La vérité, toute la vérité, rien que la vérité
Note aux lecteurs: Tout d'abord, je reposterai certainement ce chapitre dans la semaine, quand ma chère Tempus frangit aura eu le temps de faire une bêta-lecture plus approfondie. Et deuxièment, je vous préviens dès maintenant que j'ai dû abuser du karkadé, parce qu'une bonne partie de ce chapitre est du pur délire... Bonne lecture!
- Nuits blanches -
« Ron, viens voir ça... »
Il s'approcha d'elle, interpelé par l'étonnement qui perçait dans la voix d'Hermione. Celle-ci regardait son écran, où, sur fond blanc, s'alignaient des titres étranges, des mots bizarres, des abréviations douteuses... au mileu de tout ce fouilli, il aperçut son nom, celui de son épouse. Harry revenait un nombre incalculable de fois et, chose surprenante, Draco Malfoy apparaissait presque autant! Un Salazar, un Flitwick, quelques Snape, Luna et Blaise s'y trouvaient également.
« Hermione, qu'est-ce que...?
- Je ne sais pas, on dirait des histoires. Le genre d'histoire que l'on écrit quand on veut faire faire ce qu'on veut à nos personnages préférés. Je me souviens, en deuxième année, j'en avais commencée une sur Geoffrey le Goutteux et Annah la Blonde! Et puis, tu sais, Lavande et Parvati en avaient commencé une sur Marvin L'Enchanté, et...
- Herm...
- Oui?
- Mais là, ce que tu lis, ce ne sont pas des personnages, ce sont... c'est nous!
- Oui, je sais bien, mais nous sommes des personnages dans l'imaginaire moldu.
- Ah.
- Je suis sûre et certaine que ce sont des... comment ça s'appelle déjà?
- Fanfictions?
- Oui, c'est ça! Mais, comment as-tu su?
- Le titre.
- Quoi le titre? Quel titre?
- Hermione, le nom du site est écrit là, en énorme! Je n'ai fait que lire...
- Ah. Je me disais aussi. Bref. Voyons voir comment les jeunes nous voient...
- Pfff...
- Quoi? Mais Ron, c'est passionant! » Ce dernier se contenta de hausser les épaules avant de marmonner qu'il allait se coucher. Hermione était quant à elle trop excitée par sa nouvelle découverte pour avoir la moindre envie de dormir. Alors elle cliqua sur le premier titre de la liste, au hasard. Jusque tard dans la nuit, elle lut, dévora tout ce qu'elle trouvait. Souvent horrifiée par les fautes de grammaire et d'orthographe, régulièrement mal à l'aise et dégoûtée par certains passages (comment pouvait-on décemment penser la transformer en nymphomane qui ne pensait qu'à se faire Draco Malfoy?), de temps en temps agréablement surprise... Le soleil était près de se lever lorsqu'elle rejoignit enfin son époux qui ronflait comme un bienheureux.
- & -
Harry et Draco avaient passé leur dimanche ensemble, à s'embrasser, à s'engueuler, à se charrier. D'ordinaire, ils ne se retrouvaient que la nuit – et pour cause – mais ils ne s'étaient pas vus pendant plus d'un mois, alors ils devaient rattraper le temps perdu. De toute manière, du côté moldu de Londres, personne ne pouvait les reconnaître. Certes, il avait fallu à Harry de bons arguments pour convaincre Draco que non, malgré les livres, ils n'étaient absolument pas connus dans le monde moldu, puisqu'ils n'étaient pas censés être vivants et réels. Malfoy dernier du nom avait longuement hésité avant de finalement le suivre dans les rues de la capitale, jetant des coups d'oeil suspicieux et légèrement apeurés à droite et à gauche, s'arrêtant à tous les coins de rues pour vérifier qu'il n'y avait pas de paparazzi prêt à les assaillir. Harry, excédé, avait dû employer les grands moyens: en plein milieu d'une rame de métro bondé, il l'avait embrassé à pleine bouche, avant de lui montrer que les seuls regards qu'ils obtenaient étaient soit légèrement dégoûtés, soit emplis de quelque chose que semblait dire oh c'est trop mignon!
L'après-midi touchait à sa fin lorsque les deux hommes sortirent d'un Tesco. Draco râlait parce qu'il se trouvait ridicule: selon lui, les poireaux dépassant de son sac plastique diminuaient fortement son sex-appeal, et le filet de pommes de terre était trop lourd pour ses bras délicats. Harry souriait devant cette réaction puérile et se contentait d'avancer. Après tout, c'était Draco qui s'était invité chez lui, il était normal qu'il porte le dîner.
Arrivés au bas de l'immeuble, Harry fit toutes ses poches avant de trouver ses clefs.
