A/N : Ouin. 28 avril… Je commence à penser à faire une grève contre la grève, qui me suit? Enfin, cette programmation change tellement souvent qu'on peut espérer une fin à cette fichue grève plus une reprogrammation de nouveaux épisodes plus tôt. Non ? Oui je sais je rêve, il faut bien dans la vie. Et puis sinon tant pis, j'attendrai. J'attendraaaaaaaaiiii le jouuuuur et la nuiiiit j'attendraiiii. De toute façon il fait moche, alors… Enfin bonne lecture quand même !


Chapitre 13 – Un pas après l'autre


C'était comme si son souhait avait été exaucé. Plus aucun bruit. Plus aucun son. Seulement le silence. Le silence, enfin. C'était tellement agréable. Ca aurait dû durer.

Elle prit une grande inspiration et le regretta aussitôt. Non, ça n'était pas agréable du tout. Sa tête… Sa tête était plus douloureuse que jamais, et quelque chose de poisseux collait au côté droit de son visage. Du sang. Nul besoin de le toucher pour savoir que c'était du sang. L'hélicoptère s'était écrasé. C'est ça. Et elle était toujours en vie.

Elle entendit du bruit. Quelqu'un d'autre était conscient et essayait de sortir. Elle ouvrit les yeux lentement. Elle essaya de relever la tête mais elle était bien trop lourde. Le shérif, sur le siège opposé devant elle, lui sembla inerte, sa tête tombant mollement devant lui. Elle jeta un œil sur sa gauche. Le jeune policier qui l'avait tellement agacée ne semblait pas conscient, lui non plus. C'était le pilote qui bougeait dans le siège devant elle. Il avait manifestement réussi à détacher sa ceinture. Il changea de position en grognant, et elle le vit placer deux doigts dans le cou du shérif pour prendre son pouls avant de murmurer quelque chose qu'elle ne comprit pas.

Qu'est ce qu'il faisait ? Elle força son esprit embrumé à se concentrer. Apparemment, il essayait de déboucler la ceinture du sheriff. Elle essaya de dire quelque chose, mais un gémissement s'échappa de sa gorge à la place. Le pilote tourna la tête vers elle. C'était quoi son nom, déjà? Elle ne parvenait pas à s'en souvenir. Il l'observa un moment sans rien dire avant de parler.

« Tu es vivante… »

Sam. Son nom, c'était Sam, elle s'en souvenait à présent. Elle ferma les yeux durant ce qui lui parut un instant ; ses paupières étaient tellement lourdes. Et l'instant suivant, la porte était ouverte et il s'affairait devant elle, pressant le bouton de sa ceinture pour la libérer.

« Allez, ouvre les yeux, ma belle. Je sais que tu es réveillée. »

Elle gémit lorsqu'il la saisit sous les bras pour l'aider à se lever. Elle rassembla ses forces et fit de son mieux pour lui faciliter la tâche. Lorsqu'enfin il réussit à l'extraire de l'appareil, elle parvint à faire quelques pas, appuyant le plus gros de son poids sur lui. Après quelques mètres, ses jambes tremblaient tellement qu'elle décida que c'en était fini de marcher. Elle s'attendait à ce qu'il l'aide à s'étendre sur le sol, mais au lieu de cela, il la força à rester debout.

« Non, non non non non. Tu vas devoir marcher. Parce que tu viens avec moi. »

Alors, elle sentit quelque chose pressé contre son dos. Quelque chose de dur et froid. Une arme.


Un pas après l'autre, il avait composé une histoire. Un mensonge après l'autre, il avait presque fini par y croire. Qu'il n'était pas seulement un voyeur lâche et pathétique. Qu'il était capable de passer à l'acte.

Mais un événement inattendu était survenu. Quelque chose qu'il n'avait pas anticipé. Quelque chose qui perturbait complètement ses plans, qui le laissait perplexe et confus.

Le pilote atterrit et tout le monde descendit, l'abandonnant là, toujours menotté à son siège. C'était fini. Il n'était plus le centre de l'attention.

« Hé ! » cria-t-il, essayant désespérément de se faire remarquer. Mais personne ne l'entendit. C'était la fin de son petit jeu. Ca n'avait pas duré aussi longtemps qu'il l'avait espéré. Il tendit l'oreille, mais ils étaient trop loin pour qu'il puisse saisir ce qu'ils disaient. C'était agaçant de ne pas entendre ce qui allait arriver. C'était presque angoissant de ne pas savoir ce qu'ils comptaient faire de lui.

