La suite ! (enfin, je sais…) Héhé… Plus en retard, tu meurs… Gomen, les gens. Pas de tomates siouplé, ça tâche. Ok, je sors mais je poste avant, non ? Ahah, du calme, je plaisante. (moi et mon humour)

Réponses aux reviews (peu nombreuses mais je dois dire que je comprends, le dernier chapitre était pas génial, je trouve. Enfin… J'fais ce que je peux môa…) :

Ana : Ne t'inquiètes pas, c'est pas grave si tu n'envois pas de review à chaque chapitre (même si ça fait énormément plaisir, bisous à toi :P ) Et oui, je mets en place cette guerre (rire sadique) lol, et c'est pas simple… Mais j'ai commencé donc je finirai cette histoire (re-lol, on dirait que je pars en croisade là) Sinon, ça va toi ? Bises !

Petite note 1 : Je préviens que j'ai fait quelques changements dans le chapitre précédent donc pour ceux qui veulent comprendre, ben… je suis désolée mais va falloir le relire (ou pas ! posez ces tomates, gentils lecteurs… lol)

Petite note 2 : Je deviens fleur bleue à la fin de ce chapitre… Achevez-moi ! lol

Bonne lecture !


2. Flocons de neige

Le grand manoir des Black n'avait pas changé depuis leur dernière visite. Tout était plus ou moins semblable mis à part la poussière : Mrs Weasley avait pris soin de nettoyer toutes les pièces de la grande demeure de fond en comble avant l'arrivée des jeunes. La plupart des pièces avaient été rénovées et le mobilier avait été changé. C'est pourquoi Ron poussa un cri joyeux en voyant la chambre qui était la leur, avec Harry, quand ils passaient quelques jours au 12 Square Grimmaud. Ginny exprima elle aussi son enthousiasme devant les changements en voyant sa chambre transfigurée. Hermione, qui était derrière elle, afficha un sourire, amusée par le comportement de son amie avant de pénétrer à son tour dans la chambre pour poser sa valise. Fleur passa devant leur porte et Ginny sortit aussitôt de la chambre pour la rejoindre. Hermione la regarda faire en silence avec envie avant de s'affaler sur le lit. Un grand soupir de contentement lui échappa lorsqu'elle se rendit compte que le lit ne sentait plus la moisissure. Elle ferma les yeux et profita de cet instant pour se reposer un peu. Elle somnolait plus ou moins quand une main légère lui caressa doucement le bras. Elle se redressa à moitié pour poser les yeux sur un Harry debout devant son lit. Le survivant avait un petit air triste.

: Quelques personnes sont arrivées, la prévint Harry en souriant pauvrement. Je voulais juste te prévenir, termina-t-il avant de repartir.

: Attends ! Le rappela sa meilleure amie en se levant pour le rattraper.

Hermione le prit par le bras et elle le ramena à l'intérieur de la chambre. Harry se laissa faire et Hermione le fit asseoir sur son lit avant de s'asseoir sur le lit de Ginny. Elle le regarda un instant, son visage était passé de la tristesse à l'enthousiasme forcé en un temps record. Hermione soupira discrètement sans trop savoir quoi faire. Elle décida finalement de dire quelque chose, n'importe quoi.

: Tu ne trouves pas que le professeur Lupin a reprit des couleurs ? Demanda la préfète en chef d'une voix hésitante.

Harry redressa la tête si vite qu'elle crut entendre sa nuque craquer. Il la fixa sans un mot durant de longues secondes en réfléchissant. « Le professeur Lupin… Quelque chose qui me tient à cœur… Je dois lui parler, ça m'aidera peut-être à oublier Draco quelques minutes… » Le survivant partit de la chambre sans un mot pour son amie. Celle-ci fronça les sourcils mais elle renonça à le poursuivre en entendant le boucan provenant du rez-de-chaussée. Fatiguée, elle décida de rester dans la chambre jusqu'au dîner. En fait, elle se demandait encore pourquoi le professeur Dumbledore ne les avait pas prévenu plus tôt qu'ils passeraient Noël au 12 Square Grimmaud. « Il a sans doute mieux à penser en ce moment… J'espère que Draco va bien… » La préfète s'en faisait vraiment pour lui. Même s'il ne l'avait jamais montré, sa situation devait être difficile à vivre. « Nous n'avons même pas remarqué qu'il avait souffert lui aussi… »

Hermione retourna devant son lit et elle le contempla sans bouger pendant un moment, perdue dans ses pensées.

Raziel, qui passait devant sa chambre pour rejoindre le rez-de-chaussée, s'arrêta sur le seuil de la porte en voyant la gryffondor immobile. Elle observa son dos, ses épaules et la courbe de ses hanches avec un léger sourire rêveur. Elle s'arracha à son observation de mauvais gré en se disant que sa gryffondor devait être préoccupée. Sans un bruit, elle entra dans la chambre et referma doucement la porte derrière elle par précaution. Elle s'avança vers Hermione et posa délicatement ses mains sur ses hanches. La préfète en chef eut un léger sursaut mais elle resta tout de même de dos, ce qui fit froncer les sourcils de Raziel.

: Quelque chose ne va pas ? Lui demanda la française en enserrant la taille d'Hermione avec douceur.

: Non, tout va bien, ne t'en fais pas pour moi, répondit cette dernière avec un temps de retard d'une voix qui se voulait rassurante.

: On t'a déjà dit que tu mentais très mal ? L'interrogea Raziel avec une pointe taquine dans la voix.

: Hum… Peut-être, répondit simplement la préfète sans réagir au ton de la française.

Celle-ci fronça une fois encore les sourcils et elle fit se retourner la gryffondor par les épaules. Elle fit glisser ses mains le long des bras de la préfète en chef avant de prendre ses mains dans les siennes. Hermione releva instantanément les yeux face à cette manœuvre et elle se sentit rougir légèrement devant la française aux yeux polaires. A chaque fois c'était pareil : elle ne pouvait s'empêcher de rougir devant elle, ce qui l'agaçait un peu. Raziel, elle, adorait ça. La française passa une main sur sa joue tout en souriant amoureusement.

: Qu'est-ce qui t'inquiète ? Demanda Raziel en préférant ne pas taquiner la gryffondor sur la rougeur de ses joues : c'était un terrain glissant.

: La seule chose qui n'aille pas en ce moment, répondit Hermione en détournant les yeux.

: Draco ? Devina Raziel en penchant la tête sur le côté en une mimique se voulant mignonne.

: Oui, confirma Hermione en souriant devant la mimique qui la faisait fondre à chaque fois.

: Ce n'est pas la seule chose qui ne va pas, tu sais, ne put s'empêcher de murmurer Raziel en évitant le regard de la brune.

: Que veux-tu dire exactement ? S'étonna Hermione en relevant le visage de sa française.

: Euh… Et bien, Voldemort, par exemple, répondit précipitamment Raziel en affichant un sourire gêné.

: Mm…

Hermione ne la croyait pas. Elle était sûre et certaine que Raziel parlait d'autre chose. « Le ton de sa voix, sa façon d'éviter mon regard et son sourire gêné… Elle ne parlait pas de Voldemort… » La gryffondor allait l'interroger lorsque Raphaël entra dans la chambre avec bonne humeur, comme à son habitude.

: Nous avons fini de nous installer, annonça-t-il joyeusement. Vous venez ? Il ne manque plus que vous…

: On arrive, Raph, répondit Raziel en s'écartant un peu de la gryffondor.

Le jeune français hocha gaiement la tête avant de repartir en laissant la porte ouverte. Elles entendirent le bruit de ses pas sur le vieux plancher et quelques bribes de conversations en provenance de la cuisine. Hermione allait reprendre leur discussion improvisée mais Raziel la prit de vitesse en se dirigeant vers la porte. La gryffondor se sentit un peu agacée mais elle décida finalement de remettre cette question à plus tard avant de suivre la française. Elles descendirent les marches jusqu'au rez-de-chaussée mais à peine étaient-elles arrivées devant la cuisine que Harry, Ron, et les autres en sortaient en courant presque. En passant à côté d'elles, Ginny attrapa le bras de Raziel et elle l'entraîna vers le salon. Raphaël fit de même avec Hermione.


Les différents membres de l'Ordre du Phoenix étaient tous installés autour de la grande table de la cuisine. La sous-directrice de Poudlard venait de refermer la porte de la cuisine, un petit air exaspéré sur le visage. McGonagal retourna s'asseoir sur son siège avant que les discussions ne s'amorcent en époussetant machinalement ses manches immaculées. Une certaine tension régnait dans la grande pièce.

