La vérité, toute la vérité, rien que la vérité

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- Si vis pacem, para bellum -

Une fois n'était pas coutume: c'était Blaise qui s'était invité chez Harry pour quelques jours. Ce dernier n'avait pas eu de nouvelles de Draco depuis ce qui lui semblait une éternité, et il commençait sérieusement à se poser des questions. Que fabriquait-il? Où était-il? Lui faisait-il la tête pour la chemise? Ou pour les chaussettes? Doux Merlin, l'ignorance allait le rendre fou!

« Harry! Arrête de tourner en rond comme ça, tu me donnes le tournis. Qu'est-ce qui t'arrive?

- Rien, je suis juste inquiet.

- Et pourquoi inquiet? Tu as des examens à passer? Une réunion? Tu dois voir Hermione bientôt?

- Non, non. Laisse tomber, je n'ai pas envie d'en parler. » Pour se donner contenance, Harry s'assit sur la table basse et se mit à jouer avec les clefs de sa voiture qui s'y trouvaient.

« Et après tu t'étonnes de ne jamais les trouver quand tu en as besoin! Si au moins tu les rangeais au lieu de jouer avec, ça t'éviterait de perdre un quart à chaque fois que tu as une course urgente à faire.

- Blaise, s'il-te-plaît, arrête. On dirait Hermione!

- Ça sonne comme une insulte.

- Mais tu sais que ce n'en est pas une. » Ils se turent. On n'entendait que les voitures qui se bousculaient dans la rue, en bas de l'appartement, et le cliquetis des clefs avec lesquelles Harry jouait toujours. Il soupira. « Blaise, tu m'aiderais si je te le demandais?

- Ça dépend pour quoi.

- Pour organiser le réveillon du nouvel an.

- Je crois que c'est de l'ordre du possible. » Intérieurement, Blaise jubilait. Lui qui cherchait depuis quelques jours une excuse pour que Harry organise une petite soirée, elle lui tombait, en or, dans les mains. Il lui faudrait songer à remercier Hermès, dieu des brigands et des rusés. « Qui comptes-tu inviter?

- Et bien... euh... Hermione et Ron, Ginny et son copain, les jumeaux, Percy et...

- Bref, tous les Weasley.

- Voilà. Et puis Luna et Théo.

- Tu ne veux pas inviter Mrs Rowling? Je serai ravi de la rencontrer!

- Pas bête. Je suis sûr que ça lui ferait plaisir de rencontrer les Weasleys.

- Je ne te parlais pas des Weasleys, mais de moi Harry.

- Oui, oui, bien sûr. Bon, je crois que la liste est complète. »

-&-

Si Blaise avait pris quelques jours de congé pour rester chez Harry, ce n'était pas le cas de son hôte. Le soleil émergeait derrière les immeubles londoniens. Blaise, le nez collé au carreau, regardait son ami s'éloigner vers le bruit et la cohue. Lentement, il laissa s'échapper un soupir qui dessina sur la vitre froide une espèce de cétacé informe. Fermant les yeux, il recula et se coula sous un plaid, dans le vieux canapé, bien décidé à poursuivre sa nuit. Malheureusement pour lui, la Fortune semblait en avoir décidé autrement: un coup de sonnette retentit. L'esprit embrumé, il opta pour l'ignorance: la concierge n'avait qu'à déposer le courrier sur le pas de la porte, comme elle le faisait tous les jours. Ce n'est que lorsque le tintement de fit entendre pour la deuxième fois qu'il ouvrit un œil vague et se redressa.

« Bonjour Zabini. Toujours pas habillé?

- Oh, la paix! Malfoy, je te signale qu'il n'est que neuf heures et demi, ce qui n'est pas une heure décente pour se lever quand, comme moi, on est en congé.

- D'accord, mais si tu veux qu'on mette au point notre petite affaire, tu as tout intérêt à être bien réveillé. » À ces mots, une lueur d'intérêt s'alluma dans le regard de Blaise. La brume matinale se dissipa totalement et ses iris noirs brillèrent d'un éclat des plus amusés.

« On commence quand?

- Doucement mon mignon! Il faut penser à tout: il ne s'agirait pas que quelqu'un comme Granger soupçonne quoi que ce soit avant qu'on l'ai décidé.

- Tu n'as rien à craindre de ce côté-là. Tous sont tellement sûrs que Harry sort avec moi que tu pourrais l'embrasser sous leurs yeux, ils douteraient encore de la réalité!

- Très bien. Tu m'offres à boire? Ce n'est pas que le seuil de sa porte ne soit pas confortable (et je parle en connaissance de cause!) mais pour discuter de ça, je pense que l'on serait plus à l'aise devant un bol de thé, tu ne crois pas? » Blaise s'effaça pour le laisser entrer, souriant désormais de toutes ses dents.

Deux tasses de breakfast tea plus tard, Draco attaqua le karkadé. Une simple gorgée de cette boisson acidulée suffit à faire germer les idées.

