A/N : Désolée je sais que je suis longue à mettre à jour en ce moment… Ave ça l'autre jour je me suis trompée en commençant à traduire le prochain chapitre, bref… En fait je me suis pas mal amusée avec des logiciels vidéos, depuis le temps que je voulais m'y mettre (je mettrai mon profil à jour avec les liens quand elles seront toutes finies). Sans compter les heures passées à papoter et ricaner bêtement avec les copines au sujet de vous savez quoi :p


Chapitre 6 : Sur le fil


Il se rendait compte à quel point elle était patiente avec lui. A quel point elle était attentive, combien elle faisait attention. Ils ne s'étaient pas disputés depuis le début de l'affaire, ce qui pouvait sans exagérer être considéré comme un miracle. Et tout cela, c'était grâce à Bones. Sa Bones. Parce que depuis le jour où ils s'étaient rencontrés, quand il avait pensé le pire d'elle — hautaine, froide, irritante — elle était progressivement devenue la meilleure amie qui soit. Et à présent, même lorsqu'elle ne partageait pas son point de vue et qu'elle le lui faisait savoir, il sentait qu'elle le respectait. Elle le comprenait, ou au moins, elle essayait. Elle était devenue, en quelque sorte, une personne différente. Une personne meilleure. Et il aimait à penser qu'il avait participé à ce changement.

Ce soir-là, plus que jamais, elle lui était d'un support appréciable. Lorsque, de nouveau, il avait eu besoin de s'isoler pour appeler son fils avant qu'il n'aille au lit, elle n'avait pas rit ni fait remarqué que c'était la deuxième fois de la journée, et la quatrième en deux jours. Elle lui avait adressé un sourire doux et compatissant. Le genre de sourire qui ne manquait jamais de le faire fondre.


Brennan sourit à son partenaire avant qu'il ne se détourne. D'une certaine façon, il lui avait semblé qu'il avait réclamé ce sourire, comme un besoin d'encouragement ou de rassurance. Ca n'était pas leur première affaire ensemble concernant des enfants, pourtant c'était la première fois qu'elle le voyait comme ça. Peut-être parce qu'elle ne l'avait pas remarqué avant. Car, pour être honnête, elle ne faisait pas vraiment attention à qui que ce soit. Alors comment se faisait-il qu'elle soit brusquement devenue une personne aussi empathique ? Dans tous les cas, cette soudaine démonstration de vulnérabilité l'émut, et ce qu'elle lisait dans ses yeux lui brisait le cœur.

Pensivement, elle le regarda s'éloigner, son téléphone portable déjà dans la main. Lorsqu'il disparut de sa vue, elle se leva et quitta la table à laquelle ils avaient été installés, se dirigeant vers le bar, car elle se sentait l'envie de vider un verre de vin cuit. Elle s'installa sur un tabouret et balaya la salle du regard pendant que le serveur préparait sa commande. Quelques rares personnes étaient assises à des tables. Un homme d'affaire tapait sur son ordinateur portable. Un couple riait en se tenant la main. Trois hommes en costume-cravate blaguaient autour d'une bière. Elle n'avait jamais pris le temps d'observer les gens de cette façon-là, avant. Son esprit était toujours occupé par son travail. Etait-elle vraiment aussi égoïste ?

Le bruit du verre posé sur le comptoir la ramena à la réalité. Elle murmura un « merci » et referma la main autour du pied du verre avant de le porter à ses lèvres. Elle ne fit que les tremper dans le vin, tout d'abord, fixant d'un air absent les bouteilles alignées derrière le serveur. Puis elle en avala une gorgée avant de reposer le verre, savourant la sensation de chaleur se diffuser dans sa gorge et son estomac. Elle ferma les yeux un moment, et soupira.

Lorsqu'elle ouvrit de nouveau les paupières, un homme était assis sur le tabouret à côté d'elle. Elle tourna son attention vers son verre, baissant le regard, et s'humecta les lèvres. Elle n'était pas d'humeur à parler à ce moment-là. Pas à un étranger, en tout cas. Tout ce qu'elle voulait, c'était que Booth revienne. Et comment se faisait-il qu'elle ne pouvait pas se sentir bien quand il ne l'était pas? Elle avala une autre gorgée de vin et nota que c'était la dernière.

« Je peux vous en offrir un autre ? Vous avez vraiment l'air d'en avoir besoin. »

Lorsqu'elle dirigea son regard vers l'homme sur sa gauche, elle réalisa qu'il lui souriait. Oui, non ? Elle prit le temps de considérer ces deux options, avant de parvenir à la conclusion que, après tout, elle en avait besoin, et que ça ne la tuerait pas d'accepter de se faire offrir un verre de vin.

