisfaire totalement mais Onegaï06… Laisse moi le prendre ce corps maintenant… Kudasai07…
- Eto… Ce qu'il y a dedans? Eto… Comment ça?
- Tu veux pas que je t'explique après?
Les yeux de Reita étaient suppliant. Il trépignait intérieurement et commençait à avoir du mal à se contenir. Gackt sentit que s'Il le faisait attendre plus longtemps, il allait Lui sauter dessus et le violer sur place. Mais cette idée ne lui déplaisait pas…
- Demo… Tu me promets de m'expliquer?
- Hai, hai… je te promets ce que tu veux par pitié, me fais pas attendre… Kudasai…
- Mais oui mais on va oublier, il ne faut pas remettre à plus tard ce qu'on peut…
Reita L'avait brutalement étalé par terre. Il Le souleva par les cuisses et le pénétra sans plus attendre. Il n'y avait pas de douceur dans son geste. Seulement une délivrance infinie. Il accéléra ses mouvements de va-et-viens dans son amant. Son rythme était frénétique. Il continua ainsi jusqu'à se sentir enfin arriver au bout. Il poussa un cri et s'étala sur Gackt. Celui-ci ne bougea pas, surpris de l'égoïsme de son amant. Il n'avait pensé qu'à son bonheur et même pas au Sien. Reita releva la tête, il était conscient de ça. Il L'embrassa en douceur.
- Gomen08 Gackuto, j'en pouvait plus. Permet-moi de te donner du plaisir onegaï…
- Si tu es sincérement désolé, je veux bien…
- Eh! La faute à qui?! T'as fait exprès j'en suis sûr!
Gackt posa un doigt sur sa bouche et lui décocha un sourire ravageur.
- Sois pas aussi perspicace, c'est stressant.
Reita Lui sourit doucement. Il le souleva dans ses bras et l'adossa au bureau sur lequel il le prit ensuite avec tendresse.
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Mana était revenu depuis peu. Il avait un instant écouté le récit de Kai puis celui de Toshiya avant de se diriger vers son bureau. Il y prit une boîte de comprimé qu'il tendit au jeune homme dont les traits étaient creusés par la fatigue. Celui-ci l'attrapa et lut les inscriptions. "Sommeil sans rêves" Il comprit sans problème à quoi ça servait. Il haussa un sourcil en pensant qu'un médecin n'était pas sensé soigner ses patients avec ce genre de drogue mais après tout, dans ce genre d'endroit, les choses ne se passaient jamais comme elles le devaient. Il attrapa le verre d'eau que lui offrait Kai et alla se coucher sans demander son reste. Il découvrit qu'un sommeil sans rêves pouvait tout de même être mouvementé. Quand il se réveilla, son crâne lui lançait mais il était serein. Il avait enfin put dormir. Il alla pour se relever mais quand ses pieds effleurèrent le sol, il se sentit pris de vertiges. Il resta alors assis au bord du lit, les yeux fermés, l'esprit vide, attendant patiemment que ça passe. Il regarda ses mains pour vérifier qu'il ne voyait plus flou et que sa vision s'était stabilisée, puis il fit un effort pour se mettre debout. Il dut s'appuyer au mur pour ne pas tomber mais réussit tout de même à atteindre la porte. Sa vue recommençait à se brouiller à cause de l'effort que ça lui avait demandé. Il patienta à nouveau un moment, et quand tout se fut stabilisé autour de lui, il appuya doucement sur la poignée. Il vit Kai en pleine discution avec un client sur le prix d'une opération. Toshiya écouta un instant avant de les couper.
- Soit vous vous faites opérer ici et vous payer le prix fort pour un superbe résultat, soit vous allez dans l'un des hôpitaux dont vous ne cessez de vanter les mérites, et vous ne payez presque rien mais pour vous faire défigurer.
Kai se tourna vers lui et lui adressa un sourire éclatant. Le client, lui regarda d'un air surpris la façon dont il était habillé. Il haussa un sourcil avant de poser lui aussi les yeux sur ce qu'il portait. Pour dormir, il avait passé un vieux tee-shirt abimé et un boxer. Il rougit légèrement mais finit par hausser les épaules. Le client détourna le regard, décidant d'ignorer sa remarque et voulut reprendre ses marchandages avec Kai. Cependant celui-ci semblait l'avoir oublié pour un moment.
- Toshi-chan! Ça va? T'es tout pâle… T'as bien dormi au moins?
- Hai, hai… C'est juste que j'ai mal à la tête et que j'ai des vertiges en marchant…
- Mais ne marche pas dans ce cas-là! Chipatama09!
Toshiya fronça les sourcils mais ne releva pas l'insulte. De la part de Kai, ça n'en était pas insultant. Et le ton inquiet que prenait le remplaçant-secrétaire le faisait doucement sourire.
- Oui, mais je voulais venir te voir.
Kai eut un petit rire léger qui réchauffa profondément Toshiya. Kai riait encore. Tout n'était peut-être pas perdu finalement…
- Bon, quand vous aurez finit, interrompit le client d'un air agacé.
- Hai, sumimasen10, s'excusa Kai d'un ton enjoué qui semblait signifier qu'il pensait le contraire de ce qu'il disait. Bon, qu'avez-vous décidé?
- Je vais prendre un rendez-vous pour le plus tôt possible.
- Vous avez bien choisi monsieur. Pourriez-vous me donner votre nom afin que je note un rendez-vous préliminaire pour remplir les papier et procéder à quelques vérifications.
Kai nota nom, adresse, etc alors que Toshiya le regardait faire, appuyé contre la chambranle de la porte. Il donna au client l'heure du rendez-vous et lui souhaita une bonne fin de journée. Il se tourna ensuite vers Toshiya.
