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Toute douleur veut être contemplée ou bien elle n'est pas sentie du tout
Chapitre7
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Aoi se dirigeait vers la porte de la chambre d'un pas léger.
- Alors tu pars?
- Hai01.
- Eto02… tu veux pas une dernière fois?
Aoi ne put s'empêcher de sourire. Pour forcer les gens à faire ce qu'il voulait, Jui pouvait changer du tout au tout. Il l'amusait. Après avoir adopté une attitude assurée et charmeuse, il prenait à présent un ton de petit bébé que l'on a envie de caliner. Aoi se tourna vers le blond.
- Jui… Je croyais que c'était moi qui allait faire des histoires…
- Si j'en fais, tu voudras pas en faire! Alors j'en fais… C'est une ruse.
Un sourire immense éclairait ses lèvres. Aoi éclata de rire et retourna s'asseoir sur le lit.
- Tu sais Jui, je crois que si tu continues comme ça, je ne pourrais jamais sortir de cette chambre…
Le blond se leva légèrement et passa ses mains dans le dos du brun avant de se coller contre lui et de lui mordiller doucement l'oreille.
- Tant mieux…
Ses doigts passèrent lentement sous le yukata de Aoi, défaisant la ceinture dans un geste posé. Il le fit se relever et se glissa derrière lui. Ses doigts fins traçant mille et une arabesque sur le torse du brun, puis descendant sur son bas-ventre. Aoi gémit sous la caresse. Il ne bougeait presque pas, laissant Jui tout faire. Il se frottait juste contre lui avec lenteur exaspérante. Le blond grogna. Et accéléra progressivement ses caresses, les faisant de plus en plus insistantes. Les mains d'Aoi glissèrent sur ses bras. Jui le fit se retourner et le plaqua contre lui. Leur bouche n'étaient plus qu'à quelques millimètres l'une de l'autre. Ils sentaient le souffle de l'autre sur leurs lèvres. Leurs yeux ne se lâchaient plus. La bouche de Jui se posa sur celle d'Aoi et peu à peu, leurs langues se lièrent, tournant l'une autour de l'autre dans un ballet effréné. Les caresses de Jui finirent par faire tomber le yukata des épaules du brun. Celui-ci laissait ses mains vagabonder sur le corps de l'autre déjà nu. Peu à peu, le blond glissa le long du corps de son amant, sa langue y traçant cent et milles courbes, ses mains glissant elles aussi le long de son dos, sur ses hanches. Il se trouva à genoux devant le brun et prit son érection en bouche. Aoi ne se retint pas de hurler de plaisir. Les mains du blond frôlèrent l'arrière de ses cuisses avant de revenir se poser doucement sur ses fesses. Les mains d'Aoi étaient emmélées dans les cheveux de son amant. Il avait fermé les yeux, profitant de tout le plaisir que le blond lui donnait. Il finit par se libérer dans sa bouche. Ses mains glissèrent sur son visage, passèrent sous son menton. Il le fit relever la tête alors qu'il se penchait pour l'embrasser à pleine bouche. Jui répondit passionément à ce baiser et s'aggripa aux épaules d'Aoi afin de se relever sans pour autant quitter ses lèvres. Les mains d'Aoi quittèrent son visage et ses bras passèrent autour de son cou afin de le retenir contre lui. Les yeux fermés, Jui laissait Aoi diriger. Mais lorsque le brun s'aggripa à lui et noua ses jambes autour de sa taille, il reprit le contrôle. Aoi se frottait tant qu'il pouvait contre lui et le blond n'en pouvait plus tant il le désirait à présent, son exitation était à son comble. Il finit par le pénétrer en douceur, unissant leur corps en un mouvement. Le corps d'Aoi partit en arrière, retenu seulement par ses mains dont les ongles se plantaient dans la peau de son amant. Jui lui griffant la peau des hanches commença de légers mouvements de va et viens. Aoi poussa de légers gémissement avant de coller à nouveau son torse à celui du blond. Peu à peu, les mouvements de Jui accéléraient, se faisant de plus en plus saccadés, leur deux corps ondulant ensemble, leurs cris s'unissant de plus en plus aigus. Jui finit par se libérer en son amant alors que celui-ci poussait un ultime cri de plaisir et se laissait aller sur son amant, les bras pendant le long de son dos, la tête posée dans le creu de son cou. Jui, essouflé, ne bougeait pas, portant toujours son amant. Il finit par chanceler et décida de l'allonger sur le lit. Il posa doucement un Aoi tout souriant qui le dévorait des yeux et s'étala à côté de lui.
- Alors Jui-kun? Fatigué?
Jui se releva brusquement et le regarda d'un air indigné.
- Moi? Fatigué? N'importe quoi… mais dis moi, t'as l'intention d'en demander toujours plus?
- C'est toi qui a insisté tout de suite! Et puis, en fait, c'est pour savoir si je me rhabille ou bien si tu as encore l'intention de me prendre. Parce que j'ai l'impression que tu prends un malin plaisir à m'enlever mon yukata alors que je viens de le mettre.
- Ça te gène?
- Ça serait plus simple si je ne le mettais pas quoi…
- Ah… Bah pour être honnête, ça sert à rien que tu le remettes tout de suite.
Aoi afficha un sourire satisfait alors que son amant passait sur lui, couvrant à nouveau son corps de baisers.
