A/N : Tous les gentils messages que je reçois me font vraiment plaisir, je ne réponds pas à chaque fois mais je le dis au moins ici : merci. C'était un chapitre particulièrement difficile à traduire, celui-là. J'espère qu'il vous plaira ! Petite parenthèse : pour la fin, je me suis inspirée d'une scène d'un livre de Terry Goodkind que je viens de terminer. C'est l'un de mes auteurs préférés, et si vous aimez la fantasy, je vous le conseille vivement (en français c'est le cycle de l'Epée de Vérité, et tout n'a pas encore été traduit.)

Bonne lecture !


Chapitre 8 : Reddition inéluctable


Booth ouvrit les yeux à la sensation désagréable de son téléphone portable vibrant dans sa poche, et fut surpris de constater qu'il avait fini par succomber au sommeil. Pendant plus de deux heures, il avait tenu sa partenaire serrée contre lui, sa tête reposant sur sa poitrine. Après avoir passé autant de temps dans la même position, il avait commencé à avoir des fourmis dans le bras. Pourtant, il n'avait d'autre choix que d'obéir à cette partie de lui, irrépressible, et qui pourtant le faisait se sentir terriblement coupable ; alors il n'avait pas bougé, de peur qu'elle ne se réveille et s'écarte de lui.

Il n'avait pas osé la regarder, au début. Mais lorsque sa respiration était devenue régulière, il n'avait pas pu résister et avait baissé le regard sur son visage endormi. De nouveau, il avait réprimé l'envie de glisser ses doigts dans sa chevelure auburn soyeuse, d'effleurer la peau douce et laiteuse de son visage, comme un peu plus tôt, dans la voiture. Mais cette fois, il avait eu tout le temps d'admirer ses traits délicats, de savourer pleinement la sensation délicieuse de son corps blotti contre le sien. Il avait frémi lorsqu'elle avait gémi et bougé dans son sommeil, avant d'enfouir encore un peu plus son visage dans le creux de son épaule, et que sa main avait glissé derrière son cou.

Finalement, bien que la chaise sur laquelle il était installé fût tout sauf confortable, il avait lui-même fermé les yeux et, bercé par le rythme de la respiration de sa partenaire endormie, il avait lui aussi glissé lentement dans un sommeil profond et paisible.

Mais le réveil n'en était que plus désagréable.

Il enfouit sa main dans la poche de son jean et en sortit son téléphone portable. « Oui ? Ouais. Ok, merci Carter. C'est gentil de ta part."

« C'était Carter ? » demanda Brennan d'une voix endormie.

« Oui… » répondit Booth pensivement, la regardant se redresser et étirer ses membres.

« Quelle heure il est ? »

Il jeta un coup d'œil à sa montre. « Quatre heures et quart. »

« Désolée, je t'ai un peu écrasé, non ? » s'inquiéta-t-elle, réalisant qu'elle avait dormi dans ses bras pendant plusieurs heures.

« Non Bones, tu ne m'as pas écrasé. » Il lui sourit, regrettant cruellement la chaleur et le réconfort de son corps. « Par contre, tu ronfles, » ajouta-t-il dans une tentative désespérée de distraire son esprit de ces pensées.

Elle le dévisagea pendant quelques secondes, perplexe, avant de comprendre qu'il ne faisait que plaisanter et de frapper son bras en riant.

« Ouch ! Wow, Bones, c'est ça ta façon de me remercier d'avoir bien voulu te servir d'oreiller ? »

« Je sais bien que je ne ronfle pas, de toute manière, » rétorqua-t-elle avec une moue boudeuse.

« Au fait, au cas où ça t'intéresse, ton père est réveillé, » dit-il sur un ton plus doux. « Tu peux aller le voir. »

Il vit son expression passer rapidement de l'amusement à l'appréhension. « Oh… Merci, Booth. »

Il la regarda se lever lentement. Lorsqu'elle se rendit compte qu'il ne la suivait pas, elle se tourna vers lui d'une manière hésitante. « Tu… Tu ne viens pas avec moi ? »

L'expression de son visage le surpris. Il ne l'avait jamais vue aussi peu sûre d'elle, avec cet air presque enfantin. Mu par l'instinct de protection qui s'animait toujours lorsqu'il était avec elle, il se leva et se rapprocha d'elle, glissant un bras autour de ses épaules d'un geste réconfortant.