« Bien sûr, » accepta-t-elle en hochant légèrement la tête.

Pendant que l'homme passait commande, elle prit le temps de l'observer. Costume rayé, cheveux bruns, yeux bleus, mouvement contrôlés, mains délicates. Plutôt séduisant.

« Ted. »

« Pardon ? » demanda-t-elle en haussant les sourcils.

« C'est comme ça que je m'appelle. Ted, » répéta-t-il avec un sourire amusé.

« Oh, désolée. Temperance. »

« Eh bien, ravi de vous connaître, Temperance. »

Commençant à se sentir plus détendue, elle répondit avec un sourire et il se pencha légèrement plus vers elle.

« Je peux vous demander quelque chose ? »

« Vous pouvez me demander ce que vous voulez, ça ne veut pas dire que je répondrai. »

« Bonne réponse, Temperance. Je vais tenter ma chance alors : pourquoi avez-vous l'air si pensive et triste ? »

« Oh, non ça va. Je devais être perdue dans mes pensées, c'est tout. C'est mon travail qui me tracasse, » se sentit-elle obligée de préciser.

« Vous savez, vous êtes jolie quand vous êtes pensive, mais vous l'êtes encore plus quand vous souriez. »

« Merci, » répondit-elle simplement, pas vraiment émue par le commentaire. Ca n'était qu'une observation subjective.

« Hum… Alors… Vous faites quoi dans la vie ? » demanda Ted après une gorge de whisky.

« Je suis anthropologue judiciaire. »

Il se figea d'étonnement et fronça les sourcils, comme s'il pensait qu'elle se moquait de lui. Mais très vite, il comprit qu'elle était sérieuse, et il fit la grimace.

« Oh… Maintenant je comprends pourquoi vous êtes aussi déprimée. »

Brennan rit, son agacement à présent disparu. Et elle trouva qu'elle avait bien le droit de s'amuser un peu ce soir.


Elle leur avait dit ce qu'elle savait. Pourquoi elle avait laissé sa fillette de cinq ans jouer seule dans le salon pendant qu'elle se précipitait au supermarché pour acheter des œufs en catastrophe. Vraiment stupide, n'est-ce pas ?

Elle se souvenait combien de temps exactement elle s'était absentée. Vingt minutes. Ca n'était pas très long, si ? Mais vingt minutes avaient suffi pout que sa petite fille disparaisse.

Elle avait expliqué qu'elle avait trouvé la porte d'entrée entre-ouverte, bien qu'elle-même et son mari répétaient sans arrêt à leur fille de ne jamais ouvrir à qui que ce soit.

Elle avait spécifié qu'excepté la petite et sa poupée préférée, rien n'avait disparu de la maison.

Elle avait admis combien la culpabilité la consumait, et que Sarah serait encore là si elle avait été une bonne mère.

Elle ne voulait pas vraiment savoir ce qui était arrivé à sa petite fille. Ce qu'on lui avait fait subir, à quel point et pendant combien de temps elle avait souffert. Tout ce qu'elle voulait, à présent, c'était l'enterrer et aller de l'avant.

Debbie Scotts se pelotonna sur le canapé. Oui, dès que le FBI leur rendrait le corps de Sarah, son mari et elle enterreraient leur fille et lui organiseraient de belles funérailles. Ensuite, ils vendraient la maison, se débarrasseraient de toutes ses affaires. Ils oublieraient. Ils passeraient à autre chose.


"Oui, je t'aime aussi, mon grand. Fais de beaux rêves. »

Booth laissa tomber son portable sur le lit et laissa échapper un léger soupir. Il se sentait tellement stupide, à devoir s'assurer que Parker allait bien chaque fois qu'il enquêtait sur le meurtre d'un enfant. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher.

Il se leva, se demandant si Bones était déjà retournée dans sa chambre. Comme il n'obtint pas de réponse en frappant à sa porte, il emprunta l'ascenseur. En traversant le hall, il pensa, ou plutôt espéra, que peut-être elle s'attendait à ce qu'il la rejoigne au bar de l'hôtel. Ca ne lui ferait pas de mal de partager quelques verres avec sa partenaire… et amie.

Lorsqu'il pénétra dans le bar, il ne l'aperçut pas tout de suite. Il y avait ces trois hommes qui parlaient et riaient très fort. Un autre homme, qui semblait concentré sur l'écran de son ordinateur portable. Un couple qui partageait un cocktail. Un autre couple, assis au bar. Oh mais… C'était Bones, assise à côté d'un quelconque idiot.

