A/N : Je ne dirai jamais assez combien je suis désolée de vous imposer ces délais… J'espère que tous les auteurs de fics ne font pas comme moi parce que, étant lectrice moi-même, je sais combien il est long d'attendre les chapitres suivants. Rassurez-vous, les chapitres prochains sont presque prêts et viendront très vite, c'est promis. Merci infiniment pour votre patience !
Chapitre 19 – Comme au paradis
Chloé effleura de ses doigts fins la longue et douce chevelure de la poupée. Shania. C'était son nom. Son nom préféré, pour sa poupée préférée. Elle aimait tant ses grands yeux bruns. Elle avait cru qu'elle les aurait oubliés, depuis le temps. Mais non. Elle tourna son regard vers la fenêtre. Le soleil brillait et le ciel était bleu derrière le fin voilage mauve. Elle se dit que peut-être elle aurait dû avoir envie d'aller dehors. Elle aimait tellement l'été. Jouer dans le jardin, faire de la balançoire. Mais à ce moment-là, elle se sentait bien plus en sécurité à l'intérieur, dans la maison. Dans sa maison, chez elle. Dans sa chambre. A la maison, avec ses parents pour prendre soin d'elle.
A la maison. Le mot semblait étrange. Elle laissa son regard se promener autour d'elle, comme de peur que tout disparaisse d'un moment à l'autre. Comme ça, en un claquement de doigts. Tout avait tellement l'air d'un rêve. Elle laissa échapper un profond soupir et serra très fort la poupée contre elle. Elle sentit une vague d'angoisse l'envahir, même s'il lui était difficile d'expliquer pourquoi. Elle aurait dû se sentir heureuse. Elle aurait dû se sentir en sécurité. Après un peu temps, peut-être, ça viendrait. Elle ferma les yeux, essayant de ne pas pleurer, de ne pas renifler. Elle savait qu'elle était là, qui l'observait silencieusement depuis la porte. Sa mère. Elle ne voulait pas qu'elle la voit pleurer. Parce qu'elle savait que si elle pleurait, sa maman pleurerait aussi. Et c'était bien la dernière chose qu'elle voulait. Elle détestait tant voir sa mère pleurer. Alors elle retint ses larmes, du mieux qu'elle le put, tout en serrant toujours Shania très fort contre sa petite poitrine.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la poupée était toujours dans ses bras; les rideaux mauves étaient toujours là, et elle pouvait toujours entendre sa mère respirer près d'elle. Elle se leva et grimpa sur son lit. Les oreillers moelleux avaient gardé la même odeur. Elle n'avait rien oublié. Et tout était exactement comme dans ses souvenirs. Comme dans ses rêves. Comme ces matins où elle s'était réveillée, pensant qu'elle était à la maison, seulement pour réaliser que tout était noir, et froid, et sale. Non, rien n'avait changé depuis qu'elle était revenue, un peu comme si elle n'avait jamais été partie. Comme si tout n'avait été qu'un cauchemar. Un affreux cauchemar qui semblait avoir duré des mois. C'était peut-être la vérité. Ca arrive parfois. Ca semble si réel, et effrayant. On a parfois l'impression qu'ils sont sans fin, ces cauchemars.
Et puis on se réveille. Et il faut du temps avant de réaliser que le cauchemar n'était qu'un cauchemar; qu'il n'y a pas à avoir peur. On a peur, pourtant. On a peur quand même. Mais très vite, notre mère vient nous prendre dans ses bras doux et aimants. Elle nous murmure des mots rassurants à l'oreille, nous caresse les cheveux, dépose un baiser sur notre joue. Et alors seulement, on n'a plus peur. Et on a l'impression qu'on n'aura plus jamais peur. Parce que l'on sait que ça n'arrivera plus jamais, qu'elle sera toujours là pour nous protéger, pour nous rassurer.
« Maman... Je veux un câlin, » murmura Chloé en tendant ses bras vers sa mère avec un petit sourire.
