La vérité, toute la vérité, rien que la vérité
Note aux lecteurs: Hum... Voilà enfin la suite. Au début, j'avais prévu une fic de six ou sept chapitre, mais il semblerait que le programme ait été modifié. Pas de spoilers dans ce chapitre. Je tiens aussi à remercier les reviewers anonymes, que ce soit pour cette fic ou pour les autres. J'espère être plus rapide pour la suite, mais je ne vous promets rien. Bonne lecture!
- Dispute, Tea time et Pendu -
« Bonjour Zabini... »
Il connaissait cette voix. Il la connaissait, mais ne l'avait plus entendue depuis des années. Cependant, il pouvait affirmer sans se tromper que ce ton coupant dissimulait difficilement une rage froide qui ne demandait qu'à éclater.
« Bonjour Malfoy, que puis-je pour toi?
- Tout d'abord, me faire entrer serait la moindre des politesses.
- Je n'estime pas très poli de sortir les gens de leur lit.
- Oh... tu as eu une nuit agitée Zabini?
- Je t'ai connu plus civilisé Malfoy, je vois que ton éducation ne t'a pas marqué tant que ça.
- Tais-toi et laisse-moi entrer! J'ai à discuter avec toi.
- Ohoh! Et qu'as-tu de si important à me dire?
- DEPUIS QUAND EST-CE QUE TU SORS AVEC POTTER ?! » Là-dessus, notre ami Blaise ouvrit de grands yeux éberlués et, comme mu par une force invisible, s'effaça pour laisser passer son hôte indésirable. Lorsqu'il eut repris ses esprits, il demanda d'une petite voix:
« Tu peux répéter s'il-te-plaît?
- Ne te moque pas de moi pas je te prie! Tu sais parfaitement pourquoi je suis là.
- En réalité, j'ai bien entendu ce que tu as dit, mais je crains de ne pas en saisir le sens profond. J'ai peur que le concept ne m'échappe. » Blaise était automatiquement retourné s'asseoir dans la cuisine, devant son chocolat chaud qui commençait dangereusement à refroidir. Draco avait pris place en face de lui et étudiait la tasse vide qui se trouvait sur la table.
« Tu as passé la nuit avec Potter?
- Mais qu'est-ce que ça peut te faire? En quoi cela te regarde-t-il? Je ne comprends pas l'objet de ta colère. On dirait que tu es... non non, ce ne peut être ça.
- On dirait que je suis quoi? » Le ton de Draco était empli de menaces. Même s'il ne les craignait pas le moins du monde, Blaise répondit d'un air moqueur.
« On dirait que tu es jaloux. » Ce fut au tour de Draco d'en demeurer muet de stupeur. Non seulement ce Zabini se moquait ouvertement de lui, mais en plus, il n'avait absolument pas nié avoir passé la nuit avec Potter. « D'ailleurs, comment as-tu deviné qu'il avait dormi ici?
- J'ai entendu dire qu'il passait beaucoup de temps avec toi, ce qui m'étonne de lui, et la présence des ces deux emballages de sucre me prouvent bel et bien qu'il a couché ici cette nuit.
- Tu es perpicace. Mais tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez... que tu as fort court d'ailleurs!
- Je ne te permets pas de critiquer mon nez! Et je te prie de me dire ce que je n'ai pas vu. Tu as dormi avec Harry, oui ou non?
- Oui. Mais pas couché. » Draco fronça les sourcils, cherchant à comprendre le sens profond de ce que Blaise venait de lui dire.
« Tu as dormi avec lui, mais tu n'as pas couché avec lui? Dois-je te rappeler que coucher et dormir sont à peu près synonymes?
- Tu as parfaitement compris ce que j'entendais par ''coucher'', mais je peux expliciter puisque ta cervelle m'a l'air plutôt embrumée ce matin. Je n'ai pas eu de relations sexuelles avec ton cher Potter, et ce aussi loin que remonte notre relation.
- Et pourquoi te croirais-je?
- Parce que je suis hétéro? » Après plusieurs minutes de silence, durant lesquelles Draco évalua la situation, Blaise se leva et proposa à boire à son invité.
Le silence perdurait. L'envahisseur étudiait attentivement le fond de sa tasse: il y avait encore quelques poussières de thé qui nageait dans le reste de liquide brunâtre désormais froid.
« Il s'était bien gardé de me dire qu'il était avec toi! » La voix de Blaise s'éleva soudainement et résonna un instant dans la cuisine. « J'ai eu beau le tanner avec ça pendant des semaines et des mois, il n'a rien voulu me dire!
