A/N : Ah la la, vraiment désolée pour les délais. Je sais que c'est long et je m'en excuse, mais je n'ai plus le temps que j'avais malheureusement. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop, et que vous apprécierez ce nouveau chapitre !


Chapitre 17 – En vérité


Un minable, un bon-à-rien. Un tordu. Stuart Denton avait l'habitude d'être traité de tous ces noms. Par sa mère, son père, ses professeurs, ses camarades. Par son patron, aussi, à l'époque où il avait encore la chance d'avoir un travail. Il y avait eu un temps où cela l'affectait. A présent, il n'en avait plus rien à faire. Ils ne le connaissaient pas. Ils n'avaient jamais essayé de le comprendre, et ils n'en prendraient jamais la peine. Alors il se contentait de les ignorer.

Mais à cet instant précis, Stuart Denton était désenchanté. Rien ne se passait comme il l'avait prévu, rien n'arrivait comme il l'avait espéré. Il ne guidait pas ces gens, c'étaient eux qui le traînaient avec eux. Lorsqu'ils tournaient leur attention vers lui, c'était seulement pour le mépriser. Il n'avait plus le contrôle. Il se demanda s'il l'avait jamais eu.

Lorsqu'ils étaient arrivés en vue de la maison, il avait réalisé qu'il n'avait même pas de clef. Quand il avait soulevé le paillasson, il avait juré silencieusement, car il n'y avait rien que de la poussière en-dessous. Il avait été forcé de trouver une excuse, mais ils ne semblaient pas l'avaler. Il avait même protesté lorsqu'ils avaient à moitié défoncé la porte, prétendant que ça lui prendrait des jours pour la réparer. Ils ne l'avaient pas laissé entrer. Ils avaient fouillé la maison sans lui poser de plus amples questions. Après tous ses efforts, ils ne le croyaient toujours pas. Même après avoir trouvé la petite dans la cave, ils continuaient à le prendre pour un idiot.

Il était vraiment le dindon de la farce. A présent, dans la petite cellule sale qui serait sa chambre pour la nuit et très probablement les suivantes, il n'avait rien d'autre à faire que de penser à quel point il avait tout foiré. Il aurait mieux fait de la fermer.

Un minable, un bon-à-rien, un tordu. C'était la triste vérité.


Lorsqu'elle ouvrit les yeux, tout n'était pas noir; tout n'était pas froid ni silencieux. Un léger sourire étira ses lèvres. C'était comme dans un rêve. Mais était-ce vraiment un rêve? Le soleil dardait ses rayons à travers la fenêtre, éclairant les murs blancs lumineux de la pièce. Elle se frotta les yeux. Et se les frotta de nouveau. Elle se pinça le bras. Puis le pinça plus fort. Et puisque son environnement n'avait pas changé, elle en conclut qu'il ne s'agissait pas d'un rêve.

Bien que la plupart des gens n'aiment pas les hôpitaux, Chloé découvrit qu'elle adorait celui-ci. Tout était si blanc, si propre. Tout d'abord, elle avait trouvé l'odeur bizarre, presque désagréable. Mais elle s'y était vite habituée. Les policiers, l'hôpital, les infirmières. Ca voulait dire qu'elle était libre. Ca voulait dire qu'elle pourrait voir ses parents bientôt, revenir à son ancienne vie. Sa chambre, ses draps roses si doux, ses jouets et les poupées avec lesquelles elle aimait jouer. L'école, ses amis et la cour de récréation. Les bras de sa mère, les genoux de son père.

« Tu peux ouvrir la fenêtre? »

L'infirmière sursauta et se précipita vers le lit. « Tu es réveillée... » dit-elle, une main douce posée sur le front de l'enfant.

Patiemment, Chloé la regarda s'affairer et vérifier tout un tas de choses qu'elle ne comprenait pas, hésitant à redemander. Elle détestait demander. Et si elle se faisait grondait? Et si l'infirmière fermait les stores pour de bon? Et si elle l'enfermait dans le noir comme Sam le faisait? Mais elle chassa rapidement ses peurs. Il y avait quelque chose dans cet endroit qui la faisait se sentir en sécurité, et quelque chose dans les yeux de la jeune femme la faisait se sentir bien. « Tu peux ouvrir la fenêtre? » répéta-t-elle d'une petite voix.