« Ca va aller, Bones. Ca va aller, » lui assura-t-il en la guidant vers la chambre de son père. Lorsqu'ils s'arrêtèrent à la porte, il lui frotta légèrement le dos pour l'encourager, essayant se capturer ses yeux bleus inquiets. « Maintenant je vais nous chercher du café, » dit-il avec un léger sourire avant de la relâcher, ne lui laissant pas le temps de protester.

Cela lui faisait penser au jour où il l'avait accompagnée sur la tombe de sa mère. Il l'avait conduite aussi loin que possible. Maintenant, elle devait faire le reste du voyage seule.

Au bout du couloir, il se retourna et la regarda de loin. Elle hésita un peu devant la porte avant de l'ouvrir, lentement. Lorsqu'elle disparut dans la chambre, il se dirigea vers la machine à café, un léger et tendre sourire recourbant la ligne de ses lèvres.


Elle n'était pas nerveuse. Elle était terrifiée. Tellement de sentiments se bousculaient en elle qu'il était difficile de tous les distinguer. Elle ne s'était pas encore totalement défaite du ressentiment engendré par ses trop nombreux mensonges et toute cette peine qu'il avait causée. Il y avait la peur, créée par la panique qui l'avait assaillie lorsqu'elle avait cru que plus jamais elle ne pourrait lui parler. Du soulagement, aussi, car le pronostique donné par les médecins n'était pas aussi alarmant qu'elle ne l'avait craint. Et une forte appréhension, car elle n'avait aucune idée de ce qu'elle allait lui dire.

Elle se rendit compte qu'elle serrait toujours la poignée, un réflexe pour empêcher sa main de trembler. Elle ouvrit la porte et ses yeux se posèrent sur la forme étendue sur le lit. Elle referma doucement la porte derrière elle puis se rapprocha de lui. Ce ne furent pas ses blessures ni la perfusion dans son bras qui la frappèrent, mais ses yeux qui brillaient joyeusement et le sourire qui était apparu sur son visage lorsqu'elle était entrée.

Tout-à-coup, elle sut ce qu'elle devait lui dire. Mais les mots se retrouvèrent coincés dans sa gorge.

« Merci d'être venue, chérie. »

Sa voix était si faible, et son visage, si pâle, que des larmes commencèrent à lui emplir les yeux. Elle n'avait pas réalisé combien il lui setait difficile de le voir ainsi.

« Pourquoi tu me remercies ? Je suis ta fille, je… Je suis venue dès que j'ai su," dit-elle d'une voix tremblante, prenant place sur la chaise près de lui.

Il étendit le bras et couvrit sa main petite et délicate avec la sienne, plus grande et rugueuse.

« Ca va, ma puce. J'ai subi bien pire dans ma vie, tu le sais. Je vais m'en tirer. Et les lits sont beaucoup plus confortables ici. Je suis sûr que les repas sont meilleurs aussi, » dit-il d'un air taquin.

Comment parvenait-il à rester toujours aussi enjoué, aussi positif… Aussi confiant… Il serra brièvement sa main. Comment se faisait-il que c'était lui qui la réconfortait alors que c'était lui qui était étendu sur ce lit d'hôpital ?

« Je suis désolée, Papa… J'aurais voulu trouver les bons mots… et… savoir quoi faire. Mais j'ai peur de ne pas être bonne à ça. »

« Temperance, ma chérie… Ne sois pas si dure avec toi-même. Je suis tellement content que tu sois là, si tu savais... J'aurais voulu que Russ soit là aussi. »

« Désolée, Papa. J'aurais voulu pouvoir te promettre que Russ peut retourner à Washington sans s'attirer des problèmes, mais je mentirais. »

« Je sais. Et je suis désolé que tu aies dû faire tout ce chemin depuis la Virginie pour me voir. »

Brennan leva un sourcil. « Comment sais-tu que j'étais en Virginie ? »

Son sourire mystérieux lui indiqua qu'il ne répondrait pas à cette question, mais ça ne faisait rien. Il se souciait suffisamment d'elle pour savoir où elle était, et quand. Exactement comme avant, quand il se cachait. Juste au cas où elle ne viendrait plus jamais le voir, il gardait toujours une trace d'elle. Et cette réalisation, ajoutée à l'épuisement et à la peur qu'elle avait ressenti plus tôt, la fit fondre en larmes.

« J'ai cru t'avoir perdu pour de bon, Papa. »

Saisissant doucement son bras, il la guida vers lui. Et alors qu'elle laissait échapper des sangllots de peur et de fatigue contre sa poitrine, il caressa les cheveux de la femme qui, pour ce moment au moins, était redevenue sa petite fille.


