(Chapitre remanié)

Réponses aux reviews ! ;P

POH : Très bonne observation ! Tu sais que tu es douée, toi ? Bref, ce chapitre va sûrement répondre à ta review sur de nombreux points. Et bien, concernant Drac, la fin de chap est hard et répond à vos interrogations, donc… Y'a plus qu'à lire ! Héhé, je crois que je vais bien m'amuser moi jusqu'à la fin de cette histoire… Merci pour ton message privé j'ai pas eu le temps de répondre mais ça m'a fait plaisir :D Grosses bises, POH !

haryherron : Arf, c'est pas facile de se débarrasser des grands vilains… il va y avoir pas mal de complications avant la fin. (petit indice qui n'éclaire absolument rien. j'suis douée pour ça, lol) La libération de Draco sera… inattendue… (ouah ! un autre indice ! fo que j'arrête ou je vais finir par me trahir, j'suis tellement douée :( Grosses bises, haryherron !

ana : Lol et oui, Draco est plutôt un perso sombre dans ma fic (pauvre drac…) Les persos qui souffrent le plus sont en général mes persos préférés (J'suis un peu tordue… Qui a dit beaucoup ?) Et oui, j'aime bien le romantisme : entre toutes ses souffrances, ça détend, lol. Grosses bises, ana !

Cornemuz : merci beaucoup pour le compliment :D Je suis heureuse que le final du tome I t'ais plu :P Lol, dsl, j'aurai dû vous dire le titre de la suite à la fin du tome I pour pas que vous ayez à chercher trop longtemps, gomen. La suite c'est Le réveil de l'ange II : Les portes du Chaos. En même temps, si tu lis cette réponse c'est que tu as trouvé… lol. Grosses bises, Cornemuz !

Manion : Lol, j'aime bien le message subliminal. Héhé, pour Draco, c'est à la fin de ce chapitre que ça se passe. Donc, lis bien ! Si jamais tu veux que je te remonte le moral avec mes histoires, envois-moi un message privé, je serai contente de te répondre ;D A ton service !

Grosses bises, Manion !

Halzin : Merci et bienvenu :P Ahah, là est la question mais je ne parlerai quand présence de mon avocat ! lol En tout cas, ce qui est sûr, c'est que mon imagination est toujours aussi débordante ! XD Ton vœu est exaucé ! Grosses bises et à bientôt j'espère, Halzin !

Merci à vous tous pour vos reviews ! 8D

Bonne lecture et surtout, BONNE ANNEE 2006 !


1. Askaban

(Souvenir)

Les volets du grand manoir frappaient violemment les murs massifs de la demeure familiale sous l'action des bourrasques de vent. Au dehors, la nuit était plus sombre que toutes les autres nuits d'hiver : d'épais nuages recouvraient l'horizon et la lune restait voilée. Pas un bruit ne venait déranger le paisible sommeil des arbres dépouillés de leurs feuilles. Même les oiseaux nocturnes s'étaient tus. Dans ce silence assourdissant, le conflit qui avait éclaté au sein du manoir Malfoy résonnait comme le tonnerre.

Lucius Malfoy, debout sur les premières marches de l'escalier principal du manoir, dominait son fils de toute sa hauteur, le fusillant du regard. Son épouse, Narcissa, les observait tout les deux depuis le grand salon du rez-de-chaussée. Draco observait sans ciller son père, le défiant fièrement du regard comme il ne l'aurait jamais osé auparavant. Le bras droit de Voldemort semblait furieux de l'attitude de son fils unique. En comprenant que son fils ne serait pas aussi facile à manipuler que touts les autres pantins, Lucius éprouva une colère sans borne mêlée à une pointe de fierté. « Tu à une forte personnalité, Draco. Peu nombreux seront ceux qui pourront te plier à leur volonté mais sache que lorsque Lord Voldemort commande, on exécute sans délai. »

Lucius planta son regard ferme dans celui de son fils, le visage impassible. « Tu peux essayer de te dérober face au lord noir, mais tu ne pourra pas le faire éternellement. Pour l'instant, Voldemort te laisse libre de tes mouvements simplement parce que je le lui ais demandé. Mais prends garde, Draco. » Le regard du sorcier blond devint aussi froid et dur que l'acier, faisant hésiter le jeune serpentard. « Voldemort s'impatiente… Bientôt, il exigera ton dévouement total envers lui et tu ne pourras plus t'échapper. Je t'interdis de rejoindre nos ennemis ! »

(Fin du souvenir)

: Lucius ! Appela d'une voix agacée Voldemort.

Le sorcier aux cheveux blond platine sursauta en revenant au présent. Le lord noir se tenait en face de lui, entièrement vêtu de noir, et l'observait de ses yeux reptiliens à glacer le sang. Lucius se courba devant le lord pour se faire excuser de son manque d'attention. Depuis quelques temps, le lord était particulièrement agacé par la tournure des évènements et le moindre prétexte lui suffisait pour tuer le malheureux mangemort qui aurait la mauvaise idée de le contrarier. C'est pourquoi Lucius se répandit en excuses devant son maître.

Ce dernier sourit devant l'attitude de son bras droit : voir les mangemorts se prosterner devant lui à la moindre occasion lui procurait une immense satisfaction. Non seulement ses serviteurs étaient devenus aussi dociles que des nouveaux nés mais ils étaient en plus constamment au petit soin pour lui. Un fin sourire étira les lèvres trop minces du seigneur qui observait le sorcier blond. D'un mouvement, il lui fit signe de se redresser et Lucius s'exécuta sans délai. Le fin rayon de lune qui pénétrait dans la salle par la fenêtre aux grands carreaux inondait d'argent le mobilier sommaire.

: Prépares nôtre voyage vers la première porte, ordonna d'un ton impatient le seigneur noir en lançant un regard au paysage nocturne par la fenêtre.

: Tout de suite, mon maître, répondit aussitôt le mangemort en s'inclinant une fois encore.

: Ne me fais pas attendre, ma patience n'est plus ce qu'elle était, déclara d'une voix lourde de menaces le lord noir.

Lucius s'inclina encore une fois avant de sortir précipitamment de la petite pièce. Une fois dans le couloir, le mangemort blond repositionna correctement sa tenue avant de quitter cette partie du manoir. Il prit le grand escalier en sens inverse pour retourner dans les profondeurs de la sinistre demeure. Il passa de nombreux couloirs tous plus lugubres les uns que les autres avant d'arriver dans une sorte de hall. Une fois de plus, un frisson glacé lui parcourut la colonne vertébrale en entrant dans cette pièce.