- Bon, je vais m'occuper de toi. T'as des vertiges tu dis?
- Oui, mais ça va aller Kai-kun. Quand j'arrête de faire des efforts, ça va mieux.
Kai fronça les sourcils d'un air profondément fâché avant de faire semblant de ne pas l'avoir entendu. Il se dirigea vers la grande armoire de Mana et regarda un instant à l'intérieur avant d'en sortir un paquet d'un geste sûr. Il le tendit à Toshiya et lui rempli un verre d'eau.
- Avec ça, tu devrais aller mieux après.
- Vous voulez tous me droguer, hein, c'est ça votre but!
- C'est pas de la drogue ça. Une fois que t'auras gouté, tu diras la même chose que moi. Vu le goût infâme que ça a… Essais de pas tout recracher immédiatement, ajouta-t-il alors que le jeune homme ouvrait le paquet.
Il prit trois cachets et les fourra dans sa bouche. Son expression se figea. Il sembla un instant sur le point de vomir mais se retint. Il posa sa main sur sa bouche et adopta une expression choquée.Il les avala le plus vite possible et regarda le verre d'eau en lançant un regard interrogatif à Kai. Celui-ci acquiesçat gentillement, amusé par la réaction très… expressive de son ami. Toshiya prit le verre et avala son contenu d'un coup alors que Kai lui parlait doucement.
- J'te l'ai rempli pour que tu puisse faire partir ce goût de te bouche après. Même si ça risque pas de partir tout de suite…
Toshiya enfin calmé le fixa d'un regard accusateur et lui balança le paquet.
- T'aurais pu me dire que c'était si infâme, j'aurais pu m'y préparer un peu!
- Mffffff… Mais c'était drôle là… Et puis de toute façon, tu n'aurais jamais cru que quelque chose pouvait être dégueulasse à ce point.
- Probable… en tout cas, t'as raison sur un point, c'est pas de la drogue. Ou bien pour les sados-masos et encore… Les sados-masos aimant vomir, t'en trouve pas partout! Raah! C'est vraiment infect… Comment peut-on faire quelque chose d'aussi dégueulasse! C'est introuvable dans la nature! J'me demande de quoi c'est extrait…
Alors que Kai ouvrait la bouche pour lui répondre Toshiya envisagea quelques possibilités qui lui donnèrent la nausée et il s'empressa d'interrompre son ami d'une voix terrifiée:
- Iie11, Kai… En fait j'crois que je préfère ne pas savoir… enfin de compte, je serais beaucoup plus serein si je vivais dans l'ignorance de certaines choses…
Kai lui sourit une nouvelle fois avant de lui ordonner d'aller se coucher en lui expliquant qu'il avait encore du travail. Toshiya étonné lui demanda quand il arrêtait de travailler, quand il se reposait.
- Le matin je dors un peu… Mais je n'en ai pas spécialement besoin. Tu sais, les drogues enlèvent l'envie de dormir parfois…
Toshiya lui sourit et retourna docilement dans la chambre. Il referma la porte et alla s'étaler sur le lit. Il resta les yeux grands ouverts à écouter tous les bruits qui pouvaient lui parvenir. Il ne pouvait pas dormir. Il était persuadé que s'il fermait les yeux, tout allait lui revenir à l'esprit. Sur le dos, son regard se perdait dans le noir. Quand Kai revint le chercher, il jouait nerveusement avec sa bague, la faisant rouler entre ses doigts. Kai lui sourit et alla tirer les rideaux. La nuit se retirerait bientôt là bas… Mais ici, tout était toujours éclairé d'une lumière froide. Pas de ciel ici.
- Ils sont revenus, tu viens les voir? Demanda le brun qui lui souriait d'un air soulagé.
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Le jour commençait délicatement à se lever. Cela ferait bientôt 24 heures qu'il était là. Bientôt tout serait fini. Il sourit. Cette fois-ci, il s'était réveillé avant Lui. Il ne voulait pas bouger afin de Le garder ainsi. Endormi, la tête posée sur son torse. De Ses bras, Il le retenait contre Lui. Reita avait posé sa main dans Ses cheveux et y avait délicatement emmélé ses doigts. Ne pas bouger. Juste le regarder. Il semblait presque serein ainsi, endormi comme un petit bébé. Au bout d'un moment, Il remua légèrement. Un léger gémissement vint franchir ses lèvres, accompagné d'un "j'ai froid" à peine compréhensible. Reita le prit un peu plus dans ses bras pour le couvrir mieux. Gackt leva la tête vers lui d'un air surpris et l'ombre d'un sourire passa sur ses lèvres. Puis il fronça les sourcils en apercevant le soleil qui se levait. Il se redressa un peu mais Reita gardait ses bras autour de lui, semblant refuser de le lâcher. Gackt le regarda d'un air à présent amusé.
- Reita-kun… Tout cela est bientôt fini, il faudrait que je puisse m'habiller…
- Demo…Gackuto-san… Je vais mourir bientôt vu que tout cela va finir…Tu vas me faire tuer… Alors s'il te plaît…
- Iie. On a plus le temps, Reita…Onegai, ne me tente pas trop… Je m'en voudrais après… et je déteste quand je m'en veux
Il Se dégagea des bras de Reita et Se redressa après lui avoir adressé un sourire contrit. Il lui tourna le dos pour Se diriger vers Son bureau sur lequel Ses affaires étaient entassée et commença à se rhabiller.
- Qu'est-ce que c'est le temps pour quelqu'un qui va mourir, tu le sais ça Gackt?
