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l'âme humaine est faite pour n'être pas seule
Chapitre8
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Ça faisait deux jour. Deux jours que l'homme aux yeux rouge qui se faisait appeler Nero l'avait intégré à la résistance. C'était grâce à Aoi. Il le savait. Mais le brun n'arrêtait pas de lui répéter qu'il l'avait vraiment mérité. Trois jours qu'il L'avait quitté. Il avait donné de ses nouvelles à Gackt en début d'après-midi. Personne ne lui avait demandé où il était allé. Il était partit sans problème. Juste un regard surpris de Aoi l'avait suivit jusqu'à la porte. Il n'avait pas été suivi. Il s'était enfuit dans les rues. Quand il était revenu, le petit blond qui s'était rapidement lié d'amitié avec lui l'avait accueilli avec un grand sourire. Il lui avait simplement dit qu'il se demandait où il était passé mais n'avait pas chercher à en savoir plus. Il s'en voulait. Mais il ne devait pas s'en vouloir. Il n'y était pour rien. A présent, il était assis à côté de Ruki qui se collait contre Uruha. La rame de métro filait de station en station. Ils ne descendraient qu'à la dernière. Quand ils arrivèrent enfin, Nero sortit le premier et les mena à travers les galeries souterraines. Ils mirent peu de temps avant d'arriver à une grande salle. Aoi stoppa un instant et regarda d'un air stupéfait l'amphithéâtre. Il finit par recommencer à avancer sans cesser de détailler la pièce. Nero leur proposa de s'installer devant. Bientôt, tout le monde arriverait. Rame courut joyeusement vers le premier rang pour s'installer bien en face de la personne qui parlerait. Ruki et Uruha le suivirent. Tatsurou et Daisuke ne se quittaient plus depuis le réveil de ce dernier. Leurs mains restaient entrelacées, comme inséparables. Tous étaient là. Jui, Kyô, Kai, Mana, Toshiya, Die… Tous. Ils avaient décidé de venir en avance pour avoir de bonne place et Nero les avait accompagnés. Ils s'installèrent les uns à côtés des autres, ne cessant de discuter. Nero s'installa sur l'estrade à la place qui lui était réservée. Bientôt arriva Zero, accompagné de deux personne. Il sourit d'un air moqueur à Nero qui leva le sourcil d'un air interrogateur. L'une des deux personne l'accompagnant se dirigea vers l'estrade. Un jeune homme au regard trop bleu. Un bleu si clair qu'il en devenait presque hypnotisant. Il salua Nero d'une petite courbette mordante d'ironie et s'installa nonchalamment à ses côtés. Zero sourit à Aoi qui venait de se tourner vers lui avant d'aller s'asseoir. Le troisième jeune homme du groupe le suivit rapidement, un grand sourire aux lèvres. Quand d'autres personnes arrivèrent, il y eut des murmures de reproches. Ils ne semblaient pas apprécier le fait que le jeune homme blond soit assis à côté de Nero. Aoi se pencha vers Die pour lui demander qui était le blond.
- C'est Hizumi. Il est avec Zero et ne fait en aucun cas partie de la résistance. Je me demande pourquoi Nero l'a convié à cette réunion… Et l'autre idiot qui est resté avec Zero là-bas, c'est Kazutake. Je sais pas ce qu'il fout avec eux. Mais ils l'apprécient. Je sais pas pourquoi…
Aoi sourit et se tourna de nouveau vers l'estrade. Nero s'était levé et allait parler. Tout le monde s'était tu. L'homme aux yeux rouges commença par remercier toutes les personnes d'être là. Il s'attaqua immédiatement au sujet qu'il avait prévu d'aborder. Il décrit rapidement la maison de Jui et raconta qu'Aoi avait voulu sauver les personnes qui y étaient restées. Je n'ai voulu sauver personne, juste résister. Puis il désigna Hizumi.
- Vous vous demandez ce qu'il fait là, je le sais. Cependant un de ses hommes a aidé Aoi. Et c'est un de ses hommes qui est allé prévenir les personnes qui étaient à la maison de Jui qu'Ils arrivaient. Je sais qu'on ne peut pas leur faire confiance. Ils sont souvent soupçonné d'être des espions. C'est vrai. Mais ils nous ont aidés sans arrières pensées. Je voudrais qu'on les remercie.
Hizumi sourit au manque de réaction. Affalé dans son siège, il regardait les résistants d'un air amusé. Il finit par prendre la parole.
- Je n'ai rien fait. Et je ne ferais rien pour vous. Vous n'êtes que des lâches. Vous avez raison de ne pas me remercier, je n'ai rien fait. Seul Zero mérite vos remerciements. Mais Nero se trompe je pense. On ne fait jamais rien sans intérêt. Même vous. Sinon, ça ferait longtemps que vous auriez réussi à tout changer.
Des murmures outrés parcoururent la salle. Aoi sourit. Il aimait bien le franc parlé de Hizumi. Mais il sentait qu'il ne l'aimerait pas lui. Hizumi lança un regard au fond de la salle et son sourire s'agrandit. Rame suivit son regard et vit Kazutake qui était plié de rire alors que Zero essayait de le faire se calmer tout en s'efforçant de ravaler son propre sourire. Nero soupira et se rassit. Hizumi se leva comme pour partir mais cependant prit une dernière fois la parole.
