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on choisit parmi les rêves ceux qui vous réchauffent le mieux l'âme
Chapitre11
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Toshiya n'avait pas lâché la main de Kai alors que Hide enfonçait l'aiguille, puis la retirait avant de l'enfoncer à nouveau. Il faisait en sorte de faire ça le plus délicatement possible, que ça ne fasse pas trop mal à ses clients, sa bonne volonté se lisait sur son visage. Il avait tout de même passé un bandage autour du bras d'Aoi pour éviter toute infection. Il finit par reposer l'aiguille sur le petit plateau à côté de lui. Kai eut une légère grimace quand il se redressa et tenta de remuer son bras. Toshiya le regarda avec inquiétude. Hide alla chercher de la crème qu'il passa délicatement sur l'avant-bras du jeune brun. Alors qu'il lui passait le bandage il lui fit quelques recommandations pour ne pas que ça s'infecte.
- Et tu risques d'avoir mal pendant quelques jours, la douleur devrait s'amenuiser rapidement, fais en sorte qu'on ne te donne pas de coups dans le bras sinon, forcément ça va te lancer… Si tu as mal, tu peux passer la pommade, surtout quand t'as l'impression que ça te brûle, t'hésites pas. C'est bon, tu peux y aller. J'espère que ce que j'ai fait te plaira, tu me diras.
Kai acquiesça en rendant à Hide le grand sourire qu'il lui adressait. Toshiya qui le tenait toujours par la main le tira en dehors de la petite salle. Hide regarda son dernier client de la matinée et l'invita à le suivre. Ruki se leva et se tourna d'un air surpris vers Die, le sentant se lever en même temps que lui.
- Bah quoi? Je viens avec toi! Tu vas pas y aller tout seul non plus, c'est pas agréable…
Ruki eut un sourire de remerciement et s'avança vers le tatoueur qui regardait Die d'un air boudeur.
- C'est gentil, dis tout de suite que ma compagnie n'est pas agréable…
Son ton fâché se démentit vite par le sourire moqueur qui vint s'installer sur ses lèvres. Die lui tira la langue en passant devant lui ce qui le fit rire gaiement. Il passa derrière Die. Ruki regardait la pièce avec angoisse. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Mais il avait choisit de cacher sa marque. Uruha était contre. Mais qu'est-ce qu'Uruha avait à faire là-dedans?! Il n'appartenait qu'à lui, c'était à lui de faire les choix. Die ne lui avait rien dit une fois qu'il avait décidé. Il comprenait? Probablement pas… Mais il avait dit être contre au départ, alors pourquoi avait-il tenu à venir avec lui? Pour ne pas qu'il soit seul avec ses doutes, tout simplement… Sans arrières pensées. Il serait avec lui quand il perdrait son passé. Peut-être serait-il avec lui quand il se chercherait un futur… Mais il devait déjà se construire un présent alors il avait encore le temps avant de penser à un quelconque avenir. Hide le fit s'allonger et relever sa manche. Ruki tendit le bras. Il sentit la main de Die se glisser dans la sienne et croisa son regard. Un regard qui se voulait rassurant. T'en fais pas, je suis là, ça va aller… Oui, Die semblait vouloir le rassurer.
- Tu veux que je fasse quelque chose de précis ou t'as vraiment pas d'idée toi non plus?
Ruki eut un semblant de sourire contrit.