« Celle-là ne marche pas, tu te souviens? »

Booth sursauta et se retourna en entendant la voix de son collègue. « Ah… Oui… C'est vrai… »

« Alors, ta partenaire, ça va ? » demanda Carter en se rapprochant.

« Elle… Ca va aller. Merci Carter, c'est vraiment gentil de ta part, tu n'étais pas obligé de faire tout ça."

« Hé, je t'en prie, » répondit Carter en lui tapotant l'épaule d'un geste amical. « J'aimerais bien que quelqu'un fasse la même chose pour ma petite amie si elle avait des problèmes. »

« Quoi ? Non, Bones, c'est ma partenaire. Rien de plus," corrigea Booth, qui dissimulait très mal l'embarras dans sa voix.

« Oh, euh… Ok. Désolé, je pensais que vous deux, vous…"

« Non, » le coupa fermement Booth.

« Parce qu'à juger par la façon dont tu la regardes, j'ai supposé que tu… »

« Non ! »

Carter laissa échapper un léger rire. « Quand même, tu l'as accompagnée depuis la Virginie, et tu… »

« On est amis, ok ? On est partenaires et on est bons amis. »

Carter sourit mais ne dit rien, peu désireux d'ennuyer son collègue plus qu'il ne l'avait déjà fait. Pas en ces circonstances, en tout cas.

« Il y a une autre machine à café, de l'autre côté du bâtiment, » dit-il, indiquant le chemin à Booth d'un geste vague de la main. « Je ferais mieux d'y retourner, moi. A plus tard. »

« Merci encore, Carter. J'oublierai pas. »

« Pas de problème, » dit l'agent avant de retourner à son poste. Mais après quelques pas, n'y tenant plus, il fit demi-tour sur ses talons. « Oh, au fait… Je ne laisse pas mon partenaire dormir dans mes bras, moi, » dit-il avec un large sourire et un mouvement suggestif des sourcils avant de se retourner promptement, ne laissant pas le temps à Booth de rétorquer que c'était certainement dû au fait que le co-équipier de Carter s'appelait Chuck, et que le Chuck en question n'avait plus beaucoup de cheveux sur le crâne.


Lorsque Brennan sortit de la chambre, elle vit que Booth l'attendait, appuyé contre le mur, un gobelet de café dans chaque main. Il l'accompagna vers la salle d'attente et s'installa sur l'une des chaises inconfortables qui leurs avaient servies de « lit ». Elle prit place à côté de lui, laissant échapper un soupir, et prit avec gratitude le gobelet isotherme qu'il lui tendait.

« Merci, Booth. »

« Tu peux boire, ça a eu le temps de refroidir un peu, » dit-il avec un sourire en coin.

Elle sourit au souvenir du jour où il avait mis sa main au-dessus de son gobelet de café, pour l'empêcher de se brûler.

« Je fais attention, maintenant, quand je suis avec toi, » dit-elle d'un air taquin, s'enfonçant dans son siège et fixant volontairement le mur en face d'elle. « Je ne voudrais pas que tu me fasses encore embrasser ta main, » marmonna-t-elle avant d'avaler une gorgée du liquide chaud.

« Haha ! Alors tu reconnais que tu l'as embrassée, » dit-il sur un ton victorieux.

« Non ! » s'écria-t-elle d'un air indigné. « Je ne faisais que répéter ce que tu as dit à ce moment-là. »

Il se redressa sur sa chaise et enroula son bras autour de son épaule avec un large sourire. « Ca va Bones, tu sais, tu n'as pas à t'excuser pour ça. »

Elle tourna la tête vers lui, un air agacé. « Je n'ai pas… » Elle s'interrompit, le dévisageant, et le sourire réapparut sur ses lèvres. « Tu te moques de moi, c'est ça ? »

Il gloussa pour toute réponse. Elle savait comment lire dans ses yeux, à présent. Elle le connaissait suffisamment bien pour cela. Et ça n'était vraiment pas son regard « voyons voir en combien de temps j'arrive à te faire sortir de tes gonds ». C'était un regard « avec un peu de chance, je vais réussir à te distraire de tes idées noires. »

« Alors, comment va ton père ? »


Il savait que, dans ces petites villes, il y avait une chance sur un million qu'une telle affaire se présente dans la carrière d'un shérif. Lorsque les enquêteurs avaient été envoyés par le FBI après la découverte d'un premier corps, il avait également été conscient de la probabilité qu'il reçoive un nouveau coup de fil. Raccrochant le combiné, le shérif John Garett leva les yeux au ciel, demandant tout haut à Dieu pourquoi diable fallait-il que tout cela lui arrive, à lui.