« Bien sûr, ma chérie. Excuse-moi, » s'excusa l'infirmière avant de se diriger rapidement vers la fenêtre et de l'ouvrir en grand. « Normalement, on n'a pas le droit de faire ça. La clim, tu sais. On n'est pas supposés ouvrir les fenêtres. Mais pour toi, je peux faire une exception, n'est-ce pas? » ajouta-t-elle avec un sourire malicieux. « Tu veux venir voir? »

Chloé ébaucha un sourire timide. L'infirmière se rapprocha, tendant la main dans sa direction. L'enfant la fixa sans bouger. « Allez, Chloé, n'aies pas peur, » l'encouragea-t-elle. « Tu peux marcher, tu sais. »

Finalement, la fillette prit la main qui lui était offerte et sortit du lit. Ses pieds étaient nus mais ce sol-là n'était pas froid. Elle baissa le regard, faisant attention où elle mettait les pieds, et sourit lorsqu'elle marcha dans la flaque de lumière. C'était si bon. Lorsque l'infirmière s'arrêta, Chloé leva les yeux pour regarder dehors. Elle était juste assez grande. Ca devait être la fin de l'après-midi car le soleil, bien qu'encore chaud, n'était visiblement pas à son plus haut point, et parce que, eh bien, ça en avait tout l'air : une fin d'après-midi d'été ensoleillée, chaude et joyeuse. Elle ferma les yeux pour mieux se concentrer sur les odeurs et les sons. Ca sentait l'herbe fraîchement coupée, comme un dimanche après-midi. Elle entendit des oiseaux, et des voix, et des voitures, et en effet, lorsqu'elle ouvrit de nouveau les yeux, elle vit que le parking était plein. Des voitures arrivaient, d'autres repartaient. Plusieurs personnes marchaient, certaines seules, d'autres avec des enfants.

« Je les verrai quand, mes parents ? » osa-t-elle demander, regardant l'infirmière avec des yeux emplis d'espoir.

« Dans pas longtemps, ma chérie. C'est promis. »

Alors qu'elle fouillait le regard de l'infirmière, Chloé sut qu'elle disait la vérité. Que tous les adultes n'étaient pas des menteurs.


Il lui fallut du temps pour comprendre avec quoi sa peau était en contact. Du tissu, pas de la terre. Un drap. Lit. Hôpital. Il lui fallut du temps pour remarquer le bourdonnement de la climatisation. Il était presque surprenant de réaliser que sa tête ne lui faisait plus mal. Puis elle se souvint. Elle se souvint de Chloé, de comment elles avaient abattu Sam ensemble, et qu'après cela elle avait perdu conscience. Elle se souvint de la voix rassurante de Booth, de ses bras forts, réconfortants. Des secours. Tout semblait si calme, à présent. Ca devait être la nuit. Ouvrir les yeux confirma ses pensées. La pièce était sombre et la porte, fermée. Elle se demanda combien de temps exactement elle avait dormi. Dix heures, onze peut-être.

Elle repoussa les draps et s'assit. Sa tête ne tournait plus. Elle se toucha le front et trouva un bandage sur le côté droit. Elle appuya dessus et grimaça, mais conclut que la blessure n'était pas sérieuse. Elle laissa pendre ses jambes sur le côté du lit, puis posa ses pieds sur le sol. Avec précaution, elle se leva, et se rendit compte qu'elle pouvait marcher sans aucune difficulté. Elle s'arrêta devant la fenêtre et, ignorant le panneau qui recommandait de laisser la fenêtre fermée lorsque la climatisation était en route, elle l'ouvrit. Le ciel sombre était parsemé d'étoiles. Quel merveilleux spectacle. Elle se dit qu'elle ne prenait jamais assez le temps de regarder les étoiles. Dommage. On ne devrait jamais cesser de regarder les étoiles. Elle se demanda si Chloé faisait de beaux rêves. Pauvre petite. Ils lui avaient probablement fait subir des tas d'examens médicaux pénibles, terrifiants et parfois douloureux. Elle espéra qu'elle dormait péniblement, à présent. Elle le méritait.

Elle prit une grande inspiration. L'air sentait l'herbe fraîchement coupée. Cette odeur lui rappela ces dimanche après-midi, lorsqu'elle était enfant et que tout était encore normal. Le temps où elle était encore heureuse. Elle repoussa les quelques larmes qui se formèrent dans ses yeux, se sentant stupide. Pourtant, elle était heureuse, maintenant, non ? Elle faisait un travail intéressant et valorisant. Elle avait de l'argent. De bons amis. Un partenaire qui était toujours là quand elle en avait besoin. Un partenaire qui serait mort pour elle, s'il le fallait.

Elle ferma la fenêtre en soupirant et s'allongea sur le lit, contemplant le plafond d'un air absent. Oui, elle était heureuse. Mais la vérité, c'était qu'elle aurait pu l'être plus.