- Désolé, je n'en ai aucune idée, quelque chose de pas trop moche si possible…
- T'en fais pas, avec Hide, il n'y a pas de risques que ce soit moche… C'est un artiste…
La voix de Die semblait presque admirative. Ruki eut un instant l'envie de retirer son bras de la main du tatoueur, d'éloigner immédiatement Die de ce blond qui semblait si candide. Il se résonna sans problème. Hide eut un petit rire à la remarque du rouge, un rire pas amusé mais qui semblait reconnaissant du compliment. Avait-il vraiment des soucis à se faire sur la relation qu'entretenaient ces deux-là? Il se l'était déjà demandé en arrivant, en voyant comment Hide s'amusait à saluer l'assistant du médecin. Mais de toute façon, pourquoi s'en ferait-il de leur relation? Die pouvait fréquenter qui il voulait, ça n'était pas son problème. Et le tatoueur semblait quelqu'un de totalement franc comme semblait vouloir le prouver son sourire. Pourquoi refusait-il de les laisser être amant? Il ne se comprenait plus… Lui avait Uruha, il s'était juré d'aimer Uruha toujours. Jusqu'à ce qu'il en meure… Alors pourquoi? L'aiguille qui traversa sa peau le tira violemment de ses pensées et l'empêcha d'y revenir pendant un moment, il estima que ça n'était pas plus mal. La douleur lui envahissait le bras et lui donnait l'impression de résonner désagréablement dans sa tête. Il n'avait plus réellement conscience que de la main du rouge dans la sienne. Il resserra son emprise sur cette main, ne pas la lâcher. Ça lui semblait n'être qu'un prétexte. Tant pis, ne plus la lâcher. Il était habitué à la douleur mais pas sous sa peau. C'était étrangement désagréable de la retrouver après ces quelques jours à l'abri. C'était le prix à payer pour ne plus la ressentir. Une dernière fois, encore plus fort et après, le vrai calme. Peut-être… Sûrement pas en fait. Parce que même après, tout ça ne serait pas fini. Quand Hide abandonna son bras avec un sourire satisfait, il se redressa lentement. Son bras le lançait mais il n'en montrerait rien. Il devait être fort. C'était comme ça. Die n'essaya pas de dégager sa main de la sienne. Hide sembla surpris de les voir se tenir ainsi. Son regard s'attarda imperceptiblement sur leurs mains liées. Die se demanda s'il avait bien vu, si l'ombre d'un sourire amusé était vraiment passé sur les lèvres du blond. Ruki, lui, n'avait rien vu, il ne connaissait pas Hide ni ses réactions habituelles. Quand il se retourna vers eux après avoir été chercher de la crème et des bandages, son sourire était redevenu le même qu'auparavant et Die se demanda s'il n'avait pas un peu halluciné. Quand il eut finit de bander le bras de Ruki et de lui donner ses dernières recommandations, il les raccompagna jusqu'à la porte de la petite salle. Ruki n'avait toujours pas lâché la main du rouge et ne semblait pas décidé à la quitter de si tôt. Quand Die se retourna pour lui dire au revoir, il fronça les sourcils. Qu'est-ce que signifiait ce sourire moqueur et satisfait qui s'était installé sur les lèvres du tatoueur?! Il n'aimait pas ça. Il haussa les épaules et s'en alla sans un mot, la main du petit blond toujours liée à la sienne. Jui leur sourit en les voyant arriver. Aoi se leva pour aller serrer Ruki dans ses bras. C'est seulement pour rendre son étreinte au brun que Ruki lâcha enfin la main du rouge.
- Ça va Ruki?
- Hai! Légèrement douloureux mais ça va…
Sa phrase fut accompagnée d'un sourire douloureux. Aoi lui rendit un sourire sincère et satisfait avant de le serrer une nouvelle fois dans ses bras. Ils ne pourraient pas enlever leurs bandages tout de suite. Il leur faudrait encore un peu de temps pour être totalement séparés de cette marque. Hide rattrapa Die par le bras alors qu'il allait sortir.
- Faut que je te parle Die-chou, tu restes avec moi.
Die le regarda un instant, les sourcils froncés avant de soupirer et d'entrer de nouveau dans l'appartement du tatoueur. Ruki le regarda un instant, et croisant le regard de Hide, prit un air indifférent. Il lui sembla entendre le grand blond rigoler doucement mais il l'ignora et sortit sans ajouter un mot, attrapant le bras de Aoi. Jui salua Hide d'un signe de la main avant de sortir à la suite des autres, refermant la porte sur le blond qui faisait face au rouge.
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Quand Rame ouvrit la porte de la petite chambre, il ne comprit d'abord pas ce qui se passait. Kyô se dégagea brusquement des bras de Zero. Le jeune homme regarda un instant d'un air stupéfait les deux autres qui rougissaient furieusement avant de sourire. Zero se passa la main dans ses tresses d'un air plus qu'embarrassé.
- Désolé, je m'en vais… Hizumi voulait juste vous proposer un petit thé. Mais bon, c'est pas important…
Kyô croisa le regard hilare de Rame qui le fit encore plus rougir.
- Non, on… on va venir… boire un thé…
Zero regarda Kyô d'un air déçu et lança à Rame un regard plein de reproches. Shimatta, j'y étais presque! Quel baka ce Rame! Kyô se leva rapidement, alla chercher un tee-shirt et passa devant Rame en l'enfilant. Sa figure avait retrouvé une couleur à peu près normale. Rame le regarda partir vers le salon. Zero, alors qu'il allait passer devant Rame, hésita un instant.
- Eto… S'il te plaît, n'en dit rien à Hizumi… Il serait capable de tout foutre en l'air… Déjà que maintenant, ça risque d'être plus compliqué que prévu…
Rame acquiesça d'un air amusé et qui semblait vouloir s'excuser d'être arrivé au mauvais moment. Zero lui rendit son petit sourire contrit avant de partir d'un pas tranquille vers le salon. Quand il arriva, Hizumi discutait tranquillement avec Kyô. Celui-ci allait lui répondre mais se tut immédiatement à l'arrivée du brun aux longues tresses. Il le regarda un instant. Un malaise s'installa doucement mais Rame le dissipa en arrivant derrière Zero d'un pas joyeux.
