La vérité, toute la vérité, rien que la vérité
Note au lecteurs: Je m'excuse pour ce retard impressionnant. Je suis vraiment, vraiment désolée, et je ne pensais pas que j'aurais autant de travail à la fac! Quoiqu'il en soit, voici un chapitre sans grande prétention. On y fait plus ample connaissance avec le couple Luna/Théo, que j'aime de plus en plus. En outre, cette fic part un epu dans tous les sens: je vais tâcherd'y mettre bon ordre, et surtout, de l'achever avant l'année 2009
PS: JOYEUX NOEL A TOUS !!!
- Dans la forêt lointaine, on entend le... -
Au fin fond d'une forêt, enfouie dans les branches d'un arbre centenaire, se contorsionnait la maison de Mr et Mrs Nott. Un simple Moldu ne pouvait la voir, même s'il s'avisait de grimper aux branches de l'arbre le plus proche. Ainsi dissimulée aux yeux du monde, cette modeste demeure tenait à la fois du nid et du cocon. Les quelques visiteurs qui s'y étaient aventurés en avaient gardé une sensation de bien-être et de confort. On y accédait par une échelle de corde qui se déroulait magiquement à l'approche de quiconque était attendu. Une fois l'épreuve passée du grimpé de corde, on entrait dans une pièce à l'architecture déroutante: l'on ne pouvait dire s'il s'agissait d'une verrière, d'une serre ou d'une cathédrale. Deux pans de mur étaient entièrement vitrés, à la façon des gares 1900. Un autre mur arborait un grand vitrail abstrait dans les tons verts. Le plafond, dont la hauteur variait fortement d'un endroit à un autre, semblait épouser le mouvement des branches. À l'extérieur, branches et rameaux s'entremêlaient autour de cette maison aérienne. L'été, l'épais feuillage des arbres protégeait ses habitants de la chaleur du soleil, et l'hiver le moindre rayon lumineux suffisait à en réchauffer l'intérieur. Les diverses essences qui composaient sol et cloisons donnaient à l'ensemble un air un peu hétéroclite mais tout-à-fait agréable, qui se mariait parfaitement aux nuances mousseuses des vitraux.
Si l'on avait osé passer le lourd rideau de toile brune aux motifs d'or qui pendait dans un coin du salon, non loin de la porte d'entrée, l'on aurait été étonné de voir une magnifique rosace qui donnait l'impression que la chambre était plongée en permanence dans une lumière de coucher de soleil. Des éclats abricot, vermillon, orange, carmin, écarlates, dorés illuminaient les murs et la courtepointe en patchwork qui ornait le grand lit. Si l'on jetait alors un œil derrière tenture murale, sur la droite, on pourrait voir une petite salle de bain. Pour y accéder, il fallait descendre quelques marches. Très basse de plafond, il semblait évident que Théodore avait dû plus d'une fois s'assommer dans une des branches de l'arbre qui passaient sous le toit. Tout un mur était composé d'un immense poisson en verre poli: il diffusait ainsi une douce lumière mauve dans la pièce, tout en dissimulant ce qui s'y passait aux yeux de l'extérieur. C'était dans cette maison, petite mais douillette, qu'habitaient Luna et Théodore Nott, depuis maintenant plusieurs années.
On voyait clairement que c'était Luna qui s'était occupé des plans et de la décoration, mais c'était Théo qui avait supervisé la construction de l'édifice: s'il acceptait et appréciait les goûts de son épouse, il n'avait en revanche que peu confiance dans son sens pratique et n'avait pas tenu à retrouver une ruine en rentrant du travail, un jour de grand vent.
En ce beau matin de décembre, Mr et Mrs Nott étaient tous deux attablés dans leur cuisine. Luna trempait évasivement ses tartines de pain noir dans un grand bol de lait de chèvre, tandis que Théo sirotait son thé de Chine fumé, noyé dans ses pensées. Le silence qui régnait alors n'était que rarement troublé par le chant de quelque oiseau qui n'avait pas migré vers un climat plus hospitalier. Cela faisait plus d'un mois qu'ils avaient été invités au Terrier par Molly et Arthur. Cependant, c'était vers cette soirée que se tournaient sans cesse les pensées de Théo. Les méandres de son cerveau avaient analysé chaque parole, chaque fait en détail, mais il ne parvenait pas à se défaire de cette impression d'insatisfaction: ses conclusions lui paraissaient toutes plus farfelues les unes que les autres. Il était pratiquement sûr qu'il ne lui manquait pas grand chose pour mettre le doigt sur ce qui le froissait.