« T'as qu'à commencer à monter, je regarde le courrier. » En ouvrant sa boîte aux lettres, il découvrit un paquet plutôt petit et emballé à la va-vite, accompagné d'un mot.
« Salut Harry! Hermione m'a demandé de glisser ça sous ta porte avant d'aller au Ministère, mais comme l'ascenseur est en panne et que j'ai la flemme de monter quatre étages, je le laisse dans ta boîte. Il s'agit de ton déveyder (je ne sais pas comment ça s'écrit). Perso, je l'ai vu et ça m'a traumatisé. Tu verras bien! A bientôt, Ron »
Le dernier des Potter venait de trouver comment occuper la plage horaire entre le dîner et le coucher avec le si charmant spécimen blond qui s'était incrusté chez lui. Montant les marches deux à deux, il rattrapa rapidement ce dernier, qui soufflait – à cause du poids des sacs qu'il portait bien sûr! Harry les prit dans une main, de l'autre saisit les doigts glacés de Malfoy, et le traîna jusqu'au quatrième étage. Arrivés devant la porte de l'appartement, il posa les sacs au sol et chercha, encore, ses clefs. C'est alors qu'il sentit une main se glisser à un endroit tout-à-fait inapproprié... « Qu'est-ce que...? » Mais Draco avait déjà retiré les clefs de la poche arrière de son jean, et les lui tendait avec un sourire victorieux. Une moue amusée se dessina sur les lèvres de Harry, en même temps qu'un étrange éclat s'installait au fond de ses iris. Il s'empara des clefs d'une main, avant d'attraper l'écharpe de son vis-à-vis pour approcher son visage du sien et lui ravir un baiser.
« Draco! C'est quoi déjà le sort pour éplucher les pommes de terre?
- Excutimini.
- Et ça marche aussi sur les poireaux?
- Je n'en sais rien. Essaye, tu verras bien. » Le silence retomba dans l'appartement. Draco, vautré dans le canapé avec toute l'élégance dont il était capable de faire preuve, lisait La Gazette; Harry, dans sa cuisine, expérimentait la préparation d'une soupe poireaux-pommes de terre, chose qu'il n'avait jamais faite auparavant. Il en connaissait les principes, et avec les quelques sorts que la loque du canapé daignait lui enseigner, il s'en sortait plutôt bien.
« Et le sort de découpe?
- Abscidimini.
- Comment?
- ... » N'ayant pas de réponse, Harry lança un douteux Absidimini et les pommes de terre se recroquevillèrent, comme effrayées par le sort.
« Dracoooo! À l'aide, ça fait des trucs bizarres! » Exaspéré, l'interpelé leva ses royales fesses du canapé et entra dans la cuisine.
« Mais qu'est-ce que tu as fait à ses pauvres pommes de terre! Regarde, elles sont vertes de peur! Quel sort as-tu lancé?
- Euh... Absidimini...
- Malheureux! Pas étonnant qu'elles se soient rétrécies devant l'horreur de ton barbarisme! Comment oses-tu massacrer ainsi la si belle langue latine? Pauvres patates...
- Draco? C'est quoi un babarisme?
- BaRbarisme abruti! C'est un mot qui n'existe pas et que tu crées de toutes pièces par ton inculture affligeante! Et regarde les patates: elles tremblent de tous leurs germes!
- Et qu'est-ce que je peux faire pour les aider?
- T'excuser, en latin! Et sans faute!
- Euh... tu sais peut-être parler latin, mais pas moi...
- Mouais, laisse-moi faire, tu risques de les réduire en poussière. Pace vestra, solena tuberosa amica. » La voix de Draco roulait dans sa bouche et ses mots semblaient sucrés. La bizarrerie de la situation ne les effleura même pas. Les tubercules reprirent leur forme originelle, et d'un coup de baguette magique, le latiniste émérite les jeta, coupées en petits morceaux, dans la cocotte, aux côtés des poireaux.
Il faisait nuit depuis longtemps, et les rideaux avaient été tirés. Seules deux petites lampes éclairaient la pièce. Harry et Draco étaient avachis l'un sur l'autre dans le canapé et regardaient les DVD récupérés dans la boîte aux lettres un peu plus tôt. De temps en temps, l'un des deux poussait un grognement d'irritation, ou esquissait un sourire moqueur. À la moitié du troisième film, Harry ronflait paisiblement, la tête sur le ventre d'un Draco qui finit par s'endormir lui aussi. Ce n'est qu'au générique de fin que ce dernier rouvrit un œil vitreux. Quand il comprit où il se trouvait, vit l'heure qu'il était, il secoua le loir qui dormait contre lui – sur lui serait plus exact.