- Bon! Au lieu de rester prostré comme ça, va t'asseoir à côté de Kyô, Zero-kun! Et dites-moi ce que vous voulez comme thé!
Hizumi regardait Zero et Kyô avec surprise. Qu'est-ce qui leur arrivait? C'était pas dans leurs habitudes pourtant de rester muets… Il essaya un moment de comprendre mais abandonna rapidement. C'était leur problème après tout! Il demanda du thé noir à Rame celui-ci acquiesça avant de s'enfuir vers la cuisine.
- Alors, Kyô, tu ne m'as pas dit pourquoi tu t'es fait agresser…
- Aucune idée… Sûrement à cause de dettes… J'en sais rien, je m'en fous…
- Si Jui n'était pas passé par là, tu étais mort.
- Je m'en fous. Je préférerais être mort des fois… Et de toute façon, Jui est passé par là et je ne suis pas mort… Le seul truc qui me gène, c'est que mes blessures me lancent, et que c'est chiant… Et aussi que Zero soit mon garde-malade en fait.
Zero le regarda d'un air accablé. Quand Kyô croisa son regard, il eut l'air surpris, presque choqué. Il resta un instant prostré mais se reprit rapidement et lui tira la langue d'un air moqueur et amusé. Pourquoi tu as l'air si blessé de m'entendre dire ça? Rame apporta le thé sur un plateau qu'il déposa sur la petite table qui avait été réparée en vitesse par Zero, peu de temps auparavant. Le petit brun qui portait encore aujourd'hui une robe à froufrous attrapa sa tasse et se bouina dans le petit canapé contre le jeune homme aux cheveux châtains. Zero les regarda un instant avant de sourire.
- Vous êtes définitivement ensemble ou bien vous en êtes encore au stade où vous vous tournez autour comme des bakas à attendre que l'autre fasse le premier pas?
Hizumi lui lança un regard assassin alors que Rame lui tirait la langue avant de s'apprêter à répondre mais le châtain le coupa.
- Ne prends pas la peine de répondre à ce baka Rame-chan, il ne mérite pas ça…
- Que tu es rancunier Hizu-kun…
Rame lui adressa un sourire amusé avant de capturer ses lèvres pour un léger baiser.
- Dis Rame, désolé d'aborder le sujet mais, l'incinération de ton petit frère, c'est quand?
Le visage de Rame s'assombrit à la question de Zero mais il fit en sorte de garder au moins un semblant d'humeur joyeuse.
- Demain, si tout se passe comme prévu…
- D'accord, j'y serais.
Rame regarda le brun aux longues tresses d'un air surpris. Kyô lui aussi regardait Zero bizarrement.
- Demo… tu ne le connaissais pas, c'est pas la peine… Que je sois tout seul ou non ne change rien tu sais, ce qui compte c'est que son buché soit…
- Peut-être, mais je veux être là, avec toi, parce que tu n'as pas plus de raison qu'un autre d'être laissé seul à une cérémonie de ce genre, et en plus, il faut te protéger de Nero maintenant…
- Nani?
- Ouais, maintenant qu'il sait tout de toi, qui sait ce qu'il va tenter contre toi. Il est vexé de ne pas t'avoir démasqué lui-même. Il t'en veux je crois…
Hizumi regarda Zero un instant, pensif.
- Bon, bah je viens aussi alors. Je vais pas te laisser aller tout seul avec cette brute de Zero à la cérémonie funéraire de ton petit frère! De toute façon, même sans ça, je suis tenu d'y assister avec toi. Je ne suis pas ton amant pour rien non plus!
Rame le regarda avec étonnement avant de lui répondre d'un sourire franc et reconnaissant.
- Merci beaucoup, c'est trop gentil… J'aurais jamais pensé qu'il y aurait d'autres personnes que moi à cet cérémonie… Je ne sais pas comment vous remercier…
Zero sourit.
- T'as pas besoin de nous remercier, c'est normal… Quand à Hizumi, si tu tiens vraiment à lui prouver ta reconnaissance, je pense qu'il à bien une petit idée derrière la tête…
Hizumi le foudroya du regard alors que Rame ne pouvait retenir un léger pouffement de rire. Kyô qui était resté tassé dans son coin, toussota timidement.
- Eto… Je pourrais me joindre à vous?