« Hé ! » cria-il plus fort, sans meilleur résultat.

Il souffla et s'enfonça dans son siège. Il détestait ça, ne plus avoir le contrôle de la situation.

« Je viens d'appeler des renforts, ils seront là sous peu, » dit quelqu'un.

« Il faut que l'un de nous reste avec Denton le temps qu'ils arrivent, et ensuite aller à la maison avec lui. Vous savez, juste au cas où. »

Juste au cas où… Bien. Il aurait l'opportunité de continuer son petit jeu, après tout.

« Seulement un ? C'est prudent, ça ? »

« Je vais rester avec lui. Vous, allez chercher votre partenaire. »

« Merci, Logan. »

« Ils sont à moins de cinq cent mètres d'ici. Allons-y. Ouest, sud-ouest. »

Lorsque l'agent Logan revint vers lui avec un air méprisant, Denton grimaça.

« Tu as menti, hein, Stuart ? La maison qu'on a vu n'est pas vraiment à toi. »

« J'ai dit la vérité. »

« J'en crois pas un mot. »

Denton laissa échapper un grognement de douleur. Il n'avait pas vu le coup venir. « Vous… Vous avez pas le droit de faire ça ! » s'écria-t-il d'un air indigné, se protégeant le visage de son bras.

« A cause de toi, quatre personnes ont peut-être trouvé la mort. Je sais que tu as menti, fils de pute. J'ai lu ton dossier ! »

Il essaya d'éviter le deuxième coup mais les menottes ne lui permettaient pas de bouger assez. « Vous aurez des problèmes pour ça ! Ils verront ce que vous avez fait et vous aurez des problèmes, croyez-moi ! »

L'agent se pencha plus près, son visage à quelques sentiments du sien. « Pas sûr qu'ils s'en soucient, Stuart. Pas sûr qu'ils s'en soucient. »

Et, après un troisième et dernier coup de poing dans le visage de Denton, Logan s'éloigna avec un air dégoûté.


Il ne pouvait tout simplement pas se résigner. Il avait pensé qu'il en aurait été capable. Il s'était trompé. Il s'était seulement menti à lui-même. La seule pensée de ne plus jamais la revoir lui glaçait le cœur. La simple idée qu'il ne glisserait plus jamais les doigts dans sa chevelure blonde et soyeuse le dévastait. Savoir qu'elle n'était plus sienne le déchirait de l'intérieur.

Il continua à pousser la femme avec son arme pressée contre son dos. Elle était un fardeau qu'il aurait voulu s'éviter. Un pas après l'autre, elle semblait plus susceptible de trébucher et de tomber. Sa patience était à bout ; elle ne marchait pas assez vite. Il aurait pu se débarrasser d'elle, mais d'un autre côté, elle pouvait se révéler utile.

Il n'avait pas fait tout cela pour rien. Il n'avait pas simulé une panne, crashé l'hélico, réussi à rester en vie, pour rien. Et James. Il avait été un bon ami, un brave camarade à l'armée. Il avait paru si content de le revoir. Un bon sheriff, un bon mari. Il n'avait pas mérité ça. Sam détestait penser qu'il était mort pour rien.

C'est pourquoi il ne laisserait pas Chloé ici. Il ne pouvait pas partir sans elle. Quel qu'en soit le prix, il devait aller la chercher.


Honnêtement, elle ne savait pas où elle trouvait la force de continuer à avancer. L'arme dans son dos, pour sûr, l'y aidait. A chaque pas, ses jambes tremblantes la faisait chanceler et ses mains menottées devant elle ne rendait pas meilleure sa stabilité.

« C'est une mauvaise idée, » s'aventura-t-elle à dire après ce qui semblait des heures de silence. « Vous êtes blessé. Vous avez besoin de soins. »

Il ne répondit pas et enfonça le revolver plus profondément dans son dos pour la forcer à presser le pas. Malheureusement, elle ne pouvait pas aller plus vite. Elle ne savait pas où il l'emmenait. Elle n'y pensait même pas, pas vraiment. Son esprit et son énergie étaient concentrés sur le simple fait de marcher. Les arbres devant elle se brouillèrent progressivement. Elle trébucha, sa tête tournant dangereusement, mais de nouveau, elle parvint à retrouver un semblant d'équilibre. Booth était à leur recherche. Il était à sa recherche. Elle s'accrocha à cette idée et elle l'aida à tenir bon. Elle le devait.