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Il avait laissé Reita endormi. A présent, il ne quitterait plus sa cellule jusqu'à ce que tous l'aient oublié. Il avait fait preuve de trop de compassion à son égard et Se retrouvait maintenant empêtré dans des sentiments qu'Il n'arrivait plus à nier. Personne ne devait savoir qu'Il avait fait preuve d'autant de faiblesse. Il devait rester aux yeux de tous celui qu'Il avait toujours été et était toujours. Ses yeux d'un bleu presque violet se posèrent sur le jeune homme agenouillé devant Lui. Il le voyait trembler légèrement. Il sourit de Son effet et se pencha vers le jeune homme pour lui caresser la joue. Au contact de Sa main, celui-ci eu un mouvement de recul mais se reprit. La main de Gackt passa sous son menton pour lui faire relever la tête.
- Allons Rame-chan, debout.
Le jeune homme obéit sans un mot. Il gardait les yeux baissé, ses mains aux gants de fine dentelles lissant machinalement sa robe d'un geste nerveux. Les yeux de Gackt se posèrent d'un air absent sur son chapeau à voilette et en retira une fleur. Il la porta doucement à ses lèvres avant de parler.
- Rame-chan, tu vas aller espionner les rebelles.
Il y eut un silence.
- Eto… Je ne suis pas fait pour cette mission monsieur. Vous ne devriez pas avoir confiance en moi monsieur. Je ne suis pas vraiment espion. Vous devriez prendre quelqu'un de plus doué.
- Je ne t'ai pas demandé ton avis. Je n'aime pas qu'on me dise ce que je devrais faire. Et je fais confiance aux personnes sur lesquelles j'ai un moyen de pression.
Il vit avec satisfaction le visage de Rame se décomposer. Le jeune homme qui Le fixait à présent dans les yeux venait de réaliser le pouvoir qu'Il avait sur sa vie. Un sourire assuré s'installa sur Ses lèvres. Il appuya légèrement sur l'interphone du bureau tout en sortant un couteau de son tiroir. Une voix Lui demanda servilement ce qu'il désirait.
- Amenez-le moi.
Le regard de Rame se posa sur la porte. Il ne savait plus ce qui allait se passer. La chose la plus énervante qu'il soit. Mais il ne pensait pas à s'énerver. Ses mains tremblaient frénétiquement. Il était trop stressé, c'était mauvais. Il aurait voulu hurler à Gackt qu'il allait le faire, que c'était bon, mais ses lèvres sèches refusaient de s'ouvrir et aucun son n'aurait de toute façon put franchir sa bouche. Il se sentait paralysé par la terreur et il n'aimait pas ça. Tranquillement assis à son bureau, Gackt y posa les coudes et croisa les doigts en regardant, amusé, la réaction de Rame. Alors que la porte s'ouvrait, il attrapa son couteau et se leva rapidement. Il passa devant le petit brun et se dirigea vers le prisonnier qu'on venait de lui amener. Il ne douta pas que Rame l'ai immédiatement reconnu. Son frère ne se débattit pas quand Gackt l'attrapa par derrière ni quand, lui mettant le couteau sous la gorge, Il le fit avancer brutalement.
- Tu vois Rame, ici c'est moi qui dirige. Je sais que ton frère n'est pas la seule personne à qui tu tiens. Mais il compte pour toi n'est-ce pas?
Rame ne répondait rien. Ses mains crispées sur sa robe tremblaient trop fort. N'importe qui l'aurait remarqué. Gackt fronça les sourcils et appuya un peu plus son couteau jusqu'à ce qu'une goutte de sang perle le long du cou de Son prisonnier.
- Alors tu feras ce que je te dis. Si je n'ai pas de nouvelle de toi et des rebelles tous les trois jours, une personne à laquelle tu tiens mourra ainsi.
D'un geste, il trancha net la gorge du frère de Rame. Il n'y eut pas un bruit, si ce n'est celui de la chair qu'on coupe et du sang qui gicle. Rame ne prononça pas un mot. Il ne bougea pas. Seules ses mains continuèrent à trembler. De plus en plus violemment. Sa seule réaction. Le regard mort de son frère semblait posé sur lui d'un air bienveillant. Ne t'en fais pas grand-frère, je ne ferais rien d'irréfléchi. Alors que Gackt lui faisait signe de sortir, il prit la parole sans la Lui demander.
- Pourriez-vous me rendre la fleur que vous m'avez prise?
Gackt resta interdit et finit par lancer la fleur rose sur le corps. Les yeux de Rame se posèrent enfin sur le cadavre de son frère. Le sang finissait peu à peu de couler de sa gorge ouverte. Les sourcils du jeune homme se froncèrent et d'un bond, il fut devant Gackt, Le tenant par le col. Ses yeux s'agitaient violemment dans leurs orbites. Gackt pensa un instant qu'il était fou mais ce qu'Il lut dans les yeux bleus ciel lui fit comprendre que ce n'était pas le cas. Rame était conscient de ce qu'il faisait, du fait qu'il pouvait Le tuer immédiatement. Mais aussi du fait que s'il le faisait, tous ceux auquels il tenait mourraient.
- Gackuto. Ça ne sera jamais pour vous que je le ferais. Et si jamais j'ai un jour la possibilité de vous tuer, je le ferais immédiatement.
Ses mains lachèrent le corps. Quand elle attrapèrent la fleur sur le corps, elle semblèrent plonger dans le sang. Rame remit la fleur sur son chapeau et sortit sans lancer un regard à Gackt. Lorsqu'elles se posèrent sur la poignée de la porte, ses mains étaient à nouveau agitées de spasmes. Une fois sortit, il se laissa aller, le dos contre le mur. Il aurait aimé hurler de douleur et pleurer tout ce qu'il pouvait. Mais il ne savait pas pleurer. Et ça n'était pas de la douleur qu'il ressentait. Simplement de la haine à l'état pur. Ses pupilles s'étaient rétrécies et n'étaient plus que deux fentes inquiétantes au milieu de ses iris profonds. Pour se calmer, il passa ses mains pleine de sang sur son visage. Le sang avait l'odeur de son frère. Alors qu'il laissait à nouveau ses bras pendre le long de son corps, il serra le poing violemment. Il va me le payer. Lui et tous les autres aussi.