Il aurait pu rentrer à l'hôtel, dormir dans un lit. A la place, il choisit de rester là et d'essayer de trouver un peu de sommeil sur une chaise. Décidément, ces hôpitaux s'étaient tous concertés pour investir dans ces mêmes chaises en plastique tout-à-fait inconfortables. Booth s'assit, s'enfonça un peu sur son siège, puis changea de position, et enfin il souffla d'agacement. Qu'avait donc cette fichue chaise en plastique ? Il avait déjà dormi dans des conditions bien pires, dans des endroits bien pires, dans des situations bien plus angoissantes. Etait-il devenu vieux et douillet ou quoi ?

Il se redressa et essaya de se convaincre qu'il n'avait de toute façon pas sommeil. Toutefois, maintenant que le stress et l'adrénaline étaient retombés, il se sentait vraiment épuisé. Epuisé, mais soulagé. L'affaire était terminée, une enfant avait été sauvée, et Bones allait bien. Il bailla et renversa la tête en arrière, les yeux fermés. Cette chaise était le siège le plus inconfortable sur lequel il avait jamais posé ses fesses, et pourtant, au final, il n'eut pas de problème pour s'endormir dessus.


Chloé se réveilla au milieu de la nuit. Ressentant le besoin de vérifier si elle était toujours dans la chambre d'hôpital, elle se redressa brusquement et balaya rapidement la pièce du regard. Lorsqu'elle fut rassurée, elle se rallongea et se recroquevilla sous le drap. Elle n'avait pas froid mais c'était simplement plus douillet de tenir le drap serrer très fort sur elle. C'était comme une protection, un abri.

Elle laissa échapper un profond soupir. Le lendemain, elle verrait ses parents. Pour de vrai. Ils la serraient dans leurs bras, lui diraient combien elle leur avait manqué, puis ils la ramèneraient à la maison. Tout semblait encore un rêve. Mais d'une certaine façon, elle savait que ça n'en était pas un. Alors elle se laissa glisser de nouveau dans le sommeil, pensant au sourire de son père et aux mains douces de sa mère.


Booth grogna lorsqu'il se rendit compte qu'il avait dormi dans une position inconfortable. Il redressa la tête et gémit de douleur lorsque son cou le lança atrocement. Avec une grimace, il étira ses bras et ses jambes endoloris avant de parvenir à se lever. Il se dirigea vers les toilettes et s'aspergea le visage d'eau. Lorsque ses yeux se tournèrent vers son reflet dans le miroir, il fit la moue. La lumière pâle du néon le faisait paraître blême. Il mouilla ses cheveux indisciplinés, essayant de leur donner un semblant de forme, et tira sur son tee-shirt pour le défroisser. Un autre coup d'œil au miroir le laissa un peu plus satisfait de son apparence, et il se dirigea vers la machine à café.

Il avala quelques gorgées du liquide chaud, essayant de se convaincre qu'il se sentait frais comme un gardon, ce qui en fait était bien loin de la réalité. En vérité, il se sentait endolori de partout, et pas complètement réveillé. Et honnêtement, un peu nerveux. Un regard rapide à sa montre lui indiqua qu'il était huit heures moins le quart, et il soupira, ennuyé. Encore plus d'une heure d'attente avant de pouvoir la voir. Il s'assit, le gobelet de café dans les mains. La patience n'avait jamais été son fort. Une heure… Ca lui laissait le temps de passer prendre une douche à son hôtel. Mais alors, pourquoi être resté là toute la nuit ? Il se sentit soudain stupide, puis décida finalement qu'il avait simplement eu besoin de rester aussi près d'elle que possible. Juste au cas où elle ait besoin de lui.

Il termina son café, se leva, et jeta le gobelet vide dans la poubelle. Eh, elle n'allait tout de même pas disparaître dans l'heure où il se serait absenté.


Brennan ferma les yeux tandis que l'eau tiède finissait de la réveiller. Lorsqu'elle sortit de la douche pour se sécher, elle se sentit mieux. Relaxée, presque enjouée. Les événements de la veille ne semblaient plus qu'un mauvais rêve, à présent. Elle se demanda si Chloé était déjà réveillée. Après ce qu'elles avaient partagé, elle sentait une sorte de connexion entre elles. Quelque chose de fort qu'elle n'aurait jamais pensé pouvoir ressentir avec une aussi jeune enfant. Elle ne pouvait qu'admirer le courage de la fillette. Elles ne se reverraient probablement jamais après ça, et c'était certainement mieux ainsi, mais ça ne faisait rien.