: Bien, à présent, parlons sérieusement, commença Dumbledore. Comme vous le savez tous, Draco Malfoy a été arrêté par les Aurors sous ordre du Magenmagot pour meurtre. Ils se trouve à Askaban à l'heure qu'il est et…

: Je le savais, lança Molly en secouant la tête. Ce petit ne pouvait pas être quelqu'un de bien avec un père pareil…

: Molly, la coupa Mr. Weasley d'un ton sévère.

: Je ne dis que la vérité Arthur, poursuivit la mère des Weasley. Ce Draco n'était-il pas…

: Ce n'est ni le lieu ni le moment, Molly, gronda le professeur Rogue.

: Vous ne pouvez que le défendre, Rogue, n'est-ce pas l'un de vos préfets ? Répliqua Mc Gonagal d'une voix pleine de sous-entendus.

: Vous…

: Il suffit ! Tonna Dumbledore en fronçant les sourcils. Je pensais pourtant que nous étions tous d'accord pour dire que le jeune Malfoy était des nôtres…

: Oui, Dumbledore, mais les récents évènements… Commença Molly.

: Ne peuvent être fondés, termina le maître de potion en s'enfonçant dans son siège.

: Je suis de votre avis, professeur Rogue, fit Dumbledore en plantant son regard dans les yeux de Molly pour la faire taire. Draco n'aurait jamais put tuer sa propre mère, c'est inconcevable…

: Il est vrai que cela me surprend, concéda Mc Gonagal en adressant un fin sourire d'excuse au professeur Rogue. Mais si ce n'est pas lui, pourquoi a-t-il été jugé et condamné de la sorte ? Ajouta-t-elle d'une voix pensive.

: C'est cela que nous devons découvrir, laissa tomber Dumbledore.

: Nous ? Répéta Tonks, incrédule.

: Je ne vois pas qui d'autre, expliqua Dumbledore. Oui, miss Delacour ? Ajouta-t-il en voyant la française faire un geste pour attirer son attention.

: Si je peux me permettre, monsieur le directeur, Draco vous a déjà montré quel camp il avait choisi, non ? Leur rappela le jeune professeur de DCFM. De plus, il semblerait que nos élèves n'aient aucun doute à ce sujet, y compris Ron et Ginny, finit-elle en se tournant vers Mrs Weasley.

Cette dernière la contempla sans rien dire tandis que Dumbledore et Rogue affichaient un sourire amusé. Arthur adressa un hochement de tête affirmatif à la française en signe d'accord et Tonks poussa un petit soupir soulagé. La métamorphomage espérait que le jeune homme blond reviendrait vite parmi eux. « Ne serais-ce que pour Harry » se dit-elle en lançant un regard à Remus. Ce dernier suivait l'échange sans intervenir, ne connaissant pas bien le jeune Malfoy, tout comme Maugrey et miss Nevria. La tension retomba d'elle-même suite aux paroles de la demi-vélane.

Dumbledore se racla la gorge, attirant l'attention du groupe, et il sortit une enveloppe cachetée de sa robe de sorcier.

: Et nous avons d'autres problèmes, fit-il en posant la lettre sur la table.

: De quoi s'agit-il ? Demanda Maugrey en fixant dubitativement la lettre.

: Cette lettre me vient de notre ministre de la magie, expliqua Dumbledore. Comme vous le savez, nous sommes les seuls à savoir réellement ce qu'il se passe. Je n'ais pas encore informé le ministre ou quelques autres états de la situation. En clair, le sortilège maudit est actif mais personne ne le sait.

: Pourquoi ? Demanda Rogue en posant les coudes sur la table dans une position attentive.

: J'ai deux raisons, fit Dumbledore d'une voix réfléchie. La première, si jamais la nouvelle se répand, la panique risque de secouer tout notre pays et à plus grande échelle l'Europe entière. Nous savons, vous et moi, que Voldemort ne se limitera pas à l'Angleterre, ni même à nos voisins. Si ces pays sont informés de la situation, cette dernière risque de dégénérer. En outre, nous ne pouvons prévoir la réaction de la population, aussi bien sorcière que moldue…

: Les laisser dans l'ignorance n'est pas un peu risqué, Albus ? S'inquiéta Minerva.

: Si, justement, nous nous retrouvons donc face à un dilemme, soupira Dumbledore.

: Et la deuxième raison ? Questionna Remus.

: J'y viens, répondit Dumbledore avec un petit sourire en marquant un temps d'arrêt. La deuxième raison est plus complexe, reprit le vieux sorcier. Si jamais les gouvernements de chaque pays sont informés de l'activation du Delubrum Cadere, Raziel pourrait devenir la cible de nombreuses convoitises…

Un silence surpris suivit ses paroles. Certains, comme Molly, Tonks ou Fleur regardaient le directeur de Poudlard avec des yeux ronds. Mc Gonagal et Rogue savaient ce que voulait dire le directeur, le simple fait de mettre Fudge au courant leur donnait l'impression qu'une catastrophe pourrait se produire. Fleur se sentait mal à l'aise. De tous, c'est elle qui la connaissait le mieux et elle n'avait pas envisagé ce cas de figure. Elle ne se doutait pas que les gouvernements pourraient être intéressés par son amie.

: Les hauts fonctionnaires de nombreux états pourraient en effet tenter de se l'approprier pour assurer leur propre sécurité et condamner ainsi le reste de la planète, acheva Dumbledore d'un ton emplis de désillusion.

Un autre silence envahit la pièce. La plupart des membres présents réfléchissaient à une solution sans réellement savoir si ce qu'ils pourraient dire ou faire aurait une quelconque influence sur les réactions des états concernés. « Nous nous retrouvons bien seuls face à cette menace… » Pensa Dumbledore en tournant son regard vers le plafond pour réfléchir. « Nous ne pouvons savoir si leur réaction sera néfaste mais si nous tentons notre chance, nous prendrons de gros risques… Raziel surtout… Mais nous ne pouvons les laisser dans l'ignorance… Hum… »

: La solution la plus simple, intervint soudain Tonks en fronçant légèrement les sourcils dans ses réflexions, serait d'informer les ministres de la magie de chaque pays et de les laisser décider du reste.

Les autres la regardèrent en silence en assimilant ses paroles.

: Oui, c'est ce que nous avons de mieux à faire, acquiesça Maugrey. Notre priorité reste la sécurité de Harry et Raziel. Le reste doit passer au second plan…

: Sans nul doute, Alastor, accepta Dumbledore. Bien, dans ce cas, si vous n'y voyez pas d'inconvénients, nous allons agir de la sorte.

Le directeur fit une pose pour être sûr que tout le monde était d'accord avant de reprendre la parole.

: En ce qui concerne Draco Malfoy, j'ai l'intention de régler ce problème ce soir même, annonça le directeur tandis que des yeux étonnés se fixaient sur lui. Je souhaiterai que Noël se passe sans problème pour tout le monde et il me semble que l'absence de Draco perturbe certains de nos élèves…

Tonks laissa échapper un sourire, tout comme Mc Gonagal ou même Rogue.

: Maugrey, Tonks et Rogue, je vous demande donc de vous préparer à partir, ordonna doucement Dumbledore d'une voix déterminée.

Les concernés se regardèrent avec étonnement avant de se lever après quelques secondes d'assimilation. Dumbledore leur adressa un regard apaisant avant de leur donner leurs directives.

: Tonks et Maugrey, vous vous rendrez à Askaban. Evitez le plus possible les Détraqueurs, conseilla Dumbledore, ce qui engendra un sourire ironique chez les deux sorciers. Je ne veux pas de bataille. Libérez seulement Draco et ramenez-le ici.

La métamorphomage et Alastor hochèrent la tête avant de sortir de la cuisine.

: Professeur Rogue, retournez à Poudlard et ramenez-moi le plus puissant sérum de vérité que vous possédez, je vous prie, demanda Dumbledore.

: Oui, Dumbledore, répondit Rogue avant de sortir à son tour.

: Tout cela n'est pas légal, Albus, fit McGonagal d'une voix mi inquiète, mi étonnée.

: Je sais, Minerva, mais il nous faut agir, répondit Dumbledore en se levant. Miss Delacour, vous pouvez avertir les plus jeunes de la fin de cette réunion…


Une fois dans le grand salon, Ron ferma la porte et il s'y adossa en levant les yeux au ciel, une expression passablement dégoûtée sur le visage. Hermione adressa un regard interrogateur à Ginny tendit que Harry allait calmer leur ami rouquin. La sœur de ce dernier lui répondit par un hochement de tête négatif exprimant son exaspération avant de prendre la parole.

: Ils nous ont une fois de plus mit de côté, expliqua Ginny en s'affalant dans un fauteuil. Ils nous prennent vraiment pour des gamins, ajouta-t-elle avec un certain agacement.