De taille moyenne, le hall était l'une des pièces les moins éclairées de tout le manoir. « Et heureusement… » D'immenses tapisseries recouvraient les murs de pierres noirs. Ni le temps ni les mîtes n'avaient réussi à détériorer les grands pans de tissu. Les tapisseries relataient avec une précision incroyable les pires moments du règne de lord Voldemort. Toutes étaient à sa gloire et quiconque osait les dénigrer se voyait immédiatement jeté dans les cachots du sinistre manoir.

Autant dire que Lucius avait toujours veillé à ne jamais critiquer ces tapisseries. Même les statues se dressant dans la pièce étaient repoussante tant le degré de réalisme était grand chez ces cadavres de marbre. Le mangemort blond traversa rapidement cette salle dont il avait horreur pour atteindre le quartier des études et de la bibliothèque. Il se rendit à cette dernière au pas de course en repensant à la dernière phrase de son maître. « Je n'ais que trop traîné… »

Le plus important mangemort entra dans la bibliothèque silencieuse dans un vacarme tonitruant : les lourdes portes de bronze de l'immense pièce allèrent se fracasser contre les murs de pierre. D'une voix autoritaire, Lucius appela les mangemorts présents et il leur ordonna de préparer leur voyage en Amérique sans délais.

Tous les mangemorts s'exécutèrent avec empressement.


Harry avait passé la journée à se morfondre. En ce 23 décembre, lui, le survivant, était resté cloîtré dans sa chambre et avait refusé d'ouvrir à qui que ce soit. Il était tard lorsque ses amis revinrent à la charge pour la dixième fois de la journée. Mais le survivant ne prit même pas la peine de leur répondre, trop occupé par ses sombres réflexions. « Une fois encore, ils ont réussi à briser mon bonheur. Comment pourrais-je croire que je serais heureux, un jour, si ils ne cessent de nous harceler, Raziel et moi ? » Quelqu'un cogna contre la porte et la voix de Ron traversa le bois de celle-ci mais Harry s'en fichait. Il se leva et alla se poster à la fenêtre pour observer le fin croissant de lune. « Dis-moi, Drac, pourquoi ne pas nous avoir parlé ? Ton silence… Je peux le comprendre mais j'aurais aimé que tu essais, au moins. » Harry sentit des larmes envahir ses yeux mais il les chassa rageusement en fermant les paupières de toutes ses forces.

« Je suppose que tu aimerais toi aussi avoir essayé : nous n'en serions peut-être pas là… » La voix de Ginny le tira momentanément de ses pensées mais il l'ignora à son tour. « Et puis, est-ce que nous pourrons seulement te sortir de cet enfer ? Franchement, j'en doute… » Un autre coup le fit sursauter mais il n'en répondit pas plus à ses amis. Le beau jeune homme qu'il était devenu au fil des ans se retrouvait bien impuissant en cette nuit d'hiver. « Askaban… Comment ont-ils pu t'envoyer là-bas ? » Le survivant ferma les poings dans l'espoir d'étouffer sa douleur. « Draco… »

Perdant finalement son contrôle, Harry fut secoué d'un tremblement en sentant des larmes ruisseler sur ses joues. « L'espoir, les rêves, la vie, le bonheur… Tout ça n'a plus aucun sens quand tu es loin de moi… » Un sanglot déchiré monta à ses lèvres tandis qu'il cherchait un peu d'air malgré sa gorge nouée. Il leva la main et fit tourner la poignée pour ouvrir la fenêtre de leur chambre. Un air frais s'engouffra dans la pièce plongée dans la pénombre et le survivant se rapprocha un peu plus de l'ouverture. Il ferma les yeux en sentant le vent caresser ses joues humides, le faisant frissonner de froid. Il resta figé un long moment par cette fraîcheur qui atténuait légèrement sa douleur.

Un hululement très doux lui parvint et il rouvrit les yeux en l'entendant d'aussi près. Il fut étonné de voir Hedwige voler vers lui en bataillant contre le vent. La chouette aux plumes blanches entra dans la chambre en frappant très doucement la tête du survivant de ses ailes au passage. Harry la regarda se poser sur le dossier de la chaise de Draco avec un haussement de sourcil interrogateur. La chouette lui retournait son regard sans ciller, battant des ailes lorsque le vent venait déranger ses plumes immaculées. Harry referma la fenêtre avant de se retourner vers sa chouette.

: Que fais-tu là, Hedwige ? Demanda dans un murmure impersonnel le survivant en observant l'oiseau nocturne.

Cette dernière pencha la tête sur le côté en entendant la voix du survivant, se déplaçant légèrement sur le dossier. Harry s'approcha d'elle sans un mot et il lui caressa machinalement la tête, ailleurs. Hedwige frotta sa tête sur sa main avec insistance, attirant son attention. Harry n'avait pas remarqué la petite lettre qui était accrochée à la patte de sa chouette. Fronçant les sourcils d'étonnement, le survivant décrocha la lettre et il caressa Hedwige pour la remercier. La chouette hulula de contentement avant d'aller se percher sur l'armoire qui trônait devant l'un des murs de la chambre. « Moi qui pensais que nous avions tout traversé… Moi qui pensais qu'après la haine mutuelle que nous nous vouions autrefois, il n'y aurait plus aucune épreuve difficile à surmonter pour nous… » Harry froissa malencontreusement la lettre dans ses réflexion, l'esprit ailleurs.

« Moi qui pensais que nous serions plus fort que tout… Je ne pouvais pas lutter contre un fantôme vide de consistance : ton silence… » Harry retourna à la fenêtre et il l'ouvrit à nouveau pour Hedwige. Celle-ci s'envola aussitôt de son perchoir improvisé pour planer sur les frais courants du vent nocturne, tournant la tête en tout sens à la recherche de quelque chose.

Harry referma la fenêtre puis s'en détourna, le coeur figé dans la douleur de sa première vraie séparation avec Draco. Il froissa un peu plus la petite lettre et il la leva devant ses yeux en hésitant. Il n'avait pas envie de savoir ce qu'elle contenait mais d'un autre côté… « Et si c'était lui ? » Pensa-t-il soudain tout en sachant très bien que cela était impossible. Il la déplia fébrilement en essayant de ne pas la déchirer. Il fut déçu et surpris de voir l'écriture de Remus s'étaler sur le petit parchemin. Le mot était très court.

Harry,

Prépares tes affaires, vous venez au QG pour les fêtes de Noël. Si tu as le temps, j'aimerai te parler de quelque chose… qui me tient à cœur. A très bientôt, Harry.

Remus.