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Mana avait fait une piqure de l'antidote à Daisuke et avait chargé Tatsurou de veiller sur lui. Il voulait qu'il soit le premier que son patient voit. Tatsurou assit en équilibre précaire sur le bord du lit tenait la main de Daisuke et ne semblait pas décidé à la lâcher avant qu'il ne soit réveillé. Mana lui avait pourtant expliqué brèvement que cela risquait de prendre du temps mais le grand brun s'était contenté de hausser les épaules avant de reposer son regard sur le corps endormi du jeune homme. Pour faire passer le temps, il chantonnait, bouche fermée, tout en se balançant légèrement au rythme de la chanson. Si Daisuke se réveillait, il avait promis à Die de les aider au mieux dans leur combat. Même si ça avait été son but au départ. Enfin, son but réel avait été de protéger Aoi comme il l'avait dit à Toshiya. Il se demanda alors où était le brun et se tourna vers Mana qui, assis à son bureau, triait des papiers, en jetant la plus grande partie au feu. La cheminée en piteux état qui flambait derrière lui baigné la pièce d'une agréable chaleur. Il osa enfin parler.
- Dites, vous savez où est Aoi?
Mana releva la tête et le regarda un instant, interloqué avant de se contenter de lui lancer un sourire moqueur. Il savait où était Aoi. Et ça n'était probablement pas dangereux. Sinon, il le lui aurait dit. Mais le médecin ne considérait pas forcément utile de tout dire. Il préférais se taire. Sauf pour les choses importantes.Une autre question harcelait Tatsurou qui finit par se décider à la poser sans savoir s'il allait avoir une réponse claire et précise.
- Est-ce que Dai est resté conscient même pendant l'action de la drogue?
Mana fronça les sourcils et se recula dans son siège. Il ne voulait pas répondre n'importe quoi et finit par acquiescer. Tatsurou eut soudain l'air inquiet et son regard soucieux se posa sur Daisuke. Mana le regarda un instant avant de prendre la parole.
- Je pense que Gackt lui a donné une autre drogue afin qu'il reste conscient… Si tu veux, je peux lui administrer une drogue qui lui fera oublier tout ça…
Tatsurou sembla réfléchir un instant puis déclina l'offre d'un mouvement de menton.
- Je devrais lui raconter s'il oublie. Je préfère pas.
Mana sourit devant la lâcheté du brun qui était plus que compréhensible et se replongea dans ses papiers. Ils n'étaient tous que des hommes vains. Tous lâches. Ainsi au moins, ils pouvaient tous se comprendre.
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Kyô regarda d'un air effaré Jui s'asseoir au bar sans lâcher la main de Aoi. Il leur commanda deux coctails aux couleurs des plus inquiétantes et trinqua avec lui avant de remarquer que le petit brun les fixait. Il lui fit un grand sourire surplombé d'un regard interrogateur. Kyô fit "non" de la tête et plongea son regard dans son propre verre tout en conservant son air presque choqué. Un rire léger passa les lèvres du blond qui lâcha un instant la main d'Aoi pour passer la sienne dans les cheveux sombres de Kyô. Celui-ci fit un bond en arrière en grognant. Aoi lui sourit d'un air contrit avant de lui demander :
- On rentre Kyô-kun?
Celui-ci le regarda un instant et finit par se lever sans un mot. Il se dirigea vers le fond de la salle probablement pour prévenir son amant qu'il partait. Jui tira violemment Aoi vers lui alors que celui-ci suivait le petit brun du regard. Ils se regardèrent un instant. Aoi, l'air complètement ahuri et Jui satisfait de son effet. Le blond finit par l'embrasser avec tendresse avant de lui annoncer qu'il venait avec eux. Quand leur regard se lâchèrent enfin, ils remarquèrent Kyô en face d'eux, les bras croisés qui tapotait du pied en attendant.
- Bon les tourtereaux, on y va?
Jui sembla réfléchir un instant à l'appellation mais il n'eut pas le temps de protester que Aoi le tirait au dehors, à la suite de Kyô. Ils passèrent dans les rues comme une expédition de la plus haute importance, tous trois la tête haute et l'air digne. Kyô avait déclaré que c'était le meilleur moyen de ne pas se faire embêter par les pauvres. Toutes les deux secondes, Jui manquait d'éclater de rire mais à chaque fois la main de Aoi serrait un peu plus la sienne, le faisant se reprendre. Jui lui lança un regard en coin au bout d'un moment. Un sourire forçait le passage de ses lèvres et ses yeux pétillaient de malice. Jui fit la moue. Même avec une attitude qui montrait si ouvertement son hilarité intérieure, Aoi arrivait à rester digne et classe. Au bout d'un moment, Jui entendit quelqu'un l'interpeler. Il se retourna vivement, Aoi le regarda faire et regarda avec surprise la personne qui venait d'interpeler. De longues tresses noires lui encadraient le visage
- Alors Jui, t'as finit par embaucher quelqu'un pour ta maison de débauche? Pas mal, t'as pas choisi la geisha la plus moche.
Il détailla Aoi de la tête aux pieds comme une marchandise. Jui était pétrifié. Aoi sentit le poing du blond se serrer violemment sur sa main. Mais il n'y prêtait plus attention. Il n'était qu'une geisha même pour les gens d'ici. L'autre avait sûrement raison. C'était tout ce qu'il était, même pour Jui, Tatsurou… Même pour Ruki sûrement. Le regard du blond se posa sur le visage décomposé de son ami. Sans qu'il l'ait sentit venir, Jui sauta sur l'homme qui lui faisait face.