La douceur de son étreinte, les jouets par terre. Son odeur, leur reflet dans le miroir de l'armoire. L'apparition de son père à la porte de sa chambre, son sourire si tendre. Parfait. Tout était parfait. Exactement comme avant. Comme si rien de mauvais n'était jamais arrivé.
Tout cauchemar est voué à l'oubli.
Une douche fraîche, une tasse de café, puis s'étendre sur le canapé avec un bon roman. Ca c'est ce qu'elle appelait une après-midi relaxante. C'était bon d'être à la maison, de retour à la normalité. Le lendemain, elle retournerait au travail, à sa routine. Pas mal de paperasserie pour clore le dossier de l'affaire, pour commencer. La partie de ses obligations qu'elle aimait le moins, mais qui était malheureusement nécessaire. Ensuite, elle travaillerait probablement sur ce squelette de la Deuxième Guerre Mondiale, une étude qu'elle avait dû mettre en suspens quelques jours auparavant pour se concentrer uniquement sur l'affaire en cours.
La normalité. Comment peut-on se sentir normale quand on a tué un homme pas plus tard que la veille ? Comment peut-on se sentir normale quand la vérité, c'est que l'on a du sang sur les mains ? Que ce n'est même pas la première fois. Deux fois... Cela faisait-il d'elle une meurtrière ? Non, bien sûr que non. A chaque fois, elle n'avait tout simplement pas eu d'autre solution pour se protéger. Et très honnêtement, le monde se passait très bien de ces deux individus. Alors pourquoi cela la tracassait-il tellement ? Foutaises. Ca ne fait pas de différence. Comment qui que ce soit pourrait-il s'habituer à prendre des vies, tout court ?
Brennan soupira tristement. Elle commençait tout juste à comprendre ce que Booth ressentait. Le fardeau qu'il devait porter chaque jour, les soi-disant fautes qu'il essayait d'expier. Elle se demanda si le sentiment de culpabilité finirait seulement par disparaître, s'il parviendrait jamais à se sentir comme une bonne personne aux yeux de dieu. Honnêtement, elle doutait que ça arrive un jour.
Puisqu'elle n'était pas une personne croyante comme lui, elle ne ressentait probablement pas exactement la même chose. Mais il était insupportable de repenser à ce qu'elle avait fait; et pire encore était le sentiment qu'à cause d'elle, le salopard avait eu une mort bien trop douce qu'il avait tout sauf mérité. Cet homme aurait dû être jugé pour ses crimes. Il aurait dû avoir l'occasion de regarder ces gens dans les yeux et de leur expliquer pourquoi leurs petites filles étaient mortes. Il aurait dû être obligé de supporter leur haine jusqu'à la fin de sa vie, forcé de faire face à l'humiliation publique. Il aurait dû croupir en prison, connaître l'attente terrible de son exécution.
De nouveau, elle soupira. De frustration, cette fois. De colère, contre elle-même. D'impuissance.
Une seule balle, une balle mortelle dans la poitrine. Ca n'était pas de cette façon qu'il aurait dû s'en sortir. Et c'est ce qu'elle lui avait offert. Elle se demanda comment elle allait bien pouvoir regarder ces parents dans les yeux, à présent. Comment elle allait bien pouvoir leur assurer sans ciller que leur filles avaient été vengées, les laisser avec le sentiment que justice avait été faite. C'était le moins qu'elle aurait dû leur apporter, et elle leur avait enlevé cette chance. Personne à la barre des accusés. Pas de procès. Rien. C'était tellement injuste.
Bouleversée, furieuse contre elle-même, elle referma son livre sans même penser à marquer la page. De toute façon, elle ne lisait plus depuis un bon moment, se contentant de tourner les pages sans porter attention au sens des mots. Elle se redressa. Si elle croyait en Dieu, si elle croyait au Paradis et à l'Enfer, les choses seraient-elles différentes? Oui, probablement. Elle se reposerait sur le jugement divin de Dieu. Ce serait tellement plus facile. Elle secoua la tête, levant les yeux au ciel, puis elle souffla. Foutaises. Fou-taises. Dieu n'était qu'une image de perfection que les gens avaient inventé pour soulager leur douleur, leurs peurs, leur culpabilité. Pour appuyer leur justice. Comment Booth pouvait-il croire à tout ça ? Peut-être en avait-il besoin, après tout. Peut-être cela l'aidait-il à se sentir mieux; à tenir le coup.