« Qui me tient à cœur. C'est étrange, on dirait que son écriture a tremblé en écrivant ces mots… Mais je ne vois pas en quoi cela va me sortir ce pic de glace du cœur… » Harry froissa la lettre et il l'envoya valser à l'autre bout de la pièce. La petite boule de parchemin roula jusqu'à la porte de la chambre et Harry se rendit compte qu'il n'y avait plus aucun bruit dans le salon des préfets en chef. « Ils ont sûrement fini par se lasser de m'appeler inutilement à travers cette porte. Ce n'est pas plus mal, je n'ais pas envie de leur parler… » Le survivant alla chercher sa cape et il la passa rapidement sur ses épaules. « Ce n'est pas comme ça que j'imaginais nôtre premier Noël en couple… » Un soupir s'échappa de ses lèvres avant qu'il ne se dirige à pas lents vers la porte. « Une petite promenade me fera du bien… Du moins, je l'espère… » Il fit tourner la poignée de la porte et l'ouvrit en vérifiant qu'il n'y avait plus personne.

Le salon des préfets en chef était plongé dans une obscurité totale. Comme il n'entendit aucun bruit suspect, il décida de sortir et il referma la porte derrière lui. Il se remémora la disposition des fauteuils pour se diriger vers la porte donnant sur le couloir et il atteignit cette dernière sans encombres. Une fois là, il allait l'ouvrir lorsqu'un bruit feutré s'éleva dans le silence derrière lui. Il se retourna d'un bloc mais il ne vit rien. « Il doit être vraiment tard pour que les torches soient toutes éteintes… » Il secoua la tête et ouvrit la porte avant de sortir. Un courrant d'air invisible lui plaqua sa cape contre le corps et il se dépêcha de refermer la porte pour faire taire le vent. Une fois dans le couloir, il se dirigea maladroitement en laissant l'une de ses mains glisser sur le mur. Il faillit renverser une armure sans le vouloir et il murmura un vague désolé.

Même si marcher lui faisait du bien, il ne pensait qu'à une seule chose : retrouver le serpenterd blond pour ne plus jamais le quitter.


« Où suis-je ? » La pierre sur laquelle il était allongé était glacée et humide. Une bourrasque de vent l'enveloppa dans son manteau gelé et il frissonna. Il avait un mal fou à ouvrir les yeux : il avait l'impression d'avoir le crâne fendu en deux. Très lentement, il ouvrit les paupières pour s'habituer à la lumière diffuse de la pièce. Mais même en étant aussi prudent que cela, il crut qu'on lui arrachait les rétines avec des pinces. Ses yeux se brouillèrent de larmes de douleur avant qu'il ne bouge ses bras puis ses jambes. « Au moins, tout fonctionne. C'est déjà ça… »

Un cri étouffé s'éleva un peu plus loin, attirant son attention. Il ne comprenait toujours pas où il était. « Pourquoi suis-je allongé au sol ? Harry aurait au moins pu me réveiller pour que je remonte sur le lit… pfff… » Il se préparait à se redresser quand un autre cri retentit au loin. « Que ce passe-t-il ? Qui est-ce ? » Il ramena finalement ses bras devant lui et il s'en servit pour se redresser péniblement. « Est-ce que Raziel aurait des ennuis ? Ou quelqu'un d'autre peut-être… » Il parvint enfin à s'asseoir et ses yeux glissèrent sur les murs nus et suintant de la petite cellule. Il mit un moment à comprendre où il était et ce ne fut qu'au prix d'un violent effort qu'il parvint à maîtriser le désespoir qui l'envahit soudain. « Les Aurors, les détraqueurs, mon père… Mon père… » De rage, le préfet en chef des serpentard frappa le mur de toutes ses forces avec son poing. La douleur l'apaisa aussitôt, finissant de le décourager. « Qu'est-ce que je vais faire ? Il faut que je sorte de là ! »

Le grincement lugubre d'une porte résonna en échos dans les couloirs d'Askaban, figeant Draco sur place. Il tendit l'oreille pour déterminer si il y avait des détraqueurs dans les parages avant de se lever en se tenant au mur. « Comment je vais faire pour sortir de cet enfer ? » Un vertige le saisit un fois debout et il dû se plier en deux pour que le sol reste fixe. Les murs mirent plus de temps à retrouver leurs places et il fini par se rasseoir en soupirant amèrement. « De toute façon, je ne vois pas où je pourrais aller… » Ses bras retombèrent mollement le long de son corps et il laissa ses mains reposer sur les dalles de pierres glacées.

Ne voulant pas retourner à ses sombres pensées, ou pire, à son passé, Draco se représenta le visage souriant d'Harry devant ses paupières closes. Un sourire doux-amer étira ses lèvres fines tandis qu'il repensait à leur dernière conversation en tête-à-tête.

(Souvenir)

: J'ais fait un rêve étrange, avait soufflé Harry dans l'obscurité de leur chambre d'une voix lointaine.

: Mmm… Quel rêve ? Avait demandé d'une voix ensommeillée le serpentard blond en se retournant vers lui.

: Il n'y avait plus de lumière, tout était noir, avait continué Harry en fixant le plafond d'un regard vide. Le temps semblait figé…

: Où se passait ton rêve ? Avait questionné Draco en fronçant les sourcils.

: Dehors, mais je ne sais pas où, exactement, avait répondu d'une voix atone le survivant. Le soleil et la lune avaient disparu. Même les étoiles étaient absentes…

: Il n'y avait personne avec toi ? Avait dit Draco en se redressant sur un coude, intrigué.

: Si… Non. Je ne sais plus, avait finalement murmuré Harry. Je crois que je ne m'étais jamais sentit aussi seul, ajouta-t-il en frissonnant malgré la couverture.

: Harry, avait tendrement chuchoté Draco en l'attirant à lui.

Le serpentard blond avait serré le gryffondor contre lui en silence, tentant de l'apaiser par cette simple étreinte. Mais Harry tremblait encore... Fronçant légèrement les sourcils, il avait relevé le visage du survivant d'une main douce avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

: Je ne te laisserais jamais seul, Harry, avait fermement promis le préfet en chef des serpentards d'une voix rassurante. Jamais…

Harry avait plongé son regard dans celui du serpentard et un sourire s'était lentement formé sur ses lèvres : les yeux de Draco étaient sincères. Ce dernier lui avait rendu son sourire et Harry s'était à son tour avancé pour l'embrasser d'un simple baiser au coin des lèvres. Il avait ramené ses bras vers son torse et il s'était lové contre le serpentard en posant sa tête sur son épaule. Draco lui avait alors caressé doucement les cheveux d'une main pour qu'il reste conscient de sa présence et le survivant s'était endormi au bout de quelques minutes. Draco avait ensuite sourit devant son beau visage à nouveau serein entre les bras de Morphée. Le serpentard avait attrapé la main de son survivant dans la sienne pour entrelacer leurs doigts avant de s'endormir à son tour.