- Zero, tu t'avises de me reparler comme ça encore une fois, tu n'es plus de ce monde dans la seconde qui suit. Je t'arracherais moi-même le cœur pour m'assurer que je t'ai bien tué après t'avoir coupé la tête…
Le dénommé Zero ne broncha pas. Il savait que Jui pouvait le tuer à tout instant. Il finit par sourire à Jui avant de se retourner vers Aoi.
- Une geisha avec une salope de première… c'est du jamais vu…
Et sentant les mains de Jui se resserrer autour de son cou, il ajouta :
- Vas-y, tue-moi, je n'attends que ça depuis trop d'année. La mort ne me fait plus peur depuis trop longtemps déjà…
Une voix les interrompit soudainement, surgissant de nulle part.
- Arrêtez de vous chamailler comme des gosses! Ils arrivent! Allez-vous planquer au lieu de jouer!
Jui lâcha soudain Zero, rattrapa la main de Aoi et interrogea Kyô du regard. Celui-ci choisit immédiatement une ruelle sombre et s'y engouffra, immédiatement suivit par les trois autres. Ils la traversèrent, Jui ne cessant de lancer des regards haineux à Zero qui les suivait de près en jetant nerveusement des regards derrière lui. Kyô les fit entrer dans une petite cabane miteuse. Avant d'oser entrer, le brun aux tresses regarda Kyô un instant. Celui-ci lui fit signe qu'il acceptait qu'il se joigne à eux. Jui s'assit un instant avant de se relever brusquement.
- Ma maison! Je suis sûr qu'ils vont y aller! Kyô, laisse-moi sortir, je dois aller les prévenir.
- Non. Le temps que tu reviennes ils seront là, tu n'auras pas le temps de te cacher. Je refuse, désolé.
- Mais il y a Yomi là-bas, il y a Hitsugi et tous les autres.
- Je m'en tape de tous les autres, toi tu es là, y aller ne les sauvera pas mais te tuera toi. Je refuse.
Alors que Jui s'apprètait à nouveau à argumenter, Zero se leva.
- J'y vais. Ouvre-moi Kyô.
- Où tu vas?
- Bah à la maison de Jui! Ouvre bordel!
Kyô obtempéra et ouvrit à Zero avant de refermer la porte alors que Jui le regardait s'éloigner d'un air ahuri.
- Qu'est-ce qu'il fout?!
Kyô haussa les épaules en guise de réponse. Il n'en savait rien mais il était reconnaissant à Zero de lui avoir épargné un concours d'argumentation avec Jui. Aoi les regardait sans comprendre, l'air hagard. Il finit enfin par réussir à demander ce qu'il se passait.
- Un safari humain. C'est la meilleure description qui existe. Je ne sais plus qui l'avait trouvé mais elle a été homologuée.
- Un safari?
- Ils viennent en grosse voiture, passent dans les rues en fusillant toutes les personnes qui se trouvent sur leur chemin. Mais maintenant que tout le monde fuit les rues à leur approche, ils tirent dans les devantures des petits magasins, dans les fenêtres des maisons. Et finissent par sortir des voitures pour pénétrer dans les plus riches maisons. Ils y violent tant qu'ils peuvent, puis ils tuent tout ce qu'ils peuvent et finissent par partir après avoir fait de la bâtisse un champ de ruines…
Tout en écoutant d'une oreille distraite cette description, Jui s'était roulé sur lui même et se balançait d'avant en arrière, nerveusement. Kyô continuait son récit, expliquant les pires réactions auquelles ils avaient eu le droit.
- Un père à même tué le fils qu'il venait d'adopter, et dieu sait que ça coûte cher d'adopter, parce qu'il s'était fait violer, le fils pas le père. Mais le père avait tout vu. Et le salaud il disait que son fils n'était plus pur, qu'il devait noyer l'affront dans du sang. Comme si lui il était "pur".
Kyô soupira et reprit son récit d'un ton amusé racontant à présent comment ils avaient parfois réussi à piéger les soldats de l'Autre durant leurs safari. Au bout d'un moment, Jui l'interpela et le fixant dans les yeux d'un air triste lui demanda d'arrêter. Ils attendirent en silence. Au bout d'un moment, la voix de Zero résonna derrière la porte close.
- C'est moi, ouvre onegai03.
Kyô ouvrit la porte. Jui regardait le brun qui venait d'entrer d'un air insistant qu'il fit un instant semblant d'ignorer. Mais il finit par se retourner vers le blond.
- Je ne sais pas s'ils m'ont tous cru, mais y a un petit brun, c'est un dealer, il m'a cru. Futé pour un dealer. Je ne sais pas ce qu'ils auront décidé de faire, mais dans mon cas je suis parti après avoir délivré le message. Je suis désolé mais je refuse de donner ma vie pour des personnes qui ne se souviendront jamais de moi dans cette journée.
Jui soupira. Yomi l'avait cru. Yomi serait sauvé. Mais combien d'idiots auraient refusé de croire Zero. Il était conscient que si lui avait été là-bas, il aurait fait partit des idiots butés. Parce que ne jamais croire ceux qu'il haïssait était un principe auquel il refusait de déroger. Aoi les regarda un à un d'un air stupéfait.
- Mais vous n'avez jamais essayé de lutter? De vous défendre? Vous êtes plus nombreux, il y a moyen!
- Aoi, ils trouveront un moyen de se venger si nous nous défendons. Soyons réaliste.
- Je n'aime pas être réaliste. Kyô, ouvre-moi ou je défonce la porte.
Kyô obtempéra dès la première sommation sous le regard plein de reproches de Jui. Le blond rattrapa le poignet de son amant.
- Où vas-tu?