- Il n'est pas ton meilleur ami?
- En quelque sorte si, même si ''meilleur ami'' ne veut pas dire grand chose... Tiens, tu acceptes enfin de croire que je ne suis que son ami?
- Il faut bien.
- Ça m'étonne que tu laisses tomber si vite. Mais je ne vais pas m'en plaindre. » Et de nouveau le silence tomba sur eux. Pendant de longues minutes, ils n'échangèrent pas un mot, pas un regard.
« Si ça peut te rassurer, il ne m'avait jamais parlé de toi non plus. » C'était Draco qui avait parlé cette fois.
« Vraiment? Oh le bougre! Il nous a bien menés en bateau, hein?
- Oui, il s'est bien amusé. Et si nous jouions nous aussi? » Un sourire illumina le visage de Blaise à cette proposition. Certes, les deux hommes ne s'étaient jamais entendus: ils étaient deux anciens Serpentard et, en dignes représentants de Salazar, ils n'avaient jamais eu d'amis dans leur propre maison. Ils n'avaient d'ailleurs pas vraiment eu d'amis. Mais il semblerait qu'en cet instant s'était noué ce que l'on appelle un pacte tacite: ils allaient agir ensemble en tant que collaborateurs ou associés, certainement pas en tant que camarades ou amis. C'est toujours ainsi qu'agissaient, qu'agissent et qu'agiront les Serpentard entre eux. Et Harry allait bientôt savoir ce qu'il en coûte de se jouer de deux individus de cette espèce dangereuse.
- & -
« Et comment va Tantale?
- Oh, il se porte comme un charme! Toujours aussi inventif. En ce moment, son grand jeu, c'est de transformer ses céréales de petit-déjeuner en araignées.
- Je suppose que Ron est aux anges!
- Vous ne pouvez pas imaginer l'ambiance qui règne à table le matin. Ça serait drôle si je ne vivais pas ça tous les jours. Ron se met à hurler, son fils rit comme une baleine en voyant la tête de son père, et je suis chargée de courir après les araignées pour leur redonner leur forme originelle.
- En tout cas, on ne peut pas dire que Tantale manque de ressources pour son âge.
- Pour sûr! Il est même plutôt en avance. Ron dit que ce n'est pas étonnant, mais je ne vois pas pourquoi. » Mrs Rowling sourit à cette remarque d'Hermione. Elles papotaient depuis plusieurs heures maintenant, autour d'une tasse de thé et de petits fours. Sucre et lait étaient de mise dans l'infusion à cette heure de l'après-midi. Joanne allait mordre dans un éclair au café, lorsque la sonnette retentit. Hermione fronça les sourcils et se leva pour aller ouvrir. Qui pouvait bien lui rendre visite à une heure pareille, en plein milieu de la semaine qui plus est?
« Luna! Qu'est-ce que tu fais ici? Je pensais que tu était dans les Andes en ce moment.
- Et bien, j'y étais en effet, mais je suis rentrée plus tôt que prévu parce que nous avons été attaqués par des indigènes. Mon guide a été tué sur le coup et j'ai dû transplaner pour échapper aux flèches. Je n'ai pas trouvé de nouveau guide alors je suis rentrée. Et toi, comment vas-tu? » Hermione resta plantée sur le pallier: il n'y avait que Luna Lovegood pour vivre de telles aventures, échapper à la mort de justesse et débarquer chez ses amis comme si ce n'était rien qu'une bagatelle. « Ça ne va pas?
- Hein? Oh si! Je vais très bien. Mais entre je t'en prie. » Luna n'avait pas attendu cette invitation pour ôter écharpe, bonnet et manteau. Elle allait pénétrer dans le salon lorsqu'Hermione la prévint qu'elle avait une invité. Sans s'en formaliser outre mesure, Luna s'avança dans la pièce, salua évasivement Mrs Rowling avant de s'asseoir sur un pouf et d'étudier attentivement cette femme qu'elle ne connaissait. Joanne aurait pu s'indigner d'être ainsi scrutée sans la moindre gêne, mais elle fit comme si de rien n'était. D'après ce qu'elle avait entendu, il s'agissait de Luna Lovegood, l'éternelle tête-en-l'air: poétique, lunatique et excentrique, elle semblait avoir sa propre perception du monde. Ses grands yeux délavés la fixaient avec intensité, et paraissaient lire en elle.
« Vous n'êtes pas sorcière, n'est-ce pas? demanda-t-elle doucement.
- Non, en effet.
- Mais vous savez tout de nous.