« Tout d'abord, il faut trouver un moyen pour que je m'incruste à la fête sans que Harry ait rien prévu.

- Tu n'as qu'à arriver à la fin?

- Impossible: si quelqu'un sonne alors que tout le monde est là, même si Harry n'est pas toujours des plus subtiles, il aura des doutes et se méfiera.

- Au milieu alors?

- Encore moins! Il faut que la surprise soit totale, et que personne ne manque ce coup de théâtre!

- Alors que proposes-tu?

- On dirait que ça ne te réussit pas de te lever si tôt. Tu as eu une nuit agitée mon poussin? » À présent, Draco se moqua ouvertement de son associé qui, malgré son chocolat chaud et ses deux cafés, n'était toujours pas très alerte. Cependant, cette moquerie sembla le réveiller.

« Tu sais mieux que moi comment sont les nuits avec Harry. » Son visage se fendit d'un immense sourire goguenard quand il vit la jalousie obscurcir le visage de Draco durant quelques secondes. Malgré tout, celui-ci se reprit rapidement.

« Tu as raison. Comment ai-je pu ne pas y penser?

- Trêve de plaisanteries: quel est ton plan, mon lapin? » Draco grimaça sous l'appellation, mais exposa néanmoins ce qu'il avait l'intention de faire.

« L'idéal serait que j'arrive au milieu et à la fin en même temps.

- Oh! Je crois que je commence à comprendre. Mais n'est-il pas un peu risqué de mettre quelqu'un d'autre au courant?

- Pas si c'est un Serpentard... Tu ne m'as pas dit que Théo serait invité?

- Je crois que j'apprécie de plus en plus cette idée. Vivement le grand jour! »

Tous deux se rencognèrent dans leur chaise, savourant qui une nième tasse de karkadé, qui un autre chocolat chaud. Un sourire qui n'augurait rien de bon éclairait leurs visage et une lueur joyeuse pétillait au fond de leurs prunelles.

-&-

Assise confortablement sur la banquette du fond d'un café, Joanne Rowling regardait Princes Street par la vitrine embuée. Dehors, la neige tombait dru depuis plusieurs heures déjà, et les trottoirs se couvraient peu à peu d'une couche de neige fondue aux tons maronnasses. Les lumières de Noël illuminaient encore les boutiques, bien que la fête fût passée depuis presque trois jours. Bientôt, la nouvelle année commencerait, et elle n'avait encore rien organisé. Elle poussa un profond soupir avant de boire une longue gorgée de vin chaud.

Devant elle, sur la table, des miettes s'étaient échappé du brownie qu'elle venait de terminer. Quelques lettres sorties de son sac, un bloc-note et un stylo était censés lui apporter de l'aide dans sa quête, mais pour l'instant, elle n'avait pas avancé d'un pas.

Que savait-elle exactement? Que c'était un homme et qu'il était blond. Elle ne savait même pas s'il s'agissait d'un sorcier ou non! Ah oui, elle connaissait sa voix, quel bel indice! Tous ces faits étaient sagement consignés sur sa feuille blanche, et elle les regardait d'un air absent depuis près d'une heure. Pourquoi Hermione refusait-elle obstinément de lui dire quoi que soit? Peut-être n'en savait-elle pas plus. À cette pensée, Joanne eut un sourire presque moqueur.

Se redressant vivement, elle saisit avec détermination son stylo et nota quelques noms. Par intuition, elle pensait qu'il s'agissait d'un ancien élève de Poudlard. Malheureusement, elle ne les connaissait pas tous, et elle savait encore moins la couleur de leurs cheveux. Elle nota à tout hasard Seamus Finnigan et Colin Crivey. Cela faisait bien peu de suspect, et elle était à peu près certaine qu'il s'agissait de quelqu'un d'autre.

Son cerveau bouillonnait. Joanne ressassait son énervement, sa curiosité exacerbée, son agacement et sa frustration depuis trop longtemps. Elle ne savait pas à qui parler de cette affaire. Hermione ne lui dirait rien, ou ne savait rien. Luna! Elle était à peu près sûre que Luna savait de quoi il en retournait. Elle revit clairement son regard lorsqu'elle lui avait annoncé que le mystérieux jeune homme était blond. Elle avait ignoré jusque-là cet élément, et cela avait complètement changé la donne. Elle en aurait mis sa main au feu. Mais qu'est-ce que cela avait changé?

-&-

Blaise lui avait dit que c'était au 6, impasse des Étoiles, une rue parallèle à l'allée des Embrumes. Il n'en avait jamais entendu parler, alors qu'il avait souvent hanté le chemin de Traverse et ses environs. Attentif, Draco cherchait des yeux la boutique d'Ollivander, désormais tenue par Susan Bones. Blaise lui avait de prendre directement à droite, après la vitrine. C'est pourquoi il fut surpris de trouver là un mur de pierre. Il se gratta le crâne, légèrement énervé et pensant que l'autre s'était moqué de lui. Il resta planté à côté du mur durant plusieurs longues minutes, lorsqu'un grand sorcier tout maigre passa à côté de lui en le bousculant, avant de se fondre dans le mur. Un passe-muraille! Pourquoi n'y avait-il pas songé plus tôt? Draco se renfrogna et franchit l'obstacle en trois enjambées.