: De quoi allaient-ils parler avant de vous virer ? Demanda Raziel.

: Eh ! S'indigna Ginny en lui faisant les gros yeux. Ils ne nous ont pas virés ! Ils nous ont simplement mit de côté…

: Mais bien sûr, ma petite Ginny, plaisanta Raziel en hochant la tête de façon entendue.

La rouquine ne se fit pas prier : elle réagit au quart de tour en bondissant de son fauteuil pour se ruer sur la française. Elle appela Raphaël à la rescousse qui bondit aussitôt pour se jeter sur sa soeur. La française afficha un sourire amusé avant de pleurer de rire sous les assauts des deux cadets du groupe. Elle essaya de s'échapper de leur emprise mais se fut sans succès. Harry sentit revenir en lui ce qui pouvait ressemblait à de l'amusement et un petit rire sortit de ses lèvres tandis qu'il les voyait faire. Ginny et Raphaël s'arrêtèrent aussitôt pour le regarder avec un léger étonnement, ce qui permit à la française de reprendre son souffle. Elle se redressa sans que les deux cadets réagissent et elle adressa un sourire reconnaissant à Harry. Ron allait prendre la parole lorsque la porte derrière lui s'ouvrit brusquement, le faisant trébucher en rallant. Fleur apparût et elle leur adressa un sourire ravi. Intrigués par se sourire, le groupe cessa de se moquer de Ron pour laisser parler leur professeur français.

: La réunion est terminée, vous pouvez venir, leur annonça joyeusement Fleur.

: Que ce passe-t-il ? Lui demanda Harry en haussant un sourcil étonné.

: Je pense que tu vas apprécier ton cadeau de Noël, Harry, laissa simplement tomber la française blonde en souriant.

Le concerné afficha une totale incompréhension tandis que ses amis suivaient Fleur en dehors de la pièce. Harry les suivit à sont tour, se demandant bien ce que tout cela voulait dire.


: Ici ! Il y en a d'autres !

Cela faisait un moment qu'il somnolait dans le coin de sa cellule lorsque le cri le fit sortir de sa torpeur. D'ordinaire ce genre de bruit ne parvenait plus à le tirer de ses réflexions mais le cri qu'il venait d'entendre était bien différent de ceux qui résonnaient ordinairement entre les épais mûrs de pierre. « Qu'est-ce que… » Draco releva mollement la tête en accommodant sa vue à la lumière rougeoyante du crépuscule. Des bruits de pas claquant contre le sol lui parvinrent aux oreilles. Une grande agitation émanait des cellules voisines.

: Par ici !

Il sursauta en entendant ce cri tout proche. Les longs couloirs gris n'étaient pas sensés accueillir ce genre de cri : seuls les hurlements déments des pensionnaires de la prison ricochaient sur les mûrs. Les détraqueurs n'étaient pas des geôliers très bavards qui plus est…

: D'autres par là !

Le jeune homme blond se releva difficilement en s'aidant du mûr. Il entendait à présent le tempo rythmé d'une course dans le couloir donnant accès à sa cellule. « Mais où sont les détraqueurs ? » Un homme en robe noire passa au pas de course devant sa cellule. Le serpentard ouvrit des yeux ronds en retenant sans le vouloir sa respiration. « Ce n'est pas vrai ! Ce ne sont tout de même pas des… » Un second sorcier en robe noire passa tout aussi vite sous ses yeux. Son visage était masqué par un capuchon aussi noir que sa robe. « Non ! » Draco paniqua subitement et il tourna son regard affolé vers la porte de sa cellule avec appréhension. « Ils ne sont tout de même pas là pour moi. »

: Eh, vous deux ! Vous en avez oublié !

Un mangemort apparut devant la porte de sa cellule. Il ouvrit la porte et entra en fixant le jeune serpentard. L'homme rabattit son capuchon et adressa un sourire à la fois amusé et sadique au jeune blond.

: Qu'avons-nous là ? Ne serait-ce pas le jeune Malfoy ?

Draco se sentit pâlir mais il affronta le mangemort inconnu du regard. Un semblable du sinistre serviteur de Voldemort les rejoignit et il posa une main sur l'épaule du premier.

: On ne doit rien lui faire, Mc Fain, rappela le nouveau venu en sortant sa baguette, et on a pas le temps de jouer…

Il la pointa sur Draco et il lui lança un puissant sortilège de sommeil. Le mangemort rangea sa baguette et ressortit de la cellule en appelant son ami. Mc Fain lança un regard sarcastique au serpentard endormi avant de sortir en rabattant son capuchon sur sa tête.


L'imposante prison sorcière se découpait nettement sur l'horizon enflammé du couché de soleil. Tonks et Maugrey avaient pris soin de transplaner à plusieurs mètres de la prison pour ne pas se faire repérer. Ils marchaient silencieusement entre les herbes et autres buissons en se rapprochant discrètement de la prison. Celle-ci paraissait comme vide. Ils étaient à moins de cinq mètres de l'un des murs latéraux de la grande bâtisse, dissimulés dans un bosquet d'arbres à moitié morts, lorsque du mouvement devant les portes de la prison attira leur attention. Là-bas, devant eux, se dressaient plusieurs mangemorts. Sans comprendre la raison de leur présence, les deux sorciers se regardèrent en silence avant de revenir sur les mangemorts.

Ceux-ci étaient apparemment en train de pénétrer dans le bâtiment de pierres. La métamorphomage n'aimait pas ça : les détraqueurs étaient déjà bien suffisant. Elle se déplaça vers le mur sous le regard inquiet d'Alastor.

: Reste là, je vais jeter un coup d'œil, lui dit la jeune femme avant de reprendre sa progression vers l'avant de la prison.

L'ancien Auror n'eut pas le temps de protester : la jeune femme était déjà à mi chemin. Par mesure de précaution, elle sortit sa baguette et son ami fit de même derrière elle. Le vent enveloppait la sinistre prison dans l'odeur des embruns salés.

Tonks avançait toujours vers l'avant de la prison en prenant bien garde à ne pas faire de bruit. Sa progression était grandement ralentie par toutes les branches sèches qui jonchaient le sol et qu'elle essayait d'éviter. Sa main gauche parcourait la surface inégale du mur d'Askaban dans l'éventualité ou elle perdrait l'équilibre. La pierre rugueuse était si froide qu'elle ne put s'empêcher d'avoir un frisson. A travers le mur épais, elle parvenait à entendre les gémissements de quelques détenus plus ou moins sains d'esprit. « Encore six ou sept mètre et je pourrais enfin voir ce qu'il se passe… » Elle redoubla de prudence en arrivant à l'angle du mur : plusieurs mangemorts semblaient monter la garde à l'entrée de la prison. « Mais que font-ils ici ? » La métamorphomage se colla au mur avant de lancer un coup d'œil vers la porte massive de l'édifice.

Une douzaine de mangemorts montaient la garde devant la porte, baguettes sorties. Certains discutaient discrètement et d'autres scrutaient certainement les environs dans l'ombre de leurs capuchons rabattus. Tonks put voir que l'entrée de la prison était grande ouverte. « Mais où sont les détraqueurs ? » La jeune femme observait les sorciers vêtus de noir lorsque des prisonniers sortirent de la prison, leurs mains et leurs pieds déliés. « Mais que… » Des mangemorts marchaient derrière eux avec une décontraction anormale. D'autres sorciers noirs sortirent accompagnés d'autres prisonniers. L'un des mangemorts qui surveillaient la porte se tourna dans sa direction et elle se cacha nerveusement derrière le mur. Son cœur battait la chamade. « Pourquoi font-ils ça ? » Elle en profita pour regarder ce que faisait Alastor et son cœur manqua un battement. Juste derrière le petit bosquet où l'ancien Auror se cachait, un mangemort l'observait. Il leva sa baguette, prêt à attaquer l'intruse, mais avant qu'il ne puisse lancer un sort, Maugrey l'assomma avec une pierre. Le mangemort tomba au sol comme une masse tandis que Fol-Œil, surpris, reprenait son souffle. Il rejoignit la jeune femme en faisant le moins de bruit possible avec sa jambe de bois et il se colla au mur à côté d'elle. Sa respiration était saccadée.

: Que se passe-t-il ? Lui demanda-t-il en murmurant avec incompréhension.

: Je ne sais pas, chuchota-t-elle en retrouvant un rythme cardiaque à peu près normal. Mais heureusement que tu l'as neutralisé sans bruit, ajouta-t-elle. Ils sont un régiment…

: Quoi ? S'étrangla le vieil homme en se penchant devant elle pour voir ce qu'il se passait.