(Fin du souvenir)

« Je n'ais pas tenu ma promesse, Harry. Je suis… désolé… »

Une longue demi heure passa lentement pour le serpentard blond.

« Il fait si froid dans cette maudite cellule ! » Draco souffla sur ses mains pour essayer de les réchauffer. La nuit était tombée depuis longtemps mais depuis sont arrivée dans la prison, il n'avait jamais réussi à fermer l'œil. La plupart des prisonniers s'étaient tûs. Draco restait recroquevillé dans son coin, laissant le silence s'éterniser dans son esprit. Il aurait aimé repenser à ses amis, à Poudlard, à son avenir, à ses projets… Il aurait aimé retrouver l'image de celui qui avait redonné un sens à sa vie : Harry. Mais seul le néant persistait dans son esprit. Ses pensées en étaient envahies. Les détraqueurs ne lui permettaient plus d'espérer ni de croire. Il ne pouvait qu'attendre en silence que ce cauchemar prenne fin.

« Noir. Toujours plus noir… »


Harry avait reprit le chemin du vieux chêne sans y prêter attention. Il avait si froid sans son ancien ennemi… Le vent nocturne était frais, plus que les jours précédents. Le survivant resserra sa cape autour de lui en arrivant au pied du chêne. Il allait s'asseoir lorsqu'un souvenir nostalgique l'envahit soudain.

(Souvenir)

Le petit parc était très animé. Les vacances d'octobre commençaient à peine et les quelques élèves restés au château profitaient au maximum de ce répit dans le parc ensoleillé. Une forte odeur d'herbe coupée flottait au dessus des pelouses fraîchement tondues. Sous le chêne qu'ils affectionnaient tant, Harry et les autres s'étaient une fois de plus réunis. Dumbledore leur avaient apprit la veille qu'ils passeraient toutes les vacances au château par mesure de sécurité. Personne n'avait protesté, trop heureux de pouvoir tous rester ensemble. Harry avait prit place au côté de Draco, comme à son habitude. Raziel, en face de lui, était une nouvelle fois adossée au chêne et elle semblait dormir.

Draco avait fait un petit signe à Raphaël en lui désignant sa sœur. Le jeune français avait regardé dans la direction de son aînée et les autres l'avaient imité avec curiosité. Une fois tous les regards posés sur elle, plusieurs sourires apparurent sur les lèvres des amis réunis. Fleur fit semblant d'être exaspérée lorsqu'elle vit Raphaël et Ginny revenir à la charge sur la française assoupie. En vérité, elle était plutôt amusée mais son rôle de professeur lui imposait un certain sérieux.

Hermione elle, avait un grand sourire aux lèvres mais il était plus rêveur qu'amusé. Les deux cadets du groupe avaient littéralement sauté sur la française qui s'était réveillée en sursaut. Ginny lui avait prit les poignets avec une dextérité saisissante tandis que Raphaël s'était empressé d'infliger une séance de chatouillis mémorable à sa sœur. Ron s'était ouvertement moqué de l'expression stupéfaite de Raziel. Cette dernière lui avait lancé l'un des regards glacés dont elle avait le secret pour le faire taire avant de s'occuper de ses deux agresseurs. Elle s'était bien vite libérée de l'emprise de Ginny qui avait reculé avec prudence en voyant la française rendre ses chatouilles à son frère. Les deux français avaient lutté un moment dans l'herbe fraîche sous les regards des autres.

Raziel avait évidement prit le dessus, étant plus grande et plus forte que son cadet, et elle avait immobilisé Raphaël avant de lancer des regards faussement courroucés sur le reste du groupe.

- Lequel d'entre vous a eu cette brillante idée ? Avait sombrement murmuré leur amie aux cheveux bleu clair.

Ils avaient tous eu un mouvement de recul et tous les regards s'étaient tournés vers Draco. Celui-ci avait lancé un petit sourire méprisant à la française avant de se lever d'un bond pour échapper à son amie qui se précipitait vers lui. Tout deux étaient partis se courser dans le parc tandis que Harry affichait une mine joyeuse. Un petit quart d'heure plus tard, Draco était réapparu dans leur champ de vision, totalement essoufflé et surtout toujours poursuivie par la française. Le serpentard blond s'était jeté sur le survivant en essayant de se cacher derrière lui dans l'espoir d'échapper à Raziel.

- Elle est infatigable ! S'était plaint Draco en la regardant approcher.

Raphaël avait ricané à sa remarque et il lui avait adressé un regard compatissant très peu rassurant. Raziel était alors arrivée devant le survivant et lui avait demandé de se pousser pour qu'elle puisse se venger sur Draco. Harry avait bravement refusé, prenant une pose héroïque pour sauver son amour blond. Mais en vérité, il savait très bien que son amie plaisantait puisqu'elle lui avait adressé un discret clin d'œil amusé.

Après s'être mis silencieusement d'accord, Harry et Raziel s'étaient jetés l'un sur l'autre et ils avaient simulé une bagarre. Ils avaient sans doute des talents d'acteurs cachés car leurs amis s'étaient immédiatement levés pour intervenir et les éloigner l'un de l'autre. Ne pouvant plus se retenir devant leurs mines choquées, ils avaient tous les deux éclaté de rire face aux autres, hilares.

(Fin du souvenir)

Harry sentit une larme glisser sur sa joue et il l'effaça distraitement. Le vent froid était de plus en plus violent. « Ces jours où nous étions ensembles, tous réunis et heureux. Ces jours sont-ils à jamais perdus ? » Une violente bourrasque de vent vint frapper le survivant de plein fouet et il bascula en avant. Il se rattrapa au vieux chêne au dernier moment, grimaçant un peu lorsque l'écorce de l'arbre centenaire lui entama la paume des mains. Harry soupira d'un air fatigué puis il s'assit au pied du chêne, prenant appuie sur son tronc pour réfléchir. « Qu'allons-nous devoir affronter avant la fin ? Qu'allons-nous affronter demain ? Et le jour suivant ? Et celui d'après ? »