Il s'arrêta brusquement mais ne se retourna pas. Il releva la tête et son regard se perdit au loin. Reita avait baissé les yeux. Il savait que l'Autre ne lui portait aucun intérêt mais le fait qu'il ne le regarde plus était pénible à supporter. Je ne peux exiger que tu ne regardes que moi, malheureusement… Mais sache que si je le pouvais, je le ferais. Il sentit Gackt faire demi-tour et Se diriger vers lui d'un pas calme. Il Le sentit s'accroupir en face de lui et il sentit Sa main passer sous ses cheveux qui lui tombaient sur le visage pour venir lui caresser la joue.
- Désolé pour tout Reita… Je regrette de t'avoir fait tout cela… Je n'aurais peut-être pas du finalement… Mais je dois voir quelqu'un. Tu peux rester tant qu'il sera là, même si je pense que ça serait mieux pour toi que tu partes… Enfin, tant que je suis avec lui, tu peux rester. Je n'ai rien à craindre de lui.
Reita crut que son cœur manquait un battement. Il eut l'impression qu'on le lui arrachait. Tu regrettes?! Il se sentit plein d'une nouvelle haine envers l'homme qui se tenait en face de lui. Une haine qui avait des raisons totalement différentes que celle qu'il ressentait avant mais qu'il éprouvait exactement de la même manière. Il redressa la tête avant de planter son regard dans le Sien.
- Désolé de te faire tout regretter. Je ne pensais pas avoir été si mauvais que ça…
Gackt le regarda d'un air surpris avant de Se reprendre.
- Eto, iie, c'est pas ce que je voulais dire.
- Mais tu l'as dit.
Le ton de Reita était froid, cassant. Sans réplique. Il se releva brusquement et regarda la porte.
- Tu peux dire à tes gardes de me ramener à ma cellule ou bien de me tuer, s'il te plaît? Je n'ai pas spécialement envie de rester là plus longtemps.
Gackt poussa un soupir avant de se relever à son tour. Il se dirigea vers une armoire. Reita fixait toujours la porte. Il avait décidé de ne plus bouger jusqu'à ce qu'elle s'ouvre. Gackt se rapprocha doucement de lui et lui posa un léger yukata sur les épaules.
- Tu vas pas sortir nu quand même…
Reita ne bougeait toujours pas. Gackt soupira et commença à le lui enfiler. Reita réalisa, mais un peu tard, qu'il aurait mieux fait de le mettre tout seul. Gackt se collait à lui le plus possible et laissais ses mains le frôler plus que nécessaire. Reita serra les dents avant de lâcher dans un souffle :
- Tu veux que je te saute dessus encore une fois ou quoi?
Gackt se permis de sourire au ton énervé de son amant.
- Je préfère ça à ton indifférence… Quoi que ça n'est pas le l'indifférence, c'est plutôt de la frustration… Mais j'aime pas ça Reita…
Celui-ci se taisait. Il tentait de garder le contrôle de lui-même. Gackt le fixait toujours, sans cesser de lui passer le yukata. Il faisait en sorte de ne pas poser les yeux sur ce visage trop parfait mais il devinait les longues mèches de cheveux qui lui tombait autour du visage. Il aimait décidément trop ces cheveux. Gackt tenait les deux bout de la ceinture entre Ses mains et Il le regarda d'un air amusé. Il fit ce qu'Il était obligé de faire pour lui l'attacher dans le dos. Quand Il eut les bras passé autour de sa taille, leur position était des plus ambiguë. Enfin elle ne semblait pas l'être dans l'esprit de Gackt qui Se frottait doucement à Reita. Quand Il eut fait le nœud, Gackt ne recula pas. Reita regardait toujours un point derrière Son épaule. Ne pas réagir. Non. Rester ainsi. Ne pas Lui faire le plaisir de Lui céder. Gackt finit par Se placer franchement devant lui. Reita continua de regarder droit devant lui. Comme si la forme qui était apparue devant ses yeux n'était pas importante et qu'il voyait à travers. Gackt fronça les sourcils de mécontentement et pressa Sa bouche sur la sienne. Il dut forcer le passage pour que Reita consente enfin à ouvrir légèrement les lèvres pour qu'il puisse y passer sa langue. Il dut aussi aller chercher celle de Reita et tous ces efforts L'énervaient. Sans lâcher sa bouche, Ses mains partirent à la recherche de son corps sous la fine toile du yukata. Il sentit la bouche de Reita s'étirer en un sourire contre la Sienne. Il recula alors, vexé, pour le regarder d'un air interrogateur.
- Tu es sûr que ça servait à quelque chose que tu me mettes le yukata?
Le yeux de Reita qui Le regardaient enfin riaient. Gackt fronça les sourcils et se détacha du corps de Son amant. Celui-ci prit un air de bête blessée et lui jeta un regard par en-dessous.
- Tu m'en veux?
Gackt ne put s'empêcher de rire et le prit dans Ses bras pour l'embrasser. Quand Il se rendit compte de Son geste, Il recula brusquement en Se plaquant la main sur la bouche. Reita ne comprit pas sa réaction et pencha la tête sur le côté d'un air étonné. Gackt fit non de la tête avant de reculer un peu plus.