- Toi aussi? Si tu veux, ça n'est pas spécialement que je veuille inviter toute la ville, inviter des inconnus, mais ça lui fera tellement plaisir de voir que je lui ai amené quelques personnes. Il doit penser qu'il n'y aura que moi… ça lui fera une bonne surprise!
- T'es superstitieux toi?
Le châtain semblait surpris par les paroles de son amant.
- Pas réellement, disons juste que, parler à mes morts est le seul moyen que j'ai trouvé pour rester sain d'esprit dans ce monde bizarre…
Kyô sourit amicalement à Rame. Ce petit brun était aussi étrange qu'il en avait l'air. Et encore plus agréable à connaître que Kyô ne l'aurait pensé.
- Mais, bien sûr Kyô-san, tu peux venir, ça lui fera plaisir, et à moi aussi!
Kyô acquiesça. Ils burent leurs thés en silence. Sauf Rame. La tasse serrée entre ses fines mains gantées de dentelle, il n'avala pas une seule goutte. Quand Hizumi lui demanda si ça allait, il se tourna vers lui avec un sourire on ne peut plus satisfait.
- Oui, ça va. On sera quatre, ça va être sympa!
Hizumi piqua alors un léger baiser sur ses lèvres avant de regarder Zero d'un air pensif. Il hésita un instant mais se décida tout de même à rompre le silence du petit salon.
- Eto… merci d'y avoir pensé Zero…
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Sanaka attendait patiemment dans le grand bureau. Il ne s'était pas assis. L'Autre aurait pu le prendre comme une atteinte à son autorité. miyavi lui, n'avait pas hésité et, installé dans le fauteuil qui faisait face à la baie vitrée, il contemplait le paysage d'un air pensif mais qui gardait toujours une ombre d'ironie. Quand la porte s'ouvrit, il se leva sans hâte pour saluer son chef qui entrait dans la pièce. Sanaka Le salua d'une légère courbette tandis que l'espion se contentait d'un hochement de tête. Tous deux gardèrent les yeux baissés, attendant qu'Il leur adresse la parole en premier. Gackt alla d'abord S'installer à Son bureau et regarda un moment Ses deux subordonnés qui ne bougeaient pas. Il soupira avant de leur parler.
- Asseyez-vous…
Ils obéirent immédiatement, se trouvant face à Lui, sans détourner le regard cette fois.
- De quoi vouliez-vous me parler?
- Je voulais Vous faire part de mon avis Gakuto-san…
- Vas-y toujours…
- Les rebelles disent se battre pour les Geishas entre autre, ne? Pour les sauver…?
- Hai. Et?
- Si ils se battent pour les Geishas, ils doivent bien en connaître certaines, au moins pour savoir ce qui se passe par ici, et ils doivent sûrement les informer des progrès de leur organisation…
- Hai…
- Je voulais Vous demander si je pouvais employer miyavi en Votre nom si j'ai un doute sur un client…
Gackt regarda Sanaka avec intérêt.
- C'est assez intelligent ton raisonnement. Et bien, si c'est pour débusquer les résistants, oui, tu peux donner une mission à miyavi en Mon nom… Mais j'aimerais que tu M'en informes le plus tôt possible.
- Bien évidemment.
- Je suis là juste pour entendre ça moi?
miyavi avait l'air déçu et il ne fit pas attention à l'air choqué de Sanaka, le voyant parler ainsi à leur maître.
- Eto… oui miyavi… Tu feras en sorte d'être à la disposition de Sanaka au cas où… Et tu n'oublies pas, les missions contre les rebelles sont toujours les plus importantes pour toi… Nous ne devons négliger aucune piste.
miyavi acquiesça et Il appuya sur Son interphone pour demander à ce qu'on ouvre la porte aux deux subalternes. Shinya vint lui-même le faire. Il les salua d'une petite courbette alors qu'ils le dépassaient et referma la porte derrière eux, s'enfermant dans la salle avec Gackt.
- Gackuto-sama…?
- Oui?
- Est-ce que je peux Vous poser une question qui risque de Vous énerver…?
Gackt le regarda avec un étonnement qui se mua rapidement en amusement.
- Oui, vas-y…
- Pourquoi ne demandez-vous rien à Reita en ce qui concerne la résistance?
Gackt se figea un instant. Shinya savait qui était Reita… Pourquoi? Comment le savait-il? Comment connaissait-il Reita? Il n'en avait pas le droit. Il ne pouvait de toute façon n'être au courant de tout que s'il faisait partie de la résistance.
- Pourquoi tu connais Reita?
La question était abrupte, sèche.