Il reprit aussitôt sa position initiale en pâlissant à vu d'œil. « Ca ne va pas du tout, ça. Ils ne devraient pas être là… » Maugrey fronça les sourcils avant de fixer sa jeune amie.

: Nous devrions retourner au QG, fit-il en parlant le plus bas possible. Nous ne pouvons nous occuper d'eux à nous seuls…

: Dumbledore nous a demandé de ramener Draco, pas de déclencher la guerre, lui répondit Tonks sur le même ton.

: Mais comment veux-tu le récupérer ? Ils sont au moins une trentaine ! Protesta l'ancien Auror.

: Chut ! Si jamais ils nous repèrent, ça risque de devenir dangereux, prévint-elle.

: Sans blague, bougonna-t-il avec ironie.

: Nous devons prendre une décision rapidement, nous n'allons pas rester ici indéfiniment, poursuivit la jeune femme.

: Je propose une retraite totale, murmura-t-il fermement en entraînant la jeune femme vers le bosquet.

La métamorphomage résista et il s'arrêta, posant un regard courroucé sur sa cadette. Celle-ci lui tint tête, le défiant presque du regard. L'ancien Auror leva les yeux au ciel en marmonnant un truc du genre ' les femmes ' qui fit sourire son amie.

: Je reste, annonça-t-elle d'un ton inflexible. Je vais les compter pendant que tu iras chercher les renforts. Je pourrais aussi essayer de trouver un passage pour s'infiltrer…

: Tu n'y penses pas ! S'exclama Alastor avant de baisser le ton face aux gros yeux de son amie. Si tu te fais prendre, ils ne te garderont pas en vie !

: Je ne me ferais pas prendre, rétorqua la jeune femme. Et je ne changerai pas d'avis…

: Je ne vais pas te laisser seule ici, protesta Maugrey.

: Dans ce cas, nous aurons vraiment des ennuis, dit simplement la jeune femme.

Maugrey lui adressa un regard de reproche avant de considérer la situation. Après quelques secondes de réflexion, il ne trouva pas de meilleure chose à faire. La mort dans l'âme, il en informa son amie avant d'accepter. Tonks lui fit un sourire rassurant avant qu'il ne s'éloigne à regret de la jeune femme. Il repartit vers la pauvre végétation qui entourait la forteresse de pierre avant de transplaner pour le 12 Square Grimmaud.

Tonks inspira un bon coup avant de retourner à son observation. Un grand nombre de détenus étaient à présent sortis de la prison et d'autres arrivaient encore. A ce rythme là, ils auraient sûrement vidé les lieux dans moins d'une heure. « Et si jamais Draco est lui aussi emmené, qu'est-ce que je vais faire ? » Se demanda soudain la jeune femme en se cachant à nouveau derrière la pierre pour réfléchir à la question. « Je ne pourrai pas l'aider et encore moins le délivrer… » Le bruit d'une branche qui craque la fit sursauter et elle jeta un regard affolé vers sa droite : le bruit venait de derrière la prison. Après une seconde de panique elle se raisonna. « Si il y en a là-bas, ça signifie que je suis encerclée. Ce qui ne me plait pas du tout. Je dois bouger… Mais avant… » Elle se tourna une dernière fois vers l'entrée de la prison et tenta de compter les sorciers noirs. « Donc, nous disons 22 devant l'entrée. C'est mal parti… » Pensa-t-elle en revenant vers la moitié du mur avant de bifurquer dans les petits buissons. Elle s'enfonça dans la végétation bien maigre avant de s'accroupir.

Elle lança un sortilège de dissimulation sur elle-même que l'on appelait couramment le sort Caméléon : un sortilège non officiel mais diablement efficace en cas de coup dur. Elle l'avait appris d'un vieil ami pas vraiment en bons termes avec la loi sorcière. Elle fit son maximum pour respirer silencieusement tout en restant parfaitement immobile. Un groupe de 5 mangemorts passa devant elle en longeant le mur de la même façon qu'elle peu avant. Alors qu'ils allaient passer l'angle, l'un d'eux se tourna dans sa direction. La jeune femme eut une sueur froide en sentant le regard du mage noir poser sur elle sans la voir. Un de ses camarades se tourna lui aussi et il s'avança vers le bosquet. « Le corps du mangemort ! » Tonks faillit bondir pour aller dissimuler le corps mais elle parvint à se contrôler à la dernière seconde. Le mangemort inspecta rapidement le secteur avant de retourner vers ses camarades. Il leur fit un signe de tête négatif et ils disparurent derrière l'angle.

Tonks relâcha la respiration qu'elle retenait depuis un petit moment en détendant les muscles de son corps. Elle se leva sans annuler le sortilège Caméléon et elle fit quelques pas prudents. Elle retourna près du bosquet et chercha le corps du mangemort sans le trouver. « Mais que… » Elle tourna la tête à droite puis à gauche et elle vit un petit bout de tissu noir. Elle soupira de soulagement avant de reprendre ses comptes. « Bon, ça nous fait donc 27 sombres crétins… » Elle entreprit de contourner le grand édifice en restant dissimulée par le sortilège. Une fois de l'autre côté, elle vérifia une fois encore les mangemorts présent devant l'entrée. « 34… 35… 36… 37… Non mais ce n'est pas vrai ! Ils sont combien là-dedans ? » Elle retourna de l'autre côté pour attendre les autres en surveillant les allées et venues des mangemorts. « Toujours aucune trace de Draco… »

Après quelques minutes, elle entendit du bruit derrière elle. Maugrey était revenu, accompagné de Dumbledore, McGonagal, Rogue, Lupin et Arthur. Ils étaient visiblement inquiets à son sujet. Elle fronça les sourcils avant de se rappeler du sortilège de dissimulation. Elle annula le sort et les nouveaux venus pilèrent avec effarement. Mc Gonagal porta une main à son cœur lorsque ce dernier décida de découvrir le monde sous l'effet de la surprise. La directrice des gryffondor adressa un regard de reproche à la jeune métamorphomage avant que Dumbledore ne les fasse se réunir à l'écart de la prison.

: Alors ? Demanda Dumbledore à la jeune femme.

: Ils sont plus d'une trentaine, les prévint Tonks. Peut-être bien plus, je ne suis pas allé à l'intérieur…

: Et les prisonniers ? Demanda Mc Gonagal.

: Libérés, répondit Tonks. Mais Draco n'est pas avec eux…

Dumbledore haussa un sourcil mais ne dit rien. Il leur fit signe de sortir leurs baguettes et ils s'avancèrent vers l'entrée, Dumbledore en tête. Mais lorsqu'ils arrivèrent devant la porte d'Askaban, le groupe avait disparu.

: Mais ! S'étonna le jeune femme en restant bouche bée.

: Allons inspecter l'intérieur, la coupa Dumbledore en joignant le geste à la parole.

Le groupe le suivit, Lupin ayant prit la métamorphomage par le bras pour l'entraîner avec eux. Ils pénétrèrent dans la grande prison silencieuse avec une certaine appréhension. Les longs couloirs humides étaient tous vides. Les portes des cellules étaient grandes ouvertes. Pas un seul détraqueur à l'horizon. Ils fouillèrent toute la prison pour retrouver le jeune Malfoy et ils le retrouvèrent inconscient dans l'une des plus anciennes cellules de la prison. Dumbledore vérifia son pouls avant de faire apparaître un brancard. Ils le mirent dessus et ils sortirent rapidement de la sinistre bâtisse. Une fois dehors, ils s'éloignèrent un peu de l'édifice et Dumbledore observa les environs.

: Qu'avez-vous, Albus ? Lui demanda Minerva en le voyant faire.

: L'absence des détraqueurs au sein d'Askaban m'inquiète, Minerva, répondit-il sincèrement, attirant l'attention des autre. Le ministère de la magie ne les libèrerai jamais de ce poste donc, leur absence ne peut signifier qu'une seule chose : les détraqueurs ont abandonnés le ministère…

: Et donc… commença Arthur en fixant la porte grande ouverte de la prison sorcière avec des yeux sombres.

: Les détraqueurs ont choisi leur camp, termina Lupin d'une voix tremblante.

: Les évènements se précisent, fit Dumbledore en faisant son possible pour ne pas devenir fataliste. Rentrons à présent…

Ils ne prirent pas la peine de s'éloigner pour disparaître tous dans un 'pop' sonore. Au sommet de la prison, une ombre à l'apparence féline disparue elle aussi dans un panache de fumée.


: Alors ? Demanda Sang d'un ton pressant.

: Tout c'est bien passé, répondit Carmin en s'affalant dans l'un des fauteuils du salon.