« La forêt grouillera bientôt d'équipes de recherche, » déclara-t-elle d'une voix plus faible qu'elle ne l'aurait souhaité. « Où pensez-vous pouvoir aller ? »

« T'en fais pas. Je connais ces bois comme ma poche, » dit-il calmement. Son ton était si posé. Sa confiance annihila la sienne.

Sa vision s'assombrit tout à coup et ses oreilles commencèrent à bourdonner. Une sensation de chaleur parcourut son corps et elle se sentit glisser vers le sol. Mais ce sol, elle ne l'atteint jamais, car il la rattrapa avant.

« Oh, non, non, non. Pas ça, » dit-il. Elle sentit le canon dur et froid de l'arme contre la peau délicate de son cou. « T'as pas l'intention de me ralentir, hein ? »

Le ton de sa voix était étrange, inhabituel.

Elle fit un pas en avant. Oui… C'était comme s'il grondait une petite fille.

Un autre pas. L'enquête, l'accident, Lieberman qui la menaçait et la forçait à avancer dans la forêt, tous ces éléments s'embrouillaient dans son esprit, n'y laissant qu'un mélange confus.

Et encore un.

Et elle marchait de nouveau. Un pas après l'autre, elle savait une chose pour sûre : aussi longtemps qu'elle marcherait, elle resterait en vie.


Ils avancèrent dans un silence pesant. Ils avancèrent, et chaque pas qu'ils faisaient les rapprochait de ce qu'ils redoutaient de trouver sur les lieux de l'accident.

« Par là, » dit soudain le pilote, pointant son doigt à sa gauche, ramenant Booth hors de ses pensées. Ils tournèrent tous deux à gauche et pressèrent le pas.

L'appareil était en mauvais état, et il n'y avait aucun mouvement, aucun bruit. Tout cela n'annonçait rien de bon. Booth réprima l'envie de s'arrêter et de fermer les yeux pour refuser la réalité. C'était l'un de ces moments où toute pensée ou sentiment devaient être bannis. Habituellement, il savait parfaitement comment faire. Mais c'était Bones, et la simple idée de la savoir dans un lit d'hôpital lui était insupportable. Il n'envisageait même pas la possibilité qu'elle soit morte.

Il se précipita du côté où il l'avait vue prendre place et se figea lorsqu'il trouva son siège vide. Les autres, il ne les remarqua même pas. Tout ce qu'il voyait, c'était le siège arrière droit vide et tâché de sang.

« Robbie est vivant, » entendit-il l'homme constater. « L'autre s'en est pas sorti. » Il décrocha son talkie-walkie de sa ceinture, sans aucun commentaire sur l'absence du pilote et de l'une des passagers. « Robbie Moore est vivant. Inconscient, et il a dû se casser quelques côtes, mais il va s'en sortir. L'hélico s'est écrasé sur le côté avant gauche. Le shérif Vaughan est décédé. Il était sur le siège avant, il est probablement mort sur le coup."

Booth jeta un regard autour de lui, se passant nerveusement les doigts dans sa chevelure courte.

« Bien reçu. Et les autres? »

« On les a pas encore trouvés. Je te rappelle. »

« Ok. »

« Ils auraient pu être éjectés, mais je pense pas, » dit Booth.

« Pourquoi ? » demanda l'homme, tournant autour de l'appareil pour aller voir de l'autre côté.

« Le siège du pilote s'est décroché mais il est toujours dans la cabine et il y a du sang dessus. Ma partenaire était assise sur le siège arrière droit. Il est toujours intact, pareil pour la ceinture. Intacte, et débouclée. »

« Effectivement. »

« Ecoutez… Je la connais. Elle ne les aurait jamais laissés là. Elle aurait essayé de nous contacter avec la radio. Elle fonctionne, je l'ai testée. »

L'homme souffla en secouant la tête. « Je sais pas ce que ça veut dire mais il faut qu'on les retrouve. Je vais attendre les secours ici. Allez chercher votre partenaire et on reste en contact par téléphone. Je vous envoie des renforts dès que je peux. »


Elle se demanda depuis combien de temps elle marchait dans cette forêt. Elle se demanda combien de temps ça durerait. Elle ne savait même pas exactement où ils allaient. Une partie d'elle-même voulait renoncer, s'allonger sur le sol et fermer les yeux, peu importe ce qui arriverait. Il pourrait la secouer autant qu'il voudrait, elle ne bougerait pas. Il pourrait la soulever sur son dos, elle ne protesterait pas. Il pouvait même lui tirer dessus, elle s'en moquait. Non, faux. Elle ne s'en moquait pas.