Il pénétra discrètement dans la chambre où sa femme dormait encore à-moitié. Il déposa un baiser tendre sur son front, lui murmurant des mots rassurants à l'oreille. Il prit son uniforme dans la penderie et sortit, tirant la porte derrière lui et la refermant doucement. Il s'habilla, laça ses chaussures, se munit de ses clefs et se dirigea vers sa voiture. L'heure était encore matinale mais l'équipe du FBI travaillait depuis une bonne heure déjà. Depuis le lever du soleil. Alors, de quoi se plaignait-il ?

Pourtant, lorsqu'il s'installa au volant, il souffla d'appréhension. Puis, en se grattant nerveusement la barbe, il composa le numéro de l'agent Booth.


Même si elle ne dormait pas vraiment, elle garda les yeux fermés mais tendit l'oreille. Elle le sentit s'asseoir, puis se lever lourdement sur ses pieds. Même avec les yeux fermés, elle pouvait voir la lumière filtrer à travers ses paupières. Il se pencha sur elle, lui embrassa le front, et elle ne bougea toujours pas, faisant semblant d'être plongée dans un profond sommeil. Elle n'osa ouvrir un œil que lorsqu'elle fut certaine qu'il lui tournait le dos. Il avait enfilé son uniforme. Elle savait combien il aimait le porter.

Lorsque la porte de la chambre se referma, elle sourit de soulagement et se tourna sur le dos, étirant ses bras. Les yeux à présent grand ouverts, elle savoura la sensation d'un chaud rayon de soleil sur son visage. Le bruit de la porte qu'il verrouillait lui indiqua qu'il était parti. Qu'il serait absent pendant plusieurs heures, et que, puisqu'il n'avait pas pris la peine de l'enfermer dans la cave, il devait être dans l'un de ses bons jours.

Chloe se leva. Sous ses pieds, le plancher n'était pas aussi froid que le sol en ciment de la pièce sombre dans laquelle elle passait le plus clair de son temps. Elle marcha jusqu'à la fenêtre, hésitante. Elle mourrait d'envie de l'ouvrir, d'ouvrir les volets, de respirer l'air frais matinal. Mais elle n'osa pas. Elle se dirigea vers la salle de bains en soupirant tristement. Elle ne songea même pas à s'enfuir. La forêt était vaste, remplie d'animaux dangereux le jour, et de terribles monstres la nuit. Et si les monstres ne l'attrapaient pas, lui le ferait. Et il n'y aurait plus jamais de bons jours.


Elle l'avait compris bien avant qu'il ne lui dise. Au ton de sa voix lorsqu'il avait parlé au téléphone, à l'expression de son visage lorsqu'il avait raccroché.

« L'équipe a trouvé un autre corps. Encore un enfant. »

« On doit y retourner alors. »

« Je vais y aller moi. Toi tu restes avec ton père. »

« Non, Booth, tu sais bien que je ne peux pas. Je dois retourner travailler. »

Il plaça ses mains sur ses bras, les serrant légèrement. « Tu restes ici avec lui. Il a besoin de toi, Bones. »

Elle soupira en signe de résignation. « Tu m'enverras le corps ? »

« Seulement si tu me promets de prendre soin de ton père, et de dormir un peu. »

« Tu as dormi encore moins que moi, » protesta-t-elle. Mais alors ses mots, ses pensées, semblèrent s'effacer sous l'effet de ses yeux plongés dans les siens et de son sourire.

« Je t'appellerai quand j'arriverai, si ça peut te rassurer, » dit-il d'un air malicieux.

Elle rit doucement et, n'y tenant plus, elle traversa le mince espace qui les séparait encore pour étreindre son partenaire. Ses bras étaient tellement bons, tellement puissants. Il la serrait tout contre lui et elle pouvait sentir son souffle chaud sur sa joue.

« Merci, Booth. »

Elle força sa tête à quitter le confort de son épaule, juste assez pour pouvoir le regarder dans les yeux. Il ne la relâcha pas. Son visage était si près qu'elle pouvait sentir la chaleur que dégageait sa peau. Elle se raidit légèrement, troublée par la pensée qu'elle pouvait sentir la longueur de son corps dans sa totalité, ses jambes, son torse, pressés contre elle. Mais lorsque ses lèvres effleurèrent légèrement les siennes, elle ne bougea pas, son cœur battant à vive allure.

