A/N : J'espère que vous avez tous passé un bon Noël et de bons moments avec votre famille ! Désolée pour la longueur des updates, il se trouve que ma beta est en vacances alors j'en profite pour faire avancer mes chapitres en Anglais et surtout l'histoire que nous écrivons en commun et qui est restée en stand-by pendant quelque temps à cause de son manque de disponibilité… On attendait d'avoir plusieurs chapitres d'avance pour être sûres de pouvoir poster régulièrement. Je ne la traduirai pas en français parce que ça serait trop long mais si ça intéresse certains on s'est créé un compte commun : C.M. Bones et l'histoire s'appelle « Never Say Never ». On a essayé de mettre un peu de tout : suspense, humour, fluff, drame, romance, et une affaire criminelle que l'on ne découvre totalement qu'après quelques chapitres.

En tout cas, bonne lecture pour ce chapitre !


Chapitre 11 : Ouvre les yeux


Chloé fixa le plafond jusqu'à ce que ses yeux soient secs, l'obligeant à cligner. Treize secondes. Pas mal. C'était un jeu auquel elle jouait parfois, lorsqu'elle n'avait rien de plus intéressant à faire. Elle n'avait pas réussi à fermer l'œil de toute la nuit. Il y avait cette étrange sensation dans son ventre. De la peur et de l'espoir à la fois, même si elle ne pouvait la nommer avec ces mots-là. Et il y avait le bruit qu'il faisait en haut. Elle savait que quelque chose allait se passer. Seulement, elle ne savait pas quoi. Et ça la terrifiait. Il semblait faire les cent pas, encore et encore. Il ouvrait des placards, les refermait, et recommençait. Elle se demanda s'il avait l'intention de partir pour un long moment. S'il l'emmènerait avec lui.

Elle se tourna sur le côté et se recroquevilla sur elle-même en suçant son pouce. Elle n'essaya même pas de retenir les larmes brûlantes qui se formèrent dans ses yeux. Elle n'en avait plus la force. Elle laissa échapper un sanglot. Puis un autre. Et encore un autre.

S'il ne l'emmenait pas avec elle, qu'allait-elle devenir?


Brennan tourna le volant pour suivre la voie de sortie et quitta l'autoroute. Elle roulait depuis plus d'une heure et avait du mal à garder les yeux ouverts. Elle savait combien il était dangereux de conduire lorsque l'on manque de sommeil. Concentration réduite, brouillage de la vision périphérique. Hallucinations. Elle savait tout cela, mais elle devait continuer.

Il y avait une quatrième petite fille, et elle était vivante. Dans tous les cas, c'était ce qu'elle pensait. Ce qu'elle espérait.

Elle devait la trouver. Ils le devaient. La course contre la montre avait commencé. Bien sûr, il leur fallait également retrouver le tueur. Mais toutes ces histoires de système punitif, de valeurs morales et du jugement de Dieu, du Paradis et de l'Enfer, c'était la spécialité de Booth, pas la sienne. Elle le voulait derrière les barreaux, mais avant cela, elle voulait la petite vivante. Pas un autre tas d'ossements qu'elle aurait à étudier.

Elle empoigna la bouteille thermos qu'elle avait remplie de café avant de partir et avala quelques gorgées du liquide chaud. Il y avait une petite fille, quelque part, effrayée et perdue. Une petite fille arrachée à ses parents. Brennan savait ce que c'était d'avoir perdu ses parents. C'est pourquoi il lui fallait continuer, en s'accrochant à un espoir mince mais réaliste.

Son regard glissa vers le bas-côté. Elle l'aperçut, appuyée contre un arbre, qui lui souriait et agitait la main dans sa direction. Ou elle crut la voir. A cette vitesse, ce fut plutôt un flash.

Le klaxon d'un automobiliste arrivant en sens inverse l'avertit qu'elle avait été sur le point de franchir la ligne médiane. Elle sursauta et fit un brusque écart, évitant de justesse une autre voiture. Puis elle laissa reposer sa tête sur l'appui-tête en soupirant de soulagement, et augmenta le volume de la radio. Elle prit une profonde inspiration et replaça derrière ses oreilles les quelques mèches de cheveux qui la gênaient.

Une demi-heure, Temperance. Tiens bon.


Booth grogna lorsque la sonnerie stridente du réveil de son téléphone portable le tira d'un sommeil sans rêves. Six heures du matin, rien que ça. Il n'avait jamais été un lève-tôt. Il referma les yeux, ses mains agrippant le drap, avant de décider que ça n'était pas raisonnable puisqu'il finirait probablement par se rendormir. Alors, il ordonna à ses paupières de s'ouvrir et il souffla, repoussant, non sans réticence, les couvertures et se forçant à s'asseoir.