Tout en réfléchissant, il observait l'air rêveur de sa femme. La lumière matinale faisait jouer les reflets verts du vitrail dans ses cheveux pâles et lui donnait un air surnaturel.
« Il y a quelque chose qui cloche. Tous n'ont pas arrêté de faire des jeux de mots et des sous-entendus, mais lui n'y voyait que du feu. Soit il le faisait exprès, mais le connaissant, ça m'étonnerait; soit il ne voyait pas en quoi il y avait sous-entendu pour la simple et bonne raison qu'il est à des années-lumière de penser à ça, auquel cas, tous se trompent. Personnellement, je penche plutôt pour la deuxième solution. Qu'en penses-tu Luna?
- Je ne sais pas. À te place, je ne serais sûr de rien. Dis, tu crois que la livèche que j'ai cueillie hier au bord du ruisseau se marierait bien au potimarron?
- Je ne sais pas: je n'ai jamais goûté. Essaye donc, tu verras bien. » Depuis le temps qu'il la connaissait, Théo s'était habitué aux brusques changements d'humeur et de sujet de Luna. Il s'était également accoutumé à sa cuisine; il faut dire que la fille de Xenophilius avait hérité de son père l'extravagance de ses goûts et sa créativité hors paire. Et Théo se prêtait en général assez volontiers aux expériences gastronomiques de son épouse: l'intuition féminine de celle-ci et la connaissance rationnelle du premier faisait que la plupart des mets confectionnés étaient comestibles, voire bons.
Mais pour le moment, Théo s'embarrassait peu de ces considérations hautement culinaires et se focalisait, encore et toujours, sur le problème qu'il affectionnait particulièrement ces derniers temps. À ta place, je ne serais sûr de rien. Cet avertissement de Luna n'était pas à prendre à la légère. Malgré tout, il y avait une chose qu'il avait conclue depuis longtemps déjà, et dont il était tout-à-fait certain: Blaise Zabini, ancien Serpentard de son état, n'était jamais sorti, et ne sortirait jamais, avec une personne du même sexe que lui. C'était un fait logiquement et scientifiquement prouvé. Par contre, en ce qui concernait le cobaye Harry Potter, les faits étaient flous, les hypothèses nombreuses et alambiquées.
Si l'on admettait qu'il ne sortait plus avec Ginny Weasley, ce qui avait été vérifié à plusieurs reprises, rien ne disait qu'il n'était pas seul, ou qu'il ne voyait pas un autre individu féminin. De plus, Harry n'avait jamais parlé de sa vie sentimentale et sexuelle à personne, même lorsqu'il était avec Ginny. Dans ces conditions, pourquoi toute cette excitation autour de ce sujet? Théo était bien placé pour savoir que ce qui est secret est toujours plus attrayant que ce qui vit au grand jour.
D'un autre côté, si l'on admettait que Harry sortait avec un homme, pourquoi tout ce tintouin? Qu'y avait-il de si réjouissant dans ce simple fait? Non, selon Théo, le mystère ne résidait pas dans le sexe de l'individu X, mais dans sa seule identité. Certes, savoir s'il s'agissait d'un individu féminin ou masculin pouvait aider dans ce genre de quête, mais ce n'était pas le plus important.
En outre, Théo avait émis une hypothèse plutôt solide, qui l'aiderait grandement dans ses recherches. Si tout le monde était si excité lorsque le sujet pointait le bout de son nez dans une conversation, si chacun mettait son grain de sel et renchérissait de son jeu de mot avec un air plein de sous-entendus, c'était parce qu'ils connaissaient cette personne mystérieuse, et plutôt bien même! Évidemment, cette hypothèse était un peu faussée par le fait que tous pensaient qu'il s'agissait de Blaise, mais Théo était prêt à parier que certains d'entre n'y croyaient pas vraiment. Notamment les jumeaux: cette deux fortes têtes ne devaient pas être dupes de ce qui se tramait dans la vie sentimentale de leur presque frère. Et ils ne continuaient à jouer le jeu des autres que parce qu'ils ignoraient tout également de cette identité. Leur excitation ne devait pourtant pas être feinte... c'était donc qu'ils connaissaient cet individu. Cela, ils avaient dû l'apprendre...
« La purée de potimarron à la livèche, tu la préfères au déjeuner ou au dîner?
- Au dîner. Tu ne voulais pas faire les œufs de paon à la sisymbe ce midi?