- Eto… Je l'ai connu quand il était petit. Et j'ai appris récemment qu'il avait été dans la résistance. Et quand je l'ai revu l'autre jour, je l'ai tout de suite reconnu… même si je dois avouer que ça m'a choqué de le voir ainsi à Vos ordres… Il était plutôt de nature solitaire et rebelle Vous savez…
- Je vois… Si je ne lui demande rien c'est simplement parce que ça ne servirait à rien… Sauf à détériorer les choses… Et si je le faisais, il me mentirait de toute manière…
- Vous en êtes sûr?
- Non, mais je préfère penser ainsi…
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Il continuait à le fixer avec son grand sourire satisfait. Le rouge le regardait d'un air désespéré, attendant qu'il finisse enfin par s'expliquer. Hide réagit enfin, lui sautant dessus pour lier ses bras autour de son cou.
- Toutes mes félicitations Die-chou! Tu t'es enfin décider à abandonner tes vieux souvenirs pour te caser! Très bon choix soit dit en passant, très mignon dans le style nain blond possessif.
- Qu'est-ce que tu racontes encore là?
- Je te félicite pour t'être enfin trouvé quelqu'un mon grand!
- Tu te fais des idées mon petit, j'ai personne encore…
- Bah si, t'as le nain blond…
- T'es con ou quoi? J'suis pas avec Ruki! Il est avec Uruha en plus…
- Et ben ce pauvre Uruha risque de finir cocu dans peu de temps.
Die le regarda d'un air affligé.
- T'as rien compris, il avait pas envie de passer tout seul au supplice, alors je l'ai soutenu, c'est tout… T'as l'esprit tordu toi… En plus, je ferais jamais ça à Uru-kun.
- Bah, si t'es pas consentant, il te violera je pense, parce que vu la façon dont il te regardait et vu comment il me dévisageait méchamment à chaque fois que tu me parlais ou que tu me faisait un compliment…
- Tu te fais des idées Hide… Oublie ça, c'est juste dans ta tête…
- On verra… En attendant, j'suis prêt à parier…
- Bah rembourse-moi ce que tu me dois, on verra après.
- Si jamais j'ai raison, je ne te dois plus rien, ok?
- Mmmhh…
- En attendant, fais pas exprès de me faire perdre non plus hein!
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Daisuke s'appuya dos à la barrière. Derrière lui, le gouffre qui coupait la ville en deux semblait les menacer. Menacer de quoi? De les punir s'ils passaient sûrement. On était toujours puni quand on passait ce gouffre. Tatsurou regarda son amant comme s'il attendait qu'il lui dise quelque chose. Daisuke le regarda un instant avant de se retourner nerveusement pour plonger ses yeux dans le vide. Ne plus le regarder… Ou je n'aurais jamais le courage de le faire…
- Qu'est-ce qu'il y a Daisuke?
Le ton était sûr de lui, presque inquiet. Quelque chose n'était pas comme d'habitude. Le jeune homme aux cheveux noir de jais ne se retourna pas à la question.
- Nero m'a demandé de te charger d'une mission Tatsurou…
- Et alors?
- Je ne peux accepter cette mission pour toi. Je lui ai dit que je refusais que tu fasses ça…
Tatsurou fronça les sourcils.
- Daisuke… c'est quoi cette mission?
- Mais Nero s'en fiche… Il m'a dit qu'il n'en avait rien à faire de ce que je pensais, de ce que je voulais, que si je me mettais en travers de la route de la rébellion, il me tuerait.
Le ton de Daisuke restait froid, même glacial. Il marqua une légère pause. Il ne devait pas se laisser aller, ça irait…
- Je le comprends, c'est son combat, je ne peux pas m'y opposer sans m'opposer à lui, et je sais qu'il n'hésiterait pas à me tuer. Il n'hésiterait pas à tuer son propre fils pour sauver la révolte. Mais je ne peux pas supporter que mon amant fasse… ça.
- Mais qu'est-ce que je suis sensé faire?!
- Tu dois accompagner Die. Parce que tu es un bon garde du corps selon Nero… Et tu dois rester avec une geisha. Tandis que Die ira retrouver sa geisha habituelle, celle qui leur sert d'indique. Celle qui les aide. Pendant que toi, tu seras avec une geisha…
La voix de Daisuke trembla légèrement. Il stoppa net. Non, ne pas craquer. Il sentit les bras de Tatsurou passer légèrement sous sa chemise pour l'enlacer tendrement. Il ne dit rien. Quand Daisuke reprit la parole, il n'avait pas réussi à se calmer, et cela s'entendait clairement dans sa voix qu'il n'allait pas tarder à pleurer.
- Mais moi, je ne peux pas accepter ça Tatsurou… Je refuse que mon amant aille aux putes, que ce soit pour une bonne cause ou pas.