- Cependant, si j'avais le choix entre mourir avec vous et contre Gackt ou pour Gackt et contre la liberté, je prendrais le premier choix. Mais pas pour vous. Pas pour des lâches tout juste bon à remercier les personnes qui les sauvent. Juste parce que je tiens à ma liberté plus qu'à toute autre chose.
Il descendit de l'estrade après avoir jeté un dernier regard à Rame et Aoi. Dans la salle, seul le bruit de ses pas résonnaient. Deux chaises raclèrent le sol et les trois personnes habillées de blanc sortirent sans un regard pour les résistants. Alors qu'ils étaient partis, les murmures croissèrent peu à peu. Au bout d'un moment, Nero se leva à nouveau. Le silence se refit. Il se pinça l'arête du nez et commença à parler. Il expliqua qu'à partir de maintenant, il avait l'intention de lutter contre les safaris. Des murmures de reproches se levèrent quand il lança cette idée. Il haussa un peu le ton pour se faire entendre et tout le monde cessa immédiatement. Dans sa voix, n'importe que aurait discerné sa colère. Il avait les poings crispé sur le bureau devant lui et le regard énervé. Il leur fit comprendre qu'ils n'avaient pas le choix. Qu'ils en avaient les moyens et qu'il fallait qu'ils les mettent en œuvre. Personne n'osa plus le contredire. Un sourire satisfait étirait les lèvres de Aoi. Nero déclara qu'il avait finit de parler et que si quelqu'un voulait parler, il pouvait monter sur l'estrade à son tour. Il y eut plusieurs personnes à défiler. Des sujets inintéressants. Personne n'y prêta vraiment attention. Quand tous eurent fini, Nero reprit une dernière fois la parole pour les remercier à nouveau d'avoir été là et pour déclarer la séance levée. Tous se levèrent et la salle se vida progressivement. Nero s'approcha de Mana, lui souffla quelques mots à l'oreille et s'éloigna du groupe. Mana le regarda s'éloigner d'un air interloqué. Le groupe commença à se diriger vers la sortie, ils étaient les derniers dans la salle. Rame regarda les autres s'éloigner, se demandant ce qu'il convenait de faire. Allait-il encore être hébergé longtemps chez le médecin? Ruki se tourna vers lui avant de lui demander d'un air surpris.
- Tu viens Rame?
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Reita embrassa tendrement son amant. Il était encore venu le voir. Il avait l'impression qu'il ne faisait que ça. Gackt l'avait fait monter dans une des chambres plus haut. Il l'avait enfermé. Mais c'était mieux ici que dans les cellules de prisonnier. Ici ne résidaient que les prisonniers de choix. Les moyens de pression. C'était ainsi que Gackt les appelait. Les mains de Reita se glissèrent une nouvelle fois dans Ses cheveux. Il adorait ses cheveux qui ne cessaient de couvrir son corps de légères caresses. Tout en douceur, Gackt se coucha sur lui. Reita se rendit alors compte que c'était la première fois qu'ils couchaient dans un lit. Il sourit. Les mains de Gackt sur son corps lui semblaient brûlantes. Elles enflammaient sa peau à chaque frôlement. Il sentait contre lui Son corps et Son envie non dissimulée. Gackt l'embrassa à nouveau. Il semblait vouloir posséder entièrement cette bouche qui s'offrait à lui. Quand leurs lèvres se séparèrent, Gackt posa tendrement sa tête dans le creux du cou de Reita et poussa un petit soupir.
- Reita, pourquoi on ne s'aime que comme ça?
Reita ne comprit pas la question et regarda son amant, interloqué. Qu'est-ce qui lui prenait?
- Pourquoi quand on est ensemble, je n'arrive pas à ravaler mon envie de toi? Pourquoi s'il te venait l'idée de te refuser à moi, je ne pourrais m'empêcher de te sauter dessus? Pourquoi je sais que si je te faisais du mal, je m'en voudrais? Pourquoi je t'aime?
Alors que Gackt avait enchaîné ces questions sans attendre de réponses, sans s'arrêter, Reita sentit un sanglot lui monter à la gorge. Il le retint et sentit sa poitrine se comprimer. Il se contenta de caresser doucement les cheveux de son amant, un sourire triste aux lèvres. Puis, alors que Gackt Se blottissait un peu plus dans ses bras, il Lui posa un baiser sur le front avant de répondre de la même manière.
- Pourquoi est-ce que quand tu n'es pas là, je ne crois plus toutes tes promesses? Pourquoi quand tu es à côté de moi, j'ai envie de t'aimer encore plus? Pourquoi je n'ose pas te faire part de tous mes doutes? Pourquoi je n'arrive pas à oublier tout ce qui s'est passé avant? Pourquoi je tiens tant à toi alors que tu n'es qu'un monstre finalement?
Gackt Se releva alors brusquement, S'arrachant à son étreinte avec un air déterminé. Reita Le regarda avec accablement. Gackt lui lança un sourire rassurant avant de S'installer à ses côtés. Il regarda un instant dans le vide avant de reprendre la parole.