Alors que la lune, pleine et scintillante, effectuait son ascension dans le ciel nocturne, le survivant frissonna lorsqu'une nouvelle crainte s'éveilla en lui. « Et si l'un de nous ne voyait pas la fin de ce cauchemar ? Serait-il possible que l'un de nous meurt avant le combat final ? » Un froid intense s'installa au creux de son estomac à cette sombre idée. « Je ne devrais pas penser à ça. » Harry bascula la tête en arrière et il ferma les yeux, laissant le froid l'envelopper doucement. « C'est l'absence de Draco qui me fait penser à des choses pareilles… »

Durant un long moment, Harry essaya de faire le vide en lui, mais à chaque fois qu'il essayait de penser à autre chose, son esprit revenait sur Draco et sur ses craintes. Il pensait rentrer au château pour essayer de dormir quand le bruit caractéristique d'une branche qui craque sous un poids trop lourd retentit à quelques mètres de lui. Le survivant ouvrit aussitôt les yeux et il sursauta légèrement en voyant Raziel debout devant lui, Hedwige sur l'épaule droite. Harry haussa un sourcil étonné et il détailla son amie durant une courte minute. Elle portait encore et toujours son ensemble de cuir blanc et Hedwige avait fière allure sur son épaule. Les rayons argentés de la lune se reflétaient intensément sur le cuir de la française, l'entourant d'un halo argenté presque surnaturel. Il fixait sans un mot ses yeux bleus depuis quelques secondes lorsque son amie parla.

: Que fais-tu ici, tout seul ? Murmura Raziel sans bouger, comme si elle avait peur de l'effrayer.

: Rien, je n'arrive pas à dormir, répondit d'une voix atone Harry en détachant son regard d'elle.

: Je vois, murmura-t-elle en réponse avant de s'avancer vers lui.

La française prit place à côté du survivant, faisant s'envoler Hedwige avec un hululement coléreux. Raziel resta simplement assise à côté de lui, silencieuse et attentive. Harry hésita entre parler ou bien se taire et il choisit finalement la deuxième option. Les deux espoirs du monde sorcier restèrent assis côte à côte en silence, observant le ciel nocturne parsemé d'étoiles scintillantes. Hedwige revînt vers eux après avoir fait quelques cercles au dessus d'eux et elle se posa dignement devant eux. La chouette blanche de Harry regarda les deux humains en penchant la tête de façon interrogative avant de se lisser les plumes de son bec en voyant qu'ils ne réagissaient pas.

Le silence s'éternisait mais ni l'un ni l'autre n'avait envie de le rompre. Raziel savait ce qui chagriné le survivant mais elle ne pouvait rien faire pour apaiser ses craintes. Harry quand à lui, ne voulait parler à personne. Il craignait de pleurer si jamais il ouvrait la bouche pour parler. Ses yeux étaient voilés par les larmes qu'il retenait depuis plusieurs minutes déjà.

Le temps passait lentement. Raziel espérait que les autres ne remarqueraient pas leur absence à tous deux. « Ils s'inquiètent suffisamment pour nous comme ça… » Se dit la française en tournant son regard polaire vers son ami gryffondor. « Harry… » Raziel observa les yeux vert du survivant et elle s'inquiéta pour lui. « Quand je t'ai rencontré, Harry, tes yeux étaient d'un vert si vif, si plein de vie. Ce soir, quand je te regarde, ils sont ternis par ton inquiétude et voilés par tes larmes… » Raziel sentit un léger abattement la saisir mais elle secoua la tête pour se changer les idées.

Sur sa gauche, Harry observait la lune. Elle lui rappelait le calme, ou l'ennui, de ses longs étés passés seul à Privet Drive chez son oncle et sa tante. Combien de fois avait-il observé l'astre nocturne alors que le reste de sa famille dormait paisiblement ? Il ne savait pas, il n'avait jamais compté, mais il l'avait bien fait plus d'une centaine de fois. Hedwige ébouriffa ses plumes devant les deux amis et elle prit soudain son envol, effrayée. Harry la regarda partir avec une lueur d'affection dans les yeux en se demandant se qu'il lui prenait tout à coup. Un éclair orange passa à quelques mètres d'eux et ils sursautèrent en même temps. Pattenrond, la queue fièrement dressée, chassait avec une grande concentration ce qui devait être une souris. Le petit rongeur passa à toute vitesse devant eux et le chat orange d'Hermione le suivit tout aussi vite. Raziel eut un sourire amusé tandis que Harry retournait à la contemplation de la lune.

Raziel lui lança un regard hésitant. Devait-elle lui parler pour essayer de le réconforter ? Elle n'était pas sûre de pouvoir l'aider mais elle se dit finalement qu'elle pouvait toujours essayer. Ramenant ses genoux contre sa poitrine, elle entoura ses jambes de ses bras et elle posa le menton sur ses genoux avant de briser le silence.

: Harry, parle-moi, demanda d'une voix douce la française en fixant le parc devant elle.

Le survivant posa un regard surpris sur son amie et il resta un instant sans réaction. Comme Raziel attendait qu'il se lance, il s'adossa au chêne et ferma les yeux, espérant trouver les mots justes derrière ses paupières closes. « Elle est plus têtue que moi… »

: Que veux-tu que je te dise ? Demanda à son tour le survivant avec un léger accent contrarié.

: Ce qui ne va pas, répondit Raziel d'une voix encore plus douce. Je sais que tu ne veux pas me parler mais… Tu sais que tu peux me faire confiance, non ? Cela pourrait te libérer…

: Je n'en sais rien, répliqua sèchement Harry, agacé par le comportement de la française.

: Bon, poursuivit Raziel en se relevant. Je n'insiste pas, alors. Bonne nuit, Harry.

Raziel reprit lentement le chemin du château tandis que Harry bataillait avec lui-même. « Je ne veux pas te parler, Raziel. La seule personne à laquelle je souhaite parler est enfermée à Askaban. » Et comment vas-tu parler à cette personne si elle est enfermée ? Lui demanda une petite voix narquoise dans sa tête. « Fous moi la paix, fichue conscience ! » Belle façon d'éviter les problèmes, répliqua moqueusement la petite voix avant de reprendre : Eviter les problèmes ne les résoudra pas ! « Je sais, je sais… Tu m'ennuis ! » Je suis là pour ça ! Ironisa la petite voix avant de se taire définitivement. Harry prit alors conscience de ce qu'il venait de se passer. « Ma parole, je devient fou en plus… »

Le survivant se releva à son tour et il s'élança à la poursuite de son amie. Il la rattrapa juste avant qu'elle n'atteigne les marches du château et il la retînt par le bras. Raziel se retourna et lui adressa un regard interrogateur.

: Excuse-moi, je sais que tu veux simplement m'aider, fit le survivant avec un sourire penaud.

: Je suis heureuse que tu l'ais compris, lui avoua Raziel avec un sourire chaleureux.