- Les tuer avant qu'ils ne me tuent.
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Il allait profiter du safari pour se faire héberger chez Mana. Le médecin de la pègre. Mais il lui fallait de réelles blessures pour que tout cela soit crédible. Pas de problème…On va voir ce qu'on va voir…Il entendait les soldats discuter. Ils riaient entre eux de blagues stupides. Un rire gras, obsène, plein de cette virilité qu'ils chérissaient tant. Lui préfèrait cacher toute la violence qu'il portait en lui derrière une tendre et fausse sensibité qu'il faisait semblant d'avoir à fleur de peau. Personne ne l'avait remarqué, personne ne savait qu'il est venu, personne ne le connaîssait. Ils le traîteraient là-bas comme n'importe laquelle de leur victime du ghetto. Il s'enfuit dans les rues glauques et froides, sombres, gluantes, répugnantes. A ce moment, il avait l'impression de ne faire qu'un avec l'image qu'il donnait de lui. Sa sensibilité était exacerbée par ces lieux si oppressants. Il avait l'impression que chaque bruits et décuplé. Il se sentait en danger permanent. Il filait tel un chat dans les rues. Une ombre. Personne ne fait attention à une ombre. Il arriva enfin à la maison dont il a entendu les gardes parler. Il contempla l'immense bâtisse. Le moyen le plus simple de s'y introduire était d'entrer par la porte principale, ce qu'il fit. Le barman lui sourit cependant, Rame distingua dans ses yeux une lueur d'inquiétude. Il avait été prévenu et se demandait ce qu'il devait faire. Alors qu'il finissait de ranger les verres qu'il venait d'essuyer, des bruits retentirent de la rue. Rame sourit. Puis se reprit. Le barman jetta son chiffon, laissa tomber à terre les verres qu'il tenait encore dans ses mains. Il s'enfuit par la porte de derrière alors que la panique commençait à s'installer dans la pièce. Certaines personnes restaient calmes, se levant tranquillement pour aller chercher leurs armes ou pour prendre un verre d'eau. "Plutôt mourir ainsi que de subir leur désirs pervers" semblaient crier leurs visages résignés et pourtant pleins de colère. Rame s'assit au bar et attendit la suite des évennements. La première chose à passer la porte fut un corps déchiqueté par les balles qui semblait faire office de bouclier. Rame pensa que si les personnes qui étaient là avaient l'arme adaptée, un corps ne serait pas utile comme bouclier. Mais de toute évidence, elles n'avaient pas l'arme adaptée. Une voix retentit derrière le corps.
- Si vous nous laissez vous violer sans faire d'histoire, on vous tuera sans trop vous faire souffrir.
- C'est moins marrant de violer des personnes ne se débattant pas, fit remarquer un autre soldat.
- Y en aura toujours un pour refuser, mais au moins ça nous en fait des sympas, répondit le premier soldat d'un voix mordante d'ironie. Si vous êtes très bon, on pourra envisager de ne pas vous tuer et de vous emmener avec nous afin que vous satisfaisiez nos envies…
- Tu comptes en adopter ou quoi?
- Non mais ça pourrait être sympa. Je pense qu'on peut y aller.
Un groupe de soldat entra dans la pièce, leurs armes pointées devant eux. Ils se mirent à faire feu sur tout ce qui bougeait. Ce fut le massacre. Les premiers coup de feu provoquant la panique, la plupart des personnes tentant de fuir. Sous l'impact des balles, les corps semblaient pris de spasmes violent. Ils tombaient par terre, le dos lacéré, le visage méconnaissable. N'étant plus que de la viande. Plus rien d'humain. Rame pensa un instant à son frère en voyant tous ces corps étalés sur le sol et sentit la haine refluer en lui sans pour autant faire un geste. Alors eux aussi allaient payer. Il l'avait décidé. Quand la fusillade fut terminé, quelques soldats avaient été touchés, mais leurs protections contre les balles semblaient être efficace. Aucun mort dans leur rangs. Dans la salle, il ne restait presque plus personne de vivant. Les soldats regardaient ceux qui leur restaient. Le regard de celui qui semblait être le chef se posa sur Rame. Accoudé au bar, il n'avait pas bougé. Il les fixait d'un regard brûlant. De haine. Mais l'autre ne le savait pas. Alors qu'il s'approchait de lui, Rame ne savait plus comment il allait réagir. Il n'avait qu'une envie, les tuer. Et il se demandait s'il arriverait à se contrôler. Le soldat brandit soudain son arme et lui tira dans le mollet. La douleur le parcourut, lui faisant retrouver son calme. L'autre lui sourit d'un air satisfait.
- Ne me regarde pas comme ça, baisse les yeux immédiatement. Ou je te pête les deux jambes.
Rame ne se sentait pas d'humeur à obéir. Souffrir ne l'effrayait pas plus que ça. Et qu'importaient ses jambes. Il se suiciderait après s'il fallait. Il ne voulait pas baisser les yeux. Il ne l'avait toujours fait que devant une seule personne. Et ça serait toujours ainsi. Même ceux qu'il avait appréciés, il n'avait jamais évité leur regard. Si l'autre ne voulait plus sentir son regard, il devrait lui arracher les yeux. Lui casser les jambes ne changerait rien.
- Mais c'est que tu continues… Tu me crois incapable de faire ce que je dis? Regarde autour de toi et tu comprendras que tu devrais m'obéir.