- Je n'aurais pas dû… Non, c'est mal… désolé…
Reita fronça les sourcils et tenta de métriser tant bien que mal la colère qui commençait à refaire surface en lui. Il serra les poings, les desserra. Il se rapprocha de Gackt. Celui-ci comprit en croisant son regard que ça serait de toute manière inutile d'essayer de reculer. Et puis Il n'en avait pas envie. Il aurait du mais Il ne voulait pas. Reita Le fit reculer contre le bureau. Sans Le brusquer mais sans douceur aucune. Quand il L'eut ainsi bloqué, il posa les mains sur Ses hanches et colla sa bouche sur la Sienne. Toujours sans la moindre bienveillance. Reita ne faisait ça ni pour Lui faire plaisir, ni pour se faire plaisir, mais juste pour lui prouver que si Lui ne prenait pas les devants, il le ferait à Sa place. Et Il le savait. Il ouvrit la bouche et laissa passer Sa langue pour l'enlacer à celle de Son amant. Ils fermèrent les yeux sous la caresse sans s'en rendre compte. Gackt passa Ses bras autour du cou de Reita. Ils restèrent un instant ainsi. Puis Il mit calmement fin au baiser, un sourire contrit aux lèvres.
- Arigatô Reita-kun…
Il le repoussa ensuite gentiment et passa derrière lui pour lui remettre bien la ceinture de son yukata. Ce fut fait plus rapidement que la première fois. Quand il eut finit, Gackt passa Ses bras autour de sa taille posa Sa tête sur son épaule.
- Tu veux partir tout de suite?
- Iie.
Gackt eut un petit sourire et Se décolla de Son amant. Il s'assit ensuite sur le bord de Son bureau. Reita Le regarda un instant avant de Lui faire remarquer qu'Il était torse nu. Gackt vérifia et releva la tête vers son amant d'un air surpris.
- En effet… Ça te gène? Demanda-t-il avec un sourire.
Reita le regarda encore avant de faire semblant de réfléchir sérieusement.
- Iie, finit-il par répondre.
Les deux se souriaient et soudain, Gackt tourna la tête.
- Daisuke, enfin te voilà…
Le nouveau venu gardait la tête baissée. Quand Gackt lui dit de relever la tête, son regard croisa celui de Reita. Celui-ci frémit. Vides. Ses yeux étaient vides. Bien sûr, il avait des yeux mais ils ne vivaient pas. Mais lui, vivait-il seulement? Il ne bougeait pas et regardait Gackt, l'air attentif. Il ne Le quitta pas des yeux alors qu'Il allait s'asseoir à Son bureau. Reita prit le temps de le détailler veste et cravate blanches sur une chemise noire, pantalon blanc, chaussures blanches. Il semblait que ses yeux se cachaient sous ses cheveux noirs mais sont regard bleu électrique ne laissait pas indifférent. Il glaçait le sang. Qu'est-ce qu'on pouvait bien lui avoir fait pour le rendre comme ça? Y avait-il quelqu'un là-dessous?
- Daisuke j'ai une mission pour toi.
Il ne dit rien. Attendant qu'Il continue. Gackt lança un regard désolé à son amant avant de continuer sans plus lui prêter attention.
- Tu as quelqu'un a tuer. Il a un garde du corps. Ne t'approche pas de son garde du corps. Tue-le lui et reviens immédiatement. Si jamais ils te prennent, tu te tues. Il y aura probablement beaucoup de monde autour de lui. Je sais que tu en es capable, sinon je ne te demanderais pas de le faire.
- Qui est-ce?
Gackt lui tendit une pochette. Il la prit sans l'ouvrir. Et garda son regard fixé sur Gackt. Celui-ci le regarda un instant, pensif, puis se redressa.
- Et j'aurais un service à te demander avant… Deux gardes vont venir chercher cet homme, fit-il en désignant Reita. J'aimerais que lorsqu'ils l'auront mis dans sa cabine et qu'il auront fermé la porte, tu les tue. J'aimerais qu'ils ne se doutent de rien, le mieux serait qu'ils ne sachent pas que tu es là. S'ils tentent de faire autre chose que de le ramener dans sa cabine, tue-les immédiatement. De la manière dont tu veux, tant que ça n'est pas trop bruyant. Et débarasse-moi les corps, merci.
- D'accord.
Il s'éclipsa aussi rapidement qu'il était arrivé. Reita n'y prêta même pas attention. Il fixait Gackt d'un air ahuri. Celui-ci lui sourit avant de se pencher vers l'interphone de son bureau pour appeler les gardes. Quand ils entrèrent dans la salle, Reita les dévisagea. Il ne les connaissait pas. Leur mort ne l'affectait pas. Ils le trainèrent à sa cellule sans un mot. Alors qu'ils refermaient la porte, Reita perçut des cris étouffés. Il ne ressentait toujours rien. Et alors que ses pensées dérivaient dans la noirceur de sa cellule, il se demanda s'il n'était pas, lui aussi, devenu un monstre.
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Aoi tournait en rond dans la pièce. Toshiya le regardait d'un air désolé. Nero qui semblait réfléchir à quelque chose depuis un instant leva la tête.
- Je connais un tatoueur si tu veux Aoi…
- Comment ça?
- On pourrait te faire tatouer quelque chose par dessus la marque. Ça simplifierait tout…
- Eto… tu crois que c'est possible de la cacher sous un tatouage?
- Pas la cacher Aoi… La faire disparaître à jamais… Tu serais partant? Je ne te promet rien par rapport à la réussite…
- Je suis partant. Eto… Kai? Tu le ferais avec moi?
- Hai.