- Si tu veux, tu me parles de tes doutes et je tente de ne pas te sauter dessus…
- Iie01… ça servirait à rien… que je te parle de mes doutes. Mais je serais pas contre une petite nuit tranquille…
Gackt fronça les sourcils. Il posa une main dans le cou de Reita, et alors qu'il se penchait vers lui pour l'embrasser, il laissa ses doigts descendre lentement sur son torse, sur son ventre. Alors que Reita savourait le goût de la bouche de son amant et commençait à sentir refluer le désir, il sentit que Gackt tentait de le remettre sur le dos. Il se recula alors brusquement et tenant Gackt par les épaules, il le fit s'allonger sur le dos.
- Tu veux diriger Reita-kun?
Retenant un petit rire devant l'air surpris de Gackt, il fit non de la tête.
- Iie. Ce soir, dodo.
Il posa sa tête sur le torse de Gackt et ferma les yeux d'un air résolu avant que celui-ci n'ai pu réagir. Mais quand Il Se rendit compte de ce que venait de dire Son amant, Il le fit lever le visage vers Lui avec un air scandalisé.
- Tu es sérieux?
- Hai02, on ne peut plus sérieux. Dors.
- Demo… kimi to yaritai…03
Reita referma les yeux et se cala à nouveau contre Lui pour mettre fin à Son argumentation.
- Pas ça, Reita…
Un silence Lui répondit.
- Onegai koibito04.
Il sentit Reita frémir contre Lui à cette appellation et un sourire satisfait vint s'installer sur Ses lèvres alors qu'Il recommençait Ses supplications et laissant Ses mains se promener sur le corps de Son amant.
- Tu ne me fera pas croire que tu dors, koi…
Reita frémit à nouveau.
- Si tu continues, je vais te sauter dessus alors épargne-moi ça veux-tu!
Voyant que Reita ne réagissait toujours pas, Il l'attrapa brusquement par les poignets et le renversa sur le dos avant de s'asseoir sur son bas ventre. Reita garda les yeux fermés mais Il vit son visage se crisper légèrement.
- Même si tu fais semblant d'être endormi, ça ne m'empêchera pas de te prendre alors regarde-moi et crie mon nom, onegai…
Reita ouvrit les yeux pour lui lancer un regard de reproche. Gackt haussa un sourcil, surpris.
- Nani05?
- J'ai dis dodo. Laisse-moi dormir, Gackt.
- Non.
Gackt eut un regard légèrement attristé mais sûr de lui. Il attrapa les mains de Reita qui remuait pour se libérer et les leva au dessus de sa tête. Il s'allongea doucement sur lui, le forçant à ne plus bouger, le coinçant sous Son corps. Il approcha sa bouche de son oreille. Reita frémit en sentant le souffle chaud de Gackt. Il ne pourrait pas l'en empêcher.
- Ai shiteru Reita-kun… demo… Anata ga hoshii06.
De sa main libre, il lui souleva les hanches pour s'insérer en lui en un mouvement souple. Reita gémit. De douleur et de colère. Il fit en sorte de ne pas penser au plaisir qu'il ressentait. Il fit en sorte d'oublier ce plaisir pour en vouloir à Gackt. Il avait dit "non". Gackt n'en avait pas pris compte. Il lui en voulait par dessus tout. Il lui lança un regard haineux. Quand leurs yeux se croisèrent, le visage de Gackt se décomposa. Il posa sa tête dans le creux de son épaule.
- Sumimasen07.
Il s'excusa encore. Encore et encore. Tout en donnant des coups de hanches de plus en plus violents, S'insinuant à chaque fois un peu plus en Son amant. Quand Il Se libéra, Il retint le cri qui Lui montait à la gorge. Sous les sanglots qu'Il retenait, il se serait mué en cri de douleur au lieu d'exprimer tout le plaisir qu'Il avait ressentit en Son amant. Il Se retira rapidement et sortit du lit après avoir relevé la couverture sur les épaules de Reita. Il Se rhabilla sans un mot puis quitta la chambre. Reita fixait le plafond sans penser. Il n'y avait rien à penser, rien à dire. Gackt l'avait violé. Il avait ressentit Sa douleur et au lieu de Lui en vouloir, il s'en voulait à lui. Il aurait put aider Gackt mais il L'avait enfoncé un peu plus. Gackt lui avait dit qu'Il l'aimait. Même si son désir était plus fort que son amour. Et lui l'avait repoussé. Il était stupide. Il ferma les yeux empêchant ainsi les larmes qui arrivaient de s'en échapper.
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- Oyasumi Rame-chan08.
Ruki lui fit un petit signe de la main alors qu'il rentrait dans la maison pour se coucher. Rame lui répondit d'un sourire. Ils avaient un peu discuté. Sous le regard jaloux et possessif de Uruha. Rame aimait bien Ruki. Mais il ne devait s'attacher à personne. Et le petit blond ne devait pas s'attacher à lui. Il le savait. Mais il ne pouvait pas lui dire la vérité. Le brun qui l'avait en quelque sorte sauvé ne le considérait pas comme un ami. Il ne se méfiait pas non plus de lui. Il le respectait simplement. Un respect froid et distant mais pas agressif. Rame lui était reconnaissant pour tout et lui accordait le même respect ainsi qu'une gratitude muette. Aoi savait que s'il lui demandait quelque chose, Rame s'exécuterait pour rembourser sa dette. Il lui devait la vie. Mais le brun au visage fier malgré ce qu'il avait été ne semblait pas vouloir profiter de ça. Il ne voulait rien des autres. Il semblait vouloir obtenir tout ce dont il avait besoin par lui-même. Il allait tous les trahir. Il le savait. Mais il n'avait pas le choix. Et refusait de sacrifier les autres.