: Pas d'accrochage ? Insista Sang en observant les alentours de la Cabane Hurlante derrière la fenêtre.

: Non, mais il s'en ait fallut d'un cheveux, fit Carmin en affichant un sourire satisfait. Si je n'étais pas intervenu, il…

: Tu les a aidés ? S'étonna Magenta en se redressant dans le canapé tandis que Sang se tournait subitement vers lui.

: Ben… Oui, je n'ai pas vraiment eu le choix, se défendit le démon couleur charbon en évitant le regard lourd de reproche de leur cheftaine.

: Carmin, tu sait que nous prenons de gros risque en faisant ce que nous faisons, fit Sang en se dirigeant vers le canapé. Si tu agis avec aussi peu de bon sens, le Trio risque de devenir le Duo…

: Eh ! Je sais me défendre en cas de coup dur ! S'indigna le démon noir en se levant. Je n'ai pas besoin que vous me materniez !

Carmin partit du salon avec un air renfrogné qui fit sourire les deux démones. Sang prit place dans le canapé et elle entoura les épaules de sa compagne d'un bras tendre.

: Je crois que notre jeune ami s'est vexé, fit plaisamment la démone rouge en affichant un sourire réjoui.

: Hum… On devrait peut-être arrêter de le taquiner ainsi, il va finir par nous le retourner un jour, fit Magenta en posant sa tête sur l'épaule de l'autre démone.

: J'aimerais bien voir ça, murmura Sang en levant la main pour dégager le front de sa compagne.

La cheftaine redressa doucement la tête de Magenta pour déposer un léger baiser sur ses lèvres. Ces dernières s'étirèrent en un sourire avant que Magenta n'enlace sa cheftaine sans tenir compte de ses yeux étonnés. La démone rouge clair s'agenouilla face à sa compagne et elle lui déroba un autre baiser. Les yeux de Sang devinrent tendrement envoûtés, encourageant l'autre démone à aller plus loin. Magenta se leva donc à moitié pour embrasser de manière moins chaste la démone de son cœur.


La matinée de Noël était à peine commencée. Londres était voilée d'un épais brouillard et la lumière qui inondait les rues de la capitale anglaise n'avait jamais été aussi blanche. Harry dans sa chambre était toujours allongé dans son lit. Il n'avait pas envie de se lever aujourd'hui puisqu'il savait que les rêves qu'il avait fait concernant ce jour ne pouvaient pas se réaliser. Les rideaux étaient mal fermés et la lumière le fit grimacer. Il se retourna lourdement dans son lit et il tenta de se rendormir. Il devait sûrement somnoler puisqu'il n'avait pas entendu le professeur Lupin entrer. Ce dernier s'approcha de son lit et il se permit de s'asseoir sur le rebord. Le mouvement réveilla le survivant qui se retourna aussitôt. Une expression surprise se répandit sur ses traits lorsqu'il vit son ancien professeur de DCFM. Lupin lui adressa un fin sourire pour s'excuser tandis que le célèbre gryffondor se redressait.

: Tu ne te lèves pas, Harry ? Lui demanda Remus en l'observant calmement.

: Je n'y tiens pas vraiment, professeur, répondit Harry en baissant la tête.

: Cesses de m'appeler comme ça, veux-tu ? Je ne suis plus ton professeur depuis un moment maintenant, lui dit le loup garou en laissant naître un autre sourire sur ses lèvres.

: Et comment dois-je vous appeler ? Demanda d'une voix surprise le survivant en relevant vivement la tête.

: Tu es le fils de Cornedrue et… Patmol… était ton parrain, lui répondit le lycanthrope en se corrigeant au dernier moment. Et tu seras bientôt un sorcier à part entière, Harry, tu peux donc m'appeler par mon prénom, comme le font tous mes amis…

: Vous… Vous êtes plus qu'un ami à mes yeux, professeur, avoua gauchement Harry en souriant à son tour devant l'expression ahurie du sorcier. Est-ce que… Est-ce que je peux vous appeler Lunar ? Ajouta-t-il avec hésitation.

: Pourquoi pas, fit Lupin en souriant un peu plus.

L'ancien membre des maraudeurs se leva et il adressa un dernier regard chaleureux à Harry avant de sortir de sa chambre. Une fois de plus, il n'avait pas réussi à se confier au jeune homme. Il n'avait pas osé lui parler de l'ombre de Patmol qui le hantait depuis ce jour au ministère de la magie. Il n'avait pas osé… Remus redescendit les marches du vieil escalier en replongeant dans ses pensées.

Harry, dans sa chambre, fixait encore la porte.

: Merci prof… Merci Lunar…

Son murmure s'éteignit lentement dans la chambre silencieuse. Il se sentait revivre : il ne voulait pas le voir jusque là mais depuis que le serpentard blond était à Askaban, tout le monde autour de lui le soutenait. Même Rogue était moins virulent avec lui et Hagrid avait été là une fois de plus pour lui, également. Ron et Ginny, Hermione, Fleur, Raziel et même Raphaël qu'il ne connaissait pas très bien encore, ils étaient tous autour de lui. Un sourire étincelant apparut sur ses lèvres dans la lumière du jour naissant. Un fin rayon de soleil vint frapper son visage, le tirant de ce moment de bonheur. « Je ne vais pas rester seul par un jour pareil, même si je ne vois pas Draco, je… » Des larmes se formèrent d'elles-mêmes mais il les chassa aussitôt : il voulait être optimiste aujourd'hui.

Il s'extirpa de ses draps et se leva. Il avisa sa valise et y chercha des affaires propres. Il prit son temps pour choisir sa tenue et il opta finalement pour un jean bleu foncé trop grand pour lui et un pull rouge. Il se rendit dans la salle de bain. Ses cheveux étaient encore en bataille mais il renonça à les coiffer, comme à chaque fois qu'il essayait, en voyant le résultat : le différence était presque inexistante. Un soupir exaspéré lui échappa comme à chaque fois et il adressa un sourire amusé à son reflet. Fin prêt à affronter cette nouvelle journée, le survivant sortit de la salle de bain et se rendit au rez-de-chaussée.

La demeure familiale des Black était paisible. A tel point qu'il se demanda un instant si ils n'étaient pas tous sortis en le laissant ici. Puis il entendit des rires en provenance de la cuisine. Il se dirigea vers eux avec un sourire flottant sur ses lèvres. Lorsqu'il pénétra dans l'immense cuisine de la maison, une douce odeur de gâteau mélangée à celle de pain grillé vînt chatouiller ses narines. L'odeur le fit saliver.

Mrs Weasley était aux fourneaux, préparant le repas de ce jour de fête avec l'aide de son unique fille. La jeune rouquine était en train de faire un gâteau et elle tenait pour ce faire un paquet de farine. Fleur l'observait à la dérobée lorsque la mère des Weasley avait le dos tourné, ce qui amusait Ginny. Ron était là, lui aussi, jouant aux échecs sorciers avec Raphaël au milieu de la grande table et d'après l'expression concentrée de Ron, le jeune français devait être un adversaire de valeur. Dumbledore ainsi que les professeurs Rogue et McGonagal étaient également présents. Ils discutaient tous les trois à l'autre bout de la pièce avec Tonks, Maugrey et Miss Nevria. Il ne manquait plus que Hermione, Raziel, Arthur, Lupin et Draco pour qu'ils soient au complet.

Une main se posa sur son épaule et il tressauta. Le professeur Lupin se tenait à côté de lui : il ne l'avait pas vu en entrant dans la grande pièce.

: Tu t'es levé finalement, remarqua le loup garou avec un sourire ravi, attirant l'attention des autres.

Ils lui adressèrent tous des sourires heureux ce qui lui fit chaud au cœur. Mrs Weasley abandonna ses ustensiles de cuisine et elle vînt à sa rencontre avec son éternelle expression mi enjouée, mi inquiète.

: Harry, mon chéri ! Tu as bien dormi ? Lui demanda-t-elle en le serrant brièvement dans ses bras.

: Oui, répondit-il en adressant un beau sourire à la mère des Weasley.

Elle lui rendit le sourire et retourna préparer le repas en lui disant de s'asseoir. Harry s'exécuta et il alla s'asseoir à côté de Raphaël. Lupin prit place en face de lui à côté de Ron. Les deux joueurs devaient jouer depuis un moment étant donné le nombre de pièces manquantes sur le plateau. Raphaël laissa le temps à Ron pour réfléchir et il se tourna vers le survivant avec un demi sourire. Harry fut étonné de constater que le sourire du jeune français ressemblait un peu à ceux qu'il adressait à sa sœur lorsqu'il s'apprêtait à la taquiner.

: Tu as meilleur mine, fit Raphaël tandis que Ron déplaçait sa dernière tour sur le plateau.