Kai souriait. Apparemment, il n'avait pas pensé avant à faire disparaître cette marque. Elle était en lui. Elle était lui. Sa vie là-bas. Sa vie avec Reita. Sa vie avant. Avant ça. Aoi était conscient qu'il leur faudrait un moment avant de s'habituer à cette fausse liberté. A cette nouvelle prison. Mais au moins celle-là n'était plus en or. Nero semblait comprendre tout ce que cette marque représentait pour eux. Mais il semblait déterminé à les en séparer une bonne fois pour toute. Aoi lui en était reconnaissant. Le fait qu'il les y pousse lui ôtait le besoin d'y réfléchir. Ne plus réfléchir à tout ça. Et accepter les choses. Dans la petite pièce, tous le regardaient, attendant qu'il se prononce. Jui le regardait intensément. Il détourna vivement le regard. Ses yeux se plantèrent dans ceux de Tatsurou qui semblait lui demander s'ils avaient fait tout ça pour rien. Son regard croisa ensuite celui de Kyô qui paraissait compter sur lui pour venger la mort de Reita avant de se poser sur Kai. Celui-ci semblait attendre son approuvation. S'il refusait de continuer, ça serait nier leur cause. Et que quelqu'un qui a vécu lui-même ce genre de chose contre lesquelles ils se battent nie leur cause serait pire que tout. Les yeux noirs de Aoi fixèrent à nouveau ceux rouges de Nero. Il lui sourit avant de lui demander simplement :
- Quand pourra-t-on le rencontrer ce tatoueur?
Nero lui sourit sans lui répondre. Aoi n'attendait pas spécialement de réponse. Au plus tôt, sans aucun doute. Sa question n'était qu'un acquiscement à la demande générale. Il ne pouvait plus arrêter maintenant de toute manière. C'était se battre ou mourir. Et il ne voulait pas mourir. Il refusait la mort de tout son cœur. A présent, il n'avait plus d'autre choix que de se battre. Pour pouvoir retrouver Ruki un jour. Le petit blond lui manquait atrocément. Mais il refusait de le laisser paraître.
- Je peux aller prévenir Hide12 de la venue de nouveaux clients si tu veux Nero, proposa Jui.
- Arigatô, ça serait sympa…
- Je suis toujours sympa.
Sur ce, Jui se leva et sortit sans un mot. Nero se passa la main dans les cheveux avant de déclarer qu'il devait partir. Les autres acquiescèrent et il sortit à son tour de la pièce. Kyô regarda autour de lui puis son regard se posa sur Kai. Il lui sourit.
- Dis Kai, je peux dormir là cette nuit?
Kai lui sourit en opinant. Puis, il regarda les personnes assemblées dans la pièce.
- Alors? Combien on est ce soir?
- Eto…
Le regard de Die se promena à son tour dans la pièce.
- Je crois qu'on est sept si personne ne s'incruste en plus…
Kyô lui lança un sourire étincelant. Kai se leva avant de déclarer qu'il allait faire le repas. Toshiya le suivit pour l'aider. Mana sortit de la pièce à leur suite, ne prenant pas la peine de trouver des excuses inutiles. Il allait probablement s'occuper de clients opportuns. Aoi se laissa tomber sur le canapé à côté de Tatsurou. Il recroquevilla les genoux contre sa poitrine et commença à se balancer doucement. Lorsque la sonnette de l'appartement retentit, ils se regardèrent un instant avant que Die se dévoue pour aller ouvrir. Il mena le nouveau venu vers la pièce où ils étaient regroupés. Aoi en le reconnaissant se releva immédiatement.
- Uruha!
Celui-ci lui sourit en se passant la main dans les cheveux d'un air gêné. Puis, il regarda les personnes qui le regardait d'un air surpris avant de poser à nouveau son regard sur Aoi avec un air inquisiteur.
- Désolé, il a voulu rester là-bas… C'est pour ça que t'es venu?
- Hai… Enfin, en partie… J'ai décidé de venir quand j'ai su que t'étais là, j'aurais aimé vous aider… Si je le peux…
- Oui! Bien sûr! Je demanderais à Nero pour toi.
- Nero? C'est lui qui dirige tout ça?
- Hai. Tu le connais?
- De loin… Remarque je le vois bien en dictateur, ça lui va pas mal…
Aoi lui sourit et lui proposa de rester avec eux. Uruha accepta chaleureusement la proposition et Die passa dans la salle attenante qui s'avérait être la cuisine pour prévenir qu'il y avait une personne de plus. Il stoppa un instant sur le seuil de la porte quand il l'eut ouverte. Il entra un instant pour lui expliquer la situation et ressortit un léger sourire aux lèvres.
- Mais bien sûr Toshiya que tu es là pour aider Kai… Enfin, essaie de pas trop le déconcentrer, j'aimerais bien pouvoir manger ce soir moi!
Les autres le regardaient d'un air surpris mais il s'assit sans un mot de plus après avoir refermé la porte. Ils attendirent en silence. Presque. Uruha regardait tout le monde, mal à l'aise, il semblait se demander ce qu'il faisait là. Au bout d'un moment, il se tourna vers Aoi et lui demanda ce qu'il faisait là. Le brun lui déclara que Reita avait été tué. Tout le monde baissa la tête alors que Uruha levait un sourcil, surpris. Lui ne connaissait pas la réalité sur Reita. Aoi lui résuma la situation. Uruha acquisçait. Ils étaient parti à discuter sur les différents moyens de mener l'assaut principal quand Toshiya arriva avec les plats, suivit de près par Kai qui portait les assiettes sur une main dans un équilibre précaire. Personne ne prononça un mot avant qu'il ne les pose sur la table basse. Il s'installèrent ensuite sur un des canapés laissé vide. Le regard moqueur de Die passait furtivement sur les deux jeunes hommes. Au bout d'un moment, Toshiya n'en pouvant plus se tourna vers lui.
- Bon, Die, t'arrêtes maintenant! Je crois pas que je puisse supporter ça toute une soirée…
- Nani13? Fit le roux d'un air innocent.
- Tu sais très bien de quoi je parle.
- Mais quoi Totchi? C'est le scoop du siècle!
- Si tu le dis, permet-moi quand même de douter de tes qualités de journaliste dans ce cas.