- Gomen nasai09…
- Daijobu dess ka Rame-chan?10
La voix était ironique, mordante. Rame se retourna brusquement pour apercevoir le blond qui avait parlé à la réunion de cette après-midi. Il chercha un moment son nom puis haussa les épaules avant de le dévisager méchamment.
- Qu'est-ce que vous faites là?
- Konban wa Rame-chan…11
Un nouveau silence s'installa entre eux. Le blond souriait d'un air satisfait. Il veut me montrer qu'il en sait plus que moi pour m'énerver… Et ça marche. Mais pas pour la bonne raison. Rame serra les poings avant de soupirer et de répondre au blond.
- Konban wa. Quel est votre nom?
- Hizumi… Je suis là pour te parler de toi. De ce que tu vas leur faire. Ça leur ferait de la peine s'ils savaient qui tu es vraiment…
Le regard d'Hizumi s'était posé sur l'immeuble délabré. Rame, figé mit un moment avant de se reprendre et de pouvoir enfin répondre.
- Je… Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
Hizumi eut un petit rire de gorge qui fit frissonner le jeune brun. Ses mains crispées sur sa jupe tremblaient à nouveau.
- Vraiment…? Vu ta réaction, permets-moi d'en douter… Tu sais, je n'ai pas l'intention de dire quoi que ce soit. Les aider ne m'apporterait pas plus de liberté. Je ne soutiens leur cause en aucun cas. Zero a juste apprécié le courage d'Aoi. Moi je t'apprécie. Si tu as besoin d'aide…
Un sourire désabusé éclaira un instant le visage de Rame alors qu'un rire ironique passait ses lèvres. Hizumi haussa un sourcil, surpris de la réaction du brun.
- Tu m'apprécies, hein? Alors que tu ne sais rien de moi Hizumi. Tout ce que tu veux, c'est me rendre un service pour que j'accepte de coucher avec toi, ne?
- Tu te décides enfin à me tutoyer…
Un sourire spontané apparut sur le lèvres de Hizumi. Rame sursauta et eut du mal à abandonner l'expression de surprise qui s'était peinte sur son visage à la vue de ce sourire.
- Tu te trompes Rame-chan. Tu te trompes sur mon compte. Toi non plus tu ne sais rien de moi. Mais c'est mieux ainsi tu sais… Et si je voulais juste coucher avec toi, il me suffirait de te violer tout de suite. Je le pourrais facilement Rame-chan…
- Je sais me défendre.
- J'en suis conscient. Mais je sais forcer les gens…
Rame le regarda d'un air surpris. Le blond ne semblait pas le mépriser ni le sous-estimer. Et il semblait savoir pourquoi il était là.
- Que veux-tu alors Hizumi?
- Rien. Juste te dire que je peux t'aider si tu en as besoin.
Hizumi se pencha vers lui, comme pour arriver à sa hauteur alors que lui-même n'était pas très grand. Il lui passa une main sur sa joue.
- Je sais que tu te demandes ce qu'il faut faire. Mais quoi que tu choisisses, tu vas dire que c'est le mauvais choix. D'un côté, tu peux trouver ta liberté et le sentiment de te battre pour quelque chose d'utile. De l'autre, tu as la vie de tes amis et proches. Moi je n'ai ni amis ni proches. Mais si tu veux, tu peux leur demander leur avis à eux…
Les yeux de Rame étaient emplis de larmes qu'il s'efforçait de retenir tant bien que mal. Il releva la tête et eut un petit rire qui sonnait faux.
- Il sont chez Gackt. Je n'ai pas le moyen de les voir.
Ses mains étaient agités de spasmes de plus en plus violents. Elles serraient violemment la robe bleu nuit comme pour se persuader de se calmer. Hizumi continua un instant à lui caresser la joue puis le prit dans ses bras. Rame sursauta, surpris.
- Je t'ai dis que je t'aiderais. Je ne t'aurais rien promis si je n'avais pas les moyens de tenir ma promesse.
Rame se laissa aller dans cette chaleur. Il se bouina un peu plus contre Hizumi et laissa les larmes qu'il retenait lui échapper. Il renifla avant de se retirer des bras du blond avec une petite courbette comme pour s'excuser.
- Je ne pense pas que ce soit possible Hizumi. Ils sont bien gardés, crois-moi…
- Je t'ai dis que je le pouvais Rame-chan. Je le peux. Mais je crains ne pas pouvoir les sortir de là. Ils doivent être trop nombreux…
Rame acquiesça tout en gardant les yeux fixés au sol. Hizumi lui attrapa le bras pour l'entraîner à l'intérieur de l'immeuble en ruine.
- On va voir Mana pour qu'il s'occupe de tes mains et on y va, répondit-il au regard surpris du petit brun.
Rame eut un silence avant de sursauter.
- Nani?! Tout de suite?!
- Il vaut mieux y aller la nuit et autant ne pas mettre ceci à plus tard.
Hizumi l'entraîna à l'intérieur sans lui laisser le temps de répondre.