- Aussi. Comment avez-vous deviné cela? » Joanne n'obtint pas de réponse. Luna ne la regardait plus à présent, mais observait avec gourmandise une tartelette aux framboise. Lorsque Hermione lui proposa du thé, elle accepta avec engouement et attendit que les deux femmes reprennent leur conversation. Voyant qu'il n'en était rien, elle demanda: « De quoi étiez-vous en train de discuter avant que j'arrive? » Il ne lui vint pas à l'esprit que cela pouvait ne pas la concerner, et elle se contenta de mordre dans le petit four. Le silence s'installa. Et dura. Puis, n'y tenant plus – elle était venue pour ça – Joanne déclara qu'elle avait découvert le secret de Harry. Hermione eut un sourire amusé et Luna lécha le bout de ses doigts, sucrés par la tartelette.
« Harry voit un homme. » La façon dont la phrase était tournée élargit le sourire d'Hermione. Luna leva les yeux.
« Avez-vous vu ou appris de qui il s'agissait?
- A vrai dire, non. Il était dans l'ombre. Je n'ai fait qu'entendre sa voix. Mais pourquoi une telle question?
- Parce que le véritable secret est plutôt qui voit Harry.
- Ah? Et qu'y a-t-il de si intéressant à cela? » Voyant Hermione regarder le plafond, Joanne s'empressa d'ajouter: « J'ai compris. Vous ne me direz rien, je dois chercher par moi-même. Très bien. » Et la conversation se poursuivit.
« Est-ce que je refais du thé?
- Je veux bien, s'il-te-plaît. » Lorsque la maîtresse de maison eut disparu dans la cuisine, Mrs Rowling ouvrit soudainement de grands yeux.
« Ça me revient! L'homme qui était assis en face de Harry... il avait les cheveux blonds! » Luna sembla se réveiller d'un coup.
« Vous dites?
- Que l'homme qui était assis en face de Harry, l'autre jour, avait les cheveux blonds, j'en suis sûre. Ils faisaient une tâche plus claire dans l'ombre.
- A votre avis, ils étaient d'un blond plutôt sombre ou pâle?
- Je dirais pâle, mais n'en suis pas tout-à-fait sûre.
- C'est intéressant...
- Ah oui? Vraiment? » Mais Luna ne répondit rien, un sourire vague flottant sur ses lèvres. Puis elles reprirent toutes deux la conversations délaissée, et quand Hermione revint, les cheveux blonds leur étaient sortis de l'esprit.
- & -
Assis dans son fauteuil, Blaise regardait la pluie tomber depuis près d'une heure maintenant. Il attendait. Qu'attendait-il? Lui même l'ignorait. Que le temps passe peut-être... Les gouttes s'écrasaient lourdement sur la vitre et s'étiraient, se frayaient un chemin, se fondaient les unes dans les autres avant de disparaître. Il faisait sombre et bien qu'il fût aux alentours de trois heures de l'après-midi, il semblait que la nuit était sur le point d'engloutir le pays. Ses doigts erraient dans l'épaisse fourure mauve d'Aïlouros, son chat, qui ronronnait sur ses genoux. Un silence apaisant les enveloppait et il était bien, là, simplement assis, à observer le déluge qui s'abattait sur la ville. Il s'endormit et lorsqu'il rouvrit les yeux, la boule de poils n'avait pas bougé, mais la pluie avait cessé. Son regard dévia sur une photographie qui lui souriait d'un air fier et sûr de soi. Sa mère... Voilà plusieurs années qu'elle était rentrée en Italie, après avoir empoisonné son nième époux.
Blaise n'avait jamais vraiment compris sa mère. Elle était du genre de ces femmes qui sont belles, qui le savent et en jouent à loisir. C'est ainsi qu'elle avait attiré les hommes dans ses filets un nombre incalculable de fois. À chaque fois, elle avait épousé sa victime, avant de l'empoisonner. Une seule rencontre avait été différente: le jour où son regard avait croisé celui d'Apollodore Zabini. De ce mariage, un fils était né. Et Mr Zabini avait vécu plus longtemps que les autres époux. Il avait été le quatrième, et Blaise soupçonnait sa mère d'avoir réellement aimé Apollodore. Celui-ci était mort au début des vacances qui précédèrent la rentrée de son fils en première année à Poudlard; il était alors au Niger pour son travail. Cette mort-là, Blaise en était certain, sa mère n'y était pour rien. Isabella avait réellement ressenti la peine qu'elle avait montrée au décès d'Apollodore. Et puis, quelques années plus tard, elle avait repris un époux, qui était mort lui aussi dans d'étranges circonstance. La « routine » avait repris.