Le ton froid de Toshiya était tout ce qu'il y a de plus lassé et découragé. Pour prouver qu'il se fichait de se que pensait Die, il se colla un peu plus à Kai. Se blottissant presque dans ses bras. Tous les regards étaient fixés sur eux, complétement stupéfiés pour la plupart. Mana entra à ce moment-là, prit une assiette et ressortit après avoir adressé à Kai ce qui pouvait sembler être un sourire que celui-ci eut à peine le temps de lui rendre. Tatsurou qui venait de finir son assiette demanda s'ils avaient l'intention de sortir ce soir. Aoi fit signe que non. Kai de même. Die fit remarquer que lui bossait. Toshiya annonça qu'il devait retourner Là-bas pour récupérer ce à quoi il tenait et le jeune homme qui se tenait contre lui le regarda d'un air inquiet qu'il fit semblant d'ignorer. Kyô sourit au garde du corps avant de lui proposer de lui faire visiter les meilleurs coins du quartier. Uruha leur demanda s'il pouvait se joindre à eux. Se fut d'un ton joyeux qu'ils acceptèrent. Plus ils seraient nombreux, moins ça serait dangereux. Ils descendirent dans les rues que la lumière artificielle éclairait à peine. C'était le soir. Ils avaient presque tout éteint. Tatsurou s'étonna un instant de la facilité avec laquelle le petit brun les menait dans ces rues plus que sombres. Mais avoir toujours vécu dans cette ambiance devait y être pour quelque chose. Lui et Uruha n'osaient rien dire. Des ombres les effleuraient, les regardaient passer. Impossible de distinguer qui que ce soit ici. Les ténèbres avaient trouvé asile ici puisque le quartier des plaisirs leur était formellement interdit. Tous les rebuts de la société étaient là. Quand Kyô s'arrêta, ils étaient devant une grande maison. Il leur sourit avant de leur montrer une petite porte qui semblait mener à la cave.
- Voici la grande maison de la débauche. Quand vous sortirez d'ici –si vous acceptez d'y entrer- vous serez totalement dépravé… Jui demande à ce qu'on l'appelle la maison de Jui. C'est vrai que le bâtiment est à lui, mais ici personne ne dirige personne. Chacun est là de son plein gré. N'entrez que si vous êtes conscient de ce à quoi vous vous risquez…
Les trois hommes entrèrent d'un air déterminé. L'intérieur donnait bien et semblait entretenu. En voyant Kyô, quelqu'un se rapprocha du groupe et le salua chaleureusement.
- Tu ramènes des nouveaux? Jui les connaît? Sinon, va lui les présenter…
- Il en connaît un, mais j'avais l'intention d'aller le voir de toute manière.
Il s'éloigna pour retourner s'asseoir au bar. Kyô leur fit signe de les suivre. Ils descendirent à l'étage inférieur par un escalier exessivement éclairé. Après avoir slalomé entre les couples et les personnes discutant entre elles, ils finirent par apercevoir Jui à l'autre bout de la salle. Kyô le hella. Celui-ci lui fit un grand signe de la main et abandonna son compagnon pour venir les rejoindre. Il embrassa délicatement Kyô sur le coin des lèvres, serra avec un grand sourire la main de Uruha alors que Kyô le lui présentait et sauta au cou de Tatsurou. Celui-ci ne parut pas gêné et lui passa un bras autour de la taille. A cette réaction, Jui lui lança un regard étonné avant d'adopter un sourire satisfait.
- Désolé Uruha, je crois qu'on va s'absenter un peu Tatsurou et moi. J'espère que tu vas trouver de quoi te plaire. Et si tu trouves, les chambres à l'étage ne servent pas à rien. Kyô, tu dois avoir quelqu'un à retrouver, ne14? Désolé de ne pas m'occuper de toi ce soir…
- C'est pas grave Jui… Tant que tu ne m'oublies pas…
- Aucun risque.
La main de Jui glissa dans celle de Tatsurou avant de l'entrainer vers l'escalier. Kyô sourit à Uruha avant de l'entraîner vers le bar pour lui présenter des amis.