- Ah si. » Et Luna s'en alla troquer son pyjama de tweed vert et mauve contre des vêtements plus adaptés pour faire la cuisine, laissant un Théo qui tentait de reprendre le fil tortueux de ses pensées.
Donc, reprenons. Cela, ils avaient dû l'apprendre un jour où ils avaient cuisiné Harry, comme eux seuls savaient le faire, et où celui-ci avait failli lâcher le morceau en disant quelque chose comme « De toute manière, vous le connaissez! ». Oui, ça devait être ça. Ce ne pouvait être que ça.
- & -
Une fenêtre qui donnait sur le temps gris et pluvieux, des étagères de livres bien alignés qui cachaient ainsi le papier peint jauni, quelques bibelots disséminés çà et là, un fauteuil un peu usé, des cubes et quelques autres jouets qui traînaient à droite et à gauche, puis, au centre, trônait le vieil ordinateur, jadis récupéré par Arthur Weasley, et désormais adopté par Hermione, anciennement Granger. Harry était voûté sur son tabouret, aux côtés de son amie, qui lui montrait depuis près d'une heure et demi les miracles de la technologie, et notamment tout ce que Gogole – ou quelque chose comme ça – pouvait offrir à la simple mention des noms ''Harry'' et ''Potter''. Le principal concerné trouvait le trajet de l'araignée sur le plafond beaucoup plus intéressant, et n'écoutait que d'une oreille distraite les divagations d'Hermione. D'ailleurs, c'était à peine si celle-ci se rendait compte des bâillements qu'étouffait Harry.
« Alors là, c'est un site absolument génial! Ils ont recensé tout, absolument tout, ce qu'il y a dans les livres. Non mais tu te rends compte à quel point les gens sont passionnés par ton histoire?
- ...
- Harry?
- ...
- Harry! Tu m'écoutes au moins?
- Gné? Qu'est-ce qu'y a? » Se rendant compte qu'il ne prêtait aucune attention à ses paroles, Hermione leva les yeux au ciel, avant de s'en aller d'en la cuisine et de lui rapporter une tasse de café noir.
« Merci Hermione, mais tu sais que quand je bois du café à cette heure de la journée, je ne dors pas de la nuit!
- Et bien tu n'auras qu'à aller chez ton copain pour t'occuper!
- Ron! Voyons, ton fils est à côté, ne dis pas des choses pareilles!
- Mais Mimine...
- Et ne m'appelle pas comme ça!
- Euh... excusez-moi, mais on pourrait revenir à notre sujet de départ? » Etonnant, voire surprenant, pensez-vous certainement, ô avertis lecteurs! Harry a soudainement changé d'avis et tiens à entendre les fariboles de son amie! Mais il n'en était rien: il avait seulement envie que sa torture se termine au plus tôt et n'avait guère l'intention d'écouter Hermione lui parler d'internet toute la soirée.
« Bien, passons maintenant à ce site que j'ai découvert hier. Alors tu vois... » Harry ne prêtait déjà plus attention au babillage de son amie et, effectuant sur son tabouret une rotation à cent quatre-vingts degrés, il chercha du regard où pouvait bien se ranger le sucrier. L'apercevant au loin, sur le plan de travail de la cuisine, il se leva discrètement. Après avoir fait tombé deux morceaux de sucre dans sa tasse, il prit une cuiller et s'en revint dans le salon, où Hermione le regardait d'un air exaspéré.
« Ben quoi? Tu sais que je mets toujours du sucre dans mon café!
- Et tu sais parfaitement que ce n'est pas bon pour la santé!
- Oh, je t'en prie, arrête! Tu ressembles tellement à Molly quand tu t'y mets!
- Mais ne change pas de sujet! Je te disais donc, ce site dont on parlait l'autre jour avec Bill, fanfiction, est extrêmement intéressant à analyser. Par exemple, prenons la première fic venue et...
- La première quoi?
- Fic, Harry, fic! Je te signale que l'on en a parlé pendant une bonne partie de la soirée au Terrier!
- Ah, oui. » Il fit tourner trois fois sa cuiller dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, posa sa cuiller dans la soucoupe, qui reposait déjà sur le bureau. Puis il se mit à déguster l'amère boisson, tout en s'appliquant à faire correctement semblant d'écouter Hermione.
« Oh! Ça alors... » L'air surpris et vaguement choquée de Mrs Weasley deuxième génération attira l'attention de notre héros.
« Quoi?
- Regarde le couple principal de cette histoire...