« Continue à parler. »

Un pas de plus. Elle tiendrait le coup.

« Je n'ai pas envie de parler. »

Un autre pas. Elle le devait, pour son père. Pour Russ. Pour Angela.

« J'ai dit, continue de parler, » ordonna-t-il.

Pied gauche. Pour Booth.

« Je n'ai rien à dire. »

Pied droit. Elle imagina que Booth était là bas, entre ces deux chênes, qu'il l'attendait.

« Tu viens d'où ? »

Gauche. Encore environ dix pas et elle s'écroulerait. Mais il serait là et il la rattraperait.

« Chicago. »

Encore sept pas et elle serait saine et sauve, en sécurité dans ses bras.

« Ta famille est encore là-bas ? »

Elle se sentit de nouveau prise de vertiges. Tiens bon, Temperance. Cinq pas.

« Non. Ma mère est morte et mon père est en prison. »

Quatre.

« Oh. Pas très joyeux tout ça. »

Arrête ça. Tu sais parfaitement qu'il n'est pas vraiment là. Si tu tombes, tu ne rencontreras que le sol.

« Non, pas vraiment, » murmura-t-elle.

Elle s'arrêta, hors d'haleine. Ses jambes tremblantes ne la porteraient plus.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Lieberman d'un air mécontent, en se mettant devant elle.

Alors qu'elle regardait vaguement par-dessus l'épaule de l'homme, elle aperçut quelque chose bouger dans les bois. Elle ferma les yeux une seconde, puis secoua la tête. « Je… Je peux plus… »

Lorsqu'elle les ouvrit de nouveau, une petite fille blonde la regardait, à demi-cachée derrière un tronc d'arbre. Elle ressemblait à l'enfant sur la photo, hormis le fait qu'elle ne souriait pas. Elle semblait effrayée, perdue. Elle semblait lui demander de l'aide.

Lorsque Lieberman regarda derrière lui, la petite fille disparut derrière l'arbre. « Qu'est-ce que tu as vu ? »

« Rien. »

Elle retint sa respiration lorsqu'il enfonça l'arme dans son cou. « Qu'est-ce que tu as vu ? »

« Chloe Brighton. »

Elle vit une lueur de panique passer dans ses yeux. Il se retourna de nouveau. « Quoi ? »

C'était maintenant ou jamais. Cette opportunité ne se présenterait probablement plus. Rassemblant le peu de forces qui lui restaient dans les muscles, elle passa ses bras au-dessus de la tête de Lieberman, puis tira pour l'étrangler avec la chaîne des menottes. Il se débattit mais elle tint bon, s'accrochant à lui de toutes ses forces. Il tira mais se trouva incapable de l'atteindre derrière lui. Ensuite, elle enroula ses jambes autour de sa taille. Comprenant qu'il ne se débarrasserait pas d'elle aussi facilement, il décida d'essayer autre chose et recula brusquement, essayant de l'écraser contre un tronc.

Brennan cria lorsque son dos rencontra l'arbre violemment, mais elle refusa de lâcher prise. De nouveau, il tenta de pointer l'arme vers sa tête, mais avant qu'il puisse tirer, elle mordit sa main et, avec un hurlement de douleur, il laissa tomber le revolver.

« Vous avez gâché une balle, » siffla-t-elle.

Retrouver un peu de contrôle lui donna la force de tirer plus fort sur la chaîne. Lieberman commença à suffoquer, ses doigts essayant d'agripper ce qui l'étranglait. Après quelques secondes, à court d'air, il finit par s'écrouler durement sur le sol, entraînant Brennan avec lui.

Elle continua à tenir bon. Un pas après l'autre, elle avait retrouvé le contrôle de la situation. Un pas après l'autre, elle avait repris le dessus sur lui. Elle était Temperance Brennan. Pas une faible femme, pas le genre de personne qui s'étendrait simplement là, à attendre que son sort vienne. Elle se relèverait, emporterait l'arme avec elle et, un pas après l'autre, elle trouverait comment se sortir de là.


A/N : J'espère avoir le temps de faire le prochain chapitre rapidement, donc dans la semaine, ou ce week-end au plus tard. Encore merci aux reviewers, ça me touche toujours beaucoup.