« Comment fait-elle pour avoir un sourire aussi réconfortant ? » Se demanda Harry en le lui enviant un peu.

: Est-ce qu'on pourrait marcher ? Demanda Harry.

: Bien sûr ! Répondit gaiement Raziel en l'entraînant vers le parc.

Ils marchèrent jusqu'au lac en silence pendant que Harry rassemblait ses pensées pour exposer clairement les choses. Raziel attendait qu'il se décide à parler. « J'espère que personne n'aura l'idée saugrenue d'aller se promener dans le parc comme nous… Si jamais quelqu'un nous surprend, on va encore se faire passer un savon par tout le monde. » Soupira intérieurement Raziel en fixant les graviers. « Pas très discret de marcher sur ces cailloux… »

Harry prit sa respiration avant de se lancer.

: Tu n'as jamais peur qu'il n'arrive… malheur à l'un d'entre nous ? Demanda d'une voix hésitante Harry en évitant de regarder son amie.

Raziel pila en braquant un regard perçant sur le gryffondor. Celui-ci l'imita et il lui retourna un regard interrogatif. Raziel fit son possible pour calmer son cœur qui tressautait de façon fortement désordonnée dans sa cage thoracique. Elle baissa un peu la tête avant de répondre.

: Si, justement, Harry, répondit-elle sincèrement en relevant les yeux sur lui. J'y pense très souvent…

: Pourtant, tu ne le montres pas, remarqua Harry en reprenant la marche à la suite de son amie.

: Non, répondit nerveusement Raziel.

: Pourquoi ? Insista Harry face à son changement d'attitude.

: Cela ne sert à rien de s'inquiéter, répondit simplement Raziel d'une voix lasse.

Harry garda le silence. Il avait l'impression qu'elle aussi avait quelque chose qui la préoccupait. Il attendit obstinément qu'elle approfondisse sa réponse. Au bout de quelques minutes, la française céda.

: Nous ne pourrons pas veiller sur eux éternellement, Harry, poursuivit Raziel d'une voix inquiète.

: Dis-moi, c'est pour ça que tu as accepté notre accord ? Lui demanda Harry avec une note surprise dans la voix.

: Oui, répondit Raziel en souriant doucement. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour les protéger.

Harry garda une fois encore le silence. Il se demandait si elle l'incluait dans les personnes à protéger. Il allait lui demander quand elle reprit la parole.

: Il n'y a pas que ça qui te tracasse, pas vrai ? Devina-t-elle.

: Non, répondit Harry sans hésitation, mis en confiance par le début de leur discussion. Je suis vraiment très inquiet pour Draco, c'est tout, ajouta-t-il d'une voix douloureuse.

: Je comprends, assura Raziel en levant ses yeux polaires vers la lune en pensant à Hermione.

: Comment ça ? S'étonna Harry.

: Je peux comprendre ce que tu ressens, fit Raziel en fixant toujours la lune. C'est difficile d'être séparé de la personne que l'on aime…

Ce fut au tour d'Harry de s'arrêter sur le chemin de gravier. Il contempla attentivement son amie qui s'était à son tour arrêtée. Un fin sourire flottait sur les lèvres du survivant : tous les membres du groupe ou presque avait remarquaient un changement d'attitude chez Hermione et Raziel. Harry et les autres pensaient savoir pourquoi. Seul Ron restait inconscient de ce changement et Harry pensait que c'était une bonne chose. « Le jour ou il l'apprendra, mieux vaudra le lui dire en douceur… » Le rouquin était encore très attaché à Hermione. Harry adressa un sourire amusé à Raziel, qui l'observait toujours, avant de reprendre leur marche. La française le suivit en haussant un sourcil surpris mais elle se garda de parler.

Ils continuèrent à marcher en silence sous les fins rayons de lune. Finalement, Raziel reprit la discussion.

: Je sais que tu t'inquiètes beaucoup pour Draco, mais… ne t'en fais pas trop quand même, reprit-t-elle de sa voix la plus sérieuse.

: Pourquoi ? Demanda Harry en sentant sa colère revenir.

: Nous trouverons un moyen de le sortir de là, tu verras, lui assura la française avec un demi sourire.

: Comment en être sûr ? Lui demanda Harry en sentant sa colère retomber.

: Nous trouverons, répéta Raziel. Il est hors de question qu'on le laisse croupir là-bas.

: Merci…

: Je sais que tu ne peux pas t'empêcher de t'en faire pour lui mais ne sois pas négatif, d'accord ? Demanda Raziel d'un ton compréhensif.

: J'essaierais, promit Harry avec un petit sourire. Comment fais-tu ? Rajouta-t-il après un moment de réflexion.

: Quoi ? Fit Raziel sans comprendre.

: Comment fais-tu pour me rassurer à chaque fois ? Demanda Harry en observant la réaction de son amie.

: Je n'en sais rien, répliqua Raziel en riant. Peut-être que cela vient de mon côté angélique, vas savoir…

: Peut-être, murmura Harry d'une voix soudain songeuse.

: Qu'y a-t-il ? Lui demanda Raziel.

: Tu tiendras notre accord jusqu'au bout, pas vrai ? Interrogea le survivant d'un ton incertain.

: Bien sûr ! Répondit aussitôt Raziel. Tu n'as pas confiance ?

: Non, non, c'est pas ça mais… tu es si impulsive parfois, lâcha finalement Harry avec un autre demi sourire.

Raziel éclata de rire. Harry haussa à son tour un sourcil étonné et il attendit qu'elle se calme pour qu'elle s'explique. La française mit un certain temps pour calmer son rire impétueux et elle reprit son souffle avant de répondre au regard interrogateur de son ami anglais.

: Si tu savais le nombre de fois que l'on m'a fait cette remarque, fit-elle en lui souriant.

: Mouais, ça doit être pénible au bout d'un moment, dit Harry en comprenant son rire.

: Oui, assez, mais on s'y fait…

: Il doit être vraiment tard, fit soudain Harry. On devrait peut-être rentrer, non ?

: Oui, acquiesça Raziel.

Ils firent demi tour et remontèrent le chemin de gravier en silence. Harry se sentait un peu mieux. Certes Draco n'était pas à ses côtés mais la présence de Raziel avait un effet rassurant sur lui. Il se demandait toujours pourquoi, d'ailleurs. Raziel, quand à elle, pensait encore à Hermione. « Tous les protéger sans jamais douter de notre victoire. Je te promets de ne jamais douter, grand-mère. » Ils entrèrent dans le hall discrètement et se faufilèrent sans bruit jusqu'au salon des préfets en chef. Là, Harry souhaita bonne nuit à son amie avant de s'enfermer dans sa chambre. Raziel lui adressa un dernier sourire rassurant avant d'ouvrir silencieusement la porte de la chambre d'Hermione. Elle se glissa à l'intérieur et alla directement à la salle de bain après avoir refermé. Elle se déshabilla en vitesse et retourna dans la chambre.