- HPDM? Qu'est-ce que c'est que ce charabias? Le nom d'un nouveau virus?
- Non, pas du tout! Dans ce genre d'écrits, pour aller plus vite, on ne met que les initiales des deux protagonistes. HP, ça coule de source, c'est toi. DM...
- Arrête de dire ''c'est toi'' à tout bout de champ! Ce ne sont que les images des personnages créés par Mrs Rowling! Je te jure, c'est dérangeant de voir que l'on a vécu mille et une aventures et...
- ... et couché avec Draco Malfoy!
- Hein? » Le brusque sursaut de Harry fit qu'il se retrouva inondé de café en moins de temps qu'il ne faut pour lancer un maléfice de Poiroreille.
« DM, c'est Draco Malfoy! Les Moldus te mettent avec Draco Malfoy! » Voyant que son invité ne répondait rien, elle détourna les yeux de l'écran, et le vit, écarlate, avec sur le visage, un air qu'elle jugea scandalisé. En réalité, Harry avait eu soudain très peur qu'elle ait découvert son secret. Et la simple mention de son amant l'avait fait rougir. Fort heureusement, Hermione eut la présence d'esprit de croire que sa rougeur n'était due qu'à sa brûlure caféinée. Puis, quand elle se rendit compte de l'étendue des dégâts, elle lui recommanda d'aller se changer au plus vite, et lui confia même un baume cicatrisant et apaisant. Harry ne se fit pas prier et, profitant de l'aubaine, échappa au laïus d'Hermione et au risque d'être découvert.
- & -
Une fois propre, sec et enduit de crème, Harry se rendit dans sa cuisine, avec l'intention de se faire un café qu'il boirait au lieu de le renverser sur sa chemise. Sa chemise? Tiens, il ne la reconnaissait pas. C'était étrange. Il n'avait pas pour habitude de porter des chemises aussi bien coupées. La seule solution était qu'il avait dû se tromper la dernière fois qu'il avait couché chez Draco; celui-ci avait dû piquer une crise en voyant la vieille chemise de Harry sur son fauteuil, et nulle trace de la sienne. Mais maintenant qu'il l'avait, il n'allait pas l'enlever. D'autant qu'il n'avait plus de nouvelles de Draco depuis près d'une semaine.
Il venait de laisser tomber le premier sucre dans sa tasse lorsqu'un oiseau aux couleurs étranges vint s'assommer dans sa fenêtre. Reconnaissant le hibou au yeux pers de Luna Lovegood, il s'empressa de lui ouvrir la fenêtre et de le laisser entrer. L'animal portait une missive à la patte gauche, ce qui l'empêchait de voler droit. Harry lui ôta son fardeau et ouvrit ce qui semblait être une feuille de papier fait main avec des restes de chiffons. Çà et là ressortait une feuille de persil – sûrement pour décorer.
Cher Harry,
Je sais que tu n'es pas occupé cet après-midi. Que dirais-tu de passer prendre une infusion à la maison aux alentours de 18h? Théo et moi te raconterons notre périple en Tanzanie. J'attends ta réponse,
Bises,
Luna
Dix-huit heures. Il lui restait exactement cinq minutes: le hibou dû se perdre. Il le renvoya dans la seconde et partit dans son appartement, en quête d'une paire de chaussettes propres.
Plop! Harry était à l'orée d'une épaisse forêt. Il ne lui restait plus qu'à trouver le bon arbre. Par chance, Luna avait eu la bonne idée de descendre pour l'accueillir, lui évitant ainsi maints détours inutiles parmi les troncs noueux des chênes et autres ormes. Elle le laissa passer devant lui, avant de s'engager à son tour sur l'échelle de corde.
Théo était assis dans un profond fauteuil poilu, fumant paisiblement sa pipe à long tuyau, en porcelaine peinte, que Luna lui avait rapportée d'un de ses voyages en Chine. Les volutes bleutés qui s'en échappait le noyaient dans une étrange atmosphère; étrangement, la fumée sentait la muscade et la bergamotte.
- Bonjour Théo.
- Oh, salut Harry. Comment te portes-tu?
- Pas trop mal en ce moment. Alors comme ça, vous avez fait un voyage en Tanzanie, et personne n'était au courant?
- Un voyage en Tanzanie? » Théo semblait passablement surpris, et Harry comprit à l'instant.
- Luna?
- Oui?
- Pourquoi est-ce que tu m'as raconté une chose pareille?