oOo
Tes mains sur mon corps ne me troublent même pas. Je n'ai pourtant pas l'habitude de ce genre de choses. Je crois que tout à changé. Tout est différent ici. Tout est étrange ici. Tout est étrange avec toi. Tout est étrange dans mes sentiments pour toi. Je ne ressens même pas l'envie de te demander de n'être qu'à moi. Je voudrais juste que tu ne m'oublies pas. Parce que c'est la seule chose que j'ai envie de toi après tout cela. Quand je t'aurais pris, je ne suis pas sûr que je voudrais recommencer. J'aime ta façon de penser, de voir la vie et la mort, de considérer le monde, le ghetto, mais je ne peux pas t'Aimer. Je ne réussis plus à aimer depuis qu'Il me l'a pris. Mais je ne voudrais pas que tu le saches. Que tu n'aies que cette image de moi. Cette image d'homme très indifférent. Tu me trouves intéressant parce que tu me trouves dangereux. Mais il vaut mieux que tu continues à me voir comme ça. Que tu te rappelles de moi ainsi. Mais les choses ne seront pas ainsi. Parce que tu vas m'oublier. Tu n'es pas le genre à t'encombrer de souvenirs inutiles. Et ça me rend triste. Mais on ne peux pas obliger à faire ce qu'ils ne veulent pas. Ils ont toujours le choix. Du moins, c'est ce que j'ai cru. Je n'y crois plus. Mais je ne peux pas obliger les autres. Je ne supporterais pas d'utiliser Ses méthodes. Je les connais trop bien. Le mal qu'elles font. Le mal qu'elles lui font. Et le mal qu'elles me font. Parce que c'est ainsi. Toi je ne pourrais jamais t'obliger à faire quoi que ce soit. Et je crois que même lui ne pourra t'obliger à faire ce qui te déplaît. Mais s'il te plaît pour l'instant laisse encore tes mains parcourir mon corps. Ensuite, je prierais pour rester en ton souvenir. Aussi longtemps que possible. Ne m'oublie pas tout de suite. On m'a déjà oublié une fois. Et c'est pour cela que mon cœur a été arraché. Même si ça n'était pas volontaire. Alors touche-moi pour une nuit. Aime-moi pour une nuit. Je t'aimerais juste cette nuit. Parce que je ne suis pas capable de plus. Je t'aimerais et je te prendrais. Et ne m'oublie pas. Souviens-toi de moi toute ta vie. Kudasai…
oOo
Les fers lui irritaient les poignets. Il remuait mais impossible de trouver une position confortable. Il avait entendu des gardes passer dans le couloir le matin. Quelle heure était-il maintenant? Aucune idée. Ils étaient tous les deux morts. Les gardes. Il l'avait sentit. Pourquoi les avait-Il fait tuer? Pas plus d'idée. Un prisonnier anonyme. Qui devait le rester. Peu lui importait. Il aurait mieux fait de partir avec les autres. Il avait été désigné comme coupable. Il n'aurait pas du rester. Quel moyen allait-Il trouver pour le punir? Il s'en fichait. Qu'Il le punisse. Et qu'Il le laisse sortir. Qu'Il le laisse sortir. Mais le silence l'oppressait. Il n'en pouvait plus. Mais parler au prisonnier qui était dans la cellule à côté de la sienne risquait de le mener directement à la mort. Mais de toute façon il en avait assez d'avoir sans cesse peur. Qui cela pouvait bien être? Quel genre de prisonnier? Le connaissait-il? Connaissait-il quelqu'un que lui-même connaissait? L'avait-il déjà aperçu? Il allait vite le savoir.
- Hey! T'es qui?
Un silence lui répondit. Silence qui lui parut hostile. Ou stupéfié. Mais il n'allait pas se laisser décourager si vite. Il s'était lancé et continuerais dans son élan.
- Tu dors? Tu veux pas répondre? T'es mort? T'agonises? …… Il t'a arraché la langue?!
- Ruki? C'est toi? Qu'est-ce que tu fous là?
Ce fut au tour de Ruki de ne pas répondre. Il se maudit un instant d'avoir parlé. K'so! J'aurais mieux fait de me taire finalement… S'il ne se trompait pas et qu'il avait bien reconnu la voix, il avait parlé à un mort. Il était sûr de ne pas s'être trompé. C'était sa voix. Aucun doute là-dessus. Sois c'était lui, sois quelqu'un qui s'amusait à l'imiter. Mais dans un lieu comme celui où ils se trouvaient un être de constitution normal n'aurait même pas eu l'idée de pouvoir s'amuser à quoi que ce soit. C'est pour cet raison qu'il se permettait d'affirmer que l'Autre n'était pas normalement constitué.
- Ruki?! Tu veux pas répondre? Je me plante pas, je sais que c'est ta voix;
- Reita, t'es mort.
Il y eut un silence. Qui semblait amusé. Il entendit Reita pouffer de rire avant de se reprendre.
- Eto… J'ai demandé à Toshiya de vous dire ça afin que Gackt ne puisse pas manipuler Aoi… Je suis désolé… Comment allait-il la dernière fois que tu l'as vu?
- C'était juste après qu'on lui ait annoncé ta mort… Il était trop bizarre. Ça n'était plus Aoi. Aoi est doux. Là, il a rapidement séché ses larmes avant de promettre de te venger comme il pouvait. Il veut Le tuer… Mon petit Aoi tout gentil s'est transformé… Je sais pas ce qu'il lui est arrivé…
Le silence se prolongea. Ruki pensait à Aoi. Reita se demandait comment il pourrait sortir de là. Mais il ne cherchait pas vraiment. Il ne voulait pas sortir de là. Et si jamais Gackt ne voulait pas venir le chercher, il voulait moisir ici. Mourir ici. Sans que personne n'ait conscience de sa présence. La voix de Ruki perça à nouveau l'obscurité.
- Je veux sortir. Sinon il va encore me punir. Je veux sortir. J'aurais du fuir avec Aoi mais j'ai trop la frousse. Je ne sais pas m'engager. Je suis un trouillard…
Reita ne disait rien. La voix de Ruki était faible. Un murmure apeuré. Comme s'il souhaitait ainsi appuyer ses dires. Le silence se réinstalla.
- Je peux essayer quelque chose si tu veux, mais je ne pense pas que ça marchera, je veux pas te donner de faux espoirs…
- Kudasai…
Une plainte à peine audible dans la gorge du petit blond mais qui semblait pleine d'espoir. Reita hurla un mot. Qui ressemblait à un nom. A une supplication. Puis il y eut un nouveau silence. Qui se prolongea encore. Plus longtemps. Puis soudain une voix glaciale perça le silence.
- Qu'est-ce que tu veux? Qu'est-ce qui te prend de m'appeler maintenant? C'était pas mon nom que tu hurlais pourtant dernièrement…
Un ton plein de reproches. De haine refoulée. De tristesse aussi. Une voix que Ruki n'aurait pas pu oublier même s'il l'avait voulut. C'est vrai qu'il s'appelait Hara en vrai. Mais qui s'en souvenait? Reita apparemment. Et le dénommé Hara lui en voulait.