Driiiiing!
Aïlouros bondit lestement sur le sol au son strident de la sonnette de l'entrée. Blaise, sorti un peu brusquement de ses pensées à son goût, grogna avant d'abandonner son fauteuil. Il enfila ses charentaises et se dirigea lentement vers le vestibule, où son visiteur s'acharnait sur la sonnette. Le félidé avait disparu dans les profondeurs de la maison, et Blaise en voulait à l'importun de troubler le calme de son après-midi. Cependant, lorsqu'il vit les yeux verts dissimulés derrière des lunettes embuées, il pardonna immédiatement à Harry et le fit entrer. Ce dernier tait détrempé et il semblait qu'il avait marché sous la pluie pendant un bon moment. Sans lui poser de question, Blaise alla lui chercher de quoi se sécher et se changer, avant de s'affairer dans la cuisine pour lui préparer un bon chocolat chaud.
Plusieurs minutes s'étaient écoulées et Harry n'avait toujours pas prononcé le moindre mot. Blaise, après avoir poussé plusieurs soupirs d'exaspération qui n'eurent pas l'effet escompté sur Harry, finit par demander ce qui n'allait pas.
« Rien. Je t'assure je vais bien. Je suis juste épuisé par ma semaine et je n'ai pas envie de retourner chez moi.
- Pourquoi n'es-tu pas allé chez Ginny?
- Quoi? Mais pourquoi irai-je chez elle?
- Vous n'êtes plus ensemble?
- Euh non, depuis longtemps même!
- Oh... et alors, tu n'es avec personne en ce moment? Tu n'as pas quelqu'un chez qui aller?
- Ben... c'est compliqué. Et puis je peux aller chez toi, non? Je te dérange? Tu devais faire quelque chose?
- Non, non, ne t'inquiète pas! Je me demandais simplement qui pouvait être la personne que tu avais choisie. Tu ne me parles jamais de tes histoires de cœur...
- Et je ne vois pas pourquoi je t'en parlerais, c'est personnel.
- Oui, mais si ça ne va pas, tu pourrais m'en parler, non?
- Je ne suis pas sûr que tu puisses faire quelque chose. Et puis de toute manière, il n'y a rien qui cloche en ce moment! » Blaise n'avait pas réussi à faire cracher le morceau à Harry, et celui-ci refusait de s'avouer qu'il avait été vexé de ne voir personne dans l'appartement de Draco alors qu'il voulait lui faire une visite surprise. Dépité, il s'était directement rendu chez son ami. Il avait raté son transplanage de plusieurs dizaines de mètres, ce qui expliquait qu'il était trempé quand Blaise lui avait ouvert. Celui-ci, voyant qu'il n'obtiendrait rien de plus de son invité, se dirigea vers le salon. Harry le suivit.
« Je suppose que tu veux rester dormir ce soir? » Harry hocha la tête. « Tu es sûr que je ne risque pas d'avoir de problème avec la personne que tu vois en ce moment? Pas de visites importunes ou de crises de jalousie?
- Je ne vois pas comment cela pourrait se produire, puisqu'il ne sait même pas que je te connais!
- Il? » L'intérêt de Blaise s'était tout de suite éveillé, et il fut amusé de voir les joues de Harry se colorer lorsqu'il s'était rendu compte de sa bourde. Celui-ci se renfrogna et semblait disposé à bouder toute la soirée lorsque Blaise lui proposa une partie de Pendu. Voyant les yeux verts s'illuminer à cette demande, il s'en fut chercher la boîte du jeu, et, quand il revint, Harry avait déjà débarrassé la table basse. Ils disposèrent ensemble un arbre biscornu de la taille d'un grand bonzaï au centre et mélangèrent les lettres.
Au bout de plusieurs heures, les branches de l'arbre s'étaient couvertes de Harry et de Blaise miniatures, auquels il manquait qui une jambe, qui un bras. Ceux qui étaient complets gigotaient dans de vaines tentatives pour se décrocher.
« Y?
- Raté. » Et un corps poussa sous la tête d'un petit Blaise accroché à une branche basse. La miniature hurla des insultes à un autre Blaise pendu à côté, qui venait de lui donner un coup de pied. Lorsqu'il fut complêtement pendu, Harry, tout fier, demanda: « Une revanche?
- Non, je dois préparer le dîner. Tu viens avec moi? »
Et ainsi la soirée se déroula dans le calme, Harry ayant retrouvé le sourire et Blaise songeant à cette semaine qui avait été riche en événements.