: Echec, annonça le rouquin en s'intéressant à ses deux amis.

: Il doit y avoir quelque chose de vert dans l'air, ce matin, lâcha d'une voix amusée le jeune français avant de retourner à la partie d'échec.

Des sourires apparurent suite à la remarque du jeune français chez Dumbledore, Rogue, McGonagal et Tonks qui écoutaient la conversation de l'autre bout de la salle. Fleur se rapprocha des joueurs et du survivant, délaissant la contemplation discrète de la rouquine, en souriant également.

Arthur Weasley apparut à la porte de la cuisine. Lui aussi semblait de bonne humeur, ce qui intrigua le survivant.

: Harry, il y a quelqu'un qui t'attend depuis un moment dans le salon, l'informa le père des Weasley en enlevant sa cape de voyage. Tu devrais aller voir, conseilla-t-il en entrant complètement dans la cuisine.

Le survivant mit un certain temps à réagir, ne comprenant pas qui pouvait bien lui rendre visite ici et aujourd'hui. Il se leva machinalement et Fleur le poussa vers la sortie, lui disant de se dépêcher, qu'il ne serait pas déçu. Le survivant se retrouva donc mit à la porte. Il secoua la tête sans comprendre avant d'obéir en se disant qu'il verrait bien par lui-même de quoi il retournait. Il se dirigea donc vers le salon à travers les couloirs sombres du manoir des Black et il poussa la porte. La pièce était très éclairée par les grandes fenêtres ce qui lui fit mal aux yeux mais il distingua la forme vague d'une personne debout devant l'une des fenêtres. Il vit dans ses cheveux courts des reflets blonds…


: Nous sommes arrivez, mon seigneur, annonça la voix serviable de Lucius.

Le groupe composé d'une vingtaine de mangemorts, s'arrêta devant une immense pierre dressée à la verticale au milieu de la plaine à l'herbe jaune. Il leur avait fallut peu de temps pour la trouver après être apparut un peu plus loin. La plaine était située à environ 1000 mètres d'altitude sur les flans d'une vieille montagne. Le paysage qui s'étalait devant eux avait quelque chose de sauvage. Le ciel argentin était très dégagé ce matin-là. Un vent glacial balaya la montagne, faisant vaciller plusieurs mangemorts sous sa violence. Voldemort était content de l'avancement de son projet : cette pierre était la clé de la première porte.

Le seigneur noir s'approcha un peu plus de la pierre et il l'étudia silencieusement tandis que les mangemorts formaient un cercle autour pour les protéger d'une éventuelle agression. Lucius vint au côté de son maître et il scruta lui aussi la pierre de deux mètres de haut. Voldemort remarqua soudain quelques symboles étranges à sa surface qui avaient sans doute étaient effacés par le temps. Le tracé était maladroit et il avait du mal à déchiffrer le message mais il était sûr d'une chose : cette pierre avait un lien avec les portes. Prenant sa décision, il s'approcha et l'effleura de sa main rougeoyante. Les symboles noirs s'illuminèrent d'une lumière sanglante. Le seigneur noir et son second reculèrent lorsque la pierre commença à s'effriter lentement.

De gros morceaux de roche tombaient au sol, dévoilant peu à peu une forme humanoïde qui semblait flotter dans un liquide rouge. La pierre continuait à se détruire et lorsque les derniers morceaux tombèrent, le liquide s'écoula sur la plaine, envahissant l'herbe jaune. La plaine devint entièrement rouge, recouverte par ce liquide étrange qui avait évité les pieds des humains. Alors, ce liquide étrange disparut complètement, ne laissant derrière lui que de la terre carbonisée.

Et la créature humanoïde bougea. Elle ressemblait énormément aux démons du Trio. « Un autre démon… » Pensa le seigneur noir en s'avançant sous les yeux inquiets de ses serviteurs. Lucius le suivit en faisant taire sa peur. Le démon se réveilla et il détendit les muscles de son corps depuis trop longtemps endormi. Il ouvrit des yeux aux reflets dorés et se plaça face au seigneur noir avec une expression intriguée.

: Qui êtes-vous ? Demanda le démon à la peau bleu sombre et aux cheveux noirs.

: Je suis la pour ouvrir la porte dont vous êtes le gardien, répondit Voldemort en fixant le démon sans ciller.

: La porte restera scellée, humain, répliqua d'une voix dure et grave le démon en fronçant les sourcils. Les portes ne doivent jamais être ouvertes…

: Elles le seront, démon, rétorqua Voldemort d'un ton moqueur.

Le démon émit un grondement de colère devant l'insolence du sorcier et il se mit en position de combat.

: Jamais, murmura le démon en s'élançant vers le sorcier noir.

Voldemort ne bougea pas et laissa le démon approcher en faisant signe aux autres de ne pas s'en mêler. Il le regarda venir en souriant ironiquement et lorsqu'il fut à seulement deux mètres de lui, il invoqua ses pouvoirs de l'enfer. Un halo rouge l'enveloppa et ses yeux devinrent deux braises incandescentes. Il leva une main et le démon s'envola dans les airs, flottant à quelques mètres du sol. Voldemort se rapprocha de lui en éclatant d'un rire sinistre.

: Tu vois, démon, tu es aussi inoffensif qu'un ver de terre face à moi, se vanta le seigneur noir en faisant lentement redescendre son adversaire.

Il s'avança un peu plus vers le démon et il posa sa main droite sur son plexus solaire. Le démon était tétanisé par le pouvoir du sorcier noir, il essayait de bouger mais son corps ne lui répondait plus. Lorsque la main du sorcier le toucha, il crut mourir tant la douleur qui ressentit était violente et totale. Il se sentit sombrer dans le noir. Il savait qu'il était encore dans son corps mais il n'avait plus aucun contrôle : il restait simplement replié dans l'un des coin de son esprit, terrifié par la puissance anormalement élevée du sorcier. « Si jamais il l'ouvre… Si jamais les portes s'ouvrent… Le monde sera… Le monde… sera… » Muselé, dépossédé de son propre corps et de sa volonté, il resta recroquevillé au plus profond de son esprit, attendant d'être libéré.

Le corps du démon retomba sur le sol comme un pantin désarticulé. Voldemort s'approcha du corps inanimé et il posa ses deux mains sur le corps avant d'invoquer en silence un autre de ses pouvoirs ténébreux. Le corps sembla saigner quelques secondes avant que le démon n'ouvre à nouveau les yeux. L'esprit qui commandait à présent le corps n'était plus celui du démon mais celui d'un esprit qui errait jusque là dans les limbes de l'enfer. Cette créature immatérielle était appelait Imbre car on ne savait que peu de chose sur elles, si ce n'est qu'elles étaient semblables à des fantômes mais noirs.

L'Imbre incarnée se releva et elle s'inclina devant le seigneur noir.

: Je suis à vos ordre, mon seigneur, susurra d'une voix désagréablement aigue et basse la créature hybride.

: Ouvre moi cette porte, Imbre, ordonna le seigneur.

: Mon nom est Solestre, mon seigneur, répliqua l'Imbre incarnée d'une voix légèrement contrariée.

: Ouvre-la, Solestre, répéta le seigneur noir en se maîtrisant.

Il savait que les Imbres possédaient de grands pouvoirs sous leur forme naturelle. Il se méfiait de ces pouvoirs à présent que l'Imbre devant lui possédait un corps, qui plus est le corps d'un démon. Solestre s'inclina une fois encore et elle alla se placer à l'emplacement précédemment occupé par la pierre. Le corps du démon sembla se brouiller et un tourbillon noir s'ouvrit sous lui.

: La porte est ouverte, seigneur, susurra la voix aigue de Solestre en revenant vers les sorciers.

La terre se mit à trembler sous leurs pieds, les faisant trébucher. Un grondement sourd résonna dans la plaine carbonisée tandis que le vent se renforçait autour d'eux. La tourmente était assourdissante.

: Nous partons ! Cria le seigneur noir d'une voix incisive.

Il fit disparaître l'Imbre incarnée avant de transplaner à la suite des ses mangemorts. Sur la plaine, le tourbillon se refermait peu à peu tandis que les éléments furieux s'apaisaient d'eux-mêmes. Lorsque le calme revint complètement, la plaine avait retrouvé son aspect originel : une herbe jaune et vigoureuse la recouvrait. Seul restait au centre de la plaine un cercle de terre carbonisé là où la pierre verticale se dressait.