Tatsurou le serra un peu plus dans ses bras, se balançant légèrement de gauche à droite comme pour le bercer. Il sentait son torse secoué de sanglots silencieux.
- Ne t'en fais pas Daisuke, ça sera juste une fois, rien de grave, je ne te tromperais pas réellement tu sais kokoro no…
Daisuke se dégagea de l'étreinte de son amant et s'éloigna brusquement de lui.
- Non, je ne peux pas. Je ne peux pas rester avec toi comme ça Tatsurou! Tu ne veux pas comprendre? Ça pourrait recommencer combien de fois comme ça encore?! Hein?! C'est le but de Nero, tu sais, il ne veut pas qu'il y ait d'histoire de cœur qui vienne gêner ses plans. Prends-le comme tu veux Tatsurou, mais moi je te quitte.
Tatsurou ne réagit pas sur le coup et regarda d'un air hébété son ancien amant qui se dirigeait d'un pas rapide vers la maison. Il se cogna dans Uruha qui sortait au même moment. Celui-ci s'excusa et n'eut en réponse qu'un grommellement pressé. Uruha le regarda avec surprise avant de lancer un regard interrogateur à un Tatsurou qui semblait ne même pas l'avoir remarqué. Tatsurou se décida enfin à réagir et passa devant Uruha sans lui adresser un mot. Le blond haussa les épaules. Si on ne voulait pas lui donner d'explications, tant pis, après tout, ça n'était pas son problème!
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Jui toqua à la porte. Il fut surpris quand il vit Rame lui ouvrir. Le petit brun lui adressa un grand sourire.
- Jui, on t'attendait presque!
Le blond haussa un sourcil. Rame l'attendait avec les autres?
- Viens, entre!
Rame ferma la porte derrière lui. Quand Jui entra dans le salon, Kyô fonça se pendre à son cou. Rame regarda la scène avec un sourire, son regard s'attarda un instant sur le visage de Zero puis il alla se bouiner à nouveau contre Hizumi. Jui les regarda un moment avant de sourire d'un air amusé.
- C'est donc lui ton petit protégé Hizu-kun… Je me demandais à qui tu pouvais bien t'être attaché…
Hizumi regarda le blond d'un air surpris avant de lancer au brun aux longues tresses un regard plein de reproches. Celui-ci prit son air le plus innocent possible mais le sourire amusé qui forçait le passage de ses lèvres démentait cette ingénuité. Jui regarda son petit brun un instant.
- Ça va Kyô? Tu vas mieux?
- Hai! Ça va très bien, t'en fais pas!
- On s'est bien occupé de toi?
Kyô hésita un instant, lança un bref regard à Zero avant de sourire au blond.
- Mieux que je ne l'aurais pensé… Plus que nécessaire même.
Zero se renfrogna et fit semblant de ne pas faire attention à ce que racontait le petit brun.
- Ah bon? Pourquoi?
- Oh… ça serait beaucoup trop long à expliquer… mais bon, je dois avouer que ça n'était pas si désagréable que ça.
Jui perçut le léger sourire satisfait qui s'était installé sur les lèvres de Zero quand le petit brun eut dit ça. Il haussa un sourcil.
- Je vois… Et… Non, rien, c'est pas grave. Mais… je me demandais si ça ne serait pas mieux que tu restes là quelques jours encore, si Hizumi est d'accord bien sûr, afin que tu te remettes totalement…
Hizumi regarda Jui un instant avant d'acquiescer.
- Bien sûr, je ne fais pas garde-malade d'habitude mais je peux bien faire une exception…
- Comme si c'était toi qui faisais le garde-malade, grommela Zero.
- Tu as quelque chose à redire à mon organisation Zero?
Un grognement de la part du grand brun lui répondit.
- Heureux de te l'entendre dire… Bon… Kyô, tu fais quoi alors?
Kyô sembla hésiter sincèrement un moment. Puis, il fixa ses yeux dans ceux de Jui.
- Tu crois vraiment que ça serait mieux si je restais un peu ici encore?
Jui acquiesça avec un léger sourire amusé.
- Bon bah je reste alors.
- Ça risque d'être dangereux pour toi dans ce cas-là Kyô… On risque encore de s'occuper trop de toi…
Kyô regarda Zero qui venait de dire ça, les yeux perdus dans sa tasse. Il eut un sourire moqueur avant de répondre.
- Je suis prêt à prendre le risque.
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Die entra dans le bureau où Nero lui avait ordonné de venir. Sûrement une mission. Le chef le rejoignit presque immédiatement. Il remonta ses lunettes sur son nez avant de s'asseoir dans son large fauteuil, derrière son bureau.
- Die, ça fait longtemps que tu n'es pas allé voir ta Geisha, ne?