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Enroulé dans la couverture du lit qu'il avait traînée jusqu'à la porte, il tambourinait sur le battant. Appelant un garde. Il ne savait pas si quelqu'un l'entendait mais il devait demander pardon à Gackt. Il tapait avec violence, s'écrasant la main. Les larmes roulaient sur ses joues. Il devait parler à Gackt. Faites que quelqu'un m'entende! Il voulait le revoir à tout prix. Déjà il lui manquait. Même son corps le réclamait. Il était fatigué. Mais il continuait à s'acharner sur la porte. Quelqu'un finirait bien par venir ouvrir. Un garde finirait bien par en avoir marre et viendrait lui coller une gifle pour le faire taire. Mais il n'entendait aucun bruit de l'autre côté. Il ne savait pas depuis combien de temps il tapait. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il s'était démoli la main mais qu'il ne pouvait pas arrêter. Qu'il n'en avait pas le droit. Il ne savait même plus quel moment de la journée il était. Le matin? Le soir? Il n'y avait pas de fenêtre ici, pas plus qu'il n'y avait d'horloge ou de réveil. Alors qu'il lui sembla entendre des pas se rapprocher de sa porte, il se mit à crier de plus belle. S'il ne se trompait pas, trois personnes arrivaient. Probablement pas Gackt. Sauf s'il avait décidé de le tuer. Reita sentit une panique incontrôlable envahir sa poitrine mais il tenta de maîtriser sa voix et continua à crier. Il entendit quelque chose tourner dans la serrure et s'éloigna précipitamment de la porte, manquant de s'emmêler les pieds dans sa couverture alors que le battant s'ouvrait. Il resta un moment stupéfait à regarder la personne qui venait de crocheter la serrure.
- Je me disais aussi que je connaissais cette voix. Konban wa Monsieur le mort-vivant.
Reita soupira avant de dévisager les deux autres.
- Toujours aussi vulgaire… Tu pourrais répondre quand même…
- Vulgaire? Moi? C'est toi qui me dis ça?! Enfin, si tu insistes… Konban wa Hizu-kun.
- Bien, tu fais des progrès. Bon, qu'est-ce que tu fous là? T'es sensé être mort… Alors?
- Rien qui ne te regarde. Et vous?
- Rien qui ne te regarde.
Un silence s'installa. Reita haussa les épaules et retourna vers son lit. Le regard d'Hizumi se promena sur la pièce avant que son visage ne prenne un air stupéfié. Il regarda Reita qui s'était étalé sur le lit sans quitter sa couverture. Il se passa une main dans les cheveux avant d'affirmer d'un air accusateur :
- Le lit est le meuble principal de la pièce si j'ai bien compris…
Le visage de Reita se décomposa un instant mais il se reprit vite. Ses yeux restèrent pourtant emprunt d'une douleur que Hizumi avait du mal à déchiffrer.
- Oui. Le meuble principal… Tu as toujours eu le don de trouver les bons mots… Mais je crois que tu ne peux pas vraiment comprendre Hizumi, tu n'es pas à ma place.
Hizumi se retourna vers les deux personnes qui l'accompagnaient.
- Kazutake, tu penses qu'on peut tenter de le sortir de là? Ou bien on sera trop nombreux si on est quatre?
- Reita? Pour lui il y a toujours de la place. Si il s'explique bien sûr…
Reita baissa la tête avant de la relever avec un air de défi.
- Il n'y a rien a expliquer, et je n'ai jamais dit que je voulais sortir.
Hizumi eut un petit sourire condescendant et entra dans la chambre. Reita le regarda avec surprise alors qu'il ouvrait tous les placards et fouillait dans ce qui s'y trouvait. Quand il eut fait le tour de la chambre il avait l'air scandalisé.
- Tu trouves rien d'autre que des yukatas ici! C'est pas possible ce truc! Je croyais que Gackt était riche!! J'y crois pas!
Reita sourit. Il se leva, traînant toujours sa couverture sur lui. Il ouvrit un tiroir qu'il montra à Hizumi.
- Mes fringues sont là Hizu-kun.
- Mets-les.
Hizumi retourna à la porte qu'il referma derrière lui, laissant seul dans sa chambre un Reita surpris. Au bout d'un moment, il rouvrit la porte pour le trouver à nouveau habillé. Il regarda son visage un instant avant de dire avec son habituel sourire moqueur :
- J'aimais bien ton nez…
Puis il fit demi-tour en lui ordonnant de le suivre. Reita s'exécuta sans savoir pourquoi. Il avait trop peur de s'expliquer avec Gackt finalement. Mieux valait une bonne explication avec eux. Et de toute façon, il ne risquait rien avec Hizumi et Kazutake. Il regarda le troisième qu'il ne connaissait pas. Vêtu d'un robe à froufrous, il paraissait plus jeune, plus timide que les deux autres. Ses mains gantées de dentelles s'agrippaient à sa robe et il n'avait pas regardé Reita un seul instant, semblant réfléchir à autre chose. Reita regarda Kazutake qui les menait d'un air sûr de lui à travers les couloirs. Ce baka12 connaîtrait ici? Son regard se posa ensuite sur Hizumi qui suivait son ami sans sembler douter de lui. L'homme au bandeau haussa les épaules. Pourquoi ne pas leur faire confiance après tout? Quand ils furent enfin sortis, Hizumi attrapa Reita par le col et le plaquant contre un mur approcha son visage du sien.