Booth se sentit envahi par une vague de jalousie, d'agacement, de colère et de déception tout à la fois. Tous ces sentiments se mélangèrent et l'empêchèrent de réfléchir au meilleur moyen d'agir et de réagir. Il pressa le pas et les observa alors qu'il se rapprochait. Il remarqua la main de l'homme sur l'arrière de son tabouret, la façon dont il se penchait vers elle, la proximité de leurs visages… Le gars était vraiment en train de la draguer !

« Je peux ? » demanda-t-il avec une politesse forcée, se mettant entre eux tout en tournant son dos de manière visible à l'homme.

« Eh, Booth », l'accueillit Brennan en lui souriant.

« Eh, euh, écoute, je… »

Mais elle l'interrompit le poussant légèrement pour qu'il s'écarte.

« Je te présente Ted. Ted, voici mon partenaire, l'agent spécial Seeley Booth.

« Ouais, ravi de te rencontrer », mentit Booth rapidement avant de se tourner de nouveau vers Brennan. « Ecoute, Bones, il faut vraiment que je te parle. »

« J'écoute. »

« Non, je voulais dire, à propos de l'affaire. En privé », précisa-t-il.

« Oh… D'accord, laisse-moi cinq minutes alors. »

Booth sortit du bar, mais ne put s'empêcher de les regarder depuis la porte ; et il ne put s'empêcher de se sentir blessé à la vue de son air déçu. Etait-elle en train de lui laisser son numéro maintenant ? Tsss, tout ça le rendait vraiment dingue. Il se passa la main sur le visage, s'appuyant contre le mur du hall. Il ne valait mieux pas qu'elle le surprenne en train d'espionner.

Il fallut à peine trois minutes à Brennan pour abandonner celui qui, selon toute évidence, avait failli être sa conquête d'un soir et venir le rejoindre, mais cela sembla à Booth une éternité.

« Alors, qu'est-ce qu'il y a ? Ca avait l'air important… Cam t'a appelé ? » demanda-t-elle en le suivant jusqu'à l'ascenseur.

Lorsque les portes se refermèrent, il se sentit à la fois soulagé, puisqu'elle était en quelque sorte sa prisonnière, et nerveux, car il n'était pas certain de la manière dont elle allait réagir.

« Tu pourrais me remercier », dit-il du ton taquin et légèrement arrogant qu'il utilisait inconsciemment lorsqu'il se sentait mal à l'aise.

« Te remercier de quoi ? »

« De te sauver de cet idiot barbant. »

Elle le dévisagea, atterrée. « Comment pourrais-tu bien savoir s'il était barbant ? »

« Oh, allez Bones, rien qu'en regardant son costume rayé… enfin voyons, qui porte ça à part les avocats ? »

« Je ne comprends toujours pas comment ses vêtements peuvent te renseigner sur le fait qu'il soit intéressant ou non. En réalité, nous étions en plein milieu d'une conversation très agréable quand tu es arrivé. »

Booth prit sur lui pour ne pas faire la grimace.

« Alors ? Qu'est-ce qui était si important pour que tu me kidnappes comme ça ? » demanda-t-elle d'un air impatient.

Lorsque les portes se rouvrirent, il lui adressa un regard d'excuse avant de lui lancer son sourire charmeur.

« Bah, je te l'ai dit, je voulais juste… »

« Tu voulais quoi ? Attends… » Elle pointa son index vers lui d'un air accusateur. « Il n'y a rien de nouveau sur l'affaire, c'est ça? »

« Ecoute Bones, je suis désolé, je pensais que peut-être… »

« Que peut-être j'avais besoin que tu gâches ma soirée ? Eh bien merci, c'est réussi ! »

« Ecoute, tu peux encore y retourner, non ? » suggéra-t-il d'un un air penaud.

« Non, vas-y toi-même, je ne suis plus d'humeur », cracha-t-elle avant de pénétrer dans sa chambre et de lui claquer la porte au nez.


Brennan se dirigea vers la fenêtre, énervée. Comment osait-il penser pour elle ? C'était précisément le genre de comportement qu'elle exécrait. Particulièrement venant d'un homme. Particulièrement venant de Booth, qui aurait dû savoir respecter son indépendance. Après toute la patience qu'elle avait mise en œuvre, toute la compréhension, la gentillesse dont elle avait fait preuve.