Elle ouvrit son sac et choisit une paire de jean. Elle irait lui dire au revoir avant de partir.


Lorsqu'il entra, après qu'elle l'y eut invité, il fut surpris de la trouver assise sur le lit, son dossier médical sur les genoux. Il sourit intérieurement, réalisant qu'il avait été convaincu de la trouver couchée. Après tout ce qui s'était passé la veille, elle était maintenant complètement réveillée, habillée, ses sacs à côté de la porte, prête à partir. Sacrée Bones. Toujours à faire mine de n'être jamais affectée par rien.

« Coucou, » dit-il simplement.

« Coucou. »

« Alors... Comment va notre patiente? » demanda-t-il avec un regard malicieux, désignant le dossier médical du doigt.

« Elle va bien, et elle va même tellement bien qu'elle sera sortie d'ici moins d'une heure, » répondit Brennan avant de se lever.

« Peut-être que tu devrais rester là un jour de plus, Bones, » dit Booth d'une voix inquiète. « La blessure sur ta tête, c'est… »

« … pas grand-chose, » finit-elle en lui coupant la parole. « Le pansement est impressionnant, c'est tout. Je ne le porte que pour leur faire plaisir. Je l'enlèverai dès je serai partie d'ici. »

« Je peux t'attendre, tu sais. Je ne te laisserai pas ici toute seule. La chambre d'hôtel a été réservée pour la semaine, de toute façon. »

« Merci, Booth, mais tu sais, je… je veux vraiment m'en aller, là. Je veux rentrer chez moi. »

Il se rapprocha en hochant la tête. « Oui, je comprends. Oh, au fait… » Elle l'observa avec curiosité fouiller dans sa poche, et elle se raidit légèrement lorsqu'il lui prit la main. « J'ai quelque chose qui t'appartient, » expliqua-t-il en plaçant la boucle d'oreille dans sa main avant de lui refermer les doigts dessus. Il essaya de lire dans ses yeux, mais ce qu'ils gardaient demeurait une énigme. « Je savais que tu n'abandonnerais pas. »

Elle baissa les yeux pour regarder le petit bijou dans sa paume. Et lorsqu'elle releva son regard vers lui, ce qu'il y vit était différent. C'était comme s'il parvenait parfois à faire tomber ces murs qu'elle érigeait constamment autour d'elle-même. Ca n'était toujours qu'un court moment, un répit. Mais c'était suffisant pour lui. Et c'était précieux.

« Je savais que tu n'abandonnerais pas, » murmura-t-elle en soutenant son regard.

Il n'y avait rien à répondre à cela. Il n'y avait pas des tas de choix qui s'offraient à lui. Soit il s'écartait d'elle en lui disant qu'il était temps d'y aller, soit il l'attirait contre lui et l'entourait de ses bras. Au hasard, il choisit la deuxième solution. Ca ne dura pas longtemps, et en même temps, quelque chose lui dit que ça durait trop longtemps. La regarder, la sentir tout contre lui, était plus qu'il ne pouvait supporter, et il fit brusquement un pas en arrière.

« On y va ? » demanda-t-il en espérant que le rythme des battements de son cœur ne pouvait pas s'entendre à sa voix.

« Oui, je… Il y a quelque chose que je voudrais faire avant de partir, si ça ne te dérange pas. »

« Bien sûr, qu'est-ce que c'est ? »

« Ca va te sembler idiot, mais… Je voudrais voir Chloé. Tu sais où elle est ? »

« Non, mais on peut trouver. Allons-y. »

Il plaça sa main dans le creux de ses reins et la guida à travers les couloirs de l'hôpital, jetant régulièrement un regard de côté pour voir comment elle marchait. Il fut rassuré de voir que son pas était assuré. Elle avait récupéré remarquablement vite.

Il se trouva que la chambre de Chloé n'était pas loin de celle de Brennan, et lorsqu'ils y arrivèrent, une jeune infirmière sortait de la pièce. Elle s'arrêta, laissant la porte à-demi ouverte derrière elle, et les dévisagea pendant quelques secondes avant de leur sourire chaleureusement.

« Vous êtes les parents de Chloé ? »

Booth jeta un regard embarrassé à sa partenaire. « Quoi ? Non, on… on est juste… »

« Il est du FBI, » expliqua Brennan.