Le son n'était pas à proprement parler très fort, mais les démons du plus célèbre Trio des Mains Sanglantes l'entendirent et le ressentirent au plus profond d'eux-mêmes. Leur sang noir se glaça dans leurs veines car ce son n'était pas censé s'éveiller dans ce monde-ci et surtout à cette époque. Sang, stoppa le baiser de sa compagne en se redressant, tous les sens en alerte. La démone rouge clair l'imita en portant son regard dans la direction d'où provenait le lugubre grondement.

Carmin entra avec fracas dans le pièce, essoufflé et les yeux légèrement exorbités.

: Sang, dis-moi que ce n'est pas ce que je pense, implora le démon noir en se rapprochant de leur cheftaine.

Sang ne répondit pas, une expression incrédule voilait son visage. « C'est impossible… »


Quand le blond se tourna vers lui, il crut que son cœur allait s'arrêter de battre. Il ne s'attendait pas à le revoir aujourd'hui. Il ne s'attendait pas à le revoir si vite. Le visage de Draco était légèrement pâle mais c'était bien un sourire qui flottait sur ses lèvres minces. Harry restait immobile devant lui, ne sachant quoi dire ou quoi faire. Dans un coin de la pièce trônait un sapin de noël garni de boules multicolores et de guirlandes. Des cadeaux aux papiers colorés s'étalaient à son pied. Le serpentard s'approcha de lui en silence et il le prit dans ses bras. Simplement, doucement, sereinement… Harry lui rendit son étreinte en se laissant consumer par son amour pour lui. Leur étreinte dura un moment. Finalement, Draco s'écarta du célèbre gryffondor en lui passant une main sur le front pour arranger sa mèche rebelle.

: C'est moi qui était emprisonné là-bas et pourtant, c'est toi qui a une mine affreuse, murmura en souriant Draco.

Harry baissa la tête pour dissimuler ses larmes au jeune homme blond. Il avait eu tellement peur. Peur de le perdre… Draco lui fit relever la tête d'une main douce et il haussa un sourcil surpris en voyant les larmes de son survivant. Une expression attendrie s'étala sur ses traits tandis qu'il effaçait les perles d'eau salée de son pouce.

: C'est fini, Harry. C'est fini, chuchota-t-il en sentant à son tour des larmes lui monter aux yeux.

: Draco… Je ne veux plus être séparé de toi, fit fermement Harry en retrouvant son contrôle.

: Je ferai tout pour, Harry, promit le serpentard en chassant ses larmes d'un battement de cils.

Harry le serra contre lui. Ils ne voulaient plus parler ni l'un ni l'autre. Ils restèrent simplement là, au milieu de la pièce, debout, se réconfortant mutuellement à la chaleur et à la présence de l'autre.


Hermione souriait bêtement dans sa chambre depuis qu'elle avait aperçu les retrouvailles d'Harry et Draco en passant devant le salon. Elle était contente pour eux mais surtout pour Harry. Son meilleur ami n'avait pas très bonne mine depuis l'arrestation du blond aux yeux gris. La préfète en chef des gryffondors remettait de l'ordre dans ses affaires pour s'occuper en attendant le déjeuner qui promettait d'être joyeux. Elle savait que tous les autres étaient à la cuisine mais elle ne supportait pas l'idée de laisser les quelques affaires en désordre de sa chambre en l'état. Elle prit l'une de ses chemises et son sourire s'élargit en repensant à l'apparition de Draco lorsqu'ils étaient rentrés dans la cuisine un peu plus tôt ce matin. Le blond paraissait gêné et heureux des nombreuses bises dont il avait fait l'objet.

Le dernier pantalon en désordre rejoignit vite fait ses petits camarades dans la valise de la préfète en chef et celle-ci posa un regard satisfait sur sa chambre à nouveau présentable. Elle remarqua cependant qu'elle avait oublié de ranger sa baguette, cette dernière ayant été négligemment jetée sur son lit avant qu'elle ne descende ce matin. Elle attrapa donc la baguette et la posa sur sa table de chevet.

Satisfaite, la gryffondor sortie de sa chambre. Elle rejoignit les autres à la cuisine et elle remarqua l'absence de Raziel. Elle déclina l'offre de Raphaël pour se joindre à la partie d'échec qui rassemblerait trois équipes de deux dans un mini tournoi pour l'après-midi et elle ressortit. Elle remonta à l'étage et se dirigea vers la chambre que Raziel partageait avec Fleur. La porte était entrouverte et la gryffondor n'entra pas immédiatement en entendant un râle sortir de la chambre. Elle observa silencieusement ce qu'il se passait.

Raziel était assise sur son lit, vêtue de son ensemble de cuir blanc, la tête baissée et les mâchoires serrées dans une position douloureuse. « Mais qu'est-ce qu'elle a ? » Se demanda Hermione en sentant l'inquiétude la gagner. Elle allait entrer lorsque Raziel se leva brusquement pour se rendre à la salle de bain. Hermione n'eut pas le temps de déguerpir avant que la française ouvre la porte à la volée et stoppe net devant la préfète en chef. Bien qu'elle soit surprise de la voir là, Raziel ne put s'empêcher de sourire devant son cœur.

: On m'espionne ? Demanda d'une voix faussement outrée la française en refermant la porte derrière elle.

: Non, non, pas du tout, répondit Hermione en lui prenant une main. Ca va ?

: Conduis-moi à la salle de bain, s'il te plait, lui demanda Raziel en lui pressant doucement la main. J'ai juste besoin de me passer un coup d'eau et ça ira…

Hermione ne répondit pas et elle l'entraîna vers la salle d'eau. Elle examinait silencieusement la française qui marchait à côté d'elle, inquiète par son teint plus blanc que la lune. « Il y a quelque chose qui cloche. Et sérieusement… Aurait-elle mal quelque part ? » Elles arrivèrent devant la salle de bain principale de l'étage et Raziel en poussa la porte sans attendre, visiblement pressée. La française entra et se dirigea droit vers le lavabo tandis qu'Hermione refermait la porte derrière elles. La préfète des gryffondors resta adossée contre la porte en observant attentivement les moindres mouvements de la serpentard.

Cette dernière avait ouvert le robinet d'eau au maximum. Elle prit de l'eau dans ses mains jointes et elle s'en aspergea le visage à plusieurs reprises sans se soucier de l'anglaise. Elle constata rapidement que la fraîcheur de l'eau apaisait en partie sa douleur dans le dos et elle soupira de soulagement. « J'ai quand même faillit me faire prendre, sur ce coup là… » Pensa Raziel en jetant un regard en biais à la gryffondor. Hermione avait quitté son poste devant la porte et elle se trouvait juste à côté de la française, qui fit un bond en la découvrant si proche.

: Raziel, qu'est-ce que tu as ? Lui demanda d'une voix semi inquiète Hermione en posant une main sur sa joue.

: Rien, Hermione, ce n'est rien, la rassura la française en souriant.

: Tu mens, affirma Hermione en scrutant ses yeux bleu pâle.

: Hermione…

: Je le sais, Raziel ! Tu mens, insista la gryffondor.

: Non, je t'assure, répliqua Raziel en souriant de plus belle. Tout va bien…

Hermione retira sa main en fronçant les sourcils. « Pourquoi Raziel ? » La préfète en chef tourna le dos à la française et elle retourna vers la porte. « Pourquoi me mens-tu ? » Hermione se saisit de la poignée et la tourna pour sortir sans un regard en arrière. « J'ai l'impression que tu ne me fais pas confiance… » La brune sortit de la pièce sans un mot, visiblement blessée. Raziel la regarda partir sans comprendre en se demandant ce qu'elle avait bien pu faire. Elle poursuivit finalement la préfète des lions en catastrophe et elle la rattrapa en haut de l'escalier. Avant qu'Hermione n'entame la descente des marches de bois, Raziel lui saisit le bras et la tira vers elle. Raziel l'entraîna de force vers sa chambre et elle la fit rentrer en la suivant. Elle referma la porte derrière elles et avant même qu'Hermione ne réagisse, elle l'enlaça calmement.

: Parles au lieu de partir, Hermione, demanda d'une voix désolée Raziel.

La gryffondor était un peu désappointée, se demandant encore comment elle était arrivée dans la chambre des françaises. Elle leva des yeux étonnés sur Raziel avec une lueur de reproche. Elle se défit de son étreinte et se planta devant elle, les bras croisés, une expression sévère sur le visage.

: Pourquoi tu ne me dis rien ? Demanda Hermione d'une voix plus blessée que coléreuse.

: Je…

: Ne me répètes pas que tu vas bien, je ne te crois pas, la coupa Hermione.