Une fois près du lit, elle resta un instant devant la gryffondor assoupie, contemplant l'expression de son doux visage dans les limbes du sommeil. Hermione bougea un peu, faisant miroiter les reflets de ses cheveux. Raziel fit le tour du lit et elle s'allongea dans les draps sans réveiller son cœur. Elle se rapprocha de la préfète en chef des gryffondors et passa une main légère dans ses cheveux soyeux. La caresse sembla ravir la dormeuse qui se retourna dans son sommeil pour faire face à Raziel. Cette dernière posa un baiser aussi léger qu'une brise d'été sur les lèvres de la gryffondor avant de passer un bras par-dessus son épaule pour l'enlacer tendrement. Bercée par la respiration régulière de son cœur, Raziel n'eut aucun mal à trouver le sommeil.


: Tout est prêt, mon seigneur, fit une voix traînante dans l'immense pièce silencieuse.

: Très bien, dans ce cas, ne perdons pas de temps, répondit une voix glaciale dans la pénombre de la salle. Nous partons immédiatement.

: A vos ordres, mon maître, répondit la voix traînante en s'éloignant du lord noir.

Des pas retentirent puis la porte de la pièce s'ouvrit, laissant entrer un mince filet de lumière dans l'immense salle. La lumière alla frapper les vitres des fenêtres et se répercuta faiblement sur le mobilier en chêne sombre de la pièce. Le mangemort blond fit la révérence avant de sortir à reculons de la pièce. La porte se referma et un fin sourire apparut sur les lèvres du lord noir lorsqu'il pensa au survivant et à l'héritière des anges.

: Profitez bien de vos dernières heures à vivre… Murmura d'une voix sinistre Voldemort avant de quitter à son tour la Pièce Obscure.


: Bon sang, Harry ! Dépêches-toi ! S'énerva Ron contre la porte close de la chambre de Draco.

: Ca va, ça va, j'arrive ! Répliqua avec agacement Harry en traînant sa petite valise derrière lui dans la chambre.

Ron se détourna de la porte et il retourna s'asseoir dans l'un des fauteuils du salon des préfets en chef en silence, légèrement boudeur. Ginny leva les yeux au ciel et secoua la tête en le voyant faire avant de prendre la parole.

: Laisse-le un peu tranquille, tu veux ? Lui dit-elle avec un léger reproche. Il ne doit pas avoir un grand moral…

: Je sais, bougonna Ron en s'enfonçant un peu plus dans son fauteuil. Mais plus vite nous serons partis de ce château, plus ce sera facile pour lui d'oublier…

Personne ne lui répondit. Comprenant son comportement même s'il était un peu trop brusque à leur goût. La porte aux couleurs des serpentards s'ouvrit enfin devant eux et Harry traîna difficilement sa valise jusqu'au milieu du salon. Harry posa alors son regard sur ses amis sans pouvoir l'éviter. Le groupe lui adressa de petits signes rassurants et il les remercia d'un pâle sourire.

Ginny et Raphael se levèrent dès qu'il referma la porte et la rouquine défia le français de la battre à la course jusqu'au grand hall. Le jeune français émit un petit bruit de mépris appris de Draco avant de filer vers la porte du salon. Ginny eut une expression offusquée avant de le poursuivre en courant comme une dératée.

Fleur ne prit même pas la peine de lever les yeux au ciel tant son expression en disait long sur le comportement de leurs cadets. Son exaspération monta d'un cran lorsque un boucan impressionnant leur parvint aux oreilles depuis l'étage du dessous. Fleur se prit la tête d'une main et elle se massa les tempes sous les yeux amusés des autres. La voix mélodieuse de Rogue retentit alors en dessous d'eux.

: MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FICHEZ, TOUS LES DEUX ? VOUS AVEZ DECIDEZ DE TOUT DETRUIRE DANS CE CHÂTEAU ?Hurla fort aimablement le maître de potion avant que deux faibles voix ne lui répondent timidement.

: Nous sommes désolés, professeurs Rogue, répondit la voix contrite de Ginny.

: Laissez-nous vous aider à vous dégager, fit Raphael d'une voix toute aussi contrite.

Le bruit de nombreux morceaux d'armures tombant sur les dalles du château secoua les tympans de Harry, Ron, Fleur, Hermione et Raziel. Un cri de semi douleur suivit le vacarme avant que la voix de Rogue ne s'élève une nouvelle fois.

: IMBECILS ! 50 POINTS EN MOINS A CHACUN ! Beugla le professeur excédé. HORS DE MA VUE ! SI JAMAIS JE ME DEGUAGE DE CETTE ARMURE ET QUE VOUS ETES TOUJOURS LA, JE VOUS TRANSFORME EN EPOUVENTARDS !

Fleur lâcha finalement un soupir au-delà de l'exaspération et elle sortit du salon pour voir de quoi il retournait. Les autres étaient amusés et même Harry affichait un faible sourire. Ron suivit leur professeur de dcfm après avoir lancé un clin d'œil rassurant à son meilleur ami. Hermione vint au côté du survivant avec un sourire hésitant.

: Tu risques de te faire un tour de rein si tu descends cette valise comme ça, fit-elle en sortant sa baguette. Laisses-moi faire, fit-elle en lançant le sortilège de lévitation sur la valise.

La préfète en chef des gryffondors fit traverser la pièce à la valise avant d'ouvrir la porte et de sortir. Juste avant qu'elle ne ferme la porte, Harry lui adressa un faible merci. Raziel s'était déplacée sans bruit derrière lui et il sentit soudain une main se poser sur son épaule. Avec un sursaut, il se retourna vers son amie.

: Allons, Harry. Garde espoir, lui souffla la française d'une voix rassurante.

Une fois encore, la voix de la française l'apaisa aussitôt. Il fronça les sourcils en sentant ses craintes et sa douleur se tairent face à la française. « A trois reprises j'ai perdu espoir et à trois reprises tu as réussi à me rassurer avec de simples mots… C'est incroyable… Pourtant, mon désespoir est grand sans lui… » Les yeux couleur émeraude se plantèrent dans les yeux couleur ciel. « Comment fait-tu ? Je commence à croire que ton côté angélique est à l'œuvre, finalement… »

: Qu'a-tu ? Questionna Raziel après quelques secondes, le ramenant au présent.

