A/N : Vous m'avez laissé tellement de fantastiques reviews que je me suis dépêchée à traduire rapidement un nouveau chapitre pour ne pas vous laisser trop longtemps à vous ronger les ongles. Je recommence à travailler à partir de lundi mais j'aurai mes vendredi de libre et je viens de m'acheter un portable donc je ne pense pas que ça affecte trop mes updates, de toute façon je trouve toujours le temps d'écrire. Je vais essayer de vous faire le chapitre 16 dans le week-end pour au moins ne pas vous laisser trop sur votre faim, puisque c'est la partie assez « tendue » P

Bonne lecture et un grand merci pour votre fidélité et vos encouragements !


Chapitre 15 - Traque


« Lève-toi! Lève-toi! » La voix paniquée de Chloé était si proche, et en même temps, elle semblait si lointaine, presque irréelle. L'enfant la secoua, tout d'abord doucement, puis plus fort. « Lève-toi… S'il te plait, tu dois te lever… » Elle savait qu'elle le devait. Elle s'était promise de tenir bon, de continuer à avancer, jusqu'à ce qu'elle soit certaine qu'elles étaient toutes deux en sécurité. Mais il était tellement plus facile d'ignorer la voix, de laisser tomber. « C'est lui, c'est Sam. Il est là. »

« Non… Pas possible… » marmonna Brennan. Il était tellement plus facile de le nier.

« C'est lui… S'il te plait, lève-toi… »

Elle entendit vaguement l'enfant se lever et courir. Une vague de peur soudaine la poussa à reprendre totalement conscience et à ouvrir les yeux. Juste pour en être sûre. Elle s'assit et effectivement, elle le vit qui marchait droit vers elle avec un sourire en coin. Oh, Seigneur, non. Ca n'était pas possible. Elle l'avait laissé loin, inconscient. Probablement mort. Ca devait encore être une hallucination. Elle ferma les yeux, puis les rouvrit, juste pour s'apercevoir qu'il n'avait pas disparu. Bien sûr, ça ne voulait rien dire, mais évidemment, elle ne pouvait en être certaine.

Alors, elle tendit le bras à la recherche de l'arme. Elle parvint à la ramasser assez vite et elle tira plusieurs fois, mais les balles le manquèrent toutes, comme si elles se liguaient contre elle.

« Tu viens de gaspiller trois balles ! » se moqua-t-il depuis derrière un arbre. « Tu veux jouer au chat et à la souris, hein ? »

Elle n'avait pas encore baissé son arme, mais elle hésita avant de tirer à nouveau. Ses vertiges et les tremblements dans ses mains l'empêchaient de viser correctement. Elle essayait désespérément de se concentrer lorsque Chloé courut vers elle et plaça ses mains sur sa taille pour l'aider à marcher. Manifestement, elle voulait prendre la fuite.

Brennan laissa l'enfant la guider sans même protester ni même se demander si c'était la meilleure solution. Elle marcha aussi vite qu'elle le pouvait, mais ses pas étaient toujours aussi mal assurés. Chloé s'adapta à son rythme, ses petits bras toujours passés autour d'elle, comme si elle pensait pouvoir supporter le poids d'une adulte.

« Tu t'amuses bien, mon cœur ? »

Dans d'autres circonstances, le ton méprisant de Sam l'aurait faite sourire. C'était elle qui avait l'arme. Tout ce qu'il avait, lui, c'était un malheureux bâton. Elle aurait pu se retourner et l'abattre d'une simple balle dans la tête. Elle aurait dû. Mais quelque chose la poussait à continuer, encore et encore, et à ne jamais s'arrêter. Alors elle pressa simplement le pas.

« Allons, Tempe. C'est une mauvaise idée, ça. Tu es blessée. Tu as besoin de soins médicaux, » se moqua-t-il, suffisamment fort pour s'assurer qu'elle entendrait bien chaque mot de tout cela.