- Maintenant tu t'expliques.
Reita haussa les épaules avant de le repousser. Kazutake posa sa main sur l'épaule du blond dans l'espoir de le calmer mais Hizumi le repoussa violemment, ne lâchant pas Reita. Rame regardait les deux hommes, ne sachant pas s'il devait intervenir.
- Parle. Ou je te tue.
Un léger sourire s'installa sur les lèvres de Reita alors qu'il cessait de se débattre. Un sourire un peu triste. Mais pas vraiment résigné. Hizumi le gifla violemment.
- Tu te reprends et tu parles bordel! T'as pas perdu ta langue quand même, connard!
- Hizumi, calme-toi, tenta d'intervenir Kazutake en lançant un regard désolé à Reita.
- Urusai13! Parle Reita! Parle!
Kazutake regardait tour à tour les deux hommes ne sachant pas comment calmer l'un et faire parler l'autre. Finalement, ce fut Reita qui débloqua la situation en se décidant enfin à parler.
- Qu'est-ce que tu veux que je t'explique baka?! Je t'ai déjà dit : il n'y a rien à expliquer.
Hizumi le lâcha brusquement et Reita s'étala par terre. Surpris d'avoir été lâché si subitement. Hizumi s'accroupit en face de lui.
- Tu ferais mieux de m'expliquer, de tout me dire maintenant. Je t'emmène là-bas. Si tu ne me dis rien, tu devras t'expliquer devant eux. Rame a fait son choix. C'est à lui de le leur expliquer. Toi tu as sûrement fait ton choix pour en arriver là. Et à présent, tu dois nous l'expliquer. Si tu veux, j'te ramène chez moi, tu seras plus à l'aise pour parler de tout ça…
Reita hésita un instant avant d'acquiescer, sans un mot.
- Kazutake, on rentre à la maison. Rame, tu viens avec nous? On te ramènera après de toute façon.
- Hai, hai, je viens.
Hizumi lui sourit avant de tendre la main à Reita pour l'aider à se relever. Reita le regarda un instant surpris, avant de sourire et d'accepter cette aide. Ils se dirigèrent sans un mot vers la voiture de Kazutake qui allait les ramener chez Hizumi. Là-bas il parlerait. Il s'était toujours sentit en sécurité dans la maison de Hizumi. Sans savoir pourquoi. Peut-être parce que c'était le seul qui faisait toujours les chose dans son intérêt. Et qui l'avouait. Avec lui, l'hypocrisie n'avait plus de place.
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Daisuke regarda Tatsurou. Ils n'avaient pas encore sérieusement parlé depuis qu'il s'était réveillé. Et il en avait assez d'avoir l'impression que son ancien amant le fuyait en permanence. Du moins en privé. En public, ils étaient toujours collé l'un à l'autre. Mais dès qu'ils se retrouvaient seul, Tatsurou annonçait qu'il allait se coucher et s'allongeait dans le lit en lui tournant le dos. Daisuke le regarda se glisser sous les couvertures. Il s'était assis sur le bureau. Mais moi j'ai envie de te parler alors je peux te dire que tu vas m'écouter…Mais il ne se sentait plus le courage de provoquer le brun. Il attendit que celui-ci ait fermé les yeux après lui avoir souhaité bonne nuit. Il attendit qu'il fasse semblant de dormir alors que sa respiration était encore trop rapide. Tatsurou ne dormait pas plus que lui. Il le savait. Il s'approcha du lit et s'accroupit jusqu'à ce que son visage se trouve juste en face de celui de son ancien amant. Il approcha lentement ses lèvres des siennes avant d'y déposer un léger baiser. Tatsurou ne répondit pas. Il continuait à faire semblant de dormir. Après lui avoir tendrement caressé les cheveux, il s'assit en tailleur face au visage de son amant et commença à lui parler. Faisant tout de même semblant de croire qu'il dormait. S'il devait lui parler ainsi, tant pis, au moins il lui parlerait.
- Sumimasen Tatsurou, apparemment, je ne suis pas ton prince charmant, tu ne t'es pas réveillé sous mon baiser… Tu sais, je suis conscient de tout ce que j'ai fait. Et je sais à quel point tu pourrais m'en vouloir. Mais tu ne m'en veux pas. Mais tu m'évites. C'est ça ma punition? Je sais, je te gène. Enfin, c'est l'impression que j'ai. Mais tu sais, je ne vais pas rester ici plus longtemps. Je n'ai plus vraiment de raison de rester auprès de toi. Puisqu'apparemment nous ne pouvons plus vivre comme avant. Alors je te quitte mon cœur. Je ne le veux pas, mais je n'ai plus vraiment le choix. Je te quitte. Je t'aime tu sais. Mais moi je m'en veux. J'aurais du avoir la capacité de résister à cette drogue. A cause de moi, tu as travaillé pour Lui toutes ces années. Je vais te quitter mais comme j'ai pas envie de vivre autrement qu'avec toi, je vais mourir. Tu sais, me suicider, c'est plus simple, pour toi et pour moi. Je sais que tu te sentiras coupable mais au moins, tu ne m'en voudras plus. C'est égoïste mais tu sais très bien que je le suis.
