Je poste les deux derniers chapitres en même temps, vu qu'ils sont tous les deux assez courts.


En fait, j'avais menti à Tseng et à Verdot : je n'avais pas encore fait mes valises. C'était quelque chose que je conservais pour le dernier moment.

Je remplissais donc lentement les boîtes de toutes ces choses accumulées dans ma petite chambre, au fil des ans : bibelots du wutaitown, figurines de jeux vidéos, draps sombres pour les murs, vêtements que je ne portais jamais… ça allait enfin servir, ça, tiens.

J'en étais à décrocher les étoiles du plafond, quand mon PHS s'est mis à vibrer sur ma hanche. Morte de rire parce que ça me chatouillait, je suis tombée de l'escabeau – heureusement sur le matelas du lit, et j'ai fini par répondre, reprenant vite mon sérieux.

-Tseng ?

-Shotgun, où es-tu actuellement ?

-Encore à la Tour, pourquoi ?

-Ah, d'accord…

Ce n'était pas le genre de Tseng d'appeler pour rien, et encore moins de tourner autour du pot. Ça m'énervait.

-Tu es où ? Au réacteur ?

-Oui.

-Alors tu dois être occupé, non ? Quoi, finalement vous avez besoin de mon aide ? La grande Shotgun doit venir à la rescousse ?

-Non. Au contraire, il n'y a plus rien à faire ici.

-Dans ce cas-là, pourquoi tu me…

-Shotgun ! m'interrompit Tseng avec une voix que je ne lui avais jamais entendue. Je t'appelle parce que je le dois !

-… le dois… ?

-Je viens d'identifier les corps. Celui de Shinji y était. Il est… je suis désolé, Shotgun ! Il n'y a que Danny qui s'en est sorti, et en sale état. Les autres n'ont pas résisté à l'effondrement à cause de l'explosion de…

J'ai cessé d'écouter à ce moment-là. Le PHS reposait sur mon oreiller, la voix de Tseng s'élevait toujours, mais je m'étais remise à l'action. J'ai abandonné mes boîtes, mes valises, toutes les choses à moitié faites, et j'ai quitté la chambre les mains vides.

OoOoO

Dernier arrêt : mon village natal. Je descendis de l'autobus, qui repartit peu après derrière moi.

On dirait que rien ne change, ici. La rouille est seulement un peu plus épaisse sur l'étendue des choses. Il fait un temps superbe, la dernière couche de neige fond sur les pousses vertes du printemps. Mais je frissonne quand même.

Reno m'a appelée hier. Il ne cherchait pas particulièrement à avoir de mes nouvelles ; il sait bien qu'il n'y a rien à dire, rien à ajouter. Mais grâce à lui, j'ai pu obtenir quelques renseignements sur ce qui s'était passé.

La nouvelle génération d'AVALANCHE avait engagé des mercenaires et des volontaires pour faire sauter le réacteur : au lieu de produire une armée de Ravens, comme leurs prédécesseurs, ils endoctrinaient les gens pour les mettre de leur côté de leur propre volonté. Ainsi, en se faisant attaquer par tous les Turks sur place, ils ont décidé de tout faire sauter, y compris eux-mêmes. Ils sont fous. Je ne comprends pas.


Yukira, m'en veux pas trop! Et sois pas trop triste!