Elle savait qu'il ne faisait que répéter les paroles qu'elle avait prononcées plus tôt. Il les suivait en maintenant soigneusement toujours la même distance. Il savait qu'elle était incapable de viser correctement. Il avait calculé qu'il ne lui restait que peu de balles. Peut-être même qu'il connaissait le nombre exact. Il les suivait, attendant patiemment qu'elle craque, ou qu'elle tombe, ou les deux. Il les suivait, et même si elle ne pouvait pas le voir, elle devinait son petit sourire supérieur et méprisant. Mais c'était surtout le ton de sa voix qui la frappait. C'était comme s'il parlait à une enfant. En réalité, s'il n'avait pas prononcé son nom, elle aurait juré qu'il parlait à Chloé.

Plus elle essayait de marcher vite, plus elle ralentissait. Elle ne sentait plus ses jambes. Très vite, elle serait hors d'haleine, incapable de marcher. Elle détestait l'admettre, mais il avait raison. Ils ne pouvaient pas continuer à jouer au chat et à la souris.

« A terre ! » ordonna-t-elle à Chloé avant de faire brusquement demi-tour.

Elle leva son arme. Elle avait dû le surprendre. C'était sa chance. Elle devait être rapide. Elle essaya de se convaincre qu'elle en était capable, mais avant qu'elle puisse tenter de l'atteindre, il s'était déjà caché derrière un arbre.

Elle sentit Chloé lui tirer la manche. « On peut pas s'arrêter maintenant. »

Mais Brennan appuya son dos contre un tronc d'arbre, secouant la tête de découragement. Elle avait épuisé ses dernières forces.

« Ecoute, » dit-elle en se laissant glisser sur le sol. « Et si on… reprenait juste… notre souffle… »

« Tempe… »

Brennan fixa les yeux suppliants de la fillette un long moment avant de pouvoir parler de nouveau.

« Chloé… Tu dois m'écouter. Tu m'écoutes?" demanda-t-elle en faisant de son mieux pour adopter un ton calme et posé. Nul besoin de fournir à cette enfant une autre raison de paniquer.

« Oui, » répondit Chloé d'une voix ferme mais basse.

« Je veux que tu t'enfuies aussi vite que tu peux, d'accord ? »

Les yeux de l'enfant s'emplirent de larmes. « Non, » gémit-t-elle.

« Si. Je veux que tu coures et que tu me laisses là. »

C'était la seule solution, mais elle se détestait d'être arrivée là. Elle se détestait de mentir à cette petite fille, se haïssait de lui avoir fait croire qu'elle pouvait la protéger, qu'elle était en sécurité avec elle, qu'elle pouvait la sortir de là et la ramener à ses parents. Elle se détestait de devoir dire ces mots, de l'abandonner à son sort. Elle était tellement jeune…

« Non, tu as promis… »

« J'ai menti, » murmura Brennan, au bord des larmes. La déception qu'elle vit apparaître dans les yeux de la fillette lui brisa le cœur.

« Maintenant, dis-lui la vérité, chérie. »

Elle aurait voulu crier de manière hystérique, ordonner à cette voix d'arrêter de chuchoter à son oreille, lever son arme et tirer sur Sam en pleine tête.

« Je suis désolée, Chloé, » dit-elle avec des sanglots dans la voix. « Je ne peux pas te protéger. » Elle ne chassa pas les quelques larmes qui lui mouillaient les joues. Elle n'en avait plus la force.

« Non, tu as promis. » La fillette attendit, la regardant comme si elle pensait qu'elle allait la prendre dans ses bras, la rassurer, puis se lever et repartir. Une larme glissa aussi le long de sa joue.

Brennan n'avait jamais eu aussi honte de toute sa vie. Elle avait honte d'être l'adulte et de pleurer, honte d'être celle qui avait l'arme et pourtant d'avoir peur, honte d'abandonner.