« Harry! Réveille-toi, il faut aller te coucher! » Pour toute réponse, l'endormi se rapprocha de lui en poussant un soupir de bien-être. « Harry! Ginny est là!
- Hein? Que quoi?
- Héhé... » Devant le sourire goguenard de Malfoy, Harry comprit qu'il s'était fait avoir. Il râla pour la forme, mais finit par se lever et éteindre la télévision.
« N'empêche, je te préfère en vrai.
- De quoi tu parles?
- Tu es mieux en vrai que dans le film.
- Encore heureux! Non mais tu as vu ça? En plus ils ont osé me coller les cheveux sur la tête! Mais quelle horreur!
- C'est vrai que ce n'est pas très réussi. À part ça, l'acteur est plutôt pas mal...
- Q'est-ce que tu racontes? Je suis bien content de ne pas lui ressembler! Il est affreux! Je préfèrerais encore ressembler à un gobelin!
- N'exagère pas! J'ai dit que tu étais mieux de toute manière.
- Normal, il n'y a pas mieux que moi.
- Je n'en ai jamais douté... » Et Harry se pencha vers celui-qui-allait-passer-la-nuit-avec-lui pour l'embrasser. Au moment ou celui-ci allait répondre, il se recula, dissimulant mal un sourire amusé. « Tss tss, Draco! C'est l'heure du dodo, demain c'est boulot! » Mais Draco ne l'entendait pas de cette oreille: il se leva d'un mouvement leste et poursuivit celui-avec-qui-il-allait-passer-la-nuit jusque dans sa chambre. Avec un cri victorieux, il se jeta sur sa proie et tous deux tombèrent sur le matelas. Une lutte sans merci s'engagea alors à coups de dents et de langues, de poings et de caresses, pour savoir lequel des deux aurait le dessus.
- & -
« Il est sept heure et demi, vous écoutez Radio Samosa. Tout de suite, la météo avec D...
- Mais qui est l'abruti qui ose me tirer du sommeil à une heure pareille? » Décidément, Draco Malfoy n'était pas du matin.
« Mmmph... Draco... parle moins fort... » Harry se retourna et rabattit les couvertures sur sa tête. La tête blonde refusant catégoriquement d'être le seul à se lever si tôt, tira d'un coup sec sur la couette. D'un coup, le héros du monde sorcier se recroquevilla pour échapper au souffle froid qui entrait par la fenêtre qu'un Malfoy venait d'ouvrir toute grande. Il faut dire que le vent du mois de novembre est mordant à cette heure matinale, et que Harry était nu comme au jour de sa naissance. Il finit par s'avouer vaincu et se leva. Draco ayant déjà fui sous la douche, il enfila les vêtements les plus proches et s'en alla d'un pas mal assuré se préparer du café bien noir.
Un sucre, deux sucres. Trois tours de cuiller. Il ne leva pas les yeux quand il l'entendit s'installer à côté de lui avec une tasse de thé fumant.
« Tu ne travailles pas aujourd'hui?
- Si, mais je commence plus tard le lundi. » Tous deux dégustaient leur boisson en silence, lorsque la sonnette de l'appartement retentit. Harry fronça les sourcils, se demandant ce qu'on pouvait bien lui vouloir à cette heure-ci. Il se leva néanmoins et laissa Draco seul dans la cuisine.
Pong. Il leva automatiquement les yeux de sa tasse de thé et avisa le hibou qui voletait devant la fenêtre. Il récupéra la lettre et renvoya l'oiseau d'où il venait.
« Draco, appela Harry de l'autre bout de l'appartement. Je reviens dans quelques minutes, c'est Miss Frown qui a besoin d'aide! » Clac. La porte de l'appartement se referma. Alors Draco ouvrit la lettre, même si elle ne lui était pas destinée. Une invitation au Terrier, de la part de cette grognasse de Ginny Weasley. Draco n'aimait pas ça, mais apparemment, ils seraient nombreux, il n'avait donc rien à craindre. Puis ses yeux accrochèrent une phrase: « tu n'as qu'à amener Blaise, ce sera l'occasion de nous le présenter! » Blaise... Blaise... il n'en connaissait qu'un: Blaise Zabini, et ce prénom était assez rare dans le pays pour qu'il s'agît de lui. Ainsi Harry sortait avec Blaise et il allait le présenter à ses amis? Et lui dans tout ça? Qu'était-il? Ohoh, mais ça ne se passerait pas ainsi, foi de Malfoy!
Lorsque Harry rentra chez lui à peine une demi-heure plus tard, il trouva l'appartement vide, mais ne s'en formalisa pas.