Rame ne bougea pas. Les yeux fixés dans ceux de l'autre. Celui-ci détourna le regard pour viser. Une de ses balles traversa le crâne d'un homme qui attendait pétrifié. Il tomba par terre. Rame n'y porta pas attention. Le soldat voyant ça le visa lui. Il lui tira dans l'épaule sans que le brun ne bronche. Cette fois-ci la douleur réveilla en lui la tristesse. Son regard ne bougea pas mais se fit pus distant. Voilé. L'autre s'apprétait à tirer à nouveau quand il s'étala par terre, et se mit à se tortiller dans tous les sens en hurlant de douleur. Les autres militaires le regardèrent d'un air ahuri avant de regarder autour d'eux d'un air méfiant. La plupart des regards finirent par se poser sur Rame d'un air accusateur. Celui-ci ne bougeait toujours pas. La seul chose indiquant qu'il était vivant était le sang chaud qui coulait lentement de sa jambe et de son épaule. Son regard n'avait pas quitté l'homme qui lui parlait quelques instants plus tôt et qui se tordait à présent par terre. Quelques autres soldats tombèrent de la même manière avant qu'il ne commencent à s'affoler réellement.
- Eh! Toi qui nous attaque ainsi! Ose te montrer si tu es digne d'être un homme! Arrête de te planquer tel un sale chien!
Le soldat qui avait crié se tenait droit. La main posé ostensiblement sur son arme. Rame percevait les légers tremblements qui secouaient sa main. Il était mort de peur. Après un court silence, une forme se laissa tomber du plafond pour atterir au centre de la pièce.
- Je ne suis pas vraiment un homme selon vos critères mais je sais à quel point il est désagréable de se demander qui va nous tuer. Par conséquent, je vous le dis. C'est moi. Et pas de la manière la plus tendre qu'il soit. Je n'aime pas vos méthodes.
L'arme pointée vers lui semblait le laisser indifférent. Il avait les mains dans le dos. Il se tenait face aux soldats. Rame apperçut dans ses mains de fines aiguilles. Juste aux pieds du nouveau venu, le chef des soldats fut secoué de spasmes, crachant son sang. Ses yeux rouges emplis de larmes. Il finit par s'étaler sur le ventre et arrêta brusquement de bouger. Il était mort. Le grand brun ne lui avait pas adressé un regard. Rame en était presque impressioné. Un telle maîtrise de soi. Il sourit et finit par se redresser légèrement. Il ne pourrait pas marcher. Il jeta un coup d'œil aux soldats qui ne savaient plus quoi faire. Mais Aoi ne bougeait toujours pas. Qu'attendait-il? Rame ne comprenait plus tout. Voulait-il les tuer oui ou non? Il lui aurait suffit de rester où il était pour cela. Il fit un petit geste de la main et tous se mirent immédiatement en position de tir. Rame sourit. Il n'y arriverait pas tout seul. Non. Il fallait qu'il l'aide. ça lui fera des bons points pour son alibi. Rame attrapa alors le poignard qu'il cachait dans les froufrous de sa robe et le lança sur celui qui semblait avoir remplacé le chef. Il tomba sans un mot. Les regards se tournèrent vers Rame. Le grand brun resta impassible, fixant toujours les soldats devant lui.
- Iie04. Pas comme ça. Il faut les faire souffrir autant qu'ils font souffrir les gens d'ici. Leur faire peur de la même manière.
La voix était glacée et pleine d'une haine à peine contrôlée. Rame frissona. Il semblait déterminé. Son regard se posa à nouveau sur le cadavre de l'homme qui l'avait blessé. Il a les moyens de faire ce qu'il veut faire…Et il va le faire… Rame ne comprenait pas pourquoi tous ne lui avaient pas encore tiré dessus. Ils ne risquaient rien. De toute façon, il allait les tuer. Alors autant qu'ils tentent de le tuer maintenant. Avait-il un visage si effrayant qu'on ne pouvait pas le voir sans être pétrifié de peur. Fort peu probable. Puis, alors que le brun se tournait vers lui, un petit sourire aux lèvres, il comprit que c'était le contraire.
- Bonjour, je suis Aoi. Tu veux bien m'aider? Je ne suis pas sûr de réussir tout seul, ils sont plus nombreux que je ne le pensais…
Rame acquiesça. Ils n'osaient pas abîmer ce visage. Puis il regarda les soldats. Bientôt ils seraient tous morts. Il ferma les yeux et sortit un petit revolver de sa robe. Il pensa qu'ils allaient probablement mourir tous les deux ici. Ils n'avaient pas les moyens de se battre. Un blessé et un motivé uniquement par la rage. Peu de chance de survie donc. Un sourire étira ses lèvres. Les quelques personnes dans la salle étaient probablement trop lâches pour leur venir en aide. Mais qu'importait, s'ils mourraient tous les deux. Tous mourraient. Et il regretterait de ne pas les avoir aidés. Mais l'aide vint d'autre part. Venant de la porte, ils entendirent des cris. Il vit le grand brun tiquer enfin. Il se demandait ce qu'il se passait. Il n'aimait apparemment pas ne pas tout contrôler. Un grand brun au visage encadré de tresse entra dans la pièce en tenant à bout de bras le corps d'un soldat. Il sourit à l'assemblée, se plia d'une petite courbette devant Aoi et montra le corps à tout le monde.
- C'est à quelqu'un? Je l'ai trouvé devant la porte… Il trainait, je me suis dis qu'il vallait mieux le ramasser…
Il sortit brusquement un gros gun de son blouson et tira dans le tas. Les épaules d'Aoi s'affaissèrent légèrement et il soupira d'un air désespéré. Les coups partaient. Etaient rendus. Le grand brun qui venait d'arriver continuait de tirer malgré le nombre de balle qu'on lui avait rendu. Le corps du garde lui servait de protection. Il semblait secoué de spasme. Aoi hésita un instant à intervenir. Rame lui regardait le spectacle, stupéfié. Il ne pensa pas à lever soin arme pour aider celui qui les avait probablement sauvé. Aoi soupira une nouvelle fois et rangea les aiguilles qu'il tenait dans les plis de son yukata. Il finit par se redresser et se tourna vers Rame. Il s'approcha doucement de lui. Rame jugea d'un air déçu que maintenant qu'il était calmé, il était moins magnifique. La haine qui remplissait si joliment ses yeux semblait à présent ternie. Il accepta volontiers son aide et s'appuya sur lui pour réussir à se lever. Alors qu'ils se dirigeaient vers la porte, Aoi s'arrêta un instant et contempla le carnage.