Die ne répondit pas tout de suite, toujours l'air aussi neutre, il se rendit compte qu'il l'avait oublié. Ce jeune homme qui l'accueillait toujours chaleureusement était sortit de son esprit ces derniers jours.
- En effet.
- Tu vas aller lui dire que ça avance… ça avance même plutôt bien ces derniers temps. En quelque sorte grâce à Aoi…
- D'accord. Je lui dis juste ça?
- Oui, Tatsurou t'accompagne.
- D'accord.
Die n'ajouta rien. Il n'avait pas changé de posture depuis l'arrivée de Nero et répondait toujours de la même manière, neutre, froide et distante. Nero le regarda un instant avant de soupirer et de se décider à le congédier. Die se leva sans hâte et sortit sans un autre regard à leur chef. Il se rendit sans marcher plus vite vers l'immeuble de Mana. Il allait chercher Tatsurou immédiatement. Plus vite ils seraient partis, plus vite ils en auraient fini avec cette fichu mission. Il avait envie de revoir sa geisha mais s'inquiétait toujours autant pour ce jeune homme à chaque fois qu'il allait lui rendre visite. Et si quelqu'un le démasquait? Qu'est-ce qu'on ferait subir à une geisha de son espèce? Qu'est-ce que l'Autre et Son esprit pervers irait imaginer comme torture? Shun ne méritait cela en aucun cas, il semblait trop fragile pour supporter ce genre de chose. Mais il n'avait pas de raisons d'être pris après tout. Ils avaient toujours une relation, Die se contentait de lui glisser à l'oreille ce qu'on lui avait demandé de lui dire. C'était toujours lui qui y allait, ainsi, ils étaient sûrs de ne pas se tromper de personne. Et si Shun avait un message à lui passer, il le faisait à mi-voix, alors qu'ils étaient sur le point de s'assoupir. Quand il arriva devant la porte de la pièce qui servait à moitié de salon aux nouveaux occupants de l'immeuble il ne fut pas surpris de constater qu'elle était encore occupée. Il lui sembla un instant que cette pièce ne serait jamais vide. Il sourit à cette idée. Mana ne serait probablement pas trop d'accord. Il aimait que son immeuble soit constitué à majorité de pièce vide. Exception faite si les occupants des pièces étaient des clients. Ruki bondit vers lui en le voyant arriver.
- Il voulait te dire quoi Hide?
Die le regarda un instant interloqué.
- De quoi? Hide?… Ah! Oui! Eto… de conneries, comme toujours avec lui…
Le rouge leva les yeux au ciel avec un sourire amusé. Puis, regardant qui était présent dans la pièce, il fut surpris de constater que Yomi était toujours là. Quand il lui demanda s'il avait l'intention de s'installer le petit brun lui tira la langue.
- Bah quoi?! Il fait bon ici, moi j'ai pas les moyens de me payer le chauffage!
Die sourit à la remarque.
- Bon, je cherche Tatsurou, vous sauriez pas où il est par hasard?
- Il est sortit faire un tour je crois, répondit Aoi.
- Eto… ça serait p't'être mieux que tu n'ailles pas le voir tout de suite, je crois qu'il s'est disputé avec Daisuke… Donc je pense qu'il préférerait être seul un moment…
Die regarda Kai d'un air triste.
- Nero est machiavélique des fois…
Celui-ci eut un sourire triste avant d'acquiescer. Aoi les regarda d'un air intrigué.
- Qu'est-ce que Nero vient faire là-dedans?
Die hésita un moment, mais jugeant trop compliqué de répondre clairement et de façon concise, il se contenta d'un "rien, rien d'important…". Aoi le regarda d'un air intrigué. Il se doutait bien que c'était par flemme que Die n'avait pas pris la peine de répondre mais il se dit qu'il finirait bien par savoir de toute manière.
- Bon, je dois quand même le trouver, c'est important, alors si vous aviez une petite idée de par où il est partit, ça m'arrangerait…
- Il a juste dit qu'il allait chercher des clopes.
Toshiya haussa les épaules.
- Vas savoir où ça va le mener…
Die le remercia d'un hochement de tête avant de partir à la recherche de l'ancien garde du corps. Il ne mit pas beaucoup de temps à le trouver, assis par terre, étalé, dos contre un muret, sa cigarette à la bouche laissant échapper de légères volutes de fumée grisâtre. Il l'entendit arriver mais ne bougea pas. Die s'assit sur le muret, juste à côté de lui. Attendant qu'il finisse sa cigarette et se décide à bouger en premier. Tatsurou tira une bouffée avant de retirer lentement la cigarette de sa bouche, la tenant fragilement entre ses doigts.
- Tu veux qu'on y aille?