Raziel l'observa en silence, prise au piège. La gryffondor attendait sa réponse sans ciller, une expression têtue sur le visage. La française ne put s'empêcher de sourire devant la ride qui se formait entre les deux fins sourcils de la gryffondor dans son entêtement. Elle se demandait bien ce qu'elle devait faire, toutefois. Lui parler ou se taire. L'approcher ou rester à distance… Au bout d'un moment, Hermione perdit sa volonté et elle se laissa tomber sur le lit face au mutisme de la française. Elle baissa la tête et observa ses mains.

: Tu ne me fais pas confiance ? Demanda d'une petite voix douloureuse la gryffondor en essayant d'ignorer l'étau qui s'était formé autour de son cœur par crainte de la réponse.

Raziel la contempla sans rien dire quelques minutes encore, surprise. Elle ne pensait pas à ça lorsqu'elle avait décidé de garder le silence pour ses problèmes. Elle n'avait pas pensé que la gryffondor de son cœur remarquerait sa souffrance, mais… « J'aurais du m'en douter » Se reprocha Raziel en allant s'asseoir à côté de la gryffondor.

: Hermione, murmura la française en passant un bras sur ses épaules pour l'attirer vers elle.

: Dis-moi, tu ne me fais pas confiance ? Répéta plus bas Hermione sans oser affronter son regard, elle-même dépassée par la puissance de ses sentiments pour la française.

: Bien sûr que si, Hermione, lui chuchota la française à l'oreille avant de l'embrasser tendrement sur le front. Plus qu'à n'importe qui…

Un sourire apparut sur les lèvres de la gryffondor pendant qu'elle relevait la tête pour plonger dans les yeux de son ange.

: Alors dis-moi ce qui n'allait pas, tout à l'heure, lui demanda une fois encore Hermione en attrapant une de ses mains avant de la presser doucement. Tu m'inquiètes, Raziel, ajouta-t-elle doucement en rougissant un peu.

: Très bien, tu as gagné, se rendit Raziel en faisant glisser le bras qui enserrait les épaules de la gryffondor dans son dos pour attraper sa taille. Mais je te demande de ne pas le dire aux autres, d'accord ?

: Si… Si tu veux, répondit Hermione avec une pointe d'étonnement.

: Ma transformation en ange est à l'œuvre, Hermione, lui dit Raziel avec un léger sourire. Ce qui entraîne quelques douleurs passagères…

: Des douleurs ? Répéta Hermione en se redressant pour l'observer franchement.

: Rien de sérieux, rassures-toi, l'apaisa aussitôt Raziel en conservant sa main sur sa taille.

: Souvent ? L'interrogea Hermione en l'étudiant attentivement.

: Non, de toute façon c'est irrégulier, donc, je ne peux pas te répondre, admit Raziel en se levant brusquement.

: Où vas-tu ? L'interpella Hermione en se levant elle aussi rapidement.

: Rejoindre les autres, voyons ! Répondit gaiement la française en se rendant à la porte. Ils doivent se demander ce qu'on fait, non ?

Hermione ne répliqua pas et Raziel ouvrit la porte de la chambre.

: Tu viens ? L'appela la française en lui tendant sa main libre.

Hermione lui sourit et elles sortirent de la chambre main dans la main. Elles descendirent et se rendirent à la cuisine en déliant leurs mains. Tous les autres étaient là, assis à la longue table, cette dernière étant chargée de plats à l'apparence alléchante. De nombreuses têtes se tournèrent vers elles tandis que Molly leur indiquait leurs places respectives.

: Nous allions venir vous chercher, leur dit le professeur McGonagal en adressant l'un de ses rares sourires à sa meilleure élève.

: Servez-vous, après le repas, vous ouvrirez vos cadeaux, leur dit Molly avec un beau sourire.

Le repas fut l'un des plus chaleureux de toute l'année. Il y eut beaucoup de rire et une bonne humeur très communicative. La plupart des adultes restèrent à table après avoir fini et ils continuèrent à bavarder tranquillement. Raphaël, qui avait du mal à tenir sur place, finit finalement par se lever avec la rapidité d'un ressort et il fila vers le salon. Les plus jeunes le suivirent en riant. Une fois les cadeaux déballés, et une tournée générale de remerciements plus tard, le tournoi d'échec commença dans une ambiance bon enfant. Prenant l'affaire très au sérieux, les participants, c'est-à-dire Ron, Harry, Draco, Raphaël, Ginny et Fleur, entamèrent les hostilité sous les regards intéressés des plus vieux.

En sortant de la cuisine, Raziel avait agrippé le bras d'Hermione et elle les conduisit vers la sortie de la demeure.

: Raziel, qu'est-ce que…

: Suis-moi, la coupa Raziel avec un clin d'oeil rassurant.

Elles arrivèrent devant la porte d'entrée et Raziel l'ouvrit. Elle attrapa deux capes et en donna une à la gryffondor. Celle-ci la prit sans rien dire et elle la suivit dans la rue déserte en cet hiver glacial. Ce mois de décembre avait était le plus froid depuis des années. Raziel l'entraîna un peu à l'écart du 12 Square Grimmaud dans un petit parc juste à côté où quelques arbres aux branches nues abritaient deux banc en bois. La petite place était plongée dans un silence reposant. Raziel l'emmena vers le banc et elle s'y assit en lui indiquant de faire la même chose. Hermione la regarda sans comprendre, assise à côté d'elle, mais un sourire flottait négligemment sur ses lèvres.

: Il y a une chose que j'aimerai te montrer, murmura Raziel en lui prenant la main de sa main droite.

: Quoi ? Demanda curieusement Hermione.

: Ceci…

Raziel posa son autre main sur la cuisse de la gryffondor et elle ferma les yeux pour se concentrer. Hermione l'observa sans savoir ce qu'elle devait faire et elle attendit simplement. Raziel accentua sa concentration et sa main commença à luire d'une lumière blanche, faisant hoqueter de surprise la préfète en chef. La serpentard avait du mal à fixer ses pensées sur son objectif étant donné la proximité de son cœur mais elle parvint finalement à faire ce qu'elle voulait. Un sourire apparut sur ses lèvres en même temps qu'elle rouvrait les yeux. Hermione l'observait avec une lueur interrogative dans les yeux avant que Raziel ne retire sa main, laissant apparaître une plume immaculée de belle taille.

Hermione haussa des sourcils surpris et elle prit délicatement la plume blanche d'une dizaine de centimètres de hauteur. La gryffondor contemplait la plume avec une lueur d'admiration mêlée d'étonnement.

: Comment as-tu fait ? Questionna la préfète en chef en tournant la plume dans tous les sens pour l'examiner.

: Cela fait plusieurs jours que je m'entraîne, répondit en souriant Raziel. Elle te plait ?

: Ou… Oui, mais pourquoi… commença Hermione, plongeant un regard étonné dans les yeux de la française.

: Je te l'offre, elle est pour toi, lui expliqua Raziel en lui caressant la main qui tenait la plume. Je n'ai rien de mieux à t'offrir, ajouta d'une voix désolée la française.

: Tu n'as rien à m'offrir, Raziel, affirma Hermione en lui caressant la joue. Ta présence me suffit largement, souffla-t-elle.

: Hermione…

Raziel passa une main derrière la gryffondor tout en posant l'autre sur sa joue pour l'attirer vers elle. Elles n'étaient qu'à quelques centimètres l'une de l'autre. Hermione posa la plume en sécurité derrière elle sur le banc et elle plaça ses mains sur les hanches de la française.

: Je t'aime, murmura la jeune fille aux cheveux bleu clair.

Hermione n'eut pas le temps de répondre : les lèvres de Raziel scellaient ses paroles d'un cadenas envoûtant. Leurs lèvres se caressaient doucement et bientôt celles de la gryffondor s'entrouvrirent. Raziel répondit à l'appel de son cœur et elle passa sa langue pour approfondir ce doux baiser. Elles se séparèrent quelques minutes plus tard, essoufflées et le rouge aux joues, à moitié allongées sur le banc en bois. Elles se redressèrent en se souriant avec complicité et Raziel se leva complètement. Elle tandis la main à la gryffondor et celle-ci la prit en riant doucement de cet excès de courtoisie. Hermione récupéra la plume et elles repartirent pour la grande demeure de la famille Black.

A quelques pas de celle-ci, les premiers flocons de neige de la saison commencèrent à tomber, recouvrant Londres d'un fin manteau blanc. Hermione contemplait les délicats cristaux qui virevoltaient dans les airs quand Raziel déposa une légère bise sur sa joue en murmurant un 'joyeux Noël' aux accents tendres.


Ah… L'amour… (mon dieu, je deviendrai pas un peu romantique sur les bords moi ? Me fais peur des fois…) Vilà pour ce chapitre !

Z'en pensez quoi ?

Mouahahahahahahah ! (lol, ça c'est pour la suite)

Bises,

Lumenor.