: Tu sais Raziel, je crois sincèrement que tes pouvoirs se réveillent, fit Harry avec un sourire assuré.

: Et qu'est-ce qui te fais croire ça ? Lui demanda la française avec étonnement.

: A chaque fois que tu me parles, je suis rassuré, lâcha le survivant. Merci, ajouta-t-il en détournant les yeux.

Harry se dirigea vers la porte tandis que Raziel le regardait faire, surprise. Elle le rattrapa juste au moment ou il ouvrait la porte et il sortirent du salon ensemble. Raziel lui adressa un sourire étincelant qui intrigua le gryffondor.

: Pourquoi souris-tu ainsi ?

: Je suis heureuse d'être venue à Poudlard, murmura si bas la française que le survivant dut tendre l'oreille pour l'entendre.

: Pourquoi ? L'encouragea à poursuivre Harry, curieux de savoir.

: Je suis heureuse de vous avoir rencontré, souffla Raziel en rougissant un peu.

: Et moi je suis content de t'avoir à nos côtés, répliqua Harry en lui rendant son sourire.

Ils firent le reste du trajet vers le grand hall en silence, tout d'eux en grandes réflexions sur l'autre.


(Souvenir)

Sa mère était toujours debout à l'entrée du grand salon, pétrifiée de voir son fils et son mari s'affronter aussi sérieusement. Elle craignait pour l'un et l'autre mais c'est son fils qu'il catalysait la majeure partie de ses craintes.

: Alors comme ça, tu as décidé de me trahir ? S'enquit la voix dangereusement calme de son père sur les premières marches de l'escalier principal.

Le manoir Malfoy était plus silencieux qu'un cimetière. Les craquements des arbres du parc donnaient à la scène un côté sinistre ou dramatique. La grande réception donnait par les Malfoy à l'occasion de Noël venait juste de pendre fin. Les derniers invités étaient partis depuis un quart d'heure. Draco venait juste d'annoncer à son père qu'il quittait le manoir familial.

: Je refuse de devenir l'allié de ce fou ! Cracha Draco avec colère.

Jamais le jeune serpentard n'avait vu une telle colère chez son père. Cette colère glaciale qui faisait de lui le plus redoutable des mangemorts. Jamais il ne perdait le contrôle sur lui-même, il maîtrisait parfaitement l'art de la dissimulation et ses sourires pouvaient être les plus virulents poisons. Son père croyait en son pouvoir. A force de servir le seigneur des ténèbres, il avait fini par croire qu'il était son égal : personne n'avait le droit de le contrarier. L'affront qu'il lui avait fait démontrait pourtant le contraire.

: Ainsi, tu choisis ton camp, murmura d'une voix vénéneuse le bras droit de Voldemort.

: Oui, répondit Draco en essayant de ne pas trembler devant son père.

: Très bien…

Lucius sortit lentement sa baguette de sa poche tandis qu'un fin sourire étirait ses lèvres. Draco était tellement surpris qu'il ne pensa même pas à réagir : il resta simplement là où il était observant son père avec des yeux incrédules. Alors que la baguette se tendait vers lui, une pensée fulgurante traversa son esprit. « Alors je ne suis rien de plus qu'un autre de tes pantins… » Cette découverte le déchira : la colère et la douleur se mêlèrent en lui. La baguette braquée sur lui commença à luire et une sueur froide le fit frissonner. Au même instant, sa mère cria pour arrêter son père.

: NON !

: Ecartes-toi, Narcissa ! Ordonna Lucius d'une voix sans équivoque. C'est une affaire entre notre fils et moi…

Sa mère recula à contrecœur, effrayée par son mari. Une larme perla à ses yeux avant de dévaler ses joues, solitaire et impuissante. C'était la première fois que Draco voyait sa mère pleurer. La première et la dernière fois…

: Tu crois être invincible, Draco ? Demanda d'une voix moqueuse son père. Je t'assure que tu ne l'ais pas et je vais te le prouver…

La baguette s'illumina d'une lueur verte aveuglante. Draco ferma les yeux. La seule chose qu'il entendit avant que son père lance le sort fut les sanglots de sa mère.

: IMPERIUM !

D'étonnement il rouvrit brusquement les yeux, juste à temps pour voir le sort filer vers lui. Il perdit le contrôle. Il pouvait résister à de simples sorciers mais son père était bien plus. Sa puissance magique était grande depuis le retour du lord noir et même si il désirait plus que tout se débarrasser de ce sortilège pour fuir ce manoir lugubre, il en était incapable. La voix de son père résonna dans sa tête avec plus de fracas que le tonnerre lui-même.

: Tus-la ! Entendit-il tandis que ses yeux se tournaient d'eux-mêmes vers sa mère.

« NON ! » Tout son corps se mit à trembler tandis que sa main plongeait dans sa poche pour prendre sa baguette. « NON ! » Sa baguette se leva. « NON ! » La lumière verte apparue. « NON ! » La formule s'échappa de ses lèvres impuissantes et le sortilège illumina la pièce. « NONNNNNNNNNNNNNNN ! »

Son père annula le sortilège de l'Imperium et Draco tomba à genou au sol, les joues ruisselantes de larmes qu'il n'avait même pas sentit couler. Il releva les yeux et il vit le corps inerte de sa mère allongé au sol. « NON…Non…non… » Il ferma les yeux, brisé.

: Tu vois Draco, fit alors calmement Lucius en descendant les trois marches qui le séparaient du sol. Tu n'es plus rien à présent…

Draco releva la tête et posa un regard haineux sur son père.

: Je te renie, Draco ! Explosa alors Lucius avec un demi sourire, les yeux fous. Quitte ce manoir ! Tu n'es plus un Malfoy, tu n'es plus un fils, tu es un meurtrier !

Draco se releva et il tenta de se défendre.

: C'est toi qui… commença-t-il avec rage.

: Ta parole n'a aucune valeur contre la mienne, Draco, assura avec confiance le mangemort en prenant le corps sans vie de sa femme entre ses bras. Hors de ma vue !

Le serpentard ne sentait plus rien sauf la haine et la douleur. Il fit alors ce qui lui paraissait le plus approprié : il prit la fuite. Loin. Vite…

(Fin du souvenir)

« Mère… »


Voilà le premier chapitre du tome II ! BIENTOT le 2 ! XD lol Si, si, je vous jure, il arrive. Quand ? Euh… Bientôt, c'est pas mal non ? Aïe, aïe, pas les tomates, siouplé…

Bises,

Lumenor.