Il se redressa. Tatsurou n'avait pas réagit. Tant pis. Il déposa un dernier baiser sur ses lèvres. Au moins, il n'aurait pas à écouter ses arguments. Quand il rompit le baiser, il vit que Tatsurou avait ouvert les yeux et le fixait d'un regard plein de reproches.
- Tu croyais vraiment que je t'aurais laissé partir comme ça?
Daisuke lui adressa un petit sourire désolé.
- Tu ne me feras pas changer d'avis Tatsurou. Désolé.
- Si je te dis que je suis d'accord pour que notre histoire recommence comme avant?
- Tu le fais pour me sauver, tu ne le penses pas.
- Si, je le veux. Parce que je me sens responsable de toutes ces années où tu n'étais plus maître de toi. Mais je t'aime. J'aurais du tenter de te sauver koibito…
- Tu n'aurais pas pu. Je vais me coucher.
Daisuke se dévêtit et se glissa dans le lit. Il souhaita rapidement bonne nuit à Tatsurou avant de lui tourner le dos. Tatsurou le regarda un instant, surpris par sa froideur. Il se glissa vers lui et se colla contre lui. Il passa doucement ses bras autour de sa taille pour le serrer un peu plus contre lui. Il posa doucement sa bouche dans le coup de son amant.
- Je sais que tu ne résisteras pas à ça non plus saiai no14…
Daisuke frémit alors que les mains de son amant caressaient son torse à force de frôlement pour finir pas descendre sur son ventre où elles entamèrent la même dance. Le jeune homme n'eut aucun mal à deviner quel était leur destination finale. Il le laissa faire tant il sentait le désir affluer en lui. La bouche de Tatsurou parcourait son dos, y traçant un chemin de baisers. Daisuke gémissait. De plus en plus fort. Il sentit la bouche de son amant sourire sur la peau de son dos. Il se retourna brusquement, mettant fin aux si délicates caresses.
- Ça t'amuses hein? Tu vas voir!
Tatsurou, surpris par son air résolu et faussement en colère mais qui cachait mal son amusement se laissa faire. Daisuke le mit sans douceur sur le dos et s'assit sur son bas ventre. Il posa sa bouche dans le creux où le cou rejoint l'épaule avant d'y appliquer un léger suçon puis de laisser sa langue descendre sur le torse de son amant, sur son ventre en mille arabesques. Tatsurou passa les mains dans les cheveux de son amant pour s'y aggriper alors que Daisuke laissait sa langue descendre de plus en plus bas. Il attrapa le sexe de son amant à pleine bouche, le faisant crier. Tatsurou se mordit la lèvre mais ne put s'empêcher de continuer à gémir. Il finit par se libérer dans la bouche de son amant. Celui-ci se redressa et remonta vers sa bouche. Il l'embrassa à pleine bouche. Ils se séparèrent à bout de souffle. Les mains de Daisuke repartirent sur son corps, elles le soulevèrent par les hanches. Les jambes de Tatsurou se lièrent autour de la taille de son amant.
- Daisuke… si tu meurs, laisse-moi mourir avec toi…
- Hai.
Un murmure. Et Daisuke pénétra son amant en douceur. Il commença lentement à se mouvoir en lui pour accélérer progressivement ses mouvements. Des vagues de plaisirs les submergeaient. Leurs cris se mêlaient, leurs corps aussi. Le regard de Tatsurou ne quittait plus le visage rayonnant de Daisuke. Il finit par fermer les yeux lui aussi pour se laisser totalement perdre dans le bonheur que son amant lui apportait. Quand ils atteignirent ensemble le sommet de leur plaisir, il ne prirent pas la peine de crier le nom de l'autre. Chacun ne pensait qu'à son amant. Et savait que s'était réciproque. Aucun besoin de le redire.
oOo
Hizumi apporta un plateau avec sa petite théière et ses tasses en porcelaine de modèle traditionnel qui juraient totalement avec le reste des objets de la maison et le posa sur la table basse avant de s'asseoir en face de Reita. Celui-ci gardait la tête baissé, ses mains jointes sur ses genoux. Les trois autres le regardaient. Deux avec insistance, le dernier avec surprise. Hizumi soupira avant de lancer le sujet.
- Tu couchais avec Gackt.
Une affirmation. Ni une question ni une accusation. Une simple constatation. Qui attendait une explication.
- Il t'y a forcé?
Rame avait posé la question d'une voix timide. Reita leva vers lui un regard sans émotion. Le petit brun rougi et recula contre le mur.
- Sumimasen, je ne voulais pas vous embêter… Sumimasen…
- Non, ce n'est rien… le rassura Reita qui avait à nouveau baissé les yeux. Il ne m'a forcé que trois fois…
- Au début je suppose…
- Hai… Et puis la dernière fois…
Hizumi redressa la tête avec un air interloqué.
- Il ne m'a jamais fait de mal sinon… Juste la dernière fois… Je lui ai dit… j'aurais pas du…
- Reita… Tu t'es attaché à lui hein?
- Hai.
- Tu as oublié à quel point il nous a tous fait souffrir?
- Iie. Je sais que c'est un monstre. Il me le disais à chaque fois. Il me rappelait toujours qui il était. Par un moyen ou un autre. Je suis désolé. Je l'aime…
- Tu l'aimes…
La voix de Hizumi était un murmure rageur. Comme s'il s'en voulait à lui-même.