- Pas mal Zero… C'est pas ce que je voulais, mais au moins ça s'est terminé en beauté. T'en fais pas pour le nettoyage. Les personnes qui ont vu leurs amis mourirent sous leur yeux et qui ont été trop terrifié pour les venger vont s'occuper de ça. Ils identifieront les morts de notre côté et les brûleront de manière décente. Les corps des soldats… Il faut les rassembler et les exposer. On ne se laissera plus faire. Qu'ils aillent tous crever. Je ne veux pas d'incinération pour eux. ils brûlent déjà en enfer.
Zero lui sourit, amusé. Aoi sortit sans un regard aux personnes qui restaient paralysés. Sans un mot. Il ne voulait rien avoir à faire avec eux. Il était venu les aider. Mais il aurait mieux fait de s'abstenir, ça n'était que des lâches. S'ils l'avaient tous vraiment voulu, ils auraient pu résister depuis bien longtemps. Il n'avait plus rien à faire avec eux. Il ne pouvait cependant pas s'en aller d'un pas rapide parce qu'il soutenait le jeune homme qui avait résisté, le seul. Enfin… Il n'avait pas vraiment résisté mais il ne les avait pas laissé empiéter sur sa fierté. Il valait mieux que les autres. Il l'ammènerait lui-même à Mana. Alors qu'ils arrivaient sur la rue, une voiture s'arrêta juste devant eux.
- Je vous emmène?
Les yeux rouges de Nero se posèrent soudain derrière eux.
- Il vient avec nous?
Aoi se tourna pour voir Zero qui sortait de la maison. Il les vit et leur sourit. Aoi lui demanda s'il venait avec eux mais il fit non de la tête et séloigna sans un mot, jouant avec son revolver. Aoi haussa les épaules et fit entrer Rame dans la voiture. Il valait mieux qu'il ne marche pas trop. S'il avait été seul il aurait refusé toute aide venant de cet homme. Il s'apprétait à laisser Rame seul avec Nero mais il vit le regard suppliant du jeune brun. Il soupira et s'installa à côté de lui. Il fallait qu'il voit Mana. Ensuite, il lui demanderait s'il voulait se joindre à eux. Même si lui-même pensait à présent que la résistance n'était qu'un mensonge inventé pour se donner bonne conscience. Il l'avait accepté. Il ferait bouger les choses. Tout ce qui lui importait, c'était de venger Reita. Alors tant pis si tout ça n'était que vile comédie. Il jouerait son rôle jusqu'à ce que la bonne occasion se présente.
oOo
Il avait compris qu'il ne sortirait plus de cette cellule. Tant pis. Tant mieux. Il s'en fichait en fait. Parce que tout ça ne servait plus à rien. Il était mort. Vraiment? Non, pas vraiment. Le Reita qu'il avait été, celui qui aimait sa liberté, qui aimait qu'on le respecte était réellement mort. Mais le Reita naïf, qui éprouvait des sentiments stupides était né. Reita était vivant selon la définition habituelle. Gackt arriverait. Il serait heureux de Le voir. Gackt avait raison. Ce qu'il avait dit être la pire torture lui plaisait à présent et était devenu sa seule vie. Comment avait-Il fait? Aucune idée. Gackt avait toujours été doué pour manipuler les gens. Et à présent, Reita ne pouvait plus se détacher de Lui. Il l'aimait. d'après ce qu'il savait de l'amour, c'était ce qu'il ressentait à présent. Mais peut importait. Gackt lui disait qu'Il l'aimait aussi. Mais Gackt était un monstre, par conséquent, incapable d'aimer. Mais tant pis. Ça n'était qu'un mensonge. Mais qu'est-ce qui n'en était pas un à présent. Même sa vie n'était plus qu'une mascarade. Il priait pour que Ruki ou Toshiya n'ait rien dit. Il ne voulait pas donner de faux espoirs à Aoi. Penser à lui à présent lui faisait mal. Il croyait l'avoir aimé. C'était donc faux tout ça? Tout ce qu'il avait ressentit n'était donc qu'une illusion. Mais il l'avait dit à Gackt. Il ne connaissait pas les sentiments tels que l'amour ou l'amitié. Pourtant ce qu'il avait ressentit pour Aoi… Il l'aimait bien. Un petit ange. Adorable. Pourquoi est-ce que les personnes ne se rencontraient que quand il ne fallait pas? Pourquoi est-ce qu'on nait toujours à l'endroit qui nous convient le moins? Pourquoi est-ce que l'on nait avec un environnement qui nous tue? Toujours. Reita se passa les mains sur son visage. Bientôt la lumière du couloir s'allumerait. Minuterie automatique. Ça serait Gackt. Il avait décidé d'abandonner Ruki dans la cellule d'à côté? Ou bien s'était-Il rendu compte de sa disparition? Reita s'en fichait. Gackt allait venir. Pour lui. Et encore une fois, il le prendrait avec des gestes plein de douceur. Plein de tendresse. Des gestes si inhabituels de la part de Gackt que s'en était troublant. Il le prendrait en lui assurant son amour. Lui assurant qu'il ne mentait pas. Reita Le croirait. Il le savait. Il Le croyait à chaque fois. Et puis quand il se retrouverait à nouveau seul dans sa cellule, il se maudirait d'être aussi stupide. Parce qu'il réaliserait une nouvelle fois que Gackt ne peut pas aimer. Parce que Gackt ne ressent rien. Mais que Gackt sait mentir comme il faut. Reita ne savait pas ne pas le croire. Dès qu'il était près de lui, il avait l'impression d'avoir à faire à quelqu'un de normal. Un être humain. Un amant. Mais qu'importait que ce qu'Il dise soit la vérité. L'important était qu'Il le dise. Mais porter crédit à tous Ses dires lui semblait presque humiliant. Mais il n'avait plus d'honneur de toute manière. Gackt n'avait rien eut à faire pour lui enlever son honneur. Il avait tout fait lui-même. Il avait accepté Ses caresses et Ses baiser et avait tenté de les Lui rendre au centuple. Il était pourri. Il ne valait plus rien. Mais il ne voulait pas mourir. Ça serait trop simple. Tout simplement parce qu'il ne le méritait pas. Et il voulait encore Le sentir sur lui. Sentir Ses mains sur son corps brûlant. Et ne plus penser à rien d'autre qu'au moment présent. Parce qu'aucun autre n'est plus important.