« Tu te souviens de ce que je t'ai dit dans la vidéo que je t'ai laissée ? »

« Tu as dit que… que ce que tu as fait, tu l'as fait par amour. »

« C'est ça, chérie. »

Elle appuya l'arrière de sa tête contre le tronc et ferma les yeux, ne pouvant retenir un sanglot. « Tu as tort. Quand vous avez disparu, Papa et toi… c'est là que je suis morte… »

« Non. C'est là que tu es née. C'est ça qui a fait de toi ce que tu es aujourd'hui. Et c'est grâce à ça que tu vas survivre. »

Elle se sentait tellement seule et perdue. Pendant quelques instants, elle s'autorisa à penser que Booth était là, qu'elle pouvait simplement se cacher dans ses bras, se reposer sur lui. « Dis-moi ce que je dois faire, » supplia-t-elle à haute voix, oubliant la présence de l'enfant.

« Je t'ai donné ma force. Utilise-la. »

« Tempe. Utilise-moi. Pour te relever. »

La voix de Chloé la ramena à la réalité. La fillette se leva et tendit la main vers elle. Brennan fut abasourdie de voir combien elle était courageuse. Elle avait cessé de pleurer, elle était prête à repartir. Elle n'abandonnait pas. Elle était forte, parce qu'elles étaient ensemble. Elle avait toujours la foi, parce qu'elle croyait toujours en elle.

« D'accord, » dit Brennan, prenant la main que lui offrait Chloé. Par miracle, elle parvint à se hisser sur ses pieds.

« Je te laisserai pas, » dit Chloé avec un sourire apaisant.

Brennan eut envie de rire et de pleurer en même temps. Elle avait d'autant plus honte que c'était désormais la fillette qui essayait de la rassurer. Il y avait tellement de choses sous-entendues dans ces quelques mots. 'Je ne suis peut-être qu'une enfant mais je peux t'aider à être forte', 'Je te pardonne d'avoir envisagé de m'abandonner', 'Je crois en toi'.

Chloé la guida, lui tenant fermement le bras, la poussant pour qu'elle aille plus vite. Sa tête tournait toujours, elle manquait toujours de trébucher à chaque pas et elle était sans arrêt tentée de reposer son poids sur la fillette, mais elle était déterminée à continuer. Elle regardait droit devant elle, même si sa vision était floue. Lorsqu'elle vit un pied apparaître de derrière un arbre, elle ne se rendit pas compte assez vite quelle menace il représentait. Chloé cria lorsque Sam, armé de son bâton, sortit de derrière ce même arbre. Puis tout alla très vite.


Sam Lieberman avait toujours été un homme patient. Observer, attendre, suivre, faisaient partie de son mode opératoire. Il fallait du temps pour être certain de ne pas se tromper, du temps pour être sûr que c'était bien le bon moment. La bonne fillette, le bon endroit, le bon moment. Et honnêtement, il aimait vraiment ça, les observer, les attendre, et les suivre, avant qu'elles ne deviennent siennes. Elles n'étaient plus jamais les mêmes, après.

Oui, il était patient. Il la suivit pendant de longues minutes, prenant plaisir à la regarder trébucher, content lorsqu'il la voyait tomber. C'était elle qui tenait l'arme, mais le contrôle, c'était lui qui l'avait. Quelle ironie. C'était amusant de voir combien elle était convaincue d'avoir une chance de lui échapper. Si elle avait simplement abandonné, si elle s'était couchée par terre en signe de défaite, ça leur aurait fait gagner du temps à tous les deux, mais elle s'obstinait à continuer.

C'était un homme patient, mais il y avait une limite à cela. Il tenait les rennes, après tout. C'était lui le chasseur, et elle était sa proie. Alors, lorsqu'il fut fatigué de ce petit jeu, fatigué de la traquer, il se contenta de presser le pas, se dissimula dans les fourrés, et attendit.