- Ça n'est pas pour moi que je t'appelle. Ruki veut partir. Kudasai…
- Je ne peux pas faire ça, ça me mènerais à ma perte. Si je me faisais attraper…
- Hara, vu dans quoi tu t'es engagé, je te déconseille fortement de ne pas te faire prendre…
- Toshiya… Kudasai…
- Ruki?! T'es là? Kami-sama! Il veut te punir pour l'évasion de Aoi?
- Eto… Hai… Et puis pour ta fuite et celle de Tatsurou aussi…
- Bon, j'ai pas vraiment le choix. Si je veux pas que tu meurs, je peux pas te laisser là.
Reita sourit dans l'obscurité. Toshiya passa dans la cellule attenante pour y détacher le blond qui y était enfermé. Mais il y avait un problème. Maintenant, Ruki savait qu'il était vivant. Et s'il rejoignait les autres, il leur dirait peut-être. Sûrement.
- Ruki… S'il te plaît, ne leur dit que je suis en vie… Je dois rester mort pour ceux pour qui je le suis… Hara, s'il te plaît, toi non plus ne leur dit rien.
- A mes yeux tu es réellement mort Reita, répondit Toshiya d'un ton glacial
- J'aurais aimé pouvoir parler avec toi Toshiya. T'expliquer pourquoi j'ai fait tout cela. Peut-être qu'en discuter m'aurait permis de comprendre moi-même… Je suis désolé de vous avoir menti. De vous avoir trompé. De vous avoir trahi. Sumimasen… Et merci de sauver Ruki.
- Ça n'est en aucun cas pour toi que je le fais.
Là-dessus le silence retomba. Reita les entendit se perdre dans les ténèbres. Toshiya lui en voulait atrocément. Mais t'en pis. Maintenant, Ruki aussi était sauvé. Les choses se passaient si vite. Tout cela lui semblait irréaliste. Il avait du attendre tant d'années. Et maintenant qu'il était hors-jeu, tout se mettait en place comme par magie. S'il avait su qu'il lui suffisait de disparaître pour que tout commence enfin, il aurait disparut plus tôt. Peut-être.
oOo
Tatsurou se leva en douceur. Jui grogna mollement et resserra son étreinte autour de sa taille. Le brun passa sa main dans les cheveux blonds et un léger sourire affleura sur ses lèvres. Et alors que son mal de tête le reprenait, il demanda à Jui de le lâcher. Celui-ci lui lança un regard attristé.
- Sumimasen. Je dois aller chercher Kyô. Il faut qu'on rentre… Mauvais pressentiment…
- Vas-y alors… C'était vraiment sympa avec toi Tatsurou, on recommence quand tu veux…
- Arigatô.
Il attrapa ses vêtements, se rhabilla en vitesse et sortit après avoir posé un léger baiser sur les lèvres du blond. Il descendit les escaliers à toute vitesse, manquant de tomber à chaque tournant. Il arriva en bas essouflé et son regard se dirigea vers le bar. Il y vit Kyô qui discutait avec le serveur, étalé dans les bras d'un jeune homme. Il se dirigea vers lui. Kyô le regarda avec étonnement ne s'attendant visiblement pas à le revoir si rapidement.
- Kyô, je dois rentrer le plus rapidement possible. C'est possible d'aller plus vite que quand on est venus?
- Hai demo… Pourquoi?
- Pour Aoi. J'ai un sale pressentiment et je déteste ça parce que mes impressions sont souvent bonnes…
Kyô fronça les sourcils et se tourna vers le serveur. Celui-ci acquiesça et regarda Tatsurou un instant avant de lui parler.
- La porte de derrière. Kyô va venir avec toi parce que pour se repérer si tu connais pas c'est compliqué. C'est quasiment sans danger. Grouillez-vous.
Kyô était déjà sortit des bras de son amant et se dirigeait vers une petite porte. Tatsurou se pressa de lui emboîter le pas. Uruha qui venait de les apercevoir qui partaient les suivit d'un pas rapide. Il lui demanda d'un air inquiet ce qui se passait. Tatsurou se contenta de lui répondre sans lui donner d'explications.
- Aoi est en danger.
oOo
oOoOo
oO à suivre Oo
oOoOoOo
oOoOo
o
°
+° Nyouh! Nyouh! °+
Nyah!
Je pars en cacahuète et tout le chapître avec moi! Toute
l'histoire tant qu'on y est! Le début de ce chapitre est un
lemon géant, j'en suis désolée. Euh… Nan en
fait La fin aurait pu l'être aussi si j'avais pas eu la
flemme''' Lu'chan m'a dit que je pouvais faire ce que je voulais
dans cette fic parce que c'était du pur free-style et
Hika-chan a osé me menacer des pires atrocités si
j'arrêtais… J'ai souhaité préservé ma
vie… Et préserver Hikari d'un meurtre (Je suis heureuse de
te faire aimer Gackt Hika-chan ;p) donc voilà, cacahuète
powa! En espérant que ça vous plaise…
kyu qui est
en totally panne d'idée pour la suite --'''(le 16/ 08/ 06 )
Lexique:
01Koibito:
chéri
02Hai : oui
03demo: mais
04Arigatô demo… : merci mais…
05Eto: euh
06Onegaï : s'il te plaît
07kudasai: je t'en supplie
08gomen: désolé
09 chipatama: tête de teub
10sumimasen: désolé
11Iie: non
12Hide: c'est celui de vidoll, l'ancien lead-guitarist parce que j'ai une photo où il a des zoulis tatouages sur les mimines et où c'est trou mimiii D enfin voilà quoi, c'est pas le grand Hide parce que, personnellement, je pourrais jamais le mettre dans une de mes fics(surtout pas une fic de ce genre ), désolée
13Nani: Quoi?