- Crois-tu sincèrement que si je t'avais demandé de venir afin que tu m'en apprennes davantage sur ton mystérieux amant, tu serais venu?
- Comment? Ne me dis pas que toi aussi, tu t'intéresses à cette histoire!
- Et bien... comment dire? J'en sais plus que tu le penses, et je tiens vraiment à savoir qui se cache derrière le masque. »
Harry tiqua à l'utilisation du mot « masque », mais ne dit rien. Luna ne semblait pas disposée à le laisser repartir avant d'avoir obtenu l'information qui lui manquait. Et il ne pouvait pas décemment envisager de sauter de l'arbre sans se rompre le cou. De plus, Théo ne ferait rien pour l'aider: comme à son habitude, il se contenterait d'observer le match sans même hausser un sourcil, et comptant les points dans sa tête.
« Tu veux du karkadé?
- Oui, volontiers. Merci. » Puisqu'il allait être coincé là pendant plusieurs heures, autant avoir quelque chose dans l'estomac. Harry en venait à penser que Hermione déteignait trop sur Luna. Elle n'aurait jamais agi ainsi d'elle même. Certes, elle était curieuse, mais elle n'en serait jamais venue à de telle fins pour obtenir de simples potins. À moins que...
« Ne m'en veux pas Harry. Sache que je ne cherche pas à jouer les concierges. Je veux simplement combler ma curiosité qui a été aiguillonnée, et à découvrir la vérité. Je ne peux pas croire que tu couche avec Blaise, c'est tout simplement impossible, et l'inconnu doit cacher une autre identité. »
Que répondre à cela? Harry se contenta de hocher la tête, pour montrer qu'il avait compris. Il savait qu'il pouvait faire confiance à Luna, mais il n'avait aucune envie de lui confier l'identité de son amant. Il n'en avait même pas parlé à Blaise.
Des volutes de vapeur s'élevaient des trois tasses, emplies à ras d'un liquide rouge sombre. Théo n'avait pas bougé de son fauteuil; Harry avait pris place dans le canapé et Luna lui faisait face, agenouillée sur un pouf informe. Après l'avoir longuement observé, elle se décida enfin à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres:
« Que peux-tu me dire de lui? » Autant vous dire tout de suite, chers lecteurs, que notre sauveur de l'humanité fut plus que surpris par cette interrogation. D'ailleurs, si ses neurones n'avaient été stoppés net dans leur tâche de connexion, il aurait pu songer que cette question avait quelque chose de très serpentard. Pouvait-il décemment répondre « rien »? Il se sentait acculé: il devait répondre quelque chose. Mais il ne voulait rien dire.
« Et bien... » Pourquoi Blaise n'était-il jamais quand il fallait? Soudain, alors qu'il se sentait sombrer vers les aveux les plus complets, son esprit retors – qui avait bien failli l'envoyer dans la maison de Salazar – lui souffla: « Et toi, que sais-tu? » Tout fier de lui, Harry, se renfonça dans le canapé et croisa les bras sur sa poitrine. Avec un sourire en coin, Luna lui répondit du tac au tac, profitant de la baisse de son attention:
« Je connais la couleur de ses cheveux...
- Comment!? Tu sais qu'il est blond? » Aussitôt, il s'en mordit la langue et rougit, presque autant que Ron dans ses grands moments. Théodore, quant à lui, avait cessé de tirer sur sa pipe et ses sourcils étaient restés figés quelques secondes au milieu de son front.
Ainsi, l'homme-mystère était un blond que tous connaissaient? Voilà qui réduisaient énormément le nombre de ses hypothèses. Il lui restait dans ses filets Stewart Ackerley, Baddock Malcolm, Colin Crivey, Justin Finch-Fletchley, Seamus Finnigan, Draco Malfoy et Graham Pritchard. Parmi ceux-ci, quatre étaient mariés; Colin était mort pendant la guerre. Seuls restaient en lice Justin et Draco.Intéressant... Après une rapide réflexion, il était presque certain d'avoir la solution.
« Harry? demanda-t-il. Dis-moi, est-ce que tu as entendu parler des Malfoys dernièrement? » La réaction qu'il attendait ne se fit pas attendre. Harry, qui venait de prendre sa tasse, trembla si violemment à ce nom qu'il renversa du karkadé sur sa chemise. Enfin, sa chemise. Décidément, il était maudit: non seulement il se brûlait pour la deuxième fois dans la même journée, mais en plus, il pouvait être certain que Lune et Théo connaissaient désormais l'identité de son amant.