Plus que l'heure matinale, c'était la journée qui l'attendait qui lui donnait envie de se cacher sous les draps. Le genre de personnes à qui il allait avoir à faire… Il redoutait par avance ces interrogatoires. Il savait qu'il lui faudrait se contenir, rester objectif et calme toute la journée, même s'il aurait envie de leur arracher la figure. S'il y avait une échelle du mal, ces gens-là étaient placés au plus haut de la sienne.

Alors qu'il baillait bruyamment, une pensée le frappa. Est-ce que Bones n'avait pas appelé pendant la nuit ? Il avait le vague souvenir de l'entendre lui dire qu'elle avait trouvé quelque chose et qu'elle allait venir, mais sur le moment, cela semblait plus un rêve qu'autre chose. Plus il y pensait, plus ça le laissait confus. Il n'y avait qu'un moyen d'en être sûr. Il saisit son téléphone portable et vérifia le journal d'appels. Et en effet, Bones avait appelé. A quatre heures du matin. Pas étonnant qu'il avait du mal à s'en souvenir. Il laissa le téléphone retomber sur le lit et se cacha le visage dans les mains.

Super.

Avec ça, il lui faudrait faire face à sa partenaire. Cette même jeune femme avec laquelle il avait probablement tout fichu en l'air. Celle qu'il n'avait pu se retenir d'embrasser alors qu'il savait pertinemment que c'était une énorme erreur. Celle qu'il essayait désespérément de chasser de ses pensées. Celle qui la distrayait à coup sûr lorsqu'elle lui tournait autour, celle avec qui il devrait à présent continuer de travailler dans une atmosphère tendue.

Génial.

Il se sentit encore plus stupide lorsqu'il réalisa qu'il ne parvenait même pas à se souvenir de ce qu'elle avait trouvé et qui la rendait tellement indispensable ici. Il passerait pour un idiot, encore une fois.

Une journée parfaite en perspective.


Chloé inspira profondément. Sa respiration était encore entrecoupée de légers sanglots. Ses yeux la brûlaient douloureusement d'avoir trop pleuré et sa tête était affreusement douloureuse. Tout cela lui donna encore plus envie de pleurer, mais elle savait que ça n'aurait fait qu'empirer les choses. Elle essuya l'humidité de son visage avec le bord du drap et tendit le bras pour attraper un mouchoir. Se moucher fit battre encore plus fort le sang sur ses tempes. Elle chiffonna le mouchoir et le laissa tomber par terre. Elle ne faisait jamais ça.

Elle roula sur le dos, repensant au mouchoir sur le sol, se sentant coupable. Elle renifla. Quelque chose lui disait qu'elle n'avait pas à le ramasser.


Booth était bien content de s'être levé tôt. Il était content d'être arrivé avant elle au poste de police, et il était content de pouvoir voir la porte de là où il se tenait. Toutefois, en dépit de sa ferme résolution de se comporter comme si de rien n'était, lorsqu'elle entra, il oublia comment respirer.

« Ah, je crois que votre partenaire vient d'arriver, » déclara le shérif.

Il grimaça lorsqu'il distingua les cernes sous ses yeux, qui confirmèrent sa crainte qu'elle ne se soit pas accordée suffisamment de sommeil, et se sentit frissonner lorsqu'il ne put s'empêcher de penser qu'elle aurait pu avoir un accident. Mais lorsqu'elle l'aperçut, elle lui adressa un sourire qui illumina ses traits délicats et fit battre son cœur plus fort dans sa poitrine.

« Pendant que vous la briefez, je vais aller passer un coup de fil. Les hélicos seront prêts pour quand vous en aurez terminé avec les suspects, au cas où vous en ayez besoin. »

Booth se força à tourner sa concentration sur l'homme et l'affaire criminelle, du moins pendant quelques secondes. « Oui… Merci, ça nous fera gagner du temps. »

Il essaya de ne pas la dévisager alors qu'elle s'approchait de lui, mais il était difficile de ne pas remarquer à quel point sa chemise légère épousait les formes de son corps. Ca lui faisait drôle de penser que la dernière fois qu'il l'avait vue, il l'avait embrassée. Et qu'elle l'avait embrassé. Cette simple évocation lui donna l'impression que sa poitrine allait exploser.

« Je pensais arriver avant toi, » le taquina-t-elle.

Il réalisa qu'il avait gardé le regard fixé sur ses lèvres. Il leva les yeux pour la regarder en face.