Elle ôta ses chaussures, s'assit en tailleur sur le lit en soufflant et attrapa la télécommande. Peu importait à quel point elle méprisait la télévision, elle allait passer le reste de la soirée confinée dans sa chambre.


Booth se laissa tomber sur son lit et fixa le plafond. Elle avait raison. De quel droit avait-il fait ça ? Cette fois, il avait été trop loin. Il continuait à se comporter comme un imbécile. Se disputer avec elle était la dernière chose qu'il voulait, et voilà le résultat de son propre manque de tact.

Il se redressa en soupirant, et se saisit de la télécommande. Peu importait quels programmes passaient e ce moment, il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre que Bones se calme. Si elle sortait de sa chambre, il entendrait la porte, de toute façon. Et dans une heure environ, il irait frapper à sa porte pour s'excuser.


Les premiers coups à la porte, elle les ignora obstinément. En réponse aux seconds, elle augmenta simplement le volume. Et seulement lorsqu'il insista une troisième fois, elle éteignit la télévision et se leva pour aller ouvrir la porte et le laisser entrer, les bras croisés sur sa poitrine.

Elle était toujours en colère. Pas surprenant. Il hésita, conscient qu'il n'allait pas être facile de recoller les morceaux.

« Ecoute Bones… J'aurais pas dû… faire ça. Excuse-moi. »

Elle s'appuya contre le mur avec une moue boudeuse. « Tu admets avoir agit comme un idiot alors? » demanda-t-elle sèchement.

Il s'éclaircit la gorge. « Désolé. »

« Tu l'admets ou non? »

« Wow, Bones, oui, je l'admets, ok? » répondit-il plus fort qu'il n'en avait eu l'intention.

« Tu n'as pas besoin de hausser le ton, Booth ! » s'écria-t-elle. « Je veux juste savoir pourquoi tu as fait ça ! »

Sa façon de lui crier dessus, l'arrogance dans ses yeux et la colère dans sa voix fit monter la moutarde au nez de Booth. Il s'était excusé. Deux fois. Qu'est-ce qu'elle voulait d'autre? Qu'il lui demande pardon à genoux? Ca n'arriverait certainement pas.

« Pourquoi, Bones? Je vais te dire pourquoi. Parce qu'on est là pour travailler, on est sensés rester concentrés sur l'affaire, et toi, tu bois un verre avec un avocat débile. »

Il vit une étincelle de fureur passer dans ses yeux clairs, qui paraissaient gris comparés à leur joli bleu habituel.

« Tu es en train de me dire que je n'ai pas été professionnelle ? »

« Ce que je suis en train de te dire, Bones, c'est que tu me rends dingue, parce que chaque fois que je vois un gars… »

Il s'interrompit, réalisant tout-à-coup ce qu'il avait été sur le point de dire.

« Chaque fois que tu vois un gars, quoi ? »

« Euh… »

Il remercia Dieu d'avoir fait que le portable de Brennan sonne à ce moment exact. Elle lui lança un regard noir avant de se diriger vers le bureau et de décrocher son portable.

« Brennan » répondit-elle d'un ton presque cassant.

Il attendit, supposant que l'appel venait de l'un des bigleux du labo. Mais lorsqu'il vit son visage se décomposer tout-à-coup, il comprit que ça n'avait rien à voir avec le travail.

« Oui, je… D'accord… Merci… »

Il se rapprocha alors qu'elle raccrochait, abasourdie et choquée.

« C'est… c'est mon père, il… Il s'est fait poignarder par un autre prisonnier pendant le repas… Il est à l'hôpital, ils disent qu'il a perdu beaucoup de sang… »

En dépit de sa colère contre lui, c'est vers lui qu'elle se tourna immédiatement, éclatant en sanglots contre sa poitrine. Il enveloppa ses bras autour de son dos et de ses épaules, l'attirant plus près, et il réalisa à quel point il avait été idiot. Elle finissait toujours par se tourner vers lui lorsque ça n'allait pas. Ce qu'il y avait entre eux était tellement plus profond qu'un rendez-vous occasionnel…

Alors qu'elle pressait son visage contre son épaule, mouillant sa chemise de ses larmes de peur pour la vie de son père, et qu'il baissa la tête pour lui murmurer des mots de réconfort à l'oreille, ils oublièrent tous deux instantanément leur dispute qui semblait déjà avoir eu lieu tellement longtemps auparavant.


A/N : Prochain chapitre la semaine prochaine… Début de semaine prochaine, j'espère ! Et on continue à croiser les doigts pour que la grève de la WGA s'arrête, c'est bien parti.