Le bruit de coups à la porte la ramena à la réalité et elle se leva promptement. Un oup d'oeil à sa montre. Dix-neuf heures... Un coup d'oeil au judas et elle sourit sans s'en rendre vraiment compte. Il était là, avec cette attitude décontractée qui ne l'était pas tant, tenant une boite en carton qu'elle devina rempli de gras mais délicieux plats chinois à emporter auxquels il savait pertinemment qu'elle ne pouvait résister, son autre main à-demi enfouie dans sa poche.
« Booth ! Qu'est-ce que tu fais là? » Son ton n'était pas sec mais les mots étaient décidément mal choisis. Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang en voyant l'air penaud qui assombrit les traits de son partenaire.
« Salut Bones, content de te voir aussi... »
« Non, je... Ca n'est pas ce que je voulais dire, je... Je suis surprise, c'est tout, je... Je ne m'attendais pas à ce que tu sois ici. Entre. »
« Merci. »
Lorsqu'il pénétra dans l'appartement sur son invitation, elle nota que on air avait changé et le sourire malicieux qu'il lui adressa la rassura. Il était là, et elle n'était plus bouleversée. Il lui souriait radieusement et elle oubliait tout ce qui lui avait torturé l'esprit quelques minutes plus tôt.
« Ca fait du bien de te voir embarrassée, une fois de temps en temps, » la taquina-t-il.
Elle referma la porte en levant les yeux au ciel. « Je ne suis pas embarrassée. J'essayais seulement d'être polie, » rétorqua-t-elle, faisant mine d'être embêtée alors que le terme exact était 'reconnaissante'. Reconnaissante qu'il soit là.
« Pardon, je ne voulais pas t'offenser, » se moqua-t-il.
C'était un petit jeu stupide auquel ils aimaient s'adonner. Rire de l'autre était tellement plus facile que de dire « Tu me manques », se chamailler était plus sûr que d'admettre tenir à l'autre.
« Vas-tu finir par ouvrir cette boite ou comptes-tu me torturer toute la soirée avec cette odeur sans me laisser prendre une bouchée ? »
« En fait, j'avais l'intention de torturer un petit moment pour voir combien de temps tu peux tenir, mais tous comptes faits, j'ai pas vraiment envie de manger froid, alors si tu me le demandes très gentiment je pourrais finir par te donner un bout de... »
Il éclata de rire lorsqu'elle lui arracha la boîte des mains.
« Eh, doucement, Bones ! Je me disais que tu avais peut-être oublié de manger, mais je m'attendais pas à te trouver aussi affamée ! »
« En fait, c'est le cas. Bière ? »
« Volontiers, » dit-il avant de s'installer confortablement sur le canapé.
Pendant le dîner, elle mangea comme quatre. Avant, son père l'aurait réprimandée, lui ordonnant de manger correctement. Etait-elle un animal ou une petite fille avec de bonnes manières ? Ou peut-être aurait-il ri, en la traitant d'ogre d'un air taquin. Elle aurait protesté, et il aurait fini par la chatouiller. Mais ce jour-là, il ne la gronda pas, et il ne rit pas non plus. Il se contenta de la regarder manger en silence, le front plissé, les yeux remplis de tristesse et de joie à la fois. Quant à sa mère, elle demeura immobile, tenant sa fourchette en suspension au-dessus de son assiette d'un air absent; elle avait apparemment oublié de manger, préférant dévisager sa fille avec un sourire tendre et des larmes dans les yeux.
Chloé baissa les yeux vers sa propre assiette, le sourire aux lèvres. Steak frites, et de la salade de tomates avec cette sauce merveilleuse que seule sa mère savait préparer. Et elle savait déjà ce qu'il y aurait pour le dessert. De la mousse au chocolat. Son péché mignon.