« Oh, je suis navrée. J'ai pensé… Vous pouvez la voir si vous voulez, elle est réveillée. »

« Merci. »

Alors que l'infirmière disparaissait dans le couloir, Booth regarda sa partenaire pousser lentement la porte. Il pouvait voir la fillette recroquevillée sur son lit, son dos tourné vers eux, ses longs cheveux blonds éparpillés sur l'oreiller blanc. Lorsque Brennan l'appela doucement, elle s'assit sur son lit et les regarda avec de grands yeux clairs. Et à cet instant précis, il vit clairement sa partenaire se figer et la dévisager, la bouche à-demi ouverte de stupéfaction.

« Bonjour Chloé, je, euh… Je suis le docteur Brennan, » bredouilla-t-elle. « Je… Je voulais juste m'assurer que tu… Que tout allait bien. »

« Je vais bien, merci, » répondit poliment la fillette. « Shirley est gentille avec moi. Elle dit que je vais bientôt voir mes parents. » L'enfant hésita. « Ils vont venir, hein ? » demanda-t-elle avec une angoisse évidente dans ses yeux.

« Oui, ils vont venir, » la rassura Booth avec un sourire. « Je les ai vus hier. »

La moue inquiète de Chloé se transforma en un large sourire. « Vraiment ? »

« Oui. Ils doivent être en route. »

« Vous êtes un ami de Will ? »

« Qui est Will ? »

« Il est du FBI. »

Booth rit légèrement. « Alors, oui, c'est mon ami. Ecoute, Chloé, je suis sûr que tes parents vont bientôt arriver. »

« D'accord. » Elle sourit.

Il tapota gentiment le bras de la fillette et se tourna vers Brennan, qui se tenait toujours à la porte, l'air hébété.

« Bones ? » appela-t-il doucement. « Bones, ça va ? »

Finalement, elle sembla sortir de ses pensées. « Euh… Oui, ça va. » Elle sourit à Chloé. « Au revoir Chloé. Prends bien soin de toi. »

Observant sa partenaire avec inquiétude, il ferma la porte et posa une main sur son bras. « Qu'est-ce qui va pas ? »

« Rien, » dit-elle comme si de rien n'était. « On y va. »

« Ca n'est pas 'rien', Bones, » insista-t-il en la retenant par le bras. « On dirait, je sais pas… que tu as vu un fantôme. »

« Quoi ? Non, c'est juste… Je suis fière de ce qu'on a fait. Elle va bientôt rentrer chez elle, et avec un peu de chance, elle pourra mener une vie normale maintenant."

Il la regarda un moment, fouillant ses yeux, avant de lui lâcher le bras. « Oui, je l'espère aussi. »

Il soupira intérieurement, marchant derrière elle. Il la connaissait bien. Il savait quand elle mentait. Il savait quand il y avait quelque chose qu'elle ne lui disait pas. Et il détestait ça. Alors, il décida simplement que ça n'était ni le bon moment, ni le bon endroit. La discussion était simplement reportée.


Alors qu'ils traversaient le couloir, Brennan essaya d'adopter un air neutre. Et ça n'était pas facile, étant donné le choc qu'elle avait eu. Sa Chloé avait des cheveux plus courts. Sa Chloé avait l'air plus jeune. Et elle n'avait été qu'un produit de son imagination, une illusion que son esprit avait fabriqué de toutes pièces pour… pour quoi faire, d'ailleurs ? L'aider à tenir le coup ? Tout du long, elle avait été seule. Et elle était parvenue à abattre Sam toute seule. Difficile à admettre. Mais vrai.

"Bones? Ta chambre était juste là, hein."

Ramenée à la réalité, elle tourna sur ses talons et trouva Booth devant une porte, les bras croisés sur sa poitrine. « Ah… désolée, » marmonna-t-elle.

Lorsque leurs yeux se rencontrèrent, elle détourna prestement le regard. Elle savait que Booth suspectait quelque chose, qu'elle mentait très mal. Peut-être lui dirait-elle, une autre fois. Elle n'avait pas encore décidé. D'un côté, il se moquerait probablement d'elle.

« Alors… Prête à partir? »

Elle le regarda lui sourire, un sac dans chaque main. Ses doigts effleurèrent inconsciemment la petite boucle d'argent dans sa poche. D'un autre côté, il ne rirait peut-être pas. Et dans tous les cas, il méritait de connaître la vérité.


A/N : Merci pour tous les gentils mots que je reçois, ça me fait tellement plaisir. Je promets de faire au plus vite pour le chapitre suivant, mais je dois avancer sur l'anglais aussi (là vous n'avez plus qu'un chapitre d'avance). Trop de boulot tue l'inspiration… C'est triste, mais vrai. A bientôt et merci de m'avoir lue !