Presqu'aussitôt, il s'écarta, comme s'il regrettait son geste. Des bruits de pas se firent entendre près d'eux, mais les gens semblaient à des kilomètres de là. Elle avait l'impression d'être complètement seule avec lui, vulnérable dans ses bras. En sécurité, dans ses bras. Puis il l'attira plus près, comme vaincu, comme s'il était sous l'influence de quelque force qu'il ne pouvait plus contrôler. Elle vit dans ses yeux une sorte de reddition inéluctable. Et une fraction de seconde plus tard, il pressait de nouveau ses lèvres contre les siennes.

Brennan se figea de surprise. Il le faisait vraiment, finalement. L'embrasser, la serrer dans ses bras, quelque chose qui semblait si loin de ce que font des partenaires. Elle finit elle aussi par céder. Ses propres bras se resserrèrent autour de son cou et elle répondit à son baiser. Elle n'avait jamais imaginé que quoi que ce soit puisse être aussi merveilleusement enivrant. Depuis qu'ils travaillaient ensemble, elle n'avait jamais pensé qu'une telle chose puisse arriver. Elle n'avait tout simplement pas eu le temps d'y penser. Il ne lui avait pas laissé décider si c'était bien ou non.

Un gémissement s'échappa de sa gorge alors qu'il l'étreignait farouchement, l'embrassant avec un abandon passionné. Elle avait conscience du bras qui lui encerclait le creux des reins, de cet autre bras autour de ses épaules, de ses seins pressés contre les muscles durs de sa poitrine, de sa bouche pressée contre la sienne.

Sans prévenir, ça s'arrêta. C'était comme s'il avait retrouvé suffisamment aplomb et de contrôle sur lui-même pour se forcer à arrêter. Brennan haleta, essayant désespérément de reprendre son souffle. Séparés par quelques centimètres seulement, ils ne se quittèrent pas du regard, mais se trouvèrent tous deux frappés de mutisme.

C'était tellement rapide, tellement inattendu. Tellement déroutant. Tellement… bon.

Une partie d'elle-même voulait s'abandonner à une autre étreinte, un autre délicieux baiser, mais lorsqu'elle se souvint de la personne à qui appartenaient ces bras, elle se reprit. Booth s'écarta d'elle. Etourdissement, remords, euphorie et doutes tout en même temps se lisaient sur son visage. Il s'humecta les lèvres, ouvrit la bouche, mais rien n'en sortit.

Elle se sentait de la même façon. Sans voix. Elle aurait voulu savoir quoi dire. Elle avait chaud et froid à la fois. La sensation étrange dans son ventre était agréable et pourtant affreusement douloureuse. Elle se rendit compte que ses jambes tremblaient. Elle ne s'était jamais sentie aussi bien, et dans le même temps, elle était terrifiée.

« Docteur Brennan? »

Brennan sursauta comme jamais elle ne l'avait fait. Elle fit un pas de plus pour s'éloigner de son partenaire et tourna la tête, cherchant l'origine de la voix. Une infirmière avec un sourire chaleureux la regardait, la tête légèrement penchée sur le côté.

« Oui ? »

« Le docteur Walsh aimerait vous parler de votre père, si vous voulez bien me suivre. »

« Oh… Euh… Oui, bien sûr, » balbutia-t-elle avant de se tourner vers Booth. « Sois prudent sur la route. »

Elle parvint à lui adresser un sourire, comme si rien ne venait de se passer. « Sois prudent sur la route »… N'aurait-elle pas pu trouver quelque chose de plus stupide et inapproprié ?

Elle se laissa guider par l'infirmière à travers le labyrinthe de couloirs de l'hôpital, essayant désespérément de chasser la sensation persistante et brûlante de ses lèvres sur les siennes. Elle ne savait pas ce que ce baiser avait signifié, ni où il pouvait bien les mener, s'il pouvait effectivement les mener où que ce soit. Elle n'était pas certaine de le vouloir. Elle n'était pas sûre qu'il le veuille, lui. Elle craignait le contraire.


A/N : J'ai parfois du mal à avoir du recul par rapport à l'anglais qui s'écrit un peu différemment, et en français certaines choses ne passent pas pareil, donc j'ai modifié certains passages. Donc j'espère que ma traduction allait. Et sinon, l'avancement des choses vous plait ? Je sais, je ne suis pas du genre à rendre les choses faciles. J'aime bien que ça prenne du temps, et faire cogiter les personnages. Désolée par avance pour ceux que ça frustrera P