Lorsqu'elle finit par poser sa cuillère sur la table, Chloé s'appuya contre le dossier de sa chaise avec un sourire satisfait. C'était tellement parfait. Etait-elle morte ? Est-ce que c'était ça, le Paradis ?
« Tu as aimé, ma puce ? »
Son sourire s'élargit. « C'était super bon. »
« Tu en veux d'autre ? »
Le son de l'arrosage dans le jardin des voisins et cette odeur particulière, le bruit d'un chien qui aboyait et les cris des enfants qui jouaient, la caresse de la brise douce et tiède sur ses joues, son cou et ses bras nus...
« Non merci. »
L'Etoile du Berger venait juste d'apparaître dans le ciel turquoise d'été. Si c'était ça, le Paradis, alors elle ne se plaindrait jamais d'être morte, jamais. Ca ne lui poserait pas de problème de rester ici pour l'éternité.
Un canapé confortable, des plats chinois et une bière fraîche pour couronner le tout, c'était assez pour le satisfaire. Mais si en plus de tout cela il avait la chance de partager ce moment avec sa partenaire, alors pour lui, c'était vraiment le paradis.
Booth reposa sa canette vide sur la table basse et s'enfonça dans le canapé avec un soupir rassasié.
« Une autre ? »
« Ah, ne me tente pas. Je ferais mieux de m'arrêter là si je veux pouvoir conduire jusqu'à chez moi. »
« Oui, désolée. »
Il regarda sa montre, même s'il devinait déjà l'heure qu'il était. « Tu sais... Il est tard, je ferais bien de rentrer maintenant. »
Il détestait devoir dire ça. Il détestait être obligé de partir. Mais il ne pouvait pas rester là toute la nuit, si ?
Puis leurs regards se croisèrent et quelque chose passa dans les yeux de sa partenaire ; une sorte de déception qu'il ne manqua pas de remarquer. Ce fut bref, pourtant, et elle se leva du canapé le sourire aux lèvres. « Oui, tu as raison. »
Les mots qu'en bien d'autres circonstances il aurait rêvé de l'entendre dire. Il lui aurait même donné sa part de tarte à la cerise pour qu'elle accepte de les prononcer. Mais ce soir-là, il les détestait, tout simplement. Que n'aurait-il pas donné pour pouvoir rester un peu plus avec elle, pouvoir l'admirer un peu plus longtemps avec sa queue de cheval lâche et les mèches de cheveux rebelles qui lui tombaient sur le visage...
« Merci pour le repas, Booth. C'était vraiment très gentil à toi. »
Un peu honteux d'être interrompu dans ses pensées, comme pris sur le fait, il s'éclaircit la gorge d'un air embarrassé. Puis il entreprit de se composer une attitude décontractée et enfonça ses mains dans ses poches, comme pour les empêcher de faire ce qu'il mourait d'envie de leur faire faire. Pour s'assurer qu'elles restaient bien en place.
« Mais je t'en prie, Bones. Pas de problème, c'est quand tu veux. »
Il s'obligea à se lever, puis se força à marcher vers la porte.
« On se voit demain au Royal Diner ? » demanda-t-elle, ses longs doigts entourant la poignée.
Ce restaurant... Combien de fois avait-il été à ça de l'embrasser, là-bas ? A cause de ses sourires, de leurs chamailleries incessantes, à cause des fois où elle lui laissait avoir le dernier mot. Et même à cause des fois où elle ne le lui laissait pas. Combien de fois avait-il mangé d'un air absent sans vraiment sentir le goût de ce qui était dans sa bouche parce que sa présence et sa vue étaient assez à savourer ?
« Non, attend, tu plaisantes là ? Tu ne vas pas travailler demain ? »
« Bien sûr que si, pourquoi ? » rétorqua-t-elle, les bras croisés sur la poitrine dans une attitude défensive.
« Peut-être parce que ce matin tu étais encore à l'hôpital, par exemple, » dit-il en haussant les sourcils.
« Je vais bien, Booth. »
L'éclair d'agacement dans ses yeux le fit sourire malgré lui.