« Tu n'as pas dormi, » la gronda-t-il gentiment.

Elle le dévisagea, les mains sur les hanches, et il maintint son regard, jusqu'à ce qu'elle laisse soudain retomber ses bras et qu'elle détourne les yeux. Wow, il fallait vraiment qu'il arrête de la regarder comme ça ou bien il finirait par la faire fuir.

« Je vais bien, Booth, » dit-elle fermement en laissant son regard revenant vers lui. C'était son regard « je-sais-prendre-soin-de-moi ». Et il savait combien il était dangereux de la contredire, dans ces moments-là.

« Alors… Tu ne m'as pas vraiment dit pourquoi tu as insisté pour être là. » Voyant son embarras et son hésitation, il regretta immédiatement ses paroles. « Euh, je… je veux dire… c'est pas ce que je voulais dire, je suis content que tu sois là, évidemment, mais je… » Il soupira, agacé par son propre bégaiement.

« J'ai étudié les dossiers de près et je pense que je peux aider là-dessus, c'est tout. »

Une fois encore, il se retint de lui faire remarquer qu'elle aurait mieux fait de se reposer, tandis qu'une autre partie de lui, l'égoïste, était plus qu'heureuse qu'elle l'ait rejoint.

« Tu as confiance en moi ? »

Sa question le surprit. « Tu es ma partenaire. Bien sûr que j'ai confiance en toi. »

Alors qu'un magnifique sourire recourbait la ligne de sa bouche, il lui sembla soudain qu'ils étaient seuls dans le bureau de police bruyant et bondé.

« Alors je pense que… que nous devrions commencer avec celui-ci, puis celui-là, et ensuite… »

Habituellement, il aurait protesté. C'était son travail, son domaine. Mais à ce moment-là, tout ce qu'il trouva à dire fut un simple "Ok".


Depuis l'instant même où elle avait pénétré dans le poste de police, le bruit qui régnait ici résonnait dans sa tête. Elle fit de son mieux pour que le manque de sommeil ne se voit pas sur son visage. Elle n'avait pas manqué de noter le regard inquiet de Booth, mais il semblait que d'une manière ou d'une autre il avait décidé de ne pas l'ennuyer avec ses recommandations de mâle alpha un peu trop protecteur. Elle se sentit cependant prise au dépourvu lorsqu'il lui demanda pourquoi elle avait insisté pour être là. En réalité, elle n'avait pas vraiment réfléchi à quoi lui dire exactement. Idiot, mais vrai. Devait-elle lui parler de son rêve ? Ne se moquerait-il pas d'elle?

Elle était sur le point de répondre à sa question lorsqu'il ouvrit la bouche pour laisser sortir un bégaiement confus. Oh, il pensait qu'elle avait mal interprété ses propos. Son embarras la fit sourire intérieurement.

« Tu as confiance en moi ? »

La question sembla le surprendre. « Tu es ma partenaire. Bien sûr que je te fais confiance. »

La manière dont il avait prononcé ces mots et la douceur de son regard lui fit fondre le cœur. Comment un seul de ses regards pouvait-il la faire se sentir tellement à nue, aussi vulnérable ? Pendant quelques instants, il lui sembla presque qu'ils étaient seuls ici. Qu'elle pouvait simplement se jeter dans ses bras, lui montrer ce qu'il était pour elle, lui dire ce que ce baiser avait signifié pour elle, recréer le moment. Et pendant quelques instants, il lui sembla normal que son cœur batte un peu trop vite.

Mais ils n'étaient pas seuls. Et une autre partie d'elle-même, plus forte peut-être, ne l'aurait jamais laissée faire ça. Lorsqu'elle énuméra l'ordre dans lequel elle considérait qu'il fallait interroger les suspects, il ne protesta même pas. Il lui sembla, à ce moment-là, qu'il lui aurait dit oui sur n'importe quoi. Et ce soudain changement de comportement l'effraya.


Premier suspect. Booth remercia le Ciel d'avoir Bones à ses côtés. Ca lui paraissait plus facile du fait qu'elle était là. Second suspect. Chaque fois qu'il ressentait le besoin écrasant d'envoyer un coup de poing dans le visage de l'homme qui lui faisait face, un simple regard à sa partenaire le calmait. Troisième. Elle était étonnamment silencieuse et observait l'homme d'une façon qu'il ne lui avait jamais vue. Quatrième suspect. Il ne put s'empêcher de trouver son comportement un peu étrange.