- Gomen nasai mou boka wa15…
- 'kuso16! Arrête de t'excuser bordel! Ça me fout en rogne! Si tu l'aimes, t'as à t'excuser de rien!
Hizumi se leva brusquement avant de commencer à tourner en rond dans la pièce. Reita le suivit du regard. Il lui disait de ne plus s'excuser? Comment ça? Hizumi était décidément incompréhensible. Comme toujours. Pour l'instant, il ne devait pas se préoccuper des étranges réactions de Hizumi, il devait s'expliquer.
- Je pense finalement ne pas pouvoir vivre sans lui. J'ai pensé que si je revoyais Aoi, peut-être que je l'oublierais, mais finalement… J'ai été stupide. Je suis stupide. Je m'en excuse mais je n'y peux rien.
- T'es assez indulgent… Ce n'est pas "stupide" que j'utiliserais personnellement…
Reita sourit. Il appréciait vraiment Hizumi. Ici, il aurait pu vivre sans Gackt, dans cette maison presque glauque. Mais jamais il ne squatterait chez Hizumi. Il voulait revoir Gackt. Ils devaient parler.
- Je crois que je vais retourner là-bas…
- Et Aoi? Il aurait voulu te revoir…
- Il vaut mieux qu'ils croient que je suis mort.
Hizumi le regarda un instant d'un air triste.
- Si c'est ce que tu penses… C'est ton choix et le tien seul. Assumes-en les conséquences.
Il s'approcha de Reita et lui tendit la main. Reita l'attrapa après un instant d'hésitation et la serra avec ferveur. Hizumi se tourna ensuite vers les deux autres.
- Bon, Kazutake et Rame, Reita est mort. Kazutake, tu vas le ramener. Tandis que moi, je ramène Rame là-bas chez Mana.
Rame se plaça devant Reita avec un air faché à la grande surprise des trois autres.
- Reita, tu es égoïste, je l'admets. Cependant, si ta connerie avait des limites, tu serais allé voir Aoi. Je finis donc par conclure que tu n'es qu'un abruti fini. Sache que Aoi n'est pas comme tu te l'imagine. Aoi est fort mais te savoir en vie lui permettrais de vivre pour lui. Il ne vit plus. Il ne survit que pour te venger. Quand il y sera arrivé, qui sait ce qu'il fera. Si tu tiens un minimum à lui, va au moins lui parler. Tu es peut-être trop lâche pour lui expliquer. Mais parle-lui. Pas forcément de toi. Dis-lui que tu tiens à lui, mais que tu dois partir. Mais va le voir où alors tu mérites réellement rien de mieux que de crever, même pas l'amour d'un monstre…
Rame se releva et se dirigea sans un mot vers la porte avant de se retourner et regarder d'un air surpris Hizumi qui restait stupéfié.
- On y va?
- Eto… hai…17
- Chotto matte…18
Kazutake s'étala dans un fauteuil alors que Reita attrapait la manche de Hizumi pour le retenir.
- Quand vous vous serez décidés, vous me préviendrez hein…
- Désolé Ka-kun. Hizumi, je vais… aller voir Aoi. Tu voudras bien me ramener là-bas. Mais je ne sais pas si je veux voir les autres… Juste Aoi, j'aimerais juste voir Aoi…
Rame sourit. Il s'approcha de lui avant de poser une main sur les siennes.
- Je te l'amènerais. Tu ne verras que lui. Mais s'il te plaît, ne l'oblige à rien par rapport à toi.
Reita acquiesça presque timidement avant que Rame ne lui attrape la main pour l'aider à se relever. Ils se sortirent tous. Hizumi allait tranquillement ramener Rame chez Mana tandis que Kazutake conduirait Reita à l'endroit où Aoi devrait le rejoindre. Il verrait plus tard ce qu'il lui dirait. De toute façon, rien ne lui venait à l'esprit. Il ne dirait rien. Il improviserait. Des phrases toutes faites, aussi stupides les unes que les autres lui venait en tête. Il se hâta de les oublier et tenta de rassembler son courage comme il pouvait.
oOo
à suivre
oOoOo
o
°
+° Nyouh! Nyouh! °+
J'en ai marre du lycée, ça m'empêche d'écrire… J'dois travailler… en principe… ç ç J'en ai déjà marre… Je vais fuguer… Avec un Pc et une connexion internet, dans un endroit appelé Japon o
kyu qui se demande comment échapper au lycée et aux cours " (16/09/06)
Lexique :
01 Iie : non
02 Hai : oui
03 demo… kimi to yaritai…: mais…j'ai très envie de toi…
04 onegaï koïbito : s'il te plaît chéri
05 Nani: Quoi?
06 Ai shiteru … demo… Anata ga hoshii : Je t'aime… mais… Je te veux…
07 Sumimasen : Désolé
08 Oyasumi : Bonne nuit
09 Gomen nasai : Désolée
10 Daijobu desu ka: ça va?
11 Konban wa : Bonsoir
12 Baka : Idiot
13 Urusai : ferme ta gueule
14 saiai no : mon amour (plus précisément : saitrès, beaucoup; aiamour)
15 Gomen nasai mou boku wa: pardon (ok, je résume, et alors, èé")
16 'kuso : 'tain
17 Eto…hai… : euh… oui…
18 Chotto matte : Attends un peu (ou "attendez un peu")