« Qu'est-ce qui est drôle ? »
Il secoua la tête. « Rien. »
« Alors pourquoi tu souris ? »
« C'est à cause de ce... cette façon que tu as de réagir quand quelqu'un s'inquiète pour toi. »
« Et...? »
« Rien. Ca me fait rire, c'est tout. »
« Je ne vois pas ce qui est si drôle, » marmonna-t-elle avec une moue boudeuse.
« C'est pas que c'est drôle, Bones. C'est juste que... Enfin, c'est... »
Il s'humecta les lèvres, se passa les doigts dans sa chevelure courte, mal à l'aise à cause du poids de son regard sur lui. Manifestement, elle attendait une réponse rationnelle à sa question rationnelle. Rien de nouveau, là-dedans. Avec elle, tout revenait toujours à ça. La rationalité. Mais rien dans les sentiments n'est rationnel. Rien dans la joie, la tristesse, la colère... l'amour... n'est rationnel. Ok, c'était le moment; même si aucun élément rationnel n'indiquait que c'était effectivement le bon moment, mais…
Franchement, ya des fois où tu devrais vraiment apprendre à faire taire ton cerveau, mon pote.
« Euh, Bones... A propos... A propos de ce qui s'est passé à l'hôpital, enfin... Tu sais, je... »
Pensant lui venir en aide en finissant une phrase probablement difficile à dire, ou croyant se protéger elle-même, les mots s'échappèrent de ses lèvres un peu trop vite et brusquement pour ne pas le surprendre.
« Il ne s'est rien passé. »
A ce moment précis, il la détesta d'avoir dit ça. Pas longtemps, toutefois. Juste assez longtemps pour réaliser ce qui se cachait derrière ces mots. Sa voix était ferme mais ses mots sonnaient faux. Sa bouche avait prononcé quelque chose, mais ses yeux semblaient dire le contraire.
« Rien ? »
« Rien. »
Pas une once d'hésitation, mais la façon dont elle jouait avec ses doigts suffisait à la trahir. Bones n'était jamais nerveuse. En tout cas, elle ne laissait jamais transparaître ce qu'elle ressentait. Et c'est pourquoi la vue de la fragilité qu'elle laissait transparaître malgré elle en cet instant précis donna à Booth l'impression d'être du bon côté du rapport de force. Quelque chose qui l'encouragea à lui agripper le cou et à presser ses lèvres contre les siennes. Pas comme il l'avait précédemment fait. Pas vraiment doucement ; plutôt comme s'il avait quelque chose à prouver, comme si c'était maintenant ou jamais, et jamais n'était pas une option envisageable.
Le baiser fut rapide mais intense. Il s'écarta juste assez pour pouvoir la regarder dans les yeux, mais pas suffisamment pour la relâcher. Si on lui avait dit que c'était tout ce qu'il obtiendrait d'elle, il ne se serait pas plaint. Et s'ils avaient dû rester ainsi à tout jamais, il aurait tout de même été heureux, car c'était vraiment le paradis.
« Et maintenant ? »
L'obscurité ne semblait plus menaçante. Pas quand sa tête reposait sur ces oreillers moelleux. Pas quand ses mains s'accrochaient à ces beaux draps roses. Pas quand elle était entourée de tous ses ours en peluches et de toutes ses poupées. Pas quand elle entendait les criquets dehors. Pas quand sa maman venait tout juste de lui chanter une berceuse. Pas quand son papa l'embrassait pour lui souhaiter bonne nuit.
« Tu veux que je laisse la lumière dans le couloir, mon poussin ? »
Le noir n'était plus une menace.
« Non Papa, merci. La lumière de la nuit, ça va. »
Il lui sourit. « C'est bien, ma puce. » Et après lui avoir caressé les cheveux une dernière fois, il quitta la pièce, laissant la porte à-demi ouverte derrière lui ; l'abandonnant dans l'obscurité. Mais cette obscurité-ci n'était pas effrayante ; elle n'était pas glaciale, comme dans son cauchemar. Celle-ci était chaude, rassurante et relaxante. Une obscurité qui annonçait de jolis rêves.
A/N : A très vite, c'est promis !