« Il y a une autre fille. »

Booth réalisa qu'il avait fixé l'homme sans vraiment le regarder. Il plissa les yeux, se demandant s'il avait bien entendu. « Quoi ? »

« Il y a une autre fille. »

Cette fois, Booth prit le temps d'observer l'homme. La quarantaine, des cheveux sombres et sales collés à son crâne, des yeux noirs perçants. L'image typique du pervers.

« C'est un aveu ? »

L'homme s'appuya sur le dossier de sa chaise et croisa les bras sur sa poitrine avec un sourire satisfait. D'accord. Apparemment le genre de malade qui était fier de ce qu'il avait fait. Un peu inhabituel pour un délinquant sexuel, mais possible. Son attitude lui fit penser à Howard Epps. Cette simple idée le rendait malade.

« Vous en pensez quoi ? »

Booth réprima un grognement. Cet homme ne ressemblait pas à la personne qu'ils recherchaient. Il semblait plus être le genre de gars à essayer par tous les moyens d'attirer l'attention. En dépit de cela, ils ne pouvaient pas se permettre d'ignorer son aveu.

« C'est moi qui pose les questions ici, Stuart, » dit Booth d'une voix posée mais ferme. Il lança un regard en coin à Brennan, qui demeura silencieuse, apparemment occupée à étudier l'homme.

« Si vous ne me croyez pas, je peux vous conduire à elle. »

« Où est-elle, Stuart ? »

« Dans la forêt. »

« Où, exactement ? »

« Je vous dirai pas ça. Je vais vous conduire à elle. »

« Son nom, Stuart. »

« Je dirai rien avant qu'on arrive là-bas. On aura besoin des hélicos. »

Manifestement, les agents de police n'avaient pas été suffisamment discrets. Booth était sur le point de laisser échapper un soupir de frustration lorsque Brennan se leva brusquement. Il lui lança un regard interrogatif et elle répondit par un signe de tête lui demandant de la suivre dehors.

« Ca n'est pas lui, Booth, » déclara-t-elle après avoir soigneusement refermé la porte.

« On n'a pas terminé avec lui. »

« On a terminé. Ca n'est pas lui. »

« Comment peux-tu en être aussi sûre ? Il a avoué, après tout. »

« Tu sais parfaitement qu'il joue avec nous. Il essaie de gagner du temps, d'attirer notre attention. »

« Peut-être que oui. Peut-être que non. On ne peut pas en être sûrs à cent pour cent avant d… »

« On doit passer au suivant, Booth, » l'interrompit-elle. « On n'a pas le temps. »

« Je suis désolé de te dire ça, mais on n'a pas d'autre choix que de vérifier si ce qu'il dit est vrai. »

« Ouvre les yeux, Booth ! C'est une énorme perte de temps ! Il y a peut-être une petite fille quelque part, perdue et terrifiée. C'est notre responsabilité de la trouver. »

« C'est notre responsabilité de vérifier si cette homme dit la vérité ou non ! »

« D'accord. Je ne viens pas, alors. »

« J'ai besoin de toi, Bones! Il y aura peut-être d'autres corps à identifier là-bas. »

Elle croisa les bras, les yeux remplis d'une colère froide. « Très bien. C'est toi l'agent du FBI, après tout. »

Le dernier regard qu'elle lui lança avant de le dépasser le glaça. Après quelques pas, elle s'arrêta, et il pensa qu'elle allait se retourner, mais ce ne fut pas le cas.

« Tu as dit que tu me faisais confiance, » marmonna-t-elle d'une voix à peine audible avant de s'éloigner, le laissant stupéfait, rembli d'un sentiment de culpabilité, et se demandant comment il allait bien pouvoir arranger ça.


Chloé se réveilla en sursaut et s'assit dans son lit, désorientée. Elle s'était assoupie sans vraiment s'en rendre compte. Il lui vint à l'esprit que de toute façon, il était impossible de se rendre compte que l'on s'est endormi. Mais ça n'était pas ce qui la tracassait sur ce moment. Une porte avait été claquée, et elle était quasiment certaine qu'il s'agissait de la porte d'entrée. Elle connaissait parfaitement la nature et l'origine des bruits dans la maison, à présent. La porte d'entrée avait été claquée, puis plus rien.

Elle attendit, les yeux grands ouverts, comme s'il lui était possible de percevoir le silence dans l'obscurité. Elle attendit, guettant le moindre bruit. Espérant entendre quelque chose. Elle attendit durant ce qui lui sembla une éternité. Mais rien ne se passa.


A/N : Je vous souhaite à tous un très bon réveillon et pour la bonne année je le ferai quand ça sera le moment. Amusez vous bien, pas trop d'excès et surtout, attention sur la route !