Elle ne vit pas venir le coup. Habituellement, elle l'aurait abattu avant qu'il puisse l'atteindre, mais cette fois-ci, elle n'en fut pas capable. Elle parvint simplement à éviter le bâton de justesse, mais ce mouvement la déséquilibra et elle tomba maladroitement. Lorsqu'elle réalisa qu'elle avait lâché le revolver, il était déjà en train d'essayer de l'atteindre. Sauf que cette fois, elle fut la plus rapide. Elle saisit l'arme et la pointa droit sur lui.

« Ne tire pas, » dit-il en laissant tomber son bâton et en levant les mains. « Je me rends. »

« Ne bougez pas, » ordonna-t-elle en se levant.

« Je me rends, » répéta-t-il sur un ton qui s'accordait très mal avec ses paroles.

Même s'il avait lâché son arme, et même si elle le menaçait avec un revolver, il était évident qu'il pensait toujours avoir le contrôle de la situation.

« Restez où vous êtes. » En dépit de ses efforts pour paraître confiante, sa voix demeura basse et tremblante. Il était déjà suffisamment difficile de rester debout et il semblait qu'elle était en train de perdre la bataille qu'elle menait pour empêcher ses bras de trembler.

« Tu as gagné, j'abandonne. Maintenant, on va attendre gentiment ton partenaire et il me mettra en garde-à-vue, c'est ça ? Enfin, c'est ton boulot de me sortir de là en sécurité, non ? »

« Ca suffit ! »

« Bien sûr, » dit-il calmement. « Au fait, tu n'es pas perdue, si ? » ajouta-t-il d'un ton méprisant après une courte pause. « Parce que si tu es perdue, je peux te montrer le chemin du retour. »

« La maison, Sam. Où est la maison ? »

« La maison? Euh… Pas très loin. C'est là que tu veux aller? Je peux t'y amener. Mais tu es consciente que j'ai qu'une seule voiture et qu'elle est restée à la station de police, hein ? Je peux aussi te ramener à l'hélico, si tu veux. La radio marche encore, je l'ai testée. Et on a laissé ton téléphone portable là-bas. Je peux t'y, suffit de me le dire. Je sais où c'est. »

Brennan remarqua qu'il louchait sur le bâton à ses pieds. Manifestement, il ne faisait que dire ce qu'elle voulait entendre, essayant simplement de gagner du temps.

« Il ment ! » s'écria Chloé.

« Je sais, » murmura-t-elle.

« Il attend que tu tombes encore. Et après il nous tuera. »

« Je sais. »

« Tu sais quoi ? » demanda Sam en levant les sourcils d'un air supérieur.

« Tu dois tirer sur lui ! » cria Chloé.

Elle aurait voulu le faire, mais c'était impossible. Sa vision était trop floue, sa tête trop douloureuse, ses bras trop tremblants. Elle ne ferait que gaspiller encore une balle. « Je p… Je peux pas, » bredouilla-t-elle.

Chloé se rapprocha d'elle et lui saisit fermement de poignet. « Alors je vais t'aider, » dit l'enfant sur un ton déterminé, fronçant les sourcils en signe de concentration. Elle glissa son index devant le sien et ferma son œil gauche pour mieux viser. Peut-être avait-elle vu cela à la télévision. Elle n'avait que six ans mais elle savait où tirer. Elle visa sa poitrine. Brennan resta immobile. Elle retint son souffle pendant que la fillette pressait son doigt contre le sien. Elle se demanda combien de balles restaient, avant de se dire que ça n'était pas important. Un seul coup de feu suffisait. Un seul, droit au cœur. Il s'effondra lourdement sur le sol, comme une poupée de chiffon. Et, une fraction de seconde plus tard, il en fut de même pour elle.


A/N : Merci de m'avoir lue, et merci par avance à ceux qui voudront bien me laisser une review pour me donner leurs impressions. A très vite pour un nouveau chapitre !