- Oui.
- Tout de suite?
- Dès que t'auras fini ta clope.
- Si tôt?
- On en sera plus vite débarrassés ainsi…
- Mmmh…
Tatsurou savoura la fin de son mégot qu'il finit par jeter derrière lui.
- Allons-y… Puisque nous n'avons pas le choix…
oOo
Il avait bien fait de demander de l'aide à Hizumi. Voir Zero s'intéresser ainsi à Kyô l'inquiétait un peu, il devait se l'avouer, mais ça n'était finalement, peut-être pas plus mal. Il ne devait plus se faire de soucis pour son petit brun. Il serait bien protégé par Zero. De toute manière, Nero n'oserait jamais rien tenter contre eux trois. On pouvait se demander pourquoi d'ailleurs. Il ne savait pas pourquoi, mais il savait que c'était comme ça. Et c'était très bien ainsi. Au moins, un endroit dans le ghetto était à l'abri des affres de la rébellion. Et Kyô se trouvait dans cet endroit. Il se dirigeait sans même y faire attention vers l'immeuble du médecin. Quand il s'en rendit compte, il sourit. Tant mieux, il irait voir si Yomi avait déserté le coin ou non. Alors qu'il approchait de la porte principale qui ne ressemblait plus à grand chose avec son battant à demi arraché, quelqu'un lui rentra dedans. Il le reconnut sans peine et le retint doucement par le bras. Il essaya un moment de dégager son bras mais la poigne malgré sa délicatesse était de fer.
- Où fuis-tu comme ça Daisuke?
Celui-ci lui adressa un regard énervé avant de respirer un grand coup pour se calmer.
- Nulle part, je ne fuis pas.
Jui eut un sourire compatissant, amical et moqueur à la fois.
- Mais bien sûr… Allez, viens, on va en discuter autour d'une table et d'une bonne tasse de thé bien chaud.
Alors que Jui l'entraînait en douceur dans le bâtiment, le jeune brun refusa de le suivre. Jui se retourna vers lui d'un air surpris et contrarié.
- Qu'est-ce qu'il y a?
- Je ne veux pas retourner dans cet immeuble.
- Et pourquoi donc?
- Parce que. Je ne veux pas vivre aux crochets de Nero.
- Ah…
Jui eut un léger sourire.
- Tu as donc toi aussi un problème avec Nero…
Daisuke acquiesça avant de réagir à ce qu'il venait de dire et de le regarder avec étonnement.
- Moi aussi?!
- Et oui… tu croyais être le seul, l'unique?
Le ton de la voix de Jui était plus que moqueur. Mais il ne poursuivit pas dans sa raillerie, conscient qu'il risquait de vexer le plus jeune très facilement. Il haussa les épaules.
- Où peut-on aller autrement pour en discuter?
- Nulle part. Il n'y a pas à en discuter.
- Je ne te laisserais pas partir avant que l'on en ait discuté posément. Tu pourrais mourir de vieillesse que je n'aurais pas lâché ton bras.
Daisuke le regarda avec étonnement. Le blond était plus borné qu'il ne l'avait pensé et il ne s'en sortirait pas sans une séance de discussion sérieuse avec lui.
- Je sais pas moi où on peut aller autrement! C'est toi qui connaît ici, c'est pas moi!
- Mmmhh… ça te gênerait de rester dehors?
- Iie.
- Bon, bah suis-moi alors.
Jui ne lâcha pas le bras du brun alors qu'il le traînait à travers les petites rues sombres. Il savait où ils pourraient discuter en paix, ça faisait longtemps qu'il n'y avait pas été, ça lui manquait presque là-bas. Il avait toujours aimé y aller, c'était calme, pas un bruit, les gens qui habitaient là-bas ne dérangeaient plus leurs visiteurs depuis bien longtemps.
oOo
à suivre
oOoOo
o
°
+° Nyouh! Nyouh! °+
Je me déclare innocente dans l'interruption de Kyô et Zero, j'y ait été forcée par Juu qui voulait que j'écrive un lemon avec les deux chtits bishonen que voilà -- (après elle dit que j'ai l'esprit tordu "). 'Chu pas à fond dans les lemons en ce moment, mon petit lutin de l'inspiration à l'esprit pervers semble avoir déserté mon crâne… Comment vais-je faire?! éè Non, ça va aller, je suis quasiment sûre d'en faire un dans le prochain chapitre que je commence tout de suite J'écris beaucoup ces temps-ci… Un jour pour faire un chapitre… C'est déjà pas mal… C'est les vacances 'Kyu, qui déprime à l'idée du nouvel an approchant ççVmais qui V-touiks quand même ( le 29/12/06)