oOo
Jui et Kyô étaient tous deux assis sur le canapé. Aoi tournait en rond, attendant que Mana décide si les blessures du jeune homme étaient graves ou non. Il avait refusé de les laisser entrer. Jui jouait nerveusement avec une mèche de cheveu tandis que Kyô tripotait le collier qu'il portait d'un air penaud. Aoi finit par se laisser tomber sur le canapé leur faisant face. Jui hésita un instant avant de parler.
- Désolé Aoi… On aurait dû…
Mais Aoi le coupa immédiatement. On pouvait lire une immense colère dans ses yeux.
- Vous aviez raison. Ça ne sert à rien de les sauver. Ils sont tous trop lâches! Plus lâches les uns que les autres! Désespérant. Ils n'auraient rien fait pour aider ce petit. Je hais les humains!
Il se prit la tête entre les mains alors que sa voix venait de se briser. Il n'en pouvait plus. Nero était sortit un instant, il voulait trouver Zero pour discuter avec lui. Parce qu'il les avait aidé. Alors qu'il n'avait aucune raison de le faire. Et alors? On ne peut pas faire des choses avec désintéressement? Kyô ne savait pas quoi faire. Il remuait nerveusement sur la chaise, se tordant les mains dans tous les sens. Il se sentait coupable. Il ne savait pas de quoi précisément. Mais un nœud s'était installé dans son ventre et refusait de se défaire. Voulant le rassurer, Jui lui passa un bras autour des épaules mais Kyô le repoussa avec un grognement énervé. Il se releva d'un bond et sortit de la pièce en marmonnant quelque chose d'incompréhensible. Jui voulut se lever et le rattraper mais c'était inutile. Kyô avait besoin de décompresser. Et de prendre sa dose. Ensuite, il irait sûrement mieux. Enfin, il arriverait mieux à cacher sa nervosité au moins. Le regard d'Aoi avait suivit le petit brun et était maintenant posé sur son amant. Il sourit gentiment au blond qui le regarda d'un air surpris.
- Nani05?
- Désolé, je croyais qu'il n'était pas jaloux…
- Kyô? Jaloux? Qu'est-ce que tu racontes?
Alors que Jui partait d'un petit éclat de rire, Aoi le regardait avec stupéfaction.
- Finalement, tu n'es pas aussi perspicace que je le pensais…
Alors que le blond l'interrogeait du regard, il détourna la tête. Il n'eut pas à répondre à sa question insistante parce que la porte s'ouvrit à ce moment.
- Désolé de vous avoir causé du souci.
Rame était plié en deux. Il s'appuyait sur une béquille et un bandage entourait son épaule. Son visage était toujours aussi pâle. Il semblait réellement malade. Sa main qui tenait la béquille semblait trembler légèrement. Mais si peu qu'Aoi n'y prêta quasiment pas attention. Il faudrait qu'il ait une conversation avec Mana. Chose très dure à obtenir. Rame l'inquiétait.
- Tu ne nous causes aucun soucis Rame. Tu es la seule personne que je ne regrette pas d'avoir aidé. Merci à toi. J'espère que ça va.
Mana qui se tenait dans l'encadrure de la porte fronça les sourcils mais Rame se contenta d'un sourire qui se voulait rassurant. Malgré son apparente fragilité, il semblait être capable de supporter bien plus. S'appuyant sur la béquille, il avança tant bien que mal jusqu'au canapé où il s'étala à côté de Jui. Aoi lui adressa un léger sourire avant de suivre Mana dans sa petite pièce. Il referma la porte derrière eux, laissant Rame, les yeux fermés qui semblait intégrer les nouvelles de la journée avec Jui qui ne savait pas trop comment réagir avec lui.
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à suivre
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+° Nyouh! Nyouh! °+
'tain j'en ai marre j'ai toujours envie d'écrire Et depuis un visionnage du dvd tour "it wither and wither", j'ai envie de commencer une nouvelle fic… mais je me retiens! J'dois finir celle-là avant! Bon bon bon… IL faut aussi que je finisse les autres que j'ai commencé Sans parler de tous mes essais que j'aimerais bien mettre sur pied à mort l'inspiration abusive!!
Kyu qu'est pas réveillée et qui déprime déjà à l'idée de faire le lexiqueuh! Çç (le 27/08/06)
Lexique :
01Hai : oui
02Eto… : euh…
03Onegai : s'il te plaît
04Iie : non
05Nani: Quoi?
kyu : ah ben non en fait, il était pas trop long ce lexique là