Ce qu'il découvrit de l'autre côté du mur le surprit grandement: une petite ruelle en cul-de-sac, toute droite, aux pavé luisant. Le ciel était d'un bleu éclatant, et l'air froid de décembre rosissait les joues des quelques passants. Mais, chose étonnante, à côté du soleil, scintillaient des centaines d'étoiles. On pouvait voir à cette heure du jour Cassiopée et Sirius qui se courraient après. Les immeubles étaient quant à eux très hauts, en comparaison des maisons à deux ou trois étages que l'on trouvait dans le reste des rues magiques. Le six était un immeuble de six étages, à la façade couverte de vigne vierge, encore verte malgré la saison. Au rez-de-chaussée s'étirait une large vitrine à peu près vide, mais rutilante de propreté.

Lorsque Draco entra, un petit carillon résonna à l'arrière-boutique. Il se présenta à la secrétaire qui était là, dans le hall d'entrée, assise à un bureau trop grand pour elle. Tout respirait l'espace et le confort dans cet endroit. Draco en fut étonné: après tout, c'était dans un laboratoire qu'il était censé entrer.

« Monsieur, que puis-je pour vous?

- Je cherche Mr Nott.

- Je vais voir s'il est disponible. Votre nom?

- Il est disponible, puisqu'il m'attend. » La sorcière leva sur lui des yeux étonnés mais ne dit rien.

« Très bien, c'est la première porte à gauche, dans le couloir. »

Sans même la remercier, Draco passa devant elle. Il frappa et entra.

« Bonjour Nott. » Celui-ci sembla ne pas réagir. Il était apparemment plongé dans des calculs alambiqués et semblait n'avoir rien entendu. Draco referma la porte derrière lui et s'avança lentement.

« Mr Malfoy. Que cherchez-vous ici?

- Je ne suis pas ici pour te passer commande ou quoi que ce soit de ce genre, tu peux abandonner le ''Mr'' et le vouvoiement.

- Que cherches-tu alors? » Draco fut déconcerté par l'égalité du ton de son ancien camarade de chambre, et par la facilité avec laquelle il passait du ''tu'' au ''vous''.

« Je suis certain que tu es au courant pour Harry et moi.

- Vraiment? » Malgré l'interrogation, Théodore ne semblait pas surpris le moins du monde.

« Ne joue pas à ce jeu avec moi s'il-te-plaît. En réalité, je ne suis pas certain, je sais que tu sais.

- Te serais-tu réconcilié avec Harry?

- Non. En réalité, je ne lui ai pas parlé depuis plus d'une semaine.

- Oh, ce n'est pas très gentil tout ça. Après tout, c'est ton amant. Tu aurais au moins pu lui envoyer un message pour Noël... » L'éclat moqueur qui brillait au fond des prunelles noires de Théo déplut fortement à Draco.

« Ne plaisante pas avec ça!

- Draco, Draco, ne prends pas la mouche si rapidement. On croirait qu'il a déteint sur toi...

- Théo, je te préviens...

- Quoi? Tu me menaces? Mais, ce n'est pas moi qui suis venu réclamer quelque chose. Je ne crois pas que tu sois en position dominante – avec Harry non plus d'ailleurs... » À cette remarque, Draco ouvrit de grands yeux: ce cuistre osait...?

« Je ne te permets pas...! Mais, depuis quand te permets-tu d'aussi mauvais jeux de mots?

- Il faut croire que la fréquentation de Ronald Weasley délie la langue, et l'esprit. Bon, trêve de plaisanteries. Que veux-tu exactement?

- Bien, Blaise et moi avons besoin de ton aide pour jouer un tour à Harry.

- Et pourquoi vous aiderais-je plutôt que lui?

- Parce que tu sais ce qu'est l'entente des Serpentard, et que si on te proposait un marché équitable, tu ne refuserais jamais.

- Sur ce point tu n'as pas tort. Qu'y gagnerai-je en ce cas?

- Tu as le droit de tout savoir, et de ne rien dire.

- Je ne vois pas en quoi cela m'avantage.

- Nott, ne fais pas l'idiot! Tu es curieux, personne ne l'ignore. Ne serait-ce que pour satisfaire ta curiosité, tu accepteras de nous aider. Par exemple, je suis sûr...

- Tu es sûr ou tu sais?

- Je suis certain, poursuivit Draco sans relever la pique de son adversaire – ou associé, tout dépendait du point de vue, – que tu brûles de savoir pourquoi Harry? Pourquoi moi? N'est-ce pas?

- ... Que dois-je faire? » Draco eut